vendredi 13 mai 2016

DES FLEUVES D'EAU VIVE !

DIMANCHE DE PENTECÔTE 2016

 « Des fleuves d’eau vive couleront » 

(Jn 7, 37-39)


Alléluia. Alléluia. 
Viens, Esprit Saint !
Emplis le cœur de tes fidèles !
Allume en eux le feu de ton amour !
Alléluia.
Nous avons récemment réfléchi sur l’Évangile de la fête de Pentecôte, je retiens donc,cette semaine, l’Évangile de cette fête à la messe de la veille au soir.

    « Au jour solennel où se terminait la fête des Tentes, »

Certains se demanderont, à quoi correspond cette fête des Tentes, soit parce qu'ils l'ont oublié, soit parce qu'ils ne l'ont jamais su ! Il n'est sans doute pas inutile de rappeler ici, à quoi correspond cette fête chez nos frères Juifs. J'emprunte à Chrystian BOYER Bibliste, la présentation qu'il en fait. Si vous trouvez cela trop long passez au commentaire du texte évangélique plus bas.

« À l’automne, les juifs célèbrent trois fêtes. L’une d’elles, Soukkot, la fête des « Cabanes », aussi appelée fête des Tabernacles ou des Tentes, dure tout une semaine. Alors que je résidais à Jérusalem, j’en ai profité pour aller me promener dans le quartier Mea Shearim et dans la vieille ville.

La fête des Tentes rappelle la sortie d’Égypte et plus précisément les quarante années au cours desquelles les Hébreux vécurent dans le désert en route vers la Terre sainte, guidés par Moïse. Pendant tout ce temps-là, les Hébreux avaient habité dans des tentes, ou des huttes, et c’est pourquoi à l’occasion de la fête des Tentes les juifs bâtissent une petite cabane dans leur cour, jardin ou encore sur leur balcon.

 La cabane doit rappeler que les demeures des Hébreux au désert étaient provisoires. Elle doit donc obligatoirement être une construction temporaire; ce ne peut pas être une annexe permanente à la maison, par exemple. La cabane doit être dressée à l’occasion de la fête, puis ensuite démontée. Elle peut ou non avoir des murs, mais le toit doit être fait de branchages, de telle sorte que le jour la lumière du soleil soit cachée, mais que la nuit on puisse y voir les étoiles de l’intérieur. Elle doit être assez grande pour pouvoir contenir des convives réunis autour d’une table à manger.


Cabane à usage public érigée dans la vieille ville de Jérusalem.
(photo : C. Boyer)
La fête des Tentes dure une semaine, et en principe les juifs doivent vivre dans cette cabane pendant toute la durée de la fête, c’est d’ailleurs un commandement biblique : « Dans des huttes, vous habiterez pendant sept jours. » (Lv 23,42) En fait, ils y dorment rarement, mais ils y consomment des repas en famille et y pratiquent différentes activités de la vie régulière, comme la lecture, la prière ou la discussion avec des amis.

La fête des Tentes est une fête joyeuse et ça se reflète dans plusieurs coutumes qui y sont rattachées. Celle des « invités », par exemple : chaque jour de la fête, on invite symboliquement les grands personnages du judaïsme à entrer dans la tente : Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse, Aaron et David. Une autre coutume consiste à « tenir le loulav », un bouquet fait de trois plantes, ainsi qu’un fruit, que l’on agite à des moments particuliers de la fête pour symboliser la réjouissance devant Dieu demandée en Lv 23,40.

À l’origine, la fête des Tentes était une fête agricole célébrant la fin des récoltes, et c’est de là sans doute que vient la tradition des cabanes : lors des vendanges, on dressait dans les vignes des petites cabanes, des huttes de branchages, dans lesquelles on résidait le temps des récoltes (Jb 27,18Is 1,8). Avec le temps, la fête a été historicisée, c’est-à-dire qu’elle a été rattachée à un épisode de l’histoire des Hébreux, en l’occurrence la sortie d’Égypte. Les cabanes érigées lors de la fête servirent alors à rappeler les tentes qu’avaient dressé les Hébreux dans le désert (Lv 23,42-43).

Si la fête des Tentes est aujourd’hui très populaire et très appréciée, surtout par les enfants, c’était aussi le cas dans l’Antiquité. Elle était peut-être même considérée comme la fête plus importante de toutes, car dans la Bible elle est souvent simplement appelée « la fête », sans plus de précision (ainsi en 1 R 8,65). Selon l’historien juif Flavius Josèphe, qui vécut au Ier siècle de notre ère, il s’agit de « la fête la plus sainte et la plus grande chez les Hébreux » (Antiquités juives 8,100).

