vendredi 4 octobre 2024

TOUS DEUX NE FERONT QU'UN

 

VINGT SEPTIÈME DIMANCHE

DU TEMPS ORDINAIRE

Année B





(Mc 10, 2-16)

 Des pharisiens abordèrent Jésus et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »    Jésus leur répondit :« Que vous a prescrit Moïse ? »    Ils lui dirent :« Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. »    Jésus répliqua :« C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle.    Mais, au commencement de la création,   Dieu les fit homme et femme.
À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère,  il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.    Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »    De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur déclara :« Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle.    Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre,
elle devient adultère. »
   

Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux ;mais les disciples les écartèrent vivement. Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit :« Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.    Amen, je vous le dis :celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »    Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

La question de ce jour n'est pas nouvelle, elle préoccupait déjà les contemporains de Jésus , ce qu 'elle a de pernicieux , c'est la raison pour laquelle les Pharisiens la soumettent à Jésus : Des pharisiens abordèrent Jésus et, pour le mettre à l’épreuve, Leur intention est de mettre Jésus à l'épreuve, nous devons comprendre «  pour Le piéger » l'embarrasser, trouver une faille qui le mettrait en difficulté avec la loi et leur permettrait de Le faire arrêter ! Nous constatons et l'entendrons, Jésus sait rester à Sa juste place, Il n'est pas venu abolir, rappelons-nous souvent, mais parfaire, accomplir . Quant aux Pharisiens, ils manifestent encore clairement qu'ils ne comprennent rien de Jésus, de sa véritable identité, Jésus les dérange, Jésus les gêne, il veulent L'éliminer et cherchent, par tous les moyens, ce qui leur permettra de faire aboutir leur plan machiavélique.

Il n'est pas inutile de réfléchir quelques instants sur nos « intentions profondes » de nous interroger sur ce qui motive nos actes bons ou moins bons ! Des actes apparemment bons, peuvent en effet être entachés par une intention qui l'est moins ou pas du tout ! Et quand nous disons ne rien avoir à dire au sacrement de la réconciliation, c'est que, la plupart du temps , nous ne cherchons pas à connaître vraiment, le substrat de nos agissements ! «  Car aucun homme n'est assez juste sur terre pour faire le bien sans pécher. » Quo 7,20 Nous sommes toujours capables de glisser quelque chose de nos passions secrètes dans nos agissements.

Quel est le problème, qui en ce moment agite les esprits des Pharisiens ? Ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » La question ainsi posée, est en elle-même machiste : pourquoi le mari aurait-il plus de droit que l'épouse ? Chacun, dans un couple, a des droits et des devoirs , mais Jésus ne rentrera pas dans ce dilemme ! Il se saisit aussitôt de la question :

Jésus leur répondit :« Que vous a prescrit Moïse ? » Jésus les renvoie simplement à la loi mosaïque qu'ils sont sensés connaître sur le bout des doigts :  Ils lui dirent :« Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. » 

Et Jésus n'en reste pas là, Il renchérit :

 Jésus répliqua :« C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle.    Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. À cause de cela ,l’homme quittera son père et sa mère,  il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » Jésus ne cherche pas à discutailler, Il renvoie Ses interlocuteurs au dessein de Dieu à l'origine , c'est tout le contenu de notre Première lecture :

« Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. »... Alors le Seigneur Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux, et l’homme s’endormit. Le Seigneur Dieu prit une de ses côte puis il referma la chair à sa place. Avec la côte qu’il avait prise à l’homme ,il façonna une femme et il l’amena vers l’homme L’homme dit alors :
« Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! On l’appellera femme – Ishsha –, elle qui fut tirée de l’homme – Ish. »  
 À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme,
et tous deux ne feront plus qu’un. Gn 2

Et au Premier chapitre du même livre nous lisons :

Puis Dieu dit: " Faisons l'homme ( entendons l'humain) à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les animaux domestiques et sur toute la terre, et sur les reptiles qui rampent sur la terre. " Et Dieu créa l'homme à son image; il le créa à l'image de Dieu: Or Dieu, Père et Fils et St Esprit, est indivisible , Ils sont trois Personnes mais un seul Dieu ,c'est là, la ressemblance de l'humain avec Son créateur , le couple humain, par son union, dans l'absolu du Père, ne fait plus qu'une seule chair ,non plus deux, mais un ! tous deux ne feront plus qu’un. Gn 2 C'est très exigeant ! ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! dit Jésus .

