vendredi 12 juin 2026

UN MÉTIER COMME UN AUTRE ?

 


XI e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE

Année A




(Mt 9, 36 – 10, 8)

Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger.Il dit alors à ses disciples :« La moisson est abondante,mais les ouvriers sont peu nombreux.    Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »     Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité.

Voici les noms des douze Apôtres :le premier, Simon, nommé Pierre André son frère;Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère Philippe et Barthélemy ;Thomas et Matthieu le publicain ;Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée  Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes :«Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains.Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route,proclamez que le royaume des Cieux est tout proche.Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons.Vous avez reçu gratuitement :
donnez gratuitement. »

En parcourant le saint évangile il est impressionnant de voir les foules se presser auprès de Jésus, dès Son entrée en vie publique, les foules suivent et souvent précèdent Jésus, en venant de partout. Nous les trouvons citées au moins 51 fois dans les évangiles : De grandes foules le suivirent, venues de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et de la Transjordanie. Mt 4,25

Si Jésus se retire les foules Le cherchent et Le trouvent : Quand il fit jour, il sortit et se retira dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu'à lui, et elles ... Lc 4 42

Quand Jésus vit la foule, il gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait : « Heureux Mt 5,1

On parle de Lui, on raconte Ses bienfaits et chacun veut en bénéficier :On parlait de lui de plus en plus. De grandes foules accouraient pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Lc 5,15

Son Enseignement touche ces foules qui reconnaissent son autorité :Jésus acheva ainsi son discours. Les foules étaient frappées par son enseignement, car il les instruisait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes. Mt 7,28

Les foules se pressent au point de l'étouffer :Comme il s'y rendait, les foules l'étouffaient. Or une femme qui avait Lc 8, 43

Où qu'Il se déplace, les foules le rejoignent La foule s'en aperçut et le suivit. Il leur fit bon accueil ; il leur parlait du règne de Dieu, et il guérissait ceux qui en avaient besoin. Lc 9,11

Elles s'émerveillent de Son action :Il chassait un démon muet. Or, une fois le démon sorti, le muet se mit à parler et les foules s'émerveillèrent. Lc 11,14

Il arrive cependant que Jésus secoue ces foules, cela ne les empêchent pas de Le chercher encore :Comme les foules s'amassaient, il se mit à dire: " Cette génération est une génération mauvaise; elle demande un signe! Lc 11,29

De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit : « Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, Lc 14,25

Quels que soient les propos de Jésus, même très exigeants, comme en Lc 14, les foules se bousculent pour Le voir, Le toucher, L'écouter jusqu'à cette femme , étrangère de surcroît, qui Le fait fléchir par une réponse osée et débordante de foi, de confiance :Oui, Seigneur, dit-elle; mais les petits chiens mangent des miettes, qui tombent de la table de leurs maîtres. Mt 15, 28 Elle a compris que les miettes de Jésus sont gonflées d'amour, de miséricorde.


Jésus, le Maître, Le Créateur des mondes, le Fils Bien-aimé ne résiste pas :

Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger.

Rentrons à la maison, celle de notre cœur, fermons la porte, descendons en nous-mêmes et posons-nous la question : quelles sont mes réactions si quelqu'un arrive à l'improviste , si quelqu'un m'appelle trop fréquemment ...si ...est-ce que j'essaie de comprendre ? Suis-je prêt(e) à écouter, ? Ai-je de la compassion ou de l’impatience pour ne pas dire plus ? Jésus, Lui, a de la compassion, Il voit, Il entend, Il réfléchit, Il essaie de comprendre et constate le manque donc, le besoin, l'attente ! Ces foules sont livrées à elles-mêmes, elles sont en souffrance, il convient de donner une réponse. Jésus se tourne alors vers Ses disciples et souligne le constat , ceux qu'Il a choisis :

Il dit alors à ses disciples :« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.    Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » traduisons ::nous avons-là une foule affamée. Elle a faim et soif de vérité,elle cherche un ou des guides pour avancer ! Elle ne craint pas de quitter ses occupations ordinaires pour écouter un enseignement nouveau, les scribes ne lui suffisent plus, elle a des attentes énormes , si nous avons un peu d'imagination nous pourrons les soutenir, les aider, les éclairer , leur apprendre non les bonnes manières de la société, mais les mœurs du Père Alors ?

Certains suivent Jésus de plus près, Jésus les a appelés : « viens suis-moi » ils sont là qui écoutent la remarque du Maître, ils doivent être dans leurs petits souliers comme on dit , ils perçoivent plus ou moins où Jésus veut en venir mais ne se sentent pas suffisamment armés , encore moins capables pour retrousser leurs manches et se jeter à corps perdu dans la moisson qui est là , devant leurs yeux. Certains, même font un pas de côté pour disparaître derrière un plus grand, plus large ...Jésus qui connaît le fond des cœurs perçoit le combat qui se joue sous Ses yeux , s'il n'y a pas de volontaires - comme le prophète qui dit J'entendis la voix du Seigneur, disant: Qui enverrai-je, et qui marchera pour nous? Je répondis: Me voici, envoie-moi. Es 6,8.

