vendredi 15 mars 2024

NOUS VOUDRIONS VOIR JESUS


CINQUIEME DIMANCHE

DE CARÊME



Année B


(Jn 12, 20-33)

Il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque.Ils abordèrent Philippe,qui était de Bethsaïde en Galilée,et lui firent cette demande :« Nous voudrions voir Jésus. »Philippe va le dire à André,et tous deux vont le dire à Jésus.Alors Jésus leur déclare :« L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié.Amen, amen, je vous le dis :si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,il reste seul ;mais s’il meurt,il porte beaucoup de fruit.Qui aime sa vie la perd ;qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle.Si quelqu’un veut me servir,qu’il me suive ;et là où moi je suis,là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera.Maintenant mon âme est bouleversée.Que vais-je dire ?“Père, sauve-moi de cette heure” ?– Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci !Père, glorifie ton nom ! »Alors, du ciel vint une voix qui disait :« Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. »En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre.D’autres disaient :« C’est un ange qui lui a parlé. »Mais Jésus leur répondit :« Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix,mais pour vous.Maintenant a lieu le jugement de ce monde ;maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ;et moi, quand j’aurai été élevé de terre,j’attirerai à moi tous les hommes. »Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir

Nous voudrions voir Jésus disent ces quelques Grecs venus en pèlerinage à Jérusalem, pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque. Non pas à la manière de Zachée qui grimpe sur un sycomore pour L'apercevoir et dont la vie est complètement retournée, mais comme des personnes qui demandent à rencontrer vraiment Jésus, personnellement. Beaucoup de choses sont dites ici et là, puisqu'ils en ont l'opportunité, ils tiennent à L'approcher, ils demandent cette faveur à Philippe, le premier disciple du Rabbi qu'ils croisent sur leur chemin , ce dernier en fait part à André et ils décident de faire remonter cette requête à Jésus ! Étonnamment, Jésus ne répond pas à cette sollicitation , Il annonce Son Heure toute proche maintenant. et la manifestation de Son identité profonde :

:« L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié.Glorifié, c'est-à-dire révélé au monde !Et c'est, comble de l'ironie, un Centurion romain qui, devant la grandeur du Mystère s'écriera :le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d'une grande crainte et dirent : « Vraiment, celui-ci était le Fils de Dieu ! » (Mt 27)

Puis, Jésus révèle, en filigrane ,le sens de Sa vie et ce qui va advenir dans les jours suivants

Amen, amen, je vous le dis :si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,il reste
seul ;mais s’il meurt,il porte beaucoup de fruit.Qui aime sa vie la perd ;qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle.Si quelqu’un veut me servir,qu’il me suive ; et là où moi je suis,là aussi sera mon serviteur.Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera

Jésus explique , avec des métaphores , ce qui se prépare, ce n'est qu'après la résurrection que les apôtres et bien d'autres, comprendront le message :

Jésus est ce grain de blé qui va être jeté en terre (le tombeau) et il convient qu'Il aille jusqu'à cet extrême, pour rassembler les enfants de Dieu dispersés ! Il (Caïphe) ne dit pas cela de lui-même; mais étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation; Et non seulement pour la nation, mais aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu qui sont dispersés. (Jn 11)

Jésus est Celui qui bien qu'il fût dans la condition de Dieu, il n'a pas retenu avidement son égalité avec Dieu; mais il s'est anéanti lui-même, en prenant la condition d'esclave, en se rendant semblable aux hommes, et reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui; il s'est abaissé lui-même, se faisant obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix. (Ph 2)

Oui, Jésus, Fils de Dieu et Dieu Lui-même s'est incarné, a revêtu l'habit étriqué de notre humanité individuelle ( grain de blé enfoui dans la terre) , Il ne s'est fait remarquer en rien, Il s'est totalement fondu (levain dans la pâte Il savait de quoi Il parlait en proposant cette parabole!) dans le peuple, au point que cette humanité qu'Il est venu sauvée, n'a rien compris de Son abaissement !

C'est parce qu'Il a perdu Sa vie jusqu'à la mort, et à la mort de la croix, qu'Il a porté un fruit qui demeure C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue confesse, à la gloire de Dieu le Père, que Jésus-Christ est Seigneur. Ph 2

Et celui qui veut Le suivre est invité à suivre le même chemin :Si quelqu’un veut me

servir,qu’il me suive ; et là où moi je suis,là aussi sera mon serviteur. Un peu plus tard, toujours dans St Jean Jésus dira :

Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. Si l'on m'a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. (Jn 15,20)

Et

Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous ai appelés amis, parce que tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître. (Jn15)

Il n'est pas nécessaire de faire de longs discours sur le propos de l’Évangile de ce jour, Jésus, en quelques versets, brosse le portrait du serviteur .

