vendredi 6 mars 2026

SI TU SAVAIS LE DON DE DIEU ...

 

TROISIÈME DIMANCHE


DE CARÊME


Année A



(Jn 4, 5-42)

Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi.
 Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau.Jésus lui dit :« Donne-moi à boire.  – En effet, ses disciples étaient partis à la villepour acheter des provisions. La Samaritaine lui dit :« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire,à moi, une Samaritaine ? »– En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.Jésus lui répondit :« Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé,et il t’aurait donné de l’eau vive. » Elle lui dit :« Seigneur, tu n’as rien pour puiser,et le puits est profond.D’où as-tu donc cette eau vive ?    Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits,et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? » Jésus lui répondit :« Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ;    mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ;et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »    La femme lui dit :« Seigneur, donne-moi de cette eau,que je n’aie plus soif,et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »    Jésus lui dit :« Va, appelle ton mari, et reviens. »    La femme répliqua :« Je n’ai pas de mari. »Jésus reprit :« Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en a eu cinq,et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ;là, tu dis vrai. » La femme lui dit :« Seigneur, je vois que tu es un prophète !..Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là,et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »Jésus lui dit :« Femme, crois-moi :l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.    Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ;nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.Mais l’heure vient – et c’est maintenant –où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit,et ceux qui l’adorent,c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » La femme lui dit :« Je sais qu’il vient, le Messie,celui qu’on appelle Christ.Quand il viendra,c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »    Jésus lui dit :
« Je le suis, moi qui te parle. » À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ;ils étaient surpris de le voir parler avec une femme. Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? »ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? »

    La femme, laissant là sa cruche,revint à la ville et dit aux gens :    « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait .Ne serait-il pas le Christ ? »    Ils sortirent de la ville,et ils se dirigeaient vers lui.

    Entre-temps, les disciples l’appelaient :« Rabbi, viens manger. »    Mais il répondit :« Pour moi, j’ai de quoi manger :c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. »    Les disciples se disaient entre eux :« Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? »    Jésus leur dit :« Ma nourriture,c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre.    Ne dites-vous pas :‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ?Et moi, je vous dis :Levez les yeux et regardez les champs déjà dorés pour la moisson.Dès maintenant,  le moissonneur reçoit son salaire :il récolte du fruit pour la vie éternelle,si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur.    Il est bien vrai, le dicton :‘L’un sème, l’autre moissonne.’    Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun effort ;
d’autres ont fait l’effort,et vous en avez bénéficié. »

    Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus,à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage :« Il m’a dit tout ce  que j’ai fait. »    Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui,ils l’invitèrent à demeurer chez eux.Il y demeura deux jours. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme :« Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons :nous-mêmes, nous l’avons entendu,et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

Une rencontre ! Et quelle rencontre ! Une de celles qui retournent une vie ! En quelques mots, une femme , la Samaritaine, passe de la nuit du péché à la Lumière éblouissante qui la transforme, la Transfigure en témoin qui attire !« Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons :nous-mêmes, nous l’avons entendu,et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »Rencontre qui nous renvoie à la mission essentielle de Jésus  En s'incarnant, Jésus nous révèle l'insondable amour du Père qui veut sauver TOUS les hommes et surtout les pécheurs, donc chacun de nous, car qui peut prétendre être pur de tout péché quand le juste , selon l’Écriture Sainte, pèche sept fois par jour ?Proverbes 24: 16 Car sept fois le juste tombe, et il se relève, Mais les méchants sont précipités dans le malheur. Et « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs ». Mc 2, 17

La Samaritaine, accomplit un geste banal mais vital, un geste quotidien indispensable, car l'eau c'est la vie et la Vie ! Comme chaque jour, elle se rend au puits « communautaire » d'ailleurs, à une heure inhabituelle, peut-être, pour ne rencontrer personne et éviter des quolibets, et voilà , qu'un Juif de passage, fatigué par une longue marche,occupe les lieux et ose lui adresser la parole !

Un Juif qui se permet d'aborder une femme, (les disciples eux-mêmes s'en étonneront) et, qui plus est, une Samaritaine ! Les Juifs, en effet, considèrent les Samaritains comme des schismatiques et même comme des païens qu'il est interdit de fréquenter et auxquels on ne doit demander aucun service .

L'incongruité de cette situation n'échappe pas à cette femme à la vie désordonnée et elle n'hésite pas à le souligner :« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire,à moi, une Samaritaine ? ». Jésus n'attendait pas autre chose pour ouvrir le dialogue ! Jésus est attentif à la personne, toujours en éveil pour saisir la moindre opportunité !

Suis-je, sommes-nous en éveil, comme Jésus, pour rejoindre nos frères là où ils en sont, tels qu'ils se présentent, sans le moindre a priori, et les conduire plus loin, là où Jésus les attend !

Jésus ne rentre pas dans les dissensions évoquées, c'est tellement secondaire, Il vise l'essentiel,Il ignore les querelles du passé et regarde devant, vers un avenir possible.Jésus sait qu'il y a l'eau indispensable à la vie , c'est pour cela qu'il s'est arrêté et pour se reposer épuisé par la marche, et pour se rafraîchir, mais il y a une eau impalpable celle-là, tellement plus vertueuse, une eau que Lui seul peut faire jaillir , une eau vivifiante, qui dépasse toutes les attentes , une eau qui renouvelle et purifie sans fatigue, sans être obligée de se déplacer pour la puiser, Jésus va aiguiser la curiosité de son interlocutrice, la mettant en situation d' éprouver une autre soif . Jusque là, cette femme assouvit sa soif d'amour de manière désordonnée. Elle reste sur sa soif qu'elle véhicule d'un homme à l'autre et demeure insatisfaite. Jésus profite de sa remarque pour attiser sa quête et sa curiosité. Jésus lui fait désirer ce qu'il y a de

meilleur ::« Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’,c’est toi qui lui aurais demandé,et il t’aurait donné de l’eau vive. » 

Bingo dirions-nous en langage familier, Jésus a perçu la faille qui va la faire rebondir :« Seigneur, tu n’as rien pour puiser,et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ?

