vendredi 8 mars 2024

RE - NAÎTRE

 

QUATRIEME DIMANCHE

DE CARÊME


Année B


(Jn 3, 14-21)

PETIT RAPPEL POUR LES OUBLIEUX ET POUR SITUER CE QUATRIEME DIMANCHE DE CARÊME : Dimanche de Laetare ou dimanche de la JOIE

LAETARE :Mot latin qui signifie « Réjouissez - vous ».Premier mot du chant d’entrée du quatrième dimanche de carême qui reprend un passage du prophète Isaïe .Réjouissez - vous avec Jérusalem, et soyez dans l'allégresse à cause d'elle, vous tous qui l'aimez Tressaillez de joie avec elle, vous tous qui pleuriez sur elle, afin que vous soyez allaités et rassasiés à la mamelle de ses consolations, afin que vous savouriez avec délices la plénitude de sa gloire! (Is66) Se réjouir parce que déjà perce la joie pascale, la joie de la Résurrection. Ce dimanche est une pause au milieu de notre marche vers Pâques. Paradoxalement, tout en nous rapprochant de la Passion de Jésus et de la croix, signe de notre Rédemption, la liturgie de ce dimanche nous rappelle que la source de notre salut est un motif de joie pour les chrétiens ( Église Catholique de France)

Depuis 2014, le pape François propose aux catholiques de prendre 24 heures pour se rapprocher du Seigneur, les vendredi et samedi précédant le quatrième dimanche de Carême.

Cette année encore, les catholiques du monde entier pourront participer à l’initiative « 24 heures pour le Seigneur », répondant à l’invitation du pape François en ce temps du Carême. Deux jours pour prier dans une église, y rencontrer un prêtre et se réconcilier avec Dieu. Afin de vivre la joie du 4ème dimanche de Carême, appelé le dimanche de Laetare.

« 24 heures pour le Seigneur », un rendez-vous annuel en temps de Carême

Face à l’impuissance que chacun peut ressentir face à certains événements difficiles de la vie, le pape François, dans sa lettre pour le Carême en 2015, invitait tous les baptisés à prier et à recevoir le sacrement de la réconciliation, pour y puiser de la force et de la joie. « L’initiative 24 heures pour le Seigneur, qui, j’espère, aura lieu dans toute l’Église, même au niveau diocésain, […] veut montrer cette nécessité de la prière. »

Le Saint Père incitait aussi les catholiques à ne pas en rester là : « Ensuite, nous pouvons aider par des gestes de charité, rejoignant aussi bien ceux qui sont proches que ceux qui sont loin, grâce aux nombreux organismes de charité de l’Église. Le Carême est un temps propice pour montrer cet intérêt envers l’autre par un signe, même petit, mais concret, de notre participation à notre humanité commune ».

Préparer cet événement dans les paroisses

En préparation à la résurrection de Pâques, dans de nombreux diocèses du monde entier, les églises resteront ouvertes toute une journée, offrant aux fidèles et aux pèlerins la possibilité de s’arrêter à tout moment pour adorer et se confesser.

C’est le cœur léger que toute l’Église réconciliée pourra célébrer le 4ème dimanche de Carême, dimanche de Laetare, le « Dimanche de la joie » : pour mieux faire désirer la Résurrection du Christ et la fête de Pâques qui approche

« Réjouissez - vous » : Laetare, un dimanche de Carême en rose

« Comme au dimanche Gaudete au milieu de l’Avent, l’Église fait une pause dans la pénitence quadragésimale, pour mieux se hâter vers les joies pascales. En vue de mieux le signifier, on peut porter en ce jour des ornements roses, mettre des fleurs dans le sanctuaire, jouer de l’orgue. » (Source : Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie).

Oui nous avons raison de nous réjouir en ce 4e dimanche de Carême car nous sommes assurés, moyennant la foi, d'avoir en partage la vie éternelle ! ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Voici le point de vue du Premier Pape Simon - Pierre :

Dans cette pensée, vous tressaillez de joie, bien qu'il vous faille encore pour un peu de temps être affligés par diverses épreuves, afin que l'épreuve de votre foi beaucoup plus précieuse que l'or périssable que l'on ne laisse pourtant pas d'éprouver par le feu, vous soit un sujet de louange, de gloire et d'honneur lorsque se manifestera Jésus-Christ. Vous l'aimez sans l'avoir jamais vu; vous croyez en lui, bien que maintenant encore vous ne le voyiez pas; et vous tressaillez d'une joie ineffable, et pleine de gloire, sûrs que vous êtes de remporter le prix de votre foi, le salut de vos âmes. (1P1)

Mais la vie éternelle qu'est-ce que c'est ?

