vendredi 13 mars 2026

QUAND IL REVINT, IL VOYAIT

 

QUAND IL REVINT, 

IL VOYAIT


QUATRIÈME DIMANCHE


DE CARÊME


Année A


(Jn 9, 1-41)

En sortant du Temple,Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent :« Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »Jésus répondit :« Ni lui, ni ses parents n’ont péché.Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé,tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde,je suis la lumière du monde. »Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle,et lui dit :« Va te laver à la piscine de Siloé »– ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ;quand il revint, il voyait.

 Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant– car il était mendiant –dirent alors :« N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »Les uns disaient :« C’est lui. »Les autres disaient :« Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. »Mais lui disait :« C’est bien moi. »Et on lui demandait :« Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Il répondit :« L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue,il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit :‘Va à Siloé et lave-toi.’J’y suis donc allé et je me suis lavé ;alors, j’ai vu. »    Ils lui dirent :« Et lui, où est-il ? »Il répondit :« Je ne sais pas. »

 On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle.    Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux.À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir.Il leur répondit :« Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé,et je vois. »Parmi les pharisiens, certains disaient :« Cet homme-là n’est pas de Dieu,puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. »D’autres disaient :« Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? »Ainsi donc ils étaient divisés.    Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle :« Et toi, que dis-tu de lui,puisqu’il t’a ouvert les yeux ? »Il dit :« C’est un prophète. »    Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir.C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents    et leur demandèrent :« Cet homme est bien votre fils,et vous dites qu’il est né aveugle ?Comment se fait-il qu’à présent il voie ? »   Les parents répondirent :« Nous savons bien que c’est notre fils,et qu’il est né aveugle.    Mais comment peut-il voir maintenant,nous ne le savons pas ;et qui lui a ouvert les yeux,nous ne le savons pas non plus.Interrogez-le,il est assez grand pour s’expliquer. »    Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs.En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de leurs assemblées tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ.    Voilà pourquoi les parents avaient dit :« Il est assez grand, interrogez-le ! »

    Pour la seconde fois,les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle,et ils lui dirent :« Rends gloire à Dieu !Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. »    Il répondit :« Est-ce un pécheur ?Je n’en sais rien.Mais il y a une chose que je sais :j’étais aveugle, et à présent je vois. »    Ils lui dirent alors :« Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? »    Il leur répondit :« Je vous l’ai déjà dit,et vous n’avez pas écouté.Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? »    Ils se mirent à l’injurier :« C’est toi qui es son disciple ;nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples.    Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ;mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. »    L’homme leur répondit :« Voilà bien ce qui est étonnant !Vous ne savez pas d’où il est,et pourtant il m’a ouvert les yeux.    Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs,mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce.    Jamais encore on n’avait entendu quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance.    Si lui n’était pas de Dieu,il ne pourrait rien faire. »    Ils répliquèrent :« Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance,et tu nous fais la leçon ? »Et ils le jetèrent dehors.

 Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors.Il le retrouva et lui dit :« Crois-tu au Fils de l’homme ? »    Il répondit :« Et qui est-il, Seigneur,pour que je croie en lui ? »    Jésus lui dit :« Tu le vois,et c’est lui qui te parle. »
    Il dit :« Je crois, Seigneur ! »Et il se prosterna devant lui.Jésus dit alors :« Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement :que ceux qui ne voient paspuissent voir,et que ceux qui voient deviennent aveugles. »    Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent :
« Serions-nous aveugles, nous aussi ? »Jésus leur répondit :« Si vous étiez aveugles,vous n’auriez pas de péché ;mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’,votre péché demeure. »

Qui a péché ?

En sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent :« Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »Jésus répondit :« Ni lui, ni ses parents n’ont péché.Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé,tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde,je suis la lumière du monde. »Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle,et lui dit :« Va te laver à la piscine de Siloé »– ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ;quand il revint, il voyait.

Jésus voit ! Jésus guérit ! Jésus libère ! La personne frappée de cécité physique, (et celles touchées par une cécité morale pourrait-on dire) : qui a péché ? Comme si le handicap était la conséquence du péché ! Notre époque garde quelques relents de cette façon d'accueillir la maladie, le handicap, ... ! Soyons certains : le handicap , la maladie ne sont pas une punition, ils peuvent être la conséquence d'erreurs mais pas une punition du Seigneur, cela jamais ! Dieu ne punit pas, Dieu nous tire vers le haut, Dieu nous éveille et nous réveille, Dieu veut le bonheur de l'humanité ! Jésus éclaire ! Nous pourrions même dire : Jésus irradie ! Jésus se déclare lumière du monde, Aussi longtemps que je suis dans le monde,je suis la lumière du monde.  Certaines épreuves de et dans nos vies, Lui permettent de faire éclater la Gloire du Père, Son amour pour l'humanité blessée ! C'est exactement ce qu'il accomplit ici :L’aveugle y alla donc,( à la piscine) et il se lava ;quand il revint, il voyait. Jésus dérange aussi en posant des gestes inhabituels qui troublent l'ordre établi et bousculent les mentalités ! Ces mentalités qui vous « taillent un costume » et ne comprennent pas que celui qui le porte peut évoluer au fil du temps, des circonstances, de son évolution personnelle, de la société ! Voilà un homme qui était mendiant et qui ne l'est plus ! Un homme « qui faisait la manche » et qui devient directeur d'une entreprise : comment est-ce possible ?

C'est bien moi !

 Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant– car il était mendiant –dirent alors :« N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »Les uns disaient :« C’est lui. »Les autres disaient :« Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. »Mais lui disait :« C’est bien moi. »Et on lui demandait :« Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Il répondit :« L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue,il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit :‘Va à Siloé et lave-toi.’J’y suis donc allé et je me suis lavé ;alors, j’ai vu. »    Ils lui dirent :« Et lui, où est-il ? »Il répondit :« Je ne sais pas. »

Eh bien oui, c'est bien moi ! J'étais mendiant, prostitué(e), vendeur à la sauvette, addictif(ve) aux stupéfiants, au sexe, à tout ce qui maintient en servitude et un Ange de Dieu m'a fait signe, m'a fait confiance , il m'a tendu la main, Il a su me voir, me regarder, Il m'a aimé « pour de vrai » et me voilà debout ! La gloire de Dieu, disait St Irénée c'est l'homme DEBOUT et la vie de l'homme, c'est la vision de Dieu ! L'Ange, ici, c'est plus qu'un ange, c'est Dieu Lui-même qui a vu ; qui a cru, qui a appelé, envoyé et relevé ! C'est ainsi que Dieu agit dans nos vies si nous acceptons qu'Il nous lave , si nous effectuons le pas qu'Il nous propose : va te laver ! (nous avons les sacrements pour cela et, notamment, celui de la réconciliation et celui de l'Eucharistie).Certains s'étonneront du changement , et cela peut nous arrêter, comme ici les voisins, mais l'homme guéri, l'homme qui a recouvré la vue, ne nie pas l'intervention d'un tiers, il donne même son nom et ose L'identifier comme Prophète , à savoir, quelqu'un qui parle, agit au nom de Dieu !

C'est un Prophète

 On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle.    Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux.À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir.Il leur répondit :« Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé,et je vois. »Parmi les pharisiens, certains disaient :« Cet homme-là n’est pas de Dieu,puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. »D’autres disaient :« Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? »Ainsi donc ils étaient divisés.    Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle :« Et toi, que dis-tu de lui,puisqu’il t’a ouvert les yeux ? »Il dit :« C’est un prophète. »    Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir.C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents    et leur demandèrent :« Cet homme est bien votre fils,et vous dites qu’il est né aveugle ?Comment se fait-il qu’à présent il voie ? »   Les parents répondirent :« Nous savons bien que c’est notre fils,et qu’il est né aveugle.    Mais comment peut-il voir maintenant,nous ne le savons pas ;et qui lui a ouvert les yeux,nous ne le savons pas non plus.Interrogez-le,il est assez grand pour s’expliquer. »    Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs.En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de leurs assemblées tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ.    Voilà pourquoi les parents avaient dit :« Il est assez grand, interrogez-le ! »

Dépassés, peut-être dépités, les dits voisins, ne négligent rien , ils présentent l'Ancien aveugle aux Pharisiens qui, au temps de Jésus, représentent une certaine autorité en matière de Judaïsme en raison de leur attachement à la Parole divine, aux rites , au

respect de la Loi, donc, du Sabbat. C'est d'ailleurs, ce qui les fait tiquer immédiatement .Ils demandent à l'homme guéri de raconter les faits lequel engage une parole forte.Pour lui cet homme « est un Prophète ! » Or chacun sait, qu'un Prophète parle et agit au nom de Dieu. Matthieu précise que l'action s'est déroulée un jour de Sabbat ! De quoi faire enfler la polémique et diviser les interlocuteurs « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient :« Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? »Ainsi donc ils étaient divisés.  C'est sur ce fond de division qu'ils veulent entendre le point de vue de la personne guérie qui n'hésite pas à L'identifier comme Prophète ! Pour tenter de clarifier, les voilà qui convoquent la famille qui affiche, peut-être sincèrement, peut-être aussi pour se défausser, une fin de non- recevoir ! La situation semble bloquée …

Ainsi vont nos échanges humains quand nous avons des idées particulièrement arrêtées cherchant à rallier l'autre à notre point de vue, jouant l'autruche de préférence à chercher une issue honnête et juste, à ce qui nous oppose. Savoir et vouloir se remettre en question pour avancer, est un art qui demande humilité, vérité, simplicité .

Au lieu de cela les Pharisiens décident de ferrailler l'aveugle guéri pour le rallier à leurs convictions. Ils le convoquent une seconde fois( nous avons envie de dire , mais de quel droit!) et tiennent des propos accusateurs à l'égard de  «  Jésus » qu'ils désignent comme un individu parmi les autres, sans Le nommer ce serait en effet, lui accorder un certain crédit qui n'échappe pas à l'ancien aveugle.

Si lui n’était pas de Dieu,il ne pourrait rien faire. » 

Pour la seconde fois,les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle,et ils lui dirent :« Rends gloire à Dieu !Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. »    Il répondit :« Est-ce un pécheur ?Je n’en sais rien.Mais il y a une chose que je sais :j’étais aveugle, et à présent je vois. »    Ils lui dirent alors :« Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? »    Il leur répondit :« Je vous l’ai déjà dit,et vous n’avez pas écouté.Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? »    Ils se mirent à l’injurier :« C’est toi qui es son disciple ;nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples.    Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ;mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. »    L’homme leur répondit :« Voilà bien ce qui est étonnant !Vous ne savez pas d’où il est,et pourtant il m’a ouvert les yeux.    Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs,mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce.    Jamais encore on n’avait entendu quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance.    Si lui n’était pas de Dieu,il ne pourrait rien faire. »    Ils répliquèrent :« Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance,et tu nous fais la leçon ? »Et ils le jetèrent dehors.

L'ancien aveugle, non seulement ne se laisse pas intimider, mais avec finesse et une pointe d'humour , raille adroitement leur insistance en laissant supposer qu'ils sont peut-être intéressés et cherchent à s'en rapprocher . Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? Semblable hypothèse ne fait qu'amplifier la rage de ses interlocuteurs qui l'injurient tout en affirmant haut et fort, leur attachement à la Loi de Moïse et en désignant le soi-disant Inconnu, par un « celui-là » impersonnel et méprisant ! L'homme rebondit intelligemment, sans doute a-t-il retenu quelques bribes du questionnement précédent dont il se sert pour les mettre face à leurs incohérences et leur mauvaise foi. C'en est trop, c'est insupportable, plutôt que de perdre la face aux yeux des témoins de la scène les Pharisiens préfèrent rester dans l'accusation , il n'y a pas de place pour une remise en question, une réflexion honnête ! Ils rejettent en bloc « celui-là » ( prononcer Son nom leur brûlerait la langue) et la personne guérie qu'ils tentent d'enfoncer au maximum pour l'écraser !

