vendredi 16 février 2018

QUI SONT MES BÊTES SAUVAGES ?

PREMIER DIMANCHE DE CARÊME
 ANNÉE B
(Mc 1, 12-15)

PETIT RAPPEL POUR LES OUBLIEUX :

Le nom carême vient de la contraction du mot latin quadragesima, qui signifie « quarantième ». La durée de quarante jours commémore à la fois :
    • les quarante jours et quarante nuits du jeûne de Moïse avant la remise des Tables de la Loi
    • et les quarante jours de la tentation du Christ dans le désert entre son baptême et le début de sa vie publique
La pratique du carême remonte au IV e siècle Les jours qui ont précédé la Pâque et la mort de Jésus, ni Jésus ni ses disciples n'ont jeûné. Les récits des Évangiles indiquent qu’à Béthanie, seulement quelques jours avant sa mort, ses disciples et lui se sont rendus chez des gens, où ils ont pris des repas. Jésus a en outre mangé le repas de la Pâque la nuit précédant sa mort. — Matthieu 26:6, 7 ; Luc 22:15 ; Jean 12:2. C'est durant le Concile de Laodicée (348? - 381?) que fut prescrit l'usage exclusif du pain et des fruits secs pendant le temps qui correspondait au carême.

Au VIIe siècle, le carême fut établi dans son calendrier actuel. À cette époque, le jeûne consistait à ne prendre qu'un repas quotidien en fin de journée et à s'abstenir de toute nourriture les jours du Vendredi et du Samedi saints.

Aujourd'hui l 'Église demande aux fidèles de jeûner au minimum les jours du mercredi des Cendres et du Vendredi saint. Mais la pratique réelle du jeûne est difficile à mesurer. En outre, la tradition de manger maigre — c'est-à-dire de s'abstenir de viande et de plat à base de graisse animale — le vendredi se perpétue. Le début du carême est le mercredi des Cendres.
Les trois grands axes du CARÊME :
  • intensification de la Prière,
  • de la Pénitence ( jeûne, abstinence, et ce que l'esprit nous inspire)
  • du Partage ( le jeûne, en particulier, est orienté au partage.)
ILLUSTRATION (ALETEIA)

Le carême, c’est le moment où l’on réfléchit sur soi-même, où on laisse entrer Dieu dans nos cœurs et où l’on s’ouvre aux autres. Une réflexion, et des actions. L’abbé Amar nous explique dans une vidéo que le carême est avant tout l’occasion de « faire un peu le tri dans nos vies, de revoir la place de certaines choses, de certains désirs, de liens qui peuvent (je dis bien qui peuvent) nous ligoter, et nous empêcher d’être vraiment libre ».

 Des privations, donc. Mais
des privations intelligentes. L’abbé Amar aborde le sujet hautement polémique du chocolat : « Ce n'est pas interdit de manger du Nutella pendant le carême, allez-y, prenez en, on s’en moque. La vraie question c’est : « est ce que je suis libre par rapport au Nutella ? » Et puis aussi la cigarette, la télé, ou plein d’autres choses encore ! Les réseaux sociaux, mon smartphone, ma tireuse à bière, ma machine à café… Faites l’essai ! Supprimez tout ça pendant 40 jours – j’ai même envie de dire 10 jours, ou même 3 jours. Vous verrez, c’est très instructif, et on apprend beaucoup de choses sur soi-même ».  

Il s’agit de mener une réflexion constructive, de se débarrasser du superflu. Objectif : laisser plus de place dans nos vies et dans nos cœurs pour l’amour de Dieu. Une stratégie imparable démontrée par le Père Amar : « comme j’accepte d’être moins centré à l’intérieur, sur moi, sur mes désirs, sur mes petits plaisirs, bien logiquement, je vais être plus attentif à l’extérieur. A Dieu d’abord, par la prière, la messe, les sacrements […] Et puis je me tourne vers les autres, vers ceux qui vivent tout autour de moi, peut-être même les plus pauvres et les plus délaissés que j’avais complètement oubliés. C’est pour ça qu’on dit que le carême est un temps de partage. » Les trois « P » du carême : Prière, Pénitence, Partage. (ALETEIA)

Jésus venait d’être baptisé. C'est en ces termes que s'ouvre l’Évangile de notre premier dimanche de Carême ! Plusieurs parmi nous attendaient certainement le récit détaillé de Jésus au désert tenté par trois fois par Satan. Nous verrons que Saint Marc donne une version très brève de cet événement mais pas moins dense d'ailleurs ! l’Évangéliste oriente notre attention sur la baptême de Jésus or, les deux lectures d'ouverture de la Liturgie de la Parole parlent :
  • la première d'Alliance
  • la seconde de notre baptême
Et, cette seconde lecture éclaire, donne le sens profond de l'alliance établie par Dieu avec l'humanité : quand Noé construisit l’arche,dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes,furent sauvées à travers l’eau. C’était une figure du baptême qui vous sauve maintenant :le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ.

