samedi 26 septembre 2026

Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus.


XXVI e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE

Année A



(Mt 21, 28-32)

Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :    « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit :‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne. Celui-ci répondit  ‘Je ne veux pas.’ Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla.    Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? »Ils lui répondent :« Le premier. »

Jésus leur dit :« Amen, je vous le déclare :les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu.    Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ;mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »

Jésus marche vers Jérusalem son arrivée déclenche un mouvement de foule qui suscite bien des questions .Chemin faisant, Jésus entre dans le Temple où Il est choqué de le voir utilisé à d'autres fins que celle pour laquelle il a été érigé , Jésus ne résiste pas au désir de lui rendre sa véritable finalité. Comme Il se mit à enseigner les grands prêtres et les anciens du peuple s'approchèrent de lui et dirent:( ils évoquent notamment les vendeurs chassés du Temple ) " Par quel pouvoir faites-vous cela, et qui vous a donné ce pouvoir? "Mt 21,23 Jésus, dans Sa finesse innée, leur répond par une autre question qui les cloue sur place . Ils préfèrent se taire ce qui laisse la voie libre à Jésus qui poursuit la conversation à l'aide de la Parabole des deux fils .

Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quel est votre avis ?Un homme avait deux fils .Il vint trouver le premier et lui dit :‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne. Celui-ci répondit  ‘Je ne veux pas.’ Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? »Ils lui répondent :« Le premier »

La question est claire , la réponse évidente, la Parabole très courte au point que j'ai eu le désir d'abandonner . Mais ces deux fils m'ont poursuivie toute la nuit et ils étaient là au réveil ! Si Jésus raconte cette parabole aux grands prêtres et aux anciens du peuple  c'est pour leur dire et nous dire quelque chose ! Mais alors quoi ? Jésus ne parle jamais dans le vide  et encore moins pour jacasser !

Comme la plupart du temps, Jésus ne veut-Il pas nous rejoindre dans nos situations de vie, là où nous en sommes aujourd 'hui ? Ne veut-il pas attirer notre attention ? L'enfant, l'adolescent, au sein du cocon familial ! L’époux avec son épouse, et inversement, l'employé avec son employeur et inversement, le religieux, la religieuse, avec son supérieur et inversement Jésus ne parle jamais pour rien dire, essayons de L'écouter du fond de notre être , je donne quelques pistes mais chacun dans le concret de sa vie personnelle saura se laisser interpeller, bousculer pour améliorer le quotidien de sa relation à Dieu, à l'autre, sachant que l'autre c'est Jésus qui me visite !

Deux fils : nous, toi et moi ! Lequel des deux suis-je ? Sans doute l'un et l'autre , au gré de mes dispositions intérieures !

Le Seigneur , par le biais d'une personne, par celui d'un événement, me demande de participer au soin de Sa Vigne . »La vigne du Seigneur Sabaoth Is 5 », c'est Son Peuple, le Peuple de Dieu en marche et voilà que le Seigneur me fait signe. Comme le premier fils de la Parabole je refuse et vais me vautrer sur mon lit ou, je m'assieds devant mon ordinateur à la recherche de jeux passionnants, je n'y arrive pas car mon esprit est préoccupé,, je n'arrive pas à me concentrer une fine voix , lancinante murmure au fond de mon esprit , elle ne me lâche pas , parce que j'aime ce Père à qui je dois tout, j'ai conscience qu'Il a mal, mais qu'il ne veut pas empiéter sur ma liberté. Après quelques tergiversations intérieures, je bondis et, en me cachant à la fois, pour lui faire une surprise, mais aussi par fierté , j'ai un peu honte de moi, je rejoins la vigne où je prends ma place de Fils, de Fille digne de ce nom.

Mon frère de destin, reçoit le même appel, il veut plaire à ce Père aimant, il veut lui donner satisfaction, se faire bien voir , être reconnu , il n'hésite pas une seconde : « oui Père chéri je cours laisse moi seulement le temps de quelques préparatifs » ...Filou, malin, il simule de s'affairer à des choses nécessaires pour bien assumer la mission confiée puis «  file à l'anglaise » pour se dérober au regard du Père et rejoindre ses amis pour faire la fête sans se soucier des fatigues et des attentes de ce Père débordant d’amour !

La différence entre ces deux frères c'est que le premier est réfléchi, à l'écoute de son être profond ,il a une vraie conscience, une relation juste et ajustée au vouloir du Père, il consent à se remettre en question, et réagit sainement, d'une manière aimante, il ne veut pas faire souffrir son Père.

