vendredi 4 septembre 2026

S'IL T’ÉCOUTE ...


XXIII e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE

Année A



(Mt 18, 15-20)

Jésus disait à ses disciples :« Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ;s’il refuse encore d’écouter l’Eglise, considère le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis :tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.

Et pareillement, amen, je vous le dis si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit-ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

Nous découvrons une grande corrélation entre les trois lectures de ce dimanche . Dans la première nous lisons :

Si je dis au méchant : ‘Tu vas mourir', et que tu ne l’avertisses pas, si tu ne lui dis pas d’abandonner sa conduite mauvaise, lui, le méchant, mourra de son péché, mais à toi, je demanderai compte de son sang.    Au contraire, si tu avertis le méchant d’abandonner sa conduite, et qu’il ne s’en détourne pas, lui mourra de son péché, mais toi, tu auras sauvé ta vie. »

Dans la seconde :

Frères,    n’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel, car celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi.

Dans la troisième lecture, celle qui retient notre attention

« Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église

L’Évangile de St Matthieu est présenté en cinq discours ou grandes sections

1 Discours sur la justice du Royaume ou Sermon sur la montagne (5-7)

2 Discours d’envoi en mission ou Discours apostolique (10,1 -11,1)

3 Discours sur les mystères du Royaume ou Discours en paraboles (13, 1-53)

4 Discours sur l’Église ou Discours ecclésiastique (18, 1 -19,1)

5 Discours sur la consommation des temps ou Discours eschatologique (24, 1-26,1)

" Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux? C'est sur cette question des apôtres que s'ouvre le chapitre 18. Jésus y répond par l'enseignement sur le scandale du petit , ou pas, et le souci de la brebis égarée, où tout est mis en œuvre pour la retrouver. Jésus révèle ici l'insondable amour du Père pour le petit, le faible , l'éprouvé :De même, n'est-ce pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux, qu'il ne se perde pas un seul de ces petits?

C'est dans ce contexte que Jésus explique à Ses apôtres :

« Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.

Première remarque qui rejoint la Première Lecture de notre Liturgie :Si je dis au méchant : ‘Tu vas mourir', et que tu ne l’avertisses pas, si tu ne lui dis pas d’abandonner sa conduite mauvaise, lui, le méchant, mourra de son péché, mais à toi, je demanderai compte de son sang. Soutenir, accompagner, éclairer son frère, sa sœur, sur le chemin de la vie n'est pas facultatif le Seigneur en fait un engagement, il nous demande instamment de tout mettre en œuvre pour lui permettre de retrouver sa liberté intérieure : S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux
personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère le comme un païen et un publicain

Il ne s'agit pas de faire «  du rentre dedans » avec de gros sabots, Cette démarche demande un maximum de délicatesse, un appel sincère à l'aide, à l'Esprit Saint , une immense humilité, une non moins profonde compassion pour tendre une main secourable, offrir un cœur ouvert, pour celui, celle, qui se laisse égarer par l'esprit du mal. Comme le fait le propriétaire de la brebis égarée, qui ne craint pas d'abandonner le troupeau tout entier pour tenter de retrouver l'étourdie, voire la fugueuse, ou pire encore, la dévergondée ! Jésus Lui-même suggère de faire appel à quelques membres de la communauté, des personnes aimantes , discrètes qui pourraient entourer, aider la réflexion fraternelle de celle qui se fourvoie. Si le frère, la sœur, ne veut rien entendre, si lui ou elle, s'embourbe encore davantage , Jésus recommande de l'éloigner pour éviter toute contamination morale dans la communauté des croyants. Cela peut servir d'ailleurs à réveiller les personnes, à permettre, un électrochoc qui les aidera à retrouver leur place dans le groupe ! Dieu ne veut jamais la mort du pécheur mais qu'il vive, nous trouvons cela en Ézéchiel au ch 18 : Ce que je désire, est-ce que le méchant meure? dit le Seigneur, l N'est-ce pas qu'il change de conduite et qu'il vive?  Jésus n'est-Il pas venu pour que les hommes aient la vie ?«Moi, je suis venu pour qu’ils aient la vie et pour qu’ils l’aient en abondance» (Jn 10,10) Ne demande -t-il pas de se réjouir pour un seul pécheur qui se convertit :Ainsi, je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance Lc 15

Après avoir établi Pierre, tout récemment comme « la pierre sur laquelle Il fonde l’Église » et lui avoir donné le pouvoir de lier et délier, Jésus étend cette prérogative à tout le collège apostolique et, à un niveau non sacramentel, mais bien réel, à tout croyant conscient de sa mission de baptisé : prêtre, prophète et roi !

