vendredi 24 avril 2026

JE SUIS LA PORTE

Veuillez m'excuser , j'ai dû faire un copié /collé de citations, ce qui entraine le désagrément de nombreux traits j'en suis navrée et je n'arrive pas à les éliminer!

JE SUIS LA PORTE

4 e DIMANCHE DE PÂQUES


Année A





(Jn 10, 1-10)


Depuis plus de 50 ans (67 ans exactement) – à l’initiative de la France qui fut la première à créer un Service national des vocations en 1959 et à suggérer au pape Paul VI d’instaurer une Journée Mondiale de prière pour les vocations – la journée du 4ème  dimanche de Pâques rappelle l’importance de prier pour les vocations. Elle est par conséquent une journée mobile dans le calendrier.  « En 2026, elle a lieu le 26 avril »

C’est une journée d’invitation à la réflexion : quand on parle de vocation, on parle de ce qui touche l’être humain au plus intime de sa liberté. C’est aussi une journée d’invitation à la prière : pour qu’une liberté humaine découvre son chemin, elle a besoin d’être éclairée et stimulée. C’est le rôle du Saint Esprit.

Seigneur Jésus,

Toi qui viens à la rencontre de chacun en murmurant : « Si tu savais le don de Dieu… »,Ouvre nos cœurs à la beauté de ton appel Nous te confions ceux qui ont déjà répondu à ta voix, particulièrement les prêtres, les religieuses et les religieux :

Fortifie leur fidélité, renouvelle leur joie,

Et fais d’eux des témoins paisibles et lumineux de ta présence.

Que leur vie donnée révèle au monde la douceur de ton amour et la profondeur du don qu’ils ont reçu.

Nous te prions aussi pour les jeunes qui hésitent, ceux qui cherchent leur chemin sans encore oser s’avancer, ceux que tu appelles en secret et qui n’ont pas encore reconnu ta parole,

Qu’ils découvrent, à travers la prière, les sacrements et la rencontre, que ta volonté est source de liberté et que chaque vocation, dans sa forme propre, est une manière unique de laisser ton don se déployer.

Seigneur, fais grandir en ton Église des cœurs disponibles, attentifs à ton souffle discret.

Accorde à chacun la grâce de se savoir aimé, appelé et envoyé selon ton dessein d’amour.

Et que, dans la diversité des chemins où tu nous conduis, nous portions tous au monde la joie de te suivre. AMEN


Jésus déclara « Amen, amen, je vous le dis:celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit,celui-là est un voleur et un bandit.Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis.Le portier lui ouvre,et les brebis écoutent sa voix.Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom,et il les fait sortir.Quand il a poussé dehors toutes les siennes il marche à leur tête,et les brebis le suivent,car elles connaissent sa voix.Jamais elles ne suivront un étranger,mais elles s’enfuiront loin de lui,car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens,mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.C’est pourquoi Jésus reprit la parole :« Amen, amen, je vous le dis :Moi, je suis la porte des brebis.Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits;mais les brebis ne les ont pas écoutés.Moi, je suis la porte.Si quelqu’un entre en passant par moi,il sera sauvé ;il pourra entrer; il pourra sortir et trouver un pâturage.Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr.Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie,la vie en abondance. »


Jésus nous place devant deux comportements opposés, le premier dévoyé « Amen, amen, je vous le dis:celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit,celui-là est un voleur et un bandit,le second légitime et honnête :Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis.

Qui est donc ce berger susceptible de s'introduire illégitimement dans la « Bergerie-Église » ? Est-ce envisageable ? Si Jésus l'évoque, nous devons Le croire et être prudents. Avant Jésus , le Prophète Ézéchiel fait un tableau peu engageant des mauvais bergers, au chapitre 34 Malheur aux pasteurs d'Israël, qui n'ont fait que se paître eux-mêmes! N'est-ce pas le troupeau que les pasteurs doivent paître? Vous mangiez la graisse, vous vous revêtiez de la laine, vous tuiez ce qui était gras; vous ne paissiez pas le troupeau. Vous n'avez pas fortifié les brebis débiles, vous n'avez pas soigné celle qui était malade, vous n'avez pas pansé celle qui était blessée, vous n'avez pas ramené celle qui était égarée, vous n'avez pas cherché celle qui était perdue; mais vous avez dominé sur elles avec violence et cruauté. Et elles se sont dispersées, faute de pasteur; elles sont devenues la proie de toutes les bêtes des champs, et elles se sont dispersées. Mes brebis sont errantes sur toutes les montagnes, et sur toute colline élevée; sur toute la face du pays mes brebis ont été dispersées, et personne n'en a souci, et personne ne les recherche. C'est pourquoi, ô pasteurs, écoutez la parole du Seigneur: Je suis vivant, --oracle du Seigneur : Parce que mes brebis ont été mises au pillage, et que mes brebis sont devenues la proie de toutes les bêtes sauvages..