Le second, je l'ai dit plus haut, est un filou, c'est l'apparence qui compte pour lui, il cherche à être bien vu, bien considéré, il tient à donner une bonne image de lui-même mais il n'a aucune considération pour son Père, il préfère jouir, festoyer avec les amis, voire paresser loin du regard paternel .

N'oublions pas que Jésus adresse cette Parabole, aux grands prêtres et aux anciens du peuple donc aux Pharisiens .

Mais qui sont ces pharisiens que nous rencontrons souvent dans les Évangiles, la plupart du temps en controverse avec Jésus en raison de leur légalisme mais aussi de la haute opinion qu'ils ont d'eux-mêmes et de leur souci de l'apparence à l'image du second fils ?

Le nom “pharisien” tire ses origines du grec pharisaioi, provenant lui-même de la racine du verbe hébreu prš (“parash”), qui signifie “distinguer”, “séparer” mais aussi “éclaircir”, “expliquer”. L’origine de cette dénomination donne lieu à deux interprétations. Étant donné l’importance qu’ils attachaient à la Loi, il se pourrait que leur nom marque le fait que ce groupe se soit “séparé”, pour des raisons de pureté rituelle, du reste du peuple, moins soucieux des prescriptions de la Loi. Mais il peut aussi être compris comme “ceux qui séparent la loi” (en d’autres termes, la décortiquent) pour chercher à mieux l’interpréter et l’expliquer. Quoi qu’il en soit, l’attachement à la Loi était donc prépondérant dans cette secte juive.

Ainsi, au temps de Jésus, ils cherchaient à suivre la Loi de façon très scrupuleuse. Selon eux, la personne croyante se devait d’observer à la fois la Loi écrite ou Torah, et les traditions orales auxquelles ils accordaient une grande importance. En tout, ils avaient donc compilé 613 préceptes à respecter, comprenant pas moins de 365 interdictions. Ils insistaient principalement sur l’observation du sabbat et les différentes purifications rituelles. En érigeant tous ces préceptes, ils souhaitaient faire en sorte que nul ne puisse enfreindre un principe majeur de la Loi, notamment l’un des Dix commandements.

Parfois on parle des Pharisiens comme s’ils n’étaient qu’un exemple historique de ce qu’il ne faut pas faire. Pourtant, Jésus passait beaucoup de temps avec eux, leur rendait visite, répondait à leurs questions. Il les aimait. Même si nous allons à l’église, connaissons notre foi et plaçons Dieu au dessus de tout, nous risquons de nous comporter comme des Pharisiens. En fait, il est presque sûr que nous agissons comme eux à un moment ou à un autre.

Connaissant les lois mieux que quiconque, ils jouissaient donc d’une grande influence sur la population qui les amenait parfois à abuser de leur pouvoir, à mépriser ceux qui ne connaissaient pas les préceptes aussi bien qu’eux. Jésus leur reprocha alors de “verrouiller” le Royaume des cieux, de le rendre inaccessible alors que lui-même étaient venu dire que tous sans exception y avaient accès. D’autre part, les pharisiens n’étaient pas toujours aussi scrupuleux qu’il y paraissait, enfreignant eux-mêmes les préceptes qu’ils dictaient si durement, ce qui leur valut de se faire traiter par Jésus “d’hypocrites”, de “sépulcres blanchis à la chaux qui à l’extérieur ont une belle apparence, mais dont l’intérieur est rempli d’ossements et de toutes sortes de choses impures.” Mt 2,23- 27 Alors qu’ils empêchaient le peuple de fréquenter ceux qui avaient commis une faute, Jésus leur reprochait de ne pas voir à quel point leurs excès de zèle, leurs abus de pouvoir, leur observance stricte ne laissaient aucune place à la miséricorde et faisaient d’eux-mêmes des pécheurs.

Dans les Évangiles, les pharisiens apparaissent donc comme des personnages fort peu recommandables. Cependant, il faut prendre en compte une donnée contextuelle : Au début de la rédaction du Nouveau Testament, vers l’an 70, les antagonismes entre judaïsme et christianisme étaient de plus en plus marqués, et cela a pu influencer négativement la façon dont les pharisiens furent dépeints à cette époque-là. Comme dans tout groupe, ils comptaient dans leurs rangs des hommes vertueux. Dans l’Évangile de Jean, l’un d’entre eux est rendu célèbre : il s’agit du personnage de Nicodème, un pharisien qui, après avoir décidé de suivre les enseignements de Jésus, prendra sa défense devant d’autres pharisiens Jn 7, 41 et aidera Joseph d’Arimathie à descendre le corps de Jésus de la croix. Car lui, parmi les chefs du peuple et les pharisiens, avait cru Jn 7,48

Voici cinq caractéristiques d’un Pharisien des temps modernes selon les Saintes Écritures :

1 Le levain du désordre

Jésus nous dit "gardez-vous du levain des Pharisiens" (Mc 8,15). Le rôle du levain est intéressant : il se répand petit à petit à l’ensemble du pain.