Servir Jésus, c'est devenir serviteur en se rappelant que le serviteur suit, il ne précède pas. Celui qui donne l'impulsion , c'est le Maître, si le Maître est persécuté, les serviteurs ne seront pas épargnés.

Le serviteur doit s'imprégner du vécu du Maître et savoir que le sommet de l'Amour c'est de donner sa vie pour ses amis . Devenir amis, c'est être intégré à la famille et cette intégration s'effectue en partageant l'intimité , en apprenant à connaître le Père, connu de Jésus seul ? Cette Sequela Christi (suite du Christ) n'est pas confortable , pas de dorure, pas de trône, pas de pierre où reposer sa tête, c'est un choix radical qui engage tout l'être de la personne, parfois, jusqu'au martyr . Au point que Jésus avait demandé à Ses disciples après la multiplication des pains où certains , dépassés par ce qu'ils entendaient ont pris la tangente  :

"Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller?" Ce qui nous vaut cette magnifique Profession de foi de l'Apôtre Pierre : "Seigneur, à qui irions-nous? Vous avez les paroles de la vie éternelle. (Jn 6)

Et nous , que répondons-nous en ce Carême 2024 ?

Nous rentrons ici, dans un moment de grande intensité où Jésus approche de cette HEURE tant de fois évoquée, 81 fois dans les cinq documents du Nouveau Testament ,dont 26 dans le seul Évangile de Jean .

Il y a l'heure où il est trop tôt pour se manifester, mais Jésus ne refuse rien à Sa Mère, et Il prend le risque :

« Femme, que me veux-tu ? Mon heure n'est pas encore venue. » (Jn 2)

Il y a cette heure qui est encore lointaine, mais que Jésus évoque à mots couverts pour tenter d'inviter la Samaritaine à ouvrir son cœur à d'autres perspectives :

« Femme, crois-moi : l'heure vient où vous n'irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. (Jn 4)

Il y a cette Heure toujours la même d'ailleurs, où ceux qui sont morts avant la révélation du Christ Ressuscité , seront entraînés avec Lui et par Lui ,dans la gloire

l'heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux vont entendre sa voix, et ils sortiront (Jn 5)

Il y a cette HEURE par excellence vers laquelle toute Sa vie est tendue, sur laquelle personne n'a de prise parce qu'elle est l' Heure du Père ,l' HEURE de l'accomplissement

On cherchait à l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n'était pas encore venue. (Jn 7)

C'est le même cas de figure où il est manifeste, que nul ne peut hâter le temps de Dieu . Il prononça ces paroles alors qu'il enseignait au Temple, du côté du Trésor. Et personne ne l'arrêta, parce que son heure n'était pas encore venue. (Jn 8)

Et il Y a l' HEURE pour laquelle Jésus est venu , heure attendue et redoutée et
redoutable , cette Heure qui est attendue et que Sa nature humaine voudrait éloigner, cette Heure où l'esprit est partagé, Il exprime Son immense souffrance tout en affirmant son adhésion profonde car c'est pour cette HEURE précisément qu'Il a revêtu notre fragile humanité , l' HEURE UNIQUE où Il sauve l'humanité !

Maintenant mon âme est bouleversée.Que vais-je dire ?“Père, sauve-moi de cette heure” ?– Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci  Parole qui trouve son écho en Marc et en Matthieu lorsque Jésus, saisi par l'angoisse, prie son Père

Et il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à sentir de la frayeur et de l'angoisse. Et il leur dit : " Mon âme est triste jusqu'à la mort; restez ici et veillez. " S'étant un peu avancé, il tomba sur la terre; et il priait que cette heure, s'il était possible, s'éloignât de lui, et il disait : " Abba, Père, tout vous est possible, détournez de moi ce calice; cependant, non ce que je veux, mais ce que vous (voulez) ! " (Mc 14) 5 Mt 27)

Père, glorifie ton nom ! C'est-à-dire donne-moi , en allant jusqu'au don parfait , donne-moi de montrer à mes frères en humanité, à quel point tu les aimes ! Jésus est totalement dépouillé de Lui-même . Il ne se met nullement en scène si j'ose dire, tout en Lui , est orienté vers le Père. « Je vous ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l’œuvre que vous m'avez donnée à faire.Et maintenant à vous, Père, glorifiez-moi auprès de vous, de la gloire que j'avais auprès de vous, avant que le monde fût. (Jn 17) Quand Jésus dit « glorifie-moi » Il ne demande pas d'être loué, exalté par le Père comme sont loués, encensés, portés en triomphe nos sportifs de haut niveau par exemple, Sa

Gloire à Lui, Jésus, c'est de révéler, et seulement cela, l'Amour fou du Père qui livre Son unique, pour démontrer jusqu'où , Lui, le Père, le Créateur des Univers, le vrai seul Maître du monde est capable d'aller, pour faire comprendre à l'humanité de quel amour elle est aimée !

