vendredi 11 janvier 2019

EN TOI JE TROUVE MA JOIE


LE BAPTÊME DE JESUS

(Lc 3, 15-16.21-22)


Le baptême du Seigneur est une fête récente dans le calendrier liturgique romain, mais traditionnelle en Orient. A Noël, puis à l’Épiphanie, le Christ s’est manifesté à sa famille, aux bergers, puis aux mages dans l’intimité. Adulte, le voici qui se manifeste publiquement pour la première fois à son peuple, prenant place dans la foule de ceux qui viennent recevoir le baptême de Jean Baptiste. C’est le récit de Luc que nous lisons ce dimanche et qui clôt le temps de Noël.
En ce temps-là,
    le peuple venu auprès de Jean le Baptiste était en attente,


Et moi,suis-je en attente ? Quelle est mon attente ? Attendre , c'est désirer, c'est espérer. Attendre aiguise tous les sens , tient en éveil, nous met aux aguets, à l'affût ! Celui qui attend, tend l'oreille pour reconnaître le bruit d'un pas familier, d'un moteur … Dans l'attente, le regard se fait attentif, perçant, il essaie de se frayer un passage à l'horizon , … Ici, le Peuple attend le Messie promis, il espère un renouveau, une libération, pas nécessairement comme la voit le Seigneur Lui-même, mais il est impatient et souhaite de tout son être un changement .
« Soyez, dira Jésus, comme des gens qui attendent »
Et nous, aujourd'hui, qu'attendons-nous ? Sommes-nous prêts à nous laisser bousculer par Jésus ? Sommes-nous tendus pour reconnaître Son, Ses passages ? Sommes-nous capables de nous taire, pour L'entendre parler à notre esprit, pour accueillir Ses inspirations ? Dans les événements, reconnaissons-nous Dieu qui nous parle aujourd'hui, cherchons-nous à comprendre Son langage dans notre vie, dans l’Église ?
Dans l’Évangile le Peuple en attente se pose la bonne question :
et tous se demandaient en eux-mêmes
si Jean n’était pas le Christ.
Jean les surprend, les étonne, les remet en question et si c'était CELUI que la terre espère depuis des siècles ? Jean attentif à ce qui se murmure, honnête à l'égard de lui-même, du Peuple et de Celui dont Il prépare la route, ne tarde pas à les éclairer. Jean n'est pas un usurpateur, c'est un homme droit, sincère, il se sait envoyé pour préparer la route, il saisit l'occasion du questionnement du Peuple pour clarifier la situation , Jean tient sa place de Précurseur , et se reconnaît plus « petit » moins puissant que Celui qui vient, il se reconnaît indigne de dénouer la courroie de Ses sandales ! Même pour cet humble service, Jean ne se trouve pas adapté . Pourtant il ne s'agit pas là d'un service flamboyant ! Se mettre à genoux aux pieds d'un autre, fusse-t-il roi, dans la vie courante, est un acte de servitude, de dépendance, de soumission ! La mission qu' accomplit Jean le Baptiste n'est qu'un « avant goût » de ce qui va advenir
    Jean s’adressa alors à tous :
« Moi, je vous baptise avec de l’eau ;
Le mot baptême vient du verbe grec "baptizein", qui veut dire "plonger, immerger". La pratique d'être immergé en signe de purification s'est répandue peu avant la venue du Christ chez des juifs pieux, animés d'un profond désir de conversion.Le baptême de Jean pouvons-nous dire est purement symbolique , ce bain exprime une volonté de changer de vie, il s'agit d'un baptême de conversion en vue du pardon des péchés, Jésus seul pardonnera les péchés et confiera cette mission à Son Eglise. Jean est envoyé pour préparer la Route, pour annoncer Celui qui vient révéler le vrai visage du Père, il le clame haut et fort :
mais il vient, celui qui est plus fort que moi.
Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales.

Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. »
Il y a plusieurs façons d'accueillir ce verset :
  • être baptisés dans l'Esprit saint c'est accueillir en soi le don de l'amour qui est un feu dévorant qui nous propulse pour la mission de l'évangélisation des Peuples
  • nous savons que le feu purifie, être baptisés dans l'Esprit et le feu c'est être purifiés du péché ! Le baptême libère le nouveau - né de la faute originelle, le jeune et l'adulte sont purifiés non seulement des traces de ce péché mais de tout ce qui a entaché leur vie de la naissance à ce jour de grâce. De plus, l'un et les autres sont désormais membres du Corps EGLISE.
  • d'autres rattachent aussi cette annonce à l'Ancien Testament où le feu tient une place importante dans la purification des êtres et des choses, mais aussi dans les manifestations divines. Il suffit de se souvenir du Buisson ardent , des holocaustes offerts pour le rachat des péchés. Les prophètes ne condamnent pas ces pratiques, mais rappellent que le sacrifice intérieur est l’essentiel. Ils anticipent les révélations du Nouveau Testament.
  • Ils sont nombreux ici, à demander et accueillir ce baptême de conversion , toutefois, l'un d'eux , va émerger , Il se distingue par son attitude lorsqu'il rejaillit de sa plongée dans le Jourdain. Jean le Baptiste s'étonne d'ailleurs de Sa présence dans Saint Matthieu ;Jean s'en défendait en disant: " C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par vous, et vous venez à moi! " Jésus lui répondit: " Laisse faire maintenant, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. " Alors Jean le laissa faire. (Matthieu 3)
    Comme tout le peuple se faisait baptiser
et qu
’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait,