Quand nous agissons comme les Pharisiens, nous semons la zizanie chez les fidèles. Nos intentions sont souvent bonnes, mais nos actions suscitent le trouble et une mauvaise "fermentation". Si le fruit de nos actions est la peur, la colère et l’inquiétude, au lieu de la paix, l’amour et la joie, nous savons que le Seigneur n’est pas à l’œuvre.

2 Experts en surveillance

Dans l'évangile de saint Marc, nous voyons Jésus traverser un champ avec ses disciples un jour de sabbat. Les disciples cueillent du blé car ils ont faim. Les pharisiens (cachés dans les champs !) surgissent et accusent Jésus car ses disciples ont violé le sabbat Mc 2 Les efforts incessants que déploient les Pharisiens pour trouver de possibles erreurs dans le comportement de Jésus ou de ses partisans sont absurdes.

Nous devenons des Pharisiens lorsque nous regardons le monde extérieur en cherchant ce qui ne va pas. Rien n’est jamais assez bien pour un Pharisien et rien ne mérite qu’on se réjouisse, si ce n’est les malheurs des autres.

3 Dieu merci, je ne suis pas comme…

"Mon Dieu, je te remercie parce que je ne suis pas comme les autres" Lc 18 Ce Pharisien croyait véritablement que prier signifiait se vanter de toutes ses bonnes actions.

Le problème en raisonnant ainsi est que la vraie sainteté se concentre sur ce que l’on peut améliorer en chacun d’entre nous. Si les saints trouvaient beaucoup de points à améliorer, nous devrions certainement adopter la même attitude !

4 Une relation malsaine à l’autorité

Il est intéressant de voir que Jésus a dit au peuple de se soumettre à l’autorité des Pharisiens mais qu’ils étaient furieux en voyant l’autorité divine de Jésus.

Nous avons une relation ambiguë à l’autorité. Il nous est difficile de reconnaître celle de Dieu, encore plus de ses médiateurs sur terre. Une rébellion et une remise en question saines peuvent être positives, mais nous pervertissons cette vérité quand nous désobéissons en pensant mieux savoir que Dieu ou quand critiquer les autres devient une obsession.

5 Une rigueur impitoyable

Dans la parabole du Pharisien et du collecteur d’impôts, alors que le Pharisien est imbu de sa propre bonté, le publicain connaît la gravité de ses péchés et implore la pitié de Dieu.

Quand nous sentons que nous avons besoin de pitié, nous nous tournons vers Dieu et Il nous prend dans Ses bras. Une fois que nous avons ressenti cet amour absolu et inconditionnel, nous hésitons moins à donner ce même amour aux autres.( ALETEIA)

Dès lors, la seconde partie de cette péricope s'adresse autant aux grands prêtres et aux anciens du peuple  qu'à chacun de nous dans ce que nous manifestons de Pharisaïque dans nos paroles et nos actes !

Jésus leur dit nous dit  :« Amen, je vous le déclare :les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ;mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »Oui, chers amis, nous sommes avertis, à nous d'ouvrir largement les oreilles de notre cœur, pour entendre et accueillir le message que Jésus nous délivre pour combattre en nous toute forme de pharisaïsme. Ne chargeons pas nos frères de fardeaux que nous ne porterions pas nous-mêmes, et si nous craignons d'être trop bons, ( on ne l'est jamais assez, disait quelqu'un),trop indulgents, compensons par la prière, la pénitence, pour nos frères, afin qu'éclairés par l'Esprit de sainteté, ils redressent eux-mêmes ce qui manque à la droiture de leur vie.

(J'ai prié pendant de nombreuses années une prière que j'ai égarée et jamais retrouvée, pas même sur Internet ! Si quelqu'un la connaît je serais vraiment heureuse de la retrouver, elle m'avait été offerte par ma Maîtresse des Novices et nourrissait ma vie spirituelle . ):

Mon Dieu faites moi bonne comme vous-même êtes bon

R/ Rappelle toi, Seigneur, ta tendresse.

 (Ps 24, 6a)

Seigneur, enseigne moi tes voies,
fais moi connaître ta route.