Nous avons là l'illustration de nos entêtements, de notre mauvaise foi, de notre négation du semblable, du mépris qui nous habitent parfois ! Nous percevons aussi l'action perfide du Diviseur, le Diabolos. Dans nos conflits il sait brouiller les pistes pour empêcher les uns et les autres de s'écouter pour avancer ensemble. Chacun saura s'arrêter quelques instants sur ces versets très instructifs, pour clarifier sa manière de vivre , ou pas, une vraie fraternité ! Savons-nous écouter ? Savons-nous communiquer ? Le voulons-nous vraiment ou cherchons-nous comme certains de nos ancêtres dans la foi, à avoir raison à tout prix ? Le Carême est un temps tout- à- fait approprié pour réfléchir à la qualité de nos relations et redresser ce qui est faussé ! Dans la 2 Co au chapitre 6 St Paul nous écrit :Au temps favorable, je t'ai exaucé, au jour du salut je t'ai porté secours. " Voici maintenant le temps favorable, voici le jour du salut. Saisissons cette opportunité !

« Je crois, Seigneur ! »

Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors.Il le retrouva et lui dit :« Crois-tu au Fils de l’homme ? »    Il répondit :« Et qui est-il, Seigneur,pour que je croie en lui ? »    Jésus lui dit :« Tu le vois,et c’est lui qui te parle. »
    Il dit :« Je crois, Seigneur ! »Et il se prosterna devant lui.Jésus dit alors :« Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement :que ceux qui ne voient pas
puissent voir,et que ceux qui voient deviennent aveugles. »    Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent :
« Serions-nous aveugles, nous aussi ? »Jésus leur répondit :« Si vous étiez aveugles,vous n’auriez pas de péché ;mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’,votre péché demeure. »

Jésus est toujours du côté du petit, de l'indigent, du rejeté, c'est son ADN dirions-nous aujourd'hui ! A Son époque « radio potins » existe déjà, et la mésaventure de l'aveugle guéri, avec les Pharisiens, ne tarde pas à lui parvenir. Jésus a vite fait de le retrouver , sachant qu'il a choisi son camp : celui de la vérité, de la loyauté, de l'honnêteté , Jésus lui pose la question de confiance :Crois-tu au Fils de l’homme ? » Si Jésus utilise cette expression, c'est parce qu'elle est connue à cette époque  Elle désigne le vainqueur des puissances du monde, donc du Satan !Dn 7,13 Je regardais dans les visions de la nuit, et voici que sur tes nuées vint comme un Fils d'homme; il s'avança jusqu'au vieillard, et on le fit approcher devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et règne, et tous les peuples, nations et langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit. Le Fils de l'homme est le vainqueur du combat et la royauté universelle lui est remise. Fidèle à lui-même,à son honnêteté foncière, l'homme fait une réponse à la hauteur de son écoute et de son intelligence , pour croire, il convient d'avoir un minimum d'informations :« Et qui est-il, Seigneur,pour que je croie en lui ? »demande-t- C'est un peu comme une partie de ping-pong, il n'y a pas de place pour les rebonds, c'est du tac-au-tac, mais un tac-au-tac respectueux, sans faux-semblants, direct ! Jésus ne tarde pas à lever le voile ::« Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Imaginons la scène ! C'est vertigineux! Comme les apôtres à la Transfiguration, il y a de quoi être retourné, renversé, époustouflé, figé ! Tu le vois,et c’est lui qui te parle et nous ajoutons : qui te guérit !: La réponse ne traîne pas :« Je crois, Seigneur ! »Et il se prosterna devant lui.

La prosternation , c'est l'hommage que l'on rend à un Roi-Dieu, l'homme guéri , comme les Rois-Mages, comme les bergers , reconnaît son Dieu dans cet homme jusque – là inconnu, Jésus peut continuer à lever le voile sur Son identité profonde, sur Sa mission :

:« Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement :que ceux qui ne voient pas puissent voir,et que ceux qui voient deviennent aveugles. » Jésus fait une allusion claire à ce qui vient de se passer « la guérison de ce mendiant » et à ce qui continue d'être : ces pharisiens repliés sur eux-mêmes, sûrs d'eux-mêmes, et qui maintiennent leur position puisqu'ils osent renchérir :Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent :« Serions-nous aveugles, nous aussi ? »Enfermés dans leur suffisance, ils restent incapables de s'ouvrir à la nouveauté de l’Évangile, incapables , d'accueillir le Fils de l'Homme, le Messie tant attendu et de Le reconnaître, Lui et Son œuvre d'illumination, son œuvre de libération ce que Jésus explicite immédiatement :« Si vous étiez aveugles,vous n’auriez pas de péché ;mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’,votre péché demeure. »

Je ne peux m'empêcher de penser à nos frères contemporains qui, depuis des décennies répètent à qui veut les entendre : me confesser, pourquoi ? Je n'ai pas tué, je n'ai pas volé, de quoi pourrai-je me confesser ? Serions-nous de ceux-là ? Alors que le juste pèche sept fois par jour dit le Livre des Proverbes 24,15 sept fois le juste tombe, et il se relève, Mais les méchants sont précipités dans le malheur.Ne te réjouis pas de la chute de ton ennemi, Et que ton cœur ne soit pas dans l'allégresse quand il chancelle,…

Vivons en enfants de lumière -

Compositeur : Jacques Berthier


VIVONS EN ENFANTS DE LUMIÈRE
SUR LES CHEMINS OÙ L'ESPRIT NOUS CONDUIT :
QUE VIVE EN NOUS LE NOM DU PÈRE !


L'heure est venue de l'exode nouveau !
Voici le temps de renaître d'en-haut !
Quarante jours avant la Pâque,
Vous commencez l'ultime étape .