Ils ne sont pas du tout sur la même longueur d'onde, la femme qui vient chaque jour puiser l'eau, qui effectue sans doute une longue marche, sous un soleil brûlant n'attend qu'une chose : rester dans ses pantoufles, à la maison, à l'ombre d'un figuier,et recevoir ce don précieux gratuitement, généreusement. Lucide, connaisseuse de la difficulté qu'elle rencontre quotidiennement, peut-être même plusieurs fois pas jour, elle suit son idée et fait remarquer à « l’Étranger » qu'elle ne voit pas comment il pourra puiser sans le moindre matériel adapté à la situation. Honnêtement nous n'avons pas de difficultés à nous reconnaître dans cet agissement ! Ne nous arrive-t-il pas en effet de suivre notre idée au lieu d'essayer de comprendre ce que le frère nous partage , Nous essayons de formuler une réponse et passons à côté de la véritable attente de notre interlocuteur(trice) Ce n'est pas le cas de Jésus qui lui répondit :« Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ;    mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ;et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » Il n'en faut pas davantage pour que la femme saisisse la balle au bond ,sans savoir ce qui l'attend, sans imaginer un instant ce qui va lui être proposé, la voilà qui ouvre la brèche secrètement désiré par Jésus ! Remarquons qu'ils ne parlent pas du tout de la même soif, mais, cahin-caha Jésus fait avancer la femme qui , dans sa spontanéité renchérit :  « Seigneur, donne-moi de cette eau,que je n’aie plus soif,et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »  Ah, si elle pouvait être libérée de cette corvée quotidienne  quelle aubaine ! Peu importe qui est cet homme, d'où Il vient et où Il va ! S'Il facilite sa vie , voilà l'intéressant : ne plus lancer son seau au fond du puits, ne plus transpirer pour les remonter tout en éclaboussant à droite et à gauche au point de le poser sur la margelle au deux tiers rempli , puis revenir et revenir encore …

C'est au tour de Jésus de se glisser dans la brèche , de saisir la perche tendue :« Va, appelle ton mari, et reviens. » Jésus pointe où le bât blesse , Il connaît cette femme , Il sait, mais Il la respecte trop pour se placer en accusateur, Il la suit pas à pas. Quant à elle , c'est une personne honnête, quelles que soient les apparences , elle ne cache pas sa véritable situation, elle connaît le désordre de sa vie, elle ne dit pas tout, mais elle élargit la déchirure :« Je n’ai pas de mari. » Attentif, Jésus saisit l'opportunité offerte pour la conduire toujours plus loin« Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari des maris, tu en a eu cinq,et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ;là, tu dis vrai. » Jésus ne la contredit pas, Il ne lui cherche pas d'excuses, Il avance au même rythme par petites touches qui permettent à Son interlocutrice de réfléchir et de découvrir qu'il y a chez cet Homme, un plus qui la surprend , Il évoque même des éléments qu'elle est la seule à connaître avec les gens du village où elle habite bien sûr.

Ce n'est pas habituel, lui, un étranger, connaît des pans obscurs de sa vie intime ! La voilà au pied du mur pourrions-nous dire, et entraînée sur des chemins qui ne sont pas les siens. Cet Homme n'est pas commun et elle ose le dire clairement « Seigneur, je vois que tu es un prophète !...Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »  La Samaritaine semble faire un petit pas de côté vers l'arrière ! Le dernier propos de Jésus était un appel discret à une prise de conscience de sa vie concrète et dissolue, la Femme, tout en reconnaissant le regard juste de l’Étranger tente de détourner la conversation en revenant sur ce qui, historiquement sépare les Juifs des Samaritains. Tout aussi adroitement, judicieusement, l’Étranger , reprend la main si j'ose dire, et va élargir son champ de vision :

« Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.    Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons,car le salut vient des Juifs.    Mais l’heure vient – et c’est maintenant –où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité :tels sont les adorateurs que recherche le Père.    Dieu est esprit,et ceux qui l’adorent,c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » Jésus avance au rythme de la Femme, lentement, mais sûrement. Elle a tenté une démarche de recul, sans agitation, sans reproche, Jésus part de sa façon étriquée , sans lui faire la leçon d'ailleurs, de recevoir la foi et de l'exprimer à une perspective tellement plus ouverte, tellement plus libre . La Samaritaine effectue alors un autre déplacement, elle commence à s'interroger sérieusement elle ose évoquer le Messie attendu depuis des siècles : « Je sais qu’il vient, le Messie,celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. » La Femme suggère discrètement que Celui qui est attendu et qui vient enseignera avec autorité et justesse mais elle est loin de s'attendre à ce qui suit :« Je le suis, moi qui te parle. » Bouleversée , la Femme laisse sur place sa cruche, elle oublie la raison essentielle de sa présence en ce lieu et devient missionnaire La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens :    « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait .Ne serait-il pas le Christ ? »    Ils sortirent de la ville,et ils se dirigeaient vers lui .Suffoquée par ce qu'elle vient d'entendre et le contenu de ses échanges avec l’Étranger, la Samaritaine vole pourrait-on dire vers le village et sans la moindre gêne déverse son étonnement aux pieds des villageois avec la grande question qui anime les cœurs de l'époque : .Ne serait-il pas le Christ ?