Il peut arriver en effet, que de prétendus pasteurs ou leurs envoyés, frappent à notre porte et nous proposent, sinon de décrocher la lune , du moins un chemin qu'ils considèrent plus efficace que celui sur lequel nous avançons . Il se peut aussi, que nous ayons, nous-même, envie de goûter l'herbe qui nous semble plus grasse ailleurs , et les propositions sont très nombreuses de nos jours ! Il se peut enfin, que, dans notre propre « Bergerie-Église » tel pasteur, nous semble plus avenant, plus dynamique , plus, plus, plus .. esclaves de nos émotions nous confondons la foi avec ce que nous ressentons et nous changeons de pâturage, or, la foi c'est bien autre chose ! La foi citée 310 fois dans la Bible dont 42 fois dans la Lettre aux Romains où St Paul écrit : C’est par la foi que le juste vivra. Rom 1 18

Mais qu'est-ce que c'est que la foi ?

La foi c'est donner sa confiance et s'y tenir, sauf haute trahison : « Abraham eut foi en Dieu et de ce fait, Dieu estima qu'il était juste ». Rom 4,3

Benoît XVI avait parlé des bergers, aux bergers eux-mêmes, dans son homélie, lors de l’inauguration de l’année sacerdotale, en 2009:Comment oublier, à ce

propos, que rien ne fait davantage souffrir l’Église, Corps du Christ, que les péchés de ses pasteurs, en particulier ceux qui se transforment en «voleurs de brebis» (Jn 10, 1 sq), ou parce qu’ils les égarent avec leurs doctrines privées, ou encore parce qu’ils les enserrent dans le filet du péché et de la mort ? Pour nous aussi, chers prêtres, le rappel à la conversion et le recours à la Divine

Miséricorde est valable, et nous devons également adresser avec humilité au Cœur de Jésus la demande pressante et incessante pour qu’il nous préserve du risque terrible de faire du mal à ceux que nous sommes tenus de sauver.[1].

Il est donc vraiment important de prier en ce jour, pour la sainteté des prêtres et des consacrés(es) et pour que la « Bergerie-’Église » ait toujours de bons pasteurs, à l'image du Premier d'entre eux, le Christ Jésus , c'est le but de la «  journée dites du Bon Pasteur et de prière mondiale pour les vocations ».

Le pape François dit également : “ Le Christ, Bon Pasteur, est devenu la porte du salut de l’humanité, parce qu’il a offert sa vie pour ses brebis. Jésus bon pasteur et porte des brebis, est un chef dont l’autorité s’exprime dans le service, c’est un chef qui pour commander, donne sa vie, et ne demande pas à d’autres de sacrifier la leur. On peut avoir confiance (Foi) dans un chef comme cela, comme les brebis qui écoutent la voix de leur pasteur parce qu’elles savent qu’avec lui, on va vers de bons et riches pâturages. Il suffit d’un signal, d’un appel et elles suivent, elles obéissent, elles se mettent en marche guidées par la voix de celui qu’elles perçoivent comme une présence amie, forte et douce à la fois, qui conduit, protège, console et soigne.[2]

C'est bien ce genre de bergers que nous devons demander au Seigneur, nous sommes assurés que le portier ( Dieu le Père) ouvrira la porte.( Jésus) « Le portier lui ouvre.. » nous dit l’Évangile de ce jour . Bien que partiellement identifiés oublions les bergers mercenaires, et attachons-nous à regarder les bons bergers qui gardent leurs yeux rivés , fixés, est-il écrit dans la Lettre aux Hébreux «les yeux fixés sur Jésus, qui est à l'origine et au terme de la foi »He 12,2.   sur le Pasteur, des pasteurs, Jésus, Lui-même :

et les brebis écoutent sa voix.Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom,et il les fait sortir.Quand il a poussé dehors toutes les siennes il marche à leur tête,et les brebis le suivent,car elles connaissent sa voix.Jamais elles ne suivront un étranger,mais elles s’enfuiront loin de lui,car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

