vendredi 16 mars 2018

LE VOILE SE LEVE

CINQUIÈME DIMANCHE DE CARÊME
Jn 12, 20-33

En ce temps-là,il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem
pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque.Ils abordèrent Philippe,qui était de Bethsaïde en Galilée, et lui firent cette demande :« Nous voudrions voir Jésus. »Philippe va le dire à André,et tous deux vont le dire à Jésus.

Ces Grecs sont des païens sympathisants du Judaïsme. Certains participent aux pèlerinages des Juifs. On les appelait les « craignant Dieu » Aller en pèlerinage se disait aussi « aller voir la face de Dieu ».

Les Grecs ici, veulent « voir Jésus ». Or, chez Saint Jean, « voir » c'est « croire ». "Celui qui croit en moi, croit, non pas en moi, mais en celui qui m'a envoyé; Et celui qui me voit, voit celui qui m'a envoyé Jean 12, 44-45). Ces pèlerins accomplissent donc une démarche de foi qui passe par les deux disciples portant un nom grec – Philippe et André - . Ils constituent l'avant-garde symbolique du monde païen qui rencontrera le Christ grâce à la mission des disciples.

Demander à voir Jésus, c'est vouloir L'approcher, Le rencontrer quand Jésus l'apprend, que déclare t-Il ? « L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. » Il faut reconnaître qu'il s'agit ici d'un langage hermétique, surtout pour des personnes qui Le rencontrent pour la première fois !

Dans les évangiles c'est très souvent que Jésus évoque « cette heure », à Cana , avec la Samaritaine, dans Ses controverses avec les Pharisiens, et surtout, quand approche le moment de Sa glorification. Quand Jésus parle d'être glorifié , il n'attend pas du tout les honneurs du monde qui l'entoure, il ne s'agit pas pour Lui d'être ovationné, applaudi, Il ne recherche pas d'auréole, ni un quelconque prestige, mais d'être révélé comme Dieu, égal au Père. La Gloire, dans l’Écriture Sainte, évoque la Présence de Dieu. Rappelons-nous de la nuée sur le mont Sinaï, sur la tente de la Rencontre, au Buisson ardent et, plus récemment, lors de la Transfiguration. On pourrait dire que Nuée et Gloire sont une seule et même chose, elles révèlent la Présence d'un Dieu qui se fait proche. Et n'est-ce pas en Jésus qu'Il se fait le plus proche de notre humanité ? Quand Jésus parle de Son Heure, nous pensons presque immédiatement, Passion-Mort-Résurrection, ce n'est vrai que dans la mesure où ce temps d'exception est pour nous , REVELATEUR de la véritable identité de Jésus Fils de Dieu, et Dieu Lui-même . 

 « Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles :Il est Dieu, né de Dieu,lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu engendré non pas créé, de même nature que le Père ; et par lui tout a été fait ». 


«  Le centenier et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, ayant vu le tremblement de terre et ce qui venait d'arriver, furent saisis d'une grande frayeur, et dirent: Assurément, cet homme était Fils de Dieu. » Mt 27

Pour que l'homme, l'humanité tout entière, reconnaisse dans le fils de l'homme , LE FILS DE DIEU ET DIEU LUI MÊME, la mise en terre du « grain-de-blé-Jésus » est la condition nécessaire et indispensable.

Amen, amen, je vous le dis :si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,il reste seul ;mais s’il meurt,il porte beaucoup de fruit.Qui aime sa vie la perd ;qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle.Si quelqu’un veut me servir,qu’il me suive ;et là où moi je suis,là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert,mon Père l’honorera. Le croyant devra lui aussi se dessaisir de sa vie, centrée sur lui-même pour recevoir de Jésus la « vie éternelle », le pleine communion avec Dieu. Il s'agit de servir le Christ dans Sa mission pour parvenir « là où Il est », là où le Père « honore » ceux qui suivent Son Fils.
La perspective de Sa mort prochaine, « l'Heure révélatrice » bouleverse Jésus, dans Son humanité, mais au plus profond de Lui-même Il sait être venu pour cette Heure et Il sait que c'est le chemin imparable de la manifestation de son égalité avec le Père !

