vendredi 14 septembre 2018

TU ES LE CHRIST !

XXIVe DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B
(Mc 8, 27-35)


    Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples,
vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. 


Située à 40km au nord de la Mer de Galilée et sur la base du Mt. Hermon, Césarée de Philippe est l’emplacement de l’une des plus grandes sources nourrissant le Jourdain.
Cette source abondante d’eau a fait des environs un endroit très fertile et attirant pour des
centres religieux. De nombreux temples furent élevés dans cette ville au travers des règnes grecs et romains.

Histoire Biblique
Apparemment connu sous le nom de Baal Hermon et Baal Gad dans l’Ancien Testament, ce site fut plus tard nommé Panias d’après le dieu grec Pan, adoré à cet endroit.
Aucun écrit n’indique que Jésus entra à l’intérieur, cependant c’est dans les environs de la ville qu’ont lieu la reconnaissance de Pierre envers Jésus en tant que Messie et la transfiguration (Matt 16:13), connue alors sous le nom de Césarée de Philippe.

La semaine dernière, Jésus permet à un sourd de retrouver ou trouver l'ouïe et de s'exprimer en lui ordonnant de s'ouvrir « effata » à la confiance, à la foi en Celui qui vient sauver l'humanité de ses enfermements !
Entre cet épisode et celui de ce dimanche, nous avons : une multiplication des pains, une conversation, plutôt animée, avec des Pharisiens qui veulent mettre Jésus à l'épreuve, ce qui conduit le Seigneur à recommander à ses disciples, d'être prudents au regard du levain des Pharisiens, puis la guérison de l'aveugle de Bethsaïde , présenté, comme le sourd, par des gens, pour solliciter sa guérison. 
 
Les apôtres sont mêlés à ces différentes situations, il n'est pas surprenant d'entendre Jésus les interroger :Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? » 
Jésus n'est pas sans connaître l'opinion des gens à Son sujet, Jésus sait parfaitement les polémiques véhiculées ici et là, ne connaît-Il pas le fond des cœurs ? Aujourd'hui comme hier, Jésus sait ce qu'il y a dans l'homme, Il sait que pour les uns Il apparaît comme un révolutionnaire, pour d'autres comme un doux rêveur, que certains le voient comme un
libérateur, mais un libérateur écrasant, qui vient changer l'ordre des choses, écraser l'ennemi... Quand Jésus pose cette question Il veut davantage conduire Ses apôtres à engager une Parole d'hommes mûrs qui pèsent leurs mots et ne disent pas n'importe quoi et encore moins ce qui les arrange eux ! Ceci n'empêche pas les apôtres de « tourner autour du pot » Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ;  pour d’autres, un des prophètes. »  
 
Dire une Parole personnelle, une Parole qui vient du fond de l'être, de sa propre conviction, c'est se démarquer, c'est prendre un risque, c'est plonger en eau profonde, c'est se lier en vérité, et les apôtres ont encore quelques réticences à se positionner. Quand ce sera dit il sera difficile de faire marche arrière, sauf trahison, ils préfèrent donc rester à la périphérie du « parler vrai » 

 
Sans stigmatiser qui que ce soit, ne reconnaissons-nous pas là certains de nos comportements ? La peur de l'engagement ne nous fait-elle pas passer bien souvent à côté de la vérité de notre être profond ? Jésus, alors, va se faire plus direct, par petites touches discrètes mais fermes Il en vient à leur demander de quitter leur « armure » pour se « dévoiler » et dire enfin ce qu'ils ont « dans les tripes » ce qui fait que, tant bien que mal, ils tentent de mettre leurs pas malhabiles dans les siens. Ils ne peuvent pas en rester à de l'approximation, à un « peut-être bien que oui, peut-être bien que non » Sont-ils là avec Lui, Jésus, pour les bienfaits qu'Il leur apporte ou, selon l'expression bien connue ; « pour le meilleur et pour le pire » ?

Et lui les interrogeait :
«
Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

Jésus n'a que faire de généralités, hier et aujourd'hui, Jésus veut des gens qui se déclarent franchement : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » C'est
l'heure de vérité, l'heure de choisir son camp ! L'heure de se déterminer ! « Je sais que tu n'es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. »Ap 3

Pierre, par grâce, est bouillant ; avec la fougue que nous lui connaissons, comme il le fera pour rejoindre le Maître qui marche sur les eaux, comme il le fera quand aidé par l'Aigle Saint Jean, Pierre, celui qui est établi comme chef par Jésus Lui-même, « plonge » sans réfléchir davantage, et dans un extraordinaire acte de foi dont il ne pressent même pas la portée à cette heure, Pierre à la fois pusillanime et fougueux déclare sa foi, celle inscrite dans son être dès la première rencontre , celle qui l'a rendu capable de quitter son père en plein travail, pour suivre cet inconnu :


« Tu es le Christ. »

C'est dit ! Finies les tergiversations, on ne se cache plus, c'est l'heure de vérité qui engage la vie, toute la vie, jusque dans l'éternité !

" Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant. (Mat 16)
" Le Christ de Dieu. " (Luc 9) » 
Rapportent Matthieu et Luc, car nous retrouvons cette Profession de Foi de Pierre dans les évangiles synoptiques. Quand Pierre proclame cela, il fait en effet une véritable Profession de foi, il reconnaît en Jésus, le Messie de Dieu, Christ signifie Messie , c'est à dire « celui qui a reçu l'onction », celui qui est choisi et envoyé , Celui qu'ont annoncé les Prophètes, mais Pierre ne mesure sans doute pas l'ampleur de sa déclaration. Jésus ne sera-t-Il pas conduit à le réprimander un peu plus tard ? Mais Jésus, se retournant et regardant ses disciples, réprimanda Pierre, et dit: Arrière de moi, Satan! car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n'as que des pensées humaines » 
 
Pierre, même éclairé de l'intérieur comme le dit ailleurs Jésus, " Tu es heureux, Simon Bar-Jona, car ce n'est pas la chair et le sang qui te l'ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux. (Matthieu 16) Pierre dirions-nous ne perçoit que l'extérieur, l'apparat de ce choix, il voit Jésus comme Sauveur certes, mais un sauveur à la manière humaine, il est encore bien loin du messie annoncé par Isaïe dans la première lecture, incapable à ce stade de rapprocher Jésus de ce Serviteur souffrant :

Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille,
et moi, je ne me suis pas révolté,
je ne me suis pas dérobé.
    J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient,
et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe.
Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.
    Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ;
c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,
c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre :
je sais que je ne serai pas confondu.
    Il est proche, Celui qui me justifie.
Quelqu’un veut-il plaider contre moi ?
Comparaissons ensemble !
Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ?
Qu’il s’avance vers moi !
    Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ;
qui donc me condamnera ?

Nous courrons le même risque, pour nous-même ou pour nos proches, nous sommes aveuglés par les titres, la position sociale mais nous oublions que responsabilité va de pair avec charge, voire fardeau, et tout ce que cela comporte d'incompréhensions, de difficultés de tous genres, Jésus ne les laisse pas dans l'illusion Il enchaîne immédiatement


    Alors, il leur défendit vivement
de parler de lui à personne.

Pourquoi Jésus fait - Il semblable recommandation ? Parce que les esprits sont loin, très loin d'être prêts – le seront-ils jamais ? - à reconnaître dans la crucifié, ce Messie attendu depuis des millénaires ! C'est ce qui est appelé le secret messianique; L'humanité attend un Sauveur, un Messie qui libérera le Peuple par la force non un Messie « doux et humble de cœur » : un Messie qui viendra avec des chars et des armées puissantes pour bouter l'occupant en hors du Pays, non un Messie « juché sur un ânon, le petit d'une ânesse » . Pour éloigner toute équivoque Jésus précise :


    Il commença à leur enseigner
qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup,
qu’il soit rejeté par les anciens,
les grands prêtres et les scribes,
qu’il soit tué,
et que, trois jours après, il ressuscite. 

Pour ceux qui attendent un Messie triomphant les propos de Jésus sont insupportables ! Comment « le choisi », « l'oint » « le béni » celui qui est attendu par tout le Peuple, comment ce Messie pourrait-il être tué ? C'est un non sens, une méconnaissance de l'Histoire et de l'Espérance de l'humanité qui attend un roi Glorieux, Puissant ! Pourtant, Jésus sait de quoi Il parle, Il connaît les Écritures, Il sait le sens de Sa venue, de Son Incarnation, de Ses années cachées à Nazareth, des controverses que cette situation éveille «  de Nazareth que peut-il sortir de bon ? » de ses prises de positions pendant le Sabbat « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat, de sorte que le Fils de l'homme est maître même du sabbat. « Marc 2 et Jésus disait cette parole ouvertement, c'est qu'Il espère être entendu, compris du moins, par les plus proches, ceux qui le voient vivre au quotidien. 
 
