vendredi 18 novembre 2022

DANS TON ROYAUME, SOUVIENS TOI DE NOUS SEIGNEUR!

 

FÊTE DE JESUS-CHRIST,


ROI DE L'UNIVERS


Année C



(Lc 23, 35-43)


SOLENNITÉ DU CHRIST ROI DE L'UNIVERS

Qu'est-ce que la fête du Christ-Roi ?

La solennité du Christ Roi de l'Univers termine l'année liturgique et précède le premier dimanche de l'Avent.

Cette solennité est d'origine récente : elle fut instituée par le Pape Pie XI en 1925. Elle est célébrée le 34e et dernier dimanche du temps ordinaire. Son thème essentiel reprend les grandes proclamations de Louange au Christ que l'on trouve, par exemple, au début des lettres de saint Paul aux Éphésiens et aux Colossiens. À cette occasion, on célèbre le Christ, Fils de Dieu notre Sauveur, comme Seigneur du Cosmos tout entier

"Il est l'icône du Dieu invisible, le premier-né par rapport à toutes les créatures. C'est en Lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles comme les invisibles. Tout est créé par Lui et pour Lui. Il est avant tout les êtres et tout est maintenu en Lui. Il est aussi la Tête du Corps qui est l’Église. Il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, puisqu'il devait avoir en tout la primauté" (Col. 1. 15-18).

 Jésus est-il vraiment roi ?

On peut être gêné par cette appellation de Roi donnée au Christ et se demander, à la suite de la question que posa Pilate au Procès de Jésus à Jérusalem : de quelle royauté s'agit-il ?

Le nom que préfère se donner Jésus n'est ni celui de Roi, ni celui de Messie. Quel nom lui donner alors ? Un double nom reliant la Gloire et la Croix. Il est à la fois le Fils de l'Homme et le Serviteur livré : un titre de gloire et de souveraineté (Fils de l'Homme) et un titre d'amour, de service et de don total à l'Humanité (Serviteur livré).

Jésus le rappelait sur la route d'Emmaüs, après sa mort et sa résurrection, aux disciples qui n'avaient rien compris : "Ne fallait-il pas que le Christ souffrit cela d'abord, pour entrer dans sa Gloire ?" (Lc 24, 25). La Royauté du Christ n'est pas de s'imposer aux consciences, de faire peser le poids de l'autorité comme les puissants de ce monde. Jésus l'avait déclaré à ses disciples Jacques et Jean : "Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude" (Marc 10.45). Si le Christ est Roi, c'est un Roi Serviteur, un Roi qui aime et sauve.( source : Jour du Seigneur)

Nous avons tous notre petite idée pour définir la royauté et plus précisément, le statut de celui ou celle qui exerce la royauté dans une monarchie : le roi ! Pour ne pas perdre un temps précieux, je suis allée voir sur Internet ce qui est dit du roi en général :

Le roi a principalement un rôle de conservation autoritaire de l'ordre social, associant les fonctions de premier juge, de chef de guerre et de garant de la cohésion d’une société.

Il est extérieur aux ordres, aux partis ou aux classes sociales qu'il a pour fonction de maintenir en équilibre. Ainsi, en France, le roi n'appartenait ni au clergé, ni à la noblesse, ni aux intérêts économiques, et ne représentait spécifiquement aucune de ces forces.

D'ailleurs, la notion de roi associe des pouvoirs politiques et sacrés, mais pas les pouvoirs religieux — qui restent du domaine de prêtres, de mages ou de sorciers —, ni le pouvoir de faire ou de changer la loi et les coutumes. En sciences politiques, le terme générique qui est utilisé pour désigner le premier magistrat d'un État est plutôt prince, qu'il soit roi ou président élu.

En résumé un roi a un rôle :

- de conservation autoritaire de l'ordre social ; on peut dire de Jésus qu'Il a de l'Autorité, c'est-à-dire, cette capacité de faire grandir l'humanité c'est ainsi qu'Il participe à l'ordre social ! Jésus est loin d'être autoritaire par contre !

Ainsi, comme tu lui as donné autorité sur tout être vivant, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. (Jn 17)

On était frappé par son enseignement parce que sa parole était pleine d'autorité. (Lc 4)

- de chef de guerre et de garant de la cohésion d’une société, Jésus est un chef de guerre certes, mais pas à la manière terrestre ; Jésus éveille les consciences, il combat le Mal qui est dans l'homme et dans le monde, c'est ainsi qu'il participe à la cohésion de la société

« Ma royauté n'est pas de ce monde. Si ma royauté était de ce monde, les miens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais ma royauté, maintenant, n'est pas d'ici. (Jn 18)

- extérieur aux ordres, aux partis ou aux classes sociales qu'il a pour fonction de maintenir en équilibre ; Jésus est l'homme libre par excellence mais Il se soumet à la loi et participe en payant l'impôt, Il facilite de cette façon l'équilibre entre les hommes.

Les rois de la terre, sur qui perçoivent-ils les taxes ou l'impôt ? Sur leurs fils, ou sur les autres personnes ? » Pierre lui répondit : « Sur les autres. » Et Jésus reprit : « Donc, les fils sont libres. Mais il faut éviter d'être pour les gens une occasion de chute : va donc jusqu'au lac, jette l'hameçon, et saisis le premier poisson qui mordra ; ouvre-lui la bouche, et tu y trouveras une pièce de quatre drachmes. Prends-la, tu la donneras pour toi et pour moi. (Mt 17)

- associe des pouvoirs politiques et sacrés, mais pas les pouvoirs religieux ; nous pouvons dire que Jésus rassemble tous ces pouvoirs :n'a-t-Il pas dit à Ses apôtres après la résurrection : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Mt 28,18

Osons maintenant l'inventaire des attributs d'un roi terrestre et la comparaison avec
Jésus:

- le Roi, le jour de son sacre, est conduit sur ce qui sera son trône ; désormais, de là il s'adressera à ses sujets ; le trône de Jésus c'est Sa croix dressée sur le monde ;

- lors de son sacre, le Roi reçoit une couronne ornée de pierres précieuses ; Jésus sera couronné Lui aussi, mais avec des épines ;

- le Roi reçoit son sceptre symbole de pouvoir ; Jésus aura pour sceptre un fragile roseau, remis par Ses opposants pour se moquer de Lui !