Et la foi comment l'obtient - on ?

Ce qui est extraordinaire c'est, qu'en Dieu, il suffit d'ouvrir son cœur et ses mains, pour accueillir ce qui nous est donné. TOUT EST DON La foi, la Vie Éternelle, notre existence, tout vient de Dieu  !

Or, la vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ. (Jn 17)

CONNAÏTRE, c'est à dire naître avec, c'est ce que répond Jésus à Nicodème au début de ce chapitre« Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. (Jn 3)

Le Baptême est donc la réponse, nous sommes invités, appelés à naître de la vie même de Dieu. Et, de même que pour permettre à notre corps de se développer nous avons besoin de nourriture , de même pour entretenir la vie de l'Esprit nous devons manger ce que nous donne le Dieu d'Amour :

Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. (Jn 6)

Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte. (Jn 6)

et l'entretenir

Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? »

Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ? » L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. » (Lc10)

Celui qui croit au Fils a la vie éternelle (Jn 3)

Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi a la vie éternelle. Moi, je suis le pain de la vie. (Jn 6)

Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. (Jn 12)

Il n'est pas étonnant que Simon - Pierre , dans un élan d'amour s'écrie dans un magnifique acte de foi : :

« Seigneur, vers qui pourrions - nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. (Jn 6)

et que St Paul dans la seconde Lecture de ce dimanche nous dise :

Dieu est riche en miséricorde ;. C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi.Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.

Arrêtons - nous, si vous le voulez bien sur ces versets : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

Sans doute est-il juste de reconnaître dans ce serpent de bronze élevé par Moïse, une préfiguration du Christ élevé sur la croix. De même que l'homme croyant de l'Ancienne alliance, en levant son regard vers le serpent était guéri parce qu'il avait foi en Dieu qui avait dit à Moïse Fais faire un serpent brûlant (c’est-à-dire venimeux) et fixe-le à une hampe : quiconque aura été mordu et le regardera aura la vie sauve. Moïse fit un serpent d’airain et le fixa à une hampe ; et lorsqu’un serpent mordait un homme, celui-ci regardait le serpent d’airain et il avait la vie sauve. » (Nb 21, 7-9).

de même le croyant, ou Celui qui cherche Dieu, s'il lève, son regard sur Jésus élevé sur la Croix, sera sauvé, et le premier dans ce cas, fut le bon Larron :Jésus, souvenez - vous de moi, quand vous reviendrez avec votre royauté. " Et il lui dit: " Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. (Lc 23) .

L'auteur de la Lettre aux Hébreux nous encourage dans ce sens , il nous dit même de courir :courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, les yeux fixés sur Jésus, l'auteur et le consommateur de la foi, lui qui, au lieu de la joie qu'il avait devant lui, méprisant l'ignominie, a souffert en croix, et " s'est assis à la droite du trône de Dieu ". (Hb12)

Dieu fait reprendre à Moïse une coutume ancestrale qui relevait de la magie, pour l'enraciner, dans la foi au Dieu de l'Alliance, et l'enraciner dans la vie des hommes, de l'Alliance tout en douceur, sans rien brusquer ;de même ,Jésus, enracine la Nouvelle Alliance dans l'Ancienne, et la conduit à sa perfection. Dieu ne brise pas, Dieu est le

Berger de Son Peuple , Il conduit Son peuple en douceur, sauf quand Il doit le réveiller lorsque celui-ci se rebelle.. Notons que le regard porté sur le serpent de bronze, visait une guérison physique , et seulement pour le Peuple hébreux et que Jésus annonce, une guérison spirituelle pour l'humanité tout entière :,ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. En évoquant l'épisode du serpent, Jésus veut faire comprendre à Nicodème, à Ses apôtres et à chacun de nous, que le monde trouvera sa guérison dans Sa propre élévation. Puis Jésus veut nous convaincre que le Père L'a envoyé non pour juger mais pour sauver et celui qui refuse de croire , il s'agit évidemment d'un acte délibéré, celui-là se perd sciemment  :Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

La grande question , la presque insoluble question, est de se demander si l'on peut vraiment en toute connaissance de cause refuser l'Amour, refuser la Lumière???Toutefois Jésus ne parle pas de refuser mais de préférer . Nous y reviendrons. Dans un premier temps , il me semble intéressant de mettre en parallèle quelques versets du Prologue de St Jean et cette Parole de Jésus :

A) La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde. Jn 1

A° Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde,

B) et le monde ne l'a pas connu. Il vint chez lui, et les siens ne l'ont pas reçu.

