samedi 22 août 2026

JE TE DONNERAI LES CLEFS DU ROYAUME


XXI e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE

Année A




(Mt 16, 13-20)


Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples :« Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? »    Ils répondirent :« Pour les uns, Jean le Baptiste ;pour d’autres, Élie ;pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »Jésus leur demanda :« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »Alors Simon-Pierre prit la parole et dit :« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit :« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.    Et moi, je te le déclare :Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.   Je te donnerai les clés du royaume des Cieux :tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le Christ.


En relisant cet évangile aujourd'hui, je me suis interrogée sur la raison qui a conduit Jésus à poser ces deux questions à Ses Apôtres dans ce lieu si éloigné de Capharnaüm où nous avons l'habitude de Le voir . Oui, pourquoi Césarée-de- Philippe et pas un endroit plus familier ? Césarée est à 10 heures de marche des lieux où nous rencontrons Jésus habituellement ! Alors comme Jésus, j'ai interrogé sinon Jésus, du moins des Historiens et j'ai trouvé cet article écrit par le Père Dinh Anh Nhue Nguyen, o.f.m. Conv., secrétaire général de l'Union pontificale missionnaire, et je vous le communique en espérant qu'il vous intéressera .

Pourquoi une profession de foi dans la région de Césarée-de-Philippe ?

Seuls les évangélistes Matthieu et Marc indiquent le contexte géographique de cet épisode : « dans la région de Césarée-de-Philippe ». Il s’agit d’une ville de style gréco-romain reconstruite par le tétrarque Philippe en l’honneur de l’empereur César-Auguste sur un lieu appelé auparavant Panea (en l’honneur de Pan, divinité de la nature sauvage). (Flavius Josèphe, l’historien juif au premier siècle, mentionne la ville avec le nom de Caeserea Panias). L’archéologie moderne a trouvé les restes du sanctuaire de cette divinité grecque et, comme dans toute ville gréco-romaine, nous pouvons aussi imaginer l’existence dans cette zone d’autres autels dédiés à d’autres divinités, de différents monuments « sacrés », comme saint Paul en a rencontré à Athènes (cf Ac 17,23). Il y a ici un contexte géographique particulier qui reflète le paganisme de l’époque par lequel les gens croyaient en différents dieux selon leurs inclinaisons religieuses ou leurs besoins. Nous trouvons donc Jésus et les disciples dans la zone païenne à la frontière de la partie septentrionale de la Galilée. (Dimanche dernier nous les avons vu dans la zone de Tyr et de Sidon à la rencontre de la femme cananéenne).

De plus, la région de Césarée-de-Philippe se trouve aux pieds du mont Hermon et d’une des sources du Jourdain. Dans cette zone il y a une concentration de figuiers, que l’on peut encore voir aujourd’hui, en pèlerinage dans le Parc-Réserve naturel de Banias. Le figuier, avec son tronc robuste et haut (jusqu’à 8 mètres) et avec ses feuilles larges, offre un refuge de fraîcheur contre la chaleur du soleil. C’est ainsi que s’asseoir sous le figuier et la vigne sera un signe du temps messianique (cf. Mic 4,4).

Un tel contexte géographique nous semble crucial pour comprendre pourquoi Jésus a emmené les disciples aussi loin de leurs bases de Capharnaüm (au moins 10 heures de marche), pour leur faire une demande fondamentale sur son identité. Quelle que soit la manière et indépendamment du regard avec lequel les gens considéraient Jésus dans un monde contemporain comportant un pluralisme de dieux et de croyances religieuses, les disciples sont appelés désormais à professer leur foi en Jésus comme le seul et unique Messie du Dieu d’Israël, du seul vrai Dieu.

On comprend que cette question est toujours actuelle dans notre monde moderne. Chaque disciple du Christ est appelé aujourd’hui à professer sa foi profonde en lui, comme Pierre et les autres disciples, au milieu de nombreuses opinions différentes concernant sa personne. Et cette prise de position claire est fondamentale pour témoigner et partager la foi avec les autres.

  1. « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »

La profession de foi de Pierre dans l’évangile de Matthieu complète et en même temps explicite les autres formes plus simples rapportées par les évangélistes Marc (« Tu es le Messie ») et Luc (« Tu es le Messie de Dieu »). Pour approfondir plus avant le contenu de cette profession, je vous renvoie aux différents ouvrages de christologie.