Maintenant mon âme est bouleversée.
« Le Christ,pendant les jours de sa vie dans la chair,offrit, avec un grand cri et dans les larmes,des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort,
et il fut exaucé en raison de son grand respect.Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection,il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel. He 5

Nous ne le dirons jamais assez, Jésus n'a pas fait semblant , Il est allé au bout du bout de l'Amour. Jésus donne tout puisqu'Il se donne totalement, Il ne garde rien pour Lui. Il éprouve de la peur, Il redoute ce moment parce qu'Il est pleinement homme :
Que vais-je dire ?“Père, sauve-moi de cette heure” ?–Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! » Sous-entendu : « pensez-vous que je vais reculer ? Serait-ce envisageable ? Mais non , c'est même impensable car c'est « pour cette Heure que je suis venu » C'est là le but de Mon Incarnation, Jésus n'a en effet aucun autre désir, aucun autre but que celui de rétablir l'Alliance initiale saborder par le mensonge du « serpent » trompeur, hypocrite, qui fait miroiter, l'impossible ! 

 Voici venir des jours – oracle du Seigneur –où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle.Ce ne sera pas comme l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères,le jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte :mon alliance, c’est eux qui l’ont rompue,alors que moi, j’étais leur maître– oracle du Seigneur.
Mais voici quelle sera l’alliance que je conclurai avec la maison d’Israël quand ces jours-là seront passés– oracle du Seigneur.Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ;je l’inscrirai sur leur cœur.Je serai leur Dieu,et ils seront mon peuple. Ils n’auront plus à instruire chacun son compagnon,ni chacun son frère en disant :« Apprends à connaître le Seigneur ! »Car tous me connaîtront,des plus petits jusqu’aux plus grands– oracle du Seigneur.Je pardonnerai leurs fautes,je ne me rappellerai plus leurs péchés. Jr 31 

« Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie; il procède du Père et du
Fils.Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire;il a parlé par les prophètes. »  

Cette Alliance annoncée par Jérémie est scellée dans et par le Sang de Jésus , ce Sang qui nous nourrit à chaque Eucharistie ! C'est par Ses plaies, par Sont Sang que nous sommes guéris, que nous sommes sauvés  ! Ma vie est rachetée non avec de l'argent mais elle a pour prix LE SANG DE DIEU FAIT HOMME ! Et Jésus de poursuivre :
Père, glorifie ton nom ! Révèle ta Toute Puissance d'amour. En acceptant de M'envoyer, Tu as pris le risque de me livrer en accordant Ta confiance à l'humanité que je suis venu restaurer, guérir , c'est en acceptant cette folie d'amour que TON NOM EST MAGNIFIE ! N'est-ce pas ici une autre façon d'exprimer la première demande du Notre Père : « Que Ton Nom soit sanctifié ! » ou dit autrement, montre Ta Gloire, fais-Toi RECONNAÎTRE dans le don d'amour que je vais accomplir en Ton Nom !

Et, comme lors de Son baptême, lors la manifestation de la Transfiguration la voix du Père se fait entendre au sein de la nuée : « Et il se fit une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée se fit entendre une voix : " Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le. " Aussitôt, regardant tout autour, ils ne virent plus personne que Jésus, seul avec eux. (Marc 9)

Alors, du ciel vint une voix qui disait :« Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » Le Père révèle ici s'être glorifié Lui-même en donnant à Jésus d'accomplir Son œuvre, révélant par la croix son insondable amour et en même temps, c'est Jésus qu'Il met par là, en valeur. Cette œuvre, c'est celle du salut du monde , c'est le but de la venue de Jésus sur terre. Jésus n'a pas d'autre ambition : sauver les hommes ! Leur permettre de découvrir jusqu'où va l'amour du Père ! Pour ce faire, Jésus accepte de se livrer, « ma vie nul ne la prend mais c'est moi qui la donne » et c'est pour chacun de nous que Jésus donne Sa vie, c'est pour chacun de nous qu'Il prend sur Lui notre péché, c'est pour chacun de nous qu'Il va connaître la trahison, le reniement, l'abandon . « Père éloigne de moi ce Calice » , l'angoisse de la mort « pourtant non pas ma volonté, mais la tienne ! » Et la tienne « c'est
que je ne perde aucun de ces petits que Tu m'as donnés » c'est de manifester aux hommes ton amour, « or il n'y a pas de plus grande preuve d'amour que de donner sa vie, ma vie nul ne la prend mais c'est moi qui la donne, » et le Père donne Sa vie en livrant son Fils ce qu'Il a de plus cher ce fils bien aimé, ce fils unique, ce Fils qui « ne fait rien qu'Il ne voie faire au Père » !