De tels propos, deviennent insupportables pour Pierre qui le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella
vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » 
 C'est dire la qualité de leurs relations ! La confiance réciproque et Jésus le prouve à son tour en traitant Pierre de « Satan » c'est à dire, ici, d'obstacle , Jésus lui reproche de dresser une barrière sur Sa route, non pas celle qu'espèrent les gens, mais celle choisie par la Trinité tout entière, pour faire comprendre à l'humanité à quel point elle est aimée ! « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. » (Jean 15)  

Et Jésus le manifeste en Saint Matthieu, quand immédiatement après sa Profession de Foi Il déclare à Pierre :« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » (Matthieu 16)

Mais Pierre, comme ses frères, ont encore bien du chemin à parcourir pour percevoir ce que signifie être le « oint du Père » « Le Fils unique », « Le bien - aimé en qui le Père a mis toutes Ses complaisances » il lui faudra se laisser « retourner » par le Maître, se « laisser laver les pieds ...et la tête » comme il le précisera lui-même, apprendre, comme Jésus le lui montre, à être « serviteur » Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » (Marc 9)


Ainsi, le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. (Matthieu 20)

car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » (Marc 10)

Si Lui, le Fils est venu pour servir ceux qui sont appelés à Le suivre ne peuvent pas désirer autre chose. D'ailleurs Jésus l'illustre immédiatement, Il tient à être compris, Jésus parle clairement. A chacun de ceux qui sont séduits par Sa manière de vivre, hier comme aujourd'hui , Jésus présente le même projet :   Appelant la foule avec ses disciples, il leur
 dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.     Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. » Et Jésus ne s'adresse pas seulement à Ses proches, à ceux qu'Il appelle pour le service de l’Évangile mais A LA FOULE, à la multitude

J’aime le Seigneur :
il entend le cri de ma prière ;
il incline vers moi son oreille :
toute ma vie, je l’invoquerai.


J’étais pris dans les filets de la mort,
     retenu dans les liens de l’abîme,
j’éprouvais la tristesse et l’angoisse ;
j’ai invoqué le nom du Seigneur :
« Seigneur, je t’en prie, délivre-moi ! »


Le Seigneur est justice et pitié,
notre Dieu est tendresse.
Le Seigneur défend les petits :
j’étais faible, il m’a sauvé.


Il a sauvé mon âme de la mort,
gardé mes yeux des larmes
      et mes pieds du faux pas.
Je marcherai en présence du Seigneur
sur la terre des vivants.


L'Ermite

vendredi 7 septembre 2018

OUVRE-TOI

XXIIIe DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B
(Mc 7, 31-37)
 