Jésus prend Lui-même l'initiative Alors , les yeux dans les yeux, le cœur dans les cœurs , Jésus propose  et lance ceux qu'Il appelle à être Ses plus proches, dans l’arène des affamés et assoiffés de justice, de paix, d'amour, de santé ... Jésus a vu, Il envoie, Il fait confiance :


Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité.

Jésus appelle de manière formelle » donna le pouvoir » donc les moyens d'exercer, les dons , les charismes propres au ministère Sacerdotal ; guérir, expulser les démons qui correspondent à trois sacrements :

L'expulsion des démons évoque le sacrement du Baptême qui sera mieux explicité après la Résurrection:Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. Mt 24

La confirmation qui fait partie des sacrements de l'initiation (baptême, Eucharistie, confirmation) et fait de l'intéressé un témoin de l’Évangile.

L'Eucharistie qui nourrit et guérit,accompagne,

Le Pardon qui, comme son nom l'indique, guérit du péché, le pardonne,

L'onction des malades qui peut soigner, guérir, apaiser,fortifier par le don de force

Je ne fais pas là un inventaire exhaustif des pouvoirs donnés et reçus, il s'agit simplement d'étayer le propos de Jésus,

Le mariage qui sanctifie les personnes concernées

Le fait d'être appelés et envoyés évoque le sacrement de l'Ordre qui trouve sa source dans l'appel de Jésus, au cours du Repas solennel de la Sainte Cène, le « faites ceci en mémoire de moi » confirmé et élargi après l'envoi solennel au soir de la Résurrection évoqué plus haut

Être appelé, institué (ordonné) et envoyé sont les grands axes de la vocation sacerdotale . S'agit-il vraiment d'un métier comme les autres ? C'est en tout cas la réaction d'un entrepreneur de passage dans une famille . Il y avait là udes jeunes de la famille et , ce monsieur lui demande : « que penses-tu faire plus tard ? , « je rentre au séminaire pour devenir prêtre » répond le jeune homme S'ensuit un silence, pour avaler la surprise, suit une remarque pour cacher l'embarras sans doute : « après tout, c'est un métier comme les autres ! »

Est-ce si vrai ? Voilà une bonne question à se poser et à approfondir :.Et d'abord s'agit-il d'un métier tel que ce terme est défini dans le dictionnaire ?

Un métier désigne l'exercice, par une personne, d'une activité dans un domaine professionnel, en vue d'une rémunération. Autre point de vue :c'est une occupation, profession, utile à la société, donnant des moyens d'existence à celui qui l'exerce. Nous comprenons immédiatement que le ministère ordonné est tout autre chose, il vient d'ailleurs !

Du latin « vocare » c'est-à-dire appeler, le Sacerdoce, la vocation religieuse est , vient (je cite le dictionnaire ) d' un mouvement intérieur par lequel on se sent appelé par Dieu dans le but de Le servir et de servir ses frères, non pour une quelconque rémunération à la clef

On utilise parfois le terme de vocation au sens large en tant qu'inclination, penchant d'un Pays, d'un groupe (je cite) du fait de sa nature, de ses caractéristiques : La vocation touristique d'une région. Etre, se reconnaître appelé, c'est tout autre chose !

Ces douze, que l'évangéliste se donne la peine de nommer Simon, nommé Pierre André son frère;Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère Philippe et Barthélemy ;Thomas et Matthieu le publicain ;Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée  Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, ces douze Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes 

:«Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville desSamaritains.Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël.

« Jésus donne cette consigne au début de la mission des Douze parce que l’heure n’était pas encore venue, alors, d’annoncer l’Évangile aux nations. Tout au long de l’Ancien Testament, Dieu a préparé un peuple particulier, Israël, pour qu’il soit le premier à recevoir son Messie. La promesse faite à Abraham concernait d’abord sa descendance, et Jésus accomplit cette promesse en se présentant d’abord à « la maison d’Israël », comme le bon berger venu rassembler les brebis perdues. Il ne s’agit donc pas d’un rejet des autres peuples, mais d’un ordre divin dans le plan du salut : d’abord Israël, ensuite les nations. Saint Paul le résume ainsi : « Je n’ai pas honte de l’Évangile, car il est puissance de Dieu pour le salut de quiconque est devenu croyant, le Juif d’abord, et le païen » (Romains 1,16).