»En l’entendant, ( la voix du Père) la foule qui se tenait là, disait que c’était un coup de tonnerre.D’autres disaient :« C’est un ange qui lui a parlé. » La foule est dépassée, elle ne comprend pas , elle cherche à expliquer comme on le fait lorsque la panique s'empare de soi : coup de tonnerre pour les uns, ange pour les autres, elle cherche à occuper le terrain, Et c'est Jésus lui-même qui vient à Son secours : Mais Jésus leur répondit :« Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. Le Père a parlé pour vous permettre de comprendre jusqu'où peut aller l'Amour, pour vous permettre de réaliser de quel amour vous êtes aimés. Je pense que nous pouvons dire que la foule est distancée, son heure à elle n'est pas encore venue, il faudra la résurrection pour que s'ouvrent les yeux et encore plus les cœurs. La résurrection et mieux encore, les apparitions de Jésus après le tombeau vide. Pour la foule comme pour certains apôtres : « si je ne mets pas mes doigts à la place des clous, si je ne mets pas ma main dans son côté, non je ne croirai pas ! » Ils l'ont vu mort comment pourraient-ils le croire vivant ! Ils l'ont vu transpercé, exsangue, comment pourrait-ils un seul instant l'imaginer debout, vivant ressuscité ? Ils n'ont rien compris ( et nous aujourd'hui que comprenons-nous?) Si le grain de blé ne tombe en terre s'il ne meurt il reste seul, mais s'il meurt il porte beaucoup de fruit, et un fruit qui demeure …. A quoi allons-nous mourir durant ce carême ? Quelles petites morts consentirons-nous pour mieux vivre ? Pour vivre plus légers, plus libres, et porter du fruit, un fruit qui demeure ?
 
Maintenant a lieu le jugement de ce monde ;maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ;et moi,quand j’aurai été élevé de terre,j’attirerai à moi tous les hommes. »Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir. Et c'est la croix dressée, ses deux bras étendus pour embrasser le monde qui annihile l'antique serpent, cette croix qui « oblige » l'humanité à lever les yeux pour pressentir jusqu'où elle est aimée !


JE T'AIME D'UN AMOUR ÉTERNEL «  Jr 31,3
Peu importe si tu te trouves limité, coupable ou indigne .
Abandonne-toi à l'Amour parfait de Dieu

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.
Ps 50
L'Ermite

vendredi 9 mars 2018

DIEU A TANT AIME LE MONDE

QUATRIÈME DIMANCHE DE CARÊME
(Jn 3, 14-21)
Dieu a tant aimé le monde


En ces jours-là,
tous les chefs des prêtres et du peuple
multipliaient les infidélités,
en imitant toutes les abominations des nations païennes,
et ils profanaient la Maison
que le Seigneur avait consacrée à Jérusalem.
Le Seigneur, le Dieu de leurs pères,
sans attendre et sans se lasser,
leur envoyait des messagers,
car il avait pitié de son peuple et de sa Demeure.
2 Ch


Le livre des Chroniques est un complément des livres historiques. A ce titre, il relit l'histoire du peuple de Dieu. L'auteur n'a rien de l'historien amateur, mais il écrit pour la gloire de Dieu, les péripéties de ceux qui ont construit sa maison et la desservent.

Le Seigneur dit à Moïse "Je vois que ce peuple est un peuple au cou raide. Maintenant
laisse-moi: que ma colère s'embrase contre eux et que je les consume! Mais je ferai de toi une grande nation." (Exode 32)

«Je vois que ce peuple est un peuple au cou raide. (Deutéronome 9)

Même quand ce peuple se rebelle, qu'il se montre dur et raide, Dieu qui s'est engagé à son égard reste fidèle, Il intervient quand c'est nécessaire pour l'empêcher de sombrer.
Toute l'histoire de l'humanité nous montre que ce peuple oscille constamment, Dieu le porte à bout de bras jusqu'au moment où il envoie Son propre Fils, ce Fils unique pour lui manifester Son amour. Dieu est fidèle, l'homme, nous en faisons l'expérience , l'est beaucoup moins. L'humanité est centrée sur elle-même, pourtant Dieu n'a qu'un désir, qu'une volonté, lui faire partager le bonheur éternel.

« Ainsi parle Cyrus, roi de Perse : Le Seigneur, le Dieu du ciel, m’a donné tous les royaumes de la terre ; et il m’a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, en Juda . Quiconque parmi vous fait partie de son peuple,que le Seigneur son Dieu soit avec lui,et qu’il monte à Jérusalem ! »(2 Ch 36, 14-16.19-23)

Malgré l'infidélité de son peuple, malgré ses tergiversations, malgré sa rébellion constante, Dieu continue à espérer ce peuple :
Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés,nous qui étions des morts par suite de nos fautes,il nous a donné la vie avec le Christ :c’est bien par grâce que vous êtes sauvés.