- Le Roi reçoit, également, une épée en tant que chef d'Armée ; Jésus est en Lui-même cette épée, ce « glaive » que l'apôtre appelle la Parole de Dieu :Recevez enfin le casque du salut et le glaive de l'Esprit, c'est-à-dire la parole de Dieu. (Eph 6)

- le Roi porte des habits somptueux lourds de pierreries étincelantes ; Jésus sera couvert, par dérision, d'un manteau de pourpre, et Sa tunique personnelle sera tirée au sort et partagée,

- Le Roi reçoit un anneau signe d'alliance avec le Peuple sur lequel il règne ; les bijoux de Jésus seront les clous qui transpercent Ses mains et Ses pieds !

Nous constatons qu'il n'y a rien de commun entre la Royauté exercée par nos monarques et celle du Christ . Pourtant, nous savons, par les Saints Évangiles, que Jésus est à la tête d'un Royaume ! Celui que nous connaissons comme étant le Bon Larron crucifié à côté de Jésus, alors que Jésus expire sur son Trône de Gloire, ne lui crie t-il pas dans un sursaut d'humanité inattendu, et surtout de foiet surtout de foi surprenante :« Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »

Et pour lui permettre de partir en paix, parce qu'il reconnaît le Saint de Dieu, Jésus le rassure sur le champ prenant à son tour la parole Jésus lui promet « Amen, je te le dis :aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » Et St Jean nous apprend dans son Évangile qu'interrogé par Pilate ; Jésus répondit: "Mon royaume n'est pas de ce monde; si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour que je ne fusse pas livré aux Juifs, mais maintenant mon royaume n'est point d'ici-bas." (Jn 18)

Les protagonistes de ce dialogue, si l'on peut parler de dialogue dans cette circonstance , ne sont pas du tout sur la même longueur d'onde, Pilate et son camp et tous ceux qui à travers le temps nie Jésus ont une manière matérialiste d'appréhender la royauté, alors qu'avec Jésus nous sommes dans le domaine de l'Esprit !

Jésus est roi, non héréditaire mais de nature puisqu'Il est de même nature que le Père, non pour dominer, mais pour servir , non pour surveiller mais pour veiller sur le troupeau confié par le Père,non pour abandonner la brebis mais pour la chercher, la protéger, non pour la fustiger mais pour la rassurer... Jésus est un Roi uniquement d'amour, et, dont l'amour va jusqu'à l'extrême même avec ses bourreaux .

On venait de crucifier Jésus,  et le peuple restait là à observer.Ce peuple qui l'applaudissait le jour de Son entrée à Jérusalem , jetait des tentures sur le sol pour clamer Ses louanges , chanter des hymnes : Hosannah au Fils de David, donc au Roi, ce peuple , donc chacun de nous, reste là devant ce trône d'infamie on peut dire : bouche bée, en réalisant sa vilenie ! Quant à Lui, Jésus , de Ses grands bras, Il couvre l'univers pour encore le protéger et le bénir ! Voilà notre Roi! Parce que Son Royaume n'est pas de ce monde"Mon royaume n'est pas de ce monde; si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour que je ne fusse pas livré aux Juifs, mais maintenant mon royaume n'est point d'ici-bas." (Jn 18) Il est bon de le redire !

Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient :« Il en a sauvé d’autres :qu’il se
sauve lui-même,s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »    Les soldats aussi se moquaient de lui ;s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,    en disant :« Si tu es le roi des Juifs,sauve-toi toi-même ! »

Les uns et les autres Le mettent au défie de Se sauver Lui-même, de manifester Sa Puissance, Sa Seigneurie, Sa Souveraineté. D'autres évoquent, railleurs, Sa supposée puissance Royale , ils ne comprennent pas qu'elle est dans Son silence d'amour !La Parole en silence Se consume pour nous.L'espoir du monde a parcouru sa route.Voici l'heure où la vie Retourne à la source :Dernier labeur de la chair Mise en croix. (Hymne) La force incommensurable de ce silence dit Sa magnanimité, Sa souveraineté, Sa Royauté inégalée et inégalable !St Ignace d'Antioche disait d'un évêque de sa connaissance : « Par son silence il a plus de force que les diseurs de rien » A combien plus forte raison pouvons-nous le dire de Jésus et de Ses détracteurs !

Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui :« Celui-ci est le roi des Juifs. » Jésus n'a jamais dit cela ! Nous pouvons relire tous les Évangiles , nous ne trouverons jamais ces paroles sur Ses lèvres , Jésus ,malmené par Pilate, répond à sa question : « C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. » (Jn18) Nous le disions plus haut Ses accusateurs n'entendent pas en profondeur ce que dit Jésus, tout est faussé, ils ne sont pas au même niveau de réflexion , ils ne peuvent ou ne veulent pas comprendre . Ils veulent se débarrasser d'un gêneur, de Quelqu'un qui, par Sa Parole et par Ses actes les invite à se remettre en question , à essayer de vivre en frères et non en dominants/ dominés, mais ils perdraient la face, alors ils préfèrent faire la sourde oreille et libérer un malfaiteur ! Le rideau se déchire Dans le Temple désert.
La mort du Juste A consommé la faute,
Et l'Amour a gagné L'immense défaite: Demain, le Jour surgira du tombeau.(hymne)

Il y en a un, un condamné, un malfaiteur , un pauvre de tout, pauvre de biens, pauvre d'amis, pauvre de réputation, pauvre de connaissance, et qui , cependant , a compris l'essentiel .Ce que son compagnon d'infortune est incapable d'accueillir, celui-là, garde

une étincelle dans son regard qui lui permet d'identifier la grandeur de ce crucifié pas comme les autres :lui, il n’a rien fait de mal.Ce malheureux a tout compris ! A travers les sarcasmes entendus et le silence de l'offensé, il a perçu, reconnu l'innocence du Prince de la Paix, du Prince de l'Amour : Lui n'a rien fait de Mal !

  L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait :« N’es-tu pas le Christ ?Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »    Mais l’autre lui fit de vifs reproches :« Tu ne crains donc pas Dieu !Tu es pourtant un condamné, toi aussi !    Et puis, pour nous, c’est juste :après ce que nous avons fait,nous avons ce que nous méritons.Mais lui, il n’a rien fait de mal. »

Il ose alors se tourner vers Celui qui est et qui reste l'Amour Incarné, crucifié , il croit tout possible, il croit de tout son être, que Celui qui ne manifeste aucune révolte, aucun mouvement d'humeur, qui reste égal à Lui-même , qui garde un regard compatissant et doux, qui écoute et se tait , peut le sauver et lui ouvrir les portes du Royaume éternel et il n'a pas tort . Une prière jaillit de son cœur :

« Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »  

Et c'est dans un même élan que le Roi de l'univers répond :

« Amen, je te le dis :aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » Les deux, l'Innocent et le truand peuvent partir en paix, le Premier parce qu'Il est l'Amour Incarné, le second parce qu'il a reconnu l'Amour qui l'a réconcilié avec lui-même et avec Son Roi !

La Royauté de Jésus n'est pas une royauté tricotée avec des artifices divers et variés mais une Royauté de suprématie spirituelle que nul ne peut égaler ! Cette Royauté faite de grandeur d'âme, de Vérité comme Il le dit Lui-même, de transparence , sur qui le Mal n'a pas de prise ! Une Royauté inattaquable, parce qu'elle est en Dieu même. Les rois passent et trépassent ,le Roi de L'Univers, Jésus-Christ, demeure et Vit éternellement et fait vivre toute personne qui Le suit dans la confiance ! Ce Roi-là tend Sa main, ouvre Son cœur, libère in extremis, même au bord du précipice celui qui Le Lui demande dans un unique et ultime acte de Foi. Cette Royauté-là est d'un autre ordre, il n'y a pas de commune mesure avec nos monarques temporels pour aussi grands qu'ils soient !

«  Demandons le don de cette mémoire ouverte et vivante. Demandons la grâce de ne jamais fermer les portes de la réconciliation et du pardon, mais de savoir dépasser le mal et les divergences, ouvrant toute voie d’espérance possible. De même que Dieu croit en nous-mêmes, infiniment au-delà de nos mérites, nous aussi sommes appelés à infuser l’espérance et donner leurs chances aux autres. Parce que, même si la Porte Sainte se ferme, la vraie porte de la miséricorde reste, pour nous, toujours grande ouverte : le Cœur du Christ. Du côté transpercé du Ressuscité jaillissent jusqu’à la fin des temps la miséricorde, la consolation et l’espérance. » Pape François

NOTRE FIERTÉ CEST LA CROIX DU CHRIST

Sauvés par lui, nous vivons ressuscités.


Jésus-Christ, Fils de Dieu et Dieu lui-même,

Librement se dépouilla de toute gloire,

Il voulut devenir semblable aux hommes,

En vivant parmi les pauvres de la terre..


Aussi Dieu l'exalte bien plus encore

Lui donnant le Nom suprême de « Seigneur »

Pour que tout dans le ciel et sur la terre,

se prosterne devant Lui pour L'adorer !

NOTRE FIERTÉ CEST LA CROIX DU CHRIST

Sauvés par lui, nous vivons ressuscités


Pour moi, Dieu me garde de me glorifier, si ce n'est dans la croix de Notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde! (Ga 6)

L'Ermite



vendredi 11 novembre 2022

RESISTER ! TENIR !

 

TRENTE-TROISIEME DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE


Année C



(Lc 21, 5-19)

Voici que vient le jour du Seigneur,
brûlant comme la fournaise.

Tous les arrogants, tous ceux qui commettent l’impiété,
seront de la paille.
Le jour qui vient les consumera,
– dit le Seigneur de l’univers –,
il ne leur laissera ni racine ni branche.
Mais pour vous qui craignez mon nom,
le Soleil de justice se lèvera :
il apportera la guérison dans son rayonnement
.(Ml 3, 19-20a)

A mon regard , selon ma perception intérieure, ces versets du Prophète Malachie, 430 avant Jésus-Christ, introduisent fort bien la péricope proposée à notre méditation en ce dimanche .Le Jour du Seigneur vient ( ce peut être Mon Jour, ce peut être , car nous approchons de la Passion-Résurrection, celui de Jésus, ou encore le Jour de la naissance d'un monde nouveau où le Christ Seigneur, sera TOUT EN TOUS) : Alors, quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous. (1Co 15). Ce qui est

certain, l'humanité n'a rien à craindre car « le Soleil de justice se lèvera :il apportera la guérison dans son rayonnement. ». Nous avons là un merveilleux message d'Espérance et de confiance , nous n'avons RIEN A CRAINDRE « si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons avec lui, sachant que le Christ ressuscité des morts ne meurt plus; la mort n'a plus sur lui d'empire. » (Ro 6) Si nous Lui restons fidèles, : « si nous ne sommes pas fidèles, lui reste fidèle, car il ne peut se renier lui-même. » (2T 2) Lui aussi nous sera fidèle, du côté du Christ nous n'avons rien à craindre, par contre, nous, nous devons rester vigilants car le démon, écrit l'Apôtre Pierre, rôde comme un lion, cherchant à nous dévorer : « Soyez sobres, veillez! Votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, fermes dans la foi, » (1P 5)

