vendredi 31 juillet 2026

ILS MANGÈRENT ET ILS FURENT RASSASIES


XVIII e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE

Année A




(Mt 14, 13-21)


Quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste,il se retira et partit en barquepour un endroit désert, à l’écart.Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.    En débarquant, il vit une grande foule de gens ;il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.    Le soir venu,les disciples s’approchèrent et lui dirent :« L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée.Renvoie donc la foule :qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! »    Mais Jésus leur dit :« Ils n’ont pas besoin de s’en aller.Donnez-leur vous-mêmes à manger. »    Alors ils lui disent :« Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »    Jésus dit :« Apportez-les moi. »    Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe,il prit les cinq pains et les deux poissons,et, levant les yeux au ciel,il prononça la bénédiction ;il rompit les pains,il les donna aux disciples,et les disciples les donnèrent à la foule.    Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.On ramassa les morceaux qui restaient :cela faisait douze paniers pleins.Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille,sans compter les femmes et les enfants.

Au verset précédent, les disciples de Jean font part à Jésus du décès de Jean-Baptiste, c'est sans doute la raison pour laquelle Jésus, par prudence, préfères'éloigner de cet endroit : »Quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste,il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. » C'est sans compter avec les attentes de la foule qui ne cesse de Le solliciter. La nouvelle circule vite, la foule ne reste pas inactive, elle ne craint pas la marche et se met vite en route pour Le chercher et Le trouver !Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied. Les foules précèdent même le Maître. En effet : En débarquant, il vit une grande foule de gens ! Plus d'un parmi nous auraient maugréé criant à l’indiscrétion au manque de savoir vivre, de respect etc !

Que fait Jésus ? il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.Devant de telles attentes, devant tant de souffrances, Jésus ne résiste pas, IL EST SAISI DE COMPASSION Il se laisse toucher par tant de détresses et , en même temps, de confiance. Si ces personnes ont effectué semblable déplacement, avec ,en plus, de nombreux malades et infirmes, c'est qu'elles ont perçu quelque chose de l'humanité de Jésus. Lui qui, d'habitude, commence par enseigner, aujourd'hui, va à l'urgent, à l'essentiel des personnes présentes, à leur bien-être : comment pourraient-elles écouter si les corps sont épuisés.Jésus s'exécute Il se mit à guérir!

L'enseignement de ce premier verset n'est-il pas à notre adresse ? Avant de demander un service, de confier un travail, de réclamer une aide, avons-nous le souci de la personne que nous voulons solliciter ? Nous inquiétons-nous de ses capacités physiques, de sa propre charge de travail ? Au sein de notre propre famille, quelle est notre comportement ? Suis-je de ceux qui se font servir, est-ce que je , je cherche à participer pour permettre à chacun un juste repos, y compris à l'employé ?

La foule devait être bien nombreuse puisque , Le soir venu,les disciples s’approchèrent et lui dirent:« L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée.Renvoie donc la foule :qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! »

Les Apôtres, qui, pour le moment regardent agir Jésus, constatent Son investissement, admirent très certainement Son souci de l'autre, mais ils restent réalistes . Ils voient venir la nuit et s'inquiètent du repas ...Ils optent pour la solution la plus simple, la plus facile de leur point de vue, et tentent une démarche réaliste auprès de Jésus, supposant qu'Il ne voit rien d'autre que des gens à guérir oubliant la restauration  indispensable ! Ils tentent une démarche bien concrète espérant ramener Jésus à la réalité de la situation, à l'urgence du moment. Jésus ne s'offusque pas , Il reçoit l'information qu'Il a Lui-même mesurée, l'accueille et va tenter de bousculer , tout en douceur, l'esprit de Ses disciples .