Oui c'est par grâce , par pur amour , parce que Dieu ne se renie pas, que nous sommes sauvés, mais à quel prix !
C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés,et par le moyen de la foi.Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil.C’est Dieu qui nous a faits,il nous a créés dans le Christ Jésus,en vue de la réalisation d’œuvres bonnes qu’il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions. (Ep 2, 4-10)

Pour cela, Dieu a envoyé Son Unique nous montrer la route à suivre, Jésus s'est fait le plus petit des petits pour tenter d'élever le cœur de l'homme, un homme qui après 2000 ans reste bien raide, bien dur, rongé par le désir de pouvoir, d'avoir, de supériorité, de faire-
valoir, de paraître, oubliant que l'être est la seule brèche qui ouvre à l'amour ! Apprenons à lire, à écouter, à entendre , Jésus qui nous parle, fixons notre regard sur ce signe qui nous est proposé aujourd'hui, oui, regardons Jésus et vivons avec Lui, cette Passion d'Amour. Chaque Rencontre, est pour Jésus une Passion d'Amour, car c'est pour CHACUN que Jésus se donne, se livre «  ma vie, nul ne la prend, mais c'est moi qui la donne ». Jésus se donne et se donne encore et toujours parce qu'Il sait aimer. Ne détachons pas notre regard du « serpent » de la croix !

Nicodème, dont le nom signifie « vainqueur du Peuple » est ce Pharisien qui était venu rencontrer Jésus de nuit, il est aussi chef des Juifs. Il s'agit donc d'un homme très important dans la société de son temps , apparemment riche, puisqu'il apportera au moment de l'ensevelissement de Jésus, un mélange de myrrhe et d'aloès d'environ cent livres.

Il s'agit d'un homme en recherche de Vérité, il reconnaît que Jésus accomplit de grandes choses et que nul ne peut agir de la sorte si Dieu n'est pas avec lui !
St Augustin commente ce passage : « Nicodème vient vers le Seigneur, mais il vient de nuit. Il vient vers la lumière, et il vient dans les ténèbres. Dans les ténèbres, il cherche le jour (…) mais c’est encore à partir des ténèbres de sa chair qu’il parle. »
Suit un très bel échange sur naître et renaître et la difficulté des Pharisiens à accueillir le message évangélique « nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous n'acceptez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? Car nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. (Jean 3) 

 Pour le P. Zundel, naître à nouveau, ou entrer dans la vie éternelle, c'est devenir vivants dès ici-bas. Il ne s'agit pas d'attendre la vie éternelle, mais d'y entrer dès maintenant : «Il est donc bien clair que la vraie question, c’est d’être un vivant avant la mort. Il est bien vrai qu’on entre pas dans le ciel comme s’il s’agissait d’aller quelque part. Il faut devenir le cielEt la référence à l'épisode de la marche des Hébreux dans le désert où Moïse est conduit à élever un serpent de bronze . Le peuple était en effet aux prises avec des serpents venimeux »

Le peuple arraché à l’Égypte par Moïse est en marche vers la Terre Promise ; mais une fois passée l’exaltation, il faut bien affronter le quotidien dans le désert.L'épisode du
serpent de bronze se situe un des mauvais jours : les Hébreux sont assaillis par des serpents venimeux, et comme ils n’ont pas la conscience très tranquille (parce qu’une fois de plus ils ont « récriminé », comme dit souvent le livre de l’Exode), ils sont convaincus que c’est une punition du Dieu de Moïse ; ils vont donc le supplier d’intercéder pour eux.

 L’objectif de Moïse, c’est de convertir ce peuple toujours soupçonneux, toujours méfiant
à une attitude de foi, c’est-à-dire de lui faire confiance à tout moment.Pour éduquer son peuple à cette attitude de foi, Moïse s’appuie sur une pratique qui existait déjà : la coutume d’adorer un dieu guérisseur ; ce dieu était représenté par un serpent de bronze enroulé autour d’une perche ; c’était ni plus ni moins une pratique magique : il suffit, croit-on, de regarder un objet magique et tout s’arrange. Moïse va convertir ce qui était jusqu’ici un acte magique en acte de foi : il leur dit : « Faites-vous un serpent, et regardez-le (en langage biblique, regarder veut dire adorer) ; alors vous serez sauvés ; mais sachez que celui qui vous guérit, c’est le Seigneur, ce n’est pas le serpent.