Cette mission initiale aux Juifs n’est qu’une première étape. Dès après sa résurrection, Jésus élargira la mission en disant : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples » (Matthieu 28,19). Le refus temporaire d’annoncer aux païens n’est donc pas une fermeture, mais un passage nécessaire : c’est en appelant Israël à la conversion que Jésus ouvre la voie au salut universel. En annonçant l’Évangile au peuple choisi, les apôtres préparent aussi l’Église à accueillir toutes les nations. Voilà pourquoi, même aujourd’hui, nous continuons à prier pour la conversion d’Israël, comme le fait saint Paul en Romains 11 ».(notes)

Sur votre route,proclamez que le royaume des Cieux est tout proche.Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Nous avons évoqué cela plus haut !

Et Jésus de conclure ainsi la péricope :

Vous avez reçu gratuitement :donnez gratuitement. » Nous recevons tout gratuitement du Père de Miséricorde, aurions-nous l'outrecuidance de faire payer ce qui nous est donné ? C'est le propre de l’Église d'offrir gratuitement les services qu'Elle rend . Certes, il lui arrive de demander une participation pour certains sacrements mais ce ne sont ni les sacrements , ni l'officiant qui sont concernés mais l'entretien des lieux de cultes, le personnel laïque indispensable au bon fonctionnement, les frais administratifs (papier, registre, téléphone...)

L' envoyé est appelé à pratiquer toutes les formes de gratuités sans distinction des personnes , des sympathies ou pas, comme le Seigneur Lui-même, sans rechercher la considération,ni la gloriole, de manière totalement désintéressée. Aimons seulement et pleinement comme Notre Père :

Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton proche, et tu haïras ton ennemi. Et moi je vous dis: Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin que vous deveniez enfants de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et descendre la pluie sur les justes et sur les injustes.Si en effet vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

Comme Jésus :

alors que nous n’étions encore capables de rien,
le Christ, au temps fixé par Dieu,
est mort pour les impies que nous étions.
    Accepter de mourir pour un homme juste,
c’est déjà difficile ;
peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien.
    Or, la preuve que Dieu nous aime,
c’est que le Christ est mort pour nous,
alors que nous étions encore pécheurs.

Aimons !


Dieu s’est fait proche des hommes.

Dieu est proche de toi, il t’aime, il t’appelle.

Ouvre ton cœur, ouvre ta vie,

laisse-toi aimer par lui,

laisse-toi transformer par lui.

Tu ne peux accueillir ce feu si près de toi

sans te mettre à brûler.

Tu ne peux voir sourdre cette source si près de toi

sans boire à son eau vive.

Tu ne peux ouvrir les yeux à cette lumière si proche de toi

sans en être illuminé.

Tu ne peux sentir l’amour de Dieu vivant si près de toi

sans te mettre à aimer !

(Lucien Daloz)


Si le Père vous appelle

Tressaillez de joie ! Tressaillez de joie !
Car vos noms sont inscrits pour toujours dans les cieux !
Tressaillez de joie ! Tressaillez de joie !
Car vos noms sont inscrits dans le cœur de Dieu !

1
Si le Père vous appelle à aimer comme il vous aime,
Dans le feu de son Esprit, bienheureux êtes-vous !
Si le monde vous appelle à lui rendre une espérance,
A lui dire son salut, bienheureux êtes-vous !
Si l’Église vous appelle à peiner pour le Royaume,
Aux travaux de la moisson, bienheureux êtes-vous !
2
Si le Père vous appelle à la tâche des apôtres,
En témoins du seul Pasteur, bienheureux êtes-vous !
Si le monde vous appelle à l'accueil et au partage
Pour bâtir son unité, bienheureux êtes-vous !
Si l’Église vous appelle à répandre l’Évangile
En tout point de l'univers, bienheureux êtes-vous !


L'Ermite

vendredi 5 juin 2026

NOUS SOMMES LE CORPS DU CHRIST

 

SOLENNITÉ DE LA FÊTE

Du Saint Sacrement du Corps du Christ


Année A



(Jn 6, 51-58)


La Fête du Saint Sacrement (2e dimanche après la Pentecôte, ) a été instituée au Moyen Âge pour commémorer la présence de Jésus-Christ dans lesacrement de l'Eucharistie

Quelle est l’histoire de la fête du Saint-Sacrement ?

Le pape Urbain IV en 1264 rendit la fête du Saint-Sacrement obligatoire pour l’Église universelle, mais cette fête a eu de la peine à s’imposer chez les évêques et les théologiens. Puis elle est devenue une fête très populaire, très célèbre en Espagne. Elle a été supprimée dans les pays protestants, mais cependant gardée par l’Église anglicane. Cette fête était appelée fête du Corpus Christi ou Fête du Saint-Sacrement. Le nom de Fête-Dieu n’existe qu’en français.