Dans notre monde du « service rapide » qu'il soit alimentaire, vestimentaire, et autres, nous avons quelques questions à nous poser pour sonder notre capacité à faire face aux situations les plus urgentes, les plus déstabilisantes, en payant de notre personnes au lieu d'utiliser le tout prêt ? Apprenons-nous à nos enfants, nos jeunes, à chercher et trouver des solutions , à s'investir personnellement, à réfléchir pour aller au bout de leurs possibilités au lieu d'acheter le prêt à utiliser qui ne nécessite aucun effort, C'est la réponse de Jésus qui va d'ailleurs surprendre les apôtres :

Mais Jésus leur dit :« Ils n’ont pas besoin de s’en aller.Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Nous imaginons aisément la tête des apôtres : chacun regarde son voisin, se gratte la tête, serre les dents, pense mille et une choses inavouables comme cela peut nous arriver, interroge du regard,tente de trouver une solution quand le regard se pose sur ce qu'ils pensaient garder pour eux, n'avaient-ils pas pris des précautions pour assurer leur petit repas entre frères ? Ils osent une proposition qui leur semble dérisoire, mais Jésus, à nos côtés, n'est- il pas le Maître du dérisoire ? Avec « rien » n'a-t-Il pas fait jaillir l'univers ? Les apôtres tentent une réponse, espérant décourager Jésus placé face à l'évidence du « manque absolu » de moyens et continuent secrètement d'espérer une soirée seuls avec le Maître ! Alors ils lui disent:«Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »

Reconnaissons que cinq pains et deux poissons pour nourrir une foule c'est dérisoire, nous n'aurions pas fait mieux ! Les apôtres n'ont pas encore compris que Jésus est le Maître de l'Impossible , Celui qui a créé le monde avec Rien ! Ils ne se souviennent pas non plus de la provocation du Malin qui proposait à Jésus de transformer des pierres en pain ! Si le Satan propose cela, c'est qu'il s'interroge sur l'identité de Jésus, il oublie ou refuse de croire que Jésus n'agit jamais pour la gloriole, la fanfaronnerie, le faire-valoir, mais par amour !Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur, s'étant approché, lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains.Jésus répondit: Il est écrit: L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Mt 4, 2

Dans la situation qui nous intéresse, Jésus voit une foule en souffrance, une foule en attente, une foule qui espère, Il n'a pas le cœur de la renvoyer pour passer seulement un bon moment fraternel avec ceux qu'Il a choisis et qui aspirent à un moment de détente après cette journée harassante. Jésus voit l'urgence de l'Annonce, l'importance de la formation de ses frères, de ceux qu'Il a choisis et qu'il enverra le moment venu ! Ceux à qui Il confiera les Clefs du Royaume ! Jésus veut leur apprendre à tout donner à ne rien garder , la vocation c'est cela : tout donner Ne retenez pour vous rien de vous, afin que vous reçoive tout entiers Celui qui se donne à vous tout entier » disait St François d'Assise, et se donner soi-même jusqu'à l'extrême, c'est le choix des saints et parce qu'ils ont été appelés, les apôtres doivent devenir des saints et ils le deviendront tous, à l'exception de celui qui a douté de la miséricorde divine .Ils se doivent d'imiter le Saint par excellence qui leur demande de sacrifier le Rien qu'ils ont en réserve :

Jésus dit :« Apportez-les moi ; Jésus ne perd pas de temps à moraliser, à discutailler, à tergiverser, Il prononce trois mots qui ne demandent pas de réflexion pas de réplique non plus, pas de « oui mais... » uniquement une exécution immédiate, d'autant qu'Il enchaîne :

ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe,il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel,il prononça la bénédiction ; deux remarques :

Jésus prend les pains lève les yeux au ciel , prononce la bénédiction

Pendant le repas, Jésus prit du pain Il prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, ( récit de l'Institution) nous ne sommes pas loin de ce qui se passera lors de l'Institution de la Très Sainte Eucharistie, les disciples seront moins surpris lors de cet immense événement, où Jésus se donnera Lui-même à manger et demandera solennellement à Ses apôtres d'agir de la même manière faites ceci en mémoire de moi. Faut-il voir dans cette multiplication des pains une pédagogie du Seigneur qui prépare Ses apôtres à ce qui suivra ?