L'humanité, dans son ensemble ne sait pas que Dieu est AMOUR et qu'Il n'a d'autre but que notre bonheur :lequel consiste à vivre, aimer, partager. Et parce qu’elle ne le sait pas, elle s’enfonce dans son propre malheur, en recherchant avec frénésie des satisfactions trompeuses : posséder, dominer. En conséquence, haine, violence et meurtre jalonnent son histoire. Pire que tout, dans son ignorance, l’homme accuse Dieu de tous ses malheurs, qu’il prend pour des punitions divines. Grâce à cette radicale incompréhension des hommes, Jésus est venu « pour rendre témoignage à la vérité », comme il le dira à Pilate. Il paiera de sa vie ce témoignage, car les hommes n’acceptent pas cette révélation d’un Dieu trop différent de celui qu’ils imaginent ; mais jusque sur la croix il restera fidèle à lui-même : aimant et pardonnant. Il y aura donc désormais deux manières de regarder la croix du Christ : elle est la preuve de la haine et de la cruauté de l’homme, mais elle est, bien plus encore, l’emblème de la douceur et du pardon du Christ. C’est pour cela qu’on peut dire que la croix est glorieuse : parce qu’elle est le lieu où se manifeste l’amour parfait, c’est-à-dire Dieu lui-même. :« De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique,afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,mais obtienne la vie éternelle  

De la même manière que, dans le désert, il suffisait de lever les yeux avec foi vers le Dieu de l’Alliance pour être guéri physiquement, désormais, il suffit de lever les yeux avec foi vers le Christ en croix « « Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé » (Jn 19, 37)pour obtenir la guérison intérieure. C’est bien l’histoire de celui que nous appelons « le bon larron » dont nous parle l’Évangile. Parce qu’il a « levé les yeux » avec foi vers Jésus, il s’est entendu dire :« Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. » (Luc 23) » Voilà la bonne nouvelle apportée au monde par Jésus : le Royaume de l’amour est accessible à tous, sans exception.Jésus, par Sa vie prend à son compte les paroles du Prophète « Si vos péchés sont comme l'écarlate, ils deviendront blancs comme la neige. S'ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine. (Isaïe 1)
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,non pas pour juger le monde,mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Dieu ne fait pas des calculs d'apothicaire, Dieu aime, un point c'est tout ! Dieu aime chaque être humain et le veut heureux, absolument heureux et pour être heureux, l'humanité doit apprendre chaque jour à « regarder Jésus » dans l’Écriture, dans les sacrements, sur l'Arbre de la croix. Pour regarder, c'est-à-dire, adorer, il convient de lever, d'élever son regard au lieu de le baisser sur ses extrémités terre à terre.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement,celui qui ne croit pas est déjà jugé,du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.Et le Jugement, le voici :la lumière est venue dans le monde,et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière,parce que leurs œuvres étaient mauvaises.Celui qui fait le mal déteste la lumière :il ne vient pas à la lumière,de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ;mais celui qui fait la vérité vient à la lumière,pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »  
Faire la vérité, préférer la lumière c'est choisir, bien choisir ! C'est vouloir le bien, tout le bien, seulement le bien rien que le bien, donc l'Amour, vouloir le beau, au sens de la pureté des lignes, de leur simplicité, de leur vérité, vouloir le grand au sens de larges horizons, loin du repliement sur soi , tourné vers l'autre et vers l'Autre qui se nomme Jésus, car qui voit son frère, voit Jésus ! Or, chaque jour, nous sommes confrontés à nos mesquineries, à nos petitesses, à nos ténèbres, celles des bas fonds de notre être, là où grouillent les serpents venimeux qui s'entrelacent les uns les autres jusqu'à former de gros paquets de nœuds de jalousies, de comparaisons, de rivalités, de propriétés des services qui ne sont plus des services mes des appropriations qui éloignent les autres et vont jusqu'à les détourner, les éloigner !Il n'y a plus de place pour le frère, la sœur ! Nous
restons ce peuple à la nuque raide, nous n'avons toujours rien compris , nous ne savons pas regarder, adorer Jésus caché dans le Tabernacle ( la tente de la Rencontre de dimanche dernier) Jésus sur la croix, les pieds et les mains percés, le Cœur ouvert déversant sur CHACUN des fleuves d'eau vive ! 
 