Nous avons dans ces versets de Malachie un projecteur de taille pour éclairer notre péricope du jour :

Comme certains disciples de Jésus parlaient du Temple,des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara :    « Ce que vous contemplez,des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre :tout sera détruit. » Les œuvres des hommes, pour aussi belles et grandioses qu'elles soient sont éphémères Jésus avertit ses disciples, et nous-mêmes par extension. Ne nous voilons pas la face, nous le constatons très souvent . Viennent les catastrophes naturelles , les guerres, les incendies ...et tout peut être anéanti en quelques minutes .Il est bon d'admirer la grandeur des œuvres humaines mais en gardant une saine distance pour ne pas perdre la raison au moment de l'épreuve.Après tout, pour un Fils de Dieu, l'essentiel est dans les valeurs qui demeureront ! «Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d'en haut, où le Christ demeure assis à la droite de Dieu; affectionnez-vous aux choses d'en haut, et non à celles de la terre: car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ, votre vie, apparaîtra, alors vous apparaîtrez, vous aussi, avec lui dans la gloire. (Col 3) 

La remarque de Jésus ébranle les disciples qui, cette fois, sont attentifs et interrogent :

Ils lui demandèrent :« Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela
est sur le point d'arriver ? Jésus répondit : «  « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer,car beaucoup viendront sous mon nom,et diront : ‘C’est moi’,ou encore : ‘Le moment est tout proche.’Ne marchez pas derrière eux !    Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres,ne soyez pas terrifiés :il faut que cela arrive d’abord,mais ce ne sera pas aussitôt la fin. »    Alors Jésus ajouta :« On se dressera nation contre nation,royaume contre royaume.    Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ;des phénomènes effrayants surviendront,et de grands signes venus du ciel.    Mais avant tout cela,on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ;on vous livrera aux synagogues et aux prisons,on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs,à cause de mon nom.    Cela vous amènera à rendre témoignage.

« Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, ...Ne marchez pas derrière eux Voilà l'important, voilà ce que nous devons retenir de ces versets. A chaque époque, hélas, des guerres embrasent le monde, des épidémies déciment les populations, des catastrophes naturelles anéantissent des régions , des Pays, des sectes font rêver certains d'entre nous , des gourous se dressent y compris à l'intérieur de certaines religions et envoient des émissaires jusque dans nos foyers pour nous inviter à les rejoindre parce qu'ils sont, bien sûr, les meilleurs ! Jésus nous dit fermement « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, ...Ne marchez pas derrière eux  et St Paul écrira aux Galates et à nous tous  : « Je m'étonne que si vite vous vous laissiez détourner de celui qui vous a appelés en la grâce de Jésus-Christ, pour passer à un autre Évangile: non certes qu'il y en ait un autre; seulement il y a des gens qui vous troublent et qui veulent changer l’évangile du Christ. Mais quand nous-mêmes, quand un ange venu du ciel vous annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème! Nous l'avons dit précédemment, et je le répète à cette heure, si quelqu'un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème! (Ga 1) » Et aux Corinthiens il demande : «  Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes, fortifiez-vous. Que tout se fasse chez vous dans la charité. » (1Co 16) Demandons cette grâce , pour tous les baptisés du monde de rester fidèles à nos engagements chrétiens , de nous rendre forts devant la tentation du changement pour voir ce qui se passe ailleurs , de vivre de la Foi reçue de nos ancêtres .

Des persécutions l’Église en connaît depuis Sa fondation . Le martyrologe de l’Église est on ne peut plus riche de frères et sœurs qui , fermes dans la Foi en Jésus-Christ ont accepté de donner leur vie plutôt que de renier leur Seigneur et Maître ! St Paul exprime cette participation dans la lettre aux Colossiens :

Maintenant je suis plein de joie dans mes souffrances pour vous, et ce qui manque aux souffrances du Christ en ma propre chair, je l'achève pour son corps, qui est l’Église. (Col1)

St Paul, encore lui , a parfaitement bien compris que suivre Jésus est un véritable combat face au mal qui est en nous, face à ceux, parfois très proches qui cherchent à nous détourner, face à toutes les formes d’agressions dont notre monde nous sature, tout cela, en réalité, n'est autre que manœuvres sournoises du diabolus . St Paul nous conseille de nous revêtir d'une armure , pas n'importe laquelle bien sûr, l'armure du Christ Jésus, constituée de vérité, de justice, de paix , de foi avec le caque du salut et le glaive de l'Esprit qui est la PAROLE DE DIEU !