Jésus lève les yeux au ciel ne révèle t-Il pas ici ce qu'Il déclare souvent en montrant que tout ce qu'Il accomplit est en parfaite union avec le Père ? Le Père et moi nous sommes UN Jn 17, Le Fils ne fait rien qu'il ne voie faire au Père Jn 5 En levant les yeux, Jésus invoque le Père et fait ce que le Père fit pour le peuple affamé, dans la désert, lorsqu'il envoya la manne

puis

il rompit les pains,il les donna aux disciples,et les disciples les donnèrent à la foule Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. Nouveau rapprochement avec l'Institution il rompit les pains, autre rapprochement :il les donna aux disciples Cette multiplication n'est-elle pas préfiguration de l'Institution de la Très Sainte Eucharistie qui depuis ce Jeudi Saint dans la chambre Haute, nourrit notre Église ?

N'est-ce pas aussi l'accomplissement de la Prophétie d'Isaïe de notre Première Lecture de ce jour ? Jésus n'est-Il pas venu accomplir la Loi et les Prophètes ?

Ainsi parle le Seigneur :
    Vous tous qui avez soif,
venez, voici de l’eau !
Même si vous n’avez pas d’argent,
venez acheter et consommer,
venez acheter du vin et du lait
sans argent, sans rien payer.
    Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas,

vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ?
Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses,

vous vous régalerez de viandes savoureuses !
    Prêtez l’oreille ! Venez à moi !
Écoutez, et vous vivrez.
Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle :
ce sont les bienfaits garantis à David
.Is 55

On ramassa les morceaux qui restaient :cela faisait douze paniers pleins.Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille,sans compter les femmes et les enfants.Douze paniers de réserve , un panier pour chaque apôtre, pourraient-ils regretter d'avoir remis leurs cinq pains et leurs trois petits poissons au Maître ? Qu'avons-nous à craindre ?

Donnez et on vous donnera: on versera dans le pan de votre vêtement une bonne mesure, tassée, secouée et qui déborde, car on utilisera pour vous la même mesure que celle dont vous vous serez servis. Lc 6

Il leur répondit: «Que celui qui a deux chemises partage avec celui qui n'en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même.»Luc 3:11

Jésus lui dit: «Si tu veux être parfait, va vendre ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi.» Mt 19

Demandons au Seigneur, la grâce de garder nos cœurs ouverts, nos regards perspicaces et bienveillants, nos mains fraternelles ,nos maisons accueillantes,afin de ne laisser aucun frère sur le bord du chemin ! Tout homme est mon frère, tout homme est à l'image de Dieu !


La multiplication des pains

Auteur : Mannick

Compositeur : Michel Wackenheim

1
La foule était immense,
Autour de lui,
Ils étaient des milliers…
Tous ceux que l'espérance
Avait conduits
Vers Jésus, l'Envoyé.
Jésus qui parlait d'un Dieu Père,
Son père à lui !

2
Déjà, tous les malades
Et les boiteux,
Qu'il venait de guérir,
Au flanc de la montagne
Étaient nombreux,
Sans manger, sans dormir,
Pour l'écouter parler du Père,
Son père à lui !

3
Plus de quatre mille hommes
Ont pu manger
Les poissons et les pains
Portés par les apôtres
Aux affamés
De Parole et de pain,
Quand Jésus parlait de son Père,
Son père à lui !

REFRAIN
Alors, il a multiplié
Des poissons et des pains
Pour que chacun soit rassasié.
Il a multiplié
Des poissons et des pains
Pour que chacun mange à sa faim !


L'Ermite

vendredi 24 juillet 2026

LA OU EST TON TRÉSOR, LA SERA TON CŒUR

 

XVII e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE

Année A :





(Mt 13, 24-30)

Jésus disait à la foule ces paraboles :« Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ;l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau .Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède,et il achète ce champ.

Ou encore :Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur,il va vendre tout ce qu’il possède,et il achète la perle.

