vendredi 7 août 2026

AUSSITÔT, JÉSUS ÉTENDIT SA MAIN

 

XIX e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE

Année A




(Mt 14, 22-33)



Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.

 Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent « C’est un fantôme. »
Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla :« Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »Pierre prit alors la parole :« Seigneur, si c’est bien toi ,ordonne - moi de venir vers toi sur les eaux. »Jésus lui dit :« Viens ! »Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria :« Seigneur, sauve -moi ! »Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit :« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba .Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent :« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »



Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.

Jésus ne se sépare de Ses disciples que pour mieux se recueillir et se retrouver un moment avec Son Père dans un cœur à cœur qui ne peut que Le remplir de joie.

Le soir venu, il était là, seul. Jésus, on s'en doute, apprécie ce moment de solitude, loin du bourdonnement de la foule et, peut-être des questions des disciples .Le fait d’avoir multiplié les pains, cela venait de Dieu ; le fait qu’il ait prié, cela était humain, non pas qu’il en eût besoin, mais pour donner l’exemple. En effet, toute action du Christ est un enseignement pour nous. Jn 13, 15 : Je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme j’ai fait. Et il nous donne l’exemple comment prier : pour prier, le repos de l’esprit, l’élévation et la solitude sont nécessaires. Le repos est indiqué : QUAND IL EUT RENVOYÉ LA FOULE, qui représente les pensées troublantes avec lesquelles un homme ne peut pas prier. C’est pourquoi [le Seigneur] enseigne à fermer les portes de notre cœur, plus haut, 6, 6 : Lorsque tu pries, entre dans ta chambre, etc. Aussi, l’élévation. Lm 3, 28 : Il siégera seul et s’élèvera au-dessus de lui-même. Aussi, la solitude. Os 2, 14 : Je la mènerai au désert et je parlerai à son cœur. Par la montagne, on entend le ciel. En effet, il n’y a rien de plus élevé que le ciel. Après avoir renvoyé les foules, c’est-à-dire après avoir renvoyé ce qui est mortel, il alla vers le ciel, et lui seul y monta, et par sa propre puissance. Mi 2, 13 : Il est monté devant pour ouvrir le chemin. De même, il est monté pour prier. He 7, 25 : Montant de lui-même. Mais ici semble se poser une question, car Jean semble dire qu’il mena les foules sur la montagne, comme on lit en Jn 6, 3 ; mais ici, on dit qu’après avoir nourri les foules, il gravit la montagne. La réponse est qu’il mena [les foules] vers la montagne, mais qu’après, il monta vers un endroit plus élevé. Se pose aussi une autre question, car on trouve en Jn 6, 15 qu’il s’enfuit, parce qu’on voulait le faire roi. Mais ici, on dit qu’il monta pour prier. Augustin dit que ce peut être la même cause qui le fit fuir et [le conduisit] à prier. Ensuite, le danger est décrit par le moment, car c’était la nuit, et, la nuit, la mer est plus dangereuse. [Matthieu] dit donc : LE SOIR VENU. Et cela signifie sa passion, car il monta seul vers sa passion. Ac 1, 9 : Sous leurs yeux, il s’éleva et la nuée le déroba à leurs Yeux. (St Thomas d'Aquin)

