vendredi 7 septembre 2018

OUVRE-TOI

XXIIIe DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B
(Mc 7, 31-37)
 
« Soyez forts, ne craignez pas.
Voici votre Dieu :
c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu.
Il vient lui-même et va vous sauver. »
    Alors se dessilleront les yeux des aveugles,
et s’ouvriront les oreilles des sourds.
    Alors le boiteux bondira comme un cerf,
et la bouche du muet criera de joie ;
car l’eau jaillira dans le désert,
des torrents dans le pays aride.
    La terre brûlante se changera en lac,
la région de la soif, en eaux jaillissantes.
(Is 35, 4-7a)
Le premier verset de cette péricope peut nous surprendre et c'est normal si nous le recevons littéralement avec notre mentalité contemporaine. Pour nous, en effet , se venger c'est rendre coup pour coup et même un peu plus, s'il le faut, pour dominer la situation.
Chez Dieu, c'est tout le contraire, se venger, c'est rendre le bien pour le mal, d'ailleurs, le verset suivant nous éclaire amplement, quand Dieu se venge, Il sauve ! Il vient lui-même et va vous sauver. » Dieu vient en Jésus Christ pour nous tirer du bourbier dans lequel notre péché nous fourvoie. L’Évangile que nous propose l’Église aujourd'hui n'est-il pas la réalisation de cette merveilleuse promesse ?
Alors se dessilleront les yeux des aveugles,
et s’ouvriront les oreilles des sourds.
    Alors le boiteux bondira comme un cerf,
et la bouche du muet criera de joie ;
car l’eau jaillira dans le désert,
des torrents dans le pays aride.
    La terre brûlante se changera en lac,
la région de la soif, en eaux jaillissantes.
Jésus vient, Il met debout le paralysé, rend l'ouïe aux sourds, la vue aux aveugles, la parole au muet, une chair saine aux lépreux, Il va même jusqu'à ressusciter des morts, Jésus vient en effet pour que nous ayons la Vie et la vie en abondance écrit St Jean.
Dimanche dernier Jésus se heurtait au légalisme des Pharisiens, dont nous faisons partie bien souvent . En effet, que celle, que celui qui n'a jamais jugé sur l'apparence jette la première pierre !
Cela me rappelle une anecdote familiale : Maman, rentrant d'une messe raconte à Papa ( j'avais souvent une oreille qui traînait auprès des adultes) le comportement, pour le moins indiscret, d'une personne rencontrée, j'entendis , et ce n'était pas la première fois, Papa, lui répondre tout en douceur : « n'as-tu pas lu dans l’Évangile ce que dit Jésus : « ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ? » Dans ces cas là, je m'éclipsais, mais pas sans avoir mis la parole entendue en mémoire, pour ne pas l'oublier !
Après cette controverse, Jésus se rend en terre païenne
 Jésus quitta le territoire de Tyr ;
passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée
et alla en plein territoire de la Décapole. 
La décapole, c'était une confédération de dix villes grecques, situées à l'Est du Jourdain. Pompée les avait soustraites à l'administration d'Hérode et rattachées à la Province romaine de Syrie. Il s'agissait de villes de culture grecque et non juive. Marc ne précise pas la ville où se déroule l’événement de ce jour, l'important n'est pas dans le lieu mais dans l'acte concret de guérison qui va suivre.
Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler,
et supplient Jésus de poser la main sur lui. 
« Des gens » le texte ne dit rien sur leur identité, on peut penser malgré tout qu'il s'agit de sympathisants puisqu'ils savent que Jésus peut intervenir en leur faveur et qu'Il pose des gestes capables de guérir ! Ces « gens » supplient Jésus cela pourrait signifier que Jésus
n’obtempère pas à la première intervention. Non pas que Jésus se fasse prier mais sans doute veut-il percer leur intention ! N'a-t-il pas déjà été confronté à des Pharisiens pleins de malice qui ne cherchent qu'à le mettre en porte à faux pour le faire arrêter comme bien des prophètes? Avant d'agir Jésus sonde « les reins et les cœurs », d'une part Il veut savoir à qui Il a affaire, et, d'autre part, Il veut sans doute discerner le désir de l'homme qui Lui est présenté.