Parce qu'Il est ce qu'Il est « je suis doux et humble de cœur, Mt 11, 29, » Il connaît ses brebis et ses brebis Le connaissent, « je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, Jn 10,14 » Le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. Jn 10, 11,il n'hésite pas à laisser le troupeau pour retrouver celle qui s'est égarée « Si un homme a cent brebis, et que l'une d'elles s'égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s'est égarée ? Mt 18, Il a le souci des brebis qui errent sans berger « J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Jn 10, 16 » Il leur promet et leur donne la Vie éternelle Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Jn 10, 28 Il a compassion des foules qui cherchent un sens : « En débarquant, il vit une foule nombreuse, et il en eut compassion, parce qu'ils étaient comme des brebis sans pasteur, et il se mit à les enseigner longuement. »Mc 6,34 Il les connaît chacune par son nom il les appelle chacune par son nom, Il marche devant les brebis pour ouvrir la route , pour prévenir les dangers, les protéger : il marche à leur tête,et les brebis le suivent,Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. Il est très difficile d'entendre un langage nouveau quand on est enfermé, figé, dans ses propres certitudes, c'est le cas des Pharisiens. Pour eux, c'est la Loi de Moïse qui compte , ils font une fixation sur la Loi dite de Moïse, leur cœur est totalement fermé à la nouveauté, ils attendent bien le Messie mais un Messie à leur « image et ressemblance » pas à celle de l'amour divin ! Toute proportion gardée , il nous suffit de nous souvenir combien il a été et demeure, pour certains, difficile d'évoluer avec les recommandations du Concile Vatican II. Pensons aussi à nos communautés paroissiales où il est si compliqué d'évoluer, sans toucher bien sûr à la doctrine de l’Église-Bergerie »,même déplacer un siège , un objet de culte, devient un Annapurna ! C’est pourquoi Jésus reprit la parole ::« Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la
porte
des brebis.Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits; mais les brebis ne les ont pas écoutés.Moi, je suis la porte.Si quelqu’un entre en passant par moi,il sera sauvé ;il pourra entrer; il pourra sortir et trouver un pâturage.Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr.

Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie,la vie en abondance. » Jésus se montre direct maintenant , Il renonce à l'allégorie pour du concret , du réel . Jésus se dévoile, et ce qu'Il présentait de façon énigmatique, est maintenant clairement révélé et confirme ce que nous comprenions en tant qu'amis de Jésus. : Moi, je suis la porte ...Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie,la vie en abondance. » Plus tard Il affirmera à Thomas qui ne comprend pas très bien son propos du moment : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. » Jn, 14.Jésus déclarera, sans masque ,un peu plus loin encore, en Jean 15 : Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. C'est clair, celui qui veut trouver la Vie, celui qui veut connaître le Royaume et les valeurs qu'il véhicule n'a pas d'autre possibilité que de passer par Jésus qui vit dans l'intimité du Père et nous manifeste par ce qu'Il est, ce qu'Il accomplit, la seule voie du bonheur que nous trouvons résumée dans le Sermon sur la Montagne : les Béatitudes:Heureux déclare-t-il neuf fois de suite,( mais 29 fois en tout chez Matthieu, Luc et Jean) ceux qui sont, pauvres, affligés,....car ils posséderont le Royaume. Et l'Apôtre Pierre, successeur de Jésus par élection divine, emboîte le pas dans la seconde lecture :

si vous supportez la souffrance pour avoir fait le bien,
c’est une grâce aux yeux de Dieu.

    C’est bien à cela que vous avez été appelés,
    car c’est pour vous que le Christ,
    lui aussi, a souffert ;
il vous a laissé un modèle

    afin que vous suiviez ses traces.
    Lui n’a pas commis de péché ;
dans sa bouche,
on n’a pas trouvé de mensonge.
    Insulté, il ne rendait pas l’insulte,
dans la souffrance, il ne menaçait pas,
mais il s’abandonnait
à Celui qui juge avec justice.
    Lui-même a porté nos péchés,
dans son corps, sur le bois,
afin que, morts à nos péchés,
nous vivions pour la justice.
Par ses blessures, nous sommes guéris.
    Car vous étiez errants
comme des brebis
 ;
mais à présent vous êtes retournés
vers votre berger, le gardien de vos âmes.


