samedi 15 avril 2017

CHRIST EST VRAIMENT RESSUSCITE !

CHRIST EST RESSUSCITE ALLELUIA, ALLELUIA !
IL EST VRAIMENT RESSUSCITE ALLELUIA !

(Jn 20, 1-9)


Le premier jour de la semaine,Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ;c’était encore les ténèbres.Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple,celui que Jésus aimait,et elle leur dit :
Marie Madeleine bouleversée ne cherche pas plus loin ! Elle ne se penche même pas dans le tombeau pour s'informer davantage ! Le tombeau est ouvert et cela suffit pour tirer une conclusion hâtive :« On a enlevé le Seigneur de son tombeau,et nous ne savons pas où on l’a déposé. »

Ne reconnaissons-nous pas là, une de nos réactions quand un événement nous trouble, nous dépasse ? Au lieu de nous calmer, de nous poser pour réfléchir aux différentes éventualités et regarder paisiblement, posément la situation, nous nous laissons submerger par les émotions qui nous rendent incapables de bien voir, de bien mesurer ce qui se passe.Ici c'est moindre mal, Marie Madeleine se précipite chez le responsable des apôtres, mais la précipitation, dans la vie de tous les jours, peut nous conduire à des erreurs d'appréciation monumentales. Demandons à Jésus cette grâce incomparable d'une parfaite maîtrise de soi, ce fruit de l'Esprit qui nous permettra de nous ajuster de façon mesurée et ,raisonnable aux situations, pour mieux les appréhender. « voici ce que produit l'Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi. Face à tout cela, il n'y a plus de loi qui tienne. (Galates 5)

Alerté : « Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau.Ils couraient tous les deux ensemble,mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.En se penchant, il
s’aperçoit que les linges sont posés à plat ;cependant il n’entre pas. » N'est-il pas bon de nous arrêter quelques instants sur l'attitude pleine de déférence de l'Apôtre Jean ? Jean pouvait rentrer dans le tombeau sans toucher quoique ce soit, mais il respecte trop son aîné et son chef pour agir de la sorte ? Où en sommes-nous aujourd'hui dans nos relations ? Nous les aînés d'abord ? 
Si nous montrons la route, les jeunes suivront : «  ces enfants, écoute-les, respecte-les, aime-les, aide-les à se prendre eux-mêmes en charge, ils te regardent vivre, que tu le veuilles ou non, tu as une responsabilité vis à vis d'eux :
Si tu ralentis, ils s'arrêtent,
Si tu critiques, ils démolissent,
Si tu doutes, ils désespèrent
Mais, si tu marches devant, ils dépasseront, si tu donnes ta main, ils


donneront leur peau et si tu pries, alors ils seront des saints ! » Oui, nos jeunes nous regardent, ils apprennent bien plus en regardant qu'en écoutant nos discours qui peuvent les agacer ! L’Évangile est porteur de vie sous toutes ses formes, réapprenons la déférence en regardant Jean !

« Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour.Il entre dans le tombeau ;il aperçoit les linges, posés à plat,ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus,non pas posé avec les linges,mais roulé à part à sa place.C’est alors qu’entra l’autre disciple,lui qui était arrivé le premier au tombeau.Il vit, et il crut.Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture,il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. »Pierre, fait l'inventaire de la situation, quand Jean entre à son tour, lui aussi voit, mais ce qu'il voit avec son regard « d'aigle » comme le veut la tradition, le propulse dans l'Ailleurs qui nous dépasse et il adhère immédiatement « Il vit, et il crut » Que voit-il ? les linges de
l'ensevelissement posés de façon ordonnée et non jetés à la va vite, l'un de ces linges est même roulé . Celui qui s'est levé a pris le temps de ranger, il ne peut s'agir d'un enlèvement mais bien d'un relèvement ! Il s'est levé d'entre les morts Celui que nous avons crucifié , plus tard Pierre dans un discours extraordinaire rapporté par Luc dans les Actes s'écriera «  Israélites, écoutez ces paroles: Jésus de Nazareth, homme que Dieu a accrédité auprès de vous par les miracles, les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes; lui, livré selon le dessein arrêté et la prescience de Dieu, que vous avez fait mourir en le crucifiant par la main des impies, Dieu l'a ressuscité, déliant les liens de la mort, parce qu'il n'était pas possible qu'elle le tînt en son pouvoir. David, en effet, dit à son sujet: Je voyais, continuellement le Seigneur devant moi, parce qu'il est à ma droite, afin que je ne sois point ébranlé. C'est pour cela que mon cœur s'est réjoui, et que ma langue a été dans l'allégresse, et qu'aussi même ma chair reposera dans l'espérance: parce que vous n'abandonnerez pas mon âme dans le séjour des morts, et vous ne permettrez pas que votre Saint voie la décomposition. Vous m'avez fait connaître les chemins de la vie; vous me remplirez de joie par (la vue de) votre face. Mes frères, il est permis de vous dire avec assurance du patriarche David, qu'il est mort, qu'il a été enterré et que son tombeau est encore aujourd'hui parmi nous. Comme donc il était prophète et savait que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir sur son trône un fils de son sang, voyant d'avance, il a parlé de la résurrection du Christ, (disant) et qu'il n'a pas été abandonné
dans le séjour des morts, et que sa chair n'a pas vu la décomposition.
C'est ce Jésus que Dieu a ressuscité: nous en sommes tous témoins. Ayant donc été élevé par la droite de Dieu et ayant reçu du Père l'Esprit-Saint promis, il a répandu ce que vous voyez et entendez. Car, David n'est pas monté aux cieux, mais il dit lui-même: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Asseyez-vous à ma droite, jusqu'à ce que j'aie fait de vos ennemis un escabeau pour vos pieds. Que toute la maison d'Israël sache donc avec certitude que Dieu l'a fait et Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié. (Actes 2) Sans doute Jean se souvient-il de l'étonnant et merveilleux moment de la Transfiguration, peut-être aussi de certaines paroles de Jésus , toujours est-il qu'il croit instantanément ! Et n'est-elle pas étonnante cette parole de conclusion ? « Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture,il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. »
Cette parole est révélatrice de cet autre Parole du Christ : « Pour eux s'accomplit la prophétie d'Isaïe qui dit: Vous entendrez de vos oreilles et vous ne comprendrez point; vous verrez de vos yeux, et vous ne verrez point. (Matthieu 13) Et nous pouvons comprendre ce qui nous est dit ici ; que de fois nous entendons sans comprendre, sans entendre vraiment aussi, nous regardons, sans voir et nous réagissons : « au fait, qu'a-t-il, elle dit ? Oui, je regardais, mais sans voir !


Ne sommes-nous pas souvent aveugles, sourds, muets ? Les apôtres ont entendu plusieurs fois Jésus leur parler de Sa Passion/Résurrection mais il fallait l'expérience pour assimiler, pour intérioriser, pour accueillir et enfin se réjouir ! Il fallait ce tombeau vide et pour certains comme Thomas, il fallait mettre ses mains dans les plaies pour s'écrier :
Mon Seigneur et mon Dieu !


Christ est VIVANT ! ALLELUIA !
CHRIST EST RESSUSCITE !
ALLELUIA
prémices de ceux qui se sont endormis,
avec lui nous RESSUSCITERONS  ALLELUIA !
GLOIRE ET LOUANGE A TOI SEIGNEUR JESUS !