Le pape Jean XXII en 1318 a ordonné de porter l’eucharistie, le jour de la Fête du Saint-Sacrement (Fête-Dieu), en cortège solennel dans les rues et sur les chemins pour les sanctifier et les bénir. C’est à ce moment qu’apparaît l’ostensoir. Elle se répand dans tout l’occident aux XIV° et XV° siècles. Le concile de Trente (1515-1563) approuve cette procession de la Fête-Dieu qui constitue une profession publique de foi en la présence réelle du Christ dans l’eucharistie. Le défilé du Saint-Sacrement est encore très populaire en Italie et en Espagne. Mais en France, la procession de la Fête-Dieu se fait rarement, sauf dans de nombreux villages du Pays Basque.

Quel est le sens de la Fête du Corps et du Sang du Christ ?

Depuis la réforme liturgique du concile Vatican II, la Fête Dieu est appelée « Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ ». La Fête du Corps et du Sang du Christ commémore l’institution du sacrement de l’eucharistie. Elle est un appel à approfondir le sens de l’eucharistie et sa place dans notre vie. Cette fête est la célébration du Dieu d’amour qui se révèle en donnant son corps et son sang, en se donnant à nous comme nourriture de vie éternelle. Le sens de la fête du Corps et du Sang du Christ est un peu différent de celui de la Fête-Dieu qui était plus centrée sur l’adoration de la présence réelle du Christ.

L'Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne. L'Eucharistie structure la vie chrétienne, elle la ponctue, elle est la respiration dans la vie spirituelle.

Église Catholique de France



Jésus disait aux foules des Juifs « Moi, je suis le pain vivant,qui est descendu du ciel:si quelqu’un mange de ce pain,il vivra éternellement.Le pain que je donnerai, c’est ma chair,donnée pour la vie du monde.»Les Juifs se querellaient entre eux:« Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »Jésus leur dit alors:«Amen, amen, je vous le dis si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,et si vous ne buvez pas son sang,vous n’avez pas la vie en vous.Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ;et moi, je le ressusciterai au dernier jour.  En effet, ma chair est la vraie nourriture,et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi,et moi, je demeure en lui.De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé,et que moi je vis par le Père,de même celui qui me mange,lui aussi vivra par moi.Tel est le pain qui est descendu du ciel :il n’est pas comme celui que les pères ont mangé.Eux, ils sont morts;celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

Jésus vient de multiplier les pains, sachant qu'à la suite de cet événement la foule voulait le faire Roi, Jésus s'est retiré sur la montagne pour prier. De leur côté, les disciples se sont éloignés en barque et ont été rattrapés par Jésus marchant sur les eaux Le jour suivant, la foule, qui était restée de l'autre côté de la mer, avait remarqué qu'il n'y avait là qu'une seule barque, et que Jésus n'y était point entré avec ses disciples, mais que ceux-ci étaient partis seuls .D'autres barques, cependant, étaient arrivées de Tibériade près du lieu où le Seigneur, après avoir rendu grâces, leur avait donné à manger. La foule donc, ayant vu que Jésus n'était pas là, ni ses disciples, entra dans ces barques et se rendit à Capharnaüm pour chercher Jésus. Et, l'ayant trouvé de l'autre côté de la mer, ils lui dirent: " Maître, quand êtes-vous venu ici?"

Jésus leur répondit et leur dit: " En vérité, en vérité je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous vous avez été rassasiés..

Suit tout un échange délicat où Jésus cherche à faire avancer, cette foule à la tête dure , à l'esprit matérialiste, qui n'arrive pas à entrer dans le propos du Maître Jésus lâche alors la « bombe » qui attisera les hostilités. C'est la péricope proposée à notre réflexion en cette fête du Très Saint Sacrement .

Essayons d'entrer dans cet extraordinaire Mystère . Essayons de pénétrer, à notre mesure, dans cette merveille d'amour où Dieu se donne en nourriture. Mieux encore, recueillons-nous, faisons silence et, en esprit, si nous n'avons pas la possibilité de nous tenir devant un ostensoir, restons devant le tabernacle de notre église paroissiale , ou celui de notre cœur, et accueillons ces paroles, le cœur débordant de

reconnaissance .« Moi, je suis le pain vivant,qui est descendu du ciel :si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »

De mon point de vue, et avec les éléments contextuels dont nous disposons nous devons reconnaître que semblables paroles sont difficiles à recevoir. Et la conclusion de ce chapitre six qui provoquera la Profession de Foi de Pierre ne me surprend pas, qu'aurions-nous fait ? Qu'aurions-nous dit ? 

