vendredi 2 février 2018

C'EST POUR CELA QUE JE SUIS SORTI

CINQUIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B


(Mc 1, 29-39)

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Jésus, nous le savons, n'a pas de lieu à lui pour se reposer. « Il n'a pas où reposer sa tête, »

Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des abris, mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer la tête. (Luc 9)
 
Jésus vit libre à l'égard de tout bien , Il fait ce qu'Il dit, et c'est ce qu'Il demande à Ses apôtres et à tous ceux qui s'engagent dans ses pas. Il accepte ici, l'hospitalité de Pierre. Or, en rentrant dans la demeure ils découvrent que : la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Cela tombe plutôt mal. Les convives sont en nombre , c'est assez embarrassant ! 
 
Pierre, ou l'un des invités, sans faire la moindre pression, exprime simplement la situation : Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Je trouve cette manière de présenter la situation assez intéressante pour notre vie quotidienne ! Il n'y a pas ici d'agitation, de gesticulation, de déconvenue, on constate un fait : « la belle-mère de Pierre est alitée, elle est malade », et on partage avec Jésus ce désagrément. Comment réagissons-nous quand nos plans sont contrariés ? Laissons-nous paraître notre déconvenue, ou prenons-nous la mesure de la situation, prenons-nous le temps de réfléchir pour trouver la solution la mieux adaptée, le plus discrètement possible pour ne gêner personne ? Jésus semble ne rien dire, par contre, sensible à ce qui vient de lui être confié, «  La gloire de Dieu, dira St Irénée, c'est l'homme vivant, l'homme debout » Jésus ne peut qu'être heureux, de nous voir et savoir en situation de service ! Il constate l'embarras de Ses nouveaux amis, et agit immédiatement, sans se perdre en toutes sortes de considérations : 
 
Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever.La fièvre la quitta, et elle les servait.

Jésus prend l'initiative de s'approcher . Un agir familier à Jésus , quand Jésus s'incarne c'est Lui qui s'approche de l'humain , Il quitte le cocon Trinitaire pour s'approcher de notre humanité, jusqu'à l'épouser, la faire sienne, devenir l'un de nous pour mieux comprendre ce que nous vivons. Jésus ne reste pas à la périphérie de nos vies, Jésus est l'un de nous , Il épouse toute notre humanité avec ses grandeurs et ses limites, hormis le péché !

Jésus saisit ici la main de cette femme épuisée par la fièvre. Jésus ne craint pas de la toucher comme Il le fera souvent au cours de Sa vie, l'aveugle-né, le sourd-muet , la fillette décédée … et la fit lever. Quand Jésus touche quelqu'un Il est efficace, Il remet debout, en état de service, c'est ce que fait immédiatement cette personne. Avec la santé, elle retrouve la joie du service, la joie de donner de la joie aux autres, à ceux qui l'entourent !

Et moi, et vous, sommes-nous heureux, joyeux de servir nos frères ? Savons-nous partager notre joie, nos joies telle cette femme qui ayant perdu une drachme dit: " Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la drachme que j'avais perdue. " (Luc 15)

Nous partageons assez facilement nos peines pour alléger notre fardeau, mais nos joies, savons-nous les partager, pour associer nos amis à notre action de grâce ?

Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte.Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies,et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

Souvenons-nous , l’Évangile de dimanche dernier, se terminait par ces mots : »Sa renommée se répandit aussitôt partout,dans toute la région de la Galilée. »Le Sabbat se termine avec le coucher de soleil, les propos de Jésus à la synagogue et la nouvelle de l'expulsion d'un démon, tout cela s'est répandu comme une « traînée de poudre » ceux qui ont entendu et vu, ne tardent pas à venir vers Jésus en qui ils ont découvert leur libérateur ! Ils ne viennent pas seuls, ils sont accompagnés par des personnes atteintes de toutes sortes de maladies. La libération du possédé la semaine dernière donne envie de se laisser « toucher » par Jésus. A ce stade il s'agit, surtout, et sans doute essentiellement, de trouver ou retrouver un bien-être physique. Par la suite nous entendrons Jésus, poser la question ou simplement dire  :"Crois-tu au Fils de l'homme?" (Jean 9)

Et quiconque vit et croit en moi, ne mourra point pour toujours. Le croyez-vous?" (Jean 11)
" Ne crains pas, crois seulement et elle sera guérie. (Luc 8)
" Ne crains pas, crois seulement. (Marc 5)
« Ta foi t'a sauvée, va en paix. (Luc 7)
« Ma fille, ta foi t'a guérie; va en paix. (Luc 8)
" Vois! Ta foi t'a sauvé. " (Luc 18)
« Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique (Marc 2)
" Qu'il vous soit fait selon votre foi! " (Matthieu 9)

