vendredi 5 octobre 2018

AIMONS !

 XXVII e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B
Mc 10, 2-16)




Car tout homme sera salé au feu. C'est une bonne chose que le sel ; mais si le sel cesse d'être du sel, avec quoi allez-vous lui rendre sa force ? Ayez du sel en vous-mêmes, et vivez en paix entre vous. » (Marc 9)

Ce verset que l’Église n'a pas retenu sans doute parce qu'à lui seul, il suppose une longue méditation , conclut le chapitre neuf de Saint Marc. Je tiens à le souligner sans toutefois m'y attarder, pour noter, seulement, l'importance de la remarque de Jésus  et de Son injonction : « Ayez du sel en vous-mêmes, et vivez en paix entre vous. » Ne parle-t-on pas du sel de la sagesse ? La péricope qui suit réclame en effet une insondable sagesse pour ne pas se laisser enfermer dans la problématique soulevée par les Pharisiens !

 des pharisiens abordèrent Jésus
et,
pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient :« Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »

Les pharisiens, pourtant, n'ignorent pas l’Écriture sainte, ils sont donc sensés connaître ce que nous rapporte la première lecture à propos des origines :l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme,et tous deux ne feront plus qu’un. Dès le récit de la Genèse, Dieu Créateur veut cette Alliance sacrée de l'homme et de la femme au point de la traduire sur le modèle Trinitaire. En effet , si Dieu est Un en trois personnes, le couple est Un en deux personnes, dans l'Esprit créateur ils deviennent donc indissociables.
Dans une première approche, Jésus, comme Il le fait souvent, ne répond pas directement à la question, Il se contente d'évoquer Moïse et d'inviter les Pharisiens à engager une parole : Jésus leur répondit :« Que vous a prescrit Moïse ? » La loi de Moïse est incontournable à l'époque , Jésus le sait et veut les sonder comme eux-mêmes cherchent à le faire pour savoir, sans doute, s' Il connaît , Lui, Jésus , les subtilités de cette loi.
 
Ils lui dirent :« Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. » Jésus avance pas à pas, pour tenter d'ouvrir leurs yeux d'aveugles-nés : Jésus répliqua :« C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle. Si Moïse a agi de la sorte, ce n'est pas en raison de sa conviction personnelle mais pour clarifier et statuer sur un constat d'échec, conséquence, du péché ! 
 
Hier, comme aujourd'hui, des lois sont édictées pour pallier à une carence ! Et Jésus va les entraîner plus loin dans le temps, plus haut dans la conception initiale de la cellule familiale originelle : Mais, au commencement de la création,Dieu les fit homme et femme.À cause de cela,l’homme quittera son père et sa mère,il s’attachera à sa femme,et tous deux deviendront une seule chair.Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.Donc, ce que Dieu a uni,que l’homme ne le sépare pas ! » Voilà, le vrai, le beau, l'unique projet de Dieu . Comme je le disais au départ, si le couple humain est à l'image et ressemblance de Dieu il est indivisible, indissoluble. Dieu, qui n'a pas, Lui, de commencement est UN en Trois personnes pour l'éternité et son fonctionnement le montre parfaitement puisque Jésus dit et répète : je ne fais rien que je ne voie faire par le Père ! Je fais toujours ce que le Père Me demande ! Le Père et moi nous sommes UN .le Père est en moi, et moi dans le Père. » Dieu nourrit cette même ambition pour l'union de l'homme et de la femme ! 
 
De plus, la question des Pharisiens , laisse percevoir une main mise de l'homme sur la femme, car c'est l'homme qui renvoie, il n'est pas question de réciproque.
En Dieu les Trois Personnes sont égales , dans le couple, présenté par les Pharisiens l'homme exerce l'autorité et a droit de vie et de mort sur son épouse, elle devient une chose qu'on peut prendre et laisser au gré sinon de ses humeurs, du moins de ses critères d'évaluation. Nous sommes loin , très loin du projet initial du Père : « et tous deux ne feront plus qu’un. »