« Dès ce moment, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui. Jésus donc dit aux Douze: "Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller?Jn 6,67

Heureusement, les Douze sont là ! Depuis plusieurs mois, ils voient vivre le Seigneur , ils partagent Sa vie quotidiennement, ils sont frappés par la cohérence de vie de leur Premier de cordée. Les Béatitudes sont autre chose qu'un beau discours, Jésus les vit ; certains , dont Pierre, Jacques et Jean, ont été témoins de la Transfiguration,le Collège tout entier a été témoin de miracles qui les dépassent, aussi, Simon Pierre, au nom du Collège, ne craint-il pas d'engager une parole forte, précieuse pour aujourd'hui, et pour l'avenir, par conséquent pour nous , pour les chrétiens de tous les temps : "Seigneur, à qui irions-nous? Vous avez les paroles de la vie éternelle. Et nous, nous avons cru et nous avons connu que vous êtes le Saint de Dieu."

Je suis le Pain vivant, Je suis Celui qui nourrit, Celui qui donne la Vie, Celui qui entretient la Vie, mais, la Vie éternelle ! Même si nous savons que par une grâce bien particulière certains mystiques se sont nourris, durant des années de cet unique pain eucharistique : Thérèse Neumann durant 35 ans par exemple. Marthe Robin, mais nous devons rester prudents tant que l’Église ne se prononce pas en raison de certaines polémiques ! Il serait bon aussi de lire des témoignages qui parlent de ce jeune Saint de 15 ans, Carlo Acutis, et de sa relation à l'Eucharistie, pour qui l'Eucharistie est « une autoroute vers le ciel » et ce fut son cas en tout premier lieu !

Si nous nous nous plaçons au seul plan matériel, cette Parole est dure , inacceptable comme le disent certains, Les Juifs se querellaient entre eux:« Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » mais nous sommes invités à dépasser le seul plan humain et à lever notre regard vers et dans la vie de l'esprit, de l'âme qui nous anime. Jésus, par tout ce qu'Il est, par tout ce qu'Il dit, par tout ce qu'Il fait nourrit notre vie spirituelle, l'anime, lui donne de vivre dès ici-bas des réalités d’en-haut, c'est la recommandation de St Paul aux Colossiens :

Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ,(au baptême,) recherchez les choses d'en haut, où le Christ demeure assis à la droite de Dieu; affectionnez-vous aux choses d'en haut, et non à celles de la terre: car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Col 3,1

Pour vivre de ces réalités nous devons nous nourrir des mœurs de Dieu que Jésus nous a révélées et l'Eucharistie en est le sommet ! Instituée par Sa volonté d'amour, pour sceller cette nouvelle Alliance avec l'humanité ? Alliance scellée dans Son Corps et dans Son sang

« Il nous a marqués de son sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l'Esprit. » Nous avons reçu une marque toute spéciale, nous avons été scellés du Saint-Esprit de Dieu! Cette œuvre de l'Esprit dans nos vies est importante et pleine de richesse. 2 Co 1.22,

Jésus entend Ses détracteurs Il reprend :« Amen, amen, je vous le dis si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,et si vous ne buvez pas son sang,vous n’avez pas la vie en vous.Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ;et moi, je le ressusciterai au dernier jour.  En effet, ma chair est la vraie nourriture,et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi,et moi, je demeure en lui.

Si j'ai la foi, si j'adhère à ce don reçu lors de mon baptême, je ne peux pas douter des paroles prononcées par Jésus Lui-même. Jésus ne ment pas,ne fanfaronne pas, Jésus est la Vérité «  Je suis le chemin, la Vérité et la vie » dit-Il à Thomas au chapitre 14 de St Jean. C'est aussi ce qu'écrit St Thomas d'Aquin appelé le Docteur Angélique dans la séquence de ce jour :

Ce qu’on ne peut comprendre et voir,
notre foi ose l’affirmer,
hors des lois de la nature.

L’une et l’autre de ces espèces,
qui ne sont que de purs signes,
voilent un réel divin.

Sa chair nourrit, son sang abreuve,
mais le Christ tout entier demeure
sous chacune des espèces.


si vous ne buvez pas son sang,vous n’avez pas la vie en vous.Vivre de la Vie de Jésus demande de l'accueillir en nous et le seul moyen, c'est de nous nous nourrir du Pain qu'Il nous donne et de Sa Parole divine, c'est cela, la sève évoquée dans le chapitre 15 de St Jean Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruits: car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche; puis on ramasse ces sarments, on les jette au feu et ils brûlent.Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé.Pour que la sève circule et nourrisse les plus petites ramures celles-ci doivent être reliées au cep, de même pour la Vie, la Grâce de Jésus ; le chrétien doit se nourrir de Jésus notre sève , pour ce faire, Jésus a voulu rester parmi nous en se livrant , en nous offrant Sa Présence dans un minuscule morceau de Pain, jusque dans une miette de ce Pain . Il en découle l'immense respect que nous devons porter à la Sainte Eucharistie, Jésus, est tout entier présent dans la plus minuscule des parcelles.

Si l’on divise les espèces,
n’hésite pas, mais souviens-toi
qu’il est présent dans un fragment
     aussi bien que dans le tout.