L'heure est venue de lutter dans la nuit !
Voici le temps d'affronter l'Ennemi !
N'ayez pas peur face aux ténèbres.
A l'horizon la croix se dresse.


L'heure est venue de grandir dans la foi !
Voici le temps de la faim, de la soif !
Gardez confiance, ouvrez le Livre.
Voici le pain, voici l'eau vive !


L'heure est venue d'affermir votre cœur !
Voici le temps d'espérer le Seigneur !
Il est tout près, il vous appelle.
Il vous promet la vie nouvelle.


L'heure est venue de courir vers la vie !
Voici le temps de trouver Jésus Christ !
Il est présent parmi les pauvres.
Il vous précède en son Royaume.


L'Ermite


L'Ermite

vendredi 6 mars 2026

SI TU SAVAIS LE DON DE DIEU ...

 

TROISIÈME DIMANCHE


DE CARÊME


Année A



(Jn 4, 5-42)

Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi.
 Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau.Jésus lui dit :« Donne-moi à boire.  – En effet, ses disciples étaient partis à la villepour acheter des provisions. La Samaritaine lui dit :« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire,à moi, une Samaritaine ? »– En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.Jésus lui répondit :« Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé,et il t’aurait donné de l’eau vive. » Elle lui dit :« Seigneur, tu n’as rien pour puiser,et le puits est profond.D’où as-tu donc cette eau vive ?    Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits,et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? » Jésus lui répondit :« Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ;    mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ;et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »    La femme lui dit :« Seigneur, donne-moi de cette eau,que je n’aie plus soif,et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »    Jésus lui dit :« Va, appelle ton mari, et reviens. »    La femme répliqua :« Je n’ai pas de mari. »Jésus reprit :« Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en a eu cinq,et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ;là, tu dis vrai. » La femme lui dit :« Seigneur, je vois que tu es un prophète !..Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là,et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »Jésus lui dit :« Femme, crois-moi :l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.    Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ;nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.Mais l’heure vient – et c’est maintenant –où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit,et ceux qui l’adorent,c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » La femme lui dit :« Je sais qu’il vient, le Messie,celui qu’on appelle Christ.Quand il viendra,c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »    Jésus lui dit :
« Je le suis, moi qui te parle. » À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ;ils étaient surpris de le voir parler avec une femme. Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? »ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? »

    La femme, laissant là sa cruche,revint à la ville et dit aux gens :    « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait .Ne serait-il pas le Christ ? »    Ils sortirent de la ville,et ils se dirigeaient vers lui.

    Entre-temps, les disciples l’appelaient :« Rabbi, viens manger. »    Mais il répondit :« Pour moi, j’ai de quoi manger :c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. »    Les disciples se disaient entre eux :« Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? »    Jésus leur dit :« Ma nourriture,c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre.    Ne dites-vous pas :‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ?Et moi, je vous dis :Levez les yeux et regardez les champs déjà dorés pour la moisson.Dès maintenant,  le moissonneur reçoit son salaire :il récolte du fruit pour la vie éternelle,si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur.    Il est bien vrai, le dicton :‘L’un sème, l’autre moissonne.’    Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun effort ;
d’autres ont fait l’effort,et vous en avez bénéficié. »

    Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus,à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage :« Il m’a dit tout ce  que j’ai fait. »    Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui,ils l’invitèrent à demeurer chez eux.Il y demeura deux jours. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme :« Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons :nous-mêmes, nous l’avons entendu,et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

Une rencontre ! Et quelle rencontre ! Une de celles qui retournent une vie ! En quelques mots, une femme , la Samaritaine, passe de la nuit du péché à la Lumière éblouissante qui la transforme, la Transfigure en témoin qui attire !« Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons :nous-mêmes, nous l’avons entendu,et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »Rencontre qui nous renvoie à la mission essentielle de Jésus  En s'incarnant, Jésus nous révèle l'insondable amour du Père qui veut sauver TOUS les hommes et surtout les pécheurs, donc chacun de nous, car qui peut prétendre être pur de tout péché quand le juste , selon l’Écriture Sainte, pèche sept fois par jour ?Proverbes 24: 16 Car sept fois le juste tombe, et il se relève, Mais les méchants sont précipités dans le malheur. Et « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs ». Mc 2, 17

La Samaritaine, accomplit un geste banal mais vital, un geste quotidien indispensable, car l'eau c'est la vie et la Vie ! Comme chaque jour, elle se rend au puits « communautaire » d'ailleurs, à une heure inhabituelle, peut-être, pour ne rencontrer personne et éviter des quolibets, et voilà , qu'un Juif de passage, fatigué par une longue marche,occupe les lieux et ose lui adresser la parole !

Un Juif qui se permet d'aborder une femme, (les disciples eux-mêmes s'en étonneront) et, qui plus est, une Samaritaine ! Les Juifs, en effet, considèrent les Samaritains comme des schismatiques et même comme des païens qu'il est interdit de fréquenter et auxquels on ne doit demander aucun service .

L'incongruité de cette situation n'échappe pas à cette femme à la vie désordonnée et elle n'hésite pas à le souligner :« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire,à moi, une Samaritaine ? ». Jésus n'attendait pas autre chose pour ouvrir le dialogue ! Jésus est attentif à la personne, toujours en éveil pour saisir la moindre opportunité !

Suis-je, sommes-nous en éveil, comme Jésus, pour rejoindre nos frères là où ils en sont, tels qu'ils se présentent, sans le moindre a priori, et les conduire plus loin, là où Jésus les attend !

