vendredi 31 juillet 2026

ILS MANGÈRENT ET ILS FURENT RASSASIES


XVIII e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE

Année A




(Mt 14, 13-21)


Quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste,il se retira et partit en barquepour un endroit désert, à l’écart.Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.    En débarquant, il vit une grande foule de gens ;il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.    Le soir venu,les disciples s’approchèrent et lui dirent :« L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée.Renvoie donc la foule :qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! »    Mais Jésus leur dit :« Ils n’ont pas besoin de s’en aller.Donnez-leur vous-mêmes à manger. »    Alors ils lui disent :« Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »    Jésus dit :« Apportez-les moi. »    Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe,il prit les cinq pains et les deux poissons,et, levant les yeux au ciel,il prononça la bénédiction ;il rompit les pains,il les donna aux disciples,et les disciples les donnèrent à la foule.    Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.On ramassa les morceaux qui restaient :cela faisait douze paniers pleins.Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille,sans compter les femmes et les enfants.

Au verset précédent, les disciples de Jean font part à Jésus du décès de Jean-Baptiste, c'est sans doute la raison pour laquelle Jésus, par prudence, préfères'éloigner de cet endroit : »Quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste,il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. » C'est sans compter avec les attentes de la foule qui ne cesse de Le solliciter. La nouvelle circule vite, la foule ne reste pas inactive, elle ne craint pas la marche et se met vite en route pour Le chercher et Le trouver !Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied. Les foules précèdent même le Maître. En effet : En débarquant, il vit une grande foule de gens ! Plus d'un parmi nous auraient maugréé criant à l’indiscrétion au manque de savoir vivre, de respect etc !

Que fait Jésus ? il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.Devant de telles attentes, devant tant de souffrances, Jésus ne résiste pas, IL EST SAISI DE COMPASSION Il se laisse toucher par tant de détresses et , en même temps, de confiance. Si ces personnes ont effectué semblable déplacement, avec ,en plus, de nombreux malades et infirmes, c'est qu'elles ont perçu quelque chose de l'humanité de Jésus. Lui qui, d'habitude, commence par enseigner, aujourd'hui, va à l'urgent, à l'essentiel des personnes présentes, à leur bien-être : comment pourraient-elles écouter si les corps sont épuisés.Jésus s'exécute Il se mit à guérir!

L'enseignement de ce premier verset n'est-il pas à notre adresse ? Avant de demander un service, de confier un travail, de réclamer une aide, avons-nous le souci de la personne que nous voulons solliciter ? Nous inquiétons-nous de ses capacités physiques, de sa propre charge de travail ? Au sein de notre propre famille, quelle est notre comportement ? Suis-je de ceux qui se font servir, est-ce que je , je cherche à participer pour permettre à chacun un juste repos, y compris à l'employé ?

La foule devait être bien nombreuse puisque , Le soir venu,les disciples s’approchèrent et lui dirent:« L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée.Renvoie donc la foule :qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! »

Les Apôtres, qui, pour le moment regardent agir Jésus, constatent Son investissement, admirent très certainement Son souci de l'autre, mais ils restent réalistes . Ils voient venir la nuit et s'inquiètent du repas ...Ils optent pour la solution la plus simple, la plus facile de leur point de vue, et tentent une démarche réaliste auprès de Jésus, supposant qu'Il ne voit rien d'autre que des gens à guérir oubliant la restauration  indispensable ! Ils tentent une démarche bien concrète espérant ramener Jésus à la réalité de la situation, à l'urgence du moment. Jésus ne s'offusque pas , Il reçoit l'information qu'Il a Lui-même mesurée, l'accueille et va tenter de bousculer , tout en douceur, l'esprit de Ses disciples .

Dans notre monde du « service rapide » qu'il soit alimentaire, vestimentaire, et autres, nous avons quelques questions à nous poser pour sonder notre capacité à faire face aux situations les plus urgentes, les plus déstabilisantes, en payant de notre personnes au lieu d'utiliser le tout prêt ? Apprenons-nous à nos enfants, nos jeunes, à chercher et trouver des solutions , à s'investir personnellement, à réfléchir pour aller au bout de leurs possibilités au lieu d'acheter le prêt à utiliser qui ne nécessite aucun effort, C'est la réponse de Jésus qui va d'ailleurs surprendre les apôtres :

Mais Jésus leur dit :« Ils n’ont pas besoin de s’en aller.Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Nous imaginons aisément la tête des apôtres : chacun regarde son voisin, se gratte la tête, serre les dents, pense mille et une choses inavouables comme cela peut nous arriver, interroge du regard,tente de trouver une solution quand le regard se pose sur ce qu'ils pensaient garder pour eux, n'avaient-ils pas pris des précautions pour assurer leur petit repas entre frères ? Ils osent une proposition qui leur semble dérisoire, mais Jésus, à nos côtés, n'est- il pas le Maître du dérisoire ? Avec « rien » n'a-t-Il pas fait jaillir l'univers ? Les apôtres tentent une réponse, espérant décourager Jésus placé face à l'évidence du « manque absolu » de moyens et continuent secrètement d'espérer une soirée seuls avec le Maître ! Alors ils lui disent:«Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »

Reconnaissons que cinq pains et deux poissons pour nourrir une foule c'est dérisoire, nous n'aurions pas fait mieux ! Les apôtres n'ont pas encore compris que Jésus est le Maître de l'Impossible , Celui qui a créé le monde avec Rien ! Ils ne se souviennent pas non plus de la provocation du Malin qui proposait à Jésus de transformer des pierres en pain ! Si le Satan propose cela, c'est qu'il s'interroge sur l'identité de Jésus, il oublie ou refuse de croire que Jésus n'agit jamais pour la gloriole, la fanfaronnerie, le faire-valoir, mais par amour !Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur, s'étant approché, lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains.Jésus répondit: Il est écrit: L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Mt 4, 2