Jésus clos la conversation, il ne va pas plus loin avec les Pharisiens, Il se contente de rappeler la volonté de Dieu qui fait tout son bonheur, par contre, Il doit continuer de former Ses apôtres, de les instruire, de leur donner des éléments justes de discernement , n'est-ce pas à eux qu'Il dira : « allez de toutes les nations faites des disciples » ? Les apôtres doivent transmettre une doctrine saine et juste, aussi , Jésus continue avec eux et
va plus loin : De retour à la maison,les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur déclara :« Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle.Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre,elle devient adultère. »
Deux remarques :
  • Jésus note la réciproque. Jésus souligne le cas où le mari renvoie son épouse mais il enchaîne sur le cas où c'est la femme qui renvoie son mari. Il les place sur un pied d'égalité.
  • Jésus ne porte aucun jugement Il insiste, sans le dire, sur l'indissolubilité du mariage et contrevenir à cet état de fait, induit une situation d'adultère.
Ceci clairement défini, nous avons les bases pour l'organisation de la cellule familiale mais nous ne pouvons aucunement juger des situations concrètes. Tant d'éléments entrent en jeu pour qu'il y ait sacrement. Il nous appartient de rester proches de ceux qui sont conduits à de douloureuses séparations et de les encourager à rencontrer, dans nos diocèses, ceux qui sont chargés de ces délicates questions. Bien souvent, il n'y a pas eu mariage, surtout en nos temps où, beaucoup de nos frères et sœurs affichent une immaturité flagrante ! Et n'allons pas dire que l’Église rejette les personnes en situation de séparation, l’Église a toujours accueilli les personnes séparées.J'ai déjà eu l'occasion de le dire, enfant, j'avais souvent une « oreille qui traîne » et, sans en avoir l'air, je m'informais en écoutant les conversations des aînés.Je me souviens de mes parents évoquant le divorce d'un proche qui était accueilli, écouté par un prêtre et qui, à certaines conditions, participait aux assemblées du dimanche. 
 
Certes, il y a eu, et il y a, ici et là de graves maladresses, mais elles sont souvent le fruit d'une mauvaise compréhension, y compris chez des prêtres, le rejet est souvent plus redoutable de la part des chrétiens qui, par manque de formation, éloignent leurs frères en souffrance de la Mère Église en colportant des informations erronées.

J'apprécie particulièrement ce passage du chant d'Assise : ô vous tous gens de la terre qui cheminez si douloureusement, ayez d'abord la charité, aimez-vous les uns les autres... , ne jugez pas, car tel semble damné qui est sauvé peut-être et tel semble sauvé qui est déjà damné ! Vous ne savez pas à qui Dieu tendra la main !( j'ajoute : et les raisons pour lesquelles Dieu tend la main) Aimez et ne jugez pas ! »

Avec Thérèse de l'Enfant Jésus que nous célébrions ces jours derniers, il nous suffit d'aimer et d'aimer pleinement. L'Amour est tout qui est Dieu même dit encore le chant d'Assise ! Dès lors : AIMONS !

Cette séquence de l’Évangile se termine, merci Seigneur, sur un rayon de soleil ! Voilà que des gens ont l'excellente idée de présenter des enfants pleins de vie, au Seigneur, hélas un nuage vient assombrir cette lumière, et il vient – n'est-ce pas regrettable ? - des apôtres eux-mêmes ! C'est-à-dire, de ceux qui devraient au contraire, accueillir ces têtes blondes, même bruyantes et remuantes ! Ces enfants, ne sont-ils pas les adultes de demain ? N'ont-ils pas droit eux aussi à s'approcher de Jésus, même quand ils dérangent l'ordre établi ? Heureusement, Jésus leur ouvre Son cœur et les accueille, Il enjoint même aux apôtres, de les laisser s'approcher ,les apôtres n'oublieront pas je pense cette remarque du Seigneur ! D'ailleurs, l’Église n'a-t-elle pas perpétué cette tradition d'accueil : par le baptême le plus tôt possible, par la première communion dès que l'enfant peut comprendre la grandeur de cette démarche ? Notons ici la remarque presque cinglante de Jésus :


    Des gens présentaient à Jésus des enfants
pour qu’il pose la main sur eux ;
mais les disciples les écartèrent vivement.
    
Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit :
« Laissez les enfants venir à moi,
ne les empêchez pas,

car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.

Le Royaume appartient à ceux qui cultivent en eux les valeurs de l'enfance : confiance, abandon, joie, simplicité, spontanéité, curiosité,(c'est ainsi que l'enfant découvre et apprend) imagination ...

 Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu
à la manière d’un enfant
n’y entre ra pas. »

    Il les embrassait
et les bénissait en leur imposant les mains.

Aïe ! Jésus nous les propose même comme modèle , si nous n'accueillons pas le Royaume avec la simplicité, la confiance d'un enfant, eh bien ? Vous avez bien entendu, vous avez sans nul doute compris NOUS N' EN-TRE-RONS PAS DANS LE ROYAUME ! « Celui qui peut comprendre, qu'il comprenne ! » (Matthieu 19) Demandons à Marie, avec le P. Léonce de GRANDMAISON, de nous donner ce cœur d'enfant pour bien entendre et comprendre le message évangélique :


Sainte Marie, Mère de Dieu,
garde-moi un cœur d’enfant,
pur et transparent comme une source ;
obtiens-moi un cœur simple,
qui ne savoure pas les tristesses ;
un cœur magnifique à se donner,
tendre à la compassion,
un cœur fidèle et généreux
qui n’oublie aucun bienfait
et ne tienne rancune d’aucun mal.
Fais-moi un cœur doux et humble,
aimant sans demander de retour,
joyeux de s’effacer dans un autre cœur
devant ton divin Fils ;
un cœur grand et indomptable,
qu’aucune ingratitude ne ferme,
qu’aucune indifférence ne lasse ;
un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ,
blessé de son amour
et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel.

L'Ermite

jeudi 27 septembre 2018

DIEU SEUL EST LE BIEN !

 XXVI e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B
(Mc 9, 38-43.45.47-48)



 Jean, l’un des Douze, disait à Jésus :
« Maître, nous avons vu quelqu’un
expulser les démons en ton nom ;
nous l’en avons empêché,
car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »


« Mais enfin quelle audace ! Quelle outrecuidance ! Est-ce possible ? Voir cela aujourd'hui me confond, je n'ai pas de mots pour exprimer ma colère, mon indignation ! C'est inimaginable ! J'ai du mal à mettre des mots sur ce que j'ai vu et entendu ! 
 
- Mais qu'as-tu vu ? Qu'as-tu entendu ? Que se passe -t-il ?
(La gazette du quartier fait son travail de sape et voilà tout un attroupement pour écouter ce qui génère un tel courroux !)

-Figurez-vous la « petite unetelle », le « petit untel », de la famille qui vient d'arriver d'on ne sait pas où, elle, rentre à l'université, lui, au Lycée Louis Le Grand …
Et vous avez vu la dame qui animait la liturgie dimanche dernier, elle vient d'arriver et déjà elle se montre ! Etc... etc ...

Nous sommes souvent Jean l’Évangéliste , qui récrimine et veut empêcher le bien parce qu'il naît dans le cœur de quelqu'un qui « ne nous revient pas » ou « que nous ne connaissons pas » ou qui « ne pense pas comme nous » ou « qui vient d'ailleurs » comme si « le bien » est la propriété de quelques uns ! Le « Bien » c'est Dieu Lui-même,Tu es le
bien, Tu es tout bien, Tu es le souverain bien, Seigneur Dieu vivant et vrai. Tu es amour et charité, Tu es sagesse, Tu es humilité, Tu es patience, Tu es beauté, Tu es douceur, Tu es sécurité, Tu es repos, écrit St François d'Assise et Dieu se donne à tous et s'exprime par qui l'écoute. Dieu , n'a pas de religion, pas de race, pas de classe, Dieu se livre , et comme répond Jésus :

« Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ; celui qui n’est pas contre nous est pour nous. 