Ici, rien de cela, Jésus, guérit, Jésus libère. Par Ses actes Il veut donner envie d'aller plus loin mais Il doit avant tout se faire connaître. C'est seulement avec les démons qu'Il expose Ses exigences : « il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. » Personne, en effet, n'est en mesure, autant que les démons, de percer le « mystère-Jésus » . Nous le disions dimanche dernier, ils sont du « sérail », à l'origine, ils participent à la sainteté de Dieu, ils sont devenus ce qu'ils sont, part choix, ils se sont révoltés ! S'ils ont perdu leur innocence, ils n'ont pas perdu leur acuité spirituelle et sont toujours capables de différencier le beau, du laid . Jésus leur impose de se taire parce que l'heure n'est pas encore venue de révéler qui Il est vraiment. C'est plus tard qu'Il parlera plus ouvertement comme dans la rencontre avec l'aveugle-né :

« Jésus apprit qu'ils l'avaient ainsi chassé, et l'ayant rencontré, il lui dit: "Crois-tu au Fils de l'homme?" Il répondit: "Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui?" Jésus lui dit: "Tu l'as vu; et celui qui te parle, c'est lui-même." "Je crois, Seigneur" dit-il, et se jetant à ses pieds, il l'adora. (Jean 9)

Quand nous prions , quand nous appelons Jésus à l'aide, où nous situons-nous ? Sommes-nous de ceux qui tirent les ficelles pour obtenir du secours en tournant aussitôt le dos pour vaquer à nos occupations ne pensant au Seigneur que dans la besoin ou bien cherchons-nous à mieux Le connaître pour mieux comprendre et mieux aimer ?

Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube.Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait.

Après semblable bain de foule, Jésus éprouve la nécessité de s'isoler pour faire le point avec son Père, dans le cœur à cœur de la prière, en un lieu isolé, loin du brouhaha de la foule qui le presse .
Savons-nous, nous mêmes prendre ces temps de recul pour repenser, dans le silence et à la lumière de l’Évangile, nos engagements apostoliques et autres ? C'est une nécessité vitale pour durer mais aussi pour rectifier notre service !

Ici c'est intéressant de voir que Jésus manque lorsqu'Il s'éloigne. Les apôtres et d'autres d'ailleurs ne peuvent plus se passer de Sa Présence !
Éprouvons - nous ce même sentiment quand Jésus nous paraît absent ? Nous posons-nous pour comprendre ce qui se passe ? Cherchons-nous à ranimer la flamme qui vacille dans notre vie spirituelle ? Regardons Simon-Pierre :

Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.

« Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s'ouvre. (Luc 11) »
dira Jésus dans St Luc. En effet, Jésus se laisse trouver par ceux qui Le cherchent en vérité. 
 
Le cherchons-nous vraiment ? Prenons-nous tous les moyens que l’Église met à notre disposition pour Le trouver ? Sacrements, liturgie, lecture assidue de l’Écriture Sainte, notamment celle de l’Évangile, formation continue ….

C'est parce qu'ils sont sortis, ils ne sont pas restés à attendre, qu' Ils le trouvent et lui disent :« Tout le monde te cherche. »Jésus leur dit :« Allons ailleurs, dans les villages
voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »
La question à se poser , en écoutant la réponse de Jésus, n'est-elle pas de savoir la raison de cette quête, de cette recherche ? Lui, Jésus ne veut pas se laisser enfermer, Il ne refuse pas ce service de libération mais Son Incarnation n'est-elle pas l'Annonce de la BONNE NOUVELLE ? Les actes qu'Il pose pour soulager l'humanité blessée ne sont-ils pas le SIGNE par excellence de ce qu'Il disait il y a quinze jours, en parcourant la Galilée ; « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » 
 
Marchons-nous dans les pas de Jésus pour ce qu'Il nous donne , ou pour vivre en étroite union avec Lui pour apprendre de Lui, à faire la volonté du Père ? Sommes-nous prêts à sauter dans l'inconnu pour continuer la route avec Lui ? A prendre des chemins qui nous déstabilisent un moment mais élargissent notre horizon ?

Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. » 
 
Jésus est venu pour que les hommes, TOUS LES HOMMES aient la Vie et qu'ils l'aient en abondance, Ce n'est pas en restant à Capharnaüm, bien calés dans nos pantoufles, que la Bonne Nouvelle se frayera un chemin, Jésus se doit d'aller AILLEURS , tous les hommes ont droit de savoir que le Père les aime et qu'Il leur ouvre des chemin nouveaux . »c’est pour cela que je suis sorti. » C'est aussi l'urgence décrite dans la deuxième lecture de ce jour où St Paul affirme « Annoncer l’Évangile,ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile !Certes, si je le fais de moi-même,je mérite une récompense.Mais je ne le fais
pas de moi-même,c’est une mission qui m’est confiée.Alors quel est mon mérite ? C’est d’annoncer l’Évangile sans rechercher aucun avantage matériel,et sans faire valoir mes droits de prédicateur de l’Évangile.