Jésus ne rentre pas dans les dissensions évoquées, c'est tellement secondaire, Il vise l'essentiel,Il ignore les querelles du passé et regarde devant, vers un avenir possible.Jésus sait qu'il y a l'eau indispensable à la vie , c'est pour cela qu'il s'est arrêté et pour se reposer épuisé par la marche, et pour se rafraîchir, mais il y a une eau impalpable celle-là, tellement plus vertueuse, une eau que Lui seul peut faire jaillir , une eau vivifiante, qui dépasse toutes les attentes , une eau qui renouvelle et purifie sans fatigue, sans être obligée de se déplacer pour la puiser, Jésus va aiguiser la curiosité de son interlocutrice, la mettant en situation d' éprouver une autre soif . Jusque là, cette femme assouvit sa soif d'amour de manière désordonnée. Elle reste sur sa soif qu'elle véhicule d'un homme à l'autre et demeure insatisfaite. Jésus profite de sa remarque pour attiser sa quête et sa curiosité. Jésus lui fait désirer ce qu'il y a de

meilleur ::« Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’,c’est toi qui lui aurais demandé,et il t’aurait donné de l’eau vive. » 

Bingo dirions-nous en langage familier, Jésus a perçu la faille qui va la faire rebondir :« Seigneur, tu n’as rien pour puiser,et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ?

Ils ne sont pas du tout sur la même longueur d'onde, la femme qui vient chaque jour puiser l'eau, qui effectue sans doute une longue marche, sous un soleil brûlant n'attend qu'une chose : rester dans ses pantoufles, à la maison, à l'ombre d'un figuier,et recevoir ce don précieux gratuitement, généreusement. Lucide, connaisseuse de la difficulté qu'elle rencontre quotidiennement, peut-être même plusieurs fois pas jour, elle suit son idée et fait remarquer à « l’Étranger » qu'elle ne voit pas comment il pourra puiser sans le moindre matériel adapté à la situation. Honnêtement nous n'avons pas de difficultés à nous reconnaître dans cet agissement ! Ne nous arrive-t-il pas en effet de suivre notre idée au lieu d'essayer de comprendre ce que le frère nous partage , Nous essayons de formuler une réponse et passons à côté de la véritable attente de notre interlocuteur(trice) Ce n'est pas le cas de Jésus qui lui répondit :« Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ;    mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ;et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » Il n'en faut pas davantage pour que la femme saisisse la balle au bond ,sans savoir ce qui l'attend, sans imaginer un instant ce qui va lui être proposé, la voilà qui ouvre la brèche secrètement désiré par Jésus ! Remarquons qu'ils ne parlent pas du tout de la même soif, mais, cahin-caha Jésus fait avancer la femme qui , dans sa spontanéité renchérit :  « Seigneur, donne-moi de cette eau,que je n’aie plus soif,et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »  Ah, si elle pouvait être libérée de cette corvée quotidienne  quelle aubaine ! Peu importe qui est cet homme, d'où Il vient et où Il va ! S'Il facilite sa vie , voilà l'intéressant : ne plus lancer son seau au fond du puits, ne plus transpirer pour les remonter tout en éclaboussant à droite et à gauche au point de le poser sur la margelle au deux tiers rempli , puis revenir et revenir encore …

C'est au tour de Jésus de se glisser dans la brèche , de saisir la perche tendue :« Va, appelle ton mari, et reviens. » Jésus pointe où le bât blesse , Il connaît cette femme , Il sait, mais Il la respecte trop pour se placer en accusateur, Il la suit pas à pas. Quant à elle , c'est une personne honnête, quelles que soient les apparences , elle ne cache pas sa véritable situation, elle connaît le désordre de sa vie, elle ne dit pas tout, mais elle élargit la déchirure :« Je n’ai pas de mari. » Attentif, Jésus saisit l'opportunité offerte pour la conduire toujours plus loin« Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari des maris, tu en a eu cinq,et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ;là, tu dis vrai. » Jésus ne la contredit pas, Il ne lui cherche pas d'excuses, Il avance au même rythme par petites touches qui permettent à Son interlocutrice de réfléchir et de découvrir qu'il y a chez cet Homme, un plus qui la surprend , Il évoque même des éléments qu'elle est la seule à connaître avec les gens du village où elle habite bien sûr.

Ce n'est pas habituel, lui, un étranger, connaît des pans obscurs de sa vie intime ! La voilà au pied du mur pourrions-nous dire, et entraînée sur des chemins qui ne sont pas les siens. Cet Homme n'est pas commun et elle ose le dire clairement « Seigneur, je vois que tu es un prophète !...Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »  La Samaritaine semble faire un petit pas de côté vers l'arrière ! Le dernier propos de Jésus était un appel discret à une prise de conscience de sa vie concrète et dissolue, la Femme, tout en reconnaissant le regard juste de l’Étranger tente de détourner la conversation en revenant sur ce qui, historiquement sépare les Juifs des Samaritains. Tout aussi adroitement, judicieusement, l’Étranger , reprend la main si j'ose dire, et va élargir son champ de vision :

« Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.    Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons,car le salut vient des Juifs.    Mais l’heure vient – et c’est maintenant –où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité :tels sont les adorateurs que recherche le Père.    Dieu est esprit,et ceux qui l’adorent,c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » Jésus avance au rythme de la Femme, lentement, mais sûrement. Elle a tenté une démarche de recul, sans agitation, sans reproche, Jésus part de sa façon étriquée , sans lui faire la leçon d'ailleurs, de recevoir la foi et de l'exprimer à une perspective tellement plus ouverte, tellement plus libre . La Samaritaine effectue alors un autre déplacement, elle commence à s'interroger sérieusement elle ose évoquer le Messie attendu depuis des siècles : « Je sais qu’il vient, le Messie,celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. » La Femme suggère discrètement que Celui qui est attendu et qui vient enseignera avec autorité et justesse mais elle est loin de s'attendre à ce qui suit :« Je le suis, moi qui te parle. » Bouleversée , la Femme laisse sur place sa cruche, elle oublie la raison essentielle de sa présence en ce lieu et devient missionnaire La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens :    « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait .Ne serait-il pas le Christ ? »    Ils sortirent de la ville,et ils se dirigeaient vers lui .Suffoquée par ce qu'elle vient d'entendre et le contenu de ses échanges avec l’Étranger, la Samaritaine vole pourrait-on dire vers le village et sans la moindre gêne déverse son étonnement aux pieds des villageois avec la grande question qui anime les cœurs de l'époque : .Ne serait-il pas le Christ ?