Jésus, Premier des baptisés, lui qui n'a pas besoin de purification, a épousé vraiment toute notre condition, sanctifié toutes les étapes et ouvert ainsi à l'humanité le chemin du Salut ! Ne nous dira-t-il pas à un moment, : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. » (Jean 14) 

Jésus, non seulement, à travers l’Évangile nous montre la Route, mais Il est cette Route, ce Chemin « sans moi, vous ne pouvez rien faire » Jn 15,5 que nous sommes appelés à
suivre pour faire partie de Ses amis. Comme Jésus commence Sa Vie Publique par le Baptême de Jean le Baptiste, de même, la porte qui ouvre une vie nouvelle à l'humanité, est le sacrement du Baptême, signe indélébile de notre alliance avec Dieu Père, et Fils et Saint Esprit ! St Paul est clair : le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ.

Si le baptême acte notre engagement, notre Alliance avec Dieu Trinité cela ne va pas de soi, il y a en effet quelqu'un qui n'apprécie nullement les amis du Dieu d'Amour, comment nous épargnerait-il, s'il a osé attaquer le Fils unique du Père. Il sait qui est Jésus, plusieurs fois, ne lui dira-t-il pas, par la bouche de « possédés » : « je sais qui tu es, tu es le saint, le Saint de Dieu » et Jésus ne manquera pas de lui imposer silence parce que Son heure n'est pas encore venue ! Comme Il le fait ici dans ce séjour au désert, St Marc dans cette version très brève souligne plusieurs points :

Aussitôt l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours,tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages,et les anges le servaient. l'événement désert a lieu immédiatement après le baptême
  • c'est l'Esprit qui pousse Jésus au désert
  • Jésus y reste quarante jours tenté par Satan
  • Jésus est confronté aux bêtes sauvages
  • heureusement, l’Évangéliste introduit une note de douceur : les anges Le servaient
Comment pouvons-nous appliquer ce verset à notre vie de chrétiens engagés par le Baptême à marcher dans les pas de Jésus ?
Il me semble que nous sommes invités à comprendre que si le baptême qui nous lie à la Très Sainte Trinité est « l'arme » par excellence pour faire face au maléfique , il n'exclut pas le combat spirituel . Jésus lui-même, sera constamment confronté au Mal et cela sur tous les fronts, tout au long de sa vie : les scribes, les Pharisiens, nous le rappelions dimanche dernier, dès sa naissance Il doit fuir devant Hérode, Ses apôtres qui ont parfois des difficultés à comprendre Ses paroles, Ses comportements et cela jusqu'aux derniers instants : l'un le trahit, l' autre le renie et Il se retrouvera quasi seul au moment de la crucifixion. 

Dès lors, l'ami de Jésus ne peut pas espérer vivre à la manière de Jésus, sans combat !Le Mal, sous différentes formes, est là , à notre porte ! Invitation à tricher, à mentir, à dérober, à détruire une réputation, provocations de toutes sortes, divisions dans les familles pour des broutilles en général, broutilles qui nous paraissent des montagnes, la société de consommation, le pouvoir, la quête de gloire, le profit... !
 
Si nous prenions le temps de regarder cela à la lumière de Jésus nous comprendrions que l'important est ailleurs ! « mieux vaut pour toi entrer dans la Vie boiteux ou manchot, que d'avoir deux pieds ou deux mains et d'être jeté dans le feu éternel. »Mt 18 
 
Mais nos perspectives sont courtes en général, et nous voyons l'immédiat de l'offense nous nous arrêtons à ce que nous pensons perdre remettant le vrai gain à plus tard bien plus tard ! Nous avons une fringale inouïe de jouissance immédiate ! Où nous mène-t-elle ? Demandons à Jésus la grâce de regarder haut et loin mais en vérité !

Les bêtes sauvages sont justement tout ce grouillement de passions diverses et variées, lancinantes ou violentes qui nous poussent à mal faire et à mal vivre ! Puissions-nous décider vraiment, sincèrement, de changer l'une de ces chaînes qui nous alourdit et nous empêche de remporter le trophée de l'Amour : « Vous savez bien que, dans les courses du stade, tous les coureurs prennent le départ, mais un seul gagne le prix. Alors, vous, courez de manière à l'emporter. Tous les athlètes à l'entraînement s'imposent une discipline sévère ; ils le font pour gagner une couronne de laurier qui va se faner, et nous, pour une couronne qui ne se fane pas. Moi, si je cours, ce n'est pas sans fixer le but ; si je fais de la lutte, ce n'est pas en frappant dans le vide. Mais je traite durement mon corps, et je le réduis en esclavage, pour ne pas être moi-même disqualifié après avoir annoncé aux autres la Bonne Nouvelle.  » (1Corinthiens 9) Comprenne qui pourra, dit ailleurs Jésus !