Dirige moi par ta vérité, enseigne moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ;
dans ton amour, ne m’oublie pas.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.


s’il est vrai que, dans le Christ,

on se réconforte les uns les autres,
si l’on s’encourage avec amour,
si l’on est en communion dans l’Esprit,
si l’on a de la tendresse et de la compassion,
    alors, pour que ma joie soit complète,
ayez les mêmes dispositions,
le même amour,
les mêmes sentiments ;
recherchez l’unité.
    Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux,
mais ayez assez d’humilité
pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes.
    Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ;
pensez aussi à ceux des autres.

    Ayez en vous les dispositions
qui sont dans le Christ Jésus :

    ayant la condition de Dieu,
il ne retint pas jalousement
le rang qui l’égalait à Dieu.

    Mais il s’est anéanti,
prenant la condition de serviteur,
devenant semblable aux hommes.

Reconnu homme à son aspect,
    il s’est abaissé,
devenant obéissant jusqu’à la mort,
et la mort de la croix.

    C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
il l’a doté du Nom
qui est au-dessus de tout nom,

    afin qu’au nom de Jésus
tout genou fléchisse
au ciel, sur terre et aux enfers,

    et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est Seigneur »
à la gloire de Dieu le Père.

Ph 2

L'Ermite

vendredi 18 septembre 2026

MON AMOUR NE SE MERITE PAS

 

MON AMOUR NE SE MERITE PAS

XXV e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE

Année A




(Mt 20, 1-16)

Jésus disait cette parabole à ses disciples « Le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée :un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire  Et à ceux-là, il dit :‘Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste. Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit: ‘Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ? Ils lui répondirent :‘Parce que personne ne nous a embauchés. 'Il leur dit :‘Allez à ma vigne, vous aussi. 'Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant :‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers. Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier.    Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine :Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !’Mais le maître répondit à l’un d’entre eux :‘Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N'as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?Prends ce qui te revient, et va-t'en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ?Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?’C’est ainsi que les derniers seront premiers,et les premiers seront derniers. »



Le Royaume des Cieux, (nous l'évoquions dimanche dernier) est cité soixante deux fois dans les Évangiles et les Actes des apôtres, dont 33 fois dans l’Évangile selon Saint Luc et 9 fois chez St Matthieu. Quand Jésus en parle, Il évoque Dieu le Père Lui-même, il sert même de cadre aux Béatitudes puisque Jésus le cite dans la première :« Heureux les pauvres de cœur,car le royaume des Cieux est à eux. Et dans la dernière Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,car votre récompense est grande dans les cieux ! »

Si non, nous les trouvons encore :

Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché. Mt 6, 33

Mais si c'est par l'Esprit de Dieu que moi j'expulse les démons, c'est donc que le


règne de Dieu est survenu pour vous.
Mt 12,28

Je vous le répète : il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux. » Mt 19,24

les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Mt 21,31

Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit. Mt 21,43

C'est un état d'esprit, celui justement des Béatitudes, l'Esprit de ce Royaume est capable de s'approcher de l'humanité (Jésus incarné),il est exigeant , pour y accéder il convient de cultiver l'humilité, la simplicité, l'esprit de pauvreté au point que d'apparemment grands pécheurs peuvent y devancer les prétendus bien pensants,ceux qui se croient les meilleurs ceux qui se pensent arrivés,et il peut être enlevé à ceux qui le croyaient acquis une fois pour toutes ! Le Royaume des cieux est un combat qui réclame une armure spécifique décrite par St Paul dans Éphésiens 6 Au reste, frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans sa vertu toute-puissante. Revêtez-vous de l'armure de Dieu, afin de pouvoir résister aux embûches du diable.Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les princes, contre les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits mauvais répandus dans l'air. C'est pourquoi prenez l'armure de Dieu, afin de pouvoir résister au jour mauvais, et après avoir tout surmonté, rester debout. Soyez donc fermes, les reins ceints de la vérité, revêtus de la cuirasse de justice, et les sandales aux pieds, prêts à annoncer l’Évangile de paix. Et surtout, prenez le bouclier de la foi, par lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Malin. Prenez aussi le casque du salut, et le glaive de l'Esprit, qui est la parole de Dieu. Faites en tout temps par l'Esprit toutes sortes de prières et de supplications; et pour cela, veillez avec une persévérance continuelle et priez pour tous les saints,

Dans la péricope de ce jour, le Royaume des cieux, c'est la vigne du Seigneur Dieu Jn 15, Dieu a besoin de bons ouvriers pour soigner, entretenir, faire fructifier le domaine .Le Père a envoyé son Fils ( par le nom de Jésus, ton Saint, ton Serviteur. » Ac 4, 30) qui a besoin d'aide – les ouvriers - pour aujourd'hui, mais aussi pour continuer l' œuvre de salut voulu par le Père. Le Maître du Domaine, Jésus-Serviteur du Père, ne peut suffire à la tâche aussi :

Il sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée :un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire  Et à ceux-là, il dit :‘Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste. Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit: 'Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ? Ils lui répondirent :‘Parce que personne ne nous a embauchés. 'Il leur dit :‘Allez à ma vigne, vous aussi.’