Je suis aimée, tu es aimé(e) nous sommes aimés jusque-là ! Que ferons-nous de ces jours saints ? Seront-ils une action de grâce pour la grâce du Salut ? Tu m'as aimé jusque-là !

Alors, du ciel vint une voix qui disait :« Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. »En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre. D’autres disaient :« C’est un ange qui lui a parlé. »Mais Jésus leur répondit :« Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix,mais pour vous.

« Mais pour vous » tout absolument tout, dans la vie et la Passion de Jésus est orienté pour nourrir la foi de l'humanité Mais voici pourquoi je vous dis tout cela : quand cette heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l'avais dit. (Jn16)

Et l'Heure dont nous parlons depuis un moment ce n'est plus celle des paraboles c'est l'heure de la Vérité par excellence , celle de la croix où Dieu montre à l'univers entier qu'Il est Dieu et Dieu d' AMOUR , où morte est la mort pour une VIE ETERNELLE !

L'heure vient où, sans employer de paraboles, je vous annoncerai ouvertement tout ce qui concerne le Père. (Jn 16) ANNONCE dont l'apothéose est la Croix-Résurrection !

Cette voix rassurante, quelles que soient les apparences, - le grain qui meurt en terre, le Fils qui est exposé sur une infamante croix, - tout cela, tout en étant réel reste superficiel , l'éclatante vérité, c'est ce qui va suivre le grain tombé en terre qui donne

cent pour un, le Corps qui se relève dans le triomphe de la Résurrection, celui de la vie sur la mort.Maintenant a lieu le jugement de ce monde ;maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ;et moi, quand j’aurai été élevé de terre,j’attirerai à moi tous les hommes. »Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir

R/: Entre tes mains, je remets, Seigneur, mon esprit.
Entre tes mains, je remets ma vie.
Il faut mourir afin de vivre.
En tes mains je remets ma vie

1. Si le grain de blé ne tombe en terre
S'il ne meurt, il reste seul.
Mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit.
Et c'est un fruit qui demeure.

  1. Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix.
    Je ne la donne pas comme la donne le monde.
    Que votre cœur cesse de se troubler.
    Gardez courage, j'ai vaincu le monde.

  2. 3. Je suis le vrai cep vous êtes les sarments ;
    Qui demeure en moi porte beaucoup de fruit.
    Car hors de moi vous ne pouvez rien faire,
    Demeurez tous en mon amour.

L'Ermite



vendredi 8 mars 2024

RE - NAÎTRE

 

QUATRIEME DIMANCHE

DE CARÊME


Année B


(Jn 3, 14-21)

PETIT RAPPEL POUR LES OUBLIEUX ET POUR SITUER CE QUATRIEME DIMANCHE DE CARÊME : Dimanche de Laetare ou dimanche de la JOIE

LAETARE :Mot latin qui signifie « Réjouissez - vous ».Premier mot du chant d’entrée du quatrième dimanche de carême qui reprend un passage du prophète Isaïe .Réjouissez - vous avec Jérusalem, et soyez dans l'allégresse à cause d'elle, vous tous qui l'aimez Tressaillez de joie avec elle, vous tous qui pleuriez sur elle, afin que vous soyez allaités et rassasiés à la mamelle de ses consolations, afin que vous savouriez avec délices la plénitude de sa gloire! (Is66) Se réjouir parce que déjà perce la joie pascale, la joie de la Résurrection. Ce dimanche est une pause au milieu de notre marche vers Pâques. Paradoxalement, tout en nous rapprochant de la Passion de Jésus et de la croix, signe de notre Rédemption, la liturgie de ce dimanche nous rappelle que la source de notre salut est un motif de joie pour les chrétiens ( Église Catholique de France)

Depuis 2014, le pape François propose aux catholiques de prendre 24 heures pour se rapprocher du Seigneur, les vendredi et samedi précédant le quatrième dimanche de Carême.

Cette année encore, les catholiques du monde entier pourront participer à l’initiative « 24 heures pour le Seigneur », répondant à l’invitation du pape François en ce temps du Carême. Deux jours pour prier dans une église, y rencontrer un prêtre et se réconcilier avec Dieu. Afin de vivre la joie du 4ème dimanche de Carême, appelé le dimanche de Laetare.