Nous avons mieux compris, dimanche dernier ,du moins je l'espère, que le Royaume des cieux, c'est Dieu Lui-même. Nous pouvons en déduire aujourd'hui,sans la moindre hésitation, que le trésor caché dans un champ, la perle fine de grand prix, c'est encore Dieu.

Si Ce trésor caché est Dieu Lui-même , le champ  c'est la Création tout entière :l'ensemble de tout ce qui existe, la totalité des êtres et des choses. L’univers, les étoiles, les océans, les plantes et les animaux : tous, sont l’intérieur de nous. « En cette période étrange où il nous est difficile de voyager et de parcourir le monde, songez à ceci : l’univers n’est pas autour de nous, il est en nous. » Écrit un auteur Et Patrice de la Tour du Pin nous fait chanter à l'Office Divin :

Pas un seul mot, et pourtant c’est son Nom
Que tout sécrète et presse de chanter ;
N’avez-vous pas un monde immense en vous ?
Soyez son cri et vous aurez tout dit.
3
Il suffit d’être et vous vous entendrez
Rendre la grâce d’être et de bénir ;
Vous serez pris dans l’hymne d’univers,
Vous avez tout en vous pour adorer.

Et nous chantons au Psaume 8 :


Qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui,

le fils d'un homme, que tu en prennes souci ?

06 Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu,

le couronnant de gloire et d'honneur ;

07 tu l'établis sur les œuvres de tes mains,

tu mets toute chose à ses pieds :

08 les troupeaux de bœufs et de brebis,

et même les bêtes sauvages,

09 les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,

tout ce qui va son chemin dans les eaux.

10 R/ O Seigneur, notre Dieu,

qu'il est grand ton nom par toute la terre !

Cependant, l'homme ne reconnaît pas nécessairement son Créateur, parce que l'homme ne veut pas dépendre d'un Autre, il préfère nier Dieu : le Trésor, la Perle Fine. Toutefois, certains s'interrogent, sur leur origine et, à force de réflexion parfois d'égarements, arrivent à se poser les bonnes questions :. Celui-ci, à force de considérer cet univers qui l'entoure, admet que rien n'arrive à l'existence par soi-même.

En se délestant de l'éphémère, comme l'homme de la Parabole, ou, en remontant les divers échelons de la création, il arrive à la SOURCE.

C'est l'expérience d'un grand nombre de convertis, c'est l'expérience notamment, du Père Jacques Loew décédé autour de 1999, que j'ai eu la grâce de rencontrer . Il racontait  que devenu athée ( il avait plus ou moins fréquenté l’École protestante) envoyé dans un sanatorium en Suisse, pour soigner des problèmes pulmonaires , le nez collé à la vitre de la fenêtre de sa chambre, il regardait tomber de magnifiques cristaux de neige . Il observait et réfléchissait : la forme, la broderie à nulle autre pareille, la luminosité, la texture, tout cela le fascinait , alimentait son raisonnement et n'avait pas d'égal, pas même dans l'art humain. Ma chaise, mon lit ...j'en connais l'origine, mais cette merveille à nulle autre semblable, d'où vient-elle ? Il y a bien un architecte au sommet ? Telle était sa question ! Il prit alors son courage à bras le corps, et après bien des péripéties , est allé consulter le P..Abbé du couvent cistercien voisin dont la cloche rythmait les heures de prière du monastère..C'est dans ce terrain--là qu'il a commencé à chercher, et sa quête n'a pas été vaine ! Jacques Loew a trouvé son Trésor, sa Perle fine, qui lui permettra un jour d'écrire ce livre : « Dans la Nuit j'ai cherché. » et surtout, de trouver sa voie ! Il a trouvé sa voie et sa mission comme le décrit si bien le Prophète IsaIe :

« Comme la pluie et la neige descendent des cieux

et n’y remontent pas sans avoir arrosé la terre,

sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer

pour fournir la semence au semeur et le pain à manger,

ainsi en est-il de la parole qui sort de ma bouche,

elle ne revient pas vers moi sans effet,

sans avoir accompli ce que j’ai voulu

et réalisé l’objet de sa mission. »


(Is 55, 10-11).  