PSAUME

(Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)

R/ Le Seigneur est mon berger :
rien ne saurait me manquer.
ou : Alléluia !
 (cf. Ps 22, 1)

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.

Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;

tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.


vendredi 17 avril 2026

..A LA FRACTION DU PAIN!


3 e DIMANCHE DE PÂQUES


Année A



(Lc 24, 13-35)

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine),deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem,et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.

Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha,et il marchait avec eux.Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.Jésus leur dit :«De quoi discutez-vous en marchant ? »Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit :« Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. »Il leur dit :«Quels événements ? »Ils lui répondirent :« Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth,cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple :comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré,ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël.Mais avec tout cela,voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur.Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,elles n’ont pas trouvé son corps ;elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision :des anges, qui disaient qu’il est vivant.Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau,et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ;mais lui, ils ne l’ont pas vu. »Il leur dit alors :« Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes,il leur interpréta, dans toute l’Écriture,ce qui le concernait.

Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient,Jésus fit semblant d’aller plus loin.Mais ils s’efforcèrent de le retenir :« Reste avec nous,car le soir approche et déjà le jour baisse.»Il entra donc pour rester avec eux.

Quand il fut à table avec eux,ayant pris le pain,il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu,il le leur donna.Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent,mais il disparut à leurs regards.Ils se dirent l’un à l’autre :«Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous,tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ?»À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem.Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons,qui leur dirent:«Le Seigneur est réellement ressuscité :il est apparu à Simon-Pierre.»À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route,et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.



Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine, ),deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs,à deux heures de marche de Jérusalem,et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.

Le même jour, c'est à dire, le jour même de la Résurrection, ce jour où Pierre et Jean se sont rendus au tombeau sur la parole des femmes bouleversées de trouver le tombeau ouvert et vide ! Deux disciples, l'un d'eux se prénomme Cléophas nous dit St Luc un peu plus tard dans le récit, sans doute l'époux de Marie sœur de la Mère de Jésus, l'autre n'est pas identifié, on a coutume de penser qu'il nous représente ! Les deux hommes sont au courant des propos des femmes qui viennent d'annoncer la disparition du corps aux apôtres c'est ce qu'ils expliquent au « Voyageur » qui les rejoint :À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur.Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,elles n’ont pas trouvé son corps ; En écoutant le récit des événements, nous apprenons qu'ils étaient avec le collège des apôtres .Tout en cheminant, les deux marcheurs s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha,et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. N'est-ce pas surprenant ? Ils s'agit de disciples, donc des hommes proches de Jésus qui ont marché avec Lui, l'ont touché, l'ont écouté et ils ne Le reconnaissent pas ! Pourquoi ? Il faut avoir les yeux lavés comme le dit un chant liturgique, le cœur ouvert aussi :

Si la souffrance t’a fait pleurer
des larmes de sang, (bis)

tu auras les yeux lavés.

Alors tu pourras prier
avec ton frère en croix.

Si la misère t’a fait chercher
Aux nuits de la faim

Tu auras le cœur ouvert
Alors tu pourras donner
Le pain de pauvreté.

Or, nos deux disciples sont repliés sur eux-mêmes , sur cette dramatique tragédie ; plus rien ne compte. Ils avaient beaucoup espéré , et notamment la libération d'Israël et rien ne se passe comme ils l'espéraient ! Ils ont cru en cet homme tellement différent de tous les autres , ils attendaient tellement de Lui !comme attendait Catherine de Sienne , comme nous attendons parfois au lieu de mener « ce bon combat » dont parle St Paul « J'ai combattu le bon combat, »2 Tm 4,6 attendant que tout nous vienne d'en-haut, alors que le Seigneur fait de chacun un collaborateur, non un assisté ! « Car nous sommes des collaborateurs de Dieu ». 1Co 3,9 Et voilà que tout est terminé