Ce séjour de Jésus au désert, n'est-il pas un appel pour chacun de nous à savoir nous retirer , à faire silence, pour entendre la voix du Seigneur en nos cœurs ? Oh elle sera parasitée par toutes sortes de sollicitations, plus alléchantes et trompeuses les unes que les autres, (les bêtes sauvages de notre évangile) l'essentiel sera de tenir ce que nous avons décidé, l'effet se manifestera au moment où nous nous y attendrons le moins ! Dieu tient compte de notre désir, de notre bonne volonté, Il n'attend pas des prouesses, Il désire notre détermination , la fermeté de nos choix. Pensons et croyons que nous ne sommes pas seuls
dans ce désert, Jésus marche devant nous, Il en a fait l'expérience avant nous, mettons nos pas dans les siens, Il nous prendra sur Ses épaules . Là nous L'entendrons nous dire parfois tout en douceur, d'autres fois avec pugnacité « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » L'orientation du combat réside en ces quelques mots : se laisser convertir à la lumière de l’Évangile, croire que c'est possible, reconnaître qu'il s'agit d'un chemin de LIBÉRATION . Nous délester de tout ce qui nous encombre en tout ou en partie, nous saurons alors d'expérience, que Les temps sont accomplis :le règne de Dieu est tout proche, Il (Jésus) grandit en nous !

« Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur. Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu,
de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances.
Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession.Mais si tu détournes ton cœur, si tu n’obéis pas, si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux ( les convoitises de ce monde) et à les servir, je vous le déclare aujourd’hui : certainement vous périrez, vous ne vivrez pas de longs jours sur la terre dont vous allez prendre possession quand vous aurez passé le Jourdain. Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction.Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ; c’est là que se trouve ta vie, une longue vie sur la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. » (Dt 30, 15-20)

Nous avions ce passage en première lecture jeudi, je le trouve particulièrement bien adapté à la liturgie de la Parole de ce premier dimanche de Carême. Prenons la Parole de Dieu au sérieux , la Parole de Dieu, c'est Jésus, dans l'Ancien Testament comme dans la Nouveau ! 
 
La Sagesse personnelle de Dieu, son Fils unique, est créatrice et réalisatrice de toutes choses. En effet, dit le Psaume :Tu as tout fait avec sagesse, la terre est pleine de tes créatures. Afin que les créatures non seulement existent, mais existent bien, Dieu a décidé que sa propre Sagesse descendrait vers les créatures (elle est descendue en et par Jésus) afin d'imprimer en toutes et en chacune, une certaine empreinte et représentation de son image (St Athanase d'Alexandrie.)


R/ Tes chemins, Seigneur,
sont amour et vérité
pour qui garde ton alliance.
(cf. 24, 10)

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Dans ton amour, ne m’oublie pas,
en raison de ta bonté, Seigneur.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

l'Ermite

vendredi 9 février 2018

LEPREUX PAR AMOUR

SIXIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B

(Mc 1, 40-45)


La lèpre fut longtemps incurable et très mutilante, entraînant en 1909, à la demande de la Société de pathologie exotique, « l'exclusion systématique des lépreux » et leur regroupement dans des léproseries comme mesure essentielle de prophylaxie

La maladie est aujourd'hui traitable par antibiotiques ; des efforts de santé publique sont faits pour le traitement des malades, l'équipement en prothèses des sujets guéris, et la prévention.

Au temps de Jésus, et avant Lui, (et longtemps encore après) la situation du lépreux était particulièrement compliquée, c'est ce que rapporte le passage du Livre des Lévites que nous avons en première lecture :

« Quand un homme aura sur la peau une tumeur, une inflammation ou une pustule,
qui soit une tache de lèpre,on l’amènera au prêtre Aaron ou à l’un des prêtres ses fils.Le lépreux atteint d’une tache portera des vêtements déchirés et les cheveux en désordre, il se couvrira le haut du visage jusqu’aux lèvres, et il criera : “Impur ! Impur !”Tant qu’il gardera cette tache, il sera vraiment impur. C’est pourquoi il habitera à l’écart,son habitation sera hors du camp. »

 Dimanche dernier, en quittant Capharnaüm, Jésus décide « d'aller ailleurs, dans les villages voisins afin d'y proclamer l’Évangile, et Il précise, c'est pour cela que je suis sorti. »Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons. » C'est dans ce contexte, qu'un lépreux ose L'aborder . Compte tenu de la loi , n'est-il pas choquant, que ce lépreux se permette un tel écart et que Jésus , en bon Juif, ne fasse rien pour l'éloigner ?

En ce temps-là,un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, Comment ce malade, rejeté par sa communauté, a-t-il réussi ce tour de force ? Il est surprenant qu'il ait trompé la vigilance de l'entourage de Jésus , quoiqu'il en soit, il est là, et, de plus, sans doute prosterné, puisqu'il tombe aux genoux de Jésus. Geste d'adoration qui en dit long , sans qu'il l'exprime, sur la considération qu'il porte à Jésus ! Devant semblable attitude nous ne pouvons pas douter de l'intensité de son attente et encore moins de la densité de sa confiance. Il fait partie de ceux qui ont entendu parler des actes de Jésus et il n'a pas hésité à déjouer « Sa protection rapprochée » pour L'approcher et exprimer sa requête.