Annoncer l’Évangile, est-ce pour chacun de nous une priorité ? Cette annonce est possible de bien des façons et, déjà en essayant de le mettre dans nos vies, en devenant chaque jour Bonne Nouvelle dans nos milieux de vie. Je peux l'annoncer aussi dans mes conversations par mes paroles imprégnées de son esprit !

Réveillons-nous, il n'est jamais trop tard,mettons-nous en marche avec Jésus Et parcourons toute la Galilée, (de notre temps) proclamant l’Évangile au monde entier.

    Louez le Seigneur car il est bon de célébrer notre Dieu,
    car il est doux, il est bienséant de le louer.
Le Seigneur rebâtit Jérusalem, il rassemble les dispersés d'Israël.
Il guérit ceux qui ont le cœur brisé, et il panse leurs blessures.
Il compte le nombre des étoiles, il les appelle toutes par leur nom.
(Psaume 147)


Oui, libre à l’égard de tous,
je me suis fait l’esclave de tous
afin d’en gagner le plus grand nombre possible.
Avec les faibles, j’ai été faible,
pour gagner les faibles.
Je me suis fait tout à tous
pour en sauver à tout prix quelques-uns.
Et tout cela, je le fais à cause de l’Évangile,
pour y avoir part, moi aussi.
1Cor 9.
L'Ermite

vendredi 26 janvier 2018

UN ENSEIGNEMENT NOUVEAU

QUATRIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B

(Mc 1, 21-28)


L’Évangile de ce dimanche me semble d'une étonnante densité, chaque verset est riche d'enseignement , certains termes sont particulièrement percutants et donnent envie de nous attarder pour pénétrer plus profondément dans la connaissance intime du Seigneur Jésus.

La semaine dernière Jésus appelait Ses quatre premiers apôtres , leur mission globale est claire : ils ne pécheront plus des poissons, sinon occasionnellement, mais des hommes ! Encore faut-il savoir à quoi correspond cette première mission !! C'est en vivant aux côtés de Jésus, que les apôtres vont apprendre leur nouveau métier comme ils ont appris le précédent auprès de leur père.

La première démarche s'effectue à la Synagogue, ceci semble assez normal, et manifeste à tous, l'enracinement Juif de Jésus. « Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm.Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, » Remarquons que Jésus n'entre pas n'importe quel jour à la Synagogue, il s'agit du jour du sabbat un jour où le peuple se rassemble pour la prière , l'écoute de l’Écriture et celle d'un enseignement :

La synagogue est une institution qui ne remonte pas au-delà de l'exil (587-538 av. J.-C.). Dispersés en Égypte, en Mésopotamie, les exilés avaient pris l’habitude de se réunir le


jour du sabbat d'abord sur la place du village, puis dans des maisons particulières, pour y écouter les grands récits fondateurs de leur foi. Les synagogues se sont multipliées sur tout le pourtour de la Méditerranée. Il y en eut bientôt dans chaque cité où vivaient des juifs. En terre d'Israël, chaque village avait la sienne et on en dénombrait, paraît-il, plus de 300 à Jérusalem ! À la fin du 1er siècle, après la destruction du Temple (par les romains en 70 ap. J.-C.), la synagogue va prendre dans le judaïsme une importance capitale. Qu'elle garde aujourd'hui.

Au Ier siècle, chaque synagogue possédait au moins les cinq rouleaux de la Torah (la "Loi de Moïse" ou Pentateuque), le rouleau d’Isaïe - le prophète le plus lu - celui des Douze petits prophètes et celui des Psaumes. Elle avait une fonction d’enseignement importante. Ceux qui ne pouvaient, faute de moyens, fréquenter les écoles rabbiniques, s’y instruisaient, au besoin par la simple consultation des livres saints (Ac 17,11).

Mais la fixité des habitudes liturgiques indique que l'élément fondamental en était la lecture, en hébreu, d'un passage de la Torah. En écho, ce texte premier était "commenté" par un passage tiré des livres des Prophètes, passage que l'on considérait alors comme "parole d'accomplissement". Puis les deux lectures étaient traduites en araméen, langue du peuple, et prolongées, actualisées, par une exhortation ou homélie. Ainsi, dans un va-et-vient entre divers textes et entre les Écritures et la vie, les fidèles s'abreuvaient-ils à la Parole comme à une source.
 
Le Sabbat est aussi un jour strict de repos : Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier.Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage.Mais le septième jour est le jour du repos du Seigneur, ton Dieu: tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes portes.Car en six jours le Seigneur a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et Il s'est reposé le septième jour: c'est pourquoi le Seigneur a béni le jour du repos et l'a sanctifié. Ex 20:8-11
 
Le Sabbat est un signe d’appartenance à Dieu et sanctifiez mes sabbats, pour qu'ils soient un signe entre moi et vous, afin que vous sachiez que je suis Yahweh, votre Dieu. Ez 20 ,20.