.Amen, je vous le dis :tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel,et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.

Oui, le Seigneur Jésus nous donne ce pouvoir , ce devoir, non sacramentel, mais fraternel ,de délier celui qui a une dette d'amour à notre égard ou, au contraire, de le ligoter dans cette dette, de l'enfermer, de l'étiqueter comme irrécupérable C'est une responsabilité redoutable d'une certaine manière, quand je pense que mon frère paiera éternellement parce que je n'ai pas voulu lui pardonner sa faute à mon égard ! Car si nous avons élargi le sujet, c'est bien de cela qu'il s'agissait dans les te tout premier verset Si ton frère a commis un péché contre toi. Demandons cette grâce au Seigneur de ne garder aucune rancune à l'égard de celui ou celle qui a sérieusement péché contre nous, prions pour sa conversion , pour que quelqu'un trouve le chemin de son cœur et l'aide à déposer son fardeau avant la Rencontre suprême ! Nous sommes investis d'une terrible responsabilité , le salut du frère ou de la sœur emprisonné(e) dans le carcan de son péché est en partie, entre nos mains ! Y pensons-nous quand nous entretenons des colères, d'éventuelles vengeances ? Oui, mon frère, ma sœur, peut être damné(e) à cause de mon refus de lui pardonner parce que j'ai verrouillé la porte de mon cœur !. Il, elle, n'est d'ailleurs pas seul(e) dans cette affaire, je n'en sors pas indemne, ma vie est alourdie ! St Paul dira plus tard aux Éphésiens Ch 4 : «  N’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, qui vous a marqués de son sceau en vue du jour de votre délivrance. Amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes, tout cela doit être éliminé de votre vie, ainsi que toute espèce de méchanceté. Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. Et n'oublions pas, en mettant le frère en danger, nous nous mettons également en danger.

Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

J'avoue avoir du mal à trouver un lien entre ce verset et ce qui précède, d'ailleurs, dans l’Évangile, il s'agit de deux paragraphes différents ! Nous passons de la correction fraternelle à la prière en commun ! Ou, alors, pouvons-nous y voir une invitation à nous unir dans la prière pour demander la conversion du frère récalcitrant et la nôtre pour apprendre, en regardant Jésus, à pardonner envers et contre tout! J'écoutais une conférence ces jours-ci qui notait que Jésus n'a pas directement pardonné à Ses bourreaux, Il a demandé au Père de le faire  : Père, Pardonne leur car Il ne savent pas ce qu'ils font mais on peut penser aussi qu'Il pardonnait Lui-même et implorer le Père de Le suivre ! Pour nous, supplions le Père de pardonner quand nous sommes incapables de la faire et demandons à nos frères de prier avec nous quand nous restons incapables de cette générosité


Notre Père
qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui
notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi
à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.
Amen.


L'Ermite

vendredi 28 août 2026

PERDRE SA VIE


XXII e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE

Année A



(Mt 16, 21-27)


Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches :« Dieu t’en garde, Seigneur !cela ne t’arrivera pas.  Mais lui, se retournant, dit à Pierre :« Passe derrière moi, Satan !Tu es pour moi une occasion de chute :tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

 Alors Jésus dit à ses disciples :« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu’il me suive.    Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ?Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ;alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