L'Ermite

vendredi 7 avril 2017

SUR UN ÂNON

DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION

A DOS D'ÂNE

En arrivant à Jérusalem, Jésus n'a rien, absolument rien ! Il a toutefois, et c'est important, quelques amis sur qui Il croit pouvoir compter, ces amis-là, des vrais, ne lui refuseront rien ! La preuve, Il envoie deux disciples pour emprunter une ânesse et son ânon, sans même demander la permission, s'ils sont interpellés il suffira de répondre: « Le Seigneur en a besoin ». C'est dire la qualité de relation, la confiance absolue qui les unit !
L’Évangéliste n'évoque-t-il pas le Prophète Zacharie qui, au IV e siècle avant Jésus écrivait :
« Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie,
fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient vers toi : il est juste et victorieux, humble et monté sur un âne, un âne tout jeune. Ce roi fera disparaître d'Éphraïm les chars de guerre, et de Jérusalem les chevaux de combat ; il brisera l'arc de guerre, et il proclamera la paix aux nations. Sa domination s'étendra d'une mer à l'autre, et de l'Euphrate à l'autre bout du pays. (Zacharie 9)
Mais à dos d'âne, ce roi n'a rien d'un guerrier, et s'Il fait la guerre, une guerre pacifique, c'est au Mal qui habite l'humanité car le Père et Jésus avec Lui, « a choisi ce qui est faible pour confondre ce qui est fort ». La monture est faible et Celui qui l'emprunte choisit les armes apparemment faibles mais tellement plus fortes que tous notre arsenal de guerre, parce que Celui qui les manie doit être incomparablement fort pour demeurer ce qu'Il est : « l'amour incarné » la Parole qui met debout, qui libère, qui ouvre des horizons infinis !

L'amitié vraie, dont nous parlions plus haut, profonde, est un don de Dieu. C'est une force dans la vie, un appui sûr, un roc inébranlable. Cette réalité c'est un peu vulgarisée aujourd'hui, on parle d'amis alors qu'il s'agit de connaissances, très proches, certes, mais avec qui on avance souvent sur la pointe des pieds. L'ami(e) est rare, c' est un don de Dieu que l'on accueille avec respect et dont il faut savoir rendre grâce lorsqu'on a la chance, mieux encore, la grâce d'avoir un(e) ami(e) !
Les disciples sont dans la mouvance de l'amitié, «  Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant, je vous appelle mes amis, car tout ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait connaître. » (Jean 15) il y a toutefois un plus : cette relation spirituelle profonde qui va jusqu'à la fraternité, il suffit de s'arrêter
quelques instants sur la façon dont les apôtres se comportent, s'oubliant pour apporter un peu de confort à leur Maître devenu leur ami : « ils (les disciples) amenèrent l'ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux et Jésus s'assit dessus. » Délicatesse de l'amitié , Jésus avait demandé une monture, pas un relatif confort, mais l'ami va plus loin, il prend soin de son alter ego, il essaie de le soulager dans sa fatigue, prévient les risques encourus, voit loin et large. Car aimer c'est donner de sa vie, c'est donner sa vie pour l'autre, pour les autres ! «  Il n'y a pas de plus grand amour que de donner Sa vie pour ses amis » nous dit Jésus en Jean 15,13 C'est ce vers quoi Jésus avance .