Comment et pourquoi Jésus se soumet-Il à cet acte ? Jésus en effet n'a pas besoin de purification, « Il s'est fait semblable aux hommes, hormis le péché :
En effet, le grand prêtre que nous avons n'est pas incapable, lui, de partager nos faiblesses ; en toutes choses, il a connu l'épreuve comme nous, et il n'a pas péché. (Hébreux 4)
Ayez en vous les mêmes sentiments dont était animé le Christ Jésus: bien qu'il fût dans la condition de Dieu, il n'a pas retenu avidement son égalité avec Dieu; mais il s'est anéanti lui-même, en prenant la condition d'esclave, en se rendant semblable aux hommes, et reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui; il s'est abaissé lui-même, se faisant obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix. C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, (Philippiens2)
Mais Jésus, comme le dit si bien Saint Paul dans la lettre aux Philippiens s'est abaissé pour se « revêtir » de notre humanité, Jésus n'a pas fait semblant, Il a tout épousé de notre vie, hormis le péché, pour être un, parmi cet ensemble. En se soumettant au Baptême, n'a-t-il pas voulu donner à ce geste une dimension encore plus large et plus profonde ? Écoutons ce qu'en dit Saint Maxime de Turin :
Le Seigneur Jésus est venu au baptême, et il a voulu que son corps très saint soit lavé par l’eau. Quelqu’un dira peut-être : « Lui qui est Saint, pourquoi a-t-il voulu être baptisé ? » Écoutez donc. Le Christ est baptisé non pas pour être sanctifié par l’eau, mais pour sanctifier lui-même l’eau et pour purifier par sa pureté ces flots qu’il touche. La
consécration du Christ est en effet la consécration fondamentale de l’élément.
Lorsque le Sauveur est lavé, c’est alors que l’eau est d’avance purifiée tout entière en vue de notre baptême ; la source est purifiée pour que, dorénavant, la grâce du baptême soit administrée aux peuples à venir. Le Christ a donc reçu le baptême par avance, pour que les peuples chrétiens prennent sa suite avec confiance.
Soyez entièrement purifiés, et purifiez-vous encore. Car rien ne donne à Dieu autant de joie que le redressement et salut de l'homme : c'est à cela que tend tout ce discours tout ce mystère. Soyez comme des sources de lumière dans le monde, une force vitale pour les autres hommes. Comme des lumières parfaites secondant la grande Lumière, soyez initiés à la vie de lumière qui est au ciel ; soyez illuminés avec plus de clarté et d'éclat par la sainte Trinité, dont vous avez reçu maintenant, d'une façon restreinte, un seul rayon, venant de l'unique divinité, en Jésus Christ notre Seigneur, à qui appartiennent la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen.St Grégoire de Nazianze
Et quand Jésus prie, en sortant de l'eau, ne voit-Il pas tous ceux qui, à sa suite , seront plongés dans dans sa mort/Résurrection pour rejaillir pleinement vivants de la vie même de Son Esprit ?
Jésus qui remonte hors de l'eau. En effet, il porte le monde. Avec lui, il le fait monter ; il voit les cieux se déchirer et s'ouvrir, alors qu'Adam les avait fermés pour lui et sa descendance, quand il fut expulsé du paradis que défendait l'épée de feu.Alors l'Esprit atteste sa divinité, car il accourt vers celui qui est de même nature. Une voix descend du ciel, pour rendre témoignage à celui qui en venait ; et, sous l'apparence d'une colombe, elle honore le corps, puisque Dieu, en se montrant sous une apparence corporelle, divinise aussi le corps. C'est ainsi que, bien des siècles auparavant, une colombe est venue annoncer la bonne nouvelle de la fin du déluge. (St Grégoire de Nazianze)
le ciel s’ouvrit.
  
 L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, 

comme une colombe,descendit sur Jésus,
et
il y eut une voix venant du ciel :
« Toi, tu es mon Fils bien-aimé ;
en toi, je trouve ma joie. »