La fête des Tentes est mentionnée dans l’évangile de Jean : Jésus hésite à monter à Jérusalem où il se savait en danger, mais ses frères l’incitent à se faire connaître à la foule qui y sera présente à l’occasion de la fête des Tente (Jn 7,1-4). C’est qu’à l’époque, la fête des Tentes était une des trois fêtes juives de pèlerinage (les deux autres étant la Pâque et la fête des Semaines - la Pentecôte). Jusqu’à la destruction du temple de Jérusalem en l’an 70 de notre ère, des milliers de juifs affluaient à Jérusalem afin de venir assister aux cérémonies spéciales ayant lieu au temple de Jérusalem et y offrir les offrandes prescrites dans les Écritures. Ainsi, à l’époque de Jésus, les juifs venaient de partout : de Judée, de Galilée, mais aussi des différentes villes de la diaspora juive, comme Alexandrie ou Rome. Les pèlerins qui n’avaient pas d’endroit où loger à Jérusalem érigeaient des petites cabanes dans les environs de la ville et y résidaient le temps de la fête. Une façon de joindre l’utile… au religieux. »

Jésus, debout, s’écria :
« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi,
et qu’il boive,
    celui qui croit en moi !

À la fête des Tentes, au jour le plus solennel, une procession allait
puiser de l’eau à la piscine de Siloé ; c’est alors que Jésus annonce le “don” l’eau vive."Si vous connaissiez le don de Dieu, et qui est celui qui vous dit: Donnez-moi à boire, vous même lui en auriez fait la demande, et il vous aurait donné de l'eau vive."Jn 4,10 répond Jésus à la Samaritaine. Bien avant Jésus, nous lisons dans la Genèse 28, 19 : «  Les serviteurs d' Isaac creusèrent encore dans la vallée et y trouvèrent un puits d'eau vive. »

Puis dans Isaïe vers 735 av. Jésus :
« Et le Seigneur te guidera perpétuellement, il rassasiera ton âme dans les lieux arides. Il donnera de la vigueur à tes os; tu seras comme un jardin bien arrosé, comme une source d'eau vive, qui ne tarit jamais. » Is 58, 11

Déjà avant la venue du Christ il était écrit : “l’Esprit de Dieu remplit l’univers” (Sagesse 1,7 vers la fin du 1er siècle ). Dieu n’a jamais cessé de se communiquer, son Esprit pénètre notre esprit pour l’éveiller, lui donner force et vie L’Esprit, c'est Dieu-qui-se-communique à toutes les créatures de tous les temps. Il est en quelque sorte capable de se diviser, d’habiter dans chaque créature par des dons différents, pour les ramener ensuite à l’unité en Dieu. Et Dieu ne lésine pas, quand Dieu donne et se donne c'est l'abondance : « De son cœur couleront des fleuves d’eau vive. » En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en lui. En effet, il ne pouvait y avoir l’Esprit
puisque Jésus n’avait pas encore été glorifié. »

Jésus, n'a-t-Il pas dit en effet : «  Je ne vous laisserai point orphelins;
je viendrai à vous.. Je vous ai dit ces choses pendant que je demeure avec vous.Mais le Consolateur, l'Esprit-Saint, que mon Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » Jn,14,18

En effet et Jésus le dit de Lui-même," Lorsque vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous connaîtrez qui JE SUIS, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je dis ce que mon Père m'a enseigné.Et celui qui m'a envoyé est avec moi, et il ne m'a pas LAISSE TOUT SEUL parce que je fais toujours ce qui lui plaît. » Jn 8,28 nous ne sommes jamais seuls, l'Esprit Saint, Esprit du Père et du Fils, habite en nous, c'est Lui qui nous guide, nous conduit, nous tient en éveil, Il est cette Lumière dans la nuit qui nous éclaire, nous permet de prendre les bonnes décisions et, surtout de discerner quelle est la bonne décision. Si nous sommes à l'écoute de Ses inspirations, en les faisant vérifier bien sûr, afin de ne pas confondre notre imagination souvent désordonnée, avec l'Esprit Saint si bien décrit dans la Livre de la Sagesse : 

« la sagesse est plus agile que tout mouvement; elle pénètre et s'introduit partout, à cause de sa pureté.Elle est le souffle de la puissance de Dieu, une pure émanation de la gloire du Tout-puissant; aussi rien de souillé ne peut tomber sur elle. Elle est le resplendissement de la lumière éternelle, le miroir sans tache de l'activité de Dieu, et l'image de sa bonté. Étant unique, elle peut tout; restant la même, elle renouvelle tout; se répandant, à travers les âges, dans les âmes saintes, elle en fait des amis de Dieu et des prophètes. Dieu, en effet, n'aime que celui qui habite avec la sagesse. Car elle est plus belle que le soleil, et que l'arrangement harmonieux des étoiles. Comparée à la lumière, elle l'emporte sur elle; car la lumière fait place à la nuit, mais le mal ne prévaut pas contre la sagesse. La sagesse atteint avec force d'un bout du monde à l'autre, et dispose tout avec douceur. Sag 7,22 – 8,1