B) et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.

C) Il vint chez lui, et les siens ne l'ont pas reçu. (Jn 1)

C) Celui qui fait le mal déteste la lumière :il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ;

D) Mais quant à tous ceux qui l'ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu sont nés.

D) mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

Saint Jean a écrit son évangile autour des années 95/100, il a eu le temps d'approfondir les Paroles du Maître , de se les approprier c'est sans doute pour cette raison que sa perception est si proche de l'expression de celle de Jésus, de Jésus Lui-même !

C'était une parenthèse , à mon point de vue, fort intéressante et qui devrait faire grandir en nous ce désir profond de « ruminer » la Parole divine pour nous l'approprier et ne faire qu'un avec elle !

Refuser /préférer

    Refuser c'est ignorer, évincer, éconduire, mettre à l'écart // Préférer c'est élire, choisir, adopter , cette démarche engage l'être de la personne . Nous avons ce terrible pouvoir , c'est dire la confiance qui nous est faite, d'avoir cette terrible liberté de faire un choix pour la vie ou pour la mort, que nous trouvons déjà inscrit dans le Deutéronome ( écrit environ 7 à 800 ans avant Jésus) :Vois, j'ai mis aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal, en te prescrivant aujourd'hui d'aimer le Seigneur, ton Dieu, de marcher dans ses voies et d'observer ses commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies, et que le Seigneur, ton Dieu, te bénisse dans le pays où tu vas entrer pour le posséder. Mais si ton cœur se détourne, que tu n'écoutes point et que tu te laisses entraîner à te prosterner devant d'autres dieux et à les servir, je vous déclare en ce jour que vous périrez certainement; vous ne prolongerez pas vos jours sur la terre où après avoir passé le Jourdain, tu vas entrer pour la posséder. J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre: j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis donc la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, en aimant le Seigneur, ton Dieu, en écoutant sa voix et en t'attachant à lui; car cela, c'est ta vie et de longs jours à demeurer dans la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob.» (Dt 30)

Et Jésus qui est venu accomplir ,nous invite à son tour à choisir la Lumière source de vie, jaillissement de vie  ! C'est aussi cela que nous devons développer durant le carême : être tendu vers plus de Lumière , vers plus de vie et pour ce faire, il convient de tourner le dos aux ténèbres du péché, du mal sous toutes ses sollicitations, y compris les plus insidieuses, les plus subtiles, les plus cachées, les apparemment plus insignifiantes ! En effet les petites choses conduisent aux plus grandes et non le contraire, moins je prie, moins j'ai envie de prier, plus je prie , plus j'ai en envie de prier, si je consens un minuscule mensonge , demain ce sera un plus grand, si je vole un un crayon il y a tant de choix, demain ce sera un ordinateur...nous connaissons tous le dicton, « qui vole un œuf vole un bœuf ». Choisissons la Lumière car notre Maître et Seigneur est LUMIERE , Il est LA LUMIERE, alors suivons- Le, même si cela nous conduit à la croix ! car  « Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera. (Mt 10) et « celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »


Perdre sa vie

(CFC / Gelineau / Sodec)

STANCE
Perdre sa vie pour accueillir le Christ,
se livrer au Christ pour rencontrer le Père,
se trouver soi-même comme un don de Dieu.
REFRAIN
Je te suivrai, Jésus, montre - moi le chemin.
1
Qui aime son père et sa mère plus que moi
N'est pas digne de moi.
2
Qui refuse de prendre sa croix
N'est pas digne de moi.

3
Qui perd sa vie à cause de moi
La gardera.



L'Ermite

vendredi 1 mars 2024

LE TEMPLE, C'EST VOUS !

 

TROISIEME DIMANCHE

DE CARÊME


Année B


(Jn 2, 13-25)

Voilà quelques semaines, une personne qui vient rencontrer l'Ermite depuis qu'elle a remarqué qu'un Ermitage se cache sur le plateau, est arrivée avec cette remarque - question : « je trouve surprenante, voire déplacée, cette violente colère de Jésus, Lui Jésus , le Saint ! dans le Temple de Jérusalem , j'aimerais avoir votre point de vue » Je lui ai donné un premier point de vue, et, depuis, ce passage d’Évangile ne me quitte pas. J'apprécie donc, de devoir l'approfondir avec vous aujourd'hui, et je lui ferai part de ma réflexion, lors d'une prochaine rencontre.