Il y a là des foules venues L'accueillir plus que décemment, certaines Le précèdent dans la ville Sainte et vont jusqu'à joncher la route de manteaux en agitant des rameaux pour célébrer cette arrivée qui devient un triomphe ! D'autres, Le suivent dit le texte, Jésus est entouré, glorifié, reconnu comme : « Hosanna au Fils de David ! Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » C'est surréaliste quand on connaît ce qui va suivre ! Et pourtant, Jésus est acclamé, nommé comme le Fils
de David, donc comme Messie, car la plupart savent que le Messie est de la lignée de David ! Ils appellent même le ciel à témoin, puisqu'ils l'associent à cette liesse et quand les habitants de Jérusalem demandent « qui est cet homme ? » les foules n'hésitent pas à Le situer : « C'est le Prophète Jésus, de Nazareth en Galilée » Pourtant ils ne peuvent ignorer comment Jésus fut reçu dans la ville où Il a grandi Lui-même notant :" Un prophète n'est sans honneur que dans sa patrie et dans sa maison. (Mat 13)
« qui est cet homme ? »interrogent les gens de Jérusalem ? Cette entrée festive les intrigue ! Et nous, sommes-nous blasés ou bien cherchons-nous à connaître toujours davantage Celui à qui nous devons notre Salut ? Jésus, le Saint de Dieu, le Fils unique du Père éternel, nous Le rencontrerons au jour de notre vraie naissance et nous serons dans l'étonnement, dans l'émerveillement. Il est tellement plus grand, tellement plus beau dans son être que ce que nous comprenons de Lui. Les plus grands théologiens, les plus grands exégètes, en restent au B – A BA alors, nous le petit peuple des croyants ? Il est bon toutefois de tendre vers une connaissance toujours plus fine, plus ajustée à cette Parole qui nous fait vivre et illumine nos cœurs, nos vies ! Dieu, en Jésus est si grand que nous trébucherons comme le disait quelqu'un, en arrivant à la Maison d’Éternité !
L'entrée quasi triomphale de Jésus à Jérusalem sera suivie d' une série d'enseignements visuels et oraux dont certains font allusion à la Passion qui approche puis on plonge dans la trahison. Nous parlions d'amis d'amitié et voilà qu'un ami , vous, moi, représentés ici par Judas va Le trahir ! J'entends vos protestations , pourtant, chacun, à notre façon nous participons à cette trahison ! Le péché est une trahison et il n'y a pas de petit et de grand péché, car tout péché est un refus d'aimer. Le péché, c'est se préférer, le péché c'est se choisir, Jésus, Lui, nous apprend à aimer, nous apprend à bien choisir, nous apprend à préférer ce que veut le Père : « Car je ne suis pas descendu du ciel pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de celui qui m'a envoyé. Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite tous au dernier jour. Car la volonté de mon Père, c'est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jean 6) Est-ce mon souci ? Est-ce l'orientation de ma vie ? Suis-je tourné vers le Père pour qu'Il m'enseigne, qu'Il m'informe, qu'Il me montre la Route à suivre comme l'était Jésus, comme l'était ce paysan d'Ars qui passait beaucoup de temps devant le tabernacle et qui répondait au Saint Curé qui l'interrogeait sur ce qu'il disait « au bon Dieu » « Je l'avise et Il m'avise ». Prenons-nous le temps de Lui demander Son avis  pour qu'Il nous avise ?