« 24 heures pour le Seigneur », un rendez-vous annuel en temps de Carême

Face à l’impuissance que chacun peut ressentir face à certains événements difficiles de la vie, le pape François, dans sa lettre pour le Carême en 2015, invitait tous les baptisés à prier et à recevoir le sacrement de la réconciliation, pour y puiser de la force et de la joie. « L’initiative 24 heures pour le Seigneur, qui, j’espère, aura lieu dans toute l’Église, même au niveau diocésain, […] veut montrer cette nécessité de la prière. »

Le Saint Père incitait aussi les catholiques à ne pas en rester là : « Ensuite, nous pouvons aider par des gestes de charité, rejoignant aussi bien ceux qui sont proches que ceux qui sont loin, grâce aux nombreux organismes de charité de l’Église. Le Carême est un temps propice pour montrer cet intérêt envers l’autre par un signe, même petit, mais concret, de notre participation à notre humanité commune ».

Préparer cet événement dans les paroisses

En préparation à la résurrection de Pâques, dans de nombreux diocèses du monde entier, les églises resteront ouvertes toute une journée, offrant aux fidèles et aux pèlerins la possibilité de s’arrêter à tout moment pour adorer et se confesser.

C’est le cœur léger que toute l’Église réconciliée pourra célébrer le 4ème dimanche de Carême, dimanche de Laetare, le « Dimanche de la joie » : pour mieux faire désirer la Résurrection du Christ et la fête de Pâques qui approche

« Réjouissez - vous » : Laetare, un dimanche de Carême en rose

« Comme au dimanche Gaudete au milieu de l’Avent, l’Église fait une pause dans la pénitence quadragésimale, pour mieux se hâter vers les joies pascales. En vue de mieux le signifier, on peut porter en ce jour des ornements roses, mettre des fleurs dans le sanctuaire, jouer de l’orgue. » (Source : Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie).

Oui nous avons raison de nous réjouir en ce 4e dimanche de Carême car nous sommes assurés, moyennant la foi, d'avoir en partage la vie éternelle ! ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Voici le point de vue du Premier Pape Simon - Pierre :

Dans cette pensée, vous tressaillez de joie, bien qu'il vous faille encore pour un peu de temps être affligés par diverses épreuves, afin que l'épreuve de votre foi beaucoup plus précieuse que l'or périssable que l'on ne laisse pourtant pas d'éprouver par le feu, vous soit un sujet de louange, de gloire et d'honneur lorsque se manifestera Jésus-Christ. Vous l'aimez sans l'avoir jamais vu; vous croyez en lui, bien que maintenant encore vous ne le voyiez pas; et vous tressaillez d'une joie ineffable, et pleine de gloire, sûrs que vous êtes de remporter le prix de votre foi, le salut de vos âmes. (1P1)

Mais la vie éternelle qu'est-ce que c'est ?

Et la foi comment l'obtient - on ?

Ce qui est extraordinaire c'est, qu'en Dieu, il suffit d'ouvrir son cœur et ses mains, pour accueillir ce qui nous est donné. TOUT EST DON La foi, la Vie Éternelle, notre existence, tout vient de Dieu  !

Or, la vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ. (Jn 17)

CONNAÏTRE, c'est à dire naître avec, c'est ce que répond Jésus à Nicodème au début de ce chapitre« Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. (Jn 3)

Le Baptême est donc la réponse, nous sommes invités, appelés à naître de la vie même de Dieu. Et, de même que pour permettre à notre corps de se développer nous avons besoin de nourriture , de même pour entretenir la vie de l'Esprit nous devons manger ce que nous donne le Dieu d'Amour :

Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. (Jn 6)

Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte. (Jn 6)

et l'entretenir

Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? »

Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ? » L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. » (Lc10)

Celui qui croit au Fils a la vie éternelle (Jn 3)

Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi a la vie éternelle. Moi, je suis le pain de la vie. (Jn 6)

Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. (Jn 12)

Il n'est pas étonnant que Simon - Pierre , dans un élan d'amour s'écrie dans un magnifique acte de foi : :

« Seigneur, vers qui pourrions - nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. (Jn 6)

et que St Paul dans la seconde Lecture de ce dimanche nous dise :

Dieu est riche en miséricorde ;. C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi.Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.

Arrêtons - nous, si vous le voulez bien sur ces versets : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

Sans doute est-il juste de reconnaître dans ce serpent de bronze élevé par Moïse, une préfiguration du Christ élevé sur la croix. De même que l'homme croyant de l'Ancienne alliance, en levant son regard vers le serpent était guéri parce qu'il avait foi en Dieu qui avait dit à Moïse Fais faire un serpent brûlant (c’est-à-dire venimeux) et fixe-le à une hampe : quiconque aura été mordu et le regardera aura la vie sauve. Moïse fit un serpent d’airain et le fixa à une hampe ; et lorsqu’un serpent mordait un homme, celui-ci regardait le serpent d’airain et il avait la vie sauve. » (Nb 21, 7-9).

de même le croyant, ou Celui qui cherche Dieu, s'il lève, son regard sur Jésus élevé sur la Croix, sera sauvé, et le premier dans ce cas, fut le bon Larron :Jésus, souvenez - vous de moi, quand vous reviendrez avec votre royauté. " Et il lui dit: " Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. (Lc 23) .