« Soyez forts, ne craignez pas.
Voici votre Dieu :
c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu.
Il vient lui-même et va vous sauver. »
    Alors se dessilleront les yeux des aveugles,
et s’ouvriront les oreilles des sourds.
    Alors le boiteux bondira comme un cerf,
et la bouche du muet criera de joie ;
car l’eau jaillira dans le désert,
des torrents dans le pays aride.
    La terre brûlante se changera en lac,
la région de la soif, en eaux jaillissantes.
(Is 35, 4-7a)
Le premier verset de cette péricope peut nous surprendre et c'est normal si nous le recevons littéralement avec notre mentalité contemporaine. Pour nous, en effet , se venger c'est rendre coup pour coup et même un peu plus, s'il le faut, pour dominer la situation.
Chez Dieu, c'est tout le contraire, se venger, c'est rendre le bien pour le mal, d'ailleurs, le verset suivant nous éclaire amplement, quand Dieu se venge, Il sauve ! Il vient lui-même et va vous sauver. » Dieu vient en Jésus Christ pour nous tirer du bourbier dans lequel notre péché nous fourvoie. L’Évangile que nous propose l’Église aujourd'hui n'est-il pas la réalisation de cette merveilleuse promesse ?
Alors se dessilleront les yeux des aveugles,
et s’ouvriront les oreilles des sourds.
    Alors le boiteux bondira comme un cerf,
et la bouche du muet criera de joie ;
car l’eau jaillira dans le désert,
des torrents dans le pays aride.
    La terre brûlante se changera en lac,
la région de la soif, en eaux jaillissantes.
Jésus vient, Il met debout le paralysé, rend l'ouïe aux sourds, la vue aux aveugles, la parole au muet, une chair saine aux lépreux, Il va même jusqu'à ressusciter des morts, Jésus vient en effet pour que nous ayons la Vie et la vie en abondance écrit St Jean.
Dimanche dernier Jésus se heurtait au légalisme des Pharisiens, dont nous faisons partie bien souvent . En effet, que celle, que celui qui n'a jamais jugé sur l'apparence jette la première pierre !
Cela me rappelle une anecdote familiale : Maman, rentrant d'une messe raconte à Papa ( j'avais souvent une oreille qui traînait auprès des adultes) le comportement, pour le moins indiscret, d'une personne rencontrée, j'entendis , et ce n'était pas la première fois, Papa, lui répondre tout en douceur : « n'as-tu pas lu dans l’Évangile ce que dit Jésus : « ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ? » Dans ces cas là, je m'éclipsais, mais pas sans avoir mis la parole entendue en mémoire, pour ne pas l'oublier !
Après cette controverse, Jésus se rend en terre païenne
 Jésus quitta le territoire de Tyr ;
passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée
et alla en plein territoire de la Décapole. 
La décapole, c'était une confédération de dix villes grecques, situées à l'Est du Jourdain. Pompée les avait soustraites à l'administration d'Hérode et rattachées à la Province romaine de Syrie. Il s'agissait de villes de culture grecque et non juive. Marc ne précise pas la ville où se déroule l’événement de ce jour, l'important n'est pas dans le lieu mais dans l'acte concret de guérison qui va suivre.
Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler,
et supplient Jésus de poser la main sur lui. 
« Des gens » le texte ne dit rien sur leur identité, on peut penser malgré tout qu'il s'agit de sympathisants puisqu'ils savent que Jésus peut intervenir en leur faveur et qu'Il pose des gestes capables de guérir ! Ces « gens » supplient Jésus cela pourrait signifier que Jésus
n’obtempère pas à la première intervention. Non pas que Jésus se fasse prier mais sans doute veut-il percer leur intention ! N'a-t-il pas déjà été confronté à des Pharisiens pleins de malice qui ne cherchent qu'à le mettre en porte à faux pour le faire arrêter comme bien des prophètes? Avant d'agir Jésus sonde « les reins et les cœurs », d'une part Il veut savoir à qui Il a affaire, et, d'autre part, Il veut sans doute discerner le désir de l'homme qui Lui est présenté.
D'ailleurs :Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, Jésus donne de l'importance à cette personne,Il la respecte, Il veut avoir avec elle, une relation personnelle, peut-être, comme Il le fait souvent, lui demande-t-il son désir à lui . Les gens qui le présentent peuvent vouloir sa guérison pour des raisons plus ou moins louables, cet homme se trouve peut-être bien dans sa situation, Jésus doit savoir parce que Jésus respecte sa liberté comme Il respecte la liberté de chacun : la vôtre, la mienne . On peut penser que Jésus demande à cet infirme comme Il le fait habituellement avant d'intervenir : « Toi, que veux-tu ? » La situation clarifiée, Jésus agit :Il lui mit les doigts dans les oreilles, et, avec sa salive, lui toucha la langue. » Jésus pose là deux gestes de grande intimité . Mettre les doigts dans les oreilles de quelqu'un n'est pas banal, et toucher sa langue avec sa propre salive encore moins ! De ces gestes, se dégage une immense confiance, une remise de soi dans les mains d'un autre, un abandon absolu, de la part de l'intéressé,« comme celui d'un enfant tout contre sa mère » Ps 131,2
Jusque là rien ne change, Jésus, ne l'oublions jamais, ne fait rien de Lui-même, Il ne fait que ce qu'Il voit faire par le Père : « je ne fais rien par moi-même, mais tout ce que je dis, c'est le Père qui me l'a enseigné. Celui qui m'a envoyé est avec moi ; il ne m'a pas laissé seul parce que je fais toujours ce qui lui plaît. » Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui. (Jean 8) Et Jésus le montre encore une fois  « Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! » Jésus est LA PAROLE du Père , quand Il parle, Jésus dit ce que Lui souffle l'Esprit de Dieu c'est donc la Trinité tout entière qui dit à cet homme : « ouvre-toi ». Dieu Père, et Fils et Esprit Saint, sont présents pour que cet homme s'ouvre à la Vie et la reçoive , il n'est pas étonnant que :
 Ses oreilles s’ouvrirent ; sa langue se délia, et il parlait correctement.
Cet homme, dont nous ignorons l'identité, peut trouver sa place désormais dans sa communauté, il entend ce qui se dit autour de lui, il peut chercher à comprendre, poser des questions, répondre à ceux qui lui demandent des comptes, il peut surtout rendre grâce : j'étais sans parole, je ne pouvais pas communiquer ou je le faisais avec difficultés, j'essuyais les railleries, maintenant , grâce à Jésus, à Son intervention dans ma vie, à Sa Présence agissante je prends ma place et je peux exprimer à haute et intelligible voix ma reconnaissance, dire merci !
De Son côté, Jésus n'agit pas pour « la galerie », pour être vu, adulé, porter en triomphe, Jésus, parce qu'Il est Amour, demande la discrétion absolue Alors Jésus leur ordonna de n’en rien dire à personne ;  Est-ce bien réaliste ? Se taire, est-ce possible quand on est bénéficiaire d'une semblable grâce ? L'intéressé, comme ceux qui l'ont accompagné sur ce chemin de la guérison, ne peuvent pas ne pas laisser éclater leur joie, leur action de grâce, leur admiration, leur émerveillement  :mais plus il leur donnait cet ordre, plus ceux-ci le proclamaient. Extrêmement frappés, ils disaient : « Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets. »
Oui Dieu, aujourd'hui encore, par Ses sacrements, délie les enchaînés que nous sommes.
Dieu nous tire de nos enfermements, de nos égoïsmes, de nos replis , Dieu nous ouvre au monde, à tous nos frères ! Aujourd'hui, Dieu me dit, Dieu te dit « ouvre-toi » permets moi d'entrer et de sortir librement de toi pour que le monde de ce temps Me reconnaisse ! Je t'en prie , je t'en SUPPLIE, pour reprendre les termes de ceux qui présentent cet homme à Jésus, n'érige pas des barrières entre les hommes et toi, entre moi et tes frères ! Vous êtes tous frères et fils d'un même Père :
NOTRE PÈRE QUI ES AUX CIEUX
devenus fils par le baptême, plongés dans la mort et la Résurrection du Bien Aimé, vous ne pouvez vouloir qu'une seule et même chose,
QUE MON NOM SOIT SANCTIFIE
n'avoir qu'un seul et même élan pour :
QU'ADVIENNE MON RÈGNE DE PAIX ET D'AMOUR
ET QUE S'ACCOMPLISSE MA VOLONTÉ
comme la Verbe, Ma Parole Incarnée vous en a montré le chemin, et vous en montre chaque jour le chemin! Si vous écoutez Ma voix, si vous recevez Ma Parole alors CHACUN AURA SON PAIN QUOTIDIEN, VOUS VOUS PARDONNEREZ MUTUELLEMENT , ET VOUS SEREZ DÉLIVRÉS DE TOUT MAL : surdité de l'esprit, mutisme de la honte et de la peur, aveuglement de tous genres,fermeture, hypocrisie, tristesse, et tous leurs corollaires et vous chanterez librement avec le psalmiste :
Alléluia. (Ps 145, 2)