Quand comprendrons-nous que ce n'est pas ce que l'on fait, ni QUI le fait qui est important mais ce que l'on EST, Quand comprendrons-nous L'AMOUR ?Quand comprendrons-nous que «  c’est bien par grâce que vous êtes sauvés » (Ep 2, 4-10) ? « Nous n'avons en propre que notre péché » disait St François d'Assise !

« Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
Selon ta grande miséricorde,
efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.
Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

 Moi, je suis né dans la faute, j’étais pécheur dès le sein de ma mère.
Mais tu veux au fond de moi la vérité ;
Dans le secret, tu m’apprends la sagesse.

 Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; 
Lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.
Détourne ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés.

 Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
Renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton Esprit Saint.

 Rends-moi la joie d’être sauvé ; que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés.

 Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
 

Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.
Accorde à Sion le bonheur, relève les murs de Jérusalem. »
( Psaume 50, 3-20) 
 

L'Ermite

vendredi 2 mars 2018

CE TEMPLE , C'EST VOUS !

TROISIÈME DIMANCHE DE CARÊME

(Jn 2, 13-25)


L'ancêtre du Temple, n'est autre que le Tabernacle, qui contenait les Tables de la Loi (Thora) . Le peuple de la Bible était constitué, à son origine, de nomades qui vivaient sous la tente. Les tentes ont gagné une force symbolique pour devenir plus qu’un lieu de vie, avec une tente particulièrement sainte qui est souvent mentionnée dans la Bible : la tente de la Rencontre. Elle était considérée comme le lieu de la Rencontre avec Dieu, c’est là qu’on pouvait Le consulter. Moïse va dans cette tente, pour recevoir les ordres de Dieu. Elle était vue comme un Temple portatif, précurseur du Temple de Salomon. Cette tente était le lieu où l’on plaçait l’Arche de l’Alliance, le coffre contenant les tables de la loi, reçues par Moïse sur le Sinaï. La Tente, était située, à l’extérieur du campement
 
Plus tard, dans l’histoire, cette tente évoque le temps de la découverte du Seigneur dans le désert suite à la libération de l’Égypte. La Présence divine s'y manifeste par une nuée « Tout le peuple voyait la colonne de nuée qui se tenait à l'entrée de la tente; et tout le peuple se levait, et chacun se prosternait à l'entrée de sa tente. Et le Seigneur parlait à Moïse face à face, comme un homme parle à son ami. Moïse retournait ensuite au camp; mais son serviteur, Josué, fils de Nun, jeune homme, ne s'éloignait pas du milieu de la tente. (Exode 33)
 
La Tente de la Rencontre, le Temple qui lui succède, sont des lieux sacrés, réservés à la Rencontre de Dieu ce qui suit n'a donc rien de surprenant : « Comme la Pâque juive était proche,Jésus monta à Jérusalem.Dans le Temple, il trouva installés les marchands de
bœufs, de brebis et de colombes,et les changeurs.Il fit un fouet avec des cordes,et les chassa tous du Temple,ainsi que les brebis et les bœufs ;il jeta par terre la monnaie des changeurs,renversa leurs comptoirs,et dit aux marchands de colombes :« Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. » Jésus, et c'est légitime, ne peut admettre que ce lieu destiné à la Rencontre de Dieu, donc, à la prière, devienne un espace de commerce . L'amour de Dieu est gratuit et, dans un lieu destiné à une relation de gratuité on vient faire des affaires financières : c'est insupportable , Jésus le dit haut et fort et prend les moyens pour que cela ne se renouvelle pas ! « Car le zèle de ta maison me dévore, Et les outrages de ceux qui t'insultent tombent sur moi. Je verse des larmes et je jeûne, Et c'est ce qui m'attire l'opprobre;… » Psaume 69,10
« Car Christ ne s'est point complu en lui-même, mais, selon qu'il est écrit: Les outrages de ceux qui t'insultent sont tombés sur moi. » Rom 15,3

Aujourd'hui, l'église succède au Temple, à nous de voir , si nous avons le zèle de Jésus pour permettre que nos églises soient ces lieux de recueillement qui permettent la Rencontre de Dieu.

N'oublions pas, par ailleurs, que nous sommes, depuis notre baptême, le « Temple de l'Esprit Saint :
« N'oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c'est vous. » (1Corinthiens 3)
« Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple de l'Esprit Saint, qui est en vous et que
vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car le Seigneur a payé le prix de votre rachat. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps » (1Corinthiens 6)

Que faisons-nous du Temple de notre corps ? Avons-nous conscience de notre dignité ? Comment traitons-nous ce corps qui nous est confié et qui est la demeure de l'Esprit Saint 
 
Le risque est, soit de l’idolâtrer, soit de le négliger jusqu'au mépris, soit de lui demander trop, jusqu'à l'extrême , au point de l'user avant l'heure ! Notre corps a certes d'énormes potentialités que nous devons apprendre à gérer raisonnablement par respect de l'Auteur et de soi-même ! Rendons grâce au Seigneur pour ce merveilleux outil et accordons-lui tout le soin qui convient de façon intelligente et mesurée afin qu'il puisse longtemps servir son Créateur !