Quand au casque du Salut nous pouvons le voir comme étant l'AMOUR que nous déployons dans nos relations en allant, comme Jésus nous le demande, jusqu'à l'amour des ennemis : « Et moi je vous dis: Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin que vous deveniez enfants de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et descendre la pluie sur les justes et sur les injustes. (Mt 5)

C'est aussi l'assurance en l’œuvre salvatrice, la confiance en la bonté de Dieu et l'espérance de la victoire car quand nous sommes confrontés à des situations mortifères n'oublions pas que c'est le Christ qui prend la direction des opérations , A St Paul, Jésus n'hésite pas de dire : « Ma grâce te suffit, car c'est dans la faiblesse que ma puissance se montre tout entière. » (2Co 12)

Revêtez-vous de l'armure de Dieu, afin de pouvoir résister aux embûches du diable. Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les princes, contre les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits mauvais répandus dans l'air. C'est pourquoi prenez l'armure de Dieu, afin de pouvoir résister au jour mauvais, et après avoir tout surmonté, rester debout

. Soyez donc fermes, les reins ceints de la vérité, revêtus de la cuirasse de justice, et les sandales aux pieds, prêts à annoncer l’Évangile de paix. Et surtout, prenez le bouclier de la foi, par lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Malin. Prenez aussi le casque du salut, et le glaive de l'Esprit, qui est la parole de Dieu. (Eph 6)

Ensuite Jésus, nous donne l'assurance de Sa Présence réconfortante et efficace .. Quand nous vivons l'abandon à Jésus qui nous aime jusqu'à donner Sa vie pour chacun de nous en particulier , c'est Lui qui fait face en nous, c'est Lui qui combat en nous, c'est Lui qui résiste en nous, à nos éventuels adversaires. Vous tous qui avez été baptisés en Christ,vous avez revêtu le Christ, chantons-nous à l'occasion de baptêmes , LE CROYONS-NOUS VRAIMENT ? Au point de rester calmes, sereins, décontractés, en toutes circonstances. S'abandonner ne veut pas dire se laisser aller, faire les quatre cents coups , s'abandonner, c'est se livrer à l'amour de Dieu, c'est vivre de sa Parole de Ses Sacrements, c'est permettre à Jésus d'occuper tout l'espace de notre tente intérieure, pour vivre, autant que nous le pouvons, de Lui, par Lui, en Lui .Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense.    C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer.    Vous serez livrés même par vos parents,vos frères, votre famille et vos amis,et ils feront mettre à mort certains d’entre vous.  

Qu'importe si nous si nous sommes rejetés, raillés... Si c'est ,non en raison de nos limites, mais en tant que disciples de Jésus ! Notre ami le plus sûr, le plus solide, le plus compétent n'est-il pas le Christ vivant et vrai Lui qui nous promet : pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. Bien sûr, c'est une image, cela signifie que le moindre acte d'amour effectué au nom de Jésus et pour Jésus, dans le frère , cet acte d'amour, comme le fait de ramasser par amour un épingle sur le sol, RIEN ne sera perdu !

 Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.    Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.  

Et Jésus de conclure : C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. » Quelle est ma capacité de résistance au mal ? Suis-je capable avec la grâce de Dieu de prendre à mon compte ce qu'écrit l'Auteur de la Lettre aux Hébreux :Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang dans votre lutte contre le péché.Les martyrs seuls, après Jésus sont allés jusque-là !

Comme les apôtres, savons-nous nous réjouir de rencontrer des réticences quand nous témoignons par nos choix, du Christ Ressuscité Ils se rangèrent à son avis et, ayant rappelé les apôtres, ils (les) firent battre de verges et (leur) défendirent de parler au nom de Jésus; puis ils (les) relâchèrent.Eux donc s'en allèrent joyeux de devant le sanhédrin, parce qu'ils avaient été jugés dignes de souffrir des opprobres à cause du nom (de Jésus). (Act 5)

Et pouvons-nous dire avec sincérité ce que St Paul écrivait aux Romains ? «  j'ai l'assurance que ni la mort, ni la vie, ni le anges, ni les principautés, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu dans le Christ Jésus Notre-Seigneur. » (Ro 8)



Psaume de David.

qui habitera dans ta Maison, Seigneur?

Qui demeurera sur ta montagne sainte?

Celui qui marche dans l'innocence,

qui pratique la justice,

et qui dit la vérité dans son cœur.


Il ne calomnie point avec sa langue,

il ne fait point de mal à son frère,

et ne jette point l'opprobre sur son prochain.


A ses yeux le réprouvé est digne de honte,

mais il honore ceux qui craignent le Seigneur.

S'il a fait un serment à son préjudice, il n'y change rien,


Il ne prête point son argent à usure,

et il n'accepte pas de présent contre l'innocent:

Celui qui se conduit ainsi ne chancellera jamais.

                                                           (Psaume 15)


L'Ermite

vendredi 4 novembre 2022

LE DIEU DES VIVANTS


TRENTE DEUXIEME DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE


Année C





(Lc 20, 27-38)

Parabole des Talents ou des mines / Ministère de Jésus à Jérusalem Accueil triomphal / Lamentation de Jésus sur Jérusalem / Jésus chasse les vendeurs du Temple/ Enseignement quotidien de Jésus au Temple/ Propos polémiques de Jésus sur sa mission/ Parabole des vignerons homicides/ Le paiement de l'impôt

Le service national de Pastorale Liturgique a renoncé à ces neuf séquences de l’Évangile de Luc, dont l'accueil triomphal de Jésus à Jérusalem, que nous retrouvons au centre de la liturgie des Rameaux pour ouvrir la Semaine Sainte.

En parcourant ces péricopes nous percevons la montée des hostilités ce qui n'empêche pas Jésus de rendre au Temple sa destination première en chassant les vendeurs et d'y enseigner chaque jour. Nous sommes dans ces jours empreints de gravité puisqu'ils précèdent immédiatement la Passion. Nous l'avons compris, Jésus est arrivé à Jérusalem, le voyage est terminé, Il sait qu'Il avance vers Sa Pâques , de plus en plus controversé, Il continue, malgré tout, d'enseigner, parce que Jésus est l'Homme Libre par excellence.