Le Seigneur garde à jamais sa fidélité,
il fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes,
le Seigneur protège l’étranger.

Il soutient la veuve et l’orphelin,
il égare les pas du méchant.
D’âge en âge, le Seigneur régnera :
ton Dieu, ô Sion, pour toujours !

L'Ermite

vendredi 31 août 2018

UN COEUR PUR, UN COEUR DE PAUVRE !

XXIIe DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B
(Mc 7, 1-8.14-15.21-23)


En ce temps-là,
    les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem,
se réunissent auprès de Jésus,
    et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas
avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.
    – Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs,
se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger,
par attachement à la tradition des anciens ;
    et au retour du marché,
ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau,
et ils sont attachés encore par tradition
à beaucoup d’autres pratiques :
lavage de coupes, de carafes et de plats.
    Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus :
« Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas
la tradition des anciens ?
Ils prennent leurs repas avec des mains impures. »
    Jésus leur répondit :
« Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites,
ainsi qu’il est écrit :
Ce peuple m’honore des lèvres,
mais son cœur est loin de moi.

    C’est en vain qu’ils me rendent un culte ;
les doctrines qu’ils enseignent
ne sont que des préceptes humains.

    Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu,
pour vous attacher à la tradition des hommes. »
    Appelant de nouveau la foule, il lui disait :
« Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
    Rien de ce qui est extérieur à l’homme
et qui entre en lui
ne peut le rendre impur.
Mais ce qui sort de l’homme,
voilà ce qui rend l’homme impur. »
    Il disait encore à ses disciples, à l’écart de la foule :
« C’est du dedans, du cœur de l’homme,
que sortent les pensées perverses :
inconduites, vols, meurtres,
    adultères, cupidités, méchancetés,
fraude, débauche, envie,
diffamation, orgueil et démesure.
    Tout ce mal vient du dedans,
et rend l’homme impur. »

Demandons au Seigneur, Par l'intercession de la Vierge Marie, de  faire grandir en chacun de nous, ce cœur pur, qui révèle le véritable amour du Christ à nos frères.


 Prière du Père Léonce de Grandmaison « Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un cœur d’enfant » 
 
« Sainte Marie, Mère de Dieu, gardez-moi un cœur d’enfant,
 pur et transparent comme une source. 
Obtenez-moi un cœur simple qui ne savoure pas les tristesses. 
Un cœur magnifique à se donner, tendre à la compassion. 
Un cœur fidèle et généreux, 
qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal. 
Faites-moi un cœur doux et humble,
 aimant sans demander de retour,
 joyeux de s’effacer dans un autre cœur devant votre divin Fils. 
 Un cœur grand et indomptable 
qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse. 
Un cœur tourmenté de la gloire de Jésus Christ,
 blessé de son amour et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel. Amen » 
Père Léonce de Grandmaison 
(1868-1927)
 
 
L'Ermite
 

vendredi 24 août 2018

A QUI IRIONS-NOUS ...