Quant aux corps de nos frères quel est notre regard ? Quel respect avons-nous à leur égard ? Prenons-nous soin des plus fragiles, ? ...

Devant la sainte colère de Jésus « Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit :L’amour de ta maison fera mon tourment. »Ce verset révèle à quel point les disciples eux-mêmes fréquentaient l’Écriture Sainte. Ce sont les détracteurs de Jésus qui s'insurgent et remettent en question la fermeté de intervention de Jésus :Des Juifs ( rappelons au passage que Jésus est Lui-même Juif, il n'y a donc pas de connotation négative ici. C'est un état de fait) l’interpellèrent :« Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » 
 
La question que nous pouvons nous poser c'est la tournure de leur interrogation : ils demandent un signe , pourquoi ? Nous sommes au tout début de l’Évangile de Jean ! Cet épisode, chez Jean, suit immédiatement celui de l'eau changée en vin pour venir au secours de jeunes mariés, à la demande de Marie Sa Mère. On sait très bien que les nouvelles circulent très vite , certains connaissent l'origine de Jésus : « que peut-il sortir de bon de Nazareth ?» le miracle de Cana pose question et voilà qu'aujourd'hui Jésus se permet de libérer la Maison de Son Père, d'un encombrement indigne du climat qui devrait être le sien ! A mon avis, nous sommes là devant un début de polémique qui ne fera que s'amplifier avec le temps et Jésus, reconnaissons-le, ne cherche pas à se défausser, mais Il utilise un langage particulièrement abstrait pour ceux qui le suivent avec un œil inquisiteur, pour les autres aussi d'ailleurs !

Jésus leur répondit :« Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »Les
Juifs lui répliquèrent :« Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire,et toi, en trois jours tu le relèverais ! »Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. La première difficulté vient du langage, Jésus et ses interlocuteurs ne mettent pas les mêmes réalités sous des mots identiques ! Les uns pensent à la construction faite de pierres, alors que Jésus, parle du Sanctuaire de son Corps, lequel abrite en effet la divinité.Son Corps est sanctuarisé, Il est ce « Saint des Saints » où Dieu s'abrite, où Dieu se cache.Les compatriotes de Jésus attendent bien le Messie, mais un Messie tout autre, un Messie guerrier qui les libérera de l'occupant non, de « l'occupant - péchés, passions, » ils attendent un Messie qui leur rendra leur terre, or Jésus n'a pas de terre personnelle, mieux, Il les a toutes puisqu'Il en est le Créateur ! Comment reconnaître le Créateur, la Sagesse éternelle, sous ce voile humain qui est Sa demeure. Reconnaissons la difficulté, ne crions pas trop vite au scandale . Tout cela nous semble relativement évident, mais nous avons 2000 ans de christianisme, eux devaient apprendre à reconnaître un Dieu pauvre, un Dieu sans armée, ni armure, un ami des petits, des plus petits ! Il leur fallait descendre de haut et cela suppose un retournement, un renversement des mentalités, des valeurs, une conversion absolue, c'est le monde à l'envers ! D'ailleurs, ses apôtres, s'ils Lui font confiance, ne comprennent pas tout, loin s'en faut ! Souvenons-nous de l’Évangile de la Transfiguration . Trois d'entre eux ont été bouleversés mais jusqu'à quel point ! En redescendant de la montagne ils s'interrogent sur le sens des propos de Jésus : «  Et ils gardèrent pour eux la chose, tout en se demandant entre eux ce que signifiait " ressusciter des morts ". (Marc 9) 

 Pour comprendre, pour se mettre vraiment en route, prendre ses responsabilités il faudra non seulement le tombeau vide mais des apparitions diverses et variées ! Chacun devra faire cette expérience unique, tel Thomas, absent au bon moment, qui n'adhérera qu'à l'heure de la Rencontre personnelle. Oui, une rencontre personnelle, qui est toujours une grâce personnelle, est indispensable pour consentir à l'invraisemblable de la Foi ! Le baptême, pour chacun de nous est un don, mais en puissance, que chacun doit ratifier à un moment et il ne le peut en vérité, qu'au cœur d'une expérience unique, personnelle, individuelle, à nulle autre pareille! D'où ce verset qui suit :Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts,ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

Il en est de même dans nos vies , la plupart du temps, c'est après coup qu'il nous est donné de comprendre les passages et la Présence du Seigneur dans nos vies . Nous devons apprendre à relire notre vie à la lumière de l’Écriture Sainte  pour dire avec Thomas dans un élan du cœur : « Mon Seigneur et mon Dieu » !