Plus on Le fréquente et plus Il nous inspire parce que l'oreille du cœur reste ouverte au doux murmure de Sa voix. Essayons ! C'est une extraordinaire expérience spirituelle.

Cette entrée , j'ai du mal à dire triomphale, car, pour Jésus , il n'y a rien de triomphal, cette entrée donc, ouvre la grande semaine de la Passion-Résurrection, elle est d'ailleurs suivie de la Passion selon St Matthieu qui s'ouvre avec le marchandage de Judas. Puisse le Seigneur Lui-même nous donner le langage des disciples pour que nous puissions d'une parole soutenir celui qui est épuisé. Puisse-t-il éveiller nos oreilles pour nous permettre d'écouter en vrais disciples ! Puisse-t-il nous faire entrer avec Jésus Lui-même, dans les trois jours saints qui vont suivre pour les vivre non pour accomplir un devoir annuel de chrétiens, mais pour communier avec ( pardonnez-moi) nos viscères, à Jésus qui est et sera en agonie jusqu'à la fin du monde ! Quand un homme souffre c'est Jésus qui souffre en lui ! Si je secours un frère, je secours Jésus dans Sa Passion, dans son agonie !

Mon Dieu, mon Dieu,
Pourquoi m'as-tu abandonné ?

Le salut est loin de moi, loin des mots que je rugis.
Mon Dieu, j'appelle tout le jour, et tu ne réponds pas ;
*même la nuit, je n'ai pas de repos.
Toi, pourtant, tu es saint, toi qui habites les hymnes d'Israël !
C'est en toi que nos pères espéraient, ils espéraient et tu les délivrais.
Quand ils criaient vers toi, ils échappaient
en toi ils espéraient et n'étaient pas déçus.
Et moi, je suis un ver, pas un homme,
raillé par les gens, rejeté par le peuple.
Tous ceux qui me voient me bafouent,
ils ricanent et hochent la tête :
« Il comptait sur le Seigneur : qu'il le délivre !
Qu'il le sauve, puisqu'il est son ami ! »
C'est toi qui m'as tiré du ventre de ma mère,
qui m'a mis en sûreté entre ses bras.
A toi je fus confié dès ma naissance ;
dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu.
Ne sois pas loin : l'angoisse est proche, je n'ai personne pour m'aider.
Des fauves nombreux me cernent, des taureaux de Basan m'encerclent.
Des lions qui déchirent et rugissent ouvrent leur gueule contre moi.
Je suis comme l'eau qui se répand, tous mes membres se disloquent.
Mon cœur est comme la cire, il fond au milieu de mes entrailles.
Ma vigueur a séché comme l'argile, ma langue colle à mon palais.
Tu me mènes à la poussière de la mort. + Oui, des chiens me cernent,
une bande de vauriens m'entoure. Ils me percent les mains et les pieds ;
je peux compter tous mes os. Ces gens me voient, ils me regardent. +
Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement.
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :ô ma force, viens vite à mon aide !
Préserve ma vie de l'épée, arrache-moi aux griffes du chien ;
sauve-moi de la gueule du lion et de la corne des buffles.
Tu m'as répondu ! + Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée. Vous qui le craignez, louez le Seigneur,glorifiez-le, vous tous, descendants de Jacob,vous tous,
 redoutez-le, descendants d'Israël.
Car il n'a pas rejeté, il n'a pas réprouvé le malheureux dans sa misère ;
il ne s'est pas voilé la face devant lui, mais il entend sa plainte.
Tu seras ma louange dans la grande assemblée ;
devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses.
Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ;
ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent :
« A vous, toujours, la vie et la joie ! »
La terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur,
chaque famille de nations se prosternera devant lui :
« Oui, au Seigneur la royauté, le pouvoir sur les nations ! »
Tous ceux qui festoyaient s'inclinent ;
promis à la mort, ils plient en sa présence.
Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ;
on annoncera le Seigneur aux générations à venir.
On proclamera sa justice au peuple qui va naître :
Voilà son œuvre
(Psaume 21)

Très belle fête des rameaux ! Excellente semaine sainte avec Jésus qui nous sauve ! Que Jésus nous bénisse et nous fasse grandir dans Son Amour. Ensemble redisons-Lui notre MERCI

L'Ermite

samedi 1 avril 2017

DELIEZ-LE !

   CINQUIEME DIMANCHE DE CAREME ANNEE A
Jn 11, 1-45

DELIEZ-LE


Le premier dimanche de Carême, à Satan qui Le provoque, Jésus répond : « C'est le Seigneur Ton Dieu que tu adoreras », le deuxième , c'est le Père qui intervient dans la nuée et déclare aux apôtres « Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-Le » ; le troisième, au terme d'un extraordinaire dialogue avec Jésus, une étrangère,la Samaritaine, rend témoignage et permet à ses compatriotes d'effectuer une expérience de foi : « nous savons que c'est vraiment Lui le Sauveur du monde », ; dimanche dernier, l'aveugle de naissance, à la question de Jésus : « crois-tu au Fils de l 'homme, répond : « je crois Seigneur ! » et il se prosterna devant lui.
Nous voyons la merveilleuse évolution de notre montée vers Pâques : rejeter les idoles pour adorer le seul vrai Dieu, accueillir en Jésus, ce Dieu qui nous sauve, Le reconnaître Dieu, dans les actes qu'Il pose,nous prosterner à Ses pieds avec l'aveugle de Naissance pour L'adorer et reconnaître, en Lui, le Dieu Sauveur . Aujourd'hui, avec Lazare, nous franchissons l' échelon supérieur, Celui qui est LUMIERE est aussi Vie et Vie éternelle !