Il n'en faut pas davantage pour aiguiser leur curiosité, sans plus attendre les villageois veulent voir de leurs yeux, entendre de leurs oreilles ce qui se passe au puits.Tandis que le village s'ébranle, les disciples qui sont allés se ravitailler arrivent auprès du Maître et ne cachent pas leur surprise de Le trouver en conversation avec une femme et pas n'importe laquelle ! Ils gardent pour eux leur étonnement mais leurs attitudes, les regards échangés parlent éloquemment puisque Jésus à leur timide invitation :« Rabbi, viens manger. »  éprouve l'urgence d'expliquer le sens de Sa présence Jésus tente d'élargir également le champ de vision de ses propres disciples . Avec eux aussi, les quiproquos sont fréquents et Il s'explique sur le fond, de cette halte sur la margelle d'un puits . Jésus ne s'est arrêté en cet endroit précis que pour accomplir la volonté de Son Père, Il n'a pas d'autre soif, pas d'autre faim que d'être à l'écoute du Père et d'accomplir ce que ce Père souffle à Son Esprit ::« Pour moi, j’ai de

quoi manger :c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. »    Les disciples se disaient entre eux :« Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? »    Jésus leur dit :« Ma nourriture,c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre.    Ne dites-vous pas :‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ?Et moi, je vous dis :Levez les yeux et regardez les champs déjà dorés pour la moisson.Dès maintenant,  le moissonneur reçoit son salaire :il récolte du fruit pour la vie éternelle,si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur.    Il est bien vrai, le dicton :‘L’un sème, l’autre moissonne.’    Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun effort ;d’autres ont fait l’effort,et vous en avez bénéficié. »

L'arrivée des villageois met un terme au propos de Jésus , sans doute en ont-ils entendu suffisamment pour être eux-mêmes convaincus qu'il y a là plus qu'un simple marcheur assoiffé, puisque d'ennemis naturels, ils en font un ami à qui ils ouvrent leur porte, non plus en raison du témoignage de la femme, mais parce que les Paroles de La Parole éternelle du Père les rejoint au plus profond de leur être, de leur attente aussi :Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus,à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage :« Il m’a dit tout ce  que j’ai fait. »    Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui,ils l’invitèrent à demeurer chez eux.Il y demeura deux jours. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme :« Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons :nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

Le témoignage est important, puisqu'il met en route, mais insuffisant! L'essentiel est dans l'expérience personnelle de la Rencontre :nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »Nous pourrons entendre les plus beaux discours, les plus belles homélies, lire les plus beaux livres, si nous ne nous retirons pas dans un cœur à Cœur sincère,profond, avec le Christ , nous ne ferons jamais cette expérience personnelle qui retourne une vie comme St Paul sur le chemin de Damas :Comme je n’y voyais plus, à cause de
l’éclat de cette lumière,
mes compagnons me prirent par la main, et c’est ainsi que j’arrivai à Damas.

Or, Ananie, un homme religieux et fidèle à la Loi, estimé de tous les Juifs habitant la ville, vint me trouver et, arrivé auprès de moi, il me dit : ‘Saul, mon frère, retrouve la vue.’Et moi, au même instant, je retrouvai la vue, et je le vis. C'est l'expérience de Moïse au mont Horeb, c'est l'expérience de tout chercheur de Dieu !

Le Témoignage,l'expérience personnelle et l'accompagnement de frères, sont indispensables pour savourer l'eau qui désaltère et devient en chacun, une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »  



Si tu savais le don de Dieu

GA 300

Auteur : André Gouzes

Compositeur : Choral Allemand


1
Si tu savais le don de Dieu,
quel est celui à qui tu parles,
c’est toi qui m’aurais demandé
de te donner l’eau vive :
car l’eau que je te donnerai
en toi sera source de vie.

2
Seigneur, donne-moi de cette eau,
afin que je n’aie jamais soif ;
tu es la source de la vie,
toi la lumière en qui je vois ;
enivre-moi de ton amour,
au fleuve de ta grâce !

3
Et si quelqu’un connaît la soif,
s’il croit en moi, qu’il vienne et boive ;
et de son sein l’eau jaillira
comme un torrent d’eau vive ;
Jésus parlait de l’Esprit Saint,
qu’il donnerait à ceux qui croient.

4
En toi, femme de Samarie,
est la figure de l’Église ;
car c’est de foi qu’il avait soif,
lui qui demande à boire ;
déjà tu bois toute enivrée,
l’eau qui étanche toute soif.

5
Toi qui venais puiser de l’eau,
je t’ai puisée de ton abîme ;
sans eau j’ai purifié ton cœur,
en toi j’ai fait couler ma vie ;
c’est de la croix qu’elle a jailli :

L’eau ,et le sang versé pour tous.


L'Ermite

vendredi 27 février 2026

LAISSE ENTRER LA LUMIÈRE

 

LAISSE ENTRER LA LUMIÈRE


DEUXIÈME DIMANCHE


DE CARÊME


Année A



(Mt 17, 1-9)


Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ;son visage devint brillant comme le soleil,et ses vêtements, blancs comme la lumière.Voici que leur apparurent Moïse et Élie,qui s’entretenaient avec lui.Pierre alors prit la parole et dit à Jésus :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !Si tu le veux,je vais dresser ici trois tentes,une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie Il parlait encore,lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,et voici que, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,en qui je trouve ma joie :écoutez-le ! »Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte.Jésus s’approcha, les toucha et leur dit :Relevez-vous et soyez sans crainte ! »Levant les yeux,ils ne virent plus personne,sinon lui, Jésus, seul.