Souvenons-nous de Jacob :Voici que je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai sur cette terre ; car je ne t'abandonnerai pas avant d'avoir accompli ce que je t'ai promis. » Jacob sortit de son sommeil et s'écria : « Vraiment, le Seigneur est dans ce lieu ! Et moi, je ne le savais pas. » Saisi de crainte, il disait : « Que ce lieu est redoutable ! Il est réellement la maison de Dieu, la porte du ciel ! » (Genèse 28)

De Saint Paul sur la route de Damas et plus près de nous, Claudel « Et c'est alors que se produisit l'événement qui domine toute ma vie. En un instant mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d'une telle force d'adhésion, d'un tel soulèvement de tout mon être, d'une conviction si puissante, d'une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute, que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d'une vie agitée, n'ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher."

Péguy« Mon vieux, écrit-il à Lotte, j'ai senti que c’était grave... J'ai fait un pèlerinage à Chartres... J'ai fait 144 km en trois jours... On voit le clocher de Chartres à 17 km sur la plaine... Dès que je l'ai vu, ça a été une extase. Je ne sentais plus rien, ni la fatigue, ni mes pieds. Toutes mes impuretés sont tombées d'un seul coup, j’étais un autre homme. J'ai prié une heure dans la cathédrale le samedi soir; j'ai prié une heure le dimanche matin avant la grand-messe... J'ai prié comme je n'avais jamais prié, j'ai pu prier pour mes ennemis... Mon gosse est sauvé, je les ai donnés tous trois à Notre-Dame. Moi, je ne peux pas m’occuper de tout... Mes petits ne sont pas baptisés. A la Sainte Vierge de s'en occuper. »

 Et tant d'autres !


A Jérusalem, où Il est arrivé, Jésus ne se cache pas, Il agit en Sauveur venu pour faire connaître Son Père et pour soulager l'homme de ses souffrances :Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque,beaucoup crurent en son nom,à la vue des signes qu’il
accomplissait.Jésus, lui, ne se fiait pas à eux,parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme Jésus n'est pas dupe, Il connaît le fond des cœurs, Il en est le Créateur ! Il connaît les fragilités des uns et des autres, Il sait que ceux qui Le louent aujourd'hui pour les bienfaits dont ils bénéficient, demain crieront avec la foule « a mort, crucifie-le ». Jésus ne se laisse pas arrêter par nos limites, Il ne manifeste aucune acrimonie, son cœur est parfaitement libre, Il est venu en Sauveur et Il est prêt à en payer le prix ! 
 
Il est bon de nous arrêter quelques instants sur les agissements de Jésus et de tenter de mettre honnêtement les nôtres en parallèle ! Avons-nous cette générosité absolue qui donne et donne encore de soi-même quelles que soient les circonstances , jusque dans d'éventuelles trahisons ? Pouvons-nous faire nôtre jusque dans les moindres détails, cette prière attribuée à St François d'Assise :

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix :
Là où il y a de la haine, que je mette l'amour,
Là où il y a l'offense, que je mette le pardon,
Là où il y a la discorde, que je mette l'union,
Là où il y a l'erreur, que je mette la vérité,
Là où il y a le doute, que je mette la foi,
Là où il y a le désespoir, que je mette l'espérance,
Là où il y a les ténèbres, que je mette ta lumière,
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Ô Maître, que je ne cherche pas tant :
À être consolé... qu'à consoler,
À être compris... qu'à comprendre
À être aimé... qu'à aimer.
Car,
C'est en donnant... qu'on reçoit,
C'est en s'oubliant... qu'on trouve,
C'est en pardonnant... qu'on est pardonné,
C'est en mourant... qu'on ressuscite à la vie éternelle.
Amen. 

 
Dire cette prière est une chose, la faire sienne dans les événements de notre vie, en est une autre ! Pour cela il est indispensable « de garder son regard fixé sur Jésus » , le seul capable de nous apprendre l'amour vrai, gratuit, total !

L'Ermite