Celui que Tu aimes est malade !
En ce temps-là,il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie,le village de Marie et de Marthe, sa sœur.Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux.C’était son frère Lazare qui était malade.Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » Nous sommes, ici, dans un contexte amical. Jésus connaît bien Marthe, Marie et leur frère Lazare, il Lui arrive de se reposer à auprès d'eux, les deux sœurs, n'hésitent pas à Le faire appeler quand leur frère est gravement malade, elles sont dans la confiance, ne doutent pas un instant de la venue de Jésus : Jésus a de l'amitié pour Lazare, Il ne peut refuser de se déplacer, et sous-entendu, « d'intervenir » en sa faveur.Voilà de quoi est capable l'amitié ! C'est une expérience que nous connaissons et comprenons ! Si ma famille est dans l'épreuve, si des amis sont dans l'épreuve, dans la mesure de mes possibilités, je me déplace pour apporter aide et réconfort !
Quand un de nos proches est malade, savons-nous, nous tourner vers Jésus, dans la prière ? Osons-nous demander le sacrement des malades?Ce sacrement n'est pas prévu pour les agonisants et encore moins pour les morts mais pour ceux qui sont confrontés à l'épreuve de la maladie. A ceux qui subiront prochainement une intervention chirurgicale, ce sacrement apporte, la paix, l'abandon, la force dans l'épreuve ! C'est Jésus Lui-même qui vient nous réconforter !
« En apprenant cela, Jésus dit :« Cette maladie ne conduit pas à la mort,elle est pour la gloire de Dieu,afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Un indice nous révèle ici que cette maladie est au service de la manifestation du Fils de Dieu comme tel ! « elle (cette maladie) est pour la gloire de Dieu,afin que par elle, le Fils de Dieu soit glorifié. »Pour peu que nous soyons attentifs, nous retrouverons facilement, dans notre cheminement, des moments d'épreuve, de difficultés, de tensions, qui ont été, et demeurent d'étonnantes expériences de la Présence de Dieu à nos côtés. Après coup, nous nous sommes écriés, avec Jacob « Dieu était là et je ne le savais pas ! » Gen 28 Tout événement, dans la foi, est Parole de Dieu ! A nous d'en prendre conscience et de rendre grâce pour ce Dieu qui nous parle  !

Jésus, Ses disciples : Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.Quand il apprit que celui-ci était malade,il demeura deux jours

encore à l’endroit où il se trouvait.Puis, après cela, il dit aux disciples :« Revenons en Judée. »Les disciples lui dirent :« Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas,cherchaient à te lapider,et tu y retournes ? »Jésus répondit :« N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ?Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas,parce qu’il voit
la lumière de ce monde ;mais celui qui marche pendant la nuit trébuche,parce que la lumière n’est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta :« Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. »Les disciples lui dirent alors :« Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ;eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil.

Le contexte est de moins en moins favorable, Jésus est menacé, en danger aussi, au point que les apôtres tentent de Le détourner de son dessein. Jésus, de son côté, sait très bien, non seulement qu'Il est attendu par Marthe et Marie, mais qu'Il posera un geste à la gloire du Père. Il sait aussi, qu'il est important, vital pour Ses apôtres qu'ils soient présents à l'événement qui va suivre , c'est vital pour leur foi ! Rien ne peut Le détourner de Sa mission.« Lazare est mort,et je me réjouis de n’avoir pas été là,à cause de vous, pour que vous croyiez.Mais allons auprès de lui ! » Les apôtres sont inquiets pour la vie de Jésus, ils craignent des représailles de la part de Ses opposants, au point que Thomas leur dit :« Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » Et les voilà partis.

Nous verrons, bientôt, que Lazare est dans son tombeau depuis plusieurs jours lorsque Jésus intervient et c'est ce qui rendra furieux Ses ennemis !