Il n'en faut pas davantage pour aiguiser leur curiosité, sans plus attendre les villageois veulent voir de leurs yeux, entendre de leurs oreilles ce qui se passe au puits.Tandis que le village s'ébranle, les disciples qui sont allés se ravitailler arrivent auprès du Maître et ne cachent pas leur surprise de Le trouver en conversation avec une femme et pas n'importe laquelle ! Ils gardent pour eux leur étonnement mais leurs attitudes, les regards échangés parlent éloquemment puisque Jésus à leur timide invitation :« Rabbi, viens manger. »  éprouve l'urgence d'expliquer le sens de Sa présence Jésus tente d'élargir également le champ de vision de ses propres disciples . Avec eux aussi, les quiproquos sont fréquents et Il s'explique sur le fond, de cette halte sur la margelle d'un puits . Jésus ne s'est arrêté en cet endroit précis que pour accomplir la volonté de Son Père, Il n'a pas d'autre soif, pas d'autre faim que d'être à l'écoute du Père et d'accomplir ce que ce Père souffle à Son Esprit ::« Pour moi, j’ai de

quoi manger :c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. »    Les disciples se disaient entre eux :« Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? »    Jésus leur dit :« Ma nourriture,c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre.    Ne dites-vous pas :‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ?Et moi, je vous dis :Levez les yeux et regardez les champs déjà dorés pour la moisson.Dès maintenant,  le moissonneur reçoit son salaire :il récolte du fruit pour la vie éternelle,si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur.    Il est bien vrai, le dicton :‘L’un sème, l’autre moissonne.’    Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun effort ;d’autres ont fait l’effort,et vous en avez bénéficié. »

L'arrivée des villageois met un terme au propos de Jésus , sans doute en ont-ils entendu suffisamment pour être eux-mêmes convaincus qu'il y a là plus qu'un simple marcheur assoiffé, puisque d'ennemis naturels, ils en font un ami à qui ils ouvrent leur porte, non plus en raison du témoignage de la femme, mais parce que les Paroles de La Parole éternelle du Père les rejoint au plus profond de leur être, de leur attente aussi :Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus,à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage :« Il m’a dit tout ce  que j’ai fait. »    Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui,ils l’invitèrent à demeurer chez eux.Il y demeura deux jours. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme :« Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons :nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

Le témoignage est important, puisqu'il met en route, mais insuffisant! L'essentiel est dans l'expérience personnelle de la Rencontre :nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »Nous pourrons entendre les plus beaux discours, les plus belles homélies, lire les plus beaux livres, si nous ne nous retirons pas dans un cœur à Cœur sincère,profond, avec le Christ , nous ne ferons jamais cette expérience personnelle qui retourne une vie comme St Paul sur le chemin de Damas :Comme je n’y voyais plus, à cause de
l’éclat de cette lumière,
mes compagnons me prirent par la main, et c’est ainsi que j’arrivai à Damas.

Or, Ananie, un homme religieux et fidèle à la Loi, estimé de tous les Juifs habitant la ville, vint me trouver et, arrivé auprès de moi, il me dit : ‘Saul, mon frère, retrouve la vue.’Et moi, au même instant, je retrouvai la vue, et je le vis. C'est l'expérience de Moïse au mont Horeb, c'est l'expérience de tout chercheur de Dieu !

Le Témoignage,l'expérience personnelle et l'accompagnement de frères, sont indispensables pour savourer l'eau qui désaltère et devient en chacun, une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »  



Si tu savais le don de Dieu

GA 300

Auteur : André Gouzes

Compositeur : Choral Allemand


1
Si tu savais le don de Dieu,
quel est celui à qui tu parles,
c’est toi qui m’aurais demandé
de te donner l’eau vive :
car l’eau que je te donnerai
en toi sera source de vie.

2
Seigneur, donne-moi de cette eau,
afin que je n’aie jamais soif ;
tu es la source de la vie,
toi la lumière en qui je vois ;
enivre-moi de ton amour,
au fleuve de ta grâce !

3
Et si quelqu’un connaît la soif,
s’il croit en moi, qu’il vienne et boive ;
et de son sein l’eau jaillira
comme un torrent d’eau vive ;
Jésus parlait de l’Esprit Saint,
qu’il donnerait à ceux qui croient.

4
En toi, femme de Samarie,
est la figure de l’Église ;
car c’est de foi qu’il avait soif,
lui qui demande à boire ;
déjà tu bois toute enivrée,
l’eau qui étanche toute soif.

5
Toi qui venais puiser de l’eau,
je t’ai puisée de ton abîme ;
sans eau j’ai purifié ton cœur,
en toi j’ai fait couler ma vie ;
c’est de la croix qu’elle a jailli :

L’eau ,et le sang versé pour tous.


L'Ermite

vendredi 27 février 2026

LAISSE ENTRER LA LUMIÈRE

 

LAISSE ENTRER LA LUMIÈRE


DEUXIÈME DIMANCHE


DE CARÊME


Année A



(Mt 17, 1-9)


Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ;son visage devint brillant comme le soleil,et ses vêtements, blancs comme la lumière.Voici que leur apparurent Moïse et Élie,qui s’entretenaient avec lui.Pierre alors prit la parole et dit à Jésus :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !Si tu le veux,je vais dresser ici trois tentes,une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie Il parlait encore,lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,et voici que, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,en qui je trouve ma joie :écoutez-le ! »Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte.Jésus s’approcha, les toucha et leur dit :Relevez-vous et soyez sans crainte ! »Levant les yeux,ils ne virent plus personne,sinon lui, Jésus, seul.