Comme pour St Paul qui écrit «C'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce envers moi n'a pas été vaine; loin de là, j'ai travaillé plus qu'eux tous, non pas moi pourtant, mais la grâce de Dieu qui est avec moi.  »1 Co 15comme pour tant d'autres chercheurs de sens, chercheurs de Dieu .Jacques Loew a été comblé par l'eau de la grâce qui ne tombe jamais sans accomplir tôt ou tard sa mission rédemptrice . D'Athée, Jacques Loew est devenu prêtre dominicain, puis prêtre ouvrier chez les dockers de Marseille, puis fondateur (même si je n'apprécie pas ce terme, il n'y a qu'un seul Fondateur, le Christ) de la Congrégation St Pierre St Paul et de l’École de la Foi à Fribourg..

Chercher, trouver, le Trésor de sa vie, la perle fine, dynamise une vie et décuple les capacités. En Mt 7 Jésus déclare : Demandez, et l'on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l'on ouvre à celui qui frappe. Quand il persécutait l’Église naissante, St Paul cherchait, il cherchait mal, mais il cherchait vraiment quand Dieu l'a terrassé sur le chemin de Damas au point de pouvoir dire après sa conversion :« ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi »Ga 2

Le Christ rend capable, de se délester de l’accessoire pour acquérir l’Essentiel . l’homme qui l’a découvert ( sous-entendu le « Trésor-Dieu ») le cache de nouveau .Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède,et il achète ce champ. Cet homme de désir, quand il comprend, quand il s'ouvre au mystère n'hésite plus, il prend tous les moyens à sa disposition pour protéger sa découverte et la garder Les frères convertis, sont redoutables d'authenticité, de zèle apostolique, ils ne redoutent plus rien , tellement heureux d'être libérés de leurs différentes servitudes .. Cet homme, se met à l'écart, le temps requis,pour vivre au plus près de sa rencontre, il prend les moyens adaptés, silence, solitude, écoute pour se laisser façonner, transformer, transfigurer. Il comprend vite que certaines ruptures sont indispensables, il vend tous ses biens pour acquérir le seul Bien susceptible de combler. Ses aspirations profondes. Dans le cas de l'homme de cet évangile, la rencontre est fortuite, il ne s'y attendait pas tel Claudel, Charles de Foucault saisis par le Seigneur Lui-même

Dans le cas de la perle fine Ayant trouvé une perle de grande valeur,il va vendre tout ce qu’il possède,et il achète la perle. c'est le négociant qui recherche des perles fines et trouve. L'homme insatisfait de ce que lui propose la société, ou tout simplement de sa propre vie cherche un sens à sa vie , parfois il réfléchit comme le fit Jacques Loew .C' est en cherchant autre chose que Copernic (1473- 1543),

fondateur de la mondovision  moderne Copernic est confondu par Celui qui gouverne le monde et le tient dans sa main: " Qui, vivant en contact intime  avec l’ordre le plus parfait et avec la sagesse divine, ne se sentirait pas  poussé aux aspirations les plus sublimes ? Qui n’adorerait pas l’architecte de toutes choses ? "

Trésor qui vient à nous parfois au moment le plus inattendu en des lieux insoupçonnables, en prison, par exemple pour Jacques FESCH ,ou perle fine, recherchée , désirée, Dieu se laisse trouver par ceux qui le cherchent sincèrement. Il se manifeste, parfois subtilement, pour transformer, guider et surtout apporter la Paix du cœur.