D'ailleurs :Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, Jésus donne de l'importance à cette personne,Il la respecte, Il veut avoir avec elle, une relation personnelle, peut-être, comme Il le fait souvent, lui demande-t-il son désir à lui . Les gens qui le présentent peuvent vouloir sa guérison pour des raisons plus ou moins louables, cet homme se trouve peut-être bien dans sa situation, Jésus doit savoir parce que Jésus respecte sa liberté comme Il respecte la liberté de chacun : la vôtre, la mienne . On peut penser que Jésus demande à cet infirme comme Il le fait habituellement avant d'intervenir : « Toi, que veux-tu ? » La situation clarifiée, Jésus agit :Il lui mit les doigts dans les oreilles, et, avec sa salive, lui toucha la langue. » Jésus pose là deux gestes de grande intimité . Mettre les doigts dans les oreilles de quelqu'un n'est pas banal, et toucher sa langue avec sa propre salive encore moins ! De ces gestes, se dégage une immense confiance, une remise de soi dans les mains d'un autre, un abandon absolu, de la part de l'intéressé,« comme celui d'un enfant tout contre sa mère » Ps 131,2
Jusque là rien ne change, Jésus, ne l'oublions jamais, ne fait rien de Lui-même, Il ne fait que ce qu'Il voit faire par le Père : « je ne fais rien par moi-même, mais tout ce que je dis, c'est le Père qui me l'a enseigné. Celui qui m'a envoyé est avec moi ; il ne m'a pas laissé seul parce que je fais toujours ce qui lui plaît. » Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui. (Jean 8) Et Jésus le montre encore une fois  « Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! » Jésus est LA PAROLE du Père , quand Il parle, Jésus dit ce que Lui souffle l'Esprit de Dieu c'est donc la Trinité tout entière qui dit à cet homme : « ouvre-toi ». Dieu Père, et Fils et Esprit Saint, sont présents pour que cet homme s'ouvre à la Vie et la reçoive , il n'est pas étonnant que :
 Ses oreilles s’ouvrirent ; sa langue se délia, et il parlait correctement.
Cet homme, dont nous ignorons l'identité, peut trouver sa place désormais dans sa communauté, il entend ce qui se dit autour de lui, il peut chercher à comprendre, poser des questions, répondre à ceux qui lui demandent des comptes, il peut surtout rendre grâce : j'étais sans parole, je ne pouvais pas communiquer ou je le faisais avec difficultés, j'essuyais les railleries, maintenant , grâce à Jésus, à Son intervention dans ma vie, à Sa Présence agissante je prends ma place et je peux exprimer à haute et intelligible voix ma reconnaissance, dire merci !
De Son côté, Jésus n'agit pas pour « la galerie », pour être vu, adulé, porter en triomphe, Jésus, parce qu'Il est Amour, demande la discrétion absolue Alors Jésus leur ordonna de n’en rien dire à personne ;  Est-ce bien réaliste ? Se taire, est-ce possible quand on est bénéficiaire d'une semblable grâce ? L'intéressé, comme ceux qui l'ont accompagné sur ce chemin de la guérison, ne peuvent pas ne pas laisser éclater leur joie, leur action de grâce, leur admiration, leur émerveillement  :mais plus il leur donnait cet ordre, plus ceux-ci le proclamaient. Extrêmement frappés, ils disaient : « Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets. »
Oui Dieu, aujourd'hui encore, par Ses sacrements, délie les enchaînés que nous sommes.
Dieu nous tire de nos enfermements, de nos égoïsmes, de nos replis , Dieu nous ouvre au monde, à tous nos frères ! Aujourd'hui, Dieu me dit, Dieu te dit « ouvre-toi » permets moi d'entrer et de sortir librement de toi pour que le monde de ce temps Me reconnaisse ! Je t'en prie , je t'en SUPPLIE, pour reprendre les termes de ceux qui présentent cet homme à Jésus, n'érige pas des barrières entre les hommes et toi, entre moi et tes frères ! Vous êtes tous frères et fils d'un même Père :
NOTRE PÈRE QUI ES AUX CIEUX
devenus fils par le baptême, plongés dans la mort et la Résurrection du Bien Aimé, vous ne pouvez vouloir qu'une seule et même chose,
QUE MON NOM SOIT SANCTIFIE
n'avoir qu'un seul et même élan pour :
QU'ADVIENNE MON RÈGNE DE PAIX ET D'AMOUR
ET QUE S'ACCOMPLISSE MA VOLONTÉ
comme la Verbe, Ma Parole Incarnée vous en a montré le chemin, et vous en montre chaque jour le chemin! Si vous écoutez Ma voix, si vous recevez Ma Parole alors CHACUN AURA SON PAIN QUOTIDIEN, VOUS VOUS PARDONNEREZ MUTUELLEMENT , ET VOUS SEREZ DÉLIVRÉS DE TOUT MAL : surdité de l'esprit, mutisme de la honte et de la peur, aveuglement de tous genres,fermeture, hypocrisie, tristesse, et tous leurs corollaires et vous chanterez librement avec le psalmiste :
Alléluia. (Ps 145, 2)