Nous évoquons dans cette péricope, la grandeur de l'Amour humain, « l'amour est

crucifiant » écrit Paul Baudiquey dans l'un de ses poèmes ! Et nous savons où l'Amour de l'humanité a conduit Jésus ! D'où l'importance de ne pas s'engager au seul premier regard, aux seuls premiers émois , et encore moins, d'aller d'amourette en amourette, en oubliant les conséquences . Le mariage est en effet un engagement au même titre qu'une consécration religieuse, qu'une ordination sacerdotale ! Les disciples, présents à cet échange se sentent fortement concernés aussi :

De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question .Il leur déclara :« Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle.    Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. 

Jésus , tout au long de sa vie revendique Sa parfaite unité avec Son Père et notre Père . Jésus ne fait rien de Lui-même mais seulement ce qu'Il voit faire au Père ou ce que le Père Lui enseigne :"En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, mais seulement ce qu'il voit faire au Père; et tout ce que fait le Père, le Fils aussi le fait pareillement. Jn 5,19

je ne fais rien de moi-même, mais que je dis ce que mon Père m'a enseigné .Jn 8,28

Si quelqu'un veut faire la volonté de Dieu, il saura si ma doctrine est de Dieu ou si je parle de moi-même. Celui qui parle de soi-même, cherche sa propre gloire; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l'a envoyé, est véridique, et il n'y a point en lui d'imposture. Jn 7,17

Le Père Lui prescrit même ce qu'Il doit dire parce entre eux, c'est l'Amour absolu :

Car je n'ai point parlé de moi-même; mais le Père, qui m'a envoyé, m'a prescrit lui-même ce que je dois dire et ce que je dois enseigner. Et je sais que son commandement est la vie éternelle. Les choses donc que je dis, je les dis comme mon Père me les a enseignées."Jn 12,49,50

Nous en déduisons que Son Enseignement sur l'indissolubilité du mariage est d'ordre divin et nous savons que Dieu le Père veut le Bien, tout le Bien pour l'humanité« Le Christ et l’Église, disait Jeanne d'Arc, c'est tout UN » et   le pape François, ce dimanche sur son compte @pontifex_fr .écrit: « On ne peut pas séparer le Christ de l’Église » L’Église tient donc Son Enseignement et Son Exigence du Père. Nous savons aussi que Dieu est Le Miséricordieux

Mais, dans ta grande miséricorde, tu ne les anéantis pas, et tu ne les abandonnas pas, car tu es un Dieu compatissant et miséricordieux. Néhémie 9:31
 

Et sa miséricorde s'étend d'âge en âge Sur ceux qui le craignent. Luc 1:50-54


« Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. (...) Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »” (Jean 8, 4-7)


Le Seigneur est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté. Ce n'est pas pour toujours qu'il réprimande, il ne garde pas à jamais sa colère. Ps 103, 8

Tout cela pour essayer de faire l'apologie de l'indissolubilité du mariage, ce qui ne veut , en aucun cas, condamner nos frères qui en viennent à divorcer . Aucun de nous ne connaît les raisons, dans leurs subtilités, de ces séparations toujours douloureuses et qui blessent de façon indélébile . Ils restent nos frères et nous devons rester accueillants pour ne pas ajouter de la souffrance à celle qui existe déjà, Dieu seul sait  !

Nous accusons, parfois, l’Église d'être intransigeante, j'ose dire, que par le passé, les chrétiens que nous sommes, ont largement contribué à cela . Quand j'étais enfant, dans le silence , je m’intéressais beaucoup aux conversations des adultes , sans en avoir l'air évidemment. Nous habitions Bordeaux , c'est en laissant traîner mon oreille que j'ai appris, que telle personne divorcée, était autorisée à communier, mais, dans une autre paroisse où elle n'était pas connue pour éviter le scandale , elle-même acceptant d'être accompagnée spirituellement par un prêtre choisi, qui était aussi son confesseur ! Et j'ai rencontré de semblables situations tout au long de ma vie engagée dans la pastorale ! Nous savons que l’Église réfléchit beaucoup sur ce sujet qui lui tient à cœur et qu'elle porte douloureusement! Demandons à Jésus Lui-même, de ne jamais être un obstacle sur la marche de nos frères quelle que soit leur épreuve . C'est Dieu le Père qui juge les reins et les cœurs : Moi, le Seigneur, qui sonde les cœurs et qui éprouve les reins, Et cela pour rendre à chacun selon ses voies ,-Selon le fruit de ses œuvres. Jér 17,10 N'oublions jamais Le Seigneur est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté, restons à notre juste place , aimons nos frères, c'est à Dieu que revient le jugement !