 En descendant de la montagne,Jésus leur donna cet ordre :« Ne parlez de cette vision à personne,avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

La semaine dernière, Jésus était confronté au Mal. Nous Le retrouvons aujourd'hui dans la profondeur de Son « Être-Dieu » . Avec Lui, nous passons de la nuit du Mal, à la Lumière qui émane de Son Être et nous sommes invités, dans Ses pas, à nous laisser transfigurer, jour après jour, tout au long de ce Carême pour devenir, jour après jour, ce qu'Il attend de chacun de nous, pour notre bonheur , pour celui de la Trinité tout entière. Les exigences de la vie chrétienne ne sont pas contre nous, elles sont pour nous, pour notre « bien-être » intérieur qui ne peut que nous transfigurer, et rayonner à notre insu, dans notre vie, parce que c'est Lui, Jésus, qui occupe le terrain, et quand Il est présent, Il rayonne.

Avec les trois apôtres appelés par Jésus, montons joyeux sur la montagne du Tabor où Jésus Lui-même nous invite aujourd'hui.

Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne St Luc précise, pour prier. Callons nos pas dans ceux des apôtres et gravissons la montagne ensemble ! En arrivant au sommet ( Pâques) puissions-nous éprouver le même dépaysement, le même émerveillement ,la même stupéfaction, le même boulever-sement que les apôtres au jour de la Transfiguration ! Nous sommes là, avec Pierre, Jacques et Jean , nous marchons avec Jésus, durant ces quarante jours, c'est un peu dur parfois, nous ne comprenons pas tout, il y a quelques jours Jésus, sur la route, tenait des propos difficiles, suscitant une réaction violente , aimante aussi, de Pierre.

Violente , parce que, il n'est pas concevable que le Maître puisse être tué : et ils le mettront à mort, c'est pour Pierre et les autres, Impensable  « plus tard vous comprendrez leur dira Jésus à un moment, comme Il nous le souffle quand nous nous heurtons à toutes sortes de difficultés.

Aimante, parce que Pierre s'est attaché à Jésus .Pierre aime Jésus, il a besoin de Lui, de Ses conseils de Sa Présence, de Sa force morale . Son attachement est peut-être trop affectif, sans doute immature ...mais il L'aime, cet amour sera purifié au fil du temps ! C 'est parce qu'il aime Jésus qu'il veut écarter le pire annoncé, « mais les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées » !

Jésus commença depuis lors à déclarer à ses disciples qu'il fallait qu'il allât à Jérusalem, qu'il souffrît beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, qu'il fût mis à mort et qu'il ressuscitât le troisième jour. A Dieu ne plaise, Seigneur! cela ne vous arrivera pas. !

Pour l'heure, Jésus marche, Ses apôtres, avec nous ,suivent le Jésus incarné, qui a faim , qui a soif, qui éprouve de la fatigue, qui partage nos émotions, , prie le Père , nous apprend à prier, d'ailleurs c'est un aspect de cette ascension à l'assaut du Tabor , redresse nos déviances," Va-t'en! Arrière de moi, Satan! tu m'es scandale; car tu n'as pas le sens des choses de Dieu, mais (celui) des choses des hommes.- et tandis qu'ils échangent, que nous échangeons  :

Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil,et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie,qui s’entretenaient avec lui.Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : Celui qui, il y a un instant, était l'un de nous, qui marchait avec nous, parlait avec nous,celui qui dit en St Jean au chapitre 8 : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie.Le voilà devenu Lumière, resplendissement de la Gloire du Père c'est ce qu'exprime l'auteur de la Lettre aux Hébreux dans son introduction :Après avoir, à plusieurs reprises et en diverses manières, parlé autrefois à nos pères par les Prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, et par lequel il a aussi créé le monde. Ce Fils, qui est le rayonnement de sa gloire, l'empreinte de sa substance, et qui soutient toutes choses par sa puissante parole, après nous avoir purifiés de nos péchés, s'est assis à la droite de la majesté divine au plus haut des cieux, d'autant plus grand que les anges, que le nom qu'il possède est plus excellent que le leur.

Et Il n'est plus seul, Il se présente en conversation avec Moïse ( la Loi) et Élie ( les Prophètes). Jésus l'a bien dit, Il s'inscrit dans la continuité de l'Ancienne Alliance : » je ne suis pas venu abolir mais accomplir » Mt 5,17

C'est ici un témoignage pour les apôtres, pour nous ! Époustouflés, renversés, avec les apôtres, nous suivons Pierre sans réfléchir davantage, car, c'est indéniable, se trouver dans le rayonnement de Jésus, est une grâce insondable. Nous expérimentons parfois, des moments de grâce si intenses que nous souhaiterions rester là, pour toujours. Qui n'a pas éprouvé ce bonheur une fois dans sa vie, au terme d'une retraite spirituelle, après avoir reçu et accueilli un sacrement ?

Inondés de cette Lumière divine, avec Pierre nous osons la folle proposition de nous installer dans ce confort spirituel  :

« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !Si tu le veux,je vais dresser ici trois tentes,une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie

Perdus dans notre gourmandise spirituelle, comme il y a peu de temps, au Jourdain, lors du Baptême de Jésus, la voix du Père vient nous tirer de notre rêverie

Au JOURDAIN : et voilà que les cieux s'ouvrirent pour lui, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voilà que ces cieux une voix disait: " Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis mes complaisances. (Baptême)

SUR LA MONTAGNE :Il parlait encore,lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,et voici que, de la nuée, une voix disait :« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »

La nuée, dans la Bible est un signe de la Présence de Dieu , rappelons-nous le Livre de l'Exode :

Le Seigneur lui-même marchait à leur tête: colonne de nuée le jour, pour leur ouvrir la route-colonne de feu la nuit, pour les éclairer; ils pouvaient ainsi marcher jour et nuit.Ex 13,21

Le Seigneur dit à Moïse : « Je vais venir vers toi dans l'épaisseur de la nuée, pour que le peuple, qui m'entendra te parler, ait confiance en toi, pour toujours.EX 19,9