En premier lieu, Jésus est annoncé comme étant le Christ, ce qui signifie le Messie en hébreu, ce qui veut dire « l’oint ». C’est donc l’Oint de Dieu, annoncé par les prophètes des temps anciens et qui était attendu et espéré par le Peuple élu à la fin des temps. Alors que dans l’histoire d’Israël plusieurs rois, prêtres et même dans certains cas des prophètes étaient les oints de Dieu, la réponse de Pierre à Jésus souligne l’identité singulière de Jésus en tant que Messie, l’Oint des oints, l’unique et définitif, envoyé par Dieu pour sauver son peuple. De plus, dans les mots de Pierre, nous entrevoyons non seulement une affirmation de type intellectuel mais surtout une expression d’adhésion à la personne de Jésus en tant que Christ dans lequel les apôtres se confient désormais et en qui ils mettent toute leur espérance. Il est donc « Celui qui doit venir » dans le monde, comme cela s’est révélé à Jean Baptiste en prison ou comme le déclarera Marthe dans l’évangile de Jean : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » (Jn 11,27). Avec la venue de Jésus le Christ-Messie s’ouvre pour le Peuple élu et pour le monde entier l’ère messianique annoncée et attendue, dans laquelle chacun s’assied sous la vigne et le figuier, pour reprendre l’image employée par les prophètes précédemment.

En second lieu, en professant que Jésus est le Fils du Dieu vivant, Pierre déclare sa foi dans la nature divine particulière de Jésus en lien avec le Dieu unique d’Israël, celui qui s’est révélé à Moïse simplement comme « Je suis », celui qui est. Pour ce titre aussi, déjà dans la tradition biblique juive, on appelait « fils de Dieu » les anges et différents hommes. Cependant, comme le relève le Catéchisme de l’Église catholique, dans cette profession de Pierre on reconnaît « le caractère transcendant de la filiation divine du Messie Jésus » (no. 442-443). C’est tellement vrai que dans l’évangile de Jean, Pierre déclarera au nom du petit groupe des quelques qui sont restés avec Jésus pendant ladite crise de Galilée, lorsque « beaucoup de ses disciples rebroussèrent chemin et n’étaient plus avec lui », après le discours « difficile » « Je suis le pain de la vie » : « Nous

croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. » (Jn 6,69). De la même manière, l’unicité de Jésus, Fils de Dieu, est souligné avec l’expression « Fils unique du Père » ou simplement le Fils. Il faut ajouter que dans cet épisode de l’évangile rapporté par Marc, la transcendance divine semble liée implicitement au titre « Le Fils de l’homme » que Jésus a utilisé pour lui-même en demandant aux siens au début : « Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? »

  1. « La puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle »

Parmi les évangélistes, seul saint Matthieu rapporte la réponse de Jésus à Pierre après la profession de foi de ce dernier. Tout d’abord, nous notons le caractère particulier du langage de Jésus dans cette louange à Pierre. D’un côté on voit dans le discours l’abondance d’expressions juives reprenant la forme des béatitudes (heureux sois-tu, Simon…) « ni la chair, ni le sang… » (la nature humaine), le binôme lier-délier (pour indiquer le pouvoir total comme dans Is 22, 19-23 de la première lecture) le jeu de mots basé sur le nouveau nom de Simon comme « Céphas » – pierre, rocher. Ça reflète un Jésus « de terrain » pour ainsi dire, avec son acuité et son mode d’expression purement hébraïque, bien enraciné dans la tradition de son peuple.

D’un autre côté, le contenu du discours laisse entrevoir un Jésus en extase, vraiment comme au moment où Il a prononcé la prière de louange à Dieu pour la révélation exclusive aux plus petits ; « Je te rends grâce, Dieu, Seigneur du ciel et de la Terre… ». On voit donc un Jésus glorieux, supraterrestre, qui avec une autorité particulière a confirmé la profession de Pierre comme la révélation de Dieu lui-même

(dénommé solennellement « Mon père qui est aux cieux») et en conséquence, il a conféré à Pierre un statut (« sur cette pierre je bâtirai mon Église ») et une mission particulière :« Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux ».

Nous avons donc ici le discours d’un Jésus qui révèle son projet pour le futur « royaume des Cieux » et la construction de son Église. On note donc la relation étroite entre le Royaume des cieux et l’Église que Jésus a annoncé construire sur cette pierre qui est la personne de Simon Pierre. Le mot « église »qui vient du grec ekklesia reflète l’hébreu qahal qui indiquel’assemblée/congrégation du peuple convoquée par Dieu. Entrer dans le Royaume de Dieu signifie logiquement participer à l’église de Dieu que le Christ construit et nomme sienne.