Le Seigneur garde à jamais sa fidélité,
il fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes,
le Seigneur protège l’étranger.

Il soutient la veuve et l’orphelin,
il égare les pas du méchant.
D’âge en âge, le Seigneur régnera :
ton Dieu, ô Sion, pour toujours !

L'Ermite

vendredi 31 août 2018

UN COEUR PUR, UN COEUR DE PAUVRE !

XXIIe DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B
(Mc 7, 1-8.14-15.21-23)


En ce temps-là,
    les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem,
se réunissent auprès de Jésus,
    et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas
avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.
    – Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs,
se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger,
par attachement à la tradition des anciens ;
    et au retour du marché,
ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau,
et ils sont attachés encore par tradition
à beaucoup d’autres pratiques :
lavage de coupes, de carafes et de plats.
    Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus :
« Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas
la tradition des anciens ?
Ils prennent leurs repas avec des mains impures. »
    Jésus leur répondit :
« Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites,
ainsi qu’il est écrit :
Ce peuple m’honore des lèvres,
mais son cœur est loin de moi.

    C’est en vain qu’ils me rendent un culte ;
les doctrines qu’ils enseignent
ne sont que des préceptes humains.

    Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu,
pour vous attacher à la tradition des hommes. »
    Appelant de nouveau la foule, il lui disait :
« Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
    Rien de ce qui est extérieur à l’homme
et qui entre en lui
ne peut le rendre impur.
Mais ce qui sort de l’homme,
voilà ce qui rend l’homme impur. »
    Il disait encore à ses disciples, à l’écart de la foule :
« C’est du dedans, du cœur de l’homme,
que sortent les pensées perverses :
inconduites, vols, meurtres,
    adultères, cupidités, méchancetés,
fraude, débauche, envie,
diffamation, orgueil et démesure.
    Tout ce mal vient du dedans,
et rend l’homme impur. »

Demandons au Seigneur, Par l'intercession de la Vierge Marie, de  faire grandir en chacun de nous, ce cœur pur, qui révèle le véritable amour du Christ à nos frères.


 Prière du Père Léonce de Grandmaison « Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un cœur d’enfant » 
 
« Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un cœur d’enfant,
 pur et transparent comme une source. 
Obtenez-moi un cœur simple qui ne savoure pas les tristesses. 
Un cœur magnifique à se donner, tendre à la compassion. 
Un cœur fidèle et généreux, 
qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal. 
Faites-moi un cœur doux et humble,
 aimant sans demander de retour,
 joyeux de s’effacer dans un autre cœur devant votre divin Fils. 
 Un cœur grand et indomptable 
qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse. 
Un cœur tourmenté de la gloire de Jésus Christ,
 blessé de son amour et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel. Amen » 
Père Léonce de Grandmaison 
(1868-1927)
 
 
L'Ermite
 

vendredi 24 août 2018

A QUI IRIONS-NOUS ...

XXIe DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B

(Jn 6, 60-69)


Jésus avait donné un enseignement
dans la synagogue de Capharnaüm.
    Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent :
« Cette parole est rude !
Qui peut l’entendre ? »
    Jésus savait en lui-même
que ses disciples récriminaient à son sujet.
Il leur dit :
« Cela vous scandalise ?
    Et quand vous verrez le Fils de l’homme
monter là où il était auparavant !...
    C’est l’esprit qui fait vivre,
la chair n’est capable de rien.
Les paroles que je vous ai dites sont esprit
et elles sont vie.
    Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. »
Jésus savait en effet depuis le commencement
quels étaient ceux qui ne croyaient pas,
et qui était celui qui le livrerait.
    Il ajouta :
« Voilà pourquoi je vous ai dit
que personne ne peut venir à moi
si cela ne lui est pas donné par le Père. » 
    À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent
et cessèrent de l’accompagner.
    Alors Jésus dit aux Douze :
« Voulez-vous partir, vous aussi ? »
    Simon-Pierre lui répondit : 
« Seigneur, à qui irions-nous ?
Tu as les paroles de la vie éternelle.
    Quant à nous, nous croyons,
et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »

La Prière de Saint François d'Assise « Craignez le Seigneur et rendez-Lui hommage »
« « Tu es le seul saint, Seigneur Dieu, Toi qui fais des merveilles. Tu es fort. Tu es grand. Tu es souverain. Tu es tout-puissant toi, Père saint, roi du ciel et de la terre. Tu es Trinité en même temps qu'unité, Seigneur Dieu. Tu es le bien, tout le bien, le bien suprême, Seigneur Dieu, vivant et vrai. Tu es amour et charité, Tu es sagesse, Tu es humilité, Tu es patience. Tu es sécurité. Tu es le repos. Tu es la gaieté et la joie. Tu es justice et tempérance. Tu es la beauté. Tu es la douceur. Tu es notre abri, notre gardien, notre défenseur. Tu es la force. Tu es la fraîcheur. Tu es notre foi. Tu es notre grande douceur. Tu es notre vie éternelle, grand et admirable Seigneur, Dieu tout-puissant, bon Sauveur plein de miséricorde. Amen. »  »
Saint François d'Assise (1182-1226)


A QUI IRIONS-NOUS , TU AS LES 
PAROLES DE LA VIE ÉTERNELLE ?
l'Ermite

vendredi 17 août 2018

SEIGNEUR DONNE-MOI LA SAGESSE, DONNE-MOI FAIM DE TOI !

XXe DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B
(Jn 6, 51-58)

Lecture du livre des Proverbes
La Sagesse a bâti sa maison,
elle a taillé sept colonnes.
    Elle a tué ses bêtes, et préparé son vin,
puis a dressé la table.
    Elle a envoyé ses servantes, elle appelle
sur les hauteurs de la cité :
« Vous, étourdis, passez par ici ! »
À qui manque de bon sens, elle dit :
    « Venez, mangez de mon pain,
buvez le vin que j’ai préparé.
    Quittez l’étourderie et vous vivrez,
prenez le chemin de l’intelligence. »

« Seigneur Jésus, donne-nous cette Sagesse qui juge de haut, qui prévoit de loin. Donne-nous ton Esprit qui laisse tomber l'insignifiant en faveur de l'essentiel. En face des tâches et des obstacles apprends-nous à ne pas nous troubler, à ne pas nous agiter, mais à chercher dans la foi ta Volonté éternelle. Donne-nous l'activité calme qui sait envelopper d'un seul regard tout l'ensemble de nos tâches. Aide-nous à accepter paisiblement les contradictions, à y chercher ton Regard et à Le suivre. Évite-nous l'émiettement dans le désordre, la confusion du péché. Mais donne-nous de tout aimer en liaison avec Toi. Ô Jésus, ô Père, ô Esprit Saint, Sources de l'être, unissez-nous à Vous et à tout ce qui va dans le sens de l'éternité et de la joie ».