Ceci étant, il y a bien des façons d'envisager le décryptage de cette péricope et je pense que de nombreux volumes n'y suffiront pas ! car « Vivante est la Parole de Dieu !énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants ; elle pénètre au plus profond de l'âme, jusqu'aux jointures et jusqu'aux moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. Pas une créature n'échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, dominé par son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes ». (Hb 4)

Première approche : je n'ai jamais été troublée par le comportement de Jésus à cette occasion. J'ai toujours assimilé le Temple à nos églises , nos lieux dédiés à la prière et au recueillement et compris, à quel point Jésus pouvait être blessé de voir ce lieu dédié à la rencontre avec Son Père, transformé en rendez-vous d'affaires temporelles où bestiaux et monnaie, prennent tout l'espace. C'est devenu le « sanctuaire » du donnant / donnant alors que Jésus, le Fils du Père est la gratuité absolue ! De là, à rendre au Temple sa destination première, il n'y a qu'un pas et je ne vois pas comment Jésus aurait pu se faire entendre dans le brouhaha des beuglements , des bêlements, des caquètements, et des chamailleries d'hommes qui se vantaient d'avoir réussi l'affaire du siècle sans prendre un moyen efficace ! Jésus n'a frappé personne , Jésus a libéré le Temple !

J'ai souvent pensé, après le Concile , où les chrétiens se débridaient au point que certaines églises, en attendant que commence la messe, devenaient un lieu de gouaille, de marchandage, parfois de critiques, voire d'affaires diverses et variées  qu'il serait bon que Jésus revienne avec Son fouet, pour rendre, à ces lieux, leur sacralité !

Dès que quelqu'un désirait me parler, je l'entraînais dehors et continue d'agir de la sorte quand je sens qu'il convient d'engager une conversation ! Tout lieu, dédié à la prière, appelle respect et silence, hier, comme aujourd'hui ! Ce n'est pas pour rien que l’Église désacralise une église, lorsque celle-ci doit être affectée à un autre service que celui du culte !

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ;il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes :« Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »

Autre approche : j'ose l'emprunter à la revue « initiales N° 236, le propos me paraît clair, simple, très abordable, de confiance, je ne vois pas pourquoi je prendrai un temps précieux de recherche à fouiller à droite et à gauche, quand quelqu'un l'a si bien fait avant moi !

Je cite :

Un refus de commerce dans le Temple

Dans l’Évangile selon St Jean, c’est la première fois que Jésus vient à Jérusalem au moment de la fête de la Pâque. Son premier geste est de se fabriquer un fouet pour chasser les marchands, leurs bœufs, leurs brebis et leurs colombes ainsi que les changeurs. On peut alors s’étonner de cette violence. Après tout, tous ces gens sont là pour que le service du Temple se passe bien : puisque l’on offre des sacrifices d’animaux, il faut bien pouvoir se procurer des bœufs et des brebis. Et pour éviter de faire rentrer dans le Temple des monnaies à l’effigie païenne de l’empereur de Rome, les changeurs sont bien nécessaires.


Le culte dénoncé comme trafic

Alors, qu’est-ce qui peut bien pousser Jésus à un tel accès de colère ? Il le dit lui-même : « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » Est-ce le commerce qui est visé ? Non, mais plutôt la manière de rendre un culte à Dieu. « Je t’offre un bœuf donc tu me dois ce que je te demande. » Le culte devient un trafic où je pense pouvoir avoir prise sur Dieu. Symboliquement, Jésus déclare ainsi la fin des rites sacrificiels. Ceux-ci seront remplacés par l’offrande que Jésus fera de sa vie. C’est bien ainsi que le comprendront les disciples après la mort de Jésus, comme en témoigne la citation d’un psaume très utilisé dans le récit de la Passion : « Le zèle de ta maison me dévorera » (Ps 69,10).

Le véritable sanctuaire

Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit :L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent :« Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? »Jésus leur répondit :« Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »Les Juifs lui répliquèrent :« Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

Les autorités juives demandent alors un signe qui puisse accréditer le geste de Jésus. La réponse de Jésus n’est pas compréhensible dans un premier temps : « Détruisez ce sanctuaire (Naos) et, en trois jours, je le relèverai. » On remarquera que Jésus ne parle plus du vaste ensemble que forme le Temple de Jérusalem mais du sanctuaire, c’est-à-dire le lieu sacré au centre du Temple, lieu de la présence invisible de Dieu. Les autorités juives reprennent le mot de sanctuaire mais parlent en fait du Temple qui a été agrandi pendant quarante-six ans par le roi Hérode Ier le Grand.