Il faut souligner à ce propos que Jésus parle de son Église et de son action d’édification sur la pierre qui est Simon-Pierre. En d’autres termes, l’Église est du Christ qui la construit et non de Pierre qui, avec sa profession de foi, reste un instrument pour la fondation de celle-ci. On se rappelle que le Christ lui-même est perçu comme le rocher et en tant que tel, il n’y a aucun fondement si ce n’est le Christ lui-même. Ainsi il faut comprendre les mots de Jésus à Pierre dans un sens inclusif : pour l’édification de l’Église, Pierre sera la pierre en Christ – l’unique pierre d’angle et le fondement de tout, et ça par la volonté du Christ lui-même. De cette manière, on peut comprendre que malgré la faiblesse humaine de Pierre et de tous les autres dans l’Église, les portes de l’enfer ne prévaudront par sur elle, parce que derrière Pierre et généralement derrière toute l’Église il y a Jésus, le Christ, le Fils du Dieu Vivant qui soutient autant l’un que l’autre. Du reste, Jésus a dit lui-même à Pierre et aux autres disciples avant la Passion : « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pasToi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » (Lc 22, 31-32).

Par conséquent, dans cette perspective, voilà la belle affirmation du pape Léon le Grand († 461) ; « […] comme dure ce que Pierre a cru en Christ, ainsi dure ce que Christ a institué en la personne de Pierre […] Dans toute l’Église, Pierre proclame chaque jour : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »

Prions (prière de la collecte pour le 21 ème dimanche, Année A) : Ô Père, source de sagesse, qui dans l’humble témoignage de l’apôtre Pierre a mis le fondement de notre foi, donne à tous les hommes la lumière de l’Esprit, pour que, en reconnaissant en Jésus de Nazareth le Fils du Dieu vivant, ils deviennent des pierres vivantes pour l’édification de ton Église.

Catéchisme de l’Église catholiqueArticle 2 « et en Jésus-Christ son fils unique, notre Seigneur »

  1. Christ

436 Christ vient de la traduction grecque du terme hébreu « Messie » qui veut dire « oint ». Il ne devient le nom propre de Jésus que parce que celui-ci accomplit parfaitement la mission divine qu’il signifie. En effet en Israël étaient oints au nom de Dieu ceux qui lui étaient consacrés pour une mission venant de lui. C’était le cas des rois (cf. 1 S 9, 16 ; 10, 1 ; 16, 1. 12-13 ; 1 R 1, 39), des prêtres (cf. Ex 29, 7 ; Lv 8, 12) et, en de rares cas, des prophètes (cf. 1 R 19, 16). Ce devait être par excellence le cas du Messie que Dieu enverrait pour instaurer définitivement son Royaume (cf. Ps 2, 2 ; Ac 4, 26-27). Le Messie devait être oint par l’Esprit du Seigneur (cf. Is 11, 2) à la fois comme roi et prêtre (cf. Za 4, 14 ; 6, 13) mais aussi comme prophète (cf. Is 61, 1 ; Lc 4, 16-21). Jésus a accompli l’espérance messianique d’Israël dans sa triple fonction de prêtre, de prophète et de roi.

438 La consécration messianique de Jésus manifeste sa mission divine. « C’est d’ailleurs ce qu’indique son nom lui-même, car dans le nom de Christ est sous-entendu Celui qui a oint, Celui qui a été oint et l’Onction même dont il a été oint : Celui qui a oint, c’est le Père, Celui qui a été oint, c’est le Fils, et il l’a été dans l’Esprit qui est l’Onction » (Saint Irénée, hær. 3, 18, 3). Sa consécration messianique éternelle s’est révélée dans le temps de sa vie terrestre lors de son baptême par Jean quand « Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance » (Ac 10, 38) « pour qu’il fût manifesté à Israël » (Jn 1, 31) comme son Messie. Ses œuvres et ses paroles le feront connaître comme « le saint de Dieu » (Mc 1, 24 ; Jn 6, 69 ; Ac 3, 14).

Ajouter quoique ce soit serait prétentieux. Ce texte est complet , avec Pierre, avec les apôtres, avec tous les chrétiens du monde renouvelons notre foi en disant :

« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » 






Jésus, tu es le Christ -

Auteur : Communauté de l'Emmanuel (L.-E. de Labarthe)



R. Jésus, tu es le Christ,
Le Fils du Dieu vivant,
Toi seul as les paroles
De la vie éternelle !
Je te suivrai, Jésus, où tu me conduiras,
Toi seul es le chemin, la vérité et la vie.

1. Prenez mon joug, vivez à mon école,
Car je suis doux, je suis humble de cœur.
Vous qui peinez, venez à moi,
Je vous soulagerai.

4. Tu as posé tes yeux sur ma misère,
M’as libéré du poids de mon péché.
Tu vois mon cœur, oui, tu sais tout,
Tu sais bien que je t’aime !