XXIe DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B

(Jn 6, 60-69)


Jésus avait donné un enseignement
dans la synagogue de Capharnaüm.
    Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent :
« Cette parole est rude !
Qui peut l’entendre ? »
    Jésus savait en lui-même
que ses disciples récriminaient à son sujet.
Il leur dit :
« Cela vous scandalise ?
    Et quand vous verrez le Fils de l’homme
monter là où il était auparavant !...
    C’est l’esprit qui fait vivre,
la chair n’est capable de rien.
Les paroles que je vous ai dites sont esprit
et elles sont vie.
    Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. »
Jésus savait en effet depuis le commencement
quels étaient ceux qui ne croyaient pas,
et qui était celui qui le livrerait.
    Il ajouta :
« Voilà pourquoi je vous ai dit
que personne ne peut venir à moi
si cela ne lui est pas donné par le Père. » 
    À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent
et cessèrent de l’accompagner.
    Alors Jésus dit aux Douze :
« Voulez-vous partir, vous aussi ? »
    Simon-Pierre lui répondit : 
« Seigneur, à qui irions-nous ?
Tu as les paroles de la vie éternelle.
    Quant à nous, nous croyons,
et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »

La Prière de Saint François d'Assise « Craignez le Seigneur et rendez-Lui hommage »
« « Tu es le seul saint, Seigneur Dieu, Toi qui fais des merveilles. Tu es fort. Tu es grand. Tu es souverain. Tu es tout-puissant toi, Père saint, roi du ciel et de la terre. Tu es Trinité en même temps qu'unité, Seigneur Dieu. Tu es le bien, tout le bien, le bien suprême, Seigneur Dieu, vivant et vrai. Tu es amour et charité, Tu es sagesse, Tu es humilité, Tu es patience. Tu es sécurité. Tu es le repos. Tu es la gaieté et la joie. Tu es justice et tempérance. Tu es la beauté. Tu es la douceur. Tu es notre abri, notre gardien, notre défenseur. Tu es la force. Tu es la fraîcheur. Tu es notre foi. Tu es notre grande douceur. Tu es notre vie éternelle, grand et admirable Seigneur, Dieu tout-puissant, bon Sauveur plein de miséricorde. Amen. »  »
Saint François d'Assise (1182-1226)


A QUI IRIONS-NOUS , TU AS LES 
PAROLES DE LA VIE ÉTERNELLE ?
l'Ermite

vendredi 17 août 2018

SEIGNEUR DONNE-MOI LA SAGESSE, DONNE-MOI FAIM DE TOI !

XXe DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B
(Jn 6, 51-58)

Lecture du livre des Proverbes
La Sagesse a bâti sa maison,
elle a taillé sept colonnes.
    Elle a tué ses bêtes, et préparé son vin,
puis a dressé la table.
    Elle a envoyé ses servantes, elle appelle
sur les hauteurs de la cité :
« Vous, étourdis, passez par ici ! »
À qui manque de bon sens, elle dit :
    « Venez, mangez de mon pain,
buvez le vin que j’ai préparé.
    Quittez l’étourderie et vous vivrez,
prenez le chemin de l’intelligence. »

« Seigneur Jésus, donne-nous cette Sagesse qui juge de haut, qui prévoit de loin. Donne-nous ton Esprit qui laisse tomber l'insignifiant en faveur de l'essentiel. En face des tâches et des obstacles apprends-nous à ne pas nous troubler, à ne pas nous agiter, mais à chercher dans la foi ta Volonté éternelle. Donne-nous l'activité calme qui sait envelopper d'un seul regard tout l'ensemble de nos tâches. Aide-nous à accepter paisiblement les contradictions, à y chercher ton Regard et à Le suivre. Évite-nous l'émiettement dans le désordre, la confusion du péché. Mais donne-nous de tout aimer en liaison avec Toi. Ô Jésus, ô Père, ô Esprit Saint, Sources de l'être, unissez-nous à Vous et à tout ce qui va dans le sens de l'éternité et de la joie ».

Ainsi soit-il. Père Jacques Loew (1908-1999)


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là,
Jésus disait à la foule :
    « Moi, je suis le pain vivant,
qui est descendu du ciel :
si quelqu’un mange de ce pain,
il vivra éternellement.
Le pain que je donnerai, c’est ma chair,
donnée pour la vie du monde. »
    Les Juifs se querellaient entre eux :
« Comment celui-là
peut-il nous donner sa chair à manger ? »
    Jésus leur dit alors :
« Amen, amen, je vous le dis : 
si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,
et si vous ne buvez pas son sang,
vous n’avez pas la vie en vous.
    Celui qui mange ma chair et boit mon sang
a la vie éternelle ;
et moi, je le ressusciterai au dernier jour. 