Il y a évidemment malentendu. Jésus se présente comme le vrai sanctuaire, lieu de la présence de Dieu ; ses interlocuteurs ne pensent naturellement qu’aux pierres.

L’évangéliste interprète

Le narrateur précise aussitôt à son lecteur la véritable interprétation de la Parole de Jésus : « Mais lui parlait du sanctuaire (Naos) de son corps. » Le véritable sanctuaire, c’est le corps de Jésus, crucifié et ressuscité le troisième jour.
C’est lui qui assure désormais le rôle que le Temple jouait dans le monde juif. L’évangéliste ajoute que cette lecture ne pouvait être faite qu’après la Résurrection de Jésus. C’est elle qui donne la clé de l’interprétation.

Un Évangile à lire et à interpréter !

Nous le comprenons bien : nous ne pouvons pas rester à une lecture au premier degré. Le problème à régler paraît simple : c’est la présence du commerce dans le Temple.

Premier déplacement : nous passons du commerce à sa signification pour la relation à Dieu. C’est le culte sous forme trafic qui est condamné par Jésus.

Deuxième déplacement : nous passons du sanctuaire, lieu de la présence invisible de Dieu, à la personne de Jésus - sanctuaire, véritable présence de Dieu.

Troisième déplacement : ce sanctuaire détruit et rebâti en trois jours, c’est Jésus mort et ressuscité. L’ensemble de la vie de Jésus n’est compréhensible qu’à la lumière de la fin. C'est-à-dire : Sa RESURRECTION .

Pourquoi ce récit au début de l’Évangile plutôt qu’au moment de la Passion ?

Dans les Évangiles synoptiques (les Évangiles de Marc, Matthieu et Luc), l’épisode de Jésus chassant les vendeurs du Temple se trouve situé juste avant la Passion. En situant cet épisode au début de son Évangile, l’évangéliste Jean en fait une ouverture sur le sens de la mission de Jésus et sur le mystère de sa personne. Dès son arrivée à Jérusalem, Jésus est présenté à la fois comme celui qui vient instaurer le culte véritable mais aussi comme étant lui-même l’unique sanctuaire par lequel on peut avoir accès à Dieu son Père. En filigrane, c’est la mort et la Résurrection de Jésus qui sont annoncées et seront perçues comme clé de lecture de toute sa vie par ses disciples. C’est à ce regard de foi que le récit évangélique nous invite.


Troisième approche et celle-là nous concerne personnellement en ce temps de Carême voulu et accompagné par l’Église, pour nous aider à grandir dans la Foi et dans l'Amour !

N'oubliez pas , écrit Saint Paul, que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c'est vous. (1Co 3)

Temple de l'Esprit Saint je suis invité en ce temps privilégié à extirper de mon être, avec la grâce divine, un maximum de « bestiaux et de bestioles » qui grouillent en moi et me pourrissent la vie comme l’Église m'y invitait le Mercredi des Cendres « Convertissez - vous et croyez à l’Évangile ». Ni Jésus, ni le responsable paroissial ne viendront, fouet en mains, pour chasser tout l'encombrement de ma vie spirituelle, mais tout au long du Carême, des propositions me seront faites pour chasser de mon cœur, tout ce qui m'empêche d'aimer Dieu et mes frères. Les lectures de l’Écriture Sainte m'aideront à faire le point, à regarder avec sincérité où le bât blesse . Aujourd'hui  -même, la première lecture développe tout une panoplie de ce qui est juste et bon pour travailler à la venue du Royaume, en soi et, par ricochet dans la cité :

Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi. Tu ne feras aucune idole,...( Dieu sait à quel point nous sommes envahi par toutes sortes d'idoles et de faux dieux à notre époque! À commencer par le téléphone portable, en passant par les instituts de bien-être, le sport à outrance , les cabinets de ceci et de cela …)

Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux, pour leur rendre un culte...Tu n’invoqueras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu,...Souviens - toi du jour du sabbat pour le sanctifier.. (le dimanche pour nous, ce jour-là, est-ce que je prends le temps de rencontrer Celui de qui je tiens tout ? Est-ce que je prends le temps de la prière ?... )

Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.( jeunes ou moins jeunes , sont-ils un poids pour moi ou une vraie source de sagesse ? Est-ce que je sais leur dire ma reconnaissance, les écouter, les regarder vivre, les aimer etc ...)