5. Jésus, mon Dieu, je t’aime et je t’adore.
Je suis à toi, Jésus, viens vivre en moi.
Que ton amour brûle en mon cœur !
Sois mon maître et Seigneur.

Stance
Jésus, Jésus.
Jésus, Jésus.
Jésus, Jésus.
Jésus, Jésus.


L'Ermite

vendredi 14 août 2026

GRANDE EST TA FOI

 GRANDE EST TA FOI


XX e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE

Année A



(Mt 15, 21-28) 
Partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon.    Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant :« Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David !Ma fille est tourmentée par un démon. »    Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander :« Renvoie-la ,car elle nous poursuit de ses cris ! »    Jésus répondit :« Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »    Mais elle vint se prosterner devant lui en disant :« Seigneur, viens à mon secours ! »    Il répondit :« Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. »Elle reprit :« Oui, Seigneur ;mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »    Jésus répondit :« Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! »Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.


A la fin du chapitre 14, des habitants de Génésareth suppliaient Jésus de leur laisser seulement toucher la houppe de son vêtement pour obtenir les grâces espérées tellement ils ont confiance en son action ? Jésus se heurte ensuite aux Pharisiens qui ne cessent de les mettre en question, Lui, et Ses disciples, pour leur liberté face aux lois mosaïques . Jésus , en effet, donne priorité à l'homme, si une personne est en difficulté, Jésus n'hésite pas à la secourir même si la loi demande autre chose en l'instant.. Jésus ne méprise pas la loi, mais la personne humaine passe avant .Face aux controverses Jésus va jusqu'à dire à la foule , en présence des Pharisiens qui discutaillent sur le pur et l'impur :" Écoutez et comprenez! 11 Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme; mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui souille l'homme.et à Ses disciples qui demandent des précisions Il répond : "ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c'est là ce qui souille l'homme. Car c'est du cœur que viennent des pensées mauvaises: meurtres, adultères, fornications, vols, faux témoignages, blasphèmes. Voilà ce qui souille l'homme; mais manger avec des mains non lavées, cela ne souille point l'homme. C'est après cet échange que Jésus décide de se rendre en terre païenne là où , pour Ses opposants, tout est impur puisqu'ils ne connaissent pas et ne respectent pas la Loi Mosaïque !

La Cananéenne, qui retient notre attention, vit, justement, en terre païenne, cette femme, tout entière impure par méconnaissance des Lois, ne voit que son souci et peu lui importe ce qui la sépare du Maître dont la réputation a franchi la frontière avant Lui-même ! C'est un homme bon, qui fait le bien là où Il passe, elle ne veut pas manquer Son passage ! Partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon.    Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant :« Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David !Ma fille est tourmentée par un démon. »Et ce n'est pas rien, cette soi-disant ignorante, sans religion, méprisée, n'hésite pas à identifier Jésus comme Fils de David, ce qui signifie qu'elle Le reconnaît comme le Messie attendu et annoncé par les prophètes . Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. C’est lui qui bâtira une maison pour mon nom, et je rendrai stable pour toujours son trône royal. Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils. S’il fait le mal, je le corrigerai avec le bâton, à la manière humaine, je le frapperai comme font les hommes. Mais ma fidélité ne lui sera pas retirée, comme je l’ai retirée à Saül que j’ai écarté de devant toi. Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours. » 2 S 7, 12 Jésus, en tant qu'homme, est bien de la lignée de David à travers son Père Joseph (Mt 1) et à travers Sa Mère Marie (cf la généalogie selon St Luc) Et la Cananéenne n'est pas la seule à L'identifier ainsi

Deux aveugles : Et voici que deux aveugles, assis sur le bord du chemin, entendant dire que Jésus passait, se mirent à crier: " Seigneur, ayez pitié de nous, fils de David! " La foule les gourmanda Mt 20

La foule acclame Le Fils de David Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient : « Hosanna au fils de David Mt 21, 8

l'aveugle de Jéricho : Comme il approchait de Jéricho, il se trouva qu'un aveugle était assis sur le bord du chemin, qui mendiait. Entendant passer la foule, il demanda ce que c'était. On l'informa que c'était Jésus de Nazareth qui passait. Et il s'écria: " Jésus, fils de David, ayez pitié de moi! " Lc

Bartimée :Ils arrivèrent à Jéricho. Comme il sortait de Jéricho avec ses disciples et une assez grande foule, le fils de Timée, Bartimée, aveugle mendiant, était assis sur le bord du chemin. Ayant entendu dire que c'était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : " Fils de David, Jésus, ayez pitié de moi ! " Mc 10, 48 

. Cette femme, en terre païenne ,reconnaît donc Jésus comme le Messie et ose, publiquement demander Son intervention en tant que tel ! ! Dans l'immédiat, Jésus ne tient pas compte de son appel ( en apparence!) il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : Les silences de Jésus ne sont pas des refus ou des fin de non-recevoir, ils peuvent avoir beaucoup de sens, y compris dans nos vies personnelles !