Jésus nous demande de ne pas dresser des barrières, car, celui qui fait le bien est habité par l'Auteur du Bien qui est Dieu ! Certes, tous ne le savent pas, ne Le reconnaissent pas, c'est à nous qui avons ce bonheur de L'avoir rencontré de nous faire accueillants pour leur permettre de Le nommer à leur tour, d'en faire cette expérience unique qui bouleverse une vie .

Moïse, confronté à cette même difficulté fait une très belle réponse à Josué :   « Serais-tu jaloux pour moi ?Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple, un peuple de prophètes ! Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux ! » 
 
Le Pape François, dans son Exhortation apostolique La joie et l'allégresse , parle de la même façon
9. La sainteté est le visage le plus beau de l’Église. Mais même en dehors de l’Église catholique et dans des milieux très différents, l’Esprit suscite « des signes de sa présence, qui aident les disciples mêmes du Christ ». D’autre part, saint Jean-Paul II nous a rappelé que « le témoignage rendu au Christ jusqu’au sang est devenu un
patrimoine commun aux catholiques, aux orthodoxes, aux anglicans et aux protestants ». Lors de la belle commémoration œcuménique qu’il a voulu célébrer au Colisée à l’occasion du Jubilé de l’an 2000, il a affirmé que les martyrs sont un « héritage qui nous parle d’une voix plus forte que celle des fauteurs de division »

Quant à Jésus, Il enfonce le clou et entraîne Ses disciples encore plus loin :

Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ,amen, je vous le dis,il ne restera pas sans récompense. 
  
Jésus élargit l'espace, comme le suggérait déjà Isaîe : « Élargis l’espace de ta tente ; qu’on déploie les toiles de tes demeures ; ne les ménage pas ! Allonge tes cordages» Ésaïe 54.2  L'entre soi n'est pas une réponse à l'Amour de Dieu, Lui, en Jésus vient pour tous et s'offre à tous , pour Lui, rien n'est petit. Quoi de plus simple qu'un verre d'eau ? Et pourtant Jésus lui apporte toute sa considération , de même qu'Il n'hésite pas à s'identifier aux plus petits, abandonnés, rejetés :“Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez
fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” Mat 25 Oui,Jésus nous demande d'avoir et d'entretenir l'ouverture , de reconnaître la Présence Trinitaire même dans ceux qui apparemment n'adhèrent pas à Sa doctrine, Il devient même sévère, voire intransigeant :

Celui qui est un scandale, une occasion de chute,pour un seul de ces petits qui croient en moi,mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer. Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas. Si ton pied est pour toi une occasion de chute,coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds. Si ton œil est pour toi une occasion de chute,arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux,là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. »
Certes, Jésus ne nous demande pas de nous mutiler mais Il veut montrer à ceux qui ont l'immense bonheur, cette grâce unique de L'avoir rencontré, qu'il ne peut y avoir de demi mesure. On appartient au Christ ou on ne lui appartient pas. Nous ne pouvons pas choisir un verset ici, un autre là-bas , c'est tout l’Évangile qui doit façonner notre vie et cela commence dans la communauté familiale, puis ecclésiale et enfin mondiale ! Tout homme, toute femme est mon frère, ma sœur, chacun est fils de Dieu, même celui qui oublie ou ne connaît pas cette dignité de fils ! C'est à moi, à chacun de nous de lui révéler qui est Dieu et à quel point il est aimé par ce Dieu.
Il ne s'agit pas de mener des actions d'éclat, de le crier sur les toits, mais simplement, au détour du chemin, offrir son sourire, donner un verre d'eau, tendre une main secourable... Accueillir toutes les occasions que nous donne la vie pour permettre à Jésus de naître dans les cœurs !
Pour Jésus il ne s'agit pas de savoir qui est le plus grand, le plus fort « Ils en arrivèrent à se quereller : lequel d'entre eux, à leur avis, était le plus grand ? (Luc 22)
ni qui siégera à Sa droite" Ordonnez que mes deux fils, que voici, siègent l'un à votre droite, l'autre à votre gauche, dans votre royaume. " Jésus répondit: " Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire le calice que, moi, je dois boire? — Nous le pouvons, " lui dirent-ils. Il leur dit: " Vous boirez, en effet, mon calice; quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder; c'est pour ceux pour qui mon Père l'a préparé. (Matthieu 20)
ou qui arrivera le premier « Bien des premiers seront les derniers et bien des derniers seront les premiers. » Mt 19,30
ou encore qui fait partie ou non de ses proches « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique » Lc 8, 20
Jésus s'offre pour que TOUS les hommes aient la Vie et qu'ils L'aient en abondance, voilà ce qui est important ! Peu importe le parcours, les méandres, Jésus aime et nous révèle peu à peu comment aimer  parce qu'Il est AMOUR et seulement cela. A nous de tendre de tout notre être vers ce but comme l'écrit magnifiquement St Paul dans la lettre aux Philippiens : « Ce n'est pas que j'aie déjà saisi le prix, ou que j'aie déjà atteint la perfection; mais je poursuis ma course pour tâcher de le saisir, puisque j'ai été saisi moi-même par le Christ. Pour moi, frères, je ne pense pas l'avoir saisi, mais je ne fais qu'une
chose: oubliant ce qui est derrière moi, et me portant de tout moi-même vers ce qui est en avant, je cours droit au but, pour remporter le prix auquel Dieu m'a appelé d'en haut en Jésus-Christ.
Que ce soient là nos sentiments, à nous tous qui sommes arrivés à l'âge d'homme; et si, sur quelque point, vous avez des pensées différentes, Dieu vous éclairera aussi là-dessus. Seulement, du point où nous sommes arrivés, marchons comme nous l'avons déjà fait jusqu'ici. ( Ph 3)