Dimanche dernier, à Jésus qui demande à Ses apôtres «  pour vous, qui suis-je ? »Pierre répond, sans hésitations :« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Jésus s'empresse à Son tour de renvoyer la balle, si j'ose dire :« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. !Jésus remet Pierre à sa juste place : celle de créature, de disciple qui reçoit tout . Il ne peut tirer aucune satisfaction de cette révélation fulgurante , comme Celui, qu'il vient d'identifier devant ses frères, il ne peut rien faire ni savoir par lui-même Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j'entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. Jn 5,30 dit Jésus, et Pierre pas davantage , et toi mon frère, ma sœur, et moi non plus , tout nous est donné pour tout communiquer aux hommes et aux femmes de notre temps qui veulent se laisser rencontrer par Dieu, car c'est toujours Lui, Dieu, qui a l'initiative , d'une façon ou d'une autre. Ce que nous recevons du Seigneur c'est pour le mettre au service de l'humanité ! Ce qui faisait dire à St François d'Assise qui l'avait bien compris : « ne gardez pour vous rien de vous, afin que vous reçoive tout entier, celui qui se donne à vous tout entier »

Jésus n'hésite pas un instant, en présence de cette illumination de reconnaître en Pierre, celui que le Père a choisi pour continuer l’œuvre initiée par Son Bien-aimé Fils :Et moi, je te le déclare :Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Oui, mais en recevant ce « pouvoir des clefs » Pierre ne perçoit pas que Jésus prépare son départ, il n'imagine pas encore que Jésus puisse les quitter et, de plus, dans un scénario catastrophe. C'est pour lui impensable, ce qui induit sa violente réaction quand Jésus


,dans la foulée de la Profession de Foi de l'apôtre  
commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens ,des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. La réaction de l'apôtre fuse comme une bombe dirions - nous familièrement ! Cette perspective lui est inconcevable. Il est impensable pour lui, que le Seigneur disparaisse et encore moins dans la violence Peut-être même envisage -t-il secrètement comme beaucoup que Jésus va mettre de l'ordre dans la situation politique du moment, mettre dehors l'occupant et régner !

.Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches :« Dieu t’en garde, Seigneur !cela ne t’arrivera pas Il est impossible pour Pierre et pour bien d'autres que le Messie de Dieu, l'Oint ( Christ signifie oint) du Seigneur de l'Univers disparaisse de la sorte, l'idée seule lui est insupportable  et il l'exprime. Nous sommes en présence de deux points de vue diamétralement opposés, Bien que promu chef de l’Église naissante Pierre doit encore apprendre ce que signifie :

Nul ne peut servir deux maîtres: car ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou

Le royaume des cieux est semblable à un trésor caché dans un champ; un homme, l'ayant trouvé le recacha et, dans sa joie, s'en alla vendre tout ce qu'il avait et acheta ce champ.

Les apôtres perçoivent bien un autrement, un autre chose, mais, sans doute, plus triomphal , plus glorieux que cette annonce . Jésus se charge de clarifier et de faire descendre Pierre de ses rêve de grandeur :

se retournant, Jésus dit à Pierre « Passe derrière moi, Satan !Tu es pour moi une occasion de chute :tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » En voulant protéger Jésus de la souffrance, Pierre se place du côté de l'ennemi numéro un:, le tentateur des quarante jours dans le désert . Il montre clairement le genre de Messie qu'il attend , il est encore du côté de ceux qui attendent un Messie triomphant, un Messie guerrier, puissant ..Jésus lui dit clairement qu'il va devoir convertir son regard et, surtout son cœur !Il poursuit  en s'adressant au collège tout entier  à nous également :

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu’il me suive.    Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ?Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ;alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

Suivre Jésus, recevoir le « pouvoir des clefs » n'est pas de l'ordre de la domination, du pouvoir , c'est un renversement total des valeurs où le plus grand doit se faire tout petit, où le Maître se fait serviteur  le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert. Lc 22, c'est entrer dans un mode à qui perd gagne ! C'est accepter de s'en remettre à un Autre que soi, un Autre qui guide nos pas, à qui on s'abandonne totalement, de qui on se reçoit et on reçoit sa mission ! Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j'entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. Jn 5!