Après avoir survolé , car une méditation n'est pas un cours, un sujet aussi grave,

Jésus ouvre une fenêtre réjouissante, mais engageante, en accueillant des enfants bruyants et pleins de vie. Alors que les disciples les trouvent bien dérangeants et voudraient les éloigner, Jésus les hisse tout en haut de l’échelle des valeurs pour accéder au Royaume . Il n'est pas difficile d'imaginer la scène ! Jésus saisit cette opportunité pour appeler discrètement, les uns et les autres à un profond et sérieux retournement  :celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »  

Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux ;mais les disciples les écartèrent vivement. Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit :« Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.    Amen, je vous le dis :celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »    Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

Par sa simplicité, sa spontanéité, son abandon, son innocence, sa bienveillance , l'enfant est ouverture, écoute, découverte, il a des yeux du cœur remplis de compassion , de sensibilité , il cherche ce qui est juste et bon - si l'adulte ne l'a pas déformé à son apparition bien sûr – il aime sans arrière pensée, sans retenue, il accepte de tout recevoir … C'est donc à cela que Jésus appelle le couple chrétien et c'est à ce prix que le couple obtiendra le Royaume. En cultivant les vertus de l'enfance il ne laissera pas grandir et se développer les maux qui tuent la relation : égoïsme, duplicité, infidélité, orgueil, endurcissement … J'emprunte les clefs d'un amour durable au sein du couple , au Pape François :

Le Saint Père évoque ensuite la vie en commun dans le mariage : "Vivre ensemble est un art, un chemin de patience, beau et fascinant" qui "a des règles qui peuvent se résumer en trois mots que tu as dit, des mots que tu as répété tant de fois à tes proches : s’il te plaît – ou puis-je – merci et pardon.

L'amour » Puis-je ? »

C’est une permission affectueuse pour entrer dans la vie de quelqu’un d’autre avec respect et attention. L’amour véritable ne s’impose pas avec dureté et agressivité. Et aujourd’hui, dans nos familles, dans notre monde toujours violent et arrogant, la courtoisie vient à manquer.

L'amour  « Merci »

Ce n’est pas seulement une parole attentive à utiliser avec les étrangers, dans le but d’être bien élevés. Il est nécessaire de savoir dire merci pour avancer ensemble.

L'amour « Pardon »

Enfin, le pape s’exprime avec un peu d’ironie : "Nous savons tous que la famille parfaite n’existe pas, ni le mari parfait, ni même la femme parfaite. Sans parler de la belle-mère parfaite… Nous existons, pécheurs. Jésus, qui nous connaît bien, nous enseigne un secret : ne jamais finir une journée sans se demander pardon, sans que la paix revienne dans notre maison, dans notre famille"


Que tes œuvres sont belles



Que tes œuvres sont belles
Que tes œuvres sont grandes
Seigneur, Seigneur, tu nous combles de joie

Que tes œuvres sont belles
Que tes œuvres sont grandes
Seigneur, Seigneur, tu nous combles de joie

C'est toi le Dieu qui nous as faits, qui nous as pétris de la terre
Tout homme est une histoire sacrée, l'homme est à l'image de Dieu
Ton amour nous a façonnés, tirés du ventre de la terre
Tout homme est une histoire sacrée, l'homme est à l'image de Dieu
Tu as mis en nous ton esprit, nous tenons debout sur la terre
Tout homme est une histoire sacrée, l'homme est à l'image de Dieu

Que tes œuvres sont belles
Que tes œuvres sont grandes
Seigneur, Seigneur, tu nous combles de joie

Que tes œuvres sont belles
Que tes œuvres sont grandes
Seigneur, Seigneur, tu nous combles de joie

C'est toi qui bâtis nos maisons, veilleur tu veilles sur la ville
Tout homme est une histoire sacrée, l'homme est à l'image de Dieu
Tu bénis chez nous les enfants, tu veux la paix à nos frontières
Tout homme est une histoire sacrée, l'homme est à l'image de Dieu
Tu tiens le registre des peuples, en toi chacun trouve ses sources
Tout homme est une histoire sacrée, l'homme est à l'image de Dieu

Que tes œuvres sont belles
Que tes œuvres sont grandes
Seigneur, Seigneur, tu nous combles de joie

Que tes œuvres sont belles
Que tes œuvres sont grandes
Seigneur, Seigneur, tu nous combles de joie


Parce qu'elles sont belles, entretenons leur beauté !