L'auteur de la Lettre aux Hébreux nous encourage dans ce sens , il nous dit même de courir :courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, les yeux fixés sur Jésus, l'auteur et le consommateur de la foi, lui qui, au lieu de la joie qu'il avait devant lui, méprisant l'ignominie, a souffert en croix, et " s'est assis à la droite du trône de Dieu ". (Hb12)

Dieu fait reprendre à Moïse une coutume ancestrale qui relevait de la magie, pour l'enraciner, dans la foi au Dieu de l'Alliance, et l'enraciner dans la vie des hommes, de l'Alliance tout en douceur, sans rien brusquer ;de même ,Jésus, enracine la Nouvelle Alliance dans l'Ancienne, et la conduit à sa perfection. Dieu ne brise pas, Dieu est le

Berger de Son Peuple , Il conduit Son peuple en douceur, sauf quand Il doit le réveiller lorsque celui-ci se rebelle.. Notons que le regard porté sur le serpent de bronze, visait une guérison physique , et seulement pour le Peuple hébreux et que Jésus annonce, une guérison spirituelle pour l'humanité tout entière :,ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. En évoquant l'épisode du serpent, Jésus veut faire comprendre à Nicodème, à Ses apôtres et à chacun de nous, que le monde trouvera sa guérison dans Sa propre élévation. Puis Jésus veut nous convaincre que le Père L'a envoyé non pour juger mais pour sauver et celui qui refuse de croire , il s'agit évidemment d'un acte délibéré, celui-là se perd sciemment  :Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

La grande question , la presque insoluble question, est de se demander si l'on peut vraiment en toute connaissance de cause refuser l'Amour, refuser la Lumière???Toutefois Jésus ne parle pas de refuser mais de préférer . Nous y reviendrons. Dans un premier temps , il me semble intéressant de mettre en parallèle quelques versets du Prologue de St Jean et cette Parole de Jésus :

A) La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde. Jn 1

A° Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde,

B) et le monde ne l'a pas connu. Il vint chez lui, et les siens ne l'ont pas reçu.

B) et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.

C) Il vint chez lui, et les siens ne l'ont pas reçu. (Jn 1)

C) Celui qui fait le mal déteste la lumière :il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ;

D) Mais quant à tous ceux qui l'ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu sont nés.

D) mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

Saint Jean a écrit son évangile autour des années 95/100, il a eu le temps d'approfondir les Paroles du Maître , de se les approprier c'est sans doute pour cette raison que sa perception est si proche de l'expression de celle de Jésus, de Jésus Lui-même !

C'était une parenthèse , à mon point de vue, fort intéressante et qui devrait faire grandir en nous ce désir profond de « ruminer » la Parole divine pour nous l'approprier et ne faire qu'un avec elle !

Refuser /préférer

    Refuser c'est ignorer, évincer, éconduire, mettre à l'écart // Préférer c'est élire, choisir, adopter , cette démarche engage l'être de la personne . Nous avons ce terrible pouvoir , c'est dire la confiance qui nous est faite, d'avoir cette terrible liberté de faire un choix pour la vie ou pour la mort, que nous trouvons déjà inscrit dans le Deutéronome ( écrit environ 7 à 800 ans avant Jésus) :Vois, j'ai mis aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal, en te prescrivant aujourd'hui d'aimer le Seigneur, ton Dieu, de marcher dans ses voies et d'observer ses commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies, et que le Seigneur, ton Dieu, te bénisse dans le pays où tu vas entrer pour le posséder. Mais si ton cœur se détourne, que tu n'écoutes point et que tu te laisses entraîner à te prosterner devant d'autres dieux et à les servir, je vous déclare en ce jour que vous périrez certainement; vous ne prolongerez pas vos jours sur la terre où après avoir passé le Jourdain, tu vas entrer pour la posséder. J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre: j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis donc la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, en aimant le Seigneur, ton Dieu, en écoutant sa voix et en t'attachant à lui; car cela, c'est ta vie et de longs jours à demeurer dans la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob.» (Dt 30)