C'est s'oublier, se perdre pour trouver le vrai soi-même, celui qui regarde Jésus et devient un autre Jésus ! Ce n'est pas amasser des biens, de l'argent, avoir un énorme compte en banque , c'est, au quotidien apprendre à aimer Jean 13:34 Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. et, aimer c'est s'oublier, c'est permettre à l'autre d'exister, c'est aller jusqu'au don de soi, de sa vie

même, pour ses frères, comme Jésus en montre le chemin. A notre arrivée dans le Royaume , il ne nous sera pas demandé, avec combien de villas arrives-tu, combien de comptes en banque, quelle garde robe, non ! La seule question qui intéresse L’Amour – Dieu est Amour écrit St Jean) c'est : as-tu aimé ?

Seigneur, quand vous avons-nous vu avoir faim, ou avoir soif, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne vous avons-nous pas assisté? " Alors il leur répondra: " En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne l'avez pas fait. " Et ceux-ci s'en iront au supplice éternel, et les justes à la vie éternelle. Mt 25

En effet, dit Dieu dans Isaïe 55, vos pensées ne sont pas mes pensées et mes voies ne sont pas vos voies, Le ciel est bien plus haut que la terre. De même, mes voies sont bien au-dessus de vos voies, et mes pensées bien au-dessus de vos pensées ! Pierre et soi-même, devons apprendre à penser autrement, choisir autrement, à voir autrement, à mesurer autrement ! Notre Dieu ne cesse de nous surprendre, de nous apprendre ! Dieu ne cesse jamais de nous malaxer, de nous façonner, de nous pétrir, pour nous rapprocher du modèle Jésus ! Nous resterons toujours en deçà, parce que « Dieu est Dieu » , écrivait Olivier Clément , nous sommes Ses créatures , belles, mais jamais comme le plus beau des enfants des hommes !Tu es le plus beau des fils de l'homme, La grâce est répandue sur tes lèvres: C'est pourquoi Dieu t'a béni pour toujours. Ps 45,2


Perdre sa vie -

(Commission Francophone Cistercienne)

Compositeur : Joseph Gelineau

STANCE
Perdre sa vie pour accueillir le Christ,
se livrer au Christ pour rencontrer le Père,
se trouver soi-même comme un don de Dieu.

REFRAIN
Je te suivrai, Jésus, montre moi le chemin.

VERSETS
1
Qui aime son père et sa mère plus que moi
N'est pas digne de moi.
2
Qui refuse de prendre sa croix
N'est pas digne de moi.

3
Qui perd sa vie à cause de moi
La gardera.



L'Ermite

samedi 22 août 2026

JE TE DONNERAI LES CLEFS DU ROYAUME


XXI e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE

Année A




(Mt 16, 13-20)


Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples :« Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? »    Ils répondirent :« Pour les uns, Jean le Baptiste ;pour d’autres, Élie ;pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »Jésus leur demanda :« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »Alors Simon-Pierre prit la parole et dit :« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit :« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.    Et moi, je te le déclare :Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.   Je te donnerai les clés du royaume des Cieux :tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le Christ.


En relisant cet évangile aujourd'hui, je me suis interrogée sur la raison qui a conduit Jésus à poser ces deux questions à Ses Apôtres dans ce lieu si éloigné de Capharnaüm où nous avons l'habitude de Le voir . Oui, pourquoi Césarée-de- Philippe et pas un endroit plus familier ? Césarée est à 10 heures de marche des lieux où nous rencontrons Jésus habituellement ! Alors comme Jésus, j'ai interrogé sinon Jésus, du moins des Historiens et j'ai trouvé cet article écrit par le Père Dinh Anh Nhue Nguyen, o.f.m. Conv., secrétaire général de l'Union pontificale missionnaire, et je vous le communique en espérant qu'il vous intéressera .

Pourquoi une profession de foi dans la région de Césarée-de-Philippe ?