Il ne peut être aboli Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes; je ne suis pas venu abolir, mais parfaire. Mat 5 ,17-19

Il est éternel : Car comme les nouveaux cieux et la nouvelle terre, que je vais créer, subsisteront devant moi, -- oracle du Seigneur, ainsi subsisteront votre postérité et votre nom.De nouvelle lune en nouvelle lune, et de sabbat en sabbat, toute chair viendra se prosterner devant moi, dit le Seigneur. Is 66 ,22-23. 
 
En écho, ce texte premier était "commenté" par un passage tiré des livres des Prophètes, passage que l'on considérait alors comme "parole d'accomplissement" dimanche dernier Jésus ne disait-Il pas « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche ». et là, il enseignait.On était frappé par son enseignement,car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.

 Les Scribes, pour le dire d'un mot, étaient les professeurs de théologie, les philologues et les juristes de leur temps. Il ne leur manquait qu'une chose, c'est qu'ils n'étaient pas en même temps prêtres. Au temps de Jésus, tous les Scribes sans exception, appartenaient au parti des Pharisiens; on peut donc les considérer comme les représentants scientifiques du pharisaïsme. Ils étaient en même temps les maîtres des jeunes gens qui devaient les remplacer un jour. Ce qui caractérisait leur manière d'enseigner, c'est que leur doctrine, se transmettait oralement, de génération en génération.

Jésus, Lui, livre un enseignement qui vient de l'intérieur et non pas seulement des livres, souvenons-nous de ses douze ans quand ses parents le cherchent «ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant; et tous ceux qui l'entendaient étaient ravis de son intelligence et de ses réponses. (Luc 2) » 

Jésus est habité, Il est l'homme-Dieu, et c'est ce qui lui donne cette autorité soulignée par l’Évangéliste Marc. LA PAROLE qu'Il est en Lui-même, fait ce qu'elle dit, Elle porte un fruit immédiat et visible par tous ! Lui, la Parole de Dieu incarnée, quand Il s'exprime donne Vie, plénitude de Vie! Jésus ne parle pas pour ne rien dire, Il ne parle pas seulement pour remplir les têtes, pour donner des repères, Il fait ÊTRE ce qu'Il dit. C'est là, la grande différence, nous le verrons dans ce qui suit.

L'acte joint à la Parole qu'Il va exprimer ,va asseoir Son autorité mais en même temps indisposer certains de ses interlocuteurs qui se sentent floués parce qu'ils n'ont pas en eux, cette capacité à rendre efficace immédiatement leur enseignement. De plus, d'entrée de jeu, si j'ose dire, Jésus se révèle « maître du Sabbat » puisqu'un jour où nul ne travaille Il ose une parole qui permet à un frère d'exister différemment. Nous ignorons le contenu de l'enseignement de Jésus ce jour-là , par contre, nous constatons qu'un homme, dans la foule, est touché au plus profond de son être , il se met à gesticuler , à crier et interpelle l'Auteur de ce qui bouge en lui !

« Oui, les temps sont accomplis » « le Royaume de Dieu est tout proche », le « Royaume-Jésus », est là, présent au milieu des hommes ! Tout change en un instant LA PAROLE qu'est JÉSUS nous entraîne dans la nouveauté , dans un monde nouveau , où l'humanité enchaînée peut espérer sa libération, non avec des armes, des tueries mais par l'expression d'une PAROLE qui sauve parce qu'elle donne Sa vie « ma vie nul ne la prend mais c'est moi qui la donne » pour permettre à l'humanité de goûter la vraie Vie !

Or, il y avait dans leur synagogue, un homme tourmenté par un esprit impur,qui se mit à crier :« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es :tu es le Saint de Dieu. » Celui qui ligote cet homme et le fait souffrir ne peut supporter plus longtemps cette Présence, dont l'autorité s'impose naturellement .Le Satan , qui a fait le choix de son camp, en se permettant d'interroger Jésus, se piège lui-même « Es-tu venu pour nous perdre » il reconnaît aux yeux de tous, la capacité , la force d'autorité qu'exerce la Présence de Jésus !