 En descendant de la montagne,Jésus leur donna cet ordre :« Ne parlez de cette vision à personne,avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

La semaine dernière, Jésus était confronté au Mal. Nous Le retrouvons aujourd'hui dans la profondeur de Son « Être-Dieu » . Avec Lui, nous passons de la nuit du Mal, à la Lumière qui émane de Son Être et nous sommes invités, dans Ses pas, à nous laisser transfigurer, jour après jour, tout au long de ce Carême pour devenir, jour après jour, ce qu'Il attend de chacun de nous, pour notre bonheur , pour celui de la Trinité tout entière. Les exigences de la vie chrétienne ne sont pas contre nous, elles sont pour nous, pour notre « bien-être » intérieur qui ne peut que nous transfigurer, et rayonner à notre insu, dans notre vie, parce que c'est Lui, Jésus, qui occupe le terrain, et quand Il est présent, Il rayonne.

Avec les trois apôtres appelés par Jésus, montons joyeux sur la montagne du Tabor où Jésus Lui-même nous invite aujourd'hui.

Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne St Luc précise, pour prier. Callons nos pas dans ceux des apôtres et gravissons la montagne ensemble ! En arrivant au sommet ( Pâques) puissions-nous éprouver le même dépaysement, le même émerveillement ,la même stupéfaction, le même boulever-sement que les apôtres au jour de la Transfiguration ! Nous sommes là, avec Pierre, Jacques et Jean , nous marchons avec Jésus, durant ces quarante jours, c'est un peu dur parfois, nous ne comprenons pas tout, il y a quelques jours Jésus, sur la route, tenait des propos difficiles, suscitant une réaction violente , aimante aussi, de Pierre.

Violente , parce que, il n'est pas concevable que le Maître puisse être tué : et ils le mettront à mort, c'est pour Pierre et les autres, Impensable  « plus tard vous comprendrez leur dira Jésus à un moment, comme Il nous le souffle quand nous nous heurtons à toutes sortes de difficultés.

Aimante, parce que Pierre s'est attaché à Jésus .Pierre aime Jésus, il a besoin de Lui, de Ses conseils de Sa Présence, de Sa force morale . Son attachement est peut-être trop affectif, sans doute immature ...mais il L'aime, cet amour sera purifié au fil du temps ! C 'est parce qu'il aime Jésus qu'il veut écarter le pire annoncé, « mais les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées » !

Jésus commença depuis lors à déclarer à ses disciples qu'il fallait qu'il allât à Jérusalem, qu'il souffrît beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, qu'il fût mis à mort et qu'il ressuscitât le troisième jour. A Dieu ne plaise, Seigneur! cela ne vous arrivera pas. !

Pour l'heure, Jésus marche, Ses apôtres, avec nous ,suivent le Jésus incarné, qui a faim , qui a soif, qui éprouve de la fatigue, qui partage nos émotions, , prie le Père , nous apprend à prier, d'ailleurs c'est un aspect de cette ascension à l'assaut du Tabor , redresse nos déviances," Va-t'en! Arrière de moi, Satan! tu m'es scandale; car tu n'as pas le sens des choses de Dieu, mais (celui) des choses des hommes.- et tandis qu'ils échangent, que nous échangeons  :

Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil,et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie,qui s’entretenaient avec lui.Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : Celui qui, il y a un instant, était l'un de nous, qui marchait avec nous, parlait avec nous,celui qui dit en St Jean au chapitre 8 : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie.Le voilà devenu Lumière, resplendissement de la Gloire du Père c'est ce qu'exprime l'auteur de la Lettre aux Hébreux dans son introduction :Après avoir, à plusieurs reprises et en diverses manières, parlé autrefois à nos pères par les Prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, et par lequel il a aussi créé le monde. Ce Fils, qui est le rayonnement de sa gloire, l'empreinte de sa substance, et qui soutient toutes choses par sa puissante parole, après nous avoir purifiés de nos péchés, s'est assis à la droite de la majesté divine au plus haut des cieux, d'autant plus grand que les anges, que le nom qu'il possède est plus excellent que le leur.

Et Il n'est plus seul, Il se présente en conversation avec Moïse ( la Loi) et Élie ( les Prophètes). Jésus l'a bien dit, Il s'inscrit dans la continuité de l'Ancienne Alliance : » je ne suis pas venu abolir mais accomplir » Mt 5,17

C'est ici un témoignage pour les apôtres, pour nous ! Époustouflés, renversés, avec les apôtres, nous suivons Pierre sans réfléchir davantage, car, c'est indéniable, se trouver dans le rayonnement de Jésus, est une grâce insondable. Nous expérimentons parfois, des moments de grâce si intenses que nous souhaiterions rester là, pour toujours. Qui n'a pas éprouvé ce bonheur une fois dans sa vie, au terme d'une retraite spirituelle, après avoir reçu et accueilli un sacrement ?