A la lecture de la première partie de la péricope de ce jour on éprouve un réel malaise : d'une part, la question des Sadducéens avec son développement, verse dans l'absurdité, au point d'en être grotesque et l'on sent bien, d'autre part, qu'ils cherchent eux aussi, à piéger Jésus, à Le mettre dans l'embarras en ce qui concerne la Vie d'après .

Quelques sadducéens– ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection –s’approchèrent de Jésus    et l’interrogèrent :    « Maître, Moïse nous a prescrit :
Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant,il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.    Or, il y avait sept frères :le premier se maria et mourut sans enfant ;    de même le deuxième,
    puis le troisième épousèrent la veuve,et ainsi tous les sept :ils moururent sans laisser d’enfants.    Finalement la femme mourut aussi.    Eh bien, à la résurrection,
cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse,puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »

Mais demandons-nous d'abord qui sont ces Sadducéens : « Les Sadducéens, à l'époque de Jésus et pendant la période du Nouveau Testament étaient des aristocrates. La plupart étaient des gens fortunés et qui occupaient des fonctions élevées. Ils occupaient aussi la majorité des soixante dix sièges du Conseil Suprême , appelé le Sanhédrin. Certains pouvaient occuper la fonction de prêtre et de sacrificateur.

Ils travaillaient à maintenir la Paix en s'alignant sur les décisions de Rome ( Israël était à l'époque sous le joug romain) ils semblaient être davantage concernés par la politique que par la religion.

Comme ils étaient conciliants avec Rome et faisaient partie de la haute société il n'avaient que peu d'affinités avec les gens ordinaires, ce qui rendait leurs rapports difficiles avec eus, et les gens de la rue ne les tenaient non plus en haute estime.Les gens ordinaires avaient plus d'affinités avec les Pharisiens. Bien que les Sadducéens occupaient la majorité des sièges du Sanhédrin , l'histoire montre que la plupart du temps, ils devaient s'aligner sur les idées de la minorité pharisienne, ceux-ci ayant la faveur du peuple.

Au plan religieux, les Sadducéens étaient plus conservateurs en particulier sur un point doctrinal : si les Pharisiens accordaient autant d'autorité à la Tradition orale qu'aux Écritures, les Sadducéens eux, considéraient les Écritures seules comme d'origine divine..

Les Sadducéens préservaient l'autorité de la Parole de Dieu écrite, en particulier les Livres de la Genèse et du Deutéronome. Bien que leur attachement à cette doctrine soit tout-à-fait louable, ils étaient par contre loin d'y être fidèles. Suivent quelques exemples des croyances qu'ils professaient et qui sont en contradiction avec l’Écriture Sainte.

  • extrêmement suffisants ils niaient l'intervention de Dieu dans leur vie quotidienne. - Ils niaient la résurrection des morts :.Ce jour-là, des Sadducéens, qui nient la résurrection, vinrent à lui et lui posèrent cette question: " Maître, Moïse a dit: Si quelqu'un meurt sans avoir d'enfants, son frère épousera sa femme et suscitera une postérité à son frère. (Mt 22) C'est la péricope de ce jour en St Luc.

    Quand il eut prononcé ces paroles, il s'éleva une discussion entre les Pharisiens et les Sadducéens, et l'assemblée se divisa. Car les Sadducéens disent qu'il n'y a point de résurrection, ni d'ange ni d'esprit, tandis que les Pharisiens affirment l'un et l'autre. Act 23,8

- ils niaient l'existence d'un monde spirituel, c'est-à-dire des anges et des démons, Act 23,28

Étant intéressés davantage par la politique que par la religion ils ne s'intéressèrent que tardivement à Jésus lorsqu'ils eurent peur que Jésus attire inutilement l'attention des Romains. C'est à ce moment-là que Sadducéens et Pharisiens s'unirent et complotèrent pour éliminer Jésus. :Les Pontifes et les Pharisiens assemblèrent donc le Sanhédrin et dirent: "Que ferons-nous? Car cet homme opère beaucoup de miracles. Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront détruire notre ville et notre nation." (Jn 11)

Les grands prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mourir, et ils n'en trouvaient point. (Mc 14) (Notes)

La question des Sadducéens qui peut paraître surréaliste, est en réalité particulièrement terre à terre, au sens où ces interlocuteurs de Jésus, effectuent une projection du monde matériel dans le monde spirituel . On pourrait y reconnaître un copié/collé. Jésus est bien trop fin pour se laisser piéger et entrer dans une polémique qui n'aurait aucun sens .Remercions-les toutefois d'avoir posé semblable question, un bon nombre de nos contemporains s'ils ne vont pas jusqu'à une telle absurdité , ne manquent pas d'imaginer le monde spirituel sur le schéma de notre vie terrestre , écoutons la réponse apportée par Jésus  :
:« Les enfants de ce monde prennent femme et mari.    Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari,    car ils ne peuvent plus mourir :ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.

Jésus affirme clairement qu'il s'agit de corps spirituels , ils ne sont pas des anges maisils leur ressemblent Je vous propose de lire le chapitre 15 de la première lettre de St Paul aux Corinthiens je n'en relève que quelques versets :Comment les morts ressuscitent-ils? avec quel corps reviennent-ils? Insensé! ce que tu sèmes ne reprend pas vie, s'il ne meurt auparavant. Et ce que tu sèmes, ce n'est pas le corps qui sera un jour; c'est un simple grain, soit de blé, soit de quelque autre semence: mais Dieu lui donne un corps comme il l'a voulu, et à chaque semence il donne le corps qui lui est propre. ...Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres; mais l'éclat des corps célestes est d'une autre nature que celui des corps terrestres: autre est l'éclat du soleil, autre l'éclat de la lune,...Ainsi en est-il pour la résurrection des morts. Semé dans la corruption, le corps ressuscite, incorruptible; semé dans l'ignominie, il ressuscite glorieux; semé dans la faiblesse, il ressuscite plein de force; semé corps animal, il ressuscite corps spirituel. S'il y a un corps animal, il y aussi un corps spirituel. ...Car il faut que ce corps corruptible revête l'incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l'immortalité.Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l'incorruptibilité, et que ce corps mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la parole qui est écrite: " La mort a été engloutie pour la victoire. "" O mort, où est ta victoire? O mort, où est ton aiguillon? "Or l'aiguillon de la mort, c'est le péché et la puissance du péché, c'est la loi. Mais grâces soient rendues à Dieu, qui nous a donné la victoire par Notre-Seigneur Jésus-Christ! Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, travaillant de plus en plus à l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail n'est pas vain dans le Seigneur. (1Co 15)