Écoutons St Augustin, car nous n'en finirons pas de chercher ce Dieu qui nous aime, nous n'en finirons pas de Le trouver jusqu'au jour où nous Le verrons tel qu'Il est : :De toutes mes forces, celles que tu m’as données,Je t’ai cherché,
Désirant voir ce que j’ai cru.Et j’ai lutté, et j’ai souffert.
Mon Dieu,Mon Seigneur,Mon unique espoir,Accorde-moi de n’être jamais las de te chercher,Qu’avec passion sans cesse je cherche ton visage.Toi qui m’as donné de Te trouver,Donne-moi le courage de te chercher Et d’espérer Te trouver toujours davantage.Devant Toi ma solidité : garde-la.Devant Toi ma fragilité : guéris-la.Devant Toi tout ce que je sais, tout ce que j’ignore.Par là où Tu m’as ouvert, j’entre : accueille-moi.De là où Tu m’as fermé, j’appelle : ouvre-moi.Accorde-moi de ne pas T’oublier,Accorde-moi de Te comprendre.Mon Dieu,Mon Seigneur,Accorde-moi de T’aimer.

Dans ces deux petites Paraboles, le Seigneur Dieu nous invite à Le chercher et quand nous L'avons tant soit peu trouvé ou, plus exactement quand nous nous sommes laissés approcher par Son Amour, à Le garder jalousement telle la bien-aimée du Cantique des Cantiques :«Les gardes qui font la ronde dans la ville m’ont rencontrée:

Avez-vous vu celui que mon cœur aime? A peine les avais-je passés, Que j’ai trouvé celui que mon cœur aime; Je l’ai saisi, et je ne l’ai point lâché Jusqu’à ce que je l’aie amené dans la maison de ma mère,‭‭» Cantique‬ ‭3:3-4

Frère, Sœur, ne lâchons jamais la main de notre Trésor, de notre Perle fine, cultivons l'union à Dieu, saisissons-Le et ne le lâchons jamais ! Il est notre seul vrai trésor ! Qu'il en soit ainsi !


DANS LE CHAMP DE MA VIE

Auteur : Claude Bernard

Compositeur : Michel Wackenheim


1
Dans le champ de ma vie
Un trésor est caché.
Cette perle de prix,

Tu m’envoies la trouver.
Quel est-il, ce trésor ?
Ô Seigneur, dis-le moi.
Toi le Dieu que je cherche,
Aujourd’hui montre-toi !

2
Tout le champ de ma vie
Est pour toi un trésor ;
À tes yeux j’ai du prix
Dans mon âme et mon corps.
Que je vive de toi,
Mon Seigneur et mon Dieu,
Je serai cette perle
À l’éclat merveilleux !
3
Bien plus grand que ma vie
Est le champ de ton cœur,
Un trésor infini

Pour ma soif de bonheur.
Que je marche vers toi,
Dieu si proche et si loin !
Laisse-toi reconnaître
À tes gestes divins.

4
Quand verrai-je le temps
Du trésor découvert,
Dieu visible plein champ
Dans le vaste univers ?
Que mes yeux s’ouvrent à toi,
Créateur des humains !
Je verrai que ta gloire
Est d’aimer tous les tiens.

LA OU EST TON TRÉSOR, LA SERA TON CŒUR

Mt 6

L'Ermite



vendredi 17 juillet 2026

LAISSEZ-LES POUSSER JUSQU’À LA MOISSON

 

XVI e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE

Année A :



(Mt 13, 24-30)

« Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ.Or, pendant que les gens dormaient,son ennemi survint ;il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla.Quand la tige poussa et produisit l’épi,alors l’ivraie apparut aussi.Les serviteurs du maître vinrent lui dire :‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ?
D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’Il leur dit :‘C’est un ennemi qui a fait cela.’Les serviteurs lui disent :‘Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?’Il répond :Non, en enlevant l’ivraie,vous risquez d’arracher le blé en même temps.Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ;et, au temps de la moisson,je dirai aux moissonneurs :Enlevez d’abord l’ivraie,liez-la en bottes pour la brûler ;quant au blé, ramassez-le

« Le royaume des Cieux est comparable.. » La plupart du temps quand nous entendons ROYAUME DES CIEUX Nous voyons Dieu Père assis sur un trône , à Sa droite le Fils, sans doute à Sa gauche L'Esprit de Vérité . Nous imaginons plus ou moins la TRINITÉ SAINTE qui organise le monde et le gouverne un peu à la manière de nos monarques terrestres ? Autrement dit, nous le matérialisons! Mais est-ce bien cela ? Nous sommes-nous arrêtés quelques instants pour nous poser sérieusement la question ?