Il lui dit :« Si tu le veux, tu peux me purifier. » Cet homme manifeste qu'il a une certaine conscience de la capacité de Jésus à soulager l'humanité , de ses maux et infirmités. Il croit vraiment que Jésus peut le purifier . La loi pourrait encourager Jésus à éloigner cet homme , il fait en effet parti des hors-la-loi, des exclus , interdits de séjour, relégués à la périphérie , au contraire, Jésus est touché par sa confiance et sans doute, son audace :
Saisi de compassion, Jésus étendit la main,le toucha et lui dit :« Je le veux, sois purifié. » Non seulement Jésus l'accueille, mais il va jusqu'à le toucher et , au geste, Jésus joint la parole et l'action de guérison : Je le veux, sois purifié . Jésus est un homme libre, rien ne peut arrêter Sa volonté de faire le bien ! Ce lépreux, participe, par anticipation, à la liberté de Jésus , les deux ont en effet franchi les limites imposées par la loi , les deux sont dans un autre registre : celui de la foi, celui de la confiance pour le lépreux, celui de l'amour inconditionnel pour Jésus qui ne fait pas de différences entre les humains! N'est-ce pas ce qui se passe dans les sacrements et plus particulièrement ceux du baptême et de la Réconciliation ? 
 
Je ne peux m'empêcher de penser à ce cultivateur qui a accepté une condamnation pour avoir accueilli un réfugié clandestin et pour rester fidèle à sa conception de l'hospitalité. Bien sûr, il faut raison garder, mais en tant que disciples de Jésus ne sommes-nous pas invités à repousser les limites du bienséant, du bien - pensant , de toutes sortes de conformismes ? 
 
Je pense aussi au Père Damien, l'apôtre des lépreux devenu missionnaire sur une île perdue du Pacifique, il a vécu avec les lépreux. Dans cet enfer de désespoir et de misère morale, il a réussi à façonner une communauté fraternelle . Il a été canonisé le 11 octobre 2009. 
 
Écoutons également la parole tonifiante du Pape François !
Le Pape n'en finit plus de surprendre. Il annonçait, le 30 septembre, sa décision de faire du G8, le groupe des huit cardinaux chargé de plancher sur la réforme de la curie romaine qui s'est réuni pour la première fois mardi 1er octobre, un conseil permanent. Le même jour, il donnait une interview dé-coiffante au quotidien italien La Repubblica, où il fustigeait le
cléricalisme et le « vaticano-centrisme » de la Curie. Il appelait aussi l’Église à « s'ouvrir à la modernité », estimant que le prosélytisme est « une bêtise magistrale », dans la mesure où l'essentiel est de « se connaître et de s’écouter, et de faire connaître le monde qui nous entoure ».

« Les dirigeants de l'Église ont souvent été des narcisses, flattés et excités de manière négative par leurs courtisans. La Cour est la lèpre de la papauté, a affirmé le Pape. Dans la Curie il y a des courtisans , mais la Curie dans son ensemble est autre chose qu'une cour. (…) Mais elle a un défaut : elle est centrée sur le Vatican. Elle observe et s'occupe des intérêts du Vatican, qui sont encore, pour une grande partie, des intérêts temporels. Ce point de vue « vaticano-centré » néglige le monde autour de nous. Je ne partage pas ce point de vue et je ferai tout pour le modifier. L’Église est ou doit redevenir une communauté du peuple et des prêtres, des pasteurs de Dieu, des évêques ayant le soin des âmes.

De son côté, Monseigneur Rouet écrivait voilà quelques années :Les anciens ignoraient l’origine de cette maladie ( la lèpre) et les traitements afférents. Notre temps est plus savant et mieux armé. Il n’empêche : voici cette femme que son mari a abandonnée quand il a appris qu’elle avait un cancer. Sans parler du Sida qualifié de « lèpre moderne », bien des maladies provoquent des peurs irrationnelles qui conduisent à l’isolement. on n’affuble plus les malades d’habits spéciaux pour lépreux, mais on les couvre de silence et de solitude.Il est encore des maladies qu’on tait. Sans parole, comment nourrir l’échange entre humains ? La technique qui soigne ne remplace pas la parole qui guérit en replaçant dans le dialogue social.

La « peau» de notre société est malade. Celle-ci rejette à l’extérieur de son corps ceux par qui elle craint sa dissolution : les étrangers bien sûr (les lépreux étaient interdits de voyager) et tous ceux qui ne lui sont pas directement utiles. Car notre société se construit autour du rendement rapide, de l’adaptation accélérée.