Dieu en Jésus, ne ferme JAMAIS la porte à qui que ce soit, Son cœur est toujours ouvert à quiconque et nous oserions mettre des limites ?

Tu es le seul Saint, Seigneur Dieu,
Toi qui fais des merveilles !

Tu es fort,
Tu es grand,
Tu es le Très-Haut,
Tu es le Tout-Puissant,
Toi, Père Saint,
Roi du ciel et de la terre.
Tu es trois
et tu es un en même temps,
Seigneur Dieu, bien total,
Tu es le seul bien,
Tu es tout bien,
Tu es le souverain bien,
Seigneur Dieu vivant et vrai.
Tu es amour et charité,
Tu es sagesse, Tu es humilité,
Tu es patience, Tu es beauté,
Tu es douceur, Tu es sécurité,
Tu es repos,
Tu es le seul Saint, Seigneur Dieu,
Toi qui fais des merveilles !
Tu es fort, tu es grand,
Tu es le Très-Haut, Tu es le roi tout-puissant,
Toi, Père saint, roi du ciel et de la terre.
Tu es trois et un, Seigneur Dieu,
Tu es le bien, Tu es tout bien,
Tu es le souverain bien,
Seigneur Dieu vivant et vrai.

Tu es amour et charité, Tu es sagesse,
Tu es humilité, Tu es patience,
Tu es beauté, Tu es douceur,
Tu es sécurité, Tu es repos,
Tu es joie, Tu es notre espérance et notre joie,
Tu es justice, Tu es mesure,
Tu es toute notre richesse et surabondance. 
 
Tu es beauté, Tu es douceur,
Tu es notre abri,
notre gardien et notre défenseur,
Tu es la force, Tu es la fraîcheur.
Tu es notre espérance,
Tu es notre foi,
Tu es notre amour,
Tu es notre grande douceur
Tu es notre vie éternelle,
grand et admirable, Seigneur,
Dieu tout puissant, ô bon Sauveur

*
Que le Seigneur te bénisse et te garde,
Que le Seigneur te découvre sa Face et te prenne en pitié !
Qu’il tourne vers toi son Visage et te donne la paix !


L'Ermite

jeudi 20 septembre 2018

PLUS PETIT QUE


XXVe DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B


(Mc 9, 30-37)


 Jésus traversait la Galilée avec ses disciples,
et il ne voulait pas qu’on le sache,
    car il enseignait ses disciples en leur disant :
« Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ;
ils le tueront
et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
    Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles
et ils avaient peur de l’interroger.