L'Ermite

vendredi 27 septembre 2024

ILS NE SONT PAS DES NÔTRES !


VINGT SIXIÈME DIMANCHE

DU TEMPS ORDINAIRE

Année B



(Mc 9, 38-43.45.47-48)

Jean, l’un des Douze, disait à Jésus :« Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »    Jésus répondit :« Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;    celui qui n’est pas contre nous est pour nous.    Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.    Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer.    Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas.    Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.    Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux,    là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. »

Dimanche dernier nous quittions Jésus qui avait rassemblé les Douze. Une fois au calme, dans la maison de Pierre, Jésus fait le point avec eux car leurs pensées étaient à mille milles de celles du Père . Jésus leur rappelle fermement « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. Il place même un enfant dans le cercle des adultes, pour leur apprendre à développer l'esprit d'enfance , donc d'humilité, de simplicité, d'accueil, d'abandon, et précise « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. » Or voilà que Jean, le disciple que Jésus aimait ( Jn 13,23) nous dit l’Évangile, alors qu'ils sont encore à l'écoute du Maître, Jean ose « jeter une pierre dans la marre » si je peux me permettre.« Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. » 

Jean, parle peut-être de sa propre initiative, mais tout aussi sûrement, parce que l'événement qu'il rapporte, a vraisemblablement suscité des remous parmi les frères , puisque personne ne réagit en cet instant ! N'oublions pas que les apôtres sont en formation, et que Jésus saisit toutes les occasions pour les éclairer ! Et c'est exactement ce qui se passe : Jésus répondit :« Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;    celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Moïse 1000 ans avant Jésus, ne réagit pas autrement il va même jusqu'à désirer que tous les disciples de l'époque soient prophètes du Seigneur :

Un jeune homme courut annoncer à Moïse :« Eldad et Médad prophétisent dans le camp ! » Josué, fils de Noun, auxiliaire de Moïse depuis sa jeunesse, prit la parole :
« Moïse, mon maître,
arrête-les ! »    Mais Moïse lui dit :« Serais-tu jaloux pour moi ?Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes !Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux ! 

Jésus ferme la porte à l'esprit de « chapelle » ! Dieu seul est bon dira-t-Il bientôt au jeune homme riche, nous pouvons entendre aussi : Dieu seul est le Bien, ce qu'exprime St François d'Assise dans Sa louange à Dieu seul saint :

« « Tu es le seul saint, Seigneur Dieu, Toi qui fais des merveilles. Tu es fort. Tu es grand. Tu es souverain. Tu es tout-puissant toi, Père saint, roi du ciel et de la terre. Tu es Trinité en même temps qu'unité, Seigneur Dieu. Tu es le bien, tout le bien, le bien suprême, Seigneur Tu es amour et charité, Tu es sagesse, Tu es humilité, Tu es patience. Tu es sécurité... 

Nul ne peut faire le bien si Dieu ne lui en donne la grâce, car tout ce qui est beau, bon, bien, vient de Dieu. Quelqu'un qui vit dans le beau, le bon le bien ne peut s'opposer à Jésus , c'est ce que le Maître explique aux apôtres et à nous tous ! Nous ne devons et ne pouvons que nous réjouir de voir des frères accomplir le Bien , faire du Bien, cela révèle qu'ils ne sont pas loin du Royaume même quand nous avons la maladresse de penser qu'ils ne sont pas « du même bord » que nous ! Que nous le reconnaissions ou pas , que les frères le sachent ou pas, c'est le même Esprit saint qui agit en chacun  comme St Paul l'écrit aux Corinthiens  : Frères, les dons de la grâce sont variés, mais

c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien 1 Co 4,11 L'Esprit souffle où Il veut, n'importe quelle personne peut en bénéficier si son cœur est ouvert : Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » Jn 3,8

Et Jésus s'engouffre dans la brèche pour élargir l'horizon des apôtres et le nôtre pour nous apprendre à vivre de l'Esprit Saint jusque dans les gestes les plus simples pour en appeler à la vigilance, non sans fermeté ! 

Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense. J'ose dire et affirmer que la récompense est immédiate , elle est contenue dans le geste accompli : bien faire, faire le bien, établit dans la paix et la joie. C'est là notre récompense ! Jésus souligne qu'il n'est pas nécessaire d'accomplir et encore moins de rechercher l'extraordinaire, mais d'accomplir les gestes les plus simples, comme donner un verre d'eau, en reconnaissant dans l'autre un frère acquis ou potentiel, s'il ne sait pas qu'il est habité par le Christ ou s'il ne l'est pas encore parce que non baptisé  tout simplement parce qu'il est mon semblable en humanité ! En posant des gestes d'amour nous manifestons, qui nous anime, qui agit en nous  ! Reconnaître dans tout autre l'image du Dieu d'amour, voulue par le Créateur : « Puis Dieu dit: "Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance,.. Et Dieu créa l'homme à son image; il le créa à l'image de Dieu » : Lucide , Jésus sait qu'il y a un combat dans cette humanité, bien que créée à l'image de Dieu ! Il sait que le tentateur ne cesse, depuis l'origine, de soudoyer l'homme , de l'attirer dans ses griffes, en lui tendant des pièges ! Pour cette raison , et pour s'assurer de capter notre attention, Jésus nous indique des remèdes aussi efficaces que radicaux :Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer. Jésus dira plus tard à propos de Judas : Certes, le Fils de l'homme va mourir comme les Écritures l'annoncent à son sujet ; mais quel malheur pour celui qui trahit le Fils de l'homme ! Il aurait mieux valu pour cet homme-là ne pas naître ! » Mc 14,:21 C'est dire à quel point le péché déforme, trahit l'image de Dieu ! C'est pour cette raison que Jésus poursuit sa diatribe en des termes qu'on pourrait dire violents :

Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas.    Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.    Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le.

Saint Jacques n'est pas plus tendre dans la seconde lecture :Vous autres, maintenant, les riches ! Pleurez, lamentez-vous sur les malheurs qui vous attendent.    Vos richesses sont pourries, vos vêtements sont mangés des mites,    votre or et votre argent sont rouillés. Cette rouille sera un témoignage contre vous, elle dévorera votre chair comme un feu. Vous avez amassé des richesses, alors que nous sommes dans les derniers jours !    Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs, le voici qui crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur de l’univers.    Vous avez mené sur terre une vie de luxe et de délices, et vous vous êtes rassasiés au jour du massacre.    Vous avez condamné le juste et vous l’avez tué, sans qu’il vous oppose de résistance. Et n'allons pas croire que St Jacques s'adresse aux seuls riches de « monnaie sonnante et trébuchante », il parle des riches en puissance ou des envieux, des jaloux, ceux qui se croient les plus malins, les plus forts, les plus puissants etc ... Si Jésus propose des moyens radicaux c'est pour nous réveiller, pour nous extraire de nos ornières pour nous inviter à une vraie, sincère conversion, un retournement complet de nos mentalités . Jésus nous demande de prendre les moyens sérieux d'une conversion totale , généreuse. Vraisemblablement quand Jésus parle de couper, la main , le pied, d'arracher l’œil Il évoque surtout les péchés que nous commettons par les sens :

  • regard qui déshabille, regard qui flagelle et tue, regard qui agresse, qui désire …

  • main qui soustrait par le vol, main qui détruit soi-même ou autrui par des gestes inappropriés, mains qui font violence, blessent et tuent ..

  • pieds qui participent à des exactions, qui blessent, font violence, détruisent

    Jésus ne le fait pas, mais Il aurait pu allonger la liste en nous demandant de supprimer la langue si venimeuse parfois, si destructrice, la pensée qui se traduit en actes de mort … Il ne s'agit nullement de se mutiler, mais de canaliser nos pulsions de mort pour vivre pleinement de l’Évangile pour déjouer les manœuvres de l'ennemi diabolique . La vie avec Jésus est un combat , St Paul dans Éphésiens 6,11 habille les enfants de Dieu avec l'armure du Christ vivant et vrai !  :Revêtez l'armure de Dieu pour être en état de tenir face aux