Et Jésus qui est venu accomplir ,nous invite à son tour à choisir la Lumière source de vie, jaillissement de vie  ! C'est aussi cela que nous devons développer durant le carême : être tendu vers plus de Lumière , vers plus de vie et pour ce faire, il convient de tourner le dos aux ténèbres du péché, du mal sous toutes ses sollicitations, y compris les plus insidieuses, les plus subtiles, les plus cachées, les apparemment plus insignifiantes ! En effet les petites choses conduisent aux plus grandes et non le contraire, moins je prie, moins j'ai envie de prier, plus je prie , plus j'ai en envie de prier, si je consens un minuscule mensonge , demain ce sera un plus grand, si je vole un un crayon il y a tant de choix, demain ce sera un ordinateur...nous connaissons tous le dicton, « qui vole un œuf vole un bœuf ». Choisissons la Lumière car notre Maître et Seigneur est LUMIERE , Il est LA LUMIERE, alors suivons- Le, même si cela nous conduit à la croix ! car  « Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera. (Mt 10) et « celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »


Perdre sa vie

(CFC / Gelineau / Sodec)

STANCE
Perdre sa vie pour accueillir le Christ,
se livrer au Christ pour rencontrer le Père,
se trouver soi-même comme un don de Dieu.
REFRAIN
Je te suivrai, Jésus, montre - moi le chemin.
1
Qui aime son père et sa mère plus que moi
N'est pas digne de moi.
2
Qui refuse de prendre sa croix
N'est pas digne de moi.

3
Qui perd sa vie à cause de moi
La gardera.



L'Ermite

vendredi 1 mars 2024

LE TEMPLE, C'EST VOUS !

 

TROISIEME DIMANCHE

DE CARÊME


Année B


(Jn 2, 13-25)

Voilà quelques semaines, une personne qui vient rencontrer l'Ermite depuis qu'elle a remarqué qu'un Ermitage se cache sur le plateau, est arrivée avec cette remarque - question : « je trouve surprenante, voire déplacée, cette violente colère de Jésus, Lui Jésus , le Saint ! dans le Temple de Jérusalem , j'aimerais avoir votre point de vue » Je lui ai donné un premier point de vue, et, depuis, ce passage d’Évangile ne me quitte pas. J'apprécie donc, de devoir l'approfondir avec vous aujourd'hui, et je lui ferai part de ma réflexion, lors d'une prochaine rencontre.

Ceci étant, il y a bien des façons d'envisager le décryptage de cette péricope et je pense que de nombreux volumes n'y suffiront pas ! car « Vivante est la Parole de Dieu !énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants ; elle pénètre au plus profond de l'âme, jusqu'aux jointures et jusqu'aux moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. Pas une créature n'échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, dominé par son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes ». (Hb 4)

Première approche : je n'ai jamais été troublée par le comportement de Jésus à cette occasion. J'ai toujours assimilé le Temple à nos églises , nos lieux dédiés à la prière et au recueillement et compris, à quel point Jésus pouvait être blessé de voir ce lieu dédié à la rencontre avec Son Père, transformé en rendez-vous d'affaires temporelles où bestiaux et monnaie, prennent tout l'espace. C'est devenu le « sanctuaire » du donnant / donnant alors que Jésus, le Fils du Père est la gratuité absolue ! De là, à rendre au Temple sa destination première, il n'y a qu'un pas et je ne vois pas comment Jésus aurait pu se faire entendre dans le brouhaha des beuglements , des bêlements, des caquètements, et des chamailleries d'hommes qui se vantaient d'avoir réussi l'affaire du siècle sans prendre un moyen efficace ! Jésus n'a frappé personne , Jésus a libéré le Temple !

J'ai souvent pensé, après le Concile , où les chrétiens se débridaient au point que certaines églises, en attendant que commence la messe, devenaient un lieu de gouaille, de marchandage, parfois de critiques, voire d'affaires diverses et variées  qu'il serait bon que Jésus revienne avec Son fouet, pour rendre, à ces lieux, leur sacralité !

Dès que quelqu'un désirait me parler, je l'entraînais dehors et continue d'agir de la sorte quand je sens qu'il convient d'engager une conversation ! Tout lieu, dédié à la prière, appelle respect et silence, hier, comme aujourd'hui ! Ce n'est pas pour rien que l’Église désacralise une église, lorsque celle-ci doit être affectée à un autre service que celui du culte !

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ;il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes :« Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »

Autre approche : j'ose l'emprunter à la revue « initiales N° 236, le propos me paraît clair, simple, très abordable, de confiance, je ne vois pas pourquoi je prendrai un temps précieux de recherche à fouiller à droite et à gauche, quand quelqu'un l'a si bien fait avant moi !

Je cite :

Un refus de commerce dans le Temple

Dans l’Évangile selon St Jean, c’est la première fois que Jésus vient à Jérusalem au moment de la fête de la Pâque. Son premier geste est de se fabriquer un fouet pour chasser les marchands, leurs bœufs, leurs brebis et leurs colombes ainsi que les changeurs. On peut alors s’étonner de cette violence. Après tout, tous ces gens sont là pour que le service du Temple se passe bien : puisque l’on offre des sacrifices d’animaux, il faut bien pouvoir se procurer des bœufs et des brebis. Et pour éviter de faire rentrer dans le Temple des monnaies à l’effigie païenne de l’empereur de Rome, les changeurs sont bien nécessaires.