L'agir de Dieu ne ressemble en rien à celui des hommes Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. dit-Il par la bouche du Prophète Isaïe. Dieu ne demande par de diplômes , si la personne est de bonne volonté Il lui permettra d’exploiter les talents reçus.

ni une nationalité précise,Il ne regarde pas la couleur de la peau mais celle du cœur,

ni un âge déterminé, Dieu invite à Sa vigne de 7 à 77 ans, il y a du travail pour tous ! Les sept ans sont invités à œuvrer auprès de leurs amis du même âge, et les 77 ans et plus auprès de ceux de leur âge !

Dieu fait feu de tout bois, écrit un poète, Il ne laisse personne sur le bord du chemin, Il a de l'intérêt pour quiconque y compris pour les animaux tels les chiens qui deviennent guide d'aveugles, ou capteurs de méfaits, les lapins et autres petites bestioles qui permettent l'éveil de tout jeunes enfants. Dieu détecte les plus insignifiantes, aux yeux de certains, capacités et donne les moyens de les développer. Car Proche est le Seigneur de ceux qui l’invoquent. (cf. Ps 144, 18 a)

Un matin, un soir, à midi, au milieu de la nuit, durant le sommeil, à l'heure où nul ne s'y attend , dans la rue, dans un train , un avion, une maison de soin, Dieu fait signe, Dieu appelle et, par les vecteurs les plus inattendus : un flocon de neige ( tel celui qui est devenu le P. Loew), un songe , au cours d'un événement familial, un décès, quand j'étais, enfant, le premier prêtre que j'ai connu , curé dune grande paroisse bordelaise a reconnu l'appel, au décès de son épouse etc ...Dieu saisit notre instant de lucidité pour nous faire signe !

Dieu est Liberté, Dieu est le seul à se conduire et nous conduire dans une liberté parfaite, parce qu'Il est le seul Saint et détient, en Son Être tout ce que nous sommes et Il va nous le montrer et nous prouver que Ses pensées sont au-dessus de nos pensées. . Jésus termine Son histoire :

Le soir venu,le maître de la vigne dit à son intendant :‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers nous pourrions penser que Dieu agit ainsi par délicatesse pour éviter de blesser les derniers embauchés . Que nenni ! Et la divine Parole le démontre :

Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine :Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur ! Si nous

n'avions pas fait un petit bout de chemin avec le Seigneur nous nous rangerions du côté des syndicalistes (je souris) de l'époque et avec eux, nous ferions une manif pour réclamer notre dû, mais, nous savons que Dieu ne fonctionne pas de cette manière et qu'Il a dans son Cœur, d'autres critères que les nôtres .Il suffit de Le suivre, pas à pas et de Le regarder agir tout au long du Saint Évangile ! Et Saint Jean nous précise en conclusion de son évangile que nous ne savons pas tout :Jésus a fait encore beaucoup d'autres choses; si on les rapportait en détail, je ne pense pas que le monde entier pût contenir les livres qu'il faudrait écrire.

Ne fait-il pas tomber la pluie sur les bons comme sur les méchants ? N'accorde-t-Il pas la guérison à une païenne ?

N'accueille-t-Il pas le fils cadet qui a fait la fête et dépensé tout son héritage en lui redonnant sa place au sein de la fratrie ce qui déclenche les foudres de l'aîné !

N'accueille-t-il pas le Bon larron en même temps que le Fils Bien-Aimé qui S'est livré?