    manœuvres du diable. Ce n'est pas à l'homme que nous sommes affrontés, mais aux Autorités, aux Pouvoirs, aux Dominateurs de ce monde de ténèbres, aux esprits du mal qui sont dans les cieux. Saisissez donc l'armure de Dieu, afin qu'au jour mauvais, vous puissiez résister et demeurer debout, ayant tout mis en œuvre. Debout donc ! A la taille, la vérité pour ceinturon, avec la justice pour cuirasse et, comme chaussures aux pieds, l'élan pour annoncer l’Évangile de la paix. Prenez surtout le bouclier de la foi, il vous permettra d'éteindre tous les projectiles enflammés du Malin. Recevez enfin le casque du salut et le glaive de l'Esprit, c'est-à-dire la parole de Dieu.

    En ce dimanche nous sommes invités à nous retirer dans le secret de la chambre de notre cœur pour réfléchir à notre manière d'utiliser ce corps qui nous est confié pour aimer, pour louer Dieu, pour Lui rendre grâce  !

Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux,    là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. »


Le vent souffle ou il veut

(Lefebvre/Studio SM)

REFRAIN
LE VENT SOUFFLE OÙ IL VEUT, ET TU ENTENDS SA VOIX.
POURTANT TU NE SAIS PAS NI D’OÙ IL VIENT NI OÙ IL VA.


1
Ainsi souffle l'Esprit
Au cœur qui veut renaître ;

Mais nul ne peut renaître
S'il ne s'ouvre à l'Es - prit.


2
Ainsi souffle l’Esprit
Au cœur que l’amour brûle,
Mais nul amour ne brûle
S’il ne s’ouvre à l’Esprit.

3
Ainsi souffle l’Esprit
Au cœur qui s’abandonne,
Mais nul ne s’abandonne
S’il ne s’ouvre à l’Esprit.

4
Ainsi souffle l’Esprit
Au cœur qui se veut libre,
Mais nul n’est vraiment libre
S’il ne s’ouvre à l’Esprit.

5
Ainsi souffle l’Esprit
Au cœur dont Dieu est Père,
Mais nul ne dit Dieu-Père
S'il ne s'ouvre à l'Esprit.

6
Ainsi souffle l’Esprit
Au cœur que Dieu pardonne,
Mais nul ne pardonne
S'il ne s'ouvre à l'Esprit.

7
Ainsi souffle l'Esprit
Au cœur de son Église,
Mais nul ne fait l'Église
S'il ne s'ouvre à l'Esprit.



l'Ermite

vendredi 20 septembre 2024

ILS SE TAISAIENT

 

VINGT CINQUIÈME DIMANCHE

DU TEMPS ORDINAIRE

Année B





(Mc 9, 30-37)


Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant :« Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes  ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera.  Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger.    Ils arrivèrent à Capharnaüm,,et, une fois à la maison, Jésus leur demanda :« De quoi discutiez-vous en chemin ? »  Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit :« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux,
l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

La semaine dernière nous avions une Première annonce de la Passion « Et il commença à leur enseigner qu'il fallait que le Fils de l'homme souffrît beaucoup, qu'il fût rejeté par les anciens, par les grands prêtres et les scribes, qu'il fût mis à mort et qu'il ressuscitât trois jours après. » avec cette réaction de Pierre pour qui, le propos de Jésus est insupportable .

Aujourd'hui, alors qu'il y a eu, entre temps, la Transfiguration et la guérison d'une personne muette, Jésus réitère ::« Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ;ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger.

Si Jésus aborde une nouvelle fois ce sujet troublant, c'est qu'Il comprend la difficulté, pour les apôtres de se projeter dans un tel futur. Les apôtres, nous dit l’Évangéliste, ne comprenaient pas ! Il est des passages de l’Évangile que nous avons entendu , réentendu et encore, et encore, sans les comprendre, et cela, pour toutes sortes de raisons . Puis, un jour, les mots prennent sens et nous sommes étonnés , surpris, et nous ne comprenons pas de n'avoir pas compris jusque là !

Dès lors, l'attitude des apôtres ne devrait pas nous étonner . Nous l'avons évoqué, la semaine dernière je crois, en bons Juifs , les apôtres, comme leurs compatriotes n'attendent pas un Messie souffrant , ils sont à mille milles de l'annonce faite par Jésus ! Pour eux, le Messie attendu est un politique, un guerrier, qui rendra au Pays sa liberté en chassant l'occupant , un Messie triomphant qui régnera sur le Peuple. Il leur est donc impossible d'entendre et de comprendre l'annonce de Jésus .Pour eux, les propos du Livre de la Sagesse en première lecture, ne peuvent pas, à ce stade, évoquer leur Maître, il s'agit de l'occupant !