Le culte dénoncé comme trafic

Alors, qu’est-ce qui peut bien pousser Jésus à un tel accès de colère ? Il le dit lui-même : « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » Est-ce le commerce qui est visé ? Non, mais plutôt la manière de rendre un culte à Dieu. « Je t’offre un bœuf donc tu me dois ce que je te demande. » Le culte devient un trafic où je pense pouvoir avoir prise sur Dieu. Symboliquement, Jésus déclare ainsi la fin des rites sacrificiels. Ceux-ci seront remplacés par l’offrande que Jésus fera de sa vie. C’est bien ainsi que le comprendront les disciples après la mort de Jésus, comme en témoigne la citation d’un psaume très utilisé dans le récit de la Passion : « Le zèle de ta maison me dévorera » (Ps 69,10).

Le véritable sanctuaire

Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit :L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent :« Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? »Jésus leur répondit :« Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »Les Juifs lui répliquèrent :« Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

Les autorités juives demandent alors un signe qui puisse accréditer le geste de Jésus. La réponse de Jésus n’est pas compréhensible dans un premier temps : « Détruisez ce sanctuaire (Naos) et, en trois jours, je le relèverai. » On remarquera que Jésus ne parle plus du vaste ensemble que forme le Temple de Jérusalem mais du sanctuaire, c’est-à-dire le lieu sacré au centre du Temple, lieu de la présence invisible de Dieu. Les autorités juives reprennent le mot de sanctuaire mais parlent en fait du Temple qui a été agrandi pendant quarante-six ans par le roi Hérode Ier le Grand.

Il y a évidemment malentendu. Jésus se présente comme le vrai sanctuaire, lieu de la présence de Dieu ; ses interlocuteurs ne pensent naturellement qu’aux pierres.

L’évangéliste interprète

Le narrateur précise aussitôt à son lecteur la véritable interprétation de la Parole de Jésus : « Mais lui parlait du sanctuaire (Naos) de son corps. » Le véritable sanctuaire, c’est le corps de Jésus, crucifié et ressuscité le troisième jour.
C’est lui qui assure désormais le rôle que le Temple jouait dans le monde juif. L’évangéliste ajoute que cette lecture ne pouvait être faite qu’après la Résurrection de Jésus. C’est elle qui donne la clé de l’interprétation.

Un Évangile à lire et à interpréter !

Nous le comprenons bien : nous ne pouvons pas rester à une lecture au premier degré. Le problème à régler paraît simple : c’est la présence du commerce dans le Temple.

Premier déplacement : nous passons du commerce à sa signification pour la relation à Dieu. C’est le culte sous forme trafic qui est condamné par Jésus.

Deuxième déplacement : nous passons du sanctuaire, lieu de la présence invisible de Dieu, à la personne de Jésus - sanctuaire, véritable présence de Dieu.

Troisième déplacement : ce sanctuaire détruit et rebâti en trois jours, c’est Jésus mort et ressuscité. L’ensemble de la vie de Jésus n’est compréhensible qu’à la lumière de la fin. C'est-à-dire : Sa RESURRECTION .

Pourquoi ce récit au début de l’Évangile plutôt qu’au moment de la Passion ?

Dans les Évangiles synoptiques (les Évangiles de Marc, Matthieu et Luc), l’épisode de Jésus chassant les vendeurs du Temple se trouve situé juste avant la Passion. En situant cet épisode au début de son Évangile, l’évangéliste Jean en fait une ouverture sur le sens de la mission de Jésus et sur le mystère de sa personne. Dès son arrivée à Jérusalem, Jésus est présenté à la fois comme celui qui vient instaurer le culte véritable mais aussi comme étant lui-même l’unique sanctuaire par lequel on peut avoir accès à Dieu son Père. En filigrane, c’est la mort et la Résurrection de Jésus qui sont annoncées et seront perçues comme clé de lecture de toute sa vie par ses disciples. C’est à ce regard de foi que le récit évangélique nous invite.


Troisième approche et celle-là nous concerne personnellement en ce temps de Carême voulu et accompagné par l’Église, pour nous aider à grandir dans la Foi et dans l'Amour !