Entre Césarée de Philippe et cette marche en Galilée il y a eu la Transfiguration, ce moment extrêmement fort dans la vie de trois des Apôtres, dont le but était de les fortifier dans leur foi .
La conversation concernant le retour d' Élie où Jésus affirme qu'il est déjà venu et qu'il a été traité selon ce qui était écrit de lui.
La guérison d'une personne muette malmenée aussi par des convulsions.
Et enfin, cette seconde annonce de la Passions.
Jésus se faisait discret afin de pouvoir donner du temps à Ses apôtres pour les former.Jésus tient-là des propos difficiles à entendre et à comprendre nous dit l'évangéliste. Les apôtres sont un peu dépassés ils ont peur de poser des questions. Pourquoi cette peur ? Nous les avons vus en confiance dimanche dernier, Pierre a même morigéné Jésus en écoutant la première annonce de la Passion. Pourquoi ont-ils peur, de quoi ont-ils peur ? D'une vérité qui les dépasse ?
Ne nous est-il jamais arrivé de préférer taire nos questions par peur d'une vérité susceptible de nous entraîner plus loin ? La vérité, libératrice pourtant, peut faire peur nous risquons de préférer parfois le clair-obscur à la l'éblouissement de la lumière ! Nous pressentons cette vérité, mais nous avons peur de notre fragilité et choisissons de ne pas savoir ! Ne sommes-nous pas là, devant les subtilités de nos consciences ? J'aimerais savoir, j'aimerais comprendre, mais j'ai peur d'avoir mal alors je me recroqueville dans l'ignorance, pourtant Jésus Lui-même nous dit : «  "Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples; Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres." (Jean 8, 31)
Ici, pour cacher leur embarras, les disciples préfèrent faire diversion et parler de leurs ambitions , c'est leur préoccupation du moment, cela montre que l'enseignement du Seigneur n'est pas entendu et encore moins reçu !

    Ils arrivèrent à Capharnaüm,
et, une fois à la maison, Jésus leur demanda :
« De quoi discutiez-vous en chemin ? »
    Ils se taisaient,
car, en chemin, ils avaient discuté entre eux
pour savoir qui était le plus grand

Les apôtres ne répondent pas à la question du Maître, dans leur for interne ils savent bien que leur conversation est puérile, ils ont un peu honte , non pas en raison du propos de
Jésus, mais en raison du leur ! Ils savent que cette conversation révèle leurs rivalités, leur propension à choisir ce qui leur convient, ils ne sont pas pour le moment de vrais frères, de vrais serviteurs, il faudra du temps pour rentrer dans l'esprit de la Bonne Nouvelle (Évangile) celle que décrira Saint Jacques plus tard et que l’Église nous propose en deuxième lecture :la jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d’actions malfaisantes.Au contraire, la sagesse qui vient d’en haut est d’abord pure, puis pacifique, bienveillante, conciliante,pleine de miséricorde et féconde en bons fruits, sans parti pris, sans hypocrisie.
C’est dans la paix qu’est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de la paix. D’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous ?
N’est-ce pas justement de tous ces désirs qui mènent leur combat en vous-mêmes ?
Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien,alors vous tuez ;vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins,alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre.