Dieu est libre ! Dieu est amour écrit St Jean, et Son Amour sait ce que nous ignorons ! C'est bien ce qu'Il va nous dire, sans dire tout, car par discrétion Dieu n'étale pas le vécu des derniers venus qui ont sans doute acquis bien des mérites par une vie terriblement difficile : «  les publicains et les prostitués nous devanceront dans le Royaume, à nous de ne pas oublier ! :

Mais le maître répondit à l’un d’entre eux :‘Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Sans doute cet ouvrier, criait-il à l'injustice plus fort que les autres aussi le Maître et

Seigneur prend la peine de lui expliquer ce qu'il ne comprend pas . Là où il parle d'injustice le Maître évoque ce qui a été convenu au départ et respecté à l'heure de débaucher. Si son regard n'avait pas lorgné sur son compagnon, s'il n'avait pas tendu l'oreille pour entendre la conversation il n'aurait rien su et n'aurait pas été troublé par ses passions de jalousie et autres ! Et le Maître ne manque pas de le lui dire en s'appuyant sur sa liberté et sur son droit à disposer de ses biens personnels comme il l'entend ! Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ?

N'oublions jamais que le Père ne mesure pas en heures, en qualité de travail, en rendement, en postes de prestige , mais en densité d'amour ! Certes Dieu n'est pas indifférent aux premiers aspects, mais ce qui prime, ce qu'Il met au-dessus de tout , c'est la densité d'Amour !C'est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés lui sont pardonnés, parce qu'elle a beaucoup aimé; mais celui à qui l'on pardonne peu, aime peu. Lc 7 Relisons l’Évangile tout entier avec ce regard et plus particulièrement le chapitre 25 de St Matthieu. En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne l'avez pas fait.

Le Christ Lui-même qui, nous dit St Jean, s'est donné jusqu'au bout , n'a pas revendiqué les rang qui l'égalait à Dieu, écrit St Paul dans sa Lettre aux Philippiens mais il s'est anéanti lui-même, en prenant la condition d'esclave, en se

rendant semblable aux hommes, et reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui; il s'est abaissé lui-même, se faisant obéissant jusqu'à la mort, Le Salaire du Christ, c'est l'amour et rien d'autre , c'est d'accomplir, par amour la volonté du Père qui est de sauver l'humanité ! Disciples de Jésus nous ne pouvons et ne devons revendiquer rien d'autre , c'est à l'amour que nous manifesterons les uns pour les autres, que tous nous reconnaîtrons comme disciples du Christ. Dieu ne nous demandera pas depuis combien de temps nous suivons Jésus ( Il le sait) Il s'intéressera à l'amour déployé en nous donnant en Son nom Et il se peut que le dernier arrivé, comme dans la Parabole pèse plus lourd, en amour, que le Premier des Papes ou toi, moi, c'est Dieu Père qui sait et qui jugera, l'essentiel c'est de servir et d'aimer. Peu importe le classement final, l'essentiel c'est de vivre jour après jour dans et de l'Amour de Dieu et de rayonner cet Amour.

LES PREMIERS SERONT LES DERNIERS

Le Maître est sorti de grand matin

Des hommes attendaient sur le chemin

Il a dit : »venez c'est maintenant

Et de tout mon cœur je vous attends

Car tous ceux qui travailleront dans ma vigne.

Tous ceux-là seront dignes d'entrer dans ma maison ».



Mon amour ne se mérite pas,

Je donne à qui m'ouvre les bras

Dans mon royaume vous verrez

Les premiers seront les derniers.



Le Maître est sorti en plein midi

Des hommes attendaient rongés d'ennui

Il a dit «  venez, il y a longtemps

que de tout mon cœur, je vous attends

car tous ceux qui travailleront dans ma vigne

tous ceux-là seront dignes d'entrer dans ma maison »


Mon amour ne se mérite pas …


Le Maître est sorti avant la nuit ;

des hommes attendaient presqu'endormis

Il a dit : » venez il est grand temps

Et de tout mon cœur je vous attends

car tous ceux qui travailleront dans ma vigne

tous ceux-là seront dignes d'entrer dans ma maison »


Mon amour ne se mérite pas,

Je donne à qui m'ouvre les bras

Dans mon royaume vous verrez

Les premiers seront les derniers.

Jo Akepsimas et Mannick


L'Ermite

vendredi 11 septembre 2026

JUSQU’À 70 FOIS SEPT FOIS

 

XXIV e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE

Année A


(Mt 18, 21-35)

Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ?Jusqu’à sept fois ? »    Jésus lui répondit :« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs .Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait :‘Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout. Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.

Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant: ‘Rembourse ta dette !’Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait: ‘Prends patience envers moi, et je te rembourserai. Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit: ‘Serviteur mauvais! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi?’ Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur.»