Et Voici ce que disait le Pape François à l'occasion d'un Angélus en 2016, à ce propos »Jésus veut expliquer que dans ce monde, nous vivons de réalités provisoires qui terminent, qui s’achèvent. En revanche, dans l’au-delà, après la résurrection, nous n’aurons plus la mort comme horizon, et nous vivrons tout, même les liens humains dans la dimension de Dieu, dans une forme transfigurée. Même le mariage, signe et instrument de Dieu dans ce monde, brillera transformé en lumière pleine, dans la communion glorieuse des saints au paradis.

Les fils du ciel et de la résurrection ne sont pas quelques privilégiés. Ils sont tous les hommes et toutes les femmes puisque le salut porté par Jésus est pour chacun d’entre nous. Et la vie des ressuscités sera semblable à celle des anges, c’est à dire immergée dans la lumière de Dieu, dédiée à sa gloire, dans une éternité pleine de joie et de paix.

Mais attention, la résurrection n’est pas seulement le fait de renaître, ressusciter après la mort, mais c’est une nouvelle sorte de vie que nous expérimentons déjà aujourd’hui. C’est la victoire sur le néant que nous pouvons déjà goûter d’avance.

La résurrection est le fondement de la foi et l’espérance chrétienne.

S’il n’y avait pas la référence au paradis, le christianisme se réduirait à une éthique, à une philosophie de vie. En revanche, le message de la foi chrétienne vient du ciel, et est révélé par Dieu, et va au-delà de ce monde.

Croire en la résurrection est essentiel, afin que tous nos actes d’amour chrétien ne soient pas éphémères, mais qu’ils deviennent une semence destinée à pousser, à éclore dans le jardin de Dieu, et produire des fruits de vie éternelle. »

En ce qui concerne les corps spirituels voici ce qui est arrivé dans ma propre famille lors du décès de la sœur aînée de notre maman Elle était l'aînée d'une fratrie de cinq enfants et avait 18 ans de plus que notre maman la benjamine..Cette tante, était paraît-il, une personne extraordinaire, toujours prête à servir, à secourir son prochain , sa bonté était légendaire. A l'âge de 45 ans , elle fut soignée pour un cancer . Cent soixante quinze kilomètres séparaient nos lieux de vie. Mon frère avait six ans , il jouait sur la plaque cirée d'une cheminée que la famille n'utilisait pas, maman vaquait à ses occupations, j'étais dans mon berceau , j'avais quelques jours. A un moment, maman voit mon frère figé, le regard orienté vers le haut , les mains à l'arrêt . Maman l'interpelle plusieurs fois, mais Pierre-Jean est absent ,puis, soudain , il sort comme d'un songe et s'exclame : « oh maman, j'ai vu tatie Jeanne, elle m'a souri ! » Dans l'heure qui a suivi maman était avertie de l'entrée de tatie Jeanne à la Maison d’Éternité . Ce qu'avait vu Pierre-Jean était l'ultime voyage de l'âme de notre tatie !

J'apprécie particulièrement la conclusion d'une hymne de l'office de la fête des Archanges St Michel, St Gabriel, St Raphaël :

« Ange de Justice, rappelle que la mort n'est pas mortelle , si l'homme attend de son Sauveur, la sentence du Seigneur. »

J'ai très souvent le désir de changer de méthode pour cette page hebdomadaire : au lieu de décortiquer la Parole offerte avec ma réflexion et mes mots je me demande s'il ne serait pas plus juste et plus efficace, de chercher la réponse à nos questions dans l’Écriture Sainte Elle-même . Ce qui m'arrête c'est qu'un seul terme entraînerait un grand nombre de références et il me semble que cela deviendrait rébarbatif . Cependant c'est ce que Jésus Lui-même fait ici en S'appuyant sur la parole de Moïse  pour nous faire comprendre que la foi en la Résurrection n'est nullement une nouveauté mais qu'elle s'enracine profondément dans toute l'économie du Salut puisque Moïse remonte à Abraham le Père des croyants qu'il présente comme « un Vivant » :

Que les morts ressuscitent,Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.    Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.Tous, en effet, vivent pour lui. »

Entre Abraham et Moïse nous avons environ 600 années et Moïse parle d'Abraham comme d'un Vivant ! C'est bien qu'il a cette foi en la Vie éternelle. Cette entrée dans la Lumière de Dieu reste un mystère non pas au sens d'incompréhensible mais parce c'est tellement grand que ça nous dépasse , nous percevons d'infimes petite lumières qui nous disent quelque chose de cet au-delà mais parce qu'il est impalpable, immatériel, nous restons sur notre faim de savoir, de connaître. Jésus ne disait-Il pas à Marie Madeleine après la Résurrection :"Ne me touchez point, car je ne suis pas encore remonté vers mon Père. (Jean (CP) 20) mais Il se laissera toucher par Thomas pour fortifier sa foi mise à rude épreuve et partagera un repas sur le bord du lac avec le Collège rassemblé avant de les envoyer dans la grande aventure de l’Évangélisation !