Soit, Jésus attend que la personne soit prête pour accueillir Ses dons , capable d'en reconnaître l'Auteur,

Soit, Jésus pense que ce n'est pas le moment, il y a plus urgent pour cette personne

Soit, Jésus pense qu'il y a une meilleure solution et Il conduit tout pour que la personne découvre par elle-même , ce meilleur qu'Il lui réserve,

Soit...Le Seigneur répond toujours, mais pas nécessairement là où nos caprices, notre subjectivité L'attendent. ...

Face au silence de Jésus, les apôtres sont confortés dans leur agacement, ils se permettent de l'exprimer. « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! »Comme lors d'une foule à nourrir, ils préfèrent éloigner la source du trouble, car c'est ce qu'ils pensent, toutefois ils ne se substituent pas à Jésus, ils n'agissent pas en Son nom et c'est heureux, c'est Jésus qui est concerné, non eux, nous avons là un excellent éclairage pour nos manières d'agir quand nous répondons pour autrui au lieu d'essayer de comprendre et de permettre à autrui de prendre ses responsabilités. Ce qui fera dire, un jour, à Jésus : «  qui m'a établi juge entre vous pour gérer votre héritage ?

Jésus ne renvoie pas la femme selon l’Écriture, Il se contente d'une remarque qui pourrait être interprétée soit comme un rejet, voire comme manière de se dédouaner, soit enfin comme un aiguillon pour sonder la personne :

Jésus répondit :« Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »

La Cananéenne aurait pu se révolter, insulter le Maître, rebrousser chemin et se dire,

comme nous l'aurions peut-être fait, haut et fort ,:  « ils sont tous pareils !
C'est dans le besoin qu'on voit la qualité de ceux qui sont portés au pinacle etc » Rien de cela chez cette femme, elle croit fermement que Jésus peut faire quelque chose, elle s'humilie et mieux encore que l'ami importun, elle vint se prosterner devant lui en disant :« Seigneur, viens à mon secours ! »  Cette   femme est sincère, elle croit vraiment ce qu'elle a entendu dire, Se prosterner, c'est s'incliner visage vers le bas devant quelqu'un en signe de profond respect, de dévotion, d'adoration, d'humilité, de soumission ou d'obéissance. Se prosterner devant quelqu'un c'est reconnaître sa supériorité, son autorité, éprouver un amour intense et lui offrir avec une très grande humilité un signe d'hommage et d'adoration. C'est une attitude que nous adoptons en général quand nous prions avec sincérité.(notes) pourtant , Jésus va la pousser jusque dans ses derniers retranchements, Il va même tenter de la piquer à vif , tout en sachant ce qu'il veut lui permettre d'exprimer., Jésus est en train de sonder la pureté de sa foi Il répondit :« Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » A cette époque, certains qualifiaient les Païens de « chiens », ils les déconsidéraient , ils les considéraient comme si peu spirituels que le simple fait de se trouver en leur présence pouvait rendre une personne impure d'un point de vue religieux.

La suite nous fait sourire et nous rend admiratifs, elle nous décontenance ! La Cananéenne ne désarme pas, elle nous désarme! Nous restons pantois devant une telle opiniâtreté ! Elle reprit :« Oui, Seigneur ;mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Qu'importe pour elle, le rejet, le regard hautain, la qualité des mots ! Que le ruban ficelant le cadeau soit doré ou délavé , l'important, c'est le résultat. Cette femme sait, croit qu'il y a un avenir pour ce qui lui est le plus cher au monde, on pourrait lui marcher dessus, la rouer de coups : une seule chose compte et, femme, petit chien si on veut, elle traverserait le feu pour cela : que sa fille vive , qu'elle soit libérée ! la réputation, le « qu'en-dira-t-on, rien ne compte en dehors de la guérison de l'enfant chérie. Jésus peut donc trouver d'autres arguments, elle n'entend plus ,petit ou grand chien , elle ne Le lâchera pas lâchement ! Tout cela Jésus l'entend, Il est touché comme auprès de la veuve de Naïm, des sœurs de Lazare et Il répond sans plus attendre, à cette vraie maman :

Jésus répondit :« Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! »Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

Il ne pouvait en être autrement, Jésus ne laisse pas nos demandes sans réponse, Jésus entend le cri du malheureux Quand on tourne vers lui les regards, on est rayonnant de joie, Et le visage ne se couvre pas de honte Quand un malheureux crie, le Seigneur entend, Et il le sauve de toutes ses détresses. Ps 34,5.