Tu ne commettras pas de meurtre. Tu ne commettras pas d’adultère.(il y a tellement de façons de tuer son enfant, son époux(se), son voisin...il y a des paroles qui tuent , qui paralysent autrui y compris à l'intérieur de la famille...)

Tu ne commettras pas de vol.(moi, jamais ! Et pourtant il est si facile et si commun de s'arrêter sur la route pour subtiliser dans un champ le bien d'un producteur, …)

Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ;tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne :rien de ce qui lui appartient. » ...

Je peux aussi choisir un évangile, en lire quelques pages chaque jour du carême et m'interroger sur ma façon de vivre ce que le Christ me demande ! Quelques exemples pour amorcer :

Jésus dit à Simon: " Mène au large, et jetez vos filets pour la pêche. " Simon répondit: " Maître, toute la nuit nous avons peiné sans rien prendre; mais, sur votre parole, je jetterai les filets. " Et l'ayant fait, ils prirent une grande quantité de poissons; et leurs filets se rompaient. Et ils firent signe aux compagnons, qui étaient dans l'autre barque, de venir à leur aide. Ils vinrent, et on remplit les deux barques, au point qu'elles enfonçaient. (Lc 5) Quand je comprends, parce que l'Esprit Saint parle en moi, que Jésus me demande d'aller à la rencontre de mes frères quelle est ma réaction( les poissons) ? Comme Pierre, est-ce que j'accepte de me jeter à l'eau sachant que si Jésus me le demande, Il me donnera les grâces nécessaires pour accomplir la mission soufflée ? Et ce n'est ici, qu'un infime aspect de ce verset .. ;

Or, comme il était dans une des villes, survint un homme tout couvert de lèpre. (Luc 5) suis-je prêt à me recueillir pour demander au Christ quelle est ma lèpre cachée, mon péché , pour le Lui remettre et recevoir Son pardon ?

Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir. (Lc 5) Ai-je cette simplicité de demander au Christ, de me guérir de tant de manques, de tant de maladies de l'âme qui entravent ma vie et m'empêchent d'être heureux et d'avancer ?

Le temps de la purification est venu, c'est le moment d'extraire de nos cœurs tout, vraiment tout ce qui les encombre, de nous libérer de tout ce qui n'est pas essentiel, voire, existentiel, pour redéployer des espaces pour Dieu, des espaces pour l'autre, mon frère. Le vrai Temple du Seigneur, c'est notre cœur, c'est dans ce lieu que le Seigneur veut faire Sa demeure, accepterons - nous, en cette Pâque 2024 de Lui aménager un espace habitable où Il puisse se reposer ? Ne le savez - vous pas ? Votre corps est le temple de l'Esprit Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car le Seigneur a payé le prix de votre rachat. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps (1Co )

Apportons notre pierre pour participer au mieux à la Construction de l’Église UNE ET SAINTE devenons ces « pierres vraiment vivantes » qui la font grandir Plus je vis de la vie de Jésus-Christ, plus l’Église est vivante « Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus. (1P 2) L’Église a besoin de saints que chacun prenne garde à la façon dont il construit. (1Co 3)

PSAUME

(18b (19), 8, 9, 10, 11)

R/ Seigneur, tu as les paroles
de la vie éternelle.
 (Jn 6, 68c)

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;

le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

L'Ermite

vendredi 23 février 2024

ECOUTEZ-LE

 

DEUXIEME DIMANCHE

DE CARÊME



Année B


(Mc 9, 2-10)

Dimanche dernier, Jésus sortait victorieux de Son combat avec les forces du Mal, comparées à des bêtes sauvages en raison de leur violence et de leur agressivité ,.

Au terme de cette lutte ,les Anges, qui se tiennent devant la Face du Père, étaient là, pour Le réconforter et Le servir.

Libéré, pour un temps, des puissances maléfiques, Jésus peut entreprendre la Mission pour laquelle Il est descendu du sein du Père.

Après nous avoir incité à la conversion, Jésus institue le collège apostolique pour Le suivre et L'aider dans cette mission colossale.

Il a sondé la connaissance de Ses amis à propos de Son identité . « Et vous, qui dites-vous que je suis? " Pierre, prenant la parole, lui dit : " Vous êtes le Christ ». (Mc 8) Après une première annonce de Sa Passion Jésus a prévenu, Le suivre, implique un renoncement absolu à soi-même qui passe forcément par la croix " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix et me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie, la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile, la sauvera. (Mc 8)

Ici et là des controverses se font jour, la colère grandit , Jésus est de plus en plus contesté, Jésus préfère avertir Ses disciples du drame qui se prépare, en même temps, Il tient à leur donner des éléments qui fortifieront leur foi et devraient leur permettre de rester fidèles et de poursuivre la mission confiée .