Inondés de cette Lumière divine, avec Pierre nous osons la folle proposition de nous installer dans ce confort spirituel  :

« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !Si tu le veux,je vais dresser ici trois tentes,une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie

Perdus dans notre gourmandise spirituelle, comme il y a peu de temps, au Jourdain, lors du Baptême de Jésus, la voix du Père vient nous tirer de notre rêverie

Au JOURDAIN : et voilà que les cieux s'ouvrirent pour lui, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voilà que ces cieux une voix disait: " Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis mes complaisances. (Baptême)

SUR LA MONTAGNE :Il parlait encore,lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,et voici que, de la nuée, une voix disait :« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »

La nuée, dans la Bible est un signe de la Présence de Dieu , rappelons-nous le Livre de l'Exode :

Le Seigneur lui-même marchait à leur tête: colonne de nuée le jour, pour leur ouvrir la route-colonne de feu la nuit, pour les éclairer; ils pouvaient ainsi marcher jour et nuit.Ex 13,21

Le Seigneur dit à Moïse : « Je vais venir vers toi dans l'épaisseur de la nuée, pour que le peuple, qui m'entendra te parler, ait confiance en toi, pour toujours.EX 19,9

Le peuple resta à distance, mais Moïse s'approcha de la nuée obscure où Dieu était présent. Ex 20, 21

la gloire du Seigneur demeura sur la montagne du Sinaï, que la nuée recouvrit pendant six jours. Le septième jour, le Seigneur appela Moïse du milieu de la nuée.. Ex 24,16

Nous pourrions continuer longtemps ; la nuée , Présence du  « Seigneur Dieu », est citée 49 fois dans le Pentateuque. Pour approcher du mystère de la Transfiguration , il nous suffit de savoir que la Présence de la nuée coïncide avec la Présence de Dieu. » La nuée c'est DIEU PRÉSENT » ! Mais, comme il est écrit également dans l'Exode : «  l'homme ne peut pas voir Dieu sans mourir », la nuée crée la distance :

Dieu répondit à Moïse: « Je vais passer devant toi avec toute ma splendeur, et je prononcerai devant toi mon nom qui est : LE SEIGNEUR. Je fais grâce à qui je veux, je montre ma tendresse à qui je veux. » Il dit encore : « Tu ne pourras pas voir mon visage, car on ne peut pas me voir sans mourir. »

Le Seigneur ajouta : « Voici une place près de moi, tu te tiendras sur le rocher ;quand passera ma gloire, je te mettrai dans le creux du rocher et je t'abriterai de ma main jusqu'à ce que j'aie passé. Puis je retirerai ma main, et tu me verras de dos, mais mon visage, personne ne peut le voir. » Ex 33,20

Dans l'Exode la main du Seigneur abrite Moïse dans le creux d'un rocher, à la Transfiguration les apôtres sont couverts de l'ombre de la nuée, la force de cette présence est telle qu'elle est insoutenable pour notre humanité., Dieu est si Grand dans Son humilité, Dieu est la pureté absolue, notre opacité est telle qu'il faut un regard transfiguré pour Le Voir ! Comme l'écrit Saint Paul :

Car nous ne connaissons qu'en partie, et nous ne prophétisons qu'en partie; 1or, quand sera venu ce qui est parfait, ce qui est partiel prendra fin. Maintenant nous voyons dans un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme je suis connu.1 Co 13,9

Aujourd'hui nous n'avons qu'un avant-goût de qui est Dieu

Quand ils( ils = Paul et Barnabé) eurent évangélisé cette ville et fait un assez grand nombre de disciples, ils retournèrent à Lystres, à Iconium et à Antioche, affermissant l'âme des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi et (disant) que c'est par beaucoup de tribulations qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. Act 14, 21

C'est par l'épreuve en effet que nous sommes purifiés, que nos yeux sont lavés, que notre cœur est libéré des scories qui l'alourdissent , les apôtres et nous avec eux , sommes encore empêtrés dans nos rivalités, notre façon trop terre à terre d'envisager l'avenir - nous avons entendu Jésus dire à Pierre et à chacun de nous : « arrière Satan tu me fais obstacle », tu n'as rien compris ...il y a quelques instants ils étaient prêts à dresser trois tentes, on est si bien sur la montagne , cette nuée entrevue les bouleverse et nous avec, ils sont complètement renversés, retournés comme les représentent les iconographes. Cette heure est insoutenable parce majestueuse dans sa simplicité, elle passe comme un éclair, il faut se redresser , se relever , rester serait de la gourmandise spirituelle, Jésus a commencé le travail d’Évangélisation, Il vient de donner les armes pour affronter les intempéries de cette évangélisation, de montrer de quoi encourager les frères désespérés, embourbés, l'heure est venue de reprendre la route, le Père, dans cette nuée a parlé Il vient de confirmer la mission du Bien-aimé et demande aux disciples, à chacun de nous, de l'écouter  Celui-ci est mon Fils bien-aimé,en qui je trouve ma joie :écoutez-le ! » Cette même voix parle au fond de nos cœurs, L'entendons-nous ? Nos cœurs sont-ils libres pour la reconnaître, libérés de toute scorie ? Le Carême nous est offert pour nous ressaisir, pour écouter, pour nous laisser retourner renverser

Jésus qui connaît nos combats, nos peurs dans la vie de chaque jour comme ici s’approcha, les toucha et leur dit :Relevez-vous et soyez sans crainte ! »Levant les yeux,ils ne virent plus personne,sinon lui, Jésus, seul.Jésus ne nous enferme pas,, Il se fait proche au contraire, touche le cœur des apôtres, le nôtre, Il nous dit : « va plus loin » la route est encore longue, Il donne même l'ordre de rester discrets sur cette grâce insigne , comme nous devons l'être pour certaines grâces exceptionnelles que nous pouvons recevoir, à les étaler nous en perdons l'essence !

 En descendant de la montagne,Jésus leur donna cet ordre :« Ne parlez de cette vision à personne,avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

Jésus n'impose pas un silence arbitraire mais ce n'est pas l'heure de parler ! Seule la résurrection pourra donner du sens à cet événement, continuons d'écouter le Père et Jésus transfiguré se fraiera un passage à travers nos écorces !


Nous avons quitté nos chemins

Compositeur : Jacques Berthier

Nous avons quitté nos chemins de peine

pour goûter près de Toi le repos ;

Seigneur, tu le sais, nous cherchons le Père,

apprends-nous à prier.