Seuls les évangélistes Matthieu et Marc indiquent le contexte géographique de cet épisode : « dans la région de Césarée-de-Philippe ». Il s’agit d’une ville de style gréco-romain reconstruite par le tétrarque Philippe en l’honneur de l’empereur César-Auguste sur un lieu appelé auparavant Panea (en l’honneur de Pan, divinité de la nature sauvage). (Flavius Josèphe, l’historien juif au premier siècle, mentionne la ville avec le nom de Caeserea Panias). L’archéologie moderne a trouvé les restes du sanctuaire de cette divinité grecque et, comme dans toute ville gréco-romaine, nous pouvons aussi imaginer l’existence dans cette zone d’autres autels dédiés à d’autres divinités, de différents monuments « sacrés », comme saint Paul en a rencontré à Athènes (cf Ac 17,23). Il y a ici un contexte géographique particulier qui reflète le paganisme de l’époque par lequel les gens croyaient en différents dieux selon leurs inclinaisons religieuses ou leurs besoins. Nous trouvons donc Jésus et les disciples dans la zone païenne à la frontière de la partie septentrionale de la Galilée. (Dimanche dernier nous les avons vu dans la zone de Tyr et de Sidon à la rencontre de la femme cananéenne).

De plus, la région de Césarée-de-Philippe se trouve aux pieds du mont Hermon et d’une des sources du Jourdain. Dans cette zone il y a une concentration de figuiers, que l’on peut encore voir aujourd’hui, en pèlerinage dans le Parc-Réserve naturel de Banias. Le figuier, avec son tronc robuste et haut (jusqu’à 8 mètres) et avec ses feuilles larges, offre un refuge de fraîcheur contre la chaleur du soleil. C’est ainsi que s’asseoir sous le figuier et la vigne sera un signe du temps messianique (cf. Mic 4,4).

Un tel contexte géographique nous semble crucial pour comprendre pourquoi Jésus a emmené les disciples aussi loin de leurs bases de Capharnaüm (au moins 10 heures de marche), pour leur faire une demande fondamentale sur son identité. Quelle que soit la manière et indépendamment du regard avec lequel les gens considéraient Jésus dans un monde contemporain comportant un pluralisme de dieux et de croyances religieuses, les disciples sont appelés désormais à professer leur foi en Jésus comme le seul et unique Messie du Dieu d’Israël, du seul vrai Dieu.

On comprend que cette question est toujours actuelle dans notre monde moderne. Chaque disciple du Christ est appelé aujourd’hui à professer sa foi profonde en lui, comme Pierre et les autres disciples, au milieu de nombreuses opinions différentes concernant sa personne. Et cette prise de position claire est fondamentale pour témoigner et partager la foi avec les autres.

  1. « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »

La profession de foi de Pierre dans l’évangile de Matthieu complète et en même temps explicite les autres formes plus simples rapportées par les évangélistes Marc (« Tu es le Messie ») et Luc (« Tu es le Messie de Dieu »). Pour approfondir plus avant le contenu de cette profession, je vous renvoie aux différents ouvrages de christologie.

En premier lieu, Jésus est annoncé comme étant le Christ, ce qui signifie le Messie en hébreu, ce qui veut dire « l’oint ». C’est donc l’Oint de Dieu, annoncé par les prophètes des temps anciens et qui était attendu et espéré par le Peuple élu à la fin des temps. Alors que dans l’histoire d’Israël plusieurs rois, prêtres et même dans certains cas des prophètes étaient les oints de Dieu, la réponse de Pierre à Jésus souligne l’identité singulière de Jésus en tant que Messie, l’Oint des oints, l’unique et définitif, envoyé par Dieu pour sauver son peuple. De plus, dans les mots de Pierre, nous entrevoyons non seulement une affirmation de type intellectuel mais surtout une expression d’adhésion à la personne de Jésus en tant que Christ dans lequel les apôtres se confient désormais et en qui ils mettent toute leur espérance. Il est donc « Celui qui doit venir » dans le monde, comme cela s’est révélé à Jean Baptiste en prison ou comme le déclarera Marthe dans l’évangile de Jean : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » (Jn 11,27). Avec la venue de Jésus le Christ-Messie s’ouvre pour le Peuple élu et pour le monde entier l’ère messianique annoncée et attendue, dans laquelle chacun s’assied sous la vigne et le figuier, pour reprendre l’image employée par les prophètes précédemment.