La Transfiguration est ce moment clef qui veut les affermir . Sont conviés trois des tout premiers appelés :Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean,et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne.

La montagne ! Lieu privilégié du silence, de la solitude, lieu privilégié des grandes manifestations divines ! N'est-ce pas sur le Mont Sinaï que Dieu donne rendez-vous à Moïse pour la grande et impressionnante manifestation de Son identité ?   La montagne de Sinaï était toute fumante, parce que le Seigneur y était descendu au milieu d'eux, et la fumée s'élevait comme la fumée d'une fournaise, et toute la montagne tremblait fortement. (Ex 19)

et, mieux encore :

Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer auprès de Moïse. Il proclama lui-même son nom ; il passa devant Moïse et proclama : « JE SUIS CELUI QUI SUIS » Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de fidélité, (Ex 34)

Les trois apôtres sont là, avec le Maître, sur le Mont Thabor. Sans le moindre signe avant coureur, Jésus fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants,d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.Élie leur apparut avec Moïse,et tous deux s’entretenaient avec Jésus.

Moïse , celui qui, sous la houlette de JE SUIS a libéré le peuple de l'esclavage qu'il subissait en Égypte et Élie le Prophète de l'Horeb où il fera la merveilleuse expérience de Dieu :Élie se leva, mangea et but. Puis, fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'à l'Horeb, la montagne de Dieu. (1R 19)

D'une montagne à l'autre, nous ne tarderons pas à gravir celle du Golgotha où Jésus sera crucifié et où, hélas, les apôtres, à l’exception de St Jean, laisseront Jésus seul !

De l’expérience spirituelle des apôtres à l'heure de la Transfiguration nous n' avons qu'une description extérieure : Ses : vêtements devinrent resplendissants,d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille,et la présence de Moïse et d’Élie, et le bouleversement, une joie indescriptible aussi qu'ils éprouvent, au point que Pierre ose une parole :

:« Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes :une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »De fait, Pierre ne savait que dire,tant leur frayeur était grande.

Les apôtres nous apparaissent à la fois émerveillés, rassérénés, ils se sentent bien puisqu'ils désirent demeurer sur ce lieu de grâce . Ils auraient très envie de voir durer ce moment bien particulier dont ils ne comprennent pas toute la portée, et qui, cependant, les établit dans un état d'esprit de sérénité, de bien-être,de quiétude, de joie intérieure. Les soucis éventuels du quotidien n'ont pas de place ici, pourquoi ne chercheraient-ils pas à le traduire en un état de vie durable? En même temps , selon l'évangéliste, Pierre semble partagé entre bonheur et frayeur, il dit des choses « il est bon que nous soyons ici » « dressons trois tentes » pour occuper le terrain, pour rompre un silence qui le dérange et parce qu'il ne comprend pas tout de ce qui vient d'arriver : Jésus est le même et pas le même, comme ce sera le cas lors de la résurrection, mais ça il ne peut s'en douter à cette heure! Et puis, la présence de ces deux grands témoins de l'Ancien Testament le dépasse ! Pour cacher sa gêne Pierre parle laissant entrevoir qu'il est dépassé mais, en même temps, conforté dans sa récente Profession de foi !.

Ce genre de situation ne nous est pas étrangère, nous connaissons tous, un jour ou l'autre, ces moments, où nous faisons du remplissage pour camoufler notre gêne. Peut-être serait-il plus sage, plus simple d'exprimer notre ressenti pour recevoir un éclairage adapté.