(Séquences du jour)

Regardons avec quelle attention, quel respect, tout célébrant traite avec minutie, jusqu'aux poussières d'hosties quand il range les vases sacrés !

Quand j'accueille, (il serait même plus juste de dire quand Jésus m'accueille) la Sainte Eucharistie, C'est Jésus tout entier que j'accueille, Jésus Corps, Sang et divinité, car nous ne pouvons pas séparer l'humanité de Jésus de Sa divinité. Je suis divinisé(e) ! Quelle responsabilité ! Dieu est en moi, en toi, mon frère, ma sœur ! Je deviens un porte Christ, un Christophore ! Est-ce que je le crois ? Est-ce que je le vis ? Est-ce j'en perçois la portée ?


Le voici, le pain des anges,
il est le pain de l’homme en route,
le vrai pain des enfants de Dieu,

     qu’on ne peut jeter aux chiens.

D’avance il fut annoncé
par Isaac en sacrifice,
par l’agneau pascal immolé,
     par la manne de nos pères.


Si je reçois Jésus dans un cœur préparé, purifié ,lavé dans le Sang de Jésus au sacrement de la Réconciliation, cette Présence unique augmente en moi la grâce, elle augmente le désir de vivre uni(e) à Jésus, le souci de vivre de Sa vie et donc de Sa

Parole de Vérité.Je ne fais plus qu'un avec Lui :Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi,et moi, je demeure en lui.Je peux donc entretenir un échange constant avec mon Maître et mon Seigneur. St Paul écrivait si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. Ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi. Je ne rejette pas la grâce de Dieu;.Ga 2,20

Et Jésus fait une promesse qui ne peut pas passer inaperçue Il nous affirme en fait que par ce don accueilli, par Lui, nous sommes reliés au Père qui l'a envoyé :

De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé,et que moi je vis par le Père,de même celui qui me mange,lui aussi vivra par moi.Tel est le pain qui est descendu du ciel :il n’est pas comme celui que les pères ont mangé.Eux, ils sont morts;celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

Par cette merveille de l'Eucharistie, ce don incomparable, je vis de la vie-même de de Dieu Trinité, de cette respiration d'Amour qui circule entre les Trois Personnes divines, je suis associé(e) à la vie qui les unit, immergé(e) dans cet Océan d'Amour en Dieu, en effet, Il n'y a que de l'amour puisque nous dit St Jean  :Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, car l'amour vient de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est amour. Il a manifesté son amour pour nous en envoyant son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. Et cet amour consiste en ce que ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils comme victime de propitiation pour nos péchés...Personne n'a jamais vu Dieu; mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous. Nous connaissons que nous demeurons en lui et qu'il demeure en nous, en ce qu'il nous donne de son Esprit.

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

(1 Co 10, 16-17)

Frères,
la coupe de bénédiction que nous bénissons,
n’est-elle pas communion au sang du Christ?
Le pain que nous rompons,
n’est-il pas communion au corps du Christ?
Puisqu’il y a un seul pain,
la multitude que nous sommes est un seul corps,
car nous avons tous part à un seul pain.

Cette parole nous engage et nous renvoie au chapitre 12,13 ( il serait bon de relire ce chapitre en entier personnellement) de cette même Lettre qui nous renvoie à notre responsabilité de baptisés. Être nourris du même pain n'est pas anodin , nous devenons responsables les uns des autres, nous sommes appelés à nous porter les uns les autres, à nous soutenir, à essayer de nous comprendre,à pleurer avec ceux qui pleurent, nous réjouir avec ceux qui sont dans la joie ,à nous soucier de l'absent, de celui qui s'éloigne, de celui qui est malade, seul, isolé, parfois abandonné, de fermer nos lèvres aux paroles blessantes, malveillantes, destructrices, aux paroles qui tuent. Au nom de notre appartenance , demandons au Seigneur de nous apprendre le geste qui relève, la parole qui rassure,l'oreille qui écoute, le regard qui encourage, un cœur qui aime, en un mot : Seigneur fais de nous des frères en vérité ! AMEN !

Tous les chemins de Dieu vivant

La Tour du Pin

Tous les chemins de Dieu vivant
Mènent à Pâques,
Tous ceux de l’homme à son impasse :
Ne manquez pas au croisement
L’auberge avec sa table basse ;
Car le Seigneur vous y attend.

N’attendez pas que votre chair
Soit déjà morte,
N’hésitez pas, ouvrez la porte,
Demandez Dieu, c’est lui qui sert,
Demandez tout, il vous l’apporte :
Il est le vivre et le couvert.

Mangez ici à votre faim,
Buvez de même
À votre soif, la coupe est pleine ;
Ne courez pas sur des chemins
Allant à Dieu sans que Dieu vienne :
Soyez des hommes de demain.