Aujourd’hui, l’Esprit Saint survole les eaux sous l’apparence d’une colombe. De même qu’une autre avait annoncé à Noé que le déluge du monde se retirait, c’est ainsi qu’en voyant cette colombe, on apprenait que le naufrage inéluctable du monde avait cessé. Elle n’apportait pas, comme celle d’autrefois, un rameau d’olivier, mais elle répandit sur la tête de notre chef toute la richesse d’une onction nouvelle, pour accomplir la prédiction du Prophète : Dieu, ton Dieu, t’a consacré d’une onction de joie, comme aucun de tes semblables. ~Aujourd’hui, le Christ fait commencer les signes du ciel en changeant l’eau en vin. ~ Mais l’eau devait être changée pour le sacrement du sang, lorsque le Christ verserait des coupes de vin à ceux qui boiraient au vase de son corps, afin que s’accomplît cette prophétie : La coupe qui me donne l’ivresse, elle est incomparable !St Pierre CHRYSOLOGUE
Demandons à Jésus Lui-même de permettre que nous devenions LA JOIE DU PERE, que chacune de nos vies, soit une action de grâce et une louange à Son insondable amour, une flamme qui se consume pour Lui rendre gloire, comme Lui, Jésus l'a fait, pour notre salut ! Ah oui, qu'il est grand, qu'il est immense, qu'il est beau le Mystère de la foi ! Dieu se fait homme, Dieu dans notre dure écorce reçoit la Baptême des mains de Sa créature pour sanctifier et purifier l'eau qui nous sanctifie ! Mais quelle beauté ! Quelle incomparable grandeur dans l'abaissement ! Qu'en ce jour du Baptême de Jésus nous rendions pour notre Baptême, pour le bonheur d'avoir semblable Premier de Cordée !
« Être baptisé c’est une bénédiction indélébile, et sur laquelle on peut compter. Le baptême, c’est une bénédiction qui nous lie à la Trinité, qui associe l’existence de cet humain ici, maintenant et par-delà la caducité de la chair, à la fécondité de l’esprit d’amour qui circule et vivifie le moindre de nos actes, si inconscients que nous en soyons. C’est extraordinaire, non ? »Françoise Dolto


R/ Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
 (Ps 103, 1)
Revêtu de magnificence,
tu as pour manteau la lumière ! (JESUS)
Comme une tenture, tu déploies les cieux,
tu élèves dans leurs eaux tes demeures.
Tous, ils comptent sur toi
pour recevoir leur nourriture au temps voulu.
Tu donnes : eux, ils ramassent ;
tu ouvres la main : ils sont comblés.
Tu caches ton visage : ils s’épouvantent ;
tu reprends leur souffle, ils expirent
      et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;

tu renouvelles la face de la terre.
L'Ermite
PS . Veuillez excuser une certaine lourdeur, j'ai écrit cette méditation dans des conditions plutôt difficiles, très bousculée par un grand nombre d'appels pour soutenir un couple, connu voilà 25 ans, qui se trouve en grande difficulté Je le confie à votre prière. Merci. PORTONS-NOUS LES UNS LES AUTRES ! « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé » A de Saint-Exupéry

samedi 29 décembre 2018

CHEZ MON PERE !


FETE DE LA SAINTE FAMILLE

(Lc 2, 41-52)

        ,
                                                                                                                                     
 Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque.


En 1513 avant notre ère, Dieu a libéré les Israélites de l’esclavage en Égypte. La Pâque est la fête juive correspondant à cette libération. Dieu avait ordonné aux Israélites de commémorer cet événement important une fois par an, le 14jour du mois d’Abib, selon le calendrier juif, mois qui a plus tard été appelé Nisan Ex 12,42 ; Lév 23,5

Pourquoi cette fête est-elle appelée « la Pâque » ?

Le mot « Pâque » dérive d’un mot hébreux signifiant « passer par-dessus ». Il fait allusion au moment où Dieu a fait mourir tous les premiers-nés d’Égypte, mais a épargné les Israélites Ex 12 ; 13. Avant de faire s’abattre cette plaie dévastatrice, Dieu avait dit aux Israélites de tuer un agneau ou un chevreau et d’en appliquer le sang sur l’encadrement de leurs portes Ex 12. Dieu « passerait par-dessus » les maisons qui avaient ce signe et épargnerait les premiers-nés israélites .

Comment la Pâque était-elle célébrée aux temps bibliques ?
Dieu avait donné aux Israélites des instructions sur la façon de célébrer la première Pâque .Voici quelques-unes des caractéristiques des célébrations de la Pâque mentionnées dans la Bible :
    Sacrifice : Le 10jour du mois d’Abib (Nisan), chaque famille choisissait un agneau (ou un chevreau) âgé d’un an, et le 14jour, elle le tuait. Lors de la première Pâque, les Israélites ont appliqué un peu du sang de l’animal sur les montants et le haut de leur porte, l’ont fait rôtir tout entier puis l’ont mangé
    Repas : Durant le repas de la Pâque, en plus de l’agneau (ou du chevreau), les Israélites mangeaient du pain sans levain et des herbes amères
    Fête : Après la Pâque, les Israélites célébraient pendant sept jours la fête des Gâteaux sans levain, durant laquelle ils ne mangeaient aucun pain contenant du levain
    Éducation : Les parents profitaient de la Pâque pour enseigner leurs enfants à propos du Seigneur.
    Voyage : Plus tard, les Israélites se rendaient à Jérusalem pour célébrer la Pâque
C'est donc dans ce contexte que Jésus effectue son premier pèlerinage-voyage à Jérusalem.
Quand il eut douze ans,ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.