Jésus vient de parler de la correction fraternelle et de la prière . A ses apôtres, et à nous tous, à des niveaux différents, Jésus confie le pouvoir des clés à chacun ,et la responsabilité qui en découle, Pierre est touché dans son for interne, il interroge le Maître pour évaluer jusqu'où aller .Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ?Jusqu’à sept fois ? » 

Cette question nous semble naïve  elle ne l'est pas autant qu'il y paraît. Le chiffre 7 évoque dans la Bible, l'idée de perfection, donc, Dieu Lui-même. Et quand Jésus répond : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois   Il établit l'acte du pardon comme quelque chose de divin et d'infini .La seule limite au pardon c'est nous qui la posons en lui tournant le dos, en refusant le don de Dieu. Nous ne le dirons jamais assez, DIEU EST AMOUR et Son AMOUR est infini, donc son pardon l'est aussi ! Ne l'a-t-il pas prouvé en livrant Jésus ? N'est-ce pas pure folie d'amour ? Qui, hormis Celui qui est l'infini de tout, livrerait son Fils pour prouver Son Amour ? Dieu seul et Lui seul !

Pour asseoir Sa pensée, Jésus enchaîne avec une Parabole en deux volets.

Premier volet , c'est Jésus qui parle :

Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. .

Dès le premier verset, Jésus campe le contexte : le Royaume des cieux, son Roi, ses serviteurs

Le Royaume : « Le Royaume de Dieu est un concept théologique à dimension eschatologique Les textes bibliques définissent le Royaume de Dieu comme une réalité présente d’une part et une promesse d’autre part. Le Royaume de Dieu et l’annonce de sa venue se trouvent dans les Évangiles au cœur même de la prédication de Jésus qui a utilisé de nombreuses comparaisons( Paraboles : Mt 13, 24-53) pour essayer de faire ressortir les différents aspects de celui-ci. Avec Jésus de Nazareth, s’ouvre effectivement la perspective d’un Royaume de Dieu dont tous les hommes sont appelés à être membres. C’est la finalité de notre histoire ».

Son Roi : Dieu le Père ou le Christ Lui-même !

Les serviteurs : les disciples et plus largement le Peuple de Dieu , tous chargés d'annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile, donc du Royaume, de Son devenir. Le roi, fait régulièrement le point avec ses serviteurs Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). La somme est importante et sans doute difficile à rembourser , justement :..Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait :‘Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout. Nous pouvons imaginer l'épreuve à laquelle cet homme est confronté et dans laquelle il entraîne femme et enfants! C'est l'image du péché dans lequel il peut nous arriver de nous enfermer et d'y entraîner, non seulement notre famille, mais, parfois tout notre environnement. Comme un caillou jeté dans une marre et dont les ricochets se dessinent quasi à l'infini ! Le péché, qui est appelé, en langage biblique la dette a , la plupart du temps, une immense répercussion dans notre vie et dans celle de nos proches et de nos moins proches , beaucoup plus que ce que nous pouvons imaginer ! « Dans le contexte de l’Évangile la "dette" représente une  obligation morale ou spirituelle, souvent liée au péché et nécessitant une résolution. Elle peut être comparée à  un péché , effacée par le Christ La dette, métaphore du péché appelle à une réparation envers  Dieu, accessible par la grâce  Le pardon, comme celui accordé par le Seigneur, est crucial, avec des conséquences en cas de refus « Notes

Dans cette péricope, le maître se laisse toucher il est saisi de compassion au point de remettre toute la dette contractée par cet homme, c'est énorme :Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.

N'est-ce pas l'attitude de Jésus à l'égard de chacun de nous ? La seule condition étant un réel repentir, un désir sincère de se relever et de tout faire pour éviter les pièges tendus par nos convoitises, par le mauvais ? N'est-ce pas ce que nous demandons quand nous prions le Notre Père ? "Pardonne-nous nos offenses »,d'autres traductions écrivent : « remets-nous nous nos dettes » La suite est intéressante et introduit parfaitement le second volet de notre Parabole :comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.

C'est justement ce que notre ami libéré n'a pas su faire ! A peine libéré de son embourbement, le seuil de la porte franchi ,le voilà qui se rue sur son propre débiteur :

Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant: ‘Rembourse ta dette !’Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait: ‘Prends patience envers moi, et je te rembourserai.’ Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Cet homme gracié, a vraiment la mémoire courte et aucun sens du réel ! Que sont cent pièces d’argent à côté de soixante millions de pièces d’argent ? Il n'a vraiment pas lu Ben Sirac le Sage Pense à ton sort final et renonce à toute haine, pense à ton déclin et à ta mort, et demeure fidèle aux commandements.    Pense aux commandements et ne garde pas de rancune envers le prochain, pense à l’Alliance du Très-Haut et sois indulgent pour qui ne sait pas.1 e Lecture.