Dans la situation qui nous intéresse, Jésus voit une foule en souffrance, une foule en attente, une foule qui espère, Il n'a pas le cœur de la renvoyer pour passer seulement un bon moment fraternel avec ceux qu'Il a choisis et qui aspirent à un moment de détente après cette journée harassante. Jésus voit l'urgence de l'Annonce, l'importance de la formation de ses frères, de ceux qu'Il a choisis et qu'il enverra le moment venu ! Ceux à qui Il confiera les Clefs du Royaume ! Jésus veut leur apprendre à tout donner à ne rien garder , la vocation c'est cela : tout donner Ne retenez pour vous rien de vous, afin que vous reçoive tout entiers Celui qui se donne à vous tout entier » disait St François d'Assise, et se donner soi-même jusqu'à l'extrême, c'est le choix des saints et parce qu'ils ont été appelés, les apôtres doivent devenir des saints et ils le deviendront tous, à l'exception de celui qui a douté de la miséricorde divine .Ils se doivent d'imiter le Saint par excellence qui leur demande de sacrifier le Rien qu'ils ont en réserve :

Jésus dit :« Apportez-les moi ; Jésus ne perd pas de temps à moraliser, à discutailler, à tergiverser, Il prononce trois mots qui ne demandent pas de réflexion pas de réplique non plus, pas de « oui mais... » uniquement une exécution immédiate, d'autant qu'Il enchaîne :

ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe,il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel,il prononça la bénédiction ; deux remarques :

Jésus prend les pains lève les yeux au ciel , prononce la bénédiction

Pendant le repas, Jésus prit du pain Il prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, ( récit de l'Institution) nous ne sommes pas loin de ce qui se passera lors de l'Institution de la Très Sainte Eucharistie, les disciples seront moins surpris lors de cet immense événement, où Jésus se donnera Lui-même à manger et demandera solennellement à Ses apôtres d'agir de la même manière faites ceci en mémoire de moi. Faut-il voir dans cette multiplication des pains une pédagogie du Seigneur qui prépare Ses apôtres à ce qui suivra ?

Jésus lève les yeux au ciel ne révèle t-Il pas ici ce qu'Il déclare souvent en montrant que tout ce qu'Il accomplit est en parfaite union avec le Père ? Le Père et moi nous sommes UN Jn 17, Le Fils ne fait rien qu'il ne voie faire au Père Jn 5 En levant les yeux, Jésus invoque le Père et fait ce que le Père fit pour le peuple affamé, dans la désert, lorsqu'il envoya la manne

puis

il rompit les pains,il les donna aux disciples,et les disciples les donnèrent à la foule Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. Nouveau rapprochement avec l'Institution il rompit les pains, autre rapprochement :il les donna aux disciples Cette multiplication n'est-elle pas préfiguration de l'Institution de la Très Sainte Eucharistie qui depuis ce Jeudi Saint dans la chambre Haute, nourrit notre Église ?

N'est-ce pas aussi l'accomplissement de la Prophétie d'Isaïe de notre Première Lecture de ce jour ? Jésus n'est-Il pas venu accomplir la Loi et les Prophètes ?

Ainsi parle le Seigneur :
    Vous tous qui avez soif,
venez, voici de l’eau !
Même si vous n’avez pas d’argent,
venez acheter et consommer,
venez acheter du vin et du lait
sans argent, sans rien payer.
    Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas,

vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ?
Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses,

vous vous régalerez de viandes savoureuses !
    Prêtez l’oreille ! Venez à moi !
Écoutez, et vous vivrez.
Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle :
ce sont les bienfaits garantis à David
.Is 55

On ramassa les morceaux qui restaient :cela faisait douze paniers pleins.Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille,sans compter les femmes et les enfants.Douze paniers de réserve , un panier pour chaque apôtre, pourraient-ils regretter d'avoir remis leurs cinq pains et leurs trois petits poissons au Maître ? Qu'avons-nous à craindre ?

Donnez et on vous donnera: on versera dans le pan de votre vêtement une bonne mesure, tassée, secouée et qui déborde, car on utilisera pour vous la même mesure que celle dont vous vous serez servis. Lc 6

Il leur répondit: «Que celui qui a deux chemises partage avec celui qui n'en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même.»Luc 3:11

Jésus lui dit: «Si tu veux être parfait, va vendre ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi.» Mt 19

Demandons au Seigneur, la grâce de garder nos cœurs ouverts, nos regards perspicaces et bienveillants, nos mains fraternelles ,nos maisons accueillantes,afin de ne laisser aucun frère sur le bord du chemin ! Tout homme est mon frère, tout homme est à l'image de Dieu !


La multiplication des pains

Auteur : Mannick

Compositeur : Michel Wackenheim

1
La foule était immense,
Autour de lui,
Ils étaient des milliers…
Tous ceux que l'espérance
Avait conduits
Vers Jésus, l'Envoyé.
Jésus qui parlait d'un Dieu Père,
Son père à lui !

2
Déjà, tous les malades
Et les boiteux,
Qu'il venait de guérir,
Au flanc de la montagne
Étaient nombreux,
Sans manger, sans dormir,
Pour l'écouter parler du Père,
Son père à lui !

3
Plus de quatre mille hommes
Ont pu manger
Les poissons et les pains
Portés par les apôtres
Aux affamés
De Parole et de pain,
Quand Jésus parlait de son Père,
Son père à lui !

REFRAIN
Alors, il a multiplié
Des poissons et des pains
Pour que chacun soit rassasié.
Il a multiplié
Des poissons et des pains
Pour que chacun mange à sa faim !


L'Ermite

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