A douze ans, un jeune juif devenait légalement " fils de la loi " C'est une petite cérémonie qui existe encore aujourd'hui où le jeune garçon répond à des prêtres et lit des textes sacrés en présence de sa famille. Après quoi on le complimente et lui lance des sucreries et des pétales de fleurs.
Même si ce n'est pas précisé dans l'évangile de Luc, il y a probablement un rapport entre cette coutume juive et son escapade de trois jours au grand temple de Jérusalem.
C'est donc une histoire cocasse qui nous est contée par Luc extraite des souvenirs et des confidences de Marie. Comme chaque année la Sainte Famille se rend avec de nombreux voisins, parents ou amis à Jérusalem pour célébrer au temple à Jérusalem la grande fête de Pâque.
Durant le long chemin parcouru à pieds, les enfants s'éparpillent le long du cortège en cheminant tantôt avec l'un, tantôt avec l'autre, tout le monde se faisant confiance réciproquement.
Comme tous les ans des dizaines de milliers de pèlerins venus des quatre coins du monde s'entassent aux abords du temple. Jésus qui y vient chaque année connaît parfaitement le plan du temple : ses parvis et ses galeries.

À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient,le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents.Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins,
ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem,en continuant à le chercher.
Voilà de quoi nous surprendre : d'un côté, le jeune Jésus, prend une initiative de taille sans la soumettre à ses parents, d'autre part, dans une confiance absolue, que nous pourrions considérer comme de l'insouciance, de l'imprudence, ses parents le connaissant, respectent sa liberté d'adolescent , et Le laissent rencontrer ses amis dans la longue colonne des pèlerins sans surveillance !
Quand à la fin de la journée, le jeune Jésus ne réapparaît pas, l'inquiétude se fait jour Marie et Joseph, cherchent à Le retrouver dans le convoi. Plus le temps passe et plus l'inquiétude grandit, et cette quête va durer trois longs jours. Nous savons bien à quel point la panique grossit les situations, et les envenime ! Cela fait trois jours que le jeune Jésus reste introuvable ! Tout parent comprend cette angoisse pour l'avoir éprouvée pour une raison ou pour une autre ! Chacun de nous d'ailleurs, a été un jour ou l'autre, confronté à ce genre d'anxiété , l'effroi augmentant avec le temps qui passe sans que la moindre lueur n'apparaisse à l'horizon !
C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple,assis au milieu des docteurs de la Loi :il les écoutait et leur posait des questions,et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. 
Trois jours ! Cela n'évoque-t-il pas déjà ,les trois jours de la Passion /Résurrection  ?
Ici, Jésus s'intéresse aux lectures saintes des aînés et, visiblement, il en surprend plus d'un par la sagesse ( n'est-Il pas la Sagesse enfouie dans un corps humain?) de Ses propos. Le texte nous dit même que : tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. Sommes-nous conscients, tant soit peu, de ce que vit Jésus déjà dans Son enfance-adolescence ? A quel point Il doit se sentir à l'étroit dans nos limites humaines. Ce vêtement charnel doit Lui sembler bien étriqué quand on sait qu'Il (Jésus) porte le monde dans Son cœur ! Quel extraordinaire mystère ! Quel extraordinaire amour ! Ne faut-il pas aimer à la folie pour consentir à un tel abaissement ?
La situation (l'émerveillement de ceux qui écoutent Jésus) n'échappe pas à ses parents qui sont « frappés d'étonnement, » toutefois, ils se savent chargés de Son éducation et , tout en douceur veulent lui faire prendre conscience de son apparente insouciance :
En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement,et sa mère lui dit :« Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?Vois comme ton père et moi,nous avons souffert en te cherchant ! »
C'est avec une infinie maîtrise que Marie exprime leur épreuve mais elle se heurte à l'étonnement du jeune Jésus Il leur dit :« Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ?Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Pour Lui, Jésus, cette escapade qui n'en est pas uneest tout à fait normale, Il est depuis l'instant de l'Incarnation, que dis-je depuis toujours, orienté vers la volonté de Son Père, dévoué à cette volonté, et rien ni personne ne pourra l'en détourner pas même l'amour reconnaissant qu'Il voue à Ses chers parents tuteurs de Son enfance et de Son adolescence. « Son Père », oui, son Père, voilà quelque chose de difficile à entendre mais quelque chose qui Le situe vraiment et qui permet à chacun, de se situer à sa juste place ! Jésus se montre à découvert mais qui peut saisir le mystère qu'Il dévoile ici ? Ce n'est qu'après coup que les uns et les autres découvriront la véritable identité du Fils bien-aimé du Père ; Il fera de très nombreuses allusions tout au long de Sa vie publique mais « leurs yeux seront empêchés de voir » et de comprendre ! « Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n'entendent pas » C'est après coup , la plupart du temps, que nous reconnaissons Sa Présence, Ses passages dans notre vie , sauf grâce exceptionnelle, sauf union mystique, qui reste une grâce d'exception ! Quoi d'étonnant ici, quand l’Évangéliste note « ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait » Marie et Joseph, au-delà de l'indicible bonheur d'avoir été choisis, restent des créatures et qui plus est, des créatures de leur propre enfant puisqu'Il est Dieu, Son corps n'est qu'une enveloppe qui « cache » la divinité pour le rendre proche de l'humanité ! Tout au long de sa vie Marie continuera de s'étonner sans comprendre la fine pointe du Mystère qui environne sa propre vie « Quant à Marie, elle retenait tous ces événements et les méditait dans son coeur. » (Lc 2, 19).Marie avance dans la foi, Elle fait confiance , Elle n'oublie rien de ses étonnements, Elle les porte en Elle comme Elle a porté l'Enfant de la promesse sans tout comprendre. Marie s'en remet totalement à Celui qui a parlé et qui est la Parole du Père, sans savoir qu'Elle partage Sa vie et que ce petit est infiniment grand ! Tout cela nous dépasse, nous rassure et nous permet de nous jeter, nous aussi, dans les bras de cette Mère de Tendresse, de Miséricorde, qui devient une indéfectible Médiatrice entre nous et Son Fils ! «  Faites tout ce qu'Il vous dira ! » Cana
Au terme de cette épreuve, épreuve pour Ses parents, manifestation pour Lui, Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth,et il leur était soumis.Sa mère gardait dans son cœur
tous ces événements.Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce,devant Dieu et devant les hommes. Dieu enfoui, dans son corps d'enfant redevient Celui qui se soumet à Ses créatures comme Il continue de le faire aujourd'hui, et continuera jusqu'au moment où Il sera tout en tous ! Soumis à Marie et Joseph, parce que soumis à Son Père, Jésus reste soumis à l'humanité , représentée ici par Marie et Joseph, par Sa propre humanité aussi, avec toutes les limites que celle-ci Lui impose! Oui, Dieu, en Jésus, nous est soumis car Il ne veut rien à notre place, Il ne fait rien à notre place, Il continue d'aller à notre pas, c'est à tout petits pas qu'Il sauve le monde parce qu'Il respecte infiniment la liberté de chacun ! C'est en cela que Jésus est en agonie jusqu'à la fin des temps. Ce doit être horriblement frustrant alors que d'un coup de baguette comme Moïse autrefois, Dieu, en Jésus pourrait en un instant tout renouveler, d'aller au pas du plus « minable » ( et ne nous trompons pas, le plus minable ce n'est pas celui qu'avec mon regard tordu je juge comme tel, le plus minable, c'est moi, dans ce que j'ai de mesquin, d'obtus, etc ) d'entre nous pour n'en perdre aucun ! Car Dieu, en Jésus, ne veut en perdre aucun !car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. La volonté de mon Père, c'est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle; et je le ressusciterai au dernier jour.… Jn 6
Et mon juste vivra par la foi; mais, s'il se retire, mon âme ne mettra pas sa complaisance en lui. " Pour nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour leur perte, mais de ceux qui gardent la foi pour sauver leur âme. (Hébreux 10)
Et, s'il la trouve, la brebis perdue) je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées.De même, ce n'est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu'il se perde un seul de ces petits. Mt 18