Pendant que Jésus prie, et alors que vient la nuit, les apôtres voguent , ils n'avancent guère apparemment, parce que des vents contraires freinent la progression et chahutent la fragile embarcation. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. Et voilà que vers la fin de la nuit Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Là encore nous comprenons leur émoi et leur réaction :Ils dirent « C’est un fantôme. »L'inattendu de la situation explique les remarques et les cris qui s'ensuivent :Pris de peur, ils se mirent à crier là encore, nous n'aurions pas agi différemment. Qui de nous marcherait sur les eaux pour rejoindre des amis en balade ? Il y a de quoi se laisser surprendre et s'affoler! Qu'un doute s'installe c'est plutôt bon signe! Ce comportement révèle que les apôtres réfléchissent, ils n'agissent pas à la légère, ne se laissent pas raconter n'importe quoi , et ne sont pas prêts à suivre le premier venu capable de les détourner de leur mission, de leurs choix, de les entraîner pour une aventure qu'ils regretteraient ensuite ! ! Lucide sur les possibles méprises, Jésus ne tarde pas à se manifester :.Mais aussitôt Jésus leur parla :« Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur! Ce n'est pas le doute qui aurait été répréhensible mais l'absence de discernement. Il en est de même dans notre vie de foi, douter nous conduit à approfondir les raisons de nos engagements, leurs fondements. Le doute nous fait grandir, resserre nos liens avec Jésus, le Véridique. Le doute révèle aussi nos failles, Thomas doute parce qu'il n'a pas vu comme ses frères le Christ ressuscité, il le dit simplement et quand Jésus se manifeste, il est guéri et tombe en adoration devant l'Homme - Dieu «  Mon Seigneur et MON DIEU ! » Jésus, d'ailleurs, n'émet aucun reproche, Il parle et Sa Parole est rassurante, elle invite à la confiance, Il précise « c'est moi »!Ah le poids de ces deux petits mots ! Ne révèlent - ils pas une douce familiarité , une intense fraternité , ? C'est moi, Celui dont vous partagez le quotidien depuis plusieurs mois, c'est moi, votre ami, votre frère! Ces deux petits mots sont magiques, ils apaisent toutes nos tempêtes ! Bien des saints ,Ste Catherine de Sienne, St Jean de la Croix, Ste Thérèse d'Avila, au cœur des tempêtes de leur vie spirituelle ont été rassurés par cette voix reprenant ces deux petits mots rassurants : « C'était moi »

Cependant, Pierre le fougueux, mais aussi le responsable de l'embarcation, celui à qui Jésus dira prochainement «Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église» veut s'assurer de façon indubitable qu'il ne s'agit pas d'une entourloupe du Malin, Pierre tient à vérifier. Il a compris et vu, que le Maléfique est susceptible de roueries exceptionnelles, de singeries aussi , Pierre tente une ultime identification : Pierre prit alors la parole :« Seigneur, si c’est bien toi, ordonne - moi de venir vers toi sur les eaux. » Pierre sait que les eaux grouillent d'esprits maléfiques, il sait que le Satan n'a d'autre pouvoir que celui auquel le Père consent, Il croit fermement que sa requête confirmera ou infirmera le dire de l'interlocuteur qui ne se fait pas prier , un seul mot

suffit :Jésus lui dit :« Viens ! » Un seul mot, un ordre : « Viens » , il n'en faut pas plus , mais il faut entendre la voix de l'Ami, et Son soutien pour permettre à Pierre de retrouver son audace naturelle Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Jésus rend Pierre capable de l'impossible, Jésus nous rend capable de l'impossible, Il nous donne force, confiance, abandon, parce que nous savons ,que le véritable « acteur » c'est Lui, Jésus , mais il suffit d'un grain de sable, d'un minuscule événement, pour nous faire reprendre les commandes et tout capote. C'est encore ce qui arrive à Pierre, d'abord établi dans la confiance, un coup de vent plus violent et, patatras, Pierre cède à la peur, il oublie la Présence forte et aimante de Jésus , Pierre regarde le danger, au lieu de regarder Jésus et il perd son bel abandon :Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria :« Seigneur, sauve - moi ! » Pierre a, heureusement, le bon réflexe , il crie vers Son Seigneur et Maître ! Quand un pauvre appelle, le Seigneur entend dit le psaume : « Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses. Ps 33,7 Est-ce notre manière d'agir ? Quand plus rien ne va, quand nous avons le sentiment de couler dans notre vie, vers qui nous tournons - nous ? Vers une voyante ? Un coach ? Un médicament, un psychiatre, psychologue, l'alcool ?ou tout autre expédient ? Ou bien prenons - nous le temps de nous poser, de prier et de crier vers le Seigneur ? Les psaumes sont un excellent médicament :Psaume 118 : Enseigne - moi, Seigneur, la voie de tes volontés. Psaume 120 : D'où le secours me viendra-t-il? Psaume 137 : N'arrête pas l'œuvre de tes mains. Psaume 148 : 129 :Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière ! Psaume 70 :“Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance, mon appui dès ma jeunesse. Etc