Ainsi soit-il. Père Jacques Loew (1908-1999)


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là,
Jésus disait à la foule :
    « Moi, je suis le pain vivant,
qui est descendu du ciel :
si quelqu’un mange de ce pain,
il vivra éternellement.
Le pain que je donnerai, c’est ma chair,
donnée pour la vie du monde. »
    Les Juifs se querellaient entre eux :
« Comment celui-là
peut-il nous donner sa chair à manger ? »
    Jésus leur dit alors :
« Amen, amen, je vous le dis : 
si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,
et si vous ne buvez pas son sang,
vous n’avez pas la vie en vous.
    Celui qui mange ma chair et boit mon sang
a la vie éternelle ;
et moi, je le ressusciterai au dernier jour. 

    En effet, ma chair est la vraie nourriture,
et mon sang est la vraie boisson.
    Celui qui mange ma chair et boit mon sang
demeure en moi,
et moi, je demeure en lui.
    De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé,
et que moi je vis par le Père,
de même celui qui me mange,
lui aussi vivra par moi.
    Tel est le pain qui est descendu du ciel :
il n’est pas comme celui que les pères ont mangé.
Eux, ils sont morts ;
celui qui mange ce pain vivra éternellement. »


Puisse l'Eucharistie être et demeurer au cœur de notre vie ! Jésus merci de nous donner faim de Toi, que nous ne soyons jamais rassasiés !
L'Ermite

vendredi 3 août 2018

L'OEUVRE DE DIEU !

XVIIIe DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


ANNÉE B
(Jn 6, 24-35)
 
Nous reprendrons nos méditations plus approfondies à la rentrée, en ce mois d'août je soulignerai simplement quelques points d'attention, pour garder « les yeux fixés sur Jésus » et réactiver notre désir d'aller plus profond, s'il en est besoin.



Le soir venu, les disciples descendirent au bord de la mer; Et étant montés dans une barque, ils traversaient la mer dans la direction de Capharnaüm. Il faisait déjà nuit, et Jésus ne les avait pas encore rejoints. Cependant la mer soulevée par un grand vent, était agitée. Quand ils eurent ramé environ vingt-cinq à trente stades, ils virent Jésus marchant sur la mer et s'approchant de la barque, et ils eurent peur. Mais il leur dit: "C'est moi, ne craignez point." Ils voulurent donc le prendre dans la barque, et aussitôt, la barque se trouva au lieu où ils allaient.
Discours dans la synagogue de Capharnaüm
Le jour suivant, la foule qui était restée de l'autre côté de la mer, avait remarqué qu'il n'y avait là qu'une seule barque, et que Jésus n'y était point entré avec ses disciples, mais que ceux-ci étaient partis seuls. D'autres barques, cependant, étaient arrivées de Tibériade près du lieu où le Seigneur, après avoir rendu grâces, leur avait donné à manger. (Jean 6)
Les versets qui précèdent expliquent ce qui s'est passé entre la multiplication des pains et le passage que l’Église offre à notre méditation en ce 18e dimanche !


En ce temps-là,
    quand la foule vit que Jésus n’était pas là,
ni ses disciples, 
les gens montèrent dans les barques 
et se dirigèrent vers Capharnaüm 
à la recherche de Jésus. 


La démarche est bonne, mais Jésus connaît le fond des cœurs, Il sait ce qui vient d'être vécu par les uns et le autres, Jésus ne prend même pas la peine de répondre à leur question, Jésus comprend qu'Il est suivi non pour ce qu'Il est en vérité, mais pour ce qu'Il fait,Il va droit au but :
 L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent :
« Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
    Jésus leur répondit : 
« Amen, amen, je vous le dis :
vous me cherchez,
non parce que vous avez vu des signes,
mais parce que vous avez mangé de ces pains
et que vous avez été rassasiés. 

    
Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd,
mais pour la nourriture qui demeure
jusque dans la vie éternelle, 

celle que vous donnera le Fils de l’homme,
lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. » 


Jésus stigmatise leur intention , Il n'est pas dupe et veut leur faire prendre conscience de la raison profonde de leur démarche. Chercher Jésus est louable et recommandable mais il est important d'avoir conscience des raisons d'une semblable démarche !
Quelles sont les motivations qui m'animent ? Est-ce que je cherche à obtenir Ses grâces et uniquement cela, ou bien je Le cherche gratuitement , parce qu'Il est Jésus, ce Fils Bien-Aimé venu me révéler le Père ? Est-ce que je Le cherche pour Le regarder vivre et tenter de mettre mes pas dans les siens, pour, comme Lui est avec Lui, aimer mes frères d'un amour aussi désintéressé que possible ?
Demandons Lui, les uns pour les autres la grâce de la GRATUITE , de LA PURETÉ D'INTENTION.