En second lieu, en professant que Jésus est le Fils du Dieu vivant, Pierre déclare sa foi dans la nature divine particulière de Jésus en lien avec le Dieu unique d’Israël, celui qui s’est révélé à Moïse simplement comme « Je suis », celui qui est. Pour ce titre aussi, déjà dans la tradition biblique juive, on appelait « fils de Dieu » les anges et différents hommes. Cependant, comme le relève le Catéchisme de l’Église catholique, dans cette profession de Pierre on reconnaît « le caractère transcendant de la filiation divine du Messie Jésus » (no. 442-443). C’est tellement vrai que dans l’évangile de Jean, Pierre déclarera au nom du petit groupe des quelques qui sont restés avec Jésus pendant ladite crise de Galilée, lorsque « beaucoup de ses disciples rebroussèrent chemin et n’étaient plus avec lui », après le discours « difficile » « Je suis le pain de la vie » : « Nous

croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. » (Jn 6,69). De la même manière, l’unicité de Jésus, Fils de Dieu, est souligné avec l’expression « Fils unique du Père » ou simplement le Fils. Il faut ajouter que dans cet épisode de l’évangile rapporté par Marc, la transcendance divine semble liée implicitement au titre « Le Fils de l’homme » que Jésus a utilisé pour lui-même en demandant aux siens au début : « Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? »

  1. « La puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle »

Parmi les évangélistes, seul saint Matthieu rapporte la réponse de Jésus à Pierre après la profession de foi de ce dernier. Tout d’abord, nous notons le caractère particulier du langage de Jésus dans cette louange à Pierre. D’un côté on voit dans le discours l’abondance d’expressions juives reprenant la forme des béatitudes (heureux sois-tu, Simon…) « ni la chair, ni le sang… » (la nature humaine), le binôme lier-délier (pour indiquer le pouvoir total comme dans Is 22, 19-23 de la première lecture) le jeu de mots basé sur le nouveau nom de Simon comme « Céphas » – pierre, rocher. Ça reflète un Jésus « de terrain » pour ainsi dire, avec son acuité et son mode d’expression purement hébraïque, bien enraciné dans la tradition de son peuple.

D’un autre côté, le contenu du discours laisse entrevoir un Jésus en extase, vraiment comme au moment où Il a prononcé la prière de louange à Dieu pour la révélation exclusive aux plus petits ; « Je te rends grâce, Dieu, Seigneur du ciel et de la Terre… ». On voit donc un Jésus glorieux, supraterrestre, qui avec une autorité particulière a confirmé la profession de Pierre comme la révélation de Dieu lui-même

(dénommé solennellement « Mon père qui est aux cieux») et en conséquence, il a conféré à Pierre un statut (« sur cette pierre je bâtirai mon Église ») et une mission particulière :« Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux ».

Nous avons donc ici le discours d’un Jésus qui révèle son projet pour le futur « royaume des Cieux » et la construction de son Église. On note donc la relation étroite entre le Royaume des cieux et l’Église que Jésus a annoncé construire sur cette pierre qui est la personne de Simon Pierre. Le mot « église »qui vient du grec ekklesia reflète l’hébreu qahal qui indiquel’assemblée/congrégation du peuple convoquée par Dieu. Entrer dans le Royaume de Dieu signifie logiquement participer à l’église de Dieu que le Christ construit et nomme sienne.

Il faut souligner à ce propos que Jésus parle de son Église et de son action d’édification sur la pierre qui est Simon-Pierre. En d’autres termes, l’Église est du Christ qui la construit et non de Pierre qui, avec sa profession de foi, reste un instrument pour la fondation de celle-ci. On se rappelle que le Christ lui-même est perçu comme le rocher et en tant que tel, il n’y a aucun fondement si ce n’est le Christ lui-même. Ainsi il faut comprendre les mots de Jésus à Pierre dans un sens inclusif : pour l’édification de l’Église, Pierre sera la pierre en Christ – l’unique pierre d’angle et le fondement de tout, et ça par la volonté du Christ lui-même. De cette manière, on peut comprendre que malgré la faiblesse humaine de Pierre et de tous les autres dans l’Église, les portes de l’enfer ne prévaudront par sur elle, parce que derrière Pierre et généralement derrière toute l’Église il y a Jésus, le Christ, le Fils du Dieu Vivant qui soutient autant l’un que l’autre. Du reste, Jésus a dit lui-même à Pierre et aux autres disciples avant la Passion : « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pasToi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » (Lc 22, 31-32).