Et quand la semaine dernière, Pierre dit à Jésus : « tu es le Messie de Dieu », c'est bien à ce Messie -là qu'il pense. Et quand Jésus lui répond «  Tu es heureux fils de ...car c'est mon Père... » ils ne parlent pas du tout de la même personne ! L'un, Pierre, pense et attend le Messie triomphant , Jésus, parle du Messie qu'Il est en Vérité, le Messie souffrant d'Isaïe ! Deux points de vue diamétralement opposés, il faudra la Résurrection pour éclairer tout le chemin parcouru. Si, dans une première lecture, la conversation qui suit nous surprend, elle n'a cependant rien d'étonnant ! Et ce ne devait pas être simple, pour Jésus d'accompagner Ses apôtres sur le chemin de la Vérité ! Jésus le sait, Jésus le sent , Jésus comprend, aussi et Il marche à leur pas d'où la question :

 Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda :« De quoi discutiez-vous en chemin ? » Jésus est conscient que Ses paroles n'ont pas d'écho en eux ou, du moins, pas l'écho espéré .Quant à eux , ils ne sont guère à l'aise puisque  Ils se taisaient, ils n'étaient pas à l'écoute ne comprenant pas, et n'osant pas poser les bonnes questions. Ils se taisent parce que, au fond d'eux-mêmes, ils savent que leur conversation est loin des préoccupations de Jésus et que, eux-mêmes sont empêtrés dans des considérations de basses zones. Jésus essaie d'éclairer leur conscience et eux restent dans leur nuit ! « celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu. » Jn 3,21 . A cette heure, ce n'est pas leur cas , ils préfèrent se taire !

La Lumière, c'est Jésus, dévoiler leur conversation n'aurait rien de glorieux , ils choisissent de se taire : en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. Il n'est pas nécessaire de réfléchir longtemps pour percevoir les dissonances ! Jésus, le Fils Bien–aimé du Père évoque Sa Passion–Résurrection prochaine, eux, s'intéressent et se chamaillent sans doute, pour établir un ordre de préséance au sein du groupe : qui est le plus grand ? Décidément, ils sont bien loin des pensées du Père . C'est bien ce qu'affirme Dieu par la voix du Prophète : « mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, -- oracle du Seigneur. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées. » Is 55,7

La semaine dernière, Jésus ne disait pas autrement. A Pierre qui Le gourmande, ne répond-Il pas :Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

 

S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : Jésus prend le temps de s'installer pour donner plus de solennité à Sa Parole, Il appelle les Douze, ce qui signifie que Sa parole, celle qu'Il va leur livrer, s'adresse à chacun et que tous doivent entendre et connaître les exigences du Royaume qu'Il vient instaurer. La semaine dernière, après la première annonce de Sa Passions Jésus s'exprimait ainsi « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.     Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. » C'est clair et exigeant. Jésus ne parle nullement de triomphalisme, de gloire, de pouvoir , de puissance , de domination mais, de renoncement, de porter , non une épée ou un drapeau, mais sa croix, non de protéger ou sauver sa vie, mais de la perdre, Jésus prend vraiment le contre-pied des attentes qu'Il perçoit autour de Lui, y compris chez Ses frères. Le silence qui répond à Sa question, manifeste clairement que les Douze sont encore loin de Sa façon de voir l'avenir, leur avenir, alors Jésus va se faire plus concret , Il va utiliser des mots de tous les jours, des mots de la vie courante :

« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » 

Quand les apôtres discutaillent sur « le plus grand » qui équivaut au « premier » Jésus parle de devenir et d'être le dernier. celui qui voudra devenir grand, parmi vous, se fera votre serviteur; et celui qui voudra, parmi vous, être premier, se fera votre esclave. C'est ainsi que le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. Mt 20, ,28 Pour le groupe et pour chacun de nous, c'est un renversement de valeurs, dans un monde où chacun joue des coudes pour obtenir la meilleure place au soleil ! Ceci, parce que, pour Jésus, et pour ceux qui veulent apprendre à Le suivre, les vraies valeurs ne sont pas celles qui brillent , qui éclaboussent , qui bousculent, dominent, mais celles décrites par St Paul au Chapitre 13 de la Première aux Corinthiens  et qu'il conseille fortement : Recherchez l'amour. .. L' amour ne passera jamais !..Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie, que je connaîtrais tous les mystères, et que je posséderais toute science; quand j'aurais même toute la foi, jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, l'amour, je ne suis rien.