    En effet, ma chair est la vraie nourriture,
et mon sang est la vraie boisson.
    Celui qui mange ma chair et boit mon sang
demeure en moi,
et moi, je demeure en lui.
    De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé,
et que moi je vis par le Père,
de même celui qui me mange,
lui aussi vivra par moi.
    Tel est le pain qui est descendu du ciel :
il n’est pas comme celui que les pères ont mangé.
Eux, ils sont morts ;
celui qui mange ce pain vivra éternellement. »


Puisse l'Eucharistie être et demeurer au cœur de notre vie ! Jésus merci de nous donner faim de Toi, que nous ne soyons jamais rassasiés !
L'Ermite

vendredi 3 août 2018

L'OEUVRE DE DIEU !

XVIIIe DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


ANNÉE B
(Jn 6, 24-35)
 
Nous reprendrons nos méditations plus approfondies à la rentrée, en ce mois d'août je soulignerai simplement quelques points d'attention, pour garder « les yeux fixés sur Jésus » et réactiver notre désir d'aller plus profond, s'il en est besoin.



Le soir venu, les disciples descendirent au bord de la mer; Et étant montés dans une barque, ils traversaient la mer dans la direction de Capharnaüm. Il faisait déjà nuit, et Jésus ne les avait pas encore rejoints. Cependant la mer soulevée par un grand vent, était agitée. Quand ils eurent ramé environ vingt-cinq à trente stades, ils virent Jésus marchant sur la mer et s'approchant de la barque, et ils eurent peur. Mais il leur dit: "C'est moi, ne craignez point." Ils voulurent donc le prendre dans la barque, et aussitôt, la barque se trouva au lieu où ils allaient.
Discours dans la synagogue de Capharnaüm
Le jour suivant, la foule qui était restée de l'autre côté de la mer, avait remarqué qu'il n'y avait là qu'une seule barque, et que Jésus n'y était point entré avec ses disciples, mais que ceux-ci étaient partis seuls. D'autres barques, cependant, étaient arrivées de Tibériade près du lieu où le Seigneur, après avoir rendu grâces, leur avait donné à manger. (Jean 6)
Les versets qui précèdent expliquent ce qui s'est passé entre la multiplication des pains et le passage que l’Église offre à notre méditation en ce 18e dimanche !


En ce temps-là,
    quand la foule vit que Jésus n’était pas là,
ni ses disciples, 
les gens montèrent dans les barques 
et se dirigèrent vers Capharnaüm 
à la recherche de Jésus. 


La démarche est bonne, mais Jésus connaît le fond des cœurs, Il sait ce qui vient d'être vécu par les uns et le autres, Jésus ne prend même pas la peine de répondre à leur question, Jésus comprend qu'Il est suivi non pour ce qu'Il est en vérité, mais pour ce qu'Il fait,Il va droit au but :
 L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent :
« Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
    Jésus leur répondit : 
« Amen, amen, je vous le dis :
vous me cherchez,
non parce que vous avez vu des signes,
mais parce que vous avez mangé de ces pains
et que vous avez été rassasiés. 

    
Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd,
mais pour la nourriture qui demeure
jusque dans la vie éternelle, 

celle que vous donnera le Fils de l’homme,
lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. » 


Jésus stigmatise leur intention , Il n'est pas dupe et veut leur faire prendre conscience de la raison profonde de leur démarche. Chercher Jésus est louable et recommandable mais il est important d'avoir conscience des raisons d'une semblable démarche !
Quelles sont les motivations qui m'animent ? Est-ce que je cherche à obtenir Ses grâces et uniquement cela, ou bien je Le cherche gratuitement , parce qu'Il est Jésus, ce Fils Bien-Aimé venu me révéler le Père ? Est-ce que je Le cherche pour Le regarder vivre et tenter de mettre mes pas dans les siens, pour, comme Lui est avec Lui, aimer mes frères d'un amour aussi désintéressé que possible ?
Demandons Lui, les uns pour les autres la grâce de la GRATUITE , de LA PURETÉ D'INTENTION.

    Ils lui dirent alors : 
« Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » 
Reconnaissons toutefois que les cœurs sont ouverts et disponibles. Quand cette foule prend partiellement conscience de son erreur, elle n 'hésite pas à interroger Le Maître sur le sens de Sa réponse .

    Jésus leur répondit : 
« L’œuvre de Dieu,
c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

Il s'agit de RECONNAÎTRE et de CROIRE en Celui, Jésus, que le Père envoie pour manifester Sa tendresse de Père aux hommes ! Travailler à l’œuvre de Dieu, c'est accueillir Celui qui vient Le manifester . En les faisant passer sur l'autre rive du lac Jésus , symboliquement, leur dit qu'ils doivent regarder avec d'autres yeux, entendre avec une autre ouïe, désormais il faut voir et entendre avec le cœur, là où habite l'Esprit de Dieu. Mais ces chercheurs de Dieu se situent encore et toujours sur un plan « bassement » humain :
 
    Ils lui dirent alors : 
« Quel signe vas-tu accomplir
pour que nous puissions le voir, et te croire ?
Quelle œuvre vas-tu faire ? 