En Sa présence, l'impur, le Mal, se sent mis à jour, c'est un peu comme si le grouillement des passions s'inscrivait sur son front se donnant à voir à tous ceux qui sont présents. Pour lui, la seule façon de s'en sortir, c'est l'attaque, cette attitude devrait, pense-t-il, détourner l'attention et mettre à mal le « REVELATEUR – JÉSUS » ! En même temps, tout en cachant derrière son attaque son mal-être, et comme pour le faire oublier, disparaître, le meilleur moyen n'est-ce pas la provocation ? La dénonciation ? et, en dénonçant, il s'enferme car il met en lumière l'identité de Celui qu'il attaque. Il s'accuse lui-même, puisqu'il sait, il révèle sa propre déchéance et met à jour sa propre capacité à identifier la sainteté. Pour la montrer du doigt, il faut en avoir fait l'expérience « Je sais qui tu es :tu es le Saint de Dieu. »

Sur une surface immaculée, le plus imperceptible défaut de fabrication saute aux yeux, c'est, toutes proportions gardées, ce qui se passe ici , la seule présence du Saint de Dieu révèle le Mal , celui-ci n'a pas besoin de démonstrations pour discerner la différence et cette différence n'a pas à se dire, elle s'exprime d'elle-même ce qui provoque la rage de celui qui se découvre démasqué ! Jésus peut alors intervenir :

Jésus l’interpella vivement : il est bon de noter que Jésus n'entre pas en polémique et qu'il
s'adresse, non pas à l'homme, mais au mauvais qui possède cet homme. Si Jésus s'était justifié, s'il avait répondu à la provocation il ouvrait une brèche et permettait au démon d'entrer en conflit ouvert et interminable. Non, Jésus lui impose de se taire !

Puissions-nous en tirer un enseignement judicieux pour nous-même ! La violence génère la violence, fermons-lui la porte en lui tournant le dos , le plus vexé sera le provocateur qui se retrouvera seul, face à une méchanceté qui le fera reculer et se taire par défaut de combattant ! Ici, Jésus interpelle le mauvais, VIVEMENT ! Il n'y a pas de tergiversation, pas de place pour des batailles de mots :

« Tais-toi ! Sors de cet homme. » L’esprit impur le fit entrer en convulsions,puis, poussant un grand cri, sortit de lui. Jésus n'a pas de difficultés à reconnaître celui qui perturbe cet homme. Qui mieux que la sainteté déchue (démon) peut reconnaître la Sainteté Créatrice ? Ne faut-il pas être du « sérail » ? Jésus lui impose silence sans doute parce ce qu'il est prématuré de lever le voile sur Sa véritable identité. Le « dévoilement » s'effectuera peu à peu, au gré d'expériences diverses et profondes, enracinées dans le quotidien. Interloqué par la puissance de l'ordre de Jésus, le Satan pousse un cri « de rage » parce qu'il est reconnu, démasqué, et il obéit : « poussant un grand cri, sortit de lui » Ceux qui assistent à l'exorcisme, car c'est bien de cela qu'il s'agit , sont ébahis :
Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux :« Qu’est-ce que cela veut dire ?Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. » Les participants posent la bonne question et font une remarque pertinente :

1 – ils constatent qu'il s'agit d'un enseignement NOUVEAU
2- donné avec AUTORITÉ
3- et qui met à mal les ESPRITS IMPURS QUI SE SOUMETTENT.

Si nous ne connaissons pas le contenu de l'enseignement donné par Jésus après la Lecture des textes sacrés du moment, nous apprenons, de la bouche de ses auditeurs du jour, qu'il s'agit de NOUVEAUTÉ. Un changement s'opère et la PAROLE du « Maître - JÉSUS » est efficace ,(AUTORITÉ) elle impose le silence au provocateur (ESPRITS IMPURS)
qui ne peut lui résister. Et Jésus agit ainsi en présence de Ses quatre premiers apôtres qui l'accompagnent et à qui Il a dit : « Venez à ma suite.Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Mc 1

« Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » (Luc 5) 
 
Et nous sommes sensés savoir que plus tard, quand ils reviendront d'une mission confiée par Jésus , les apôtres et leurs compagnons seront heureux d'être devenus par grâce, des « coopérateurs » : « Les soixante-dix revinrent avec joie, disant: Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en TON NOM. Jésus leur dit : Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. Luc 10

Les apôtres découvrent que Jésus est vainqueur du Mal, qu'Il libère l'homme de ses entraves, de son esclavage, c'est donc à cette mission qu'ils sont associés 
 
N'est-ce pas le souhait de St Paul dans la seconde lecture « j'aimerais vous voir libres de tout souci. » et il conclut la péricope : « C'est dans votre intérêt que je dis cela ;ce n’est pas pour vous tendre un piège,mais pour vous proposer ce qui est bien,afin que vous soyez attachés au Seigneur sans partage » St Paul souhaite aux chrétiens de son temps, de développer cette liberté intérieure parce que c'est bien, pour eux ,et que c'est ainsi qu'ils vivront dans le Seigneur !

Après semblable intervention on comprend sans difficulté la conclusion de ce passage d’Évangile :Sa renommée se répandit aussitôt partout,dans toute la région de la Galilée.Et nous verrons désormais un grand nombre de personnes se presser sur Son passage, toucher, ne serait-ce que le pan de Sa tunique, implorer Sa miséricorde, supplier, réclamer des miettes etc....