Jésus va même - Il plonge ici dans le Livre d'Isaïe - jusqu'à inviter les Douze , s'ils veulent toujours Le
suivre, à devenir serviteurs et serviteurs de tous ! Le plus grand, le premier, au lieu de rechercher les honneurs, la Gloire, sera serviteur de ses frères. Jésus en fera la « démonstration » juste avant de vivre la Passion  en demandant aux apôtres de faire de même Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j'ai fait pour vous. Jn 13

A l'époque de Jésus, l'enfant est loin d'être regardé, écouté, comme il l'est aujourd'hui, c'est donc sur « l'ignoré, le faible, le petit, le dépendant  », que Jésus va appuyer son propos :

Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Jésus, en affirmant cela, épouse ce qui définit l'enfance et que nous venons de décrire.

Ignoré, Jésus L'est puisqu'Il n'est pas accueilli dans Sa Parole et dans Ses actes, ni dans Sa Patrie,

faible Il l'est par choix, pour rester du côté des petits, parce qu'on L'attaque sur tous les plans !

Petit, dépendant, Jésus L'est plus que le plus petit des petits, puisque par choix encore, par Amour , Il n'a rien et se reçoit de Son Père et notre Père à chaque instant, Il ne fait rien qu'Il ne voit faire au Père : le Fils ne peut rien faire de lui-même, mais seulement ce qu'il voit faire au Père; et tout ce que fait le Père, le Fils aussi le fait pareillement. Jn 5,19

« comme vous, mon Père, vous êtes en moi, et moi en vous, pour que, eux aussi, ils soient un en nous, Jn 17,21

Et nous pourrions poursuivre la comparaison. Lui, la seconde Personne de la Très Sainte Trinité « bien qu'il fût dans la condition de Dieu, il n'a pas retenu avidement son égalité avec Dieu; mais il s'est anéanti lui-même, en prenant la condition d'esclave, en se rendant semblable aux hommes, et reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui; il s'est abaissé lui-même, se faisant obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix. » Ph 2

Nous sommes loin, très loin des rêves de grandeur des apôtres et des nôtres la seule grandeur de Jésus, c'est d'être Fils, donc enfant du Père, et ce doit être notre seule quête, devenir enfant de Dieu, en vivant à la manière du Fils unique ! Dès lors, accueillir un enfant au nom de Jésus, c'est accueillir Jésus et comme Jésus ne fait qu'un avec le Père, en L'accueillant nous accueillons le Père qui L'a envoyé, et devenons fils, comme Lui-même est Fils

Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

Tu fais ta demeure en nous
(IEV 17-58)

R. Tu es là présent, livré pour nous.
Toi le tout-petit, le serviteur.
Toi, le Tout-Puissant, humblement tu t’abaisses.
Tu fais ta demeure en nous Seigneur.

1. Le pain que nous mangeons, le vin que nous buvons,
C’est ton corps et ton sang,
Tu nous livres ta vie, tu nous ouvres ton cœur,
Tu fais ta demeure en nous Seigneur

2 Par le don de ta vie, tu désires aujourd’hui

Reposer en nos cœurs,

Brûlé de charité, assoiffé d’être aimé,

Tu fais ta demeure en nous Seigneur.

3. Unis à ton Amour, tu nous veux pour toujours
Ostensoirs du Sauveur,

En notre humanité, tu rejoins l’égaré,
Tu fais ta demeure en nous Seigneur.


Bien-aimés,
    la jalousie et les rivalités mènent au désordre
et à toutes sortes d’actions malfaisantes.

    Au contraire, la sagesse qui vient d’en haut
est d’abord pure,
puis pacifique, bienveillante, conciliante,
pleine de miséricorde et féconde en bons fruits,
sans parti pris, sans hypocrisie.
    C’est dans la paix qu’est semée la justice,
qui donne son fruit aux artisans de la paix.

Lettre de St Jacques

                                                     2 e lecture

L'Ermite