    Ils lui dirent alors : 
« Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » 
Reconnaissons toutefois que les cœurs sont ouverts et disponibles. Quand cette foule prend partiellement conscience de son erreur, elle n 'hésite pas à interroger Le Maître sur le sens de Sa réponse .

    Jésus leur répondit : 
« L’œuvre de Dieu,
c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

Il s'agit de RECONNAÎTRE et de CROIRE en Celui, Jésus, que le Père envoie pour manifester Sa tendresse de Père aux hommes ! Travailler à l’œuvre de Dieu, c'est accueillir Celui qui vient Le manifester . En les faisant passer sur l'autre rive du lac Jésus , symboliquement, leur dit qu'ils doivent regarder avec d'autres yeux, entendre avec une autre ouïe, désormais il faut voir et entendre avec le cœur, là où habite l'Esprit de Dieu. Mais ces chercheurs de Dieu se situent encore et toujours sur un plan « bassement » humain :
 
    Ils lui dirent alors : 
« Quel signe vas-tu accomplir
pour que nous puissions le voir, et te croire ?
Quelle œuvre vas-tu faire ? 

    Au désert, nos pères ont mangé la manne ;
comme dit l’Écriture : 
Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » 

Les interlocuteurs de Jésus, « ont des oreilles et n'entendent pas, des yeux et ne voient pas, » c'est aussi souvent notre cas ! Ils ont vu des guérisons, ils ont été nourri à partir de rien, ils ont été témoins de l'abondance du don, cela ne leur suffit pas , Jésus se fait donc plus explicite :

Jésus leur répondit :
« Amen, amen, je vous le dis : 
ce n’est pas Moïse
qui vous a donné le pain venu du ciel ;
c’est mon Père 

qui vous donne le vrai pain venu du ciel.
    Car le pain de Dieu,
c’est celui qui descend du ciel
et qui donne la vie au monde. »

Ils ont toujours et nous pouvons le comprendre, quelques difficultés à percevoir clairement le discours de Jésus ! Passer du pain matériel, fruit du travail des hommes, au pain spirituel et l'associer à la Personne de Jésus, c'est effectuer un plongeon abyssal. Ils ne se situent pas du tout sur le même plan .L'essentiel leur échappe, sans l'illumination qui vient de l'Esprit Saint c'est impossible , impensable ! Ils vont au bout de leur logique , leur logique tout à fait terre à terre :

    Ils lui dirent alors : 
« Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »

Ce « pain-là » ne peut être, pour eux, qu'un pain semblable à celui qu'ils ont consommé de l'autre côté du lac au terme d'un long enseignement, alors qu'ils étaient loin de tout ! Comment pourraient-il imaginer, un seul instant, ce qui va suivre et que Jésus développera tout au long de ce chapitre 6 de St Jean et que nous découvrirons ensemble au cours des prochaines semaines ? Ils sont de bonne volonté mais comment pressentir le Mystère ? Beaucoup, pensent, aujourd'hui, que c'était facile pour ceux qui vivaient avec Jésus, qui L'écoutaient, Le voyaient vivre, étaient témoins de miracles , à mon avis c'est une erreur ! Nous avons plus de deux mille ans de christianisme devant nous, le témoignage des Pères de l’Église, celui des martyrs qui ont versé leur sang en fidélité à Jésus, pour eux c'est la nouveauté absolue, Jésus vient tout bouleverser ! Est-Il sérieux ? Est-Il honnête , ils sont en droit de se poser ces questions ! Faire confiance, oui, mais jusqu'à quel point ! Et Jésus continue sur sa lancée :

    Jésus leur répondit : 
« Moi, je suis le pain de la vie.
Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ;
celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »


Nous verrons prochainement que certains sont totalement décontenancés, totalement retournés , ce n'est pas simple, à moins, je le répète, d'une intervention de l'Esprit Saint, d'une confiance absolue en Celui qui se définit ainsi : « Pain de vie » qui nous fait vivre encore aujourd'hui ! Alors, OUI, il convient de passer sur l'autre rive, celle de la foi, passer du matérialisme au spirituel, c'est un retournement complet qui est attendu et demandé !, un autre regard, une autre écoute, c'est entrer dans l'invisible, dans le domaine de la confiance, de la foi, de la remise totale de soi, de l'abandon ! N'est-ce pas ce qu'ont fait les apôtres ? « viens, suis-moi », ils ont tout quitté, toutes leurs certitudes, leurs filets, leurs barques, leur père, leur famille et ils ont emboîté le pas dans les pas de cet Inconnu ! Et nous chers amis ?
Quand nous mangeons ce pain
et buvons à cette coupe,
nous célébrons le mystère de la foi !