St Paul, dans la seconde lecture écrit : Priez pour que nous échappions aux gens pervers et mauvais,car tout le monde n’a pas la foi.    Le Seigneur, lui, est fidèle :il vous affermira et vous protégera du Mal.

Et dans la Première lettre aux Corinthiens :S'il n'y a point de résurrection des morts, le Christ non plus n'est pas ressuscité. Et si le Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, vaine aussi est votre foi. Il se trouve même que vous sommes de faux témoins à l'égard de Dieu, puisque vous avons témoigné contre lui qu'il a ressuscité le Christ, tandis qu'il ne l'aurait pas ressuscité, s'il est vrai que les morts ne ressuscitent pas. Car si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n'est pas ressuscité. Et si le Christ n'est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés, et par conséquent aussi, ceux qui se sont endormis dans le Christ sont perdus. Si nous n'avons d'espérance dans le Christ que pour cette vie seulement, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes. (1Co 15)

Or « La foi est la décision de faire confiance aux témoins qui nous parlent de Dieu, et d’organiser notre vie en conséquence. La foi est libre ; elle relève de la décision intime de chaque homme et de chaque femme, même si Dieu lui-même donne son aide. »

Chaque jour je rends grâce, pour cette multitude de témoins qui, à l'Office Divin, nous parlent de Dieu à travers leurs écrits certains ont connu Jésus, d'autres ont mis leurs pas dans ceux des apôtres !


Je crois en Dieu,le Père tout-puissant,
créateur du ciel et de la terre ;
et en Jésus-Christ,son Fils unique, notre Seigneur,
qui a été conçu du Saint-Esprit,
est né de la Vierge Marie,a souffert sous Ponce Pilate,
a été crucifié,est mort et a été enseveli,
est descendu aux enfers,
le troisième jour est ressuscité des morts,
est monté aux cieux,
est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,
d’où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois en l’Esprit-Saint,
à la sainte Église catholique,à la communion des saints,
à la rémission des péchés,
à la résurrection de la chair,
à la vie éternelle.
Amen.


L'Ermite

Appendice

Je n'ai pas voulu intégrer le texte qui suit à ce partage, craignant d'alourdir l'ensemble. Toutefois , j'éprouve un grand plaisir à vous le partager car il complète bien ce que nous disons aujourd'hui du « spirituel » .Il s'agit d'une apparition donc de cette VIE qui nous échappe et parle, d'une certaine façon de l'au-delà.La voyante de la Salette , à mon avis, décrit parfaitement l'indescriptible, elle dit très bien ce que nous lisons dans le livre de la Sagesse :En elle, en effet, il y a un esprit intelligent, saint, unique, multiple, immatériel, actif, pénétrant, sans souillure, infaillible, impassible, aimant le bine, sagace, ne connaissant pas d'obstacle, bienfaisant, bon pour les hommes, immuable, assuré, tranquille, tout-puissant, surveillant tout, pénétrant tous les esprits, les intelligents, les purs et les plus subtils.Car la sagesse est plus agile que tout mouvement; elle pénètre et s'introduit partout, à cause de sa pureté. Elle est le souffle de la puissance de Dieu, une pure émanation de la gloire Tout-puissant; aussi rien de souillé ne peut tomber sur elle. (Sg 7)

Dans une lettre du 26 décembre 1870, Mélanie Calvat, à qui la Vierge Marie est apparue sur la montagne de La Salette, explique de quelle façon les messages de la Sainte Vierge l’éclairaient :

« Je suis une grande ignorante ; mais si j’étais une lettrée plus savante, je ne pourrais rien écrire des choses d’En-Haut, parce que les expressions des plus grands savants n’arrivent pas à l’ombre de la vérité des expressions dont on se sert là-haut pour se parler. Le langage d’En-Haut est un mouvement de l’âme, des souhaits de l’âme, des élans de l’âme ; et les yeux vifs de l’âme se comprennent.

Donc je crois que si, ici-bas, nous voulions expliquer cela, nous n’y arriverions pas. Et moi surtout, vile poussière, je suis encore à naître pour parler de ces choses-là. Aimons le bon Dieu de tout notre cœur : voilà notre science et notre richesse. Oh ! il faut être fou de l’amour de Celui qui a été le premier fou d’amour pour nous... (...)

Je trouve très difficile de pouvoir rendre une chose qui n’a pas de comparaison. Si, par exemple, je voulais expliquer comment je voyais la Sainte Vierge, j’entendais ses paroles, je voyais s’exécuter ce qu’elle disait en paroles, je voyais le monde entier, je voyais l’œil de l’Éternel ; c’était un tableau en action : je voyais le sang de ceux qui étaient mis à mort, et le sang des martyrs ; mais l’amour de cette douce Vierge s’étendait sur moi, il prenait la place de tout le reste, il me faisait fondre ; je ne pensais plus, je n’avais pas le pouvoir de faire une réflexion ; j’étais bien savante alors, je parlais, mais je ne parlais pas avec des parole ; et quand la douce Vierge marchait, elle n’eut pas besoin de me dire de la suivre, certes non ; je ne savais pas que j’étais, je ne pensais pas que j’avais des pieds pour marcher ; j’étais attirée ; j’étais collée à cette beauté ravissante : Marie !...

Si je voulais, dis-je, expliquer tout cela, jamais, jamais je n’arriverais à dire la vérité... »

 Nous sommes dépassés et ne pouvons que rendre grâce, nous émerveiller et attendre l'HEURE où nous VERRONS de nos yeux CELUI qui nous aime jusqu'à donner SA VIE POUR NOUS !