Par conséquent, dans cette perspective, voilà la belle affirmation du pape Léon le Grand († 461) ; « […] comme dure ce que Pierre a cru en Christ, ainsi dure ce que Christ a institué en la personne de Pierre […] Dans toute l’Église, Pierre proclame chaque jour : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »

Prions (prière de la collecte pour le 21 ème dimanche, Année A) : Ô Père, source de sagesse, qui dans l’humble témoignage de l’apôtre Pierre a mis le fondement de notre foi, donne à tous les hommes la lumière de l’Esprit, pour que, en reconnaissant en Jésus de Nazareth le Fils du Dieu vivant, ils deviennent des pierres vivantes pour l’édification de ton Église.

Catéchisme de l’Église catholiqueArticle 2 « et en Jésus-Christ son fils unique, notre Seigneur »

  1. Christ

436 Christ vient de la traduction grecque du terme hébreu « Messie » qui veut dire « oint ». Il ne devient le nom propre de Jésus que parce que celui-ci accomplit parfaitement la mission divine qu’il signifie. En effet en Israël étaient oints au nom de Dieu ceux qui lui étaient consacrés pour une mission venant de lui. C’était le cas des rois (cf. 1 S 9, 16 ; 10, 1 ; 16, 1. 12-13 ; 1 R 1, 39), des prêtres (cf. Ex 29, 7 ; Lv 8, 12) et, en de rares cas, des prophètes (cf. 1 R 19, 16). Ce devait être par excellence le cas du Messie que Dieu enverrait pour instaurer définitivement son Royaume (cf. Ps 2, 2 ; Ac 4, 26-27). Le Messie devait être oint par l’Esprit du Seigneur (cf. Is 11, 2) à la fois comme roi et prêtre (cf. Za 4, 14 ; 6, 13) mais aussi comme prophète (cf. Is 61, 1 ; Lc 4, 16-21). Jésus a accompli l’espérance messianique d’Israël dans sa triple fonction de prêtre, de prophète et de roi.

438 La consécration messianique de Jésus manifeste sa mission divine. « C’est d’ailleurs ce qu’indique son nom lui-même, car dans le nom de Christ est sous-entendu Celui qui a oint, Celui qui a été oint et l’Onction même dont il a été oint : Celui qui a oint, c’est le Père, Celui qui a été oint, c’est le Fils, et il l’a été dans l’Esprit qui est l’Onction » (Saint Irénée, hær. 3, 18, 3). Sa consécration messianique éternelle s’est révélée dans le temps de sa vie terrestre lors de son baptême par Jean quand « Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance » (Ac 10, 38) « pour qu’il fût manifesté à Israël » (Jn 1, 31) comme son Messie. Ses œuvres et ses paroles le feront connaître comme « le saint de Dieu » (Mc 1, 24 ; Jn 6, 69 ; Ac 3, 14).

Ajouter quoique ce soit serait prétentieux. Ce texte est complet , avec Pierre, avec les apôtres, avec tous les chrétiens du monde renouvelons notre foi en disant :

« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » 






Jésus, tu es le Christ -

Auteur : Communauté de l'Emmanuel (L.-E. de Labarthe)



R. Jésus, tu es le Christ,
Le Fils du Dieu vivant,
Toi seul as les paroles
De la vie éternelle !
Je te suivrai, Jésus, où tu me conduiras,
Toi seul es le chemin, la vérité et la vie.

1. Prenez mon joug, vivez à mon école,
Car je suis doux, je suis humble de cœur.
Vous qui peinez, venez à moi,
Je vous soulagerai.

4. Tu as posé tes yeux sur ma misère,
M’as libéré du poids de mon péché.
Tu vois mon cœur, oui, tu sais tout,
Tu sais bien que je t’aime !

5. Jésus, mon Dieu, je t’aime et je t’adore.
Je suis à toi, Jésus, viens vivre en moi.
Que ton amour brûle en mon cœur !
Sois mon maître et Seigneur.

Stance
Jésus, Jésus.
Jésus, Jésus.
Jésus, Jésus.
Jésus, Jésus.


L'Ermite