Prenez son corps dès maintenant,
Il vous convie
À devenir eucharistie ;
Et vous verrez que Dieu vous prend,
Qu’il vous héberge dans sa vie
Et vous fait hommes de son sang.


L'Ermite

samedi 30 mai 2026

POUVAIT-ON AIMER DAVANTAGE

 

SOLENNITÉ DE LA FÊTE

DE LA

TRÈS SAINTE TRINITÉ

Année A




(Jn 3, 16-18)


Fête de la Trinité : un seul Dieu, communion d’amour

.Que fêtent les chrétiens le jour de la SainteTrinité ?

Nous célébrons lemystère de Dieu, qui est communion des trois personnes :Père, Fils et Esprit Saint Nous fêtons l’unicité de notre Dieu qui en même temps n’est pas solitaire mais communion, circulation d’amour. La préface de la messe de la Sainte Trinité le dit avec un vocabulaire très précis : Vraiment, il est juste et bon de Te rendre gloire (…). Avec ton Fils unique et le Saint-Esprit, Tu es un seul Dieu, Tu es un seul Seigneur, dans laTrinité des personnes et l’unité de leur nature (…).” Nous rappelons notre foi en un seul Dieu, une seule substance en trois personnesc'est la foi de Nicée (325) La fête de laTrinité, tout comme celledu Saint Sacrementest une fête de dogme. Alors que les fêtes de l’Église universelle célèbrent l’unique Mystère du Seigneur, qui se développe, se diffracte en différents mystères, autour des deux foyers de l’année liturgique : celui de la mort et de la Résurrection du Christ à Pâquesou celui de sa nativité à Noël. C’est au Moyen-Âge qu’on ajoute des fêtes de dogme à l’année liturgique. C’est-à-dire que leur contenu n’est pas directement lié aux mystères du Seigneur Dieu en Jésus-Christ, mais fonctionnent à partir de définitions doctrinales : le dogme trinitaire pour la fête de la Trinité, le dogme de la présence réelle pour celle du Saint Sacrement. La fête de la Trinité semble trouver son origine dans le contexte théologique et spirituel de l’Angleterre médiévale. Elle s’est entendue à toute l’Église universelle et a été élevée au rang de solennité au début du XXe siècle.


Quel est le sens de cette fête ?

La position dans l’année liturgique de la fête de la SainteTrinité la caractérise. Elle arrive justeaprès la Pentecôte c’est-à-dire juste après la fête qui clôtle temps Pascal L’Esprit est celui qui scelle le mystère pascal du Christ dont désormais l’Église est dépositaire et témoin. Après ce cycle pascal, nous avons une fête qui nous dit qui est ce Dieu qui s’est fait si proche (Noël) et s’est donné pour l’humanité (Pâques). Cette place dans le calendrier n’est pas neutre. C’est comme un arrêt sur image. Dieu se révèle en Christ, et le Christ le révèle fondamentalement dans le mystère de sa mort et de sa résurrection et par le don de l’Esprit, ce qu’on appelle leMystère pascal. La fête de laTrinité nous invite à contempler qui est ce Dieu, de toute éternité, le même qui s’est donné en son Fils. Cette fête, qui ne correspond à aucun événement précis de la vie du Seigneur, n’a pas non plus de geste ou de rite particulier dans la tradition latine.

Église Catholique de France




Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique,afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,mais obtienne la vie éternelle.    Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,non pas pour juger le monde,mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.    Celui qui croit en lui échappe au Jugement ;celui qui ne croit pas est déjà jugé,du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.


Oui, pouvait-on aimer davantage ?Dieu a tellement aimé le monde Dieu, oui, Dieu, le Créateur des mondes, Celui qui gouverne avec Sagesse l'univers tout entier , Celui qui, dans son « Essence » et de Son « Essence » n'a qu'un Fils,(L'Essence (du latin essentia, du verbe esse, être, traduction du grec ousia) désigne en métaphysique « ce que la chose est », sa nature, par distinction d'avec l'existence, qui est « l'acte d'exister », et d'avec l'accident, qui est ce qui appartient à la chose de manière contingente.) c'est notre Credo ! Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant,créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible,Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, : le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles :Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu.

Ce Dieu , notre Dieu, que le Fils nous a appris à appeler « PÈRE » a donné son Fils unique Qu'Il a engendré et non pas créé, comme nous le sommes, qui Lui est consubstantiel et par lui tout a été fait. , donc, Dieu Lui-même , Dieu originel, l' Essence, a donné Son Unique ,Dieu a vu la détresse de Son peuple, notamment en Égypte, Ex 3,7 et, par la suite, tout au long de ses pérégrinations, Dieu a donné, est-ce que nous l'entendons vraiment ? Donner c'est, « mettre à la disposition de quelqu'un » donc Dieu Père, a mis Son Unique Fils , le Fils de Son Être, de Son Essence, à la disposition de Ses créatures que nous sommes .afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,mais obtienne la vie éternelle !