Je pense pouvoir le résumer en quelques mots : le Royaume des cieux c'est l'AMOUR PARFAIT ,c'est un « état » ( d'être) et non un lieu. Je pense que nous en avons un avant-goût dans la charte du chrétien : LES BÉATITUDES.

Cette expression ( Royaume des cieux) est répétée à la fin de la première et de la huitième béatitude.L’évocation mystérieuse des “cieux” évoque Dieu lui-même. 

Par ailleurs, le mot grec traduit par royaume ne parle pas d’un territoire mais de l’action de régner. Il est plus juste de dire “règne”. On regardera donc “royaume des cieux” comme “règne de Dieu”. Quel est ce règne dont nous disons à chaque prière du Notre Père que nous souhaitons qu’il vienne ? Le règne de Dieu c’est tout ce que Dieu veut accomplir, ce qu’il a fait et fera pour nous. Le règne de Dieu déborde toutes nos images, toutes nos attentes, toutes nos représentations. C’est la manifestation d’un amour et d’une puissance infinie, la capacité à nous combler bien au-delà de nos maladroites demandes dans la prière. C’est ainsi que nous éveillons la profondeur de la promesse qui encadre les béatitudes:  “le Royaume des cieux est à eux”. C’est une extraordinaire promesse que fait le Christ à ses disciples qui l’ont suivi sur la montagne. (Notes)

Ton règne, ô Seigneur, est au-delà de ce que nous pouvons balbutier

avec nos mots tirés de notre expérience humaine pauvre et limitée.

Ton règne c’est ton amour qui agit

alors que nous nous découvrons esclave de tant de réalités négatives :

péchés, démons, passion, ignorance, maladie, mort…

Ton règne, c’est toi même ô Père,

qui nous aime comme tes enfants,

qui veut que nous devenions tes enfants dignes et libres.

C’est toi qui nous arrache à nos situations, à nos souffrances,

à nos manques d’amour. C’est toi qui nous introduit à la plénitude de la vie. 

Jésus, c’est toi le roi. Tu nous apportes le royaume et nous te rendons grâce.

Nous voulons que ton règne vienne. Jésus, c’est toi notre justice.

Mets en ordre les réalités de ma vie, de ma famille,

de mon travail, de mon Église. 

Jésus c’est toi notre bonheur, notre béatitude, la joie de ma vie. (Notes) 

Ayant clarifié notre vision du Royaume, nous pouvons à présent essayer de rentrer dans cette Parabole

« Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient,son ennemi survint ;
il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla.Quand la tige poussa et produisit l’épi,alors l’ivraie apparut aussi.

Cet homme c'est Jésus-Semeur , son champ, c'est l'univers qu'Il a créé.Les gens qui dorment c'est l'humanité, dont une partie dort, non du sommeil du juste, mais d'un sommeil fait de dissipation, d’étourderie, de jouissances variées, Dieu, on verra plus tard .... L'Ennemi , c'est le démon., le Satan, le Diviseur , le Fourbe ...

L'ivraie, ce sont justement ces passions exacerbées, ces tentations sous toutes leurs formes suscitées, semées de nuit, par le Satan !.

L'épi, c'est l’Église Sainte parce que son chef, Jésus, est Saint . En Son sein il y a ceux qui produisent un fruit de Paix, de douceur, de vérité, de patience , de justice, de pureté , en somme , qui vivent au plus près des béatitudes, la Charte du Chrétien. Et, il y a ceux ( l'ivraie) qui n'en ont que faire et, pour certains, qui la combattent , cherchent à déstabiliser, à entraîner vers le bas, ceux et celles qui travaillent à répandre l'Esprit du Seigneur partout où ils passent, et ceux qui cherchent à l'étouffer par toutes sortes de stratagèmes .