N'oubliez pas , écrit Saint Paul, que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c'est vous. (1Co 3)

Temple de l'Esprit Saint je suis invité en ce temps privilégié à extirper de mon être, avec la grâce divine, un maximum de « bestiaux et de bestioles » qui grouillent en moi et me pourrissent la vie comme l’Église m'y invitait le Mercredi des Cendres « Convertissez - vous et croyez à l’Évangile ». Ni Jésus, ni le responsable paroissial ne viendront, fouet en mains, pour chasser tout l'encombrement de ma vie spirituelle, mais tout au long du Carême, des propositions me seront faites pour chasser de mon cœur, tout ce qui m'empêche d'aimer Dieu et mes frères. Les lectures de l’Écriture Sainte m'aideront à faire le point, à regarder avec sincérité où le bât blesse . Aujourd'hui  -même, la première lecture développe tout une panoplie de ce qui est juste et bon pour travailler à la venue du Royaume, en soi et, par ricochet dans la cité :

Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi. Tu ne feras aucune idole,...( Dieu sait à quel point nous sommes envahi par toutes sortes d'idoles et de faux dieux à notre époque! À commencer par le téléphone portable, en passant par les instituts de bien-être, le sport à outrance , les cabinets de ceci et de cela …)

Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux, pour leur rendre un culte...Tu n’invoqueras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu,...Souviens - toi du jour du sabbat pour le sanctifier.. (le dimanche pour nous, ce jour-là, est-ce que je prends le temps de rencontrer Celui de qui je tiens tout ? Est-ce que je prends le temps de la prière ?... )

Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.( jeunes ou moins jeunes , sont-ils un poids pour moi ou une vraie source de sagesse ? Est-ce que je sais leur dire ma reconnaissance, les écouter, les regarder vivre, les aimer etc ...)

Tu ne commettras pas de meurtre. Tu ne commettras pas d’adultère.(il y a tellement de façons de tuer son enfant, son époux(se), son voisin...il y a des paroles qui tuent , qui paralysent autrui y compris à l'intérieur de la famille...)

Tu ne commettras pas de vol.(moi, jamais ! Et pourtant il est si facile et si commun de s'arrêter sur la route pour subtiliser dans un champ le bien d'un producteur, …)

Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ;tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne :rien de ce qui lui appartient. » ...

Je peux aussi choisir un évangile, en lire quelques pages chaque jour du carême et m'interroger sur ma façon de vivre ce que le Christ me demande ! Quelques exemples pour amorcer :

Jésus dit à Simon: " Mène au large, et jetez vos filets pour la pêche. " Simon répondit: " Maître, toute la nuit nous avons peiné sans rien prendre; mais, sur votre parole, je jetterai les filets. " Et l'ayant fait, ils prirent une grande quantité de poissons; et leurs filets se rompaient. Et ils firent signe aux compagnons, qui étaient dans l'autre barque, de venir à leur aide. Ils vinrent, et on remplit les deux barques, au point qu'elles enfonçaient. (Lc 5) Quand je comprends, parce que l'Esprit Saint parle en moi, que Jésus me demande d'aller à la rencontre de mes frères quelle est ma réaction( les poissons) ? Comme Pierre, est-ce que j'accepte de me jeter à l'eau sachant que si Jésus me le demande, Il me donnera les grâces nécessaires pour accomplir la mission soufflée ? Et ce n'est ici, qu'un infime aspect de ce verset .. ;

Or, comme il était dans une des villes, survint un homme tout couvert de lèpre. (Luc 5) suis-je prêt à me recueillir pour demander au Christ quelle est ma lèpre cachée, mon péché , pour le Lui remettre et recevoir Son pardon ?

Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir. (Lc 5) Ai-je cette simplicité de demander au Christ, de me guérir de tant de manques, de tant de maladies de l'âme qui entravent ma vie et m'empêchent d'être heureux et d'avancer ?

Le temps de la purification est venu, c'est le moment d'extraire de nos cœurs tout, vraiment tout ce qui les encombre, de nous libérer de tout ce qui n'est pas essentiel, voire, existentiel, pour redéployer des espaces pour Dieu, des espaces pour l'autre, mon frère. Le vrai Temple du Seigneur, c'est notre cœur, c'est dans ce lieu que le Seigneur veut faire Sa demeure, accepterons - nous, en cette Pâque 2024 de Lui aménager un espace habitable où Il puisse se reposer ? Ne le savez - vous pas ? Votre corps est le temple de l'Esprit Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car le Seigneur a payé le prix de votre rachat. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps (1Co )

Apportons notre pierre pour participer au mieux à la Construction de l’Église UNE ET SAINTE devenons ces « pierres vraiment vivantes » qui la font grandir Plus je vis de la vie de Jésus-Christ, plus l’Église est vivante « Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus. (1P 2) L’Église a besoin de saints que chacun prenne garde à la façon dont il construit. (1Co 3)

PSAUME

(18b (19), 8, 9, 10, 11)

R/ Seigneur, tu as les paroles
de la vie éternelle.
 (Jn 6, 68c)

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;

le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

L'Ermite