Le peuple resta à distance, mais Moïse s'approcha de la nuée obscure où Dieu était présent. Ex 20, 21

la gloire du Seigneur demeura sur la montagne du Sinaï, que la nuée recouvrit pendant six jours. Le septième jour, le Seigneur appela Moïse du milieu de la nuée.. Ex 24,16

Nous pourrions continuer longtemps ; la nuée , Présence du  « Seigneur Dieu », est citée 49 fois dans le Pentateuque. Pour approcher du mystère de la Transfiguration , il nous suffit de savoir que la Présence de la nuée coïncide avec la Présence de Dieu. » La nuée c'est DIEU PRÉSENT » ! Mais, comme il est écrit également dans l'Exode : «  l'homme ne peut pas voir Dieu sans mourir », la nuée crée la distance :

Dieu répondit à Moïse: « Je vais passer devant toi avec toute ma splendeur, et je prononcerai devant toi mon nom qui est : LE SEIGNEUR. Je fais grâce à qui je veux, je montre ma tendresse à qui je veux. » Il dit encore : « Tu ne pourras pas voir mon visage, car on ne peut pas me voir sans mourir. »

Le Seigneur ajouta : « Voici une place près de moi, tu te tiendras sur le rocher ;quand passera ma gloire, je te mettrai dans le creux du rocher et je t'abriterai de ma main jusqu'à ce que j'aie passé. Puis je retirerai ma main, et tu me verras de dos, mais mon visage, personne ne peut le voir. » Ex 33,20

Dans l'Exode la main du Seigneur abrite Moïse dans le creux d'un rocher, à la Transfiguration les apôtres sont couverts de l'ombre de la nuée, la force de cette présence est telle qu'elle est insoutenable pour notre humanité., Dieu est si Grand dans Son humilité, Dieu est la pureté absolue, notre opacité est telle qu'il faut un regard transfiguré pour Le Voir ! Comme l'écrit Saint Paul :

Car nous ne connaissons qu'en partie, et nous ne prophétisons qu'en partie; 1or, quand sera venu ce qui est parfait, ce qui est partiel prendra fin. Maintenant nous voyons dans un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme je suis connu.1 Co 13,9

Aujourd'hui nous n'avons qu'un avant-goût de qui est Dieu

Quand ils( ils = Paul et Barnabé) eurent évangélisé cette ville et fait un assez grand nombre de disciples, ils retournèrent à Lystres, à Iconium et à Antioche, affermissant l'âme des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi et (disant) que c'est par beaucoup de tribulations qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. Act 14, 21

C'est par l'épreuve en effet que nous sommes purifiés, que nos yeux sont lavés, que notre cœur est libéré des scories qui l'alourdissent , les apôtres et nous avec eux , sommes encore empêtrés dans nos rivalités, notre façon trop terre à terre d'envisager l'avenir - nous avons entendu Jésus dire à Pierre et à chacun de nous : « arrière Satan tu me fais obstacle », tu n'as rien compris ...il y a quelques instants ils étaient prêts à dresser trois tentes, on est si bien sur la montagne , cette nuée entrevue les bouleverse et nous avec, ils sont complètement renversés, retournés comme les représentent les iconographes. Cette heure est insoutenable parce majestueuse dans sa simplicité, elle passe comme un éclair, il faut se redresser , se relever , rester serait de la gourmandise spirituelle, Jésus a commencé le travail d’Évangélisation, Il vient de donner les armes pour affronter les intempéries de cette évangélisation, de montrer de quoi encourager les frères désespérés, embourbés, l'heure est venue de reprendre la route, le Père, dans cette nuée a parlé Il vient de confirmer la mission du Bien-aimé et demande aux disciples, à chacun de nous, de l'écouter  Celui-ci est mon Fils bien-aimé,en qui je trouve ma joie :écoutez-le ! » Cette même voix parle au fond de nos cœurs, L'entendons-nous ? Nos cœurs sont-ils libres pour la reconnaître, libérés de toute scorie ? Le Carême nous est offert pour nous ressaisir, pour écouter, pour nous laisser retourner renverser

Jésus qui connaît nos combats, nos peurs dans la vie de chaque jour comme ici s’approcha, les toucha et leur dit :Relevez-vous et soyez sans crainte ! »Levant les yeux,ils ne virent plus personne,sinon lui, Jésus, seul.Jésus ne nous enferme pas,, Il se fait proche au contraire, touche le cœur des apôtres, le nôtre, Il nous dit : « va plus loin » la route est encore longue, Il donne même l'ordre de rester discrets sur cette grâce insigne , comme nous devons l'être pour certaines grâces exceptionnelles que nous pouvons recevoir, à les étaler nous en perdons l'essence !

 En descendant de la montagne,Jésus leur donna cet ordre :« Ne parlez de cette vision à personne,avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

Jésus n'impose pas un silence arbitraire mais ce n'est pas l'heure de parler ! Seule la résurrection pourra donner du sens à cet événement, continuons d'écouter le Père et Jésus transfiguré se fraiera un passage à travers nos écorces !


Nous avons quitté nos chemins

Compositeur : Jacques Berthier

Nous avons quitté nos chemins de peine

pour goûter près de Toi le repos ;

Seigneur, tu le sais, nous cherchons le Père,

apprends-nous à prier.

2.

Saurons-nous veiller quand la chair est faible ?

Ton désir nous soutient dans la foi 

Seigneur, nous croyons : Tu connais le Père,

montre-nous sa beauté

3.

Un instant, nos yeux ont surpris ta gloire :

Te voici rayonnant de splendeur ;

Seigneur, notre joie, Tu as vu le Père,

Ton visage est clarté.

4.

Dans la nuit des temps se cachait ta face :

les prophètes annonçaient ta venue;

Seigneur, aujourd’hui, à la voix du Père,

nous t’avons reconnu.

5.

Il nous faut encore soutenir l’épreuve,

traverser avec Toi d’autres nuits ;

Seigneur, Fils de Dieu, conduis-nous au Père,

transfigure nos vies.



L'Ermite