Pierre et ses compagnons en sont là, de leur attente immédiate quand Survint une nuée qui les couvrit de son ombre,et de la nuée une voix se fit entendre :« Celui-ci est mon Fils bien-aimé :écoutez-le !» Matthieu seul précise : En entendant, les disciples tombèrent la face contre terre et furent saisis d'une grande frayeur. Et Jésus, s'approchant, les toucha et dit: " Levez-vous, ne craignez point. " Levant les yeux, ils ne virent plus que Jésus seul. (Mt 17) L'événement renverse littéralement les trois apôtres, et nous le comprenons ! (Les iconographes rendent bien la situation dans leurs travaux.) Ils sont enveloppés de lumière(la nuée) qui exprime la Présence de Dieu et ils entendent cette voix unique qui désigne Jésus comme étant le Fils bien-aimé , ils sont donc, en présence du Père et de Son Fils, ce qui signifie que le Fils est Dieu et il leur est demandé même ordonné, car il s'agit d'un impératif, de L'écouter : « :écoutez-le » Bouleversés, renversés, ont-ils eu la capacité d'assimiler tout ce qui se passe depuis un moment ? D'autant que : Soudain, regardant tout autour,ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Tout s'est passé très vite , ils sont trois heureusement, Quand ils échangeront entre eux, plus précisément après la résurrection, ils reconstitueront l'événement , se complétant pour obtenir « un tableau » à peu près complet , de cette expérience unique qui à cette heure les dépasse et pourtant les fortifie et les inonde de paix et de lumière intérieure . Ils ne posent même pas de questions au Maître ils sont dans un état second , ils doivent laisser cela descendre en eux pour tenter d'accueillir ce qui reste une fabuleuse expérience.Ils peuvent s'approprier cette parole d'Isaïe :

"Malheur à moi! je suis perdu ! car je suis un homme aux lèvres souillées, et j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres souillées, et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur des armées!" (Is 6)

Ils sont là, avec Jésus seul, tout ce qu'ils ont perçu de la gloire, Moïse, Élie, la Nuée éblouissante, cette voix unique et venue d'ailleurs, tout cela a disparu, il n'y a plus que Jésus seul . Personnellement, cela me renvoie à la croix où Jésus sera seul , absolument seul, au point d'appeler Son Père « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné? (Mc15) » Faut-il voir un lien entre ces deux temps de la vie de Jésus ? Peut-être ! Surtout un appel à savoir nous ouvrir à tous les frères qui vivent une terrible solitude et n'ont pas la foi pour lui donner du sens ! Savons-nous les voir ? Osons-nous les rencontrer ?

Jésus ne laisse pas à Ses apôtres le temps de l'échange, les ayant tirés de leurs

silence  Il les entraîne sur le chemin du retour avec une consigne de confiance :

:Ils descendirent de la montagne,et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.

Jésus leur ordonne de garder pour eux, l'événement, jusqu'à l'heure de la Résurrection ! C'est donc la Résurrection qui éclairera ce moment si intense ! Pour l'heure ils doivent redescendre de la montagne alors qu'ils auraient bien voulu s'y installer, et affronter, avec Jésus le quotidien qui va devenir de plus en plus difficile.

Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire :« ressusciter d’entre les morts ».

Que retenir de cette manifestation de la Gloire pour notre vie personnelle ?

Sans doute que les expériences spirituelles fortes, intenses, sont « des fortifiants spirituels » qui doivent nous aider à tenir , à rester fermes au moment de la nuit de l'épreuve.

Que Jésus est «  lumière » « :Ses vêtements devinrent resplendissants,d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.

Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. (Jn 1)

Ce que Jésus confirme Lui-même dans l’Évangile de St Jean

"Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie." (Jn 8)

« Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. (Jn 8)

Que celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu. » (Jn 3)


Que pour suivre Jésus en vérité, nous devons L’écouter, écouter Sa Parole, en faire notre référence, notre Livre de chevet, notre nourriture,

Prends, et dévore-le; il sera amer à tes entrailles, mais dans ta bouche il sera doux comme du miel. (Ap 10)


HYMNE : NOUS AVONS QUITTÉ

CFC — CNPL

Nous avons quitté
Nos chemins de peine
Pour goûter près de toi
Le repos ;
Seigneur, tu le sais,
Nous cherchons le Père,
Apprends-nous à prier.

Saurons-nous veiller
Quand la chair est faible ?
Ton désir nous soutient
Dans la foi ;
Seigneur, nous croyons :
Tu connais le Père,
Montre-nous sa beauté.

Un instant nos yeux
Ont surpris ta gloire :
Te voici rayonnant
De splendeur.
Seigneur, notre joie,
Tu as vu le Père,
Ton visage est clarté.

Dans la nuit des temps
Se cachait ta face ;
Les prophètes annonçaient
Ta venue.
Seigneur, aujourd'hui,
A la voix du Père,
Nous t'avons reconnu.

Il nous faut encore
Soutenir l'épreuve,
Traverser avec toi d'autres nuits ;
Seigneur, Fils de Dieu,
Conduis - nous au Père,
Transfigure nos vies.

Transfigure nos vies.



L'Ermite