SOMMES-NOUS DE CEUX-LA ?


La Prière du Père Lyonnet « Ô Dieu, notre Père, fais de moi un vrai fils » :

« Fais de moi un vrai fils… Je me tiens devant Toi, ô Dieu saint, avec le sentiment douloureux de mon péché, de ma trahison d’amitié, avec le sentiment de ma fragilité et de mon impuissance, mais confiant en ton Amour merveilleux, Amour jamais lassé, Amour qui ne m’a jamais abandonné. Prends-moi comme je suis, comme je suis fait, pour me refaire à Ta manière et suivant Tes volontés. Je n’ose pas Te dire que je T’aime, je voudrais Te le prouver, mais déjà j’ai besoin de Toi : je ne peux pas T’aimer sans que Tu m’aimes. Ô Dieu, notre Père, crée en moi un cœur nouveau. Fais de moi un vrai fils, un fils digne de la Promesse, un fils en qui coule le Sang de ton Fils, un fils en qui abondamment circule Ta vie. Envoie-moi où Tu veux mais sois avec moi, travaille avec moi, combats avec moi. Seigneur, je T’offre en rougissant mon pauvre amour avec ma volonté de revenir vers Toi. Amen. »


Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
comme au jour de tentation et de défi,
où vos pères m’ont tenté et provoqué,
    et pourtant ils avaient vu mon exploit. »
Ps 94


L'Ermite

vendredi 19 janvier 2018

AUSSITÔT !


TROISIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


ANNÉE B


(Mc 1, 14-20)



Les trois lectures de ce jour évoquent un appel à la conversion.

« Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! »Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu.Ils annoncèrent un jeûne,et tous, du plus grand au plus petit,se vêtirent de toile à sac..Jonas 3
Le livre de Jonas n'est rien d'autre qu'un conte plein de finesse pour nous faire comprendre quelque chose de supérieur : quand l'homme reconnaît son péché, qu'il se tourne
sincèrement vers son Seigneur, Celui-ci se laisse fléchir et pardonne. En voyant leur réaction,et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise,Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.Jonas 3 Dieu est bon par essence, Il tient compte du moindre signe de repentir. « C'est lui qui pardonne entièrement ta faute et guérit tous tes maux. Il réclame ta vie à la fosse et te couronne de fidélité et de tendresse. (Psaume 103)
Mais lui est miséricordieux: i1 pardonne le péché et ne détruit pas; souvent il retint sa colère, et ne se livra pas à toute sa fureur. (Psaume 78)

La lettre aux Corinthiens, dans sa présentation, peut induire un contresens, le risque est de voir, dans ces lignes, une dévalorisation du mariage, ce serait une grossière erreur. Il est important de se laisser interpeller par l'introduction puis par la conclusion. je dois vous le dire : le temps est limité nous avons dans ces quelques mots un appel à la vigilance Si le temps est limité , et c'est vrai pour chacune de nos vies , « nous ne savons ni l'heure ni le jour » il est important de ne pas le perdre en dissipations de tous genres Car il passe, ce monde tel que nous le voyons.Et nous en trouvons la raison dans ce dernier verset. Ce monde terrestre passe, nous-mêmes ne sommes que de passage, nous devons aller à l'essentiel et vivre chaque instant comme étant le dernier. Dans la Lettre aux Philippiens chapitre 3, verset 7 et suivants Saint Paul nous montre manifestement vers quel essentiel doit tendre notre désir :  « Ces titres qui étaient pour moi de précieux avantages, je les ai considérés comme un préjudice à cause du Christ. Oui certes, et même je tiens encore tout cela comme un préjudice, eu égard au prix éminent de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. Pour son amour j'ai voulu tout perdre, regardant toutes choses 


comme de la balayure, afin de gagner le Christ, et d'être trouvé en lui, non avec ma propre justice, - c'est celle qui vient de la Loi, - mais avec celle qui naît de la foi dans le Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi; afin de le connaître, lui et la vertu de sa résurrection, d'être admis à la communion de ses souffrances, en lui devenant conforme dans sa mort, pour parvenir, si je le puis, à la résurrection des morts.
Ce n'est pas que j'aie déjà saisi le prix, ou que j'aie déjà atteint la perfection; mais je poursuis ma course pour tâcher de le saisir, puisque j'ai été saisi moi-même par le Christ. Pour moi, frères, je ne pense pas l'avoir saisi, mais je ne fais qu'une chose: oubliant ce qui est derrière moi, et me portant de tout moi-même vers ce qui est en avant, je cours droit au but, pour remporter le prix auquel Dieu m'a appelé d'en haut en Jésus-Christ.