Comme les apôtres, sommes-nous capables de dire du fond du cœur, dans un élan inconditionnel : A qui irions-nous Seigneur Tu as les paroles de la vie éternelle ? » St Paul dans sa lettre aux Éphésiens est on ne peut plus clair , nous devons nous laisser renouveler, renoncer à « l' ancien » pour nous revêtir de l'homme nouveau créé , selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la Vérité :


 Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois,
c’est-à-dire de l’homme ancien corrompu par les convoitises
qui l’entraînent dans l’erreur.
    Laissez-vous renouveler
par la transformation spirituelle de votre pensée.
    Revêtez-vous de l’homme nouveau,
créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité.
&&&&

TRÈS BELLE FÊTE DE LA TRANSFIGURATION LUNDI

demandons à Jésus, les uns pour les autres, de nous laisser transfigurer avec Lui, alors nous croirons vraiment qu'Il est le Pain qui donne la Vie, la vraie !


l'Ermite

vendredi 27 juillet 2018

CINQ PAINS, DEUX POISSONS, UNE FOULE !

XVIIe DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


ANNÉE B


(Jn 6, 1-15)


Dimanche après dimanche, en cette année liturgique B, nous méditons l’Évangile selon Saint Marc or, ce dimanche et ceux qui suivront du moins en août, l’Église nous propose l' Évangile selon Saint Jean, il est légitime de s'en étonner et d'en chercher la raison !J'ai cherché à m'informer mais , pour le moment je n'ai pas obtenu de réponse !
Vous connaissez sans doute tous, la synopse des évangiles, c'est-à-dire, la mise en parallèle de ceux-ci, ce qui prouve la véracité des faits rapportés par les quatre évangélistes. En réalité, les récits de Matthieu, Marc et Luc se recoupent presque toujours ,Jean, dans certains cas, mais moins souvent.
L’Évangile de Notre Seigneur Jésus-Christ selon Saint Jean est une méditation très profonde sur Jésus, Verbe de Dieu. écrit peut être vers 95-100, dans la rédaction que nous avons, il témoigne de plus de recul que les trois autres évangiles. Matthieu, Marc et Luc sont issus de la même souche : la prédication de Pierre (c'est pourquoi on les nomme " synoptiques " - qui peuvent être " vus ensemble ").
Apôtre lui-même, et témoin oculaire privilégié, Saint Jean use de sa liberté. On peut le reconnaître dans le "disciple que Jésus aimait". Jean ne s'est pas senti tenu par une chronologie : il montre surtout une pénétration plus intime du mystère du Christ. Pour lui, Jésus n'est pas seulement le messie qui accomplit les prophéties et fonde le Royaume, ni le fils de Dieu qui subjugue les masses, ni le sauveur qui vient proclamer un message de mansuétude, c'est le Verbe incarné, Dieu lui-même, qui révèle aux hommes le Dieu invisible. 
 Le plan même en est transformé : Prologue - la gloire du Verbe (1), la gloire de Jésus (1-12), Jésus dans l'intimité de ses disciples (13-17), la Gloire de la passion (18-19), la Gloire de la résurrection (20) et l'appendice (21). Les antithèses s'y bousculent et font de cet écrit l'un des plus lus et des plus difficiles à pénétrer. Pour s'y essayer, une piste est d'étudier les couples de mots clefs qui rythment le récit : Dieu - Verbe, lumière - ténèbres, vie - mort, témoignage - foi, monde - reconnaissance, chair - esprit, unité - péché, gloire - don, loi - vérité, adoration – Jérusalem...
Il se trouve que la première multiplication des pains que nous offre la Liturgie de ce
dimanche est rapportée par les quatre évangélistes, c'est peut-être la raison pour laquelle pendant quelques dimanches nous basculons sur l’Évangile de St Jean.
Souvenons-nous du 16e dimanche, Jésus a traversé le lac avec Ses Apôtres leur proposant de prendre un peu de repos, à l'écart, car les foules allaient et venaient au point qu'ils n'avaient même plus le temps de prendre un repas ! La Parole de ce Jour n'est pas une parenthèse, ce passage figure en effet chez les quatre évangélistes .

    Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée,
le lac de Tibériade.
    Une grande foule le suivait,
parce qu’elle avait vu les signes
qu’il accomplissait sur les malades.
    Jésus gravit la montagne,
et là, il était assis avec ses disciples. 

Jésus était assis parce que, nous disait Marc, Il avait entraîné ses disciples à l'écart pour leur permettre de se reposer à l'abri du brouhaha de la foule, Marc précisait aussi que cette foule aux aguets, avait compris l'intention de Jésus, et s'était massée avant Son arrivée sur l'autre rive où Jésus, saisi de compassion se mit à les instruire longuement » St Jean n'évoque pas l'enseignement, chez lui, le souci de Jésus est de permettre à cette foule de se restaurer :
Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche.
    Jésus leva les yeux
et vit qu’une foule nombreuse venait à lui.
Il dit à Philippe :
« Où pourrions-nous acheter du pain
pour qu’ils aient à manger ? » 

Nous sommes loin d'une zone habitée, Jésus le sait puisque c'est Lui qui a choisi ce lieu pour se retrouver avec Ses apôtres, la question posée à Philippe est plus que malicieuse , au sens positif du terme, Jésus sait pourquoi Il la pose :

 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve,
car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire.