Apprenons, dans ces moments , à nous laisser saisir par la main tendue d'un ami, d'un frère, d'une sœur, Jésus nous parle, Jésus nous rejoint par nos frères aujourd'hui ! Et pas nécessairement par quelqu'un d'expérimenter, de catholique, de tout proche ! Ce peut même être un enfant qui soufflera les mots de la tendresse et redonnera du courage !

C'est la réaction de Pierre :Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit Jésus, ne nous abandonne JAMAIS, ouvrons les yeux de notre cœur, pour reconnaître Sa PRÉSENCE agissante dans notre vie ! Jésus mettra sans doute le doigt où le bât blesse, comme Il le fit pour Pierre , pour apaiser notre affolement, Il nous fera comprendre comme Il dit : à Pierre« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » pour nous permettre de prendre conscience, de nos limites, de notre fragilité, de notre besoin de nous tenir en Sa Présence, de garder notre regard fixé sur Lui, ancré en Lui :

ayant les regards sur Jésus, He 12,2

Quand Jésus est présent, tout s'apaise, les vents violents se taisent, le trouble disparaît, les montagnes d'obstacles deviennent des broutilles, la paix s'installe et demeure ,Thérèse d' Avila disait : "Que rien ne te trouble, que rien ne t'épouvante, tout passe. Dieu ne change pas, la patience obtient tout. Celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit."

Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent :« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

Jésus et Pierre montent dans la barque, la tempête s'apaise, les disciples retrouvent la paix, la confiance, ils tombent en adoration, comme Thomas le fera après la Résurrection ::« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » «  Mon Seigneur et mon Dieu ! » c'est le même cri ! C'est le même abandon ! C'est la remise de soi ! Le silence de l'émerveillement est la seule réponse qui parle !



Il suffit d’être et vous vous entendrez
Rendre la grâce d’être et de bénir ;
Vous serez pris dans l’hymne d’univers,
Vous avez tout en vous pour adorer.

Jésus marchant sur les eaux

1.

Il faisait nuit et, battu par l’orage,

Le frêle esquif luttait contre les flots.

Le vent toujours l’éloignait de la plage

Et rendait vain l’effort des matelots.

Quand, tout à coup, au fort de la tourmente,

Tous ont cru voir de leurs yeux effrayés,

Dans les embruns, telle une ombre inquiétante,

Quelqu’un marche sur les flots irrités.

2.

Mais, oh ! bonheur ! une voix bien connue

Des passagers a dissipé l’effroi ;

L’ombre s’efface et Jésus à leur vue

S’offre et leur dit : « Rassurez-vous, c’est moi ».

« Maître, permets que jusqu’à toi sur l’onde

Je marche aussi », dit Céphas plein d’ardeur.

« Viens ! » dit Jésus, et sur la mer profonde,

L’heureux disciple approche du Seigneur.

3.

Mais au fracas du vent, de la tempête,

Au bruit du flot qui roule et rebondit,

L’effroi le gagne, il hésite et s’arrête ;

Il a douté, sa foi s’évanouit.

Jésus entend ses accents de détresse,

Lui tend les bras et calme son émoi.

Que son reproche est mêlé de tendresse,

Quand il lui dit : « Pourquoi manquer de foi ? »

4.

Bientôt Jésus entre dans la nacelle,

Et le vent cesse, et les flots sont calmés ;

Le Maître est là ; plus de foi qui chancelle,

La paix descend dans les cœurs alarmés.

Qu’ainsi, Seigneur, pendant les jours d’orage

Je me confie en ton puissant secours,

Et que ta paix, jusqu’au bout du voyage,

Ô mon Sauveur, m’accompagne toujours !



L'Ermite

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