2.

Saurons-nous veiller quand la chair est faible ?

Ton désir nous soutient dans la foi 

Seigneur, nous croyons : Tu connais le Père,

montre-nous sa beauté

3.

Un instant, nos yeux ont surpris ta gloire :

Te voici rayonnant de splendeur ;

Seigneur, notre joie, Tu as vu le Père,

Ton visage est clarté.

4.

Dans la nuit des temps se cachait ta face :

les prophètes annonçaient ta venue;

Seigneur, aujourd’hui, à la voix du Père,

nous t’avons reconnu.

5.

Il nous faut encore soutenir l’épreuve,

traverser avec Toi d’autres nuits ;

Seigneur, Fils de Dieu, conduis-nous au Père,

transfigure nos vies.



L'Ermite

vendredi 20 février 2026

NE NOUS LAISSE PAS ENTRER EN TENTATION


PREMIER DIMANCHE


DE CARÊME


Année A


(Mt 4, 1-11)

La date du Carême est variable, chaque année il a lieu pendant 46 jours, entre le mercredi des Cendres et Pâques.

ORIGINE DU CARÊME

Le mot Carême vient du latin Quadragesima dies « quarantième jour » avant Pâques . Le Carême est une période de pénitence, de jeûne et d'Aumône qui dure pendant les quarante jours qui précèdent Pâques.

Il commence le mercredi des Cendres et s'achève avec la Semaine Sainte et le Dimanche de Pâques.Les dimanches n'étant pas jeûnés dans la religion catholique , le Carême commence donc 46 jours avant Pâques ( 40 jours + 6 dimanches )

Le sens de cette pratique est, pour les fidèles, de se souvenir de la retraite que Jésus effectua dans le désert où Il se retira afin de prier et méditer pendant 40 jours. Il Y fut tenté plusieurs fois par Satan qui Le soumit à plusieurs épreuves afin d'éprouver Sa foi. Cet épisode est raconté dans les évangiles de Matthieu et Luc, plus brièvement par Marc et passé sous silence par Jean.et est connu sous le nom de Tentation du Christ au désert.

Durant les 2e et 3e siècles le Carême est peu observé par les fidèles et la durée du jeûne n'est pas fixée par l’Église Catholique. Certains croyants ne pratiquent alors qu'un jeûne de deux jours durant la préparation de Pâques. Le Philosophe chrétien saint Justin de Naplouse (165) écrit que les catéchumènes « sont instruits à prier et à implorer de Dieu, en jeûnant , la rémission de tous péchés passés tandis que nous prions et jeûnons avec eux ».


Vers 195 l'évêque de Lyon St Irénée, inspiré de St Justin, adressa au Pape St Victor 1er (199) une lettre indiquant qu'un jeûne obligatoire était observé par les chrétiens les vendredis et samedis saints afin de commémorer le départ de leur époux le Christ .Le carême devient courant entre 300 et 325, et il s'architecture autour de la préparation au baptême des catéchumènes. On demande aux fidèles de faire preuve de solidarité et compassion en priant et en jeûnant. On trouve dans l'Histoire ecclésiastique (324) écrite par Eusèbe de Césarée (265 † 340) récit des nombreuses pratiques observées pour le jeûne de Pâques

Pratique du Carême

La nature du jeûne n'est pas fixée officiellement par l'Église Catholique. Il doit avant tout faire sens pour le fidèle, la privation n'étant pas une fin en soit. Comme toute ascèse, elle trouve son sens dans un renforcement de la Foi et non une mortification de la chair. Il s'agit surtout de se priver du superflu (viandes, sucreries, graisses) afin de se consacrer aux autres par l'Aumône et à Dieu par la prière.

Ce n'est pas la première retraite de 40 jours recensée dans la Bible, car Moïse aussi se retira sur le Sinaï durant 40 jours, comme le rapporte le livre de l'Exode. Ce dernier relate l’errance du peuple hébreu guidé par Moïse, à travers le désert, vers la Terre promise. C'est durant cette épreuve qu'il recevra les Tables de la Loi. De même, Jésus commencera sa prédication une fois sa retraite terminée. Cet épisode a donc d'autant plus d'importance qu'il inscrit Jésus dans la tradition des grands prophètes bibliques et comme étant le Messie attendu.(Notes)

 Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits ,il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit :« Si tu es Fils de Dieu,ordonne que ces pierres deviennent des pains. »    

Mais Jésus répondit :« Il est écrit :L’homme ne vit pas seulement de pain,mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

 Alors le diable l’emmène à la Ville sainte,le place au sommet du Temple    et lui dit :« Si tu es Fils de Dieu,jette-toi en bas ;car il est écrit :Il donnera pour toi des ordres à ses anges,et :Ils te porteront sur leurs mains,de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara :« Il est encore écrit :Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit :« Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » Alors, Jésus lui dit :« Arrière, Satan !car il est écrit :C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras,à lui seul tu rendras un culte. »

    Alors le diable le quitte.Et voici que des anges s’approchèrent,et ils le servaient.

 Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable.N'est-il pas étrange de voir Jésus conduit au désert , par l'Esprit, alors que Celui-ci vient de se manifester au moment de Son Baptême et que le Père  L'a désigné comme SON FILS BIEN - AIME ?