A quoi sert de s'attacher à ce qui est à ce point éphémère . C'est Ste Thérèse d'Avila qui écrivait : « TOUT PASSE, TOUT LASSE, DIEU SEUL DEMEURE » dès lors vivons pour ce qui est impérissable ! « Tous les athlètes s'imposent une ascèse rigoureuse; eux, c'est pour une couronne périssable, nous, pour une couronne impérissable. » (1Corinthiens 9)

L'injonction de Jésus Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » ne peut pas nous surprendre. D'ailleurs n'est-ce pas en raison de ses appels à la conversion que Jean est emprisonné ?« C'était lui, Hérode, qui avait fait arrêter Jean et l'avait mis en prison. Jean
ne lui a-t-il pas reproché son inconduite ?«  En effet, il avait épousé Hérodiade, la femme de son frère Philippe, et Jean lui disait : « Tu n'as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » (Marc 6) Jean est venu préparer la route et il le fait en appelant à la conversion :Jean le Baptiste parut dans le désert, proclamant un baptême de conversion en vue du pardon des péchés. (Marc 1)

Jean poussé par l'Esprit a ouvert une ère nouvelle que Jésus inaugure par son propre baptême «  il arriva en ces jours-là que Jésus vint de Nazareth de Galilée et se fit baptiser par Jean dans le Jourdain. Et, comme il remontait de l'eau, il vit les cieux entr'ouverts et l'Esprit qui descendait sur lui, comme une colombe. Et il y eut une voix des cieux : " Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j'ai mis mes complaisances. (Marc 1)

Après l’arrestation de Jean le Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait :« Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

Jean étant empêché, Jésus ayant inauguré sa vie publique en recevant le baptême, l'heure est venue de prendre le relais. Notons au passage à quel point dans la main du Père, les événements s'inscrivent dans Sa volonté Sainte. La voix de Jean se tait, Jésus peut proclamer l’Évangile c'est à dire la Bonne Nouvelle ! Et quelle est cette bonne Nouvelle ? « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Sans doute, Jésus révèle-t-Il ici, que Celui qui est attendu depuis plus de 4000 ans , est arrivé . Ne précisera t-Il pas plus tard en Luc 17, 20-21 aux Pharisiens qui l'interrogent " Quand vient le royaume de Dieu? " il leur répondit, disant: " Le royaume de Dieu ne vient pas avec (des signes) à observer; et on ne dira pas: " Il est ici! " ou: " Il est là! " car voici que le royaume de Dieu est au dedans de vous. (Luc 17) 


  N'est-ce pas Jésus qui est au milieu d'eux mais leurs yeux sont empêchés de Le reconnaître ? Et pourquoi ne Le reconnaissent-ils pas ? Parce qu'ils ne se laissent pas convertir, retourner totalement, parce que qu'ils ont leurs idées sur le Royaume et le le Messie-Sauveur attendu ! Il n'est donc pas surprenant que Jésus commence sa vie publique en invitant fermement à la conversion au retournement profond, total, des mentalités. Les idées préconçues n'ont pas, n'ont plus leur place, c'est tout le développement de la pièce usagée sur un vêtement neuf et du vin nouveau dans de vieilles outres « Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau ajouté, qui vient du neuf, ne s'accordera pas avec le vieux. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues.Mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. (Luc 5) 

Nous entrons dans une ère nouvelle le Royaume appelle un changement radical il n'est pas possible de passer à côté , c'est un bouleversement sans précédent que préconise cette Bonne Nouvelle , une conversion absolue et après 2000 ans de christianisme nous avons encore un mal fou à percevoir les subtilités de cet appel de Jésus qui est venu « non pas abolir mais accomplir » la Parole des Prophètes :

voici qu'un homme a engendré un fils; ce fils a vu tous les péchés qu'a commis son père; il les a vus et n'a rien fait de semblable. Il n'a pas mangé sur les montagnes, il n'a pas levé les yeux vers les idoles infâmes de la maison d'Israël; il n'a pas déshonoré la femme de son prochain; il n'a opprimé personne et n'a pas pris de gage, il n'a pas commis de rapines; Il a donné son pain à l'affamé, il a couvert d'un vêtement celui qui était nu; il n'a pas fait peser sa main sur le pauvre, il n'a pris ni usure, ni intérêts; il a observé mes lois et suivi mes préceptes, -- celui-là ne mourra point pour l'iniquité de son père; il vivra certainement. Son père qui a multiplié la violence, qui a pratiqué la rapine envers son frère et qui a fait ce qui n'était pas bien au milieu de son peuple, voici que lui, il mourra pour son iniquité. (Ezéchiel 18)

Partage ton pain avec celui qui a faim, Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile; Si tu vois un homme nu, couvre-le, Et ne te détourne pas de ton semblable.
Isaïe
La foule l'interrogeait, disant: Que devons-nous donc faire? Il leur répondit: Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même. Il vint aussi des publicains pour être baptisés, et ils lui dirent: Maître, que devons-nous faire?… Luc 3,10-12