Ceci est intéressant également pour nos vies personnelles : dans l'épreuve ne nous arrive-t-il pas de poser la question : « Pourquoi mon Dieu ? Pourquoi moi ? »Avons-nous pensé parfois que l'épreuve peut être une forme d'éducation pour nous apprendre d'une part la patience, d'autre part à y reconnaître « Dieu qui passe » dans ma vie et me parle . Aujourd'hui, c'est l'événement qui est Parole de Dieu, c'est à travers les événements que je découvre la volonté de Dieu. Il est rare de comprendre ce langage immédiatement , nous comprenons souvent longtemps après, que Dieu, nous parlait ! Les hommes de la Bible, n'ont-ils pas fait cette expérience souvenons-nous d'Abraham,de Jacob, de Moïse et de tant d'autres !
« Après cela, Dieu mit Abraham à l'épreuve et lui dit: " Abraham! " Il répondit: " Me voici. " Et Dieu dit " Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, et va-t'en au pays de Moria, et là offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je t'indiquerai...Isaac interrogea son père Abraham : « Mon père ! - Eh bien, mon fils ? » Isaac reprit : « Voilà le feu et le bois, mais où est l'agneau pour l'holocauste ? » Abraham répondit : « Dieu saura bien trouver l'agneau pour l'holocauste, mon fils », (Genèse 22) »
« Jacob resta seul. Or, quelqu'un lutta avec lui jusqu'au lever de l'aurore. L'homme, voyant qu'il ne pouvait pas le vaincre, le frappa au creux de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant ce combat. L'homme lui dit : « Lâche-moi, car l'aurore s'est levée. » Jacob répondit : « Je ne te lâcherai que si tu me bénis. » L'homme lui demanda : « Quel est ton nom ? - Je m'appelle Jacob. -
On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël (ce qui signifie : Fort contre Dieu), parce que tu as lutté contre Dieu comme on lutte contre des hommes, et tu as vaincu. » (Genèse 32) »

« Un jour, Moïse dit au Seigneur : « Je t'en prie, laisse-moi contempler ta gloire. » Dieu répondit : « Je vais passer devant toi avec toute ma splendeur, et je prononcerai devant toi mon nom qui est : YAHVÉ, LE SEIGNEUR. Je fais grâce à qui je veux, je montre ma tendresse à qui je veux. » Il dit encore : « Tu ne pourras pas voir mon visage, car on ne peut pas me voir sans mourir. » (Exode 33) »

La réponse de Philippe est réaliste, il se situe sur le plan humain et immédiat nous verrons que le regard de Jésus va bien au-delà de l'apparence. Humainement, Philippe a parfaitement raison , nourrir pareille foule est impossible !

    Philippe lui répondit :
« Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas
pour que chacun reçoive un peu de pain. » 

Remarquons la sage pédagogie de Jésus , sa patience aussi ! Jésus donne, à Ses apôtres, la possibilité de réfléchir, peut-être veut-il leur faire découvrir qu'ils doivent prendre soin de la personne tout entière : âme et corps. Nous ne sommes pas de purs esprits, nous devons prendre soin de nos frères dans TOUT ce qui fait leur vie ! Jésus leur donne aussi, la possibilité d'exprimer leur point de vue, à leur niveau, c'est quand ils auront épuisé leur argumentation que leurs esprits seront libérés de toute velléité de questionnement, qu'Il pourra, Lui, Jésus, être écouté pleinement et entendu ! Jésus marche à leur pas, à notre pas . Si nos esprits sont encombrés nous sommes incapables d'entendre la PAROLE SILENCIEUSE de Celui, Jésus, qui habite en nous . Nous entendons le fracas enchevêtré d'une multitude de questions qui parasitent notre pensée, or Jésus ne peut être entendu que dans un esprit apaisé, serein, libéré de tout encombrement.
André n'a pas la solution miracle mais il ne craint pas d'ouvrir une brèche. Il est conscient du dérisoire de la remarque mais il n'hésite pas , au risque d'être raillé, de signaler ce qu'Il voit !

    Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :
    « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge
et deux poissons,
mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » 

André est lucide sur l'incongruité de sa remarque, toutefois, il essaie de trouver une solution, il fait ce qui est en son pouvoir ! C'est très intéressant ! Jésus ne nous demande pas l'impossible, Il attend simplement que nous allions au bout de notre possible et Lui assume le reste ! L'important dans nos vies est d'aller au bout de nos possibilités, abandonnés et confiants dans l'intervention du Seigneur qui prend le relais quand nous ne pouvons pas davantage! C'est justement sur ce « peu » que Jésus va rebondir et déployer Son immense, Son insondable compassion ! Ne l'oublions pas, il en est de même dans nos vies !

    Jésus dit :
« Faites asseoir les gens. »
Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit.
Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. 