Certes il y a le désert que nous connaissons comme une terre inhabitée et inhabitable où grouillent toutes sortes de bêtes plus hostiles les unes que les autres, où le soleil brûle sans la moindre végétation pour s'abriter de sa morsure , sans eau ni culture pour se désaltérer et se nourrir MAIS ! Symboliquement il y a aussi un avant-goût de cette terre des hommes où Jésus est envoyé, terre, ô combien hostile, où ,comme l'écrit St Jean dans le Prologue Il vint chez lui, et les siens ne l'ont pas reçu. ! Terre toujours hostile malgré plus de 2000 ans de christianisme où des chrétiens ( qui touche à l'homme touche au Christ) sont toujours persécutés dans certains coins de la planète et dans d'autres, ignorés, ce qui n'est pas mieux ! Oui, Jésus continue Sa marche pour révéler l'Amour fou du Père pour l'humanité ! Aujourd'hui encore Jésus est confronté à des défis diaboliques dans ses frères et le Tentateur continue de susurrer à l'oreille des enfants de Dieu :

:« Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. »   Le tentateur intervient dans la vie de Jésus, dans la nôtre, quand le corps et l'esprit sont affaiblis, ici, Jésus   Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits ,Il eut faim. ! Chez nous quand l'épreuve nous visite, quand dominent les passions de toutes sortes Le maléfique, le malin, il porte bien ce surnom, qui comme l'écrit St Pierre, rôde cherchant qui dévorer :Soyez sobres, veillez; votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rode autour de vous, cherchant qui dévorer. 1P 5,8

Où est l'intérêt ici ? Changer des pierres en pain , dans quel but, sinon pour jouer les gros bras, pour attirer l'attention, pour ouvrir une brèche où le malin pourra s'engouffrer et quand il sera rentré, il sera difficile de l'éjecter , si on y parvient, il ne lâche pas prise , il revient avec du renfort écrit St Matthieu :Lorsque l'esprit impur est sorti d'un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n'en trouve point. Alors il dit: " Je retournerai dans ma maison, d'où je suis sorti. " Et revenu, il la trouve libre, nettoyée et ornée. Alors il s'en va prendre avec lui sept autres esprits plus mauvais que lui, et, étant entrés, ils y fixent leur demeure, et le dernier état de cet homme devient pire que le premier. Mt 12,45

Il en est de même pour chacun de nous, regardez les narcotrafiquants aujourd'hui, les mafias de toutes sortes, tout ce que notre société véhicule de déviant, si nous y mettons un doigt , nous y passons tout entier et nous ne nous réveillons que lorsque nous sommes écrasés , compressés, il faudra des années pour redresser la barre !

Jésus, écoutons-Le, n'ouvre aucune porte au diabolos, Il n'entre pas en dialogue , Il le renvoie à Qui ? À Quoi ? A la Parole de Dieu . Jésus s'appuie sur l'expérience du Peuple de Dieu qui a cherché sa route pendant quarante ans dans le désert et n'a manqué de rien  Dt 8, 3 Il (Dieu, le Seigneur), t'a mis dans la pauvreté, il t'a fait avoir faim et il t'a donné à manger la manne que ni toi ni tes pères ne connaissiez, pour te faire reconnaître que l'homme ne vit pas de pain seulement, mais qu'il vit de tout ce qui sort de la bouche du Seigneur. Ton manteau ne s'est pas usé sur toi, ton pied n'a pas enflé depuis quarante ans et tu reconnais, à la réflexion, que le Seigneur ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils. Tu garderas les commandements du Seigneur ton Dieu en suivant ses chemins et en le craignant.

« Il est écrit dit Jésus :L’homme ne vit pas seulement de pain,mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

Voilà de quoi clouer le diabolos sur place ! Eh bien non ! Il ose renchérir comme il le fait dans nos vies, mais bien plus subrepticement, il ronronne , arrive à nous faire gober que ce qui est bien ,est mal, et mal ce qui est bien , il s’immisce partout ,il repère notre désir de briller, notre soif inextinguible de performances diverses et variées, notre goût désordonné du risque, non pour faire confiance, mais pour paraître...Sait-il que Jésus est Dieu ? En tous cas il sait que Jésus est proche de Dieu, plusieurs fois nous l'entendrons provoquer Jésus « Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es :tu es le Saint de Dieu. » Lc 4 Jésus est bien plus que le Saint, Il est Dieu, égal au Père !

Vexé par cette première rebuffade le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple    et lui dit :« Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ;car il est écrit :Il donnera pour toi des ordres à ses anges,et :Ils te porteront sur leurs mains ,de peur que ton pied ne heurte une pierre. »  Le démon aussi connaît, à sa façon, l’Écriture Sainte, il singe le Maître de l'Univers en Lui renvoyant au visage le Psaume 91 ,9" Tu es mon refuge,Seigneur " tu as fait du Très-Haut ton asile. Le malheur ne viendra pas jusqu'à toi, aucun fléau n'approchera de ta tente. Car il ordonnera à ses anges de te garder dans toutes tes voies. Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte contre la pierre. Tu marcheras sur le lion et sur l'aspic, tu fouleras le lionceau et le dragon.Ce Psaume 91 est composé par le roi David, qui était connu pour sa foi en Dieu. Il était très conscient des dangers du monde et reconnaissait que Dieu seul pouvait le protéger .

Le diabolos souffle à Jésus de se livrer à un exploit , Il ne risque rien, Il sait que Dieu Le déposera tout en douceur sur la terre ferme , Il aura des anges ( lui même, le Satan est un ange , mais un ange déchu, dont la perfidie n'a pas d'égale ) pour Le convoyer ! Quelle ironie !