Les serviteurs du maître vinrent lui dire :‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ?D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’Il leur dit :‘C’est un ennemi qui a fait cela. Et oui, celui qui sème, la zizanie, qui provoque la guerre, qui salit les cœurs, les enténèbre, celui qui divise l'humanité à tous les niveaux , qui la détourne de l'Esprit du bien n'est autre que le Satan ! Et, comme il reste une intelligence supérieure, il sait s'y prendre pour nous faire appeler bien ce qui est mal et mal ce qui est bien ! Notre monde actuel est gangrené par la fourberie du malin dont nous ne savons même plus discerner la signature et nous apprenons même aux jeunes à le suivre en croyant bien agir ! Ce que certains, parmi nous, encore un peu lucides, traduisent pas une expression entendue fréquemment : « mais on marche sur la tête » ! il y a de cela en effet !

Les serviteurs lui disent :‘Veux-tu donc que nous allions l’enlever ? Il s'agit-là des plus fougueux qui seraient volontiers pour des solutions qu'ils voudraient radicales ...comme revenir à une discipline d'une autre époque, imposer au lieu de proposer … il n'est pas exceptionnel d'entendre à la sortie de rencontres, de réunions : moi je mettrais vite tout le monde d'accord etc en mode dictatorial en laissant sur le bord du chemin les plus fragiles, les plus faibles, les plus lents, les plus discrets ...

Jésus répond :‘Non, en enlevant l’ivraie,vous risquez d’arracher le blé en même temps.Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ;et, au temps de la moisson,je dirai aux moissonneurs :Enlevez d’abord l’ivraie,liez-la en bottes pour la brûler ;quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier.’ » Ah la patience de Dieu avec notre humanité , avec chacun de nous ! Avons-nous vraiment conscience de l’insondable patience de Dieu avec chacun d'entre nous, Dieu nous espère jusqu'à notre dernier souffle. Et j'ai envie de croire qu'il y a encore un espace qui nous échappe entre ce dernier souffle et l'instant de la rencontre où l'homme peut dire « je n'avais rien compris, merci de m'avoir attendu(e) et aimer jusque-là » Il n'y a que de l’AMOUR en Dieu, que de la miséricorde, cette autre facette de l'Amour ! !

Dieu ne détruit pas, Dieu ne cesse de nous créer Il choisit de laisser bons et méchants se côtoyer « votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes....Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait.Mt 5 espérant que les bons donneront envie aux méchants de changer, de se laisser convertir au véritable amour ! C'est à la fin des temps (cf Mt 25) qu'Il fera Lui-même le tri !

Je suis, tu es , une parcelle de cet immense champ, nous avons la Parole de Dieu, les Sacrements de l’Église pour étouffer l'ivraie, n'hésitons pas !


Le bon grain et l'ivraie

Auteur : Noël Colombier

Compositeur : Folklore Israëlien

1
Un homme avait semé, dans ses terres, du blé
Mais l’ennemi est venu, quand il dormait.
Dans les mêmes sillons il a semé de l’ivraie
Et, dans la nuit, s’est enfoncé.

Laï, laï, laï, laï, laï, laï, laï, laï
Y’A DES BONS ET DES MÉCHANTS SUR LA TERRE.
Laï, laï, laï, laï, laï, laï, laï, laï
C’EST LA “BONNE RAISON” DE SE FAIRE LA GUERRE.
Laï, laï, laï, laï, laï, laï, laï, laï
MAIS LE SOLEIL DE DIEU BRILLE POUR TOUS.

2
Quand les blés verts sont devenus de beaux épis,
L’herbe mauvaise est apparue, elle aussi.
Les serviteurs vont dire au patron, irrités :
“Veux-tu qu’on enlève l’ivraie ?”

3
“Laissez grandir ensemble jusqu’à la moisson
L’ivraie avec le bon grain, dit le patron.
Car, en voulant ramasser de force l’ivraie,
Vous risquez d’arracher le blé.”


Coda
Le Seigneur, un jour, viendra
Pour séparer le blé de l’ivraie.
Les bons grains, dans son grenier, il les mettra
Mais l’ivraie il la fera brûler


L'ERMITE

L'Ermite