Ne dit-il pas je suis venu pour les malades les pécheurs :Allez, et apprenez ce que signifie: Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu Mt 9,13 ailleurs, je suis venu chercher ce qui était perdu Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Jn 3,17

Le voleur ne vient que pour dérober , égorger et détruire moi je suis venu, pour que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance. Jn 10,10

et encore, j'ai été envoyé aux brebis perdues d'Israël : allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël. Mt 10,6

Jésus n'abandonne personne, Jésus vient sauver chaque personne « petit ou grand chien » , Jésus ne fait pas de différence, pour Lui, il y a l'humain et pour un seul Il donne sa vie!. Notre salut est entre nos mains, à nous d'accepter ou pas, à nous de choisir: je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ; c’est là que se trouve ta vie. (Dt 30, 19-20)

L'important, c'est la foi, la foi explose tout, à Cana , les serviteurs ont fait confiance et ils ont vu l'inimaginable, au chef de la Synagogue, Jésus dira , devant l'impossible : »Ne crains pas, crois seulement. Mc 5 et l'impossible est devenu possible. Chers amis, cette Cananéenne tenace, pugnace, n'a rien lâché comme nous dirions aujourd'hui et sa fille « a vu, elle aussi » le salut de Dieu ! Crois seulement , comme cette autre femme, touche le manteau de Jésus, et tu seras dans l'allégresse .




Je te dis que si tu crois

Je te dis que si tu crois

tu verras la gloire de Dieu

Je te dis que si tu crois,

Tu verras la gloire de Dieu.

Tu verras la gloire de Dieu,

Tu verras la gloire de Dieu,

Je te dis que si tu crois,

Tu verras la gloire de Dieu.

Auteur : anonyme

« Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2, 4)

L'Ermite


vendredi 7 août 2026

AUSSITÔT, JÉSUS ÉTENDIT SA MAIN

 

XIX e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE

Année A




(Mt 14, 22-33)



Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.

 Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent « C’est un fantôme. »
Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla :« Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »Pierre prit alors la parole :« Seigneur, si c’est bien toi ,ordonne - moi de venir vers toi sur les eaux. »Jésus lui dit :« Viens ! »Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria :« Seigneur, sauve -moi ! »Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit :« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba .Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent :« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »



Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.

Jésus ne se sépare de Ses disciples que pour mieux se recueillir et se retrouver un moment avec Son Père dans un cœur à cœur qui ne peut que Le remplir de joie.

Le soir venu, il était là, seul. Jésus, on s'en doute, apprécie ce moment de solitude, loin du bourdonnement de la foule et, peut-être des questions des disciples .Le fait d’avoir multiplié les pains, cela venait de Dieu ; le fait qu’il ait prié, cela était humain, non pas qu’il en eût besoin, mais pour donner l’exemple. En effet, toute action du Christ est un enseignement pour nous. Jn 13, 15 : Je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme j’ai fait. Et il nous donne l’exemple comment prier : pour prier, le repos de l’esprit, l’élévation et la solitude sont nécessaires. Le repos est indiqué : QUAND IL EUT RENVOYÉ LA FOULE, qui représente les pensées troublantes avec lesquelles un homme ne peut pas prier. C’est pourquoi [le Seigneur] enseigne à fermer les portes de notre cœur, plus haut, 6, 6 : Lorsque tu pries, entre dans ta chambre, etc. Aussi, l’élévation. Lm 3, 28 : Il siégera seul et s’élèvera au-dessus de lui-même. Aussi, la solitude. Os 2, 14 : Je la mènerai au désert et je parlerai à son cœur. Par la montagne, on entend le ciel. En effet, il n’y a rien de plus élevé que le ciel. Après avoir renvoyé les foules, c’est-à-dire après avoir renvoyé ce qui est mortel, il alla vers le ciel, et lui seul y monta, et par sa propre puissance. Mi 2, 13 : Il est monté devant pour ouvrir le chemin. De même, il est monté pour prier. He 7, 25 : Montant de lui-même. Mais ici semble se poser une question, car Jean semble dire qu’il mena les foules sur la montagne, comme on lit en Jn 6, 3 ; mais ici, on dit qu’après avoir nourri les foules, il gravit la montagne. La réponse est qu’il mena [les foules] vers la montagne, mais qu’après, il monta vers un endroit plus élevé. Se pose aussi une autre question, car on trouve en Jn 6, 15 qu’il s’enfuit, parce qu’on voulait le faire roi. Mais ici, on dit qu’il monta pour prier. Augustin dit que ce peut être la même cause qui le fit fuir et [le conduisit] à prier. Ensuite, le danger est décrit par le moment, car c’était la nuit, et, la nuit, la mer est plus dangereuse. [Matthieu] dit donc : LE SOIR VENU. Et cela signifie sa passion, car il monta seul vers sa passion. Ac 1, 9 : Sous leurs yeux, il s’éleva et la nuée le déroba à leurs Yeux. (St Thomas d'Aquin)