Bien-aimés,
    voyez quel grand amour nous a donné le Père
pour que nous soyons appelés enfants de Dieu

– et nous le sommes.
Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas :
c’est qu’il n’a pas connu Dieu.
    Bien-aimés,
dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu,
mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté.

Nous le savons : quand cela sera manifesté,
nous lui serons semblables
car nous le verrons tel qu’il est.
    Bien-aimés,
si notre cœur ne nous accuse pas,
nous avons de l’assurance devant Dieu.
    Quoi que nous demandions à Dieu,
nous le recevons de lui,
parce que nous gardons ses commandements,
et que nous faisons ce qui est agréable à ses yeux.




    Or, voici son commandement :mettre notre foi
dans le nom de son Fils Jésus Christ,
et nous aimer les uns les autres
comme il nous l’a commandé.
    Celui qui garde ses commandements
demeure en Dieu,
et Dieu en lui ;

et voilà comment nous reconnaissons qu’il demeure en nous,
puisqu’il nous a donné part à son Esprit.




L'Ermite

lundi 24 décembre 2018

DIEU SE CHERCHE UNE DEMEURE !



                                                    NOËL 2018 , NOUVEL AN 2019.

                             
Lui ouvrirons-nous toute grande la porte de nos cœurs ? 

Dieu , en Son Fils Bien-Aimé, le Christ vivant et vrai, cherche à établir toujours plus , sa demeure dans nos cœurs, nos familles, notre environnement, la cité, le monde ! Il cherche à y trouver un espace toujours plus grand ; par la voix du Prophète Isaïe Il nous supplie : « Élargis l'espace de ta tente, déploie sans hésiter la toile de ta demeure, allonge tes cordages, renforce tes piquets ! » (Isaïe 54)
Tant de frères sont en détresse aujourd'hui, ils ont faim de donner un sens à leur vie et cherchent tous azimuts, hélas, souvent, trop souvent, de façon désordonnée et se noient dans l'alcool, les drogues, les amours , ce qu'ils appellent amour … Qui se lèvera pour les entraîner sur le seul chemin porteur de Lumière et de Paix : Jésus Christ notre Frère aîné ? Nos cœurs sont-ils ouverts à l'inattendu de Dieu ?
Saurons-nous L 'accueillir, dans l'étranger qui erre dans nos rues, bivouaque sous une tente de fortune, 
 