Non seulement il se jette sur son débiteur pour l'étrangler en demandant justice mais il refuse d'écouter sa supplique et l'envoie en prison jusqu'à extinction de la dette ! L'histoire ne dit pas comment le débiteur a pu rembourser son créancier mais les compagnons du créancier ont les yeux bien ouverts et ne supportent pas un tel comportement, injuste, violent, ingrat, dur, cruel : Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Il ne s'agit pas ici de délation qui, elle serait méprisable . La délation, en effet, est inspirée par la vengeance, la jalousie ou la cupidité .

Les compagnons qui ont connaissance de la grâce accordée par le Roi, sont confrontés à un comportement injuste , intolérable qui les scandalise, et il y a matière ! N'oublions pas que la Parabole veut nous ouvrir les yeux sur nos incohérences, pour nous ouvrir à la reconnaissance de notre péché

Informé , le Roi le fit appeler et lui dit :‘Serviteur mauvais! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi?’ Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C'est un juste retour de manivelle. Sans lui vouloir du mal ,il est bon qu'il soit conduit à réfléchir, ce séjour au cachot, dans la solitude et le silence, devrait l'aider à rentrer en lui-même pour reconnaître sa propre DETTE , son indigne péché, pour faire amende honorable, pour reconnaître sa forfaiture.

Cet homme avait au moins deux raisons de pardonner à son débiteur :

  • il venait lui-même d'être exonéré d'une DETTE abyssale. Le péché est toujours odieux, parce qu'il est un manque d'amour et que Dieu n'est qu'amour! Le péché, quel qu'il soit, se répercute sur la communauté des hommes tout entière. Il abîme le Corps du Christ tout entier, il blesse le Cœur de Dieu, il participe à sa crucifixion. Et il n'y a pas, dans l'ordre de l'amour, de grand ou de petit. péché, de grand ou de petit mensonge, de grand ou de petit vol , il y a le péché, point ! qui est une DETTE dont Jésus, le Christ, a payé cher la facture. Quel serviteur suis-je ?

  • son débiteur était un compagnon, donc un proche , sa Dette était insignifiante au regard de la sienne

    Notre homme pardonné,( toi, moi,) exonéré de sa DETTE, se conduit comme un goujat, un butor, un sans cœur, un misérable pécheur, qui non seulement tombe dans son bourbier mais y plonge délibérément avec hargne . Le pardon, qu'il a reçu lui-même du Roi-Jésus n'a pu rejoindre son être profond puisqu'il est resté imperméable à son frère . Son propre acquittement est caduc, cet homme rétrograde, et sa situation personnelle est pire que la précédente : du fond de sa prison – son enfermement- il devra réparer et rembourser jusqu'au dernier picaillon. Sur la base de cet indigne serviteur Jésus nous donne alors un avertissement sévère mais juste et justifié. Il en est ainsi, chaque fois que toi, moi, nous refusons de pardonner à ceux qui nous ont offensés ! Et, si nous allons nous confesser, et gardons dans notre cœur de la colère, de la hargne , de la vengeance à l'égard de notre frère, le sacrement reçu n'a aucun effet : JE NE SUIS PAS PARDONNE(E) ÊTRE serviteur de l'Agneau de Dieu, c'est exigeant, c'est sérieux, ce n'est pas du cinéma, ni un façade, ni une fiction ,ça touche l'être .Jésus ne nous cache pas les conséquences, Il est clair :

C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur.»

Alors ? Prêt (e) ?


PARDONNE-NOUS NOS OFFENSES,

COMME NOUS PARDONNONS !

COMME ! COMME ! COMME !


SOIXANTE-DIX FOIS SEPT FOIS DONC

A L'IN .FI. NI …....


Rancune et colère, voilà des choses abominables
où le pécheur est passé maître.
    Celui qui se venge
éprouvera la vengeance du Seigneur ;
celui-ci tiendra un compte rigoureux de ses péchés.
    Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ;
alors, à ta prière, tes péchés seront remis.
    Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme,
comment peut-il demander à Dieu la guérison ?
    S’il n’a pas de pitié pour un homme, son semblable,
comment peut-il supplier pour ses péchés à lui ?
    Lui qui est un pauvre mortel, il garde rancune ;
qui donc lui pardonnera ses péchés ?
    Pense à ton sort final et renonce à toute haine,

1° Lecture

Jésus n'est pas venu supprimer mais accomplir  la Loi et les Prophètes !

L'Ermite