Jésus qui a épousé TOUTE la condition humaine sait que ses jours sont comptés, la tâche est immense, dès à présent Il a besoin de collaborateurs qu'Il veut former pour le jour où Il leur sera enlevé ! Il ne veut pas rester seul, Il décide d'appeler :

Passant le long de la mer de Galilée,Jésus vit Simon et André, le frère de Simon,en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs.Il leur dit :« Venez à ma
suite.Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »Aussitôt, laissant leurs filets,ils le suivirent
.Ces hommes sont en pleine activité, ils sont en train de jeter les filets et c'est à ce moment-là qu'intervient Jésus en jouant d'ailleurs sur les mots. D'une part, Jésus leur demande de Le suivre et, d'autre part, Il leur signifie que la pêche aux poissons élément important de leur alimentation sera désormais une pêche d'hommes. Renversement de situation qui a de quoi surprendre et provoquer un certain nombre de questions .

Comment vais-je faire, ma famille attend ? De quoi vont-ils se nourrir ? Pêcheurs d'hommes ? Qu'est-ce que cela signifie ? Cet appel lui-même et en lui-même suppose un renversement , un bouleversement, une totale conversion !

Les deux hommes ne tergiversent pas, la semaine dernière, ils ont vu aujourd'hui, ils adhèrent ! Ils donnent toute leur confiance à Jésus, Celui qui appelle donnera bien les aptitudes et les moyens :Aussitôt, laissant leurs filets,ils le suivirent

AUSSITÔT ,apparemment sans la moindre question, ils emboîtent le pas ! Il n'est pas inutile de rentrer en soi durant quelques instants et de s'interroger sérieusement sur notre manière de répondre aux différents appels qui résonnent dans notre cœur ? Notre réponse est-elle spontanée et immédiate quand Jésus nous invite plus loin ? Ou bien évoquons-nous nos urgences personnelles comme dans l'évangile de Luc : dire au revoir, ensevelir un proche, terminer des comptes etc Donnons-nous notre absolue confiance à Jésus qui nous fait signe comme Marie fit confiance à l'Ange de l'Annonciation ? Quel que soit l'appel Jésus nous invite à la confiance, à l'abandon à une remise totale de notre vie entre les mains du Père .

En avançant Jésus voit deux autres frères, eux réparent des filets , ils travaillent en compagnie de leur Père et de ses ouvriers et pourtant Jésus n'hésite pas, Il ne les prend pas à l'écart, une nouvelle fois Il appelle :Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean,qui étaient dans la barque et réparaient les filets. Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite. Et les deux frères laissent là leur père et ses ouvriers, leurs filets, la barque et ils
suivent Jésus ! « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi; celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n'est pas digne de moi.…  » Mt 10  

Suivre Jésus , c'est choisir . On ne peut tout avoir ! Il ne s'agit pas pour nous de "sacrifier", de choisir la privation et le dénuement, mais de nous libérer pour nous rendre disponibles au meilleur. Pierre et ses compagnons changent de vie. Ils ne savent pas où ils vont, ni ce qui les attend : seul les mobilise l'appel de ce Jésus en lequel ils pressentent déjà la présence de Dieu.

Comme ces apôtres, comme Paul et comme Jonas, nous sommes tous appelés par le Seigneur. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés pour être témoins et messagers de l'Évangile. Tout commence par une conversion de chaque jour. Tout au long des siècles, les grands témoins de la foi ont été des pécheurs pardonnés. Pensons à Pierre qui a renié le Christ, Paul qui a persécuté les chrétiens, Saint Augustin qui a vécu une partie de sa vie dans le désordre et bien d'autres. Étant libérés de toute entrave, ils ont proclamé la joyeuse nouvelle. Ils l'ont annoncée à l'humanité captive du péché et de la mort. Ils ont compris que notre Dieu est un Dieu libérateur et sauveur. C'est de cela qu'ils ont témoigné.
Cette mission comporte des risques. Nous vivons dans une société qui n'aime pas entendre
parler de Dieu ni de Jésus. Mais la bonne nouvelle doit être annoncée à tous car Dieu veut le salut de tous les hommes. Face à l'incroyance, la mal-croyance ou l'indifférence, nous ne pouvons pas rester passifs. Notre pape François nous recommande de sortir vers les "périphéries" pour y annoncer le message du Christ. L'Église ne peut vivre qu'en partant pour la "Galilée". C'est là que vivent ceux qui paraissent les plus éloignés de Dieu. Le Christ compte sur nous pour être témoins et messagers du Royaume de Dieu.

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle-toi,Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Dans ton amour, ne m’oublie pas,
en raison de ta bonté, Seigneur.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.
Ps 24
L'Ermite