Comment ne pas désirer cet Esprit là, comment ne pas Le désirer avec toutes les fibres de notre être, comment ne pas supplier Dieu, en cette fête de Pentecôte, de nous combler de Son Esprit Saint, avec les sept dons retenus par le Canon de l’Église, parce que ces sept dons sont ce faisceau lumineux qui comprend tous les autres ! don de sagesse, d'intelligence, de conseil, de force, de connaissance, d'affection filiale et de crainte de Dieu.

Parfois, nous sommes fiers de telle réussite, mais en réalité, nous n'y sommes pour rien , nous ne pouvons et devons que rendre grâce à Dieu Père, et Fils et Esprit d'avoir bien voulu ouvrir notre intelligence pour offrir à nos frères ce qui nous est donné. Tout, absolument tout, vient de Dieu, tout nous est donné et notre grâce, c'est de le mettre à la disposition de nos frères.

En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint
qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en lui.
En effet, il ne pouvait y avoir l’Esprit
puisque Jésus n’avait pas encore été glorifié.

C'est en offrant librement, Sa vie sur la croix de toutes les infamies que Jésus a livré l'Esprit qui nous fait vivre et cet Esprit : « vient au secours de notre faiblesse,car nous ne savons pas prier comme il faut.L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables.Et Dieu, qui scrute les cœurs,connaît les intentions de l’Esprit puisque c’est selon Dieu que l’Esprit intercède pour les fidèles. Rom 8

J'ai vu l'eau vive
jaillissant du cœur du Christ,
alléluia !
Tous ceux que lave cette eau
Nous sommes lavés par cette eau lors du baptême !
seront sauvés et chanteront :
alléluia !

Alléluia, alléluia, alléluia !

J'ai vu la source
devenir un fleuve immense,
alléluia !
La source, c'est Jésus !
Les fils de Dieu rassemblés
chantaient leur joie d'être sauvés,
alléluia !

Alléluia, alléluia, alléluia !

J'ai vu le Temple
désormais s'ouvrir à tous,
alléluia !
Le Temple c'est encore Jésus, qui, au baptême
fait de chacun de nous le Temple de l'Esprit !
Le Christ revient victorieux,
montrant la plaie de son côté,
alléluia !

Alléluia, alléluia, alléluia !

J'ai vu le Verbe
nous donner la paix de Dieu,
alléluia !
Le Verbe, c'est Jésus,
La Paix, c'est Jésus !
Tous ceux qui croient en son nom
seront sauvés et chanteront :
alléluia !


Alors, oui :
Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur !
la terre s’emplit de tes biens


tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu,
ceux-là sont fils de Dieu.
    Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous
des esclaveset vous ramène à la peur ;
mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ;
et c’est en lui que nous crions
« 
Abba ! », c’est-à-dire : Père !
    C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit
que nous sommes enfants de Dieu.
    Puisque nous sommes ses enfants,
nous sommes aussi ses héritiers :
héritiers de Dieu,
héritiers avec le Christ,
si du moins nous souffrons avec lui
pour être avec lui dans la gloire.


TRÈS TRÈS PROFONDE ET BELLE ET SAINTE FÊTE DE PENTECÔTE ! QUE L'ESPRIT DE JÉSUS HABITE EN CHACUN DE NOUS !


L'Ermite

samedi 7 mai 2016

POUR QUE LE MONDE CROIE !


SEPTIÈME DIMANCHE DE PÂQUES 2016

(Jn 17, 20-26)


En ce temps-là,les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi :« Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi.

Nous sommes à l'écoute de la grande prière sacerdotale de Jésus avant qu'Il ne s'enfonce dans la nuit du Jardin des Oliviers, à l'heure si violente de la trahison de Judas.

Judas n'est plus là, il s'est enfoncé, lui, dans la nuit du péché, pour conclure le sordide marché de la remise de Jésus dans les mains des soldats romains.

Jésus prie pour ses apôtres, Il sait à quel point ils seront éprouvés par les événements de la Passion, Il embrasse dans cette prière tous ceux qui, grâce à leur parole, croiront en Lui.donc pour chacun de nous, pour les croyants d'hier, d'aujourd'hui, de demain.


Arrêtons-nous quelques instants, personnellement sur cette assertion, prenons conscience de cette grâce inouïe : