jeudi 5 janvier 2017

DIEU SE MANIFESTE AUX NATIONS !

ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR

(Mt 2, 1-12)


Jésus était né à Bethléem en Judée,au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent :« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »

Les Mages ont l'habitude de scruter les astres. Saint Matthieu les présente comme infréquentables et méprisables aux yeux des scribes d’Israël parce que pratiquants de magie. Toutefois, aujourd'hui, l'un de ces astres retient plus particulièrement leur attention, il s'agit de cette nouvelle étoile, jamais remarquée jusque là. ils décident de la suivre et, chemin faisant, ils arrivent à Jérusalem où elle disparaît .

Sans doute, en approchant de la ville ont-ils entendu parler,(ou avaient-ils eu connaissance de la nouvelle avant leur départ), de cette «naissance-événement», aussi comprennent-ils que cette étoile porte un message et sa disparition les intrigue . On parle même de la naissance du Messie, ce qui
éveille encore davantage leur attention et leur désir de Le rencontrer aussi se renseignent-ils pour connaître le lieu béni où il repose. Ils se dirigent vers ceux qui doivent savoir, les scribes et les chefs des prêtres qui connaissent la Bible.

Les Mages n'ont pas d'arrière pensée, leur cœur est ouvert à la rencontre, ils n'ont rien à cacher et ne veulent surtout pas manquer l'occasion qui leur est offerte.

Notons qu'ils se sont mis en route dès l'apparition de l'étoile , dès qu'ils ont compris qu'un événement inhabituel leur faisait signe! Ils sont comme aimantés!

N'oublions pas que ces Mages sont païens , donc, très certainement en appétit de comprendre et de connaître, d'aller plus loin dans une démarche qui, au départ apparaît de pure curiosité! Quoiqu'il n'est pas négligeable de souligner leur désir de se « prosterner » aux pieds de ce Nouveau-né, ce qui n'est pas du tout commun! Se prosterner est un geste de déférence , de vénération et demande une réelle humilité de la part d' adultes!

Ces premiers versets sont riches d'enseignement pour nos vies. Quand tout va bien nous avançons joyeux presque insouciants, mais qu'un grain de sable s'immisce dans les rouages de nos projets et nous voilà déstabilisés, parfois aux abois, selon l'importance du grain perturbateur.

Quand disparaît l'étoile, les Mages ne s'affolent pas ils osent interroger leur entourage et nous?

Savons-nous marcher sur notre amour propre et demander la lumière à qui peut nous éclairer sur ce que nous vivons en l'instant? Il suffit de très peu, c'est le cas ici, pour que redémarre la marche de notre vie et, quand réapparaît l'étoile, c'est-à-dire, la joie profonde d'un cœur en paix avec lui-même et avec les autres, il nous reste à rependre notre itinéraire pour avancer sereinement.

Comme les Mages, osons-nous la rencontre, prenons nous le risque d'être déstabilisés dans nos certitudes, gardons-nous notre cœur ouvert à la nouveauté, avons-nous l'humilité de nous incliner profondément devant l'Enfant de la Mangeoire, devant la volonté de Dieu?

Continuons d' observer l'aventure des Mages:

En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé,et tout Jérusalem avec lui.Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple,pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent:«À Bethléem en Judée,car voici ce qui est écrit par le prophète: Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël.»

Si les Mages sont honnêtes avec eux-mêmes et avec les personnes rencontrées, il est loin d'en être de même pour Hérode, et tout Jérusalem avec lui! Hérode a peur! Il craint en effet que ce Christ qui vient de naître, en vienne à le supplanter... Les prophéties l'annoncent comme un chef qui sera le berger du peuple d'Israël. Au lieu d'attendre, de chercher à comprendre, Hérode perçoit le nouveau venu comme un danger, il va donc chercher à se renseigner discrètement, secrètement même, afin de réfléchir à « comment l'éliminer! » Peut-être même a-t-il déjà son plan!

Il n'est pas exclu que nous soyons exposés, un jour ou l'autre, dans nos vies, à ce genre de situation. Soit nous sommes victimes, soit nous sommes tentés de nous débarrasser d'une personne qui «nous fait ombrage»

Pour un disciple de Jésus, pour aussi inconfortable qu'elle soit, la première hypothèse est plus appropriée à celle ou celui qui a décidé de marcher dans les pas de Jésus. Cela ne rend pas la route facile, mais elle nous garde dans la lumière pour aussi escarpées que soient les aspérités du chemin . Quelle est alors notre attitude profonde? Soit nous gardons le cap avec toutes les difficultés que cela implique, soit nous rejetons tout et nous prétendons que la foi de notre enfance et de notre jeunesse n'est qu'un gentil conte de fée pour enfants sages! Nous rejetons absolument tout ce qui nous a construits jusque là et nous réorientons, sans nous mettre à l'écoute de Celui qui est allé jusqu'à l'extrême de l'Amour! D'autres prennent ce qui leur convient et rejettent ce qui les dérange parce que trop exigeant. Il n'est pas inopportun de réfléchir à nos réactions .

Revenons à notre péricope:

Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue;puis il les envoya à Bethléem, en leur disant:«Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant.Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui.Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Un second piège nous attend: celui d'être l'objet de manipulations . Ici, nous pourrions croire à la bonne foi d'Hérode, tous les ingrédients sont rassemblés pour tromper le visiteur:

  • allez vous renseigner: Hérode ne se risque pas à envoyer ses proches en mission, il pourrait être soupçonné. Le passage des Mages est une aubaine qu'il va utiliser au mieux , sans frais par-dessus le marché! Qui lui reprocherait de se servir de l'occasion offerte? On pourrait même voir dans cette démarche une certaine humilité: Hérode renonce à la primeur de la rencontre!
  • quand vous l'aurez trouvé venez me l'annoncer: c'est sous-entendre l'intérêt qu'il porte à cette «naissance-événement». Hérode semblerait vouloir être informé pour se préparer à son tour à une rencontre exceptionnelle.
  • pour que j'aille moi aussi me prosterner devant lui! Tout est finement calculé , Hérode veut être informé pour, à son tour, aller se prosterner. Bien suspicieux serait qui verrait un mal dans ce désir! Un Roi qui veut s'incliner devant un autre «roi», de plus, qui vient de naître, n'est pas une situation commune et éveille plutôt un sentiment d'admiration!
    Les Mages arrivent de loin, ils ne connaissent pas l'Histoire locale et risquent de tomber innocemment dans le piège tendu.

C'est là qu'interviennent la prudence, le discernement, l'esprit d'intelligence qui nous invitent à nous poser, pour réfléchir sérieusement à ce qui pourrait se cacher sous un tel empressement, et c'est à cela que nous sommes invités pour nos relations ordinaires.

Nous entendons parfois l'expression: «c'est trop beau pour être honnête» et cela peut s'avérer vrai. Avant d'avancer sur une voie que nous ne connaissons pas, il est souhaitable avant d'engager quoique ce soit, de se faire une opinion personnelle, de se renseigner sur la proposition, de prendre conseil auprès de personnes avisées et discrètes. Nous éviterons ainsi bien des déconvenues quand il ne s'agit pas de dangers réels! Il n'y a pas de honte à cela, c'est même une preuve d'intelligence, de sagesse, et bien des problèmes à venir nous seront épargnés!

Pour nous aussi l'étoile réapparaîtra et nous rendrons grâce de n'avoir pas
précipité notre chute et celle de ceux qui nous sont liés! N'est-ce pas ce qui arrive ici?

Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait,jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile,ils se réjouirent d’une très grande joie.

La disparition de l'étoile n'est-elle pas au service de la protection de l'Enfant ? Elle permet de laisser sourdre le véritable Hérode, celui qui ne respire que rivalité, peur de l'autre, fut-il un enfant, mensonge, tromperie, manipulation ….

Sa réapparition suscite de l'étonnement et, n'en doutons pas, soulève un bon nombre de questions . De plus, les Mages n'ont pas eu à interroger mais à écouter ce qui se disait autour d'eux à propos de ce roi, et, comme la Vierge Marie ils n'ont pas manqué de «ruminer» dans leurs cœurs les paroles entendues ici et là!

Pour le moment les Mages s'occupent de Celui pour qui ils se sont déplacés:

Ils entrèrent dans la maison,ils virent l’enfant avec Marie sa mère; et,

tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui.

Habituellement, on ne se prosterne pas devant un enfant, on cherche plutôt à éveiller son attention et on use, pour ce faire, de toutes sortes de facéties! Ici ,rien de cela, les Mages, impressionnés, se prosternent, c'est qu'il perçoivent que cette rencontre est loin d'être ordinaire, au-delà de l'enfant qui gazouille dans une mangeoire, au-delà de cette pauvreté, ne perçoivent-ils pas quelque chose d'un mystère qui les dépasse? D'ailleurs, ils ne sont pas venus les mains vides:

Ils ouvrirent leurs coffrets,et lui offrirent leurs présents:
de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Il s'agit de cadeaux hautement symboliques:

  • l'or pour honorer le roi qui ne sera jamais un roi comme ceux qui jalonnent l'Histoire de nos Pays. Son Royaume n'est pas de ce monde, Ses armes sont d'accomplir la volonté du Père, Ses soldats sont les pécheurs, les pauvres, les malades, qui témoignent de ce qu'Il fait pour les remettre debout. Ses biens, ici une pierre pour reposer sa tête s'il en trouve une ,là, un peu de pain qu'on Lui donne et qu'Il multiplie
    Quel or allons-nous Lui offrir aujourd'hui??
  • l'encens parce que leurs cœurs libres acceptent de reconnaître Dieu
    dans ce tout-petit! Lui, Jésus, ne recherchera jamais les honneurs, la gloire de nos monarques, Il avance sans gardes du corps, Ses apôtres affolés le lâcheront même, au moment où Il a le plus besoin de leur présence, ce sont Ses œuvres qui témoignent pour lui et que nous ne savons pas toujours accueillir!
    Accepterons-nous de Lui offrir le parfum de notre prière de pauvres, qui mendient bien plus qu'ils n'encensent! Jésus n'attend pas autre chose de nous!
  • la myrrhe parce que en tant qu'homme il est aussi mortel! C'est ce qu'a compris Marie Madeleine: cette gratuité de l'amour, aimer non pour en tirer profit mais aimer pour glorifier! Notre prière continuera-t-elle d'être celle de mendiants ou saurons-nous reconnaître dans ce corps livré Celui qui nous purifie de nos péchés? Savons-nous reconnaître et accueillir, dans l'homme blessé, écrasé, rejeté, Celui qui s'expose sur la croix jusqu'à la fin des temps!

Quelle sera notre myrrhe en ce jour où Dieu se manifeste à ce qui reste de paganisme dans nos cœurs?

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode,ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Sans doute avant de prendre la route du retour, se sont-ils reposés et le repos permet de réfléchir, voire d'accueillir en soi, la lumière qui vient d'ailleurs et c'est le cas! Les Mages comprennent qu'il ne serait pas bon de répondre au désir d'Hérode, ils prennent un autre itinéraire ce qui ne manquera pas de rendre le roi furieux, nous connaissons la suite ? «Rachel qui pleure ses enfants!» «Une voix dans Rama s'est fait entendre, des pleurs et une longue plainte: c'est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, parce qu'ils ne sont plus. (Matthieu 2)

Ne vous est-il jamais arrivé d'aller vous reposer avec un problème insoluble en tête, vous n'en voyiez pas l'issue, or, au lever, tout est clair, vous connaissez quelle marche suivre? L'Esprit travaille le cœur sincère qui cherche la vraie lumière, Dieu ne nous abandonne pas si nous savons lui remettre nos soucis. Nous ne sommes jamais totalement seuls, même au milieu d'un désert.

Debout, Jérusalem, resplendis! Elle est venue, ta lumière et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi...( Nous sommes un peu cette Jérusalem)
Les nations marcheront vers ta lumière,..

Lève les yeux alentour, et regarde:tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi;(l'Eucharistie nous rassemble si nous le souhaitons!) tes fils reviennent de loin,et tes filles sont portées sur la hanche.Alors tu verras, tu seras radieuse,ton cœur frémira et se dilatera...

Tous les gens de Saba viendront,apportant l’or et l’encens;ils annonceront les exploits du Seigneur.

Avec les Mages de tous les temps gardons nos yeux rivés sur «l’Étoile-JESUS», si nous vivons ainsi, nous ne serons pas déçus par les accidents de la
route, la nôtre bien sûr ! «Passerai-je les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, Ton bâton, Ta houlette, «Ton ETOILE» me rassurent» , «Tu combles les affamés» «Tu fais tout concourir au bien de ceux qui T'aiment» avec cela de qui, de quoi aurions-nous crainte???



Cherche ton étoile dans le ciel de l'avenir,
dans le ciel de l'avenir.
Cherche ton étoile,
Dieu fait signe de partir, Dieu fait signe de partir.

1
L'infini n'est pas un rêve, c'est quelqu'un qui nous conduit;
Plus longtemps qu'une comète Dieu demeure en notre nuit.
Mais comment le reconnaître dans le champ de notre vie ?
2
A la source des tendresses va puiser les mots de chair;
Sous les eaux de ta jeunesse, fleuriront tous les déserts.
Mais comment trouver les gestes qui réchauffent les hivers ?
3
Sur le mont Béatitude, Christ appelle à son bonheur;
Pour briser nos servitudes, il se fait libérateur.
Mais comment ce feu qui brûle prendra-t-il dans notre cœur ?
4
Pèlerin de la lumière, prends la route d'Emmaüs;
Le passant qui t'interpelle vient des rives du futur.
Mais comment lui faire fête au banquet du pain rompu ?
5
Messager de la nouvelle, porte au monde la vivant;
Par tes yeux le jour se lève sur tout homme qui t'attend.
Mais comment crier merveille sous un ciel couleur de sang ?




L'Ermite



jeudi 29 décembre 2016

DANS LA MANGEOIRE

SAINTE MARIE MÈRE DE DIEU



1er JANVIER 2017
Lc 2, 16-21

Le Livre des Nombres, (notre première lecture du jour) le quatrième de l'Ancien Testament, a reçu ce titre, parce qu'il débute et s'achève avec une statistique (dénombrement ou recensement) des tribus d'Israël. Sa composition finale est relativement tardive, environ 600 ans avant le Christ, époque de l'Exil des Hébreux à Babylone . De nombreuses sources ont été assemblées pour composer ce Livre reliant des éléments narratifs et des textes législatifs.


C'est de ce Livre qu'est tirée la très belle bénédiction que l’Église nous adresse en chaque début d'année. Je ne trouve rien de mieux pour rejoindre chacune et chacun en ce jour où coïncident : « le premier dimanche de l'année, le premier jour de l'An Nouveau et la fête de Marie « Mère de Dieu ».


Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage,qu’Il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage,qu’Il t’apporte la paix !

Ils invoqueront ainsi mon nom sur les fils d’Israël, et moi, je les bénirai. »

Oui, que le Seigneur bénisse chacune et chacun ! Bénir signifie vouloir du bien à l'autre ! Dire du Bien de l'autre !
Appeler la bénédiction du Seigneur sur une personne c'est demander à Dieu de dire du Bien de cette personne, de la combler des biens d'éternité ! N'est-ce pas beau cela ? Si Dieu ne nous voulait pas du bien, aurait-Il envoyé son Unique, Son Bien-aimé, Celui en qui Il a mis toutes Ses complaisances pour rétablir dans Son amitié celui qui s'en éloignait ! Comprendrons-nous un jour tant soit peu, à quel point nous sommes aimés ?

« En hébreu, la langue de la première partie de la Bible, bénir signifie plus encore que dire du bien. La bénédiction de Dieu, c'est le don de la vie, du bonheur et de la paix. Bénir ,c'est donner la vie, et un sens à la vie. Bénir Dieu, c'est Lui laisser de la place dans notre existence, c'est Le laisser s'exprimer en nous, créer en nous ces dimensions nouvelles que sont la foi, l'espérance et l'amour. Bénir une personne c'est lui souhaiter que Dieu l'aide à se développer et à s'épanouir pleinement » J'ai relevé cette note quelque part un jour et suis incapable de donner l'auteur

Quand on dit la bénédiction de Dieu sur une personne ou sur un groupe de personnes, on accompagne souvent les paroles de bénédictions tirées de la Bible par un geste de la main comme ouverte en direction de la personne. Ce geste, très ancien, d'imposition des mains, rappelle bien que par sa bénédiction, Dieu est en train de créer la personne.

Alors, oui, :“Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage,qu’Il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage,qu’Il t’apporte la paix !

Que cette année soit, dans chacune de nos vies, remplie de Sa Présence, débordante d'Amour, à Son image et ressemblance ! Si nous ouvrons tout grand notre cœur, il en sera ainsi et nous déborderons d'allégresse ! C'est mon souhait le plus cher !


Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse,
que son visage s’illumine pour nous ;
et ton chemin sera connu sur la terre,
ton salut, parmi toutes les nations.

Que les nations chantent leur joie,
car tu gouvernes le monde avec justice ;
tu gouvernes les peuples avec droiture,
sur la terre, tu conduis les nations.

Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ;
qu'ils te rendent grâce tous ensemble !
Que Dieu nous bénisse,
et que la terre tout entière l’adore !

Notre regard sur les êtres et sur les choses changera, comme les bergers de la nativité, nous nous hâterons, nous allongerons nos pas pour mieux comprendre ce qui se passe à la mangeoire !

Les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem,et ils découvrirent Marie et Joseph,avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.

Ne faut-il pas une « sacrée » dose de foi pour courir vers un nouveau-né couché dans une mangeoire ? Remarquons la nuance : il ne s'agit pas dans le texte d'une mangeoire, mais de LA mangeoire ! Ce n'est pas une quelconque mangeoire , c'est précisément celle où repose sereinement, un Nouveau-Né en tout semblable aux autres à cette seule et incroyable différence, que Son apparence est un emprunt et qu'il y a là un enfant étonnant qui, dès avant Sa naissance, Se manifeste, au point d'ébranler un autre enfant – Jean le Baptiste – dans le sein de sa mère Élisabeth ! Si les bergers se hâtent, c'est qu'ils ont reçu, eux aussi la visite d'un ange qui reprend le message plein de confiance et d'Espérance adressé à Marie, puis à Joseph : « ne crains pas, ne craignez pas »

Un ange du Seigneur parut auprès d'eux et la gloire du Seigneur les enveloppa de clarté, et ils furent saisis d'une grande crainte. Mais l'ange leur dit: " Ne craignez point, car je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple une grande joie: il vous est né aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ Seigneur ! »

Quand Dieu se manifeste Il apporte la VIE, la PAIX, la LUMIÈRE, la JOIE !
Nous sommes à mille milles de ceux qui nous présentent Dieu comme un Père fouettard. Souvenons-nous de cela, la Présence de Dieu est douce, lumineuse, joyeuse.
Comme ce fut annoncé, cet enfant surprenant, est couché dans une mangeoire ! Faut-il y voir le symbole de notre Tabernacle où Jésus nous attend ? En tout cas, c'est ce que je retiens, et le tabernacle de l'Ermitage est une mangeoire, car c'est là que tout a commencé ! Bien qu'il ne faille pas oublier que le tout premier Tabernacle de l'Enfant Dieu fut le sein de Marie ! Qu'Elle est grande Marie dans son abaissement, Elle qui porte Jésus le Fils Bien-Aimé du Père, et que Jésus porte  !

Oui, c'est à la mangeoire que tout commence, tout, c'est-à-dire l’Église . Car qu'est-ce que l’Église ? Sinon ce lieu unique :

  • où la Parole se FAIT CHAIR comme à la mangeoire, où Elle nous dit : « prenez et mangez, prenez et buvez »,
  • où la Parole est ANNONCÉE jusqu'aux extrémités de la terre selon l'ordre de Jésus : « allez, faites des disciples » et ici, par les Bergers,dans la campagne environnante,
  • où Elle est célébrée dans le monde entier et, à la MANGEOIRE, par les Anges : «  Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qui L'aiment »

« Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. »

Oui, les premiers missionnaires de l’Évangile dont parle la première lettre de Saint Paul aux Corinthiens : « Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l'Église, il y a premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d'enseigner,les missionnaires de l’Évangile » , les tout premiers, ce sont les bergers ! Jésus, en Son Père, choisit des gens simples, des pauvres selon les critères humains. Les savants tenteraient de Lui démontrer scientifiquement que la création est ceci, cela,
vient de telle transformation, que l'homme descend du singe ! Comme si Dieu, qui a tout créé, de rien, ne sait pas qui est l'homme et d'où il vient ! Oui, en Jésus, Dieu choisit la simplicité, n'est-ce pas ce que dit Saint Paul ? 

« Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n'y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles.
Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu'on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont,afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu ». 1 Cor 1

Devant Dieu, nul ne peut se prévaloir de puissance, de sagesse, d'intelligence … Le Sage, le Puissant, l'Intelligent … c'est Dieu, nous participons simplement, selon notre degré d'ouverture, à qui est Dieu ! « Qu'as-tu que tu n'aies reçu », c'est encore St Paul qui nous le rappelle !

Quant à Marie, Elle ne se soucie pas de sa « petite personne » « Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. »

Marie avance dans la foi ! Tout ce remue ménage, toutes ces personnes qui viennent voir l'Enfant, - et Marie ira de surprise en surprise, - bientôt des mages seront là avec des cadeaux somptueux, et ils se prosterneront devant ce tout-petit, Marie intériorise tout ces événements. Elle est loin de tout comprendre, Elle dépose tout cela au plus profond de son cœur et c'est peu à peu que se lèvera le voile, mais jamais totalement. En effet, quand Jésus harangue les foules, les proches sont surpris et s'inquiètent, Marie les accompagne pour tenter de ramener Son Enfant à la maison. C'est peine perdue, Jésus est guidé de l'intérieur et rien ne Le détournera de Son dialogue avec le Père dont Il accomplit les œuvres !

Marie a compris que son Fils est différent, qu'Il est capable d'effectuer de grandes choses (souvenons-nous de Cana) mais Ses proches eux, ne comprennent pas !

Le voile, disais-je, se lève peu à peu, mais jamais totalement, n'en est-il pas ainsi dans nos propres vies ? Certains événements nous déroutent, au moment, nous ne comprenons guère, nous sentons que Dieu est présent, cela reste cependant confus. Arrive alors, un autre événement, souvent des mois, parfois des années après, et nous comprenons tout ou presque tout, et nous rendons grâce. Dieu a permis ceci pour nous éviter le pire ! Dieu a permis ceci, pour nous préparer à aujourd'hui ! Nous ne devrions jamais nous inquiéter, si nous ne comprenons pas, comme Marie gardons l'incompréhensible au fond de notre être, méditons et à l'heure de Dieu, la lumière jaillira, nous exploserons d'une joie douce et sereine en disant merci à l'Auteur !

Rassasiés par la rencontre avec cet Enfant, les bergers ne comprennent pas tout non plus, mais ils ont vécu une expérience indicible qui réjouit leur cœur, leur vie ne sera plus la même, il s'est passé quelque chose de profond, d'inexplicable, quelque chose qui vient de très loin et de tout près en même temps, quelque chose qui remplit leur vie intérieure. Extérieurement, ils ont les mêmes vêtements, ils n'ont pas davantage d'argent, ils restent des
bergers, mais : « Les bergers repartirent ;ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu,selon ce qui leur avait été annoncé. » ils seront bergers autrement, ils deviennent des messagers de cette extraordinaire nouvelle : « Un enfant nous est né un fils nous est donné, conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Prince-de-la-paix... » Ils n'ont plus le même regard sur les êtres et sur les choses ! Voilà ce que Dieu fait dans une vie quand la Rencontre est profonde, vraie, sincère ! Les difficultés sont regardées différemment, le frère n'est plus un ennemi mais un ami potentiel, nous voyons la vie, les gens, les choses avec le filtre de Dieu ! Nous devenons capables d'action de grâce, nous devenons capables de prier pour ceux qui ont voulu nous faire du mal, nous, nous savons qu'il s'agit d' un chemin de purification car « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu »! Nous devenons capables de prier pour ceux qui nous blessent, nous les portons devant le Seigneur appelant sur eux Sa bénédiction pour que vienne l'heure de leur propre expérience spirituelle qui en fera des êtres nouveaux. La RENCONTRE de Dieu bouleverse une vie, souvenons-nous de Moïse sortant de la Tente de la Rencontre, il rayonnait ! Dieu rend lumineux l'être où Il peut établir sa demeure, « sa mangeoire » !

Et Jésus ne se dérobe pas à la loi du moment, Jésus n'est pas un hors la loi, non, Il s'y soumet, Il l'élargira, mais Il a cette grandeur d'une humilité souveraine, d'emprunter les chemins, tous les chemin d'humanité : 

« Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision,l’enfant reçut le nom de Jésus,le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception. »

Jésus vient au monde sans nom, comme tous les enfants, Il reçoit le sien de Son Père, par l'intermédiaire de ceux qui ont accepté de Le prendre en charge, d'assurer sa première éducation : « l’enfant reçut le nom de Jésus ! » Quel programme quand on en connaît le sens ! Jésus, c'est-à-dire « Sauveur » qui, dès Sa conception dit : « me voici Père, je viens accomplir Ta volonté » Paroles qu'Il reprendra au Jardin des oliviers : « Père, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » pour terminer sur la croix dans un soupir « tout est accompli ».Sa mission, le sens de sa vie sont inclus dans ce nom : « JÉSUS » ! Quand nous ne savons pas quoi dire à la prière, ne craignons pas, répétons inlassablement ce nom, doux et puissant entre tous « Jésus, Jésus » nous reviendrons apaisés, vivifiés, car ce nom est donneur de Vie; en lui-même, Il EST BENEDICTION !
Ils invoqueront ainsi mon nom sur les fils d’Israël, et moi, je les bénirai. »

L'Ermite

vendredi 23 décembre 2016

LE MYSTÈRE AUJOURD'HUI MANIFESTE

Nous avions ce texte à l'office des lectures de ce jour. Je le trouve très beau et le partage. Il remonte aux années 217 - 235



TRAITÉ DE SAINT HIPPOLYTE DE ROME CONTRE L'HÉRÉSIE DE NOËL


« Le mystère aujourd'hui manifesté... »
Il y a un seul Dieu. Nous ne le connaissons pas autrement, frères, que par les saintes Écritures. ~ Par conséquent, voyons tout ce que proclament les divines Écritures et reconnaissons tout ce qu’elles enseignent. Croyons le Père comme il veut être cru ; glorifions le Fils comme le Père veut qu’il soit glorifié ; et recevons le Saint-Esprit comme le Père veut qu’il soit donné. Ne voyons pas selon notre propre choix, ni d’après notre propre intelligence, ni en faisant violence aux dons de Dieu, mais de la façon que lui-même a voulu indiquer par les saintes Écritures. 

Dieu qui était seul, et pour qui rien n’était contemporain de lui-même, décida de créer le monde. Par son intelligence, sa volonté et sa parole, il fit le monde et il eut aussitôt les créatures qu’il voulut, quand il voulut, comme il voulut ; il nous suffit de savoir seulement que rien ne fut contemporain de Dieu, en dehors de lui-même. 

Mais, tout en étant seul, il était multiple. Car il n’était pas sans parole, sans sagesse, sans puissance ni décision. Tout était en lui et il était le Tout.

Quand il le voulut, comme il le voulut, il manifesta sa Parole au temps fixé par lui-même, ~ cette Parole par laquelle il a tout créé. 

Sa Parole, qu’il tenait en lui-même et qui était invisible au monde créé, il la rend visible. Tout d’abord, il la profère comme une voix, il l’engendre comme la lumière issue de la lumière, il envoie comme Seigneur pour la création sa propre intelligence. Et celle-ci, qui était d’abord visible à lui seul et invisible au monde créé, il la rend visible, afin que le monde, en voyant cette épiphanie, puisse être sauvé. ~ Telle est l’intelligence de Dieu : en entrant dans le monde, elle se montra le serviteur de Dieu.Tout fut par lui, mais lui seul est issu du Père. ~

Dieu a donné la Loi et les Prophètes et, en les donnant, il les a forcés, par l’Esprit Saint, à parler, en sorte qu’ayant reçu l’inspiration de la puissance du Père, ils annoncent la décision et la volonté du Père. ~

La parole de Dieu, son Verbe, s’est donc manifestée, comme dit saint Jean. En effet, il récapitule les paroles des prophètes en montrant que c’est lui, le Verbe, par qui tout a été fait. Il parle ainsi : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut de ce qui existe. Et saint Jean dit plus loin : Le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

mercredi 21 décembre 2016

DIEU CHEZ NOUS ! DIEU EN NOUS !

JOUR DE NOEL  2016 !



Comme ils sont beaux sur les montagnes,les pas du messager,celui qui annonce la paix,qui porte la bonne nouvelle,qui annonce le salut,et vient dire à Sion :« Il règne, ton Dieu ! » Écoutez la voix des guetteurs : ils élèvent la voix,tous ensemble ils crient de joie car, de leurs propres yeux,ils voient le Seigneur qui revient à Sion. Éclatez en cris de joie, vous, ruines de Jérusalem, car le Seigneur console son peuple, il rachète Jérusalem ! Le Seigneur a montré la sainteté de son bras aux yeux de toutes les nations.Tous les lointains de la terre ont vu le salut de notre Dieu.

Comme il est beau ce message d'Isaïe ! Il exprime en quelques mots, l'immense joie de Noël : annonce de la Paix, du Salut, du Règne du Seigneur, de Sa Présence, puisque de leurs propres yeux ils voient le Seigneur qui console et rachète, annonce l'universalisme, en effet, tous les lointains de la terre ont vu le Salut de notre Dieu ! N'est-elle pas merveilleuse cette Prophétie ? Et cela plus de 700 ans avant la venue de Jésus !

Nous pouvons nous réjouir avec tous ceux qui nous ont précédés, avec tous ceux d'aujourd'hui et de demain, dans cette communion des Saints à laquelle nous participons dans la foi !

La lettre aux Hébreux confirme ce qui précède quand elle déclare :

À bien des reprises et de bien des manières,Dieu, dans le passé,a parlé à nos pères par les prophètes ; (tel Isaïe) mais à la fin, en ces jours où nous sommes,il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes.Rayonnement de la gloire de Dieu,expression parfaite de son être,le Fils, qui porte l’univers par sa parole puissante,après avoir accompli la purification des péchés,s’est assis à la droite de la Majesté divine dans les hauteurs des cieux ; et il est devenu bien supérieur aux anges,dans la mesure même où il a reçu en héritage un nom si différent du leur. En effet, Dieu déclara-t-il jamais à un ange :Tu es mon Fils,moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ? Ou bien encore :Moi, je serai pour lui un père,et lui sera pour moi un fils ? À l’inverse, au moment d’introduire le Premier-né dans le monde à venir,il dit :Que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu.

Prosternons-nous sans honte, devant ce tout-petit, tellement grand, à qui
nous devons notre titre royal « d'enfants de Dieu » ! Seul titre ayant de la valeur dans l'aujourd'hui de notre monde, le seul que nous garderons pour l'éternité ! En sommes-nous conscients ? Monsieur le Président, Madame la Comtesse, Sire, tout cela finira , seul demeurera le titre inégalable de « fils et filles de Dieu », nous devrions bondir, exploser de joie !

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante,
il s’est assuré la victoire.

Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations ;
il s’est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d’Israël.

La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
Acclamez le Seigneur, terre entière,
sonnez, chantez, jouez !

Aujourd’hui la lumière a brillé sur la terre.
Peuples de l’univers, entrez dans la clarté de Dieu ;
venez tous adorer le Seigneur !

Pourquoi cela ? Parce que Le Verbe , mais quel Verbe ? Celui du Père , Celui du Maître des mondes, l'Expression même du Père, qui est bien dans et par ce Père, par Lequel ce Père a créé toutes choses , et les regardant dit, par Son
Verbe, « que cela était bon » et pour l'homme « très bon » ! Ce Verbe, Expression du Père, accepte de s'exiler , de se revêtir du vêtement étroit, étriqué, de notre humanité, parce que cette humanité s'est fourvoyée et continue son errance. Ce Verbe qui est de toujours à toujours, par pure compassion, s'éloigne pour un temps et vient matérialiser l'Expression du Père pour révéler à cette humanité qui s'est enfermée dans la ténèbre qu'elle est aimée, qu'elle ne peut continuer sa route yeux fermés, tête baissée, sinon elle court à sa perte, va « droit dans le mur » dirions-nous aujourd'hui » ! Ce Verbe n'a pas eu peur de nos ténèbres, Il est venu, Il vient et Il viendra pour que recule la nuit et que brille la Lumière ,au plus profond de la nuit, la transformant, l'éclairant, la réduisant, l'illuminant, jusqu'à ce que la nuit devienne jour, pour aussi invraisemblable que cela nous semble ! Avec le « Verbe-Jésus » la nuit s'éclaire, un mal peut devenir une source de bien si l'homme consent et adore ! Oui, un mal peut réveiller le bien dans un cœur qui écoute !
Au commencement était le Verbe,et le Verbe était auprès de Dieu,et le Verbe était Dieu.Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, ce Verbe que nous accueillons et contemplons à Noël a présidé dans le sein du Père à toute la Création ! et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.De même que le Père ne fait rien tout seul, le Fils ne fera rien sans Le Père, sans Le consulter, sans se retirer sur la Montagne pour écouter et entendre comment continuer cette œuvre de création, l'Esprit, à chaque grand moment venant confirmer. En lui était la vie,et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres,et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.

La lumière en effet c'est ce Verbe venu briller dans le cœur des hommes de bonne volonté pour les hisser jusqu'à la Lumière sans déclin. Le « Verbe-Lumière », par Sa Parole et par ses actes est venu et vient nous apprendre à vivre en fils et en frères ? Le « Verbe-Lumière-Parole » nous révèle comment être et devenir, mais Il ne fait et ne dit rien de Lui-même, Il reçoit tout du Père pour nous le donner et se donne Lui-même.

Le Verbe était la vraie Lumière,qui éclaire tout homme en venant dans le monde.Il était dans le monde,et le monde était venu par lui à
l’existence,mais le monde ne l’a pas reconnu.

Le drame se situe dans ce membre de verset : « le monde ne l’a pas reconnu. » L'homme pécheur préfère sa nuit à La Lumière, l'homme n'arrive pas à croire à un tel amour, il s'enfonce dans la nuit et nous savons, parce que l'Histoire parle aussi, jusqu'où ira cette humanité dans son péché ! Heureusement, quelques uns après avoir trahi se lèveront et faisant leur, les paroles entendues « vraiment Celui-ci était le Fils de Dieu », porteront la Nouvelle aux quatre coins du monde. Un monde qui non seulement ne l'a pas connu, mais ne l'a pas reçu : »Il est venu chez lui,et les siens ne l’ont pas reçu ». Ce monde pécheur, l'a rejeté et le rejette encore aujourd'hui, l'exclut, de la cité, des écoles, des maisons ! Chaque fois qu'il le peut sans trop de casse, il supprime les signes dits ostentatoires qui font mémoire ! Nous-mêmes devons être attentifs, sous prétexte de ne pas provoquer n' arrive-t-il pas que nous Le mettions dans des coins retirés, cachés de nos maisons, quand Il a droit encore d'y demeurer, alors qu'Il ne demande que cela ! Heureusement , aujourd'hui comme hier, comme demain « à tous ceux qui l’ont reçu,il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu,eux qui croient en son nom.Ils ne sont pas nés du sang,ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme :ils sont nés de Dieu. » dans et par le baptême qui fait de nous des fils et des frères de Jésus Christ et entre nous !

Et le Verbe s’est fait chair,il a habité parmi nous,et nous avons vu sa gloire,la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. Le Verbe du Père a pris ce risque d'habiter chez les hommes, Il n'a pas eu peur du rejet, des controverses, des trahisons, des limites imposées par notre nature ! Il s'est glissé dans « notre moule » mieux encore Il a dit et redit à chaque Eucharistie : « Prenez et mangez-en TOUS, ceci
est Mon Corps ». Non seulement le Verbe, Celui par qui tout existe, vient demeurer dans ce monde, mais Il établit Sa Demeure, au plus profond de notre être. Le terme qui rend le mieux ce qui se vit là, c'est celui de communion, Dieu disparaît en chacun de ceux qui veulent bien vivre de Lui. Quelle responsabilité est la nôtre ! Dieu chez nous ! Dieu en nous ! Peut-être serait-il bon de s'arrêter quelque peu sur cette vérité de foi devant l'Enfant de la crèche et de Lui demander, les uns pour les autres, cette grâce de prendre la mesure du seul, unique, vrai cadeau qui nous est offert à Noël : Dieu chez nous ! Dieu en nous ! En moi Paul, Ghislaine, André …. Gloire à Toi Père, et Fils, et Esprit !



L'Ermite