Pendant que Jésus prie, et alors que vient la nuit, les apôtres voguent , ils n'avancent guère apparemment, parce que des vents contraires freinent la progression et chahutent la fragile embarcation. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. Et voilà que vers la fin de la nuit Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Là encore nous comprenons leur émoi et leur réaction :Ils dirent « C’est un fantôme. »L'inattendu de la situation explique les remarques et les cris qui s'ensuivent :Pris de peur, ils se mirent à crier là encore, nous n'aurions pas agi différemment. Qui de nous marcherait sur les eaux pour rejoindre des amis en balade ? Il y a de quoi se laisser surprendre et s'affoler! Qu'un doute s'installe c'est plutôt bon signe! Ce comportement révèle que les apôtres réfléchissent, ils n'agissent pas à la légère, ne se laissent pas raconter n'importe quoi , et ne sont pas prêts à suivre le premier venu capable de les détourner de leur mission, de leurs choix, de les entraîner pour une aventure qu'ils regretteraient ensuite ! ! Lucide sur les possibles méprises, Jésus ne tarde pas à se manifester :.Mais aussitôt Jésus leur parla :« Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur! Ce n'est pas le doute qui aurait été répréhensible mais l'absence de discernement. Il en est de même dans notre vie de foi, douter nous conduit à approfondir les raisons de nos engagements, leurs fondements. Le doute nous fait grandir, resserre nos liens avec Jésus, le Véridique. Le doute révèle aussi nos failles, Thomas doute parce qu'il n'a pas vu comme ses frères le Christ ressuscité, il le dit simplement et quand Jésus se manifeste, il est guéri et tombe en adoration devant l'Homme - Dieu «  Mon Seigneur et MON DIEU ! » Jésus, d'ailleurs, n'émet aucun reproche, Il parle et Sa Parole est rassurante, elle invite à la confiance, Il précise « c'est moi »!Ah le poids de ces deux petits mots ! Ne révèlent - ils pas une douce familiarité , une intense fraternité , ? C'est moi, Celui dont vous partagez le quotidien depuis plusieurs mois, c'est moi, votre ami, votre frère! Ces deux petits mots sont magiques, ils apaisent toutes nos tempêtes ! Bien des saints ,Ste Catherine de Sienne, St Jean de la Croix, Ste Thérèse d'Avila, au cœur des tempêtes de leur vie spirituelle ont été rassurés par cette voix reprenant ces deux petits mots rassurants : « C'était moi »

Cependant, Pierre le fougueux, mais aussi le responsable de l'embarcation, celui à qui Jésus dira prochainement «Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église» veut s'assurer de façon indubitable qu'il ne s'agit pas d'une entourloupe du Malin, Pierre tient à vérifier. Il a compris et vu, que le Maléfique est susceptible de roueries exceptionnelles, de singeries aussi , Pierre tente une ultime identification : Pierre prit alors la parole :« Seigneur, si c’est bien toi, ordonne - moi de venir vers toi sur les eaux. » Pierre sait que les eaux grouillent d'esprits maléfiques, il sait que le Satan n'a d'autre pouvoir que celui auquel le Père consent, Il croit fermement que sa requête confirmera ou infirmera le dire de l'interlocuteur qui ne se fait pas prier , un seul mot

suffit :Jésus lui dit :« Viens ! » Un seul mot, un ordre : « Viens » , il n'en faut pas plus , mais il faut entendre la voix de l'Ami, et Son soutien pour permettre à Pierre de retrouver son audace naturelle Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Jésus rend Pierre capable de l'impossible, Jésus nous rend capable de l'impossible, Il nous donne force, confiance, abandon, parce que nous savons ,que le véritable « acteur » c'est Lui, Jésus , mais il suffit d'un grain de sable, d'un minuscule événement, pour nous faire reprendre les commandes et tout capote. C'est encore ce qui arrive à Pierre, d'abord établi dans la confiance, un coup de vent plus violent et, patatras, Pierre cède à la peur, il oublie la Présence forte et aimante de Jésus , Pierre regarde le danger, au lieu de regarder Jésus et il perd son bel abandon :Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria :« Seigneur, sauve - moi ! » Pierre a, heureusement, le bon réflexe , il crie vers Son Seigneur et Maître ! Quand un pauvre appelle, le Seigneur entend dit le psaume : « Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses. Ps 33,7 Est-ce notre manière d'agir ? Quand plus rien ne va, quand nous avons le sentiment de couler dans notre vie, vers qui nous tournons - nous ? Vers une voyante ? Un coach ? Un médicament, un psychiatre, psychologue, l'alcool ?ou tout autre expédient ? Ou bien prenons - nous le temps de nous poser, de prier et de crier vers le Seigneur ? Les psaumes sont un excellent médicament :Psaume 118 : Enseigne - moi, Seigneur, la voie de tes volontés. Psaume 120 : D'où le secours me viendra-t-il? Psaume 137 : N'arrête pas l'œuvre de tes mains. Psaume 148 : 129 :Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière ! Psaume 70 :“Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance, mon appui dès ma jeunesse. Etc

Apprenons, dans ces moments , à nous laisser saisir par la main tendue d'un ami, d'un frère, d'une sœur, Jésus nous parle, Jésus nous rejoint par nos frères aujourd'hui ! Et pas nécessairement par quelqu'un d'expérimenter, de catholique, de tout proche ! Ce peut même être un enfant qui soufflera les mots de la tendresse et redonnera du courage !

C'est la réaction de Pierre :Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit Jésus, ne nous abandonne JAMAIS, ouvrons les yeux de notre cœur, pour reconnaître Sa PRÉSENCE agissante dans notre vie ! Jésus mettra sans doute le doigt où le bât blesse, comme Il le fit pour Pierre , pour apaiser notre affolement, Il nous fera comprendre comme Il dit : à Pierre« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » pour nous permettre de prendre conscience, de nos limites, de notre fragilité, de notre besoin de nous tenir en Sa Présence, de garder notre regard fixé sur Lui, ancré en Lui :

ayant les regards sur Jésus, He 12,2

Quand Jésus est présent, tout s'apaise, les vents violents se taisent, le trouble disparaît, les montagnes d'obstacles deviennent des broutilles, la paix s'installe et demeure ,Thérèse d' Avila disait : "Que rien ne te trouble, que rien ne t'épouvante, tout passe. Dieu ne change pas, la patience obtient tout. Celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit."

Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent :« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

Jésus et Pierre montent dans la barque, la tempête s'apaise, les disciples retrouvent la paix, la confiance, ils tombent en adoration, comme Thomas le fera après la Résurrection ::« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » «  Mon Seigneur et mon Dieu ! » c'est le même cri ! C'est le même abandon ! C'est la remise de soi ! Le silence de l'émerveillement est la seule réponse qui parle !



Il suffit d’être et vous vous entendrez
Rendre la grâce d’être et de bénir ;
Vous serez pris dans l’hymne d’univers,
Vous avez tout en vous pour adorer.

Jésus marchant sur les eaux

1.

Il faisait nuit et, battu par l’orage,

Le frêle esquif luttait contre les flots.

Le vent toujours l’éloignait de la plage

Et rendait vain l’effort des matelots.

Quand, tout à coup, au fort de la tourmente,

Tous ont cru voir de leurs yeux effrayés,

Dans les embruns, telle une ombre inquiétante,

Quelqu’un marche sur les flots irrités.

2.

Mais, oh ! bonheur ! une voix bien connue

Des passagers a dissipé l’effroi ;

L’ombre s’efface et Jésus à leur vue

S’offre et leur dit : « Rassurez-vous, c’est moi ».

« Maître, permets que jusqu’à toi sur l’onde

Je marche aussi », dit Céphas plein d’ardeur.

« Viens ! » dit Jésus, et sur la mer profonde,

L’heureux disciple approche du Seigneur.

3.

Mais au fracas du vent, de la tempête,

Au bruit du flot qui roule et rebondit,

L’effroi le gagne, il hésite et s’arrête ;

Il a douté, sa foi s’évanouit.

Jésus entend ses accents de détresse,

Lui tend les bras et calme son émoi.

Que son reproche est mêlé de tendresse,

Quand il lui dit : « Pourquoi manquer de foi ? »

4.

Bientôt Jésus entre dans la nacelle,

Et le vent cesse, et les flots sont calmés ;

Le Maître est là ; plus de foi qui chancelle,

La paix descend dans les cœurs alarmés.

Qu’ainsi, Seigneur, pendant les jours d’orage

Je me confie en ton puissant secours,

Et que ta paix, jusqu’au bout du voyage,

Ô mon Sauveur, m’accompagne toujours !



L'Ermite