Dans l'enfant esseulé ou simplement différent, qui s'agite, crie sa révolte, détruit, casse, dérange, pour attirer l'attention, 
 
Dans la personne âgée ou non, triste d'être seule, se croyant incomprise,abandonnée, certaine de ne servir à rien, rejetée parfois, n'ayant d'autre désir que d'en finir 
 
Dans la personne qui commet l'irréparable, nous apparaît comme « un monstre », déshumanisée promise à croupir dans une prison infâme,

Oui, saurons accueillir et reconnaître Jésus qui se cherche une demeure pour être écouté , exprimer Sa vacuité, Son ras le bol , Sa détresse, Sa révolte, Ses attentes d'un monde plus fraternel, plus accueillant, plus chaleureux ? 
 
Car Jésus qui naît, aujourd'hui, c'est ce Jésus crucifié jusqu'à la fin des temps, c'est ce Jésus qui agonise sur cette croix infâme de l'errance,de la migration forcée,de la différence, et de l'indifférence, de la solitude , de la maladie, du rejet, de l'abandon … 
 
Mais Jésus naîtra vraiment, AU-JOURD'-HUI, grâce à chacun de nous qui l'avons rencontré, dans le cœur de tous les affligés de notre temps dans la mesure où nous leur ouvrirons notre cœur, leur offrirons notre sourire, leur accorderons quelques minutes pour les écouter, même si c'est la énième fois qu'ils nous racontent cette histoire sans queue ni tête... 
 
Car Noël c'est faire briller les yeux des enfants que nous restons au fond de nous-mêmes, quel que soit notre âge, notre situation, notre place dans la société ! 
 
Noël, c'est faire exister l'autre, lui faire retrouver le sourire, ne serait-ce que l'espace d'un instant !
Noël, c'est aussi consoler ceux qui pleurent, ceux qui sont désespérés, c'est visiter le malade sans famille ni amis, visiter le prisonnier …
Noël, c'est faire la paix avec tous, même avec celui qui semble nous regarder de travers, c'est tendre la main à celui qui la retire,et lui sourire malgré tout !
Noël, c'est pardonner comme Jésus nous pardonne 
 
Alors l'année 2019 sera belle parce que Jésus l 'habitera, fera Sa demeure dans notre cœur et, à travers chacun de nous se donnera à nos frères . Voilà mes vœux pour ce Noël, pour cette nouvelle année qui accourt et où nous offrirons une demeure à Jésus qui cherche dans la nuit de ce monde où poser et reposer Sa tête !

Joyeux Noël ! Sainte année 2019 ! PAIX ET JOIE à chacune et à chacun ! N'oublions pas :

L'Ermite

vendredi 21 décembre 2018

REMPLIE DE L'ESPRIT SAINT

QUATRIÈME DIMANCHE DE L'AVENT
(Lc 1, 39-45)
Me voici

Toi, Bethléem Éphrata,
le plus petit des clans de Juda,
c’est de toi que sortira pour moi
celui qui doit gouverner Israël.

Le cadre est planté : Celui qui est attendu depuis des siècles ne viendra pas chez les puissants de ce monde , Il n'apparaîtra pas dans une somptueuse capitale, encore moins dans une grande famille reconnue pas la société, non ! Il apparaîtra dans le plus petit des clans de Juda et nous apprendrons, plus tard, qu'Il devra chercher un lieu pour voir le jour car il n'y aura pas de place pour Lui à l'Hôtellerie ! C'est tout simplement remarquable ! Celui qui aura pour mission d'illuminer le monde vient du plus bas qui soit, tout en existant au plus Haut , comble de l'humilité d'un Dieu qui vient donner Sa propre dignité à l'humanité en souffrance ! « Ayez en vous les mêmes sentiments dont était animé le Christ Jésus: bien qu'il fût dans la condition de Dieu, il n'a pas retenu avidement son égalité avec Dieu; mais il s'est anéanti lui-même, en prenant la condition d'esclave, en se rendant semblable aux hommes, et reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui; » (Ph 2)
Et tout cela , pourquoi ? Par amour ! Pour qui ? Pour l'humanité dévoyée ! Comme Il est grand notre Sauveur ! Il s'exposera même, à toutes sortes de quolibets « De Nazareth ! Peut-il sortir de là quelque chose de bon ? » (Jn 1, 46). pour nous permettre de L'approcher sans crainte ! Il se fait vraiment l'un de nous !
Il prend le chemin courant de l'humanité ! Il aurait pu tomber du ciel comme un fruit mur tombe de l'arbre, non ! Il choisit d'honorer cette humanité, de la magnifier, en naissant d'une femme comme le commun des mortels ! Lui qui n'a ni commencement ni fin, « Je
suis l'alpha et l'Oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant. (Ap 1) Lui l'alpha et l'oméga, prend chair de notre chair , en notre chair ! « jusqu’au jour où enfantera celle qui doit enfanter, »
Et qui va L'accueillir ? Quel monarque sera sur les lieux ? Quels gardes du corps ? Un âne et un bœuf pour le réchauffer et bientôt, des bergers passant par là qui colporteront la Nouvelle ! Bergers ? Oui, car Lui-même sera le Berger des bergers et de l'humanité qui acceptera de reconnaître dans Son indigence le Seigneur des seigneurs ! Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du SEIGNEUR,par la majesté du nom du SEIGNEUR, son Dieu. Ils habiteront en sécurité, car désormais Il sera grand jusqu’aux lointains de la terre, en lui-même, il sera la paix !
Et quel Berger ! Celui qui, en S'abaissant , quoique, égal au Père , ne craint pas, Lui la Parole éternelle du Père, Lui qui a fait les mondes et les gouverne, de se soumettre pour accomplir la volonté d'un Autre qu'Il appellera Père : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté,ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre.....Me voici, je suis venu pour faire ta volonté.Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second.Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés,par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps,une fois pour toutes.
N'avons-nous pas là de quoi être confondus ? Arrêtons-nous : sommes-nous confondus ? Sommes-nous retournés ? Devant une telle humilité, splendeur, profondeur, largeur, hauteur d'amour comme l'écrit Saint Paul «Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur...
Vous connaîtrez l'amour du Christ qui surpasse tout ce qu'on peut connaître. Alors vous serez comblés jusqu'à entrer dans la plénitude de Dieu. (Eph3)  Sommes-nous sans voix ? Que cherchons-nous d'autre dans tous les expédients qui nous détournent du seul essentiel ! En Lui, nous avons TOUT ! Et ce n'est pas l’Évangile qui suit qui contredira :Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.Marie qui voit sa vie bouleversée par l'annonce inattendue de l'Ange Gabriel apprend en même temps que sa cousine attend un enfant, elle qu'on appelait la stérile «  Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'. (Luc 1) » 