Quant à nous, acceptons-nous de prendre des risques, pour porter secours à ceux qui sont différents ? Acceptons-nous d'être montrés du doigt ? Parfois critiqués en prenant le parti du faible, du pauvre, du rejeté ? Un employé est mis au ban, nombreux sont ceux qui prennent le parti des apparemment plus forts ; une jeune femme, au nom de sa foi, mais aussi au nom de son humanisme, accepte de se démarquer, elle lui garde sa confiance, son respect, elle le soutient moralement et ne craint pas les représailles ! (Cette situation m'a été confiée cette semaine !) 
 
Qu'est ce que je fais pour les lépreux d'aujourd'hui ?
Dans notre évangile, Jésus touche le malade et À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. Avec Jésus, Parole et geste sont porteurs de vie. Partout où passe Jésus, la vie jaillit ! Avec la vie naissent la joie, l'apaisement et, en même temps la responsabilité ! J'ai le devoir d'entretenir le cadeau de la vie : la santé est un bien précieux que je ne dois pas gaspiller . Est-ce que je sais rendre grâce pour ce don spécifique ? Est-ce que je prends les moyens de l'entretenir ou bien je le dilapide dans des excès de toutes sortes : alcool, drogue, abus de médicaments, veilles excessives !

Et quand le lépreux se trouve guéri, que lui dit Jésus ?
Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant :« Attention, ne dis rien à personne,mais va te montrer au prêtre,et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi :cela sera pour les gens un témoignage. » En bon Juif, et certainement pour détourner l'attention de Sa propre personne, Jésus applique ici ce qui est demandé dans la loi de Moïse :
" Voici quelle sera la loi concernant le lépreux, pour le jour de sa purification. On l'amènera au prêtre, et le prêtre, étant sorti du camp, l'examinera. Si le lépreux est guéri de la plaie de lèpre, le prêtre ordonnera que l'on prenne pour celui qui doit être purifié deux oiseaux vivants et purs, du bois de cèdre, du cramoisi et de l'hysope. Le prêtre fera égorger l'un des oiseaux au-dessus d'un vase de terre, sur de l'eau vive. Puis, ayant pris l'oiseau vivant, le bois de cèdre, le cramoisi et l'hysope, il les trempera, ainsi que l'oiseau vivant, dans le sang de l'oiseau égorgé sur l'eau vive. Il en aspergera sept fois celui qui doit être purifié de la lèpre, il le déclarera pur et lâchera dans les champs l'oiseau vivant. Celui qui se purifie lavera ses vêtements, rasera tout son poil et se baignera dans l'eau; et il sera pur. Ensuite il pourra entrer dans le camp, mais il restera sept jours hors de sa tente. … Le prêtre qui fait la purification présentera l'homme qui se purifie et toutes ces choses devant le Seigneur, à l'entrée de la tente de réunion. Lév 14

L'important pour Jésus, est de permettre à cet homme de retrouver officiellement sa place dans le Temple et dans la société . Il pourra rejoindre Jésus s'il le souhaite mais il doit faire reconnaître sa guérison par ceux qui détiennent l'autorité, ils l'avaient exclu au temps de la maladie, c'est à eux de le réintégrer, de lui redonner sa place dans sa communauté d'appartenance.

Cette guérison, que l'on peut targuer de spectaculaire, s'inscrit dans le combat de Jésus pour effacer toutes les différences, pour inviter l'humanité à la fraternité universelle, en faisant tomber les barrières dressées par nos égoïsmes, c'est sans doute l'aspect le plus puissant de la Bonne Nouvelle de l’Évangile. Dieu nous veut heureux, Dieu, disions-nous la semaine dernière en citant St Irénée, « nous veut debout » ! C'est Sa joie, Son bonheur Sa gloire. Jésus ne dit-t-il pas :
Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. (Jean 3)
Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d'avoir la vie en lui-même (Jean 5)
Car c'est la volonté de mon Père qui m'a envoyé, que quiconque voit le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle; et moi je le ressusciterai au dernier jour." (Jean 6)
C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. (Jean 6)

Entre les Actes des Apôtres et les évangiles, la Vie est citée 104 fois ! Ce lépreux, après des années de souffrance, de malédictions de toutes sortes, recouvre la santé, recouvre la Vie, et Jésus lui demande la discrétion ! Mais il éclate de vie, de bonheur, de joie, comment retiendrait-il sa langue , même en faisant un effort pour taire la merveille, celle-
ci, parle d'elle-même, il suffit de le regarder, de voir le changement opéré ! Hier exclus, rejeté, défiguré, écrasé, ignoré, éloigné, forçant les gens à changer de trottoir, à se détourner, à prendre un autre chemin ( qui n'a jamais fait cela pour éviter un gêneur, un bavard, un « pestiféré …,) aujourd'hui, même sans le dire, la vie éclate en lui, elle s'impose, elle déroute même, alors :

Une fois parti,cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle,de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville,mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.