Notons que le lieu est agréable, Jean le souligne en disant : « Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. » il est donc possible de s'asseoir de façon confortable. Si Jésus demande de faire asseoir la foule c'est qu'Il a l'intention d'intervenir, on peut penser que les apôtres en ont pris conscience mais ils sont bien loin d'imaginer ce qui va suivre. Jésus n'en finit pas de les surprendre comme Il nous surprend dans nos vies personnelles si nous avons un peu d'humilité pour Le reconnaître à l’œuvre . Si nous acceptions de nous abandonner, de Lui faire une confiance absolue nous baignerions dans l'action de grâce ! « C'est la nuit qu'il est beau de croire en la lumière » écrivait Edmond ROSTAND, la nuit est toujours chassée par la lumière et, pour nous qui avons la grâce de croire, la LUMIÈRE n'est autre
que Jésus, lequel ne peut pas nous laisser sombrer, pas plus qu'Il ne laisse sombrer Ses apôtres dans la mer déchaînée, ou Pierre qui perd pied sur le lac ! De même qu'aux jours de création Dieu, à partir de rien crée l'univers, Jésus qui nous respecte infiniment ,et nous aime, avec « nos riens » fait des merveilles . Ces cinq pains et ces trois poissons ridicules pour nourrir une foule Jésus ne les dédaigne pas Il va les faire fructifier comme Il fait fructifier nos insignifiantes générosités. Pour Jésus tout est respectable : tout, tous et chacun !

    
Alors Jésus prit les pains 
et, après avoir rendu grâce, 
il les distribua aux convives ;
il leur donna aussi du poisson, 

autant qu’ils en voulaient. 

Ne reconnaissons-nous pas là les paroles de la consécration ? « Il prit le pain dans Ses mains très saintes, et, les yeux levés au ciel, vers Toi, Dieu Son Père Tout-Puissant, Il le bénit et le rompit, et le donna à ses disciples en disant : »prenez et mangez en tous ! » Chez St Marc nous trouvons : Et il prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux au ciel, prononça la bénédiction, rompit les pains et les donna aux disciples » Faut-il voir ici un avant goût de l'Institution de la Sainte Eucharistie ? Je n'ai pas la réponse, mais je n'ai pas de difficultés à croire que là encore Jésus prépare Ses apôtres et nous-mêmes, à ce sommet de Sa vie donnée, livrée « afin que le monde croie » Et Jésus ne fait rien à moitié :

   Quand ils eurent mangé à leur faim,
il dit à ses disciples :
« Rassemblez les morceaux en surplus,
pour que rien ne se perde. »
    Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers
avec les morceaux des cinq pains d’orge,
restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.
Il n'est pas inutile de noter en parallèle la première lecture de ce jour :
« un homme vint de Baal-Shalisha et, prenant sur la récolte nouvelle, il apporta à Élisée, l’homme de Dieu, vingt pains d’orge et du grain frais dans un sac.
Élisée dit alors : « Donne-le à tous ces gens pour qu’ils mangent. » Son serviteur répondit : « Comment donner cela à cent personnes ? » Élisée reprit : « Donne-le à tous ces gens pour qu’ils mangent, car ainsi parle le Seigneur : ‘On mangera, et il en restera.’ » Alors, il le leur donna, ils mangèrent, et il en resta, selon la parole du Seigneur. »
Nous reconnaissons les grands points de l'expérience des apôtres et de la foule en ce jour, prémices de la merveille qui nous est offerte chaque dimanche, voire chaque jour si nous le voulons et le pouvons ! De toujours à toujours, Dieu a le souci de Ses créatures et

donne à chacun sa part d'amour, sa part de pain ; Je sens sourdre l'objection : mais alors, pourquoi des peuples meurent-ils de faim ? Je crois du fond du cœur que l'humanité est responsable de cette aberration par son péché ! Les uns amassent, et amassent encore souvent, presque toujours sur le dos des autres. Nous réduisons nos frères en esclavage, nous leur volons leurs richesses à des prix dérisoires constituant ainsi notre propre richesse ! N'oublions pas : « c'est sur l'amour que nous avons les uns pour les autres, que nous serons jugés » J'aurai, nous aurons des comptes à rendre au Maître de la vie !

    À la vue du signe que Jésus avait accompli,
les gens disaient :
« C’est vraiment lui le Prophète annoncé,
celui qui vient dans le monde. »
    Mais Jésus savait qu’ils allaient l’enlever
pour faire de lui leur roi ;
alors de nouveau il se retira dans la montagne,
lui seul.
Jésus, nous le voyons souvent, ne cherche ni la notoriété, ni la Gloire , Jésus aime, Jésus nous aime et quand Il voit, comprend que les bénéficiaires de cet amour inconditionnel veulent L'utiliser pour Le porter en triomphe et faire de Lui leur roi, alors Jésus se soustrait à leur attention et se retire seul sur la montagne. La montagne, les zones désertiques, la solitude, la prière voilà Ses lieux de prédilection. C'est là qu'Il se plonge dans la vie Trinitaire où Il peut converser avec le Père et l'Esprit pour continuer Son action de grâce et nous y associer :
Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits.

Ne sommes-nous pas l’œuvre de Dieu ? Ne sommes-nous pas Ses fidèles ? Appelés que nous sommes pour rendre grâce à notre tour, bénir Dieu, dire Sa gloire par notre vie, et faire que nos vies expriment Ses exploits ?(ceux de Jésus bien sûr !)
Un grand prophète s’est levé parmi nous :
et Dieu a visité son peuple.
Et le visite à chaque instant
L'Ermite