Il en faudra du chemin pour comprendre cela, Jacques n'est-il pas celui qui, avec Jean s'approchera de Jésus pour lui demander : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. » Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? »Mc 10, 37
Nous connaissons la réponse de Jésus, nous n'ignorons pas la réaction des autres apôtres qui manifeste l'immaturité humaine et spirituelle des fils de Zébédée et des dix autres. Jésus ne s'étonne pas, Il sait qu'il faudra du temps pour les former, n'est-ce pas ce qu'il dira bien plus tard aux disciples d'Emmaüs, et les apôtres sont de la même pâte, et nous sommes de cette pâte-là : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Luc 24 Il faudra la venue de l'Esprit Saint avec Ses sept dons et leurs fruits, pour éclairer, fortifier, comprendre, ...
Pour le moment l'heure est à la formation . Que fait Jésus ? La morale ? Non ! Jésus s’étant assis, appela les Douze et leur dit :« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit :« Quiconque accueille en mon nom un enfant comme
celui-ci,c’est moi qu’il accueille.Et celui qui m’accueille ce n’est pas moi qu’il accueille,mais Celui qui m’a envoyé. »
Jésus ne s'adresse pas seulement aux fils du tonnerre, Jacques et Jean, non ! Jésus appelle les douze, ils sont tous concernés, les uns en raison de leur ambition, les autres, de leurs murmures qui s'originent dans leurs jalousies, et leurs rivalités !« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Jésus n'a-t-il pas dit à propos de Jean Baptiste : « Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui.Mat 11,11
Nous avons déjà eu l'occasion de le dire, il n'y a pas plus petit que Jésus Lui-même, et, cependant, Il est ce plus grand, capable de s'agenouiller aux pieds de ses disciples pour les leur laver !Il faut être très grand pour se faire petit , c'est tout le paradoxe de l'esprit de l’Évangile. l'instrument de mesure de Jésus, c'est l'amour à l'état pur. C'est ce qu'Il veut nous signifier quand Il place un enfant au milieu du groupe et donne sa version à Lui de la grandeur :« Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »Jésus est dans le « plus petit » le plus dépendant, le plus simple, et nous pourrions continuer longtemps. C'est en optant pour la petitesse, la faiblesse, la fragilité que nous nous rapprochons de Jésus. Thérèse de l'Enfant Jésus l'a parfaitement compris, elle qui a choisi le « petite voie » de l'amour ! Il faut être très grand, très fort pour aimer comme Ste Thérèse a aimé, il ne faut pas craindre de se baisser pour ramasser par terre une aiguille négligée, si on le fait par amour conne la soi-disant « petite Thérèse » si grande au regard du Père, le faisait! Et en agissant ainsi nous ouvrons toutes grandes les portes de nos cœurs à Jésus Lui-même. C'est la conclusion de cette péricope, c'est ce qui est développé dans le chapitre 25 de Saint Matthieu" En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. (Matthieu 25)
Jésus ne s'identifie pas au plus malin, au plus intelligent, au plus riche, au plus puissant, Jésus s'identifie au plus petit, au plus démuni,Jésus est petit par essence, et c'est ce qu'Il attend de CHACUN DE NOUS, ce qu'Il attend de Ses apôtres, c'est cela qu'Il veut leur faire comprendre pour qu'ils le transmettent à l’Église tout entière. N'est-ce pas dans ce

sens que les papes se définissent comme « SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU .
  Écoutons ce que répondait le Pape François à des journalistes ; « Rencontre avec la presse sur le vol Philadelphie-Rome. (dernier)
septembre 28, 2015
Le pape François a répondu à une question concernant sa grande popularité et ceux qui le définissent comme une « star » : « Tu sais quel était le titre qu’utilisaient les papes et qu’il faut utiliser ? Serviteur des serviteurs de Dieu. C’est un peu différent de la « star ». Les étoiles sont belles à regarder, j’aime bien regarder le ciel serein en été… Mais le pape doit être – doit être ! – le serviteur des serviteurs de Dieu. Oui, dans les médias, on dit cela, mais il y a une autre vérité : combien de « stars » avons-nous vues, qui se sont ensuite éteintes et qui sont tombées… C’est quelque chose de passager. En revanche, être « serviteur des serviteurs de Dieu », cela, c’est beau ! Cela ne passe pas ! »
Traduction de Zenit, Constance Roques




R. Nous sommes tout petits, tout petits devant toi Seigneur
Nous sommes tout petits devant Toi.


1.Devant les bois et les vallons,
les hauts sommets de tous les monts  
Devant le soleil, le ciel bleu,
Toi seul est grand mon Dieu.

2.Toutes les fleurs à travers les prés,
le bouton d’or, l’épi de blé  
Tout est reflet de ta clarté,
tu nous as tant aimés.
3.Devant le tout petit enfant
qui s’endort près de sa maman  
Et qui sourit en s’éveillant :
Jésus tu es présent. 

 
L'Ermite