Hélas ! nous sommes nombreux à prendre des risques insensés parfois au prix de notre vie,non pour prouver la Puissance divine, mais pour en remontrer aux autres, pour occuper la première page des journaux, pour brûler cette vie si précieuse , par tous les bouts et à terme, partir avant notre heure. Pour satisfaire nos ambitions, occuper le devant de la scène du monde. Jésus n'est pas venu en remontrer, Il est venu servir, Jésus est venu révéler l'amour du Père . Jésus n'est pas venu vivre dangereusement, Il est venu nous apprendre à vivre sainement, saintement, ajustés à la volonté du Père, Jésus est venu accomplir l'Ancienne Alliance en se soumettant à la volonté du Père, en donnant sa vie.C'est pour cela que mon Père m'aime, parce que je donne ma vie pour la reprendre. Jn 10, 17 Jésus est venu donner Sa vie, non la griller comme un adolescent, d'où Sa réplique :

:« Il est encore écrit :Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » nous trouvons cela chez le Prophète Malachie

Je suis l’Éternel, je ne change pas, et vous, descendants de Jacob, vous n’avez pas été détruits.Dès l’époque de vos ancêtres, vous vous êtes écartés de mes prescriptions, vous ne les avez pas respectées. Revenez à moi, et je reviendrai à vous, dit l’Éternel, le maître de l’univers. Et vous dites: «En quoi devons-nous revenir?»Un homme peut-il tromper Dieu? En effet, vous me trompez et vous dites: «En quoi t’avons-nous trompé?» Dans les dîmes et les offrandes. Vous êtes frappés par la malédiction et vous me trompez, la nation tout entière! Apportez toutes les dîmes à la maison du trésor afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison. Mettez-moi ainsi à l’épreuve, dit l’Éternel, le maître de l’univers, et vous verrez si je n’ouvre pas pour vous les fenêtres du ciel, si je ne déverse pas sur vous la bénédiction en abondance. Ml 3

Et bien plus tôt, le Peuple pouvait lire cela dans le Deutéronome au chapitre 6 : "Vous ne tenterez point le Seigneur votre Dieu, comme vous l'avez tenté en Massa."

Jésus, Parole éternelle du Père renvoie le provocateur aux paroles inspirées. Cette fois Jésus lève un coin du voile sur Son identité « le Seigneur ton Dieu ». Le diabolos a-t-il entendu ? A-t-il compris ? Il ne s'avoue pas vaincu malgré tout ! Bien au contraire il renchérit et se pose en propriétaire de biens qui ne sont pas les siens, il offre même ses fausses possessions à Celui qui en est le véritable détenteur, à condition toutefois qu'Il (Jésus) lui fasse allégeance en se prosternant à ses pieds ! C'est pur fantasme, c'est pure folie, c'est le monde à l'envers, c'est le mensonge absolu, c'est la bêtise absolue ! Il montre qu'il entend des mots quand Jésus lui répond, sans en comprendre la portée et encore moins le sens ! Comment Satan peut-il oser proposer ce qui ne lui appartient pas à Celui qui est LA VÉRITÉ , le CRÉATEUR? C'est en même temps d'une extrême naïveté qui flirte l'absurde ! Non seulement il promet ce qui ne lui appartient pas, mais il demande à la Vérité de tomber à ses pieds en se prosternant pour obtenir la jouissance de ce qui lui appartient en propre Ainsi parle le Seigneur: Le ciel est mon trône, et la terre est l'escabeau de mes pieds quelle est la maison que vous me bâtiriez, et quel serait le lieu de mon repos? Toutes ces choses, ma main les a faites, et toutes ces choses sont arrivées ainsi a l'existence, -- oracle du Seigneur, Is 66,1 C'est d'une grossière stupidité : écoutons

Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit :« Tout cela, je te le donnerai,si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. »

Quant à nous , nous tombons allégrement dans le panneau, nous fonçons , tête baissée vers les promesses des pubs qui foisonnent et sont plus alléchantes les unes que les autres ! Nous courrons ici et partout pour obtenir le dernier gadget qui remplira la déchetterie, même dans le domaine de la prière, il nous arrive d'aller partout dans le monde espérant le miracle dont nous seul après Dieu, avons la clef : consentir à la volonté du Père, nous prosterner devant Le Fils au tabernacle, nous recueillir pour entendre l'Esprit parler à notre cœur blessé !

Cette fois Jésus n'hésite pas, en le nommant, Jésus lui montre qu'il est démasqué , et le renvoie un fois encore à la Sainte Écriture, le Parole de Vie qu'Il est Lui-même : Et le Verbe ( la Parole du Père) S'est fait chair et Il a demeuré parmi nous Jean Prologue :

 Alors, Jésus lui dit :« Arrière, Satan !car il est écrit :C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras,à lui seul tu rendras un culte. » Nous trouvons cela au chapitre 6 du Deutéronome : garde-toi d'oublier le Seigneur, qui t'a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. Tu craindras le Seigneur ton Dieu, tu le serviras et tu jureras par son nom. Vous n'irez point après d'autres dieux, d'entre les dieux des peuples, qui seront autour de vous.

Vaincu, ayant épuisé sa minable panoplie d'arguments fallacieux, débouté sur tous les plans, cette fois le diable le quitte.mais il continue son œuvre maléfique en parcourant le monde à l'affût des portes et fenêtres qui lui sont favorables, ou qui sont imprudentes, affaiblies... pourtant nous sommes avertis : Soyez sobres, veillez : écrit l'Apôtre Pierre dans sa première Lettre chapitre 5 votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui avec la force de la foi, car vous savez que tous vos frères, de par le monde, sont en butte aux mêmes souffrances.


Et voici que des anges s’approchèrent,et ils le servaient.




NE NOUS LAISSE PAS ENTRER EN TENTATION

MAIS DÉLIVRE - NOUS DU MAL

L'Ermite