Non seulement cet homme est guéri de ce qui faisait sa honte, son malheur, mais il est PURIFIE, lavé, il redevient, aux yeux de tous, l'ami de Dieu . Dieu l'a toujours considéré comme tel, mais pas les hommes, car ce sont les hommes qui dressaient des barrières infranchissables, il était banni ! Comment ne laisserait-il pas éclater sa joie ?

Pourquoi, Jésus lui demande t-Il de se taire ? Jésus sait très bien que semblable changement, sans être dit, saute aux yeux ! Je vois deux raisons à cela, il y en a bien d'autres sûrement !

Nous avons vu Jésus , envahi, pressé par la foule dans la maison de Pierre, une foule avide de Le toucher, et d'être touchée, une foule, même si sa quête est plus de « gourmandise » que de foi , en attente , assoiffée d'une vie meilleure, une foule qui a découvert son Sauveur, Celui qui guérit, libère, ouvre un horizon nouveau, une ère nouvelle. Mais Jésus ne veut pas se laisser enfermer « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. » Jésus dit clairement son intention d'annoncer largement la Bonne Nouvelle du Salut et cela ne fait pas que des heureux, nous le savons et ne tarderons pas à le constater . Ce serait la deuxième raison du silence demandé au lépreux. Si Jésus fait des heureux, si les gens cherchent à Le toucher, s'ils courent après lui, d'autres s'insurgent et polémiquent .Les scribes et les pharisiens se mirent à penser 
 
« Quel est cet homme qui dit des blasphèmes ? (Luc 5) »

« les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » (Matthieu 9)

Les jugements de toutes sortes fusent, Jésus est épié. Les controverses n'ont pas tardé On peut dire qu'en naissant, en arrivant sur la terre des hommes, Jésus est déjà un gêneur, Hérode n'a t-il pas peur d'être supplanté ? Jésus veut se donner le temps de former Ses apôtres de conduire le groupe à maturité Il souhaite donc une certaine discrétion pour éviter les dérapages, son heure, n'est pas encore venue. C'est je pense la raison essentielle de l'impossible silence demandé.

« Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville,mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui » Pouvons-nous oser penser et croire que Jésus devient à son tour le lépreux qui «  n'avait ni forme ni beauté pour attirer nos regards, ni apparence pour exciter notre amour. Il était méprise et abandonné des hommes, homme de douleurs et familier de la souffrance, comme un objet devant lequel on se voile la face; en butte au mépris, nous n'en faisions aucun cas. Vraiment c'était nos maladies qu'il portait, et nos douleurs dont il s'était chargé; .. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos péchés, broyé à cause de nos iniquités; le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun de nous suivait sa propre voie; et le Seigneur a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous. Is 53

Oui, Jésus s'est fait lépreux pour nous donner la Vie ! Jésus est venu pour que l'homme ait la vie et la vie en abondance ? Il prend sur Lui notre déchéance pour nous élever à la dignité de fils, à la Vie de Dieu ! En revêtant notre chair, Jésus s'est chargé de notre péché, Il s'est fait lépreux pour nous ! Voilà jusqu'où conduit l' AMOUR inconditionnel d'un Dieu qui se fait homme !
Je suis venu pour la vie
Je suis venu pour la vie
Je suis venu pour la vie éternelle.

O Père sois béni,
De cacher ce mystère aux puissants,
De révéler aux petits,
L'incroyable amour de ton cœur de Père.

Ne soyez un obstacle pour personne,
ni pour les Juifs, ni pour les païens,
ni pour l’Église de Dieu.
Ainsi, moi-même, en toute circonstance,
je tâche de m’adapter à tout le monde,

 sans chercher mon intérêt personnel,
mais celui de la multitude des hommes,

pour qu’ils soient sauvés.
Imitez-moi,
comme moi aussi j’imite le Christ.
1 Co. 10


L'Ermite

vendredi 2 février 2018

C'EST POUR CELA QUE JE SUIS SORTI

CINQUIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B


(Mc 1, 29-39)

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Jésus, nous le savons, n'a pas de lieu à lui pour se reposer. « Il n'a pas où reposer sa tête, »

Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des abris, mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer la tête. (Luc 9)
 
Jésus vit libre à l'égard de tout bien , Il fait ce qu'Il dit, et c'est ce qu'Il demande à Ses apôtres et à tous ceux qui s'engagent dans ses pas. Il accepte ici, l'hospitalité de Pierre. Or, en rentrant dans la demeure ils découvrent que : la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Cela tombe plutôt mal. Les convives sont en nombre , c'est assez embarrassant ! 
 