Ton frère ressuscitera !
À son arrivée,Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.Comme Béthanie était tout près de Jérusalem– à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –,beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère.Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus,elle partit à sa rencontre,tandis que Marie restait assise à la maison.
Marthe dit à Jésus :« Seigneur, si tu avais été ici,mon frère ne serait pas mort.Mais maintenant encore, je le sais,tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »Jésus lui dit :« Ton frère ressuscitera. »
La foi en la Résurrection n'est apparue qu'au deuxième siècle avant Jésus, Marthe et Marie font partie des personnes qui adhèrent à cette espérance : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection,au dernier jour. » Marthe parle d'un futur, pour le moment, son frère doit attendre cette heure dans son tombeau et les deux sœurs savent qu'elles ne le verront plus sur cette terre. C'est une expérience douloureuse difficile à assumer. Jésus dans cette circonstance de mort, révèle quelque chose de très important qui va engager une parole de foi de son amie  :« Moi, je suis la
résurrection et la vie.Celui qui croit en moi,même s’il meurt, vivra ;quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.Crois-tu cela ? » Marthe parle du futur, Jésus parle au présent . Là, maintenant, je suis la résurrection et la Vie , Je suis messager de Vie, je suis donneur de Vie. Au chapitre 10 de St Jean ne disait-Il pas : « Si le Père m'aime, c'est parce que je donne ma vie. J'ai pouvoir de la donner et pouvoir de la reprendre. C'est pourquoi personne ne m'enlève cette vie, mais je la donne de Moi-même." Jésus est Maître de la vie, Il est la Vie : »Je suis, le chemin la vérité et la vie » Jn 14 Aussi, à la question de Jésus Marthe engage tout son être, c'est du fond d'elle-même que jaillit cet extraordinaire acte de foi :« Oui, Seigneur, je le crois :tu es le Christ, le Fils de Dieu,tu es celui qui vient dans le monde. » Non seulement Marthe dit sa foi, mais elle affirme devant ses amis que Jésus est le Christ c'est-à-dire l'Oint du Père, et, plus encore, le Fils du Père, Dieu éternel et par voie de conséquence, si Jésus est le Fils de Dieu, Il est Dieu Lui-même ! Quelle intensité dans cette réponse de Marthe ! Elle est prête pour accueillir le don et la merveille de Dieu !

Les larmes de Jésus
Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie,et lui dit tout bas :
« Le Maître est là, il t’appelle. »Marie, dès qu’elle l’entendit,se leva rapidement et alla rejoindre Jésus.Il n’était pas encore entré dans le village,mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré.Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la récon-fortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ;ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.
Marie était à la maison pendant le dialogue entre Jésus et Marthe et pourtant, elle affirme la puissance de Vie dont Jésus est porteur . Elle affirme ici que Jésus est le Maître de la Vie, c'est ce qu'elle exprime en se jetant à Ses pieds . « Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus.Dès qu’elle le vit,elle se jeta à ses pieds et lui dit :« Seigneur, si tu avais été ici,mon frère ne serait pas mort. » Parle-t-elle d'un possible miracle de guérison, Jésus a présidé à tellement de guérisons : lépreux, aveugles, muets, paralytiques, le fils de la veuve de Naïm qu'Il remet debout, la fille de Jaïre.... que veut-elle dire ? Quoiqu'il en soit de sa pensée, Marie affirme sa confiance en une Présence porteuse de vie . La douleur de Marie, touche Jésus :
Quand il vit qu’elle pleurait,et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi,Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé,et il demanda :« Où l’avez-vous déposé ? »Ils lui répondirent :« Seigneur, viens, et vois. »Alors Jésus se mit à pleurer.Les Juifs disaient :« Voyez comme il l’aimait ! »Mais certains d’entre eux dirent :« Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle,ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Ces quelques versets révèlent Jésus dans son humanité, capable d'émotion, bouleversé par la souffrance, celle d'autrui, la sienne aussi ! Son ami Lazare n'est plus là , il s'enquiert de savoir où il se trouve, comprend et pleure ! Sans doute ne sommes-nous pas conscients des larmes de Jésus ! Peut-être le croyons-nous stoïque ? Mais quelle erreur ! Jésus durant ces trois années de vie publique guérit, soulage, compatit, rassure, pleure. Jésus pleure avec nous, Jésus pleure sur notre péché « Et quand il s’approcha, il regarda la ville, et pleura sur elle. » Lc 19
« Qui durant les jours de sa chair, lorsqu’il offrit avec de grands cris et des larmes, des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été entendu en ce qu’il craignait » (Hébreux,5:7).
Jésus pleure avec nous, sur nous, Jésus pleure parce qu'Il souffre, de notre souffrance, de sa souffrance, physique, morale, Jésus ne fait pas semblant, aujourd'hui, Jésus pleur en nous, avec nous !Il est pleinement homme et pleinement Dieu. Les larmes de Marthe, Marie, de leurs amis, l'atteignent vraiment :