Marie, sans la moindre hésitation prend la route et « avec empressement » nous dit saint Luc se rend auprès de sa cousine pour l'assister. Marie a quinze ans, c'est une toute jeune fille promise en mariage, porteuse d'un secret démesuré, lourd de conséquences pour sa vie privée, cependant, il n'y a pas de retour sur soi, pas de question déplacée, de préséance ou non, Marie discerne un besoin et « elle vole » pour soutenir sa cousine ! Quel magnifique oubli de soi ! Quelle magnifique ouverture à l'autre ! Voilà de quoi nourrir notre réflexion pour discerner les urgences dans notre vie personnelle !


Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle.L'enfant que porte Élisabeth réagit dans le sein maternel, cette rencontre est loin d'être innocente, cette réaction n'est autre que la rencontre des deux Testaments . Jean que nous appellerons plus tard « le Baptiste » et qui devancera Jésus de quelques mois met un terme à l'Ancienne Alliance, il en est le dernier Prophète et Jésus ouvre la Nouvelle Alliance qu'Il scellera dans son Sang. On peut penser et croire que par une grâce unique les deux enfants se reconnaissent d'ailleurs le verset qui suit le confirme puisque Élisabeth est alors « remplie de l'Esprit Saint » . Et si Élisabeth est remplie d'Esprit Saint, c'est que celui qu'elle porte EST REMPLI D'ESPRIT SAINT , nous trouvons cela dans l'Annonce faite à Zacharie son père :
« Sois sans crainte, Zacharie,
car ta supplication a été exaucée :
ta femme Élisabeth mettra au monde pour toi un fils,
et tu lui donneras le nom de Jean.
    Tu seras dans la joie et l’allégresse,
et beaucoup se réjouiront de sa naissance,
    car il sera grand devant le Seigneur.
Il ne boira pas de vin ni de boisson forte,
et
il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère ;

Sommes-nous capables de nous émerveiller du Don de Dieu ? Dès le sein maternel, cet enfant, par élection, est rempli d'Esprit Saint et communique cette grâce à sa mère qui devient capable, par grâce, de reconnaître la merveille que vit sa jeune cousine habitée Elle-même par le ciel  !
Qu'un enfant bouge dans le sein de sa mère, rien que de très naturel. Mais l'enfant d'Élisabeth tressaille d'allégresse, on pourrait même dire qu'il "bondit de joie". Voilà qui dépasse les mouvements d'un enfant à naître. En réalité, la rencontre d'Élisabeth et de Marie semble se calquer sur celle de David et de l'Arche d'Alliance (2 Samuel 6,2-11). Le roi David se met à tressaillir d'allégresse et s'écrie : "Comment se fait-il que l'arche du Seigneur vienne chez moi ?" Ce rapprochement des deux scènes permet à l'évangéliste d'exprimer la foi chrétienne. Marie, comparée à l'Arche d'Alliance, porte en elle celui qui est la présence de Dieu parmi ses frères. Élisabeth reconnaît en l'enfant de Marie son "Seigneur" et son propre enfant reconnaît en bondissant de joie la grandeur de Jésus.(Croire)
Et je n'hésite pas à vous partager ce qu'écrit Saint Ambroise à ce propos :
Elle (Marie) qui était maintenant remplie de Dieu, (Elle portait Dieu) où pouvait-elle se rendre avec empressement, sinon vers les hauteurs ? La grâce du Saint-Esprit ne connaît pas les hésitations ni les retards. L'arrivée de Marie et la présence du Seigneur manifestent aussitôt leurs bienfaits, car, au moment même où Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle, et elle fut remplie de l'Esprit Saint.