Pierre, ou l'un des invités, sans faire la moindre pression, exprime simplement la situation : Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Je trouve cette manière de présenter la situation assez intéressante pour notre vie quotidienne ! Il n'y a pas ici d'agitation, de gesticulation, de déconvenue, on constate un fait : « la belle-mère de Pierre est alitée, elle est malade », et on partage avec Jésus ce désagrément. Comment réagissons-nous quand nos plans sont contrariés ? Laissons-nous paraître notre déconvenue, ou prenons-nous la mesure de la situation, prenons-nous le temps de réfléchir pour trouver la solution la mieux adaptée, le plus discrètement possible pour ne gêner personne ? Jésus semble ne rien dire, par contre, sensible à ce qui vient de lui être confié, «  La gloire de Dieu, dira St Irénée, c'est l'homme vivant, l'homme debout » Jésus ne peut qu'être heureux, de nous voir et savoir en situation de service ! Il constate l'embarras de Ses nouveaux amis, et agit immédiatement, sans se perdre en toutes sortes de considérations : 
 
Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever.La fièvre la quitta, et elle les servait.

Jésus prend l'initiative de s'approcher . Un agir familier à Jésus , quand Jésus s'incarne c'est Lui qui s'approche de l'humain , Il quitte le cocon Trinitaire pour s'approcher de notre humanité, jusqu'à l'épouser, la faire sienne, devenir l'un de nous pour mieux comprendre ce que nous vivons. Jésus ne reste pas à la périphérie de nos vies, Jésus est l'un de nous , Il épouse toute notre humanité avec ses grandeurs et ses limites, hormis le péché !

Jésus saisit ici la main de cette femme épuisée par la fièvre. Jésus ne craint pas de la toucher comme Il le fera souvent au cours de Sa vie, l'aveugle-né, le sourd-muet , la fillette décédée … et la fit lever. Quand Jésus touche quelqu'un Il est efficace, Il remet debout, en état de service, c'est ce que fait immédiatement cette personne. Avec la santé, elle retrouve la joie du service, la joie de donner de la joie aux autres, à ceux qui l'entourent !

Et moi, et vous, sommes-nous heureux, joyeux de servir nos frères ? Savons-nous partager notre joie, nos joies telle cette femme qui ayant perdu une drachme dit: " Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la drachme que j'avais perdue. " (Luc 15)

Nous partageons assez facilement nos peines pour alléger notre fardeau, mais nos joies, savons-nous les partager, pour associer nos amis à notre action de grâce ?

Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte.Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies,et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

Souvenons-nous , l’Évangile de dimanche dernier, se terminait par ces mots : »Sa renommée se répandit aussitôt partout,dans toute la région de la Galilée. »Le Sabbat se termine avec le coucher de soleil, les propos de Jésus à la synagogue et la nouvelle de l'expulsion d'un démon, tout cela s'est répandu comme une « traînée de poudre » ceux qui ont entendu et vu, ne tardent pas à venir vers Jésus en qui ils ont découvert leur libérateur ! Ils ne viennent pas seuls, ils sont accompagnés par des personnes atteintes de toutes sortes de maladies. La libération du possédé la semaine dernière donne envie de se laisser « toucher » par Jésus. A ce stade il s'agit, surtout, et sans doute essentiellement, de trouver ou retrouver un bien-être physique. Par la suite nous entendrons Jésus, poser la question ou simplement dire  :"Crois-tu au Fils de l'homme?" (Jean 9)

Et quiconque vit et croit en moi, ne mourra point pour toujours. Le croyez-vous?" (Jean 11)
" Ne crains pas, crois seulement et elle sera guérie. (Luc 8)
" Ne crains pas, crois seulement. (Marc 5)
« Ta foi t'a sauvée, va en paix. (Luc 7)
« Ma fille, ta foi t'a guérie; va en paix. (Luc 8)
" Vois! Ta foi t'a sauvé. " (Luc 18)
« Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique (Marc 2)
" Qu'il vous soit fait selon votre foi! " (Matthieu 9)

Ici, rien de cela, Jésus, guérit, Jésus libère. Par Ses actes Il veut donner envie d'aller plus loin mais Il doit avant tout se faire connaître. C'est seulement avec les démons qu'Il expose Ses exigences : « il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. » Personne, en effet, n'est en mesure, autant que les démons, de percer le « mystère-Jésus » . Nous le disions dimanche dernier, ils sont du « sérail », à l'origine, ils participent à la sainteté de Dieu, ils sont devenus ce qu'ils sont, part choix, ils se sont révoltés ! S'ils ont perdu leur innocence, ils n'ont pas perdu leur acuité spirituelle et sont toujours capables de différencier le beau, du laid . Jésus leur impose de se taire parce que l'heure n'est pas encore venue de révéler qui Il est vraiment. C'est plus tard qu'Il parlera plus ouvertement comme dans la rencontre avec l'aveugle-né :

« Jésus apprit qu'ils l'avaient ainsi chassé, et l'ayant rencontré, il lui dit: "Crois-tu au Fils de l'homme?" Il répondit: "Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui?" Jésus lui dit: "Tu l'as vu; et celui qui te parle, c'est lui-même." "Je crois, Seigneur" dit-il, et se jetant à ses pieds, il l'adora. (Jean 9)

Quand nous prions , quand nous appelons Jésus à l'aide, où nous situons-nous ? Sommes-nous de ceux qui tirent les ficelles pour obtenir du secours en tournant aussitôt le dos pour vaquer à nos occupations ne pensant au Seigneur que dans la besoin ou bien cherchons-nous à mieux Le connaître pour mieux comprendre et mieux aimer ?

Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube.Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait.

Après semblable bain de foule, Jésus éprouve la nécessité de s'isoler pour faire le point avec son Père, dans le cœur à cœur de la prière, en un lieu isolé, loin du brouhaha de la foule qui le presse .
Savons-nous, nous mêmes prendre ces temps de recul pour repenser, dans le silence et à la lumière de l’Évangile, nos engagements apostoliques et autres ? C'est une nécessité vitale pour durer mais aussi pour rectifier notre service !

Ici c'est intéressant de voir que Jésus manque lorsqu'Il s'éloigne. Les apôtres et d'autres d'ailleurs ne peuvent plus se passer de Sa Présence !
Éprouvons - nous ce même sentiment quand Jésus nous paraît absent ? Nous posons-nous pour comprendre ce qui se passe ? Cherchons-nous à ranimer la flamme qui vacille dans notre vie spirituelle ? Regardons Simon-Pierre :

Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.

« Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s'ouvre. (Luc 11) »
dira Jésus dans St Luc. En effet, Jésus se laisse trouver par ceux qui Le cherchent en vérité. 
 
Le cherchons-nous vraiment ? Prenons-nous tous les moyens que l’Église met à notre disposition pour Le trouver ? Sacrements, liturgie, lecture assidue de l’Écriture Sainte, notamment celle de l’Évangile, formation continue ….

C'est parce qu'ils sont sortis, ils ne sont pas restés à attendre, qu' Ils le trouvent et lui disent :« Tout le monde te cherche. »Jésus leur dit :« Allons ailleurs, dans les villages
voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »
La question à se poser , en écoutant la réponse de Jésus, n'est-elle pas de savoir la raison de cette quête, de cette recherche ? Lui, Jésus ne veut pas se laisser enfermer, Il ne refuse pas ce service de libération mais Son Incarnation n'est-elle pas l'Annonce de la BONNE NOUVELLE ? Les actes qu'Il pose pour soulager l'humanité blessée ne sont-ils pas le SIGNE par excellence de ce qu'Il disait il y a quinze jours, en parcourant la Galilée ; « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » 
 
Marchons-nous dans les pas de Jésus pour ce qu'Il nous donne , ou pour vivre en étroite union avec Lui pour apprendre de Lui, à faire la volonté du Père ? Sommes-nous prêts à sauter dans l'inconnu pour continuer la route avec Lui ? A prendre des chemins qui nous déstabilisent un moment mais élargissent notre horizon ?

Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. » 
 
Jésus est venu pour que les hommes, TOUS LES HOMMES aient la Vie et qu'ils l'aient en abondance, Ce n'est pas en restant à Capharnaüm, bien calés dans nos pantoufles, que la Bonne Nouvelle se frayera un chemin, Jésus se doit d'aller AILLEURS , tous les hommes ont droit de savoir que le Père les aime et qu'Il leur ouvre des chemin nouveaux . »c’est pour cela que je suis sorti. » C'est aussi l'urgence décrite dans la deuxième lecture de ce jour où St Paul affirme « Annoncer l’Évangile,ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile !Certes, si je le fais de moi-même,je mérite une récompense.Mais je ne le fais
pas de moi-même,c’est une mission qui m’est confiée.Alors quel est mon mérite ? C’est d’annoncer l’Évangile sans rechercher aucun avantage matériel,et sans faire valoir mes droits de prédicateur de l’Évangile.

Annoncer l’Évangile, est-ce pour chacun de nous une priorité ? Cette annonce est possible de bien des façons et, déjà en essayant de le mettre dans nos vies, en devenant chaque jour Bonne Nouvelle dans nos milieux de vie. Je peux l'annoncer aussi dans mes conversations par mes paroles imprégnées de son esprit !

Réveillons-nous, il n'est jamais trop tard,mettons-nous en marche avec Jésus Et parcourons toute la Galilée, (de notre temps) proclamant l’Évangile au monde entier.

    Louez le Seigneur car il est bon de célébrer notre Dieu,
    car il est doux, il est bienséant de le louer.
Le Seigneur rebâtit Jérusalem, il rassemble les dispersés d'Israël.
Il guérit ceux qui ont le cœur brisé, et il panse leurs blessures.
Il compte le nombre des étoiles, il les appelle toutes par leur nom.
(Psaume 147)


Oui, libre à l’égard de tous,
je me suis fait l’esclave de tous
afin d’en gagner le plus grand nombre possible.
Avec les faibles, j’ai été faible,
pour gagner les faibles.
Je me suis fait tout à tous
pour en sauver à tout prix quelques-uns.
Et tout cela, je le fais à cause de l’Évangile,
pour y avoir part, moi aussi.
1Cor 9.
L'Ermite