Jésus leur dit :«De quoi discutez-vous en marchant ? »Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit :« Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Cet instant d'arrêt aurait pu leur permettre de reconnaître le Ressuscité, il n'en est rien, ils sont trop accablés et l'apparente ignorance de l’Étranger ne peut que les enfermer encore davantage : qu'Il ne soit pas au courant , les désole , Jésus tente de leur permettre de s'exprimer «Quels événements ?»ils s'enfoncent encore davantage parlent au passé : « cet homme qui était » ! Si nous sommes honnêtes, nous reconnaissons là nos propres traversées du « désert » ces heures où nous n'entendons plus, ne voyons plus, où plus rien n'a de sens, où l'espérance est morte comme celle des deux disciples . Jésus ne disait-il pas déjà Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai. Mt 13,15 tout est noir , le soleil a fini de briller...Ils essaient d'éclairer ce marcheur bien ignorant Ils lui répondirent :« Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth,cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple :comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré,ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël.Mais avec tout cela,voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur.Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,elles n’ont pas trouvé son corps ;elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision :des anges, qui disaient qu’il est vivant.Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau,et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ;mais lui, ils ne l’ont pas vu. » qui écoute à son tour leurs doléances et tente de réveiller leur mémoire, ce qui , pour une oreille extérieure aurait dû les déstabiliser et leur permettre un « arrêt sur image » dirions-nous aujourd'hui, mais rien de cela , l’Étranger renchérit en des termes qui nous semblent pourtant explicites :« Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes,il leur interpréta, dans toute l’Écriture,ce qui le concernait.Rien n'ébranle leurs certitudes, pas même ce renvoi à l'Histoire du Peuple de Dieu dans le désert avec Moïse, sa libération , pas davantage les prophètes pourtant explicites en ce qui concerne la Passion, l'Agneau immolé...Jésus n'est plus là , point ! Ils sont incapables d'entendre ! C'est impressionnant , nous avons ici en même temps qu'un éclairage sur nos fermetures , une prise de conscience sur la difficulté de croire des contemporains de Jésus  ! Reconnaître le Messie de Dieu dans cet apparent échec, n'est pas une évidence !Et s'il s'agissait d'autre chose , d'un autrement ? Les deux disciples sont emmurés dans un passé ( comme nous pouvons l'être parfois dans nos déserts) , récent certes, mais un passé . De nombreux éléments de ce passé leur échappent ,.Ils ne tarderont pas à s'éclairer !

Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient,Jésus fit semblant d’aller plus loin.Mais ils s’efforcèrent de le retenir :« Reste avec nous,car le soir approche et déjà le jour baisse.»Il entra donc pour rester avec eux.

Je trouve admirable, très humain, ce basculement où Jésus, tout en se faisant discret, se fait désirer !Jésus fit semblant d’aller plus loin. Et les deux amis , qui se sentent bien en compagnie de cet Étranger s’efforcèrent de le retenir :Si nous L'invitons, Jésus ne se dérobe pas, Il en appelle d'ailleurs, souvent, à « cohabiter » avec nous : Demeurez en moi et moi, en vous Jn 15,4 Demeurez dans mon amour Jn 15, 9 Nos pèlerins comprendront bien vite qu'ils ne sont pas les initiateurs de cette merveilleuse rencontre, mais, qu'en bon pédagogue, Jésus a tout préparé pour un Repas inattendu !

Sur nos routes fermées, nos chemins, que nous croyons sans issue, dans les tempêtes de nos vies, Jésus ne nous traite pas autrement , Il nous réserve d'heureuses surprises qui adviennent quand nos cœurs s’entrouvrent pour laisser passer un rai de lumière .

Après cette marche éprouvante où ils ont entrouvert leurs cœurs en confiant à l'Inconnu leur détresse, les deux pèlerins estiment normal de partager un repas, d'autant que la nuit approche : Reste avec nous, et Jésus ne se fait pas prier Il entra donc pour rester avec eux. Il est comme ça Jésus, Il ne s'impose jamais Il répond présent, à nos invitations !

Savons-nous l'inviter à la table de nos cœurs?Seigneur, je ne suis pas digne mais dis seulement une parole et je serai guéri !Laisserons-nous à notre table Un peu de place à l'étranger chantons-nous dans nos assemblées , est-ce si vrai ?

Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain,il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu,il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent,mais il disparut à leurs regards.De quoi renverser nos deux amis, comme furent renversés les trois privilégiés de la Transfiguration ! Des paroles de Vie que nous connaissons, depuis ce Repas au soir du Jeudi Saint qui inaugure le triduum pascal :Pendant le repas, Jésus prit du pain et après avoir dit la bénédiction, il le rompit et le donna à ses disciples, en disant: Mt, 26,26 Il était là au cœur de leur détresse ! Les yeux du cœur et de l'intelligence s'ouvrent et Jésus S'efface , Il leur laisse savourer ce moment des retrouvailles , ce moment unique de La RENCONTRE, ce moment de l'Expérience spirituelle de la Présence :« Vraiment, le Seigneur est en ce lieu, et moi, je ne le savais pas ! » Gn 28, 17). déclare Jacob en se réveillant . Les deux disciples peuvent reprendre cette parole à leur compte, Jésus a ouvert le tombeau de leur marasme , Il a illuminé leurs esprits et réchauffé leurs cœurs :

Pain rompu pour un monde nouveau,
Gloire à toi, Jésus Christ !
Pain de Dieu, viens ouvrir nos tombeaux,
Fais-nous vivre de l'Esprit !

C'est exactement ce qu'Ils se dirent l’un à l’autre :«Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous,tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ?» Rien de surprenant car la Lettre aux Hébreux nous dira :Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants ; elle pénètre au plus profond de l'âme, jusqu'aux jointures et jusqu'aux moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. He 4,12 Or les deux pèlerins ont cet extraordinaire

privilège d'entendre La Parole en personne, décrypter pour eux cette Parole incarnée au cours des siècles ! C'est tout simplement vertigineux. Et nous savons nous-mêmes, combien cette Parole est vivante, agissante, brûlante, incandescente, dans nos vies Car notre Dieu est un feu dévorant. He 12, 29 Nous trouvons cela également dans l'Exode et le Deutéronome La gloire du Seigneur apparaissait aux fils d'Israël sous l'aspect d'un feu dévorant, au sommet de la montagne. Dt 9,3 ; Ex 24,17 et le Prophète Il y avait dans mon cœur comme un feu dévorant, Jr 20,9


Au vent de nos tempêtes
Au souffle des grands froids

C´est toi qui doutes sur nos croix
Et nous passons sans te voir.
C´est toi qui doutes sur nos croix
Et nous passons sans te voir.

Semblable expérience ne laisse pas indifférent ! Elle propulse même, la fatigue tombe, plus rien n'existe , plus question de se restaurer de nourritures terrestres celle consacrée par le Divin Compagnon suffit amplement à faire tomber les doutes , il est devenu impossible de garder pour soi cette grâce indicible,ineffable il est urgent de la partager avec les frères . Les deux pèlerins reprennent la route , ils repartent immédiatement pour annoncer l'impensable nouvelle

À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem.

Et voilà qu'au lieu d'annoncer, ils partagent , ils échangent leurs expériences et se confortent les uns les autres

Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons,qui leur dirent:«Le Seigneur est réellement ressuscité :il est apparu à Simon-Pierre.»À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route,et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

Aujourd'hui c'est à chacun de nous de prendre le relais , de témoigner en vivant au plus près de l’Évangile : Oui, Christ est vraiment Ressuscité et de supplier :

S'Il te plaît RESTE AVEC NOUS, JÉSUS RESSUSCITE


Si l’espérance t’a fait marcher

Texte : Michel Scouarnec – Musique Jo. Akepsimas

1 Si l’espérance t’a fait marcher
plus loin que ta peur, (bis)
tu auras les yeux levés.
Alors tu pourras tenir
jusqu’au soleil de Dieu.


Si la misère t’a fait chercher
Aux nuits de la faim
Tu auras le cœur ouvert
Alors tu pourras donner
Le pain de pauvreté.

Si la souffrance t’a fait pleurer
Des larmes de sang
Tu auras les yeux lavés
Alors tu pourras prier
Avec ton frère en croix.

Si la faiblesse t’a fait tomber
Au bord du chemin
Tu sauras ouvrir les bras
Alors tu pourras danser
Au rythme du pardon.

Si la tristesse t’a fait douter
Au soir d’abandon
Tu sauras porter ta croix
Alors tu pourras mourir
Au pas de l’homme-Dieu.



L'Ermite