Remarquez les nuances et l'exactitude de chaque mot. Élisabeth fut la première à entendre la
parole, mais Jean fut le premier à ressentir la grâce : la mère a entendu selon l'ordre naturel des choses, l'enfant a tressailli en raison du mystère ; elle a constaté l'arrivée de Marie, lui, celle du Seigneur ; la femme, l'arrivée de la femme, l'enfant, celle de l'enfant ; les deux femmes échangent des paroles de grâce, les deux enfants agissent au-dedans d'elles et commencent à réaliser le mystère de la piété en y faisant progresser leurs mères ; enfin, par un double miracle, les deux mères prophétisent sous l'inspiration de leur enfant.

Jean a tressailli, la mère a été comblée. La mère n'a pas été comblée avant son fils, mais, comme le fils était comblé de l'Esprit Saint, il en a aussi comblé sa mère. Jean a exulté, et l'esprit de Marie a exulté, lui aussi. L'exultation de Jean comble Élisabeth ; cependant, pour Marie, on ne nous dit pas que son esprit exulte parce qu'il est comblé, car celui qu'on ne peut comprendre agissait en sa mère d'une manière qu'on ne peut comprendre.
Élisabeth est comblée après avoir conçu, Marie, avant d'avoir conçu. Heureuse, lui dit Élisabeth, toi qui as cru.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : tout cela est de l'ordre de la grâce. Élisabeth, cette personne avancée en âge entre, j'ose le dire, dans « l'ordre des Prophètes » Sans une grâce spécifique de l'Esprit de Vérité Élisabeth était incapable de dire ce qui suit. St Paul ne nous dira t-il pas plus tard au chapitre 12 de sa première lettre aux Corinthiens :« Sans l’Esprit Saint, personne ne peut dire : Jésus est le Seigneur !  » (1 C 12,3) Or, ici la seule salutation de Marie fait tressaillir Jean dans le sein maternel, et, ce tressaillement éclaire Élisabeth qui reconnaît l’œuvre de Dieu en Marie sa jeune cousine et induit cette explosion de joie chez Élisabeth qui reconnaît la grandeur de Marie habitée par Celui qui l'a créée et de plus préservée pour en faire Sa Mère ; « Tu es bénie entre toutes les femmes,et le fruit de tes entrailles est béni.  
Autrement dit , non seulement Dieu dit du bien de toi, sur toi et surtout en toi, puisque Celui que tu portes est Mon Seigneur mais tu deviens la Première parmi toutes les femmes :D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Élisabeth remplie d'Esprit Saint sans rien savoir de l'Annonce faite à Marie perçoit que cette toute jeune fille, porte en Elle Celui que le monde attend depuis des siècles ! N'est-ce pas bouleversant de grandeur et en même temps d'humilité, de simplicité , de Vérité ? Il n'y a pas de place ici pour les comparaisons, les jalousies, ( pourquoi toi?) Dieu EST PRÉSENT, Dieu est ACCUEILLI et RECONNU !
Peut-être pouvons nous nous poser un peu et réfléchir personnellement à la qualité de nos relations ? Toute proportion gardée évidemment, savons-nous discerner l’œuvre de Dieu dans nos frères, dans le monde ?

Élisabeth explique son enthousiasme et adresse à Marie, la première béatitude de la Nouvelle Alliance  : Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Ne pressentons-nous pas ici cet amour préférentiel que Jésus accordera aux enfants ? N'est-ce pas la rencontre de ces deux
enfants, Jésus (à peine conçu) ( nous pourrions, ouvrir une immense parenthèse sur le premier instant de la vie!) et Jean, proche de son avènement, qui éveille Élisabeth et lui permet d'entrer dans le mystère divin ? N'est-ce pas, le moment pour chacun de nous, de réfléchir à la façon dont nous comportons avec les enfants ?
Et cette première béatitude la voici : Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » A ceux qui louent sa Mère en tant que donneuse de vie, Jésus ne dira-t-Il pas un jour : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » (Luc 11) C'est en cela, en effet, que Marie est Heureuse ! Elle a entendu la Parole de l'Ange et elle a adhéré ; « qu'il me soit fait selon votre parole! (Luc 1) »
Quand nous écoutons et entendons la Parole de Dieu, quand nous la laissons descendre au fond de notre être quelle est notre attitude? La recevons-nous comme un message personnel ou bien pensons-nous « ça c'est pour les prêtres, les religieux et religieuses ? La Parole est Vie pour CHACUN de nous , Jésus s'adresse à chacun personnellement, c'est pour chacun qu'Il vient et continue d'advenir.

Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants ; elle pénètre au plus profond de l'âme, jusqu'aux jointures et jusqu'aux moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Pas une créature n'échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, dominé par son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes. (Hébreux 4)


L'Ermite