Cette vie éternelle qui commence au baptême et qu'il ne tient qu'à nous d'entretenir jusque dans notre vie en Dieu, après le grand passage.Vie que nous goûtons des ici-bas si nous nous laissons habiter par Dieu, instant après instant car  la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ Jn 17 Connaître c'est naître avec , c'est donc entretenir en soi le don de la grâce du Baptême qui nous fait naître en Dieu ..

Et nous avons des difficultés à croire à cette folie d'amour ? ( cet Amour qui est la Personne même de L'Esprit Saint) car l'amour vient de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu 1 Jn 4 ,7. écrit St Jean et au verset 16 il complète :. Dieu est amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.. Dieu n'est que cela, Il n'est qu'Amour et le Fils a consenti à venir chez les hommes pour nous apprendre à vivre en Fils adoptifs ! Il est venu nous apprendre les mœurs du divin ! Nous sommes adoptés pour vivre divinement, rien de moins Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

Le Fils ne vient pas nous dire : c'est bien, c'est mal, le Fils, L' Envoyé du Père, vient nous sauver car nous ne pouvons pas nous sauver nous-mêmes , Il est venu nous tirer vers le haut . Notre seul Médiateur, notre Sauveur, notre modèle, c'est le Christ, le Fils Bien-aimé du Père. »Cela est bon et agréable aux yeux de Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Car un seul (est) Dieu; un seul aussi (est) médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus homme, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous: le témoignage (en est produit) au temps voulu », 1 Tm 2, 5

Et poursuit , l’Évangéliste Jean Celui qui croit en lui échappe au Jugement ;celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Être jugé c'est être déclaré et reconnu coupable , nous retrouvons cela dans la Lettre aux Romains : car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu; et ils sont justifiés gratuitement par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. C'est lui que Dieu a donné comme victime propitiatoire par son sang moyennant la foi, afin de manifester sa justice, Rm 3,23

Pour cette merveille, St Paul ,dans la deuxième lecture de ce jour nous demande d'être dans la joie , de chercher la perfection, non pour elle-même , mais pour nous élever, autant que ce peut à cette dignité de fils.et donc de frères  :

soyez dans la joie,cherchez la perfection,encouragez-vous,soyez d’accord entre vous,vivez en paix,et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous.    Saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix.Tous les fidèles vous saluent.Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit
soient avec vous tous.

Je crois en l’Esprit Saint,( qui est l'Amour) qui est Seigneur et qui donne la vie;
il procède du Père et du Fils.
Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire;
il a parlé par les prophètes.


 

La Prière de Saint Augustin à la Très Sainte Trinité

 « Je T'invoque, ô Trinité Une » :

« C'est pourquoi, Seigneur, je T'invoque avec la Foi que dans Ta bonté

Tu m'as donnée pour mon Salut.

Mon âme vit fidèlement de cette Foi,

et s'attache par l'Espérance à ce qu'elle verra un jour en réalité.

Je T'invoque, mon Dieu, avec une conscience pure,

et avec tout l'amour de ma Foi,

cette Foi que Tu as conduite à l'intelligence de la Vérité

en déchirant ses ténèbres, cette Foi que Tu m'as rendue agréable

et douce comme le miel en y mettant la douceur de ta Charité

et en dissipant les amertumes du monde.

Je T'invoque, Trinité Bienheureuse, à pleine voix,

avec l'amour sincère de ma Foi,

cette Foi dont Tu m'as nourri dès le berceau à la lumière de ta Grâce,

et que Tu as affermie en moi en L'accroissant

par l'enseignement de notre Mère l'Église.

Je T'invoque, ô Trinité Une, Bienheureuse, Glorieuse et Bénie,

« Dieu, Seigneur, Paraclet ; Charité, Grâce, Communion ;

Celui qui engendre, Celui qui est engendré, et Celui qui donne la vie ;

la vraie Lumière, la vraie Lumière née de la Lumière,

la véritable Illumination ;

Source, Torrent, Eau vive ; tout vient d'un Seul, par un Seul, en un Seul.

Tout vient de Lui, par Lui, en Lui ;

vie vivante, vie de la vie, vie qui vivifie la vie ;

Un seul par Lui-même, Un seul par Lui seul, Un seul par les Deux seuls ;

Un ( Celui qui est) par Lui-même,

Un par le Premier, Un par les Deux autres ;

Père véridique, Fils-vérité, Saint-Esprit-vérité.

Une seule essence Père, Logos, Paraclet,

une seule Grandeur, une seule Bonté.

Ainsi soit-il. »


Saint Augustin d’Hippone (354-430) -

Livre du Miroir 1. PL 40, 967, 

Prière à la Très Sainte Trinité


L'Ermite