Jésus, repris par l’émotion,arriva au tombeau.C’était une grotte fermée par une pierre.Jésus dit :« Enlevez la pierre. »Marthe, la sœur du défunt, lui dit :« Seigneur, il sent déjà ;c’est le quatrième jour qu’il est là. »
Suivent quatre moments d'une densité impressionnante :
- A Marthe qui s'inquiète Jésus rappelle :« Ne te l´ai-je pas dit ?
Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu.»
Il est difficile à Marthe, sinon impossible, après quatre jours de revoir son frère vivant, de le serrer dans ses bras ! 
- Comme Il le fait avant tout moment important de Son existence, Jésus se tourne vers le Père Lui, « qui ne fait rien qu'Il ne voie faire au Père ». C'est rappeler ici que le Père est en Lui et Lui dans le Père :  « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé.Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ;mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure,afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Le but est toujours le même : fortifier ou éveiller la foi de ceux qui L'entourent et manifester au monde que ce qu'Il accomplit, c'est le Père qui l'accomplit en Lui, en raison de leur parfaite unité.

  • Vient alors le moment le plus impressionnant pour tous : il cria d’une voix forte :« Lazare, viens dehors ! »Et le mort sortit,les pieds et les mains liés par des bandelettes,le visage enveloppé d’un suaire.Nous trouvons cela deux fois dans les évangiles, lors de la résurrection de Lazare et au moment où Lui-même, Jésus expire sur la croix: »Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l'esprit. »Mt 27
  • Vient alors la Parole libératrice, la Parole qui remet Lazare DEBOUT, la Parole qui donne Vie à celui qui était enfermé dans les liens de la mort.


« Déliez-le, et laissez-le aller. » C'est dans la Passion/Résurrection de Jésus que l'homme est libéré, que je suis libéré(e) dans la mesure où j'accepte ce don de Dieu fait aux hommes. Ne serait-ce pas un des symbolismes de ce retour à la vie de Lazare ? Car Lazare après sa mort est rendu à la vie terrestre qui était la sienne auparavant, alors que dans sa seconde mort il entrera dans cette vie éternelle qui n'aura pas de fin ! Le péché nous enferme dans un tombeau , dans la nuit, dans la putréfaction, la Passion - Résurrection nous fait vivre dans la lumière, nous purifie nous enveloppe de « la bonne odeur du Christ ».( expression qui nous vient de St Augustin me semble-t-il) Alors n'hésitons plus un seul instant, courons au sacrement de la Réconciliation, permettons à Jésus d'ouvrir notre tombeau, celui où nous enferme notre péché, nous sortirons déliés, , libres et vainqueurs du mal qui nous enferme ! N'attendons plus ! Et retenons ce qui suit :


« Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait,crurent en lui »
Notre acte d'humilité,et plus exactement de vérité, éveillera des cœurs et leur donnera foi, en ce Dieu qui nous aime et nous sauve !

Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Je vais ouvrir vos tombeaux
et je vous en ferai remonter,
ô mon peuple,
et je vous ramènerai sur la terre d’Israël.
    Vous saurez que Je suis le Seigneur,
quand j’ouvrirai vos tombeaux
et vous en ferai remonter,
ô mon peuple !
    Je mettrai en vous mon esprit,
et vous vivrez ;
je vous donnerai le repos sur votre terre.
Alors vous saurez que Je suis le Seigneur :
j’ai parlé
et je le ferai
– oracle du Seigneur.
Ezékiel
L'Ermite