    Au désert, nos pères ont mangé la manne ;
comme dit l’Écriture : 
Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » 

Les interlocuteurs de Jésus, « ont des oreilles et n'entendent pas, des yeux et ne voient pas, » c'est aussi souvent notre cas ! Ils ont vu des guérisons, ils ont été nourri à partir de rien, ils ont été témoins de l'abondance du don, cela ne leur suffit pas , Jésus se fait donc plus explicite :

Jésus leur répondit :
« Amen, amen, je vous le dis : 
ce n’est pas Moïse
qui vous a donné le pain venu du ciel ;
c’est mon Père 

qui vous donne le vrai pain venu du ciel.
    Car le pain de Dieu,
c’est celui qui descend du ciel
et qui donne la vie au monde. »

Ils ont toujours et nous pouvons le comprendre, quelques difficultés à percevoir clairement le discours de Jésus ! Passer du pain matériel, fruit du travail des hommes, au pain spirituel et l'associer à la Personne de Jésus, c'est effectuer un plongeon abyssal. Ils ne se situent pas du tout sur le même plan .L'essentiel leur échappe, sans l'illumination qui vient de l'Esprit Saint c'est impossible , impensable ! Ils vont au bout de leur logique , leur logique tout à fait terre à terre :

    Ils lui dirent alors : 
« Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »

Ce « pain-là » ne peut être, pour eux, qu'un pain semblable à celui qu'ils ont consommé de l'autre côté du lac au terme d'un long enseignement, alors qu'ils étaient loin de tout ! Comment pourraient-il imaginer, un seul instant, ce qui va suivre et que Jésus développera tout au long de ce chapitre 6 de St Jean et que nous découvrirons ensemble au cours des prochaines semaines ? Ils sont de bonne volonté mais comment pressentir le Mystère ? Beaucoup, pensent, aujourd'hui, que c'était facile pour ceux qui vivaient avec Jésus, qui L'écoutaient, Le voyaient vivre, étaient témoins de miracles , à mon avis c'est une erreur ! Nous avons plus de deux mille ans de christianisme devant nous, le témoignage des Pères de l’Église, celui des martyrs qui ont versé leur sang en fidélité à Jésus, pour eux c'est la nouveauté absolue, Jésus vient tout bouleverser ! Est-Il sérieux ? Est-Il honnête , ils sont en droit de se poser ces questions ! Faire confiance, oui, mais jusqu'à quel point ! Et Jésus continue sur sa lancée :

    Jésus leur répondit : 
« Moi, je suis le pain de la vie.
Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ;
celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »


Nous verrons prochainement que certains sont totalement décontenancés, totalement retournés , ce n'est pas simple, à moins, je le répète, d'une intervention de l'Esprit Saint, d'une confiance absolue en Celui qui se définit ainsi : « Pain de vie » qui nous fait vivre encore aujourd'hui ! Alors, OUI, il convient de passer sur l'autre rive, celle de la foi, passer du matérialisme au spirituel, c'est un retournement complet qui est attendu et demandé !, un autre regard, une autre écoute, c'est entrer dans l'invisible, dans le domaine de la confiance, de la foi, de la remise totale de soi, de l'abandon ! N'est-ce pas ce qu'ont fait les apôtres ? « viens, suis-moi », ils ont tout quitté, toutes leurs certitudes, leurs filets, leurs barques, leur père, leur famille et ils ont emboîté le pas dans les pas de cet Inconnu ! Et nous chers amis ?
Quand nous mangeons ce pain
et buvons à cette coupe,
nous célébrons le mystère de la foi !

Comme les apôtres, sommes-nous capables de dire du fond du cœur, dans un élan inconditionnel : A qui irions-nous Seigneur Tu as les paroles de la vie éternelle ? » St Paul dans sa lettre aux Éphésiens est on ne peut plus clair , nous devons nous laisser renouveler, renoncer à « l' ancien » pour nous revêtir de l'homme nouveau créé , selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la Vérité :


 Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois,
c’est-à-dire de l’homme ancien corrompu par les convoitises
qui l’entraînent dans l’erreur.
    Laissez-vous renouveler
par la transformation spirituelle de votre pensée.
    Revêtez-vous de l’homme nouveau,
créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité.
&&&&

TRÈS BELLE FÊTE DE LA TRANSFIGURATION LUNDI

demandons à Jésus, les uns pour les autres, de nous laisser transfigurer avec Lui, alors nous croirons vraiment qu'Il est le Pain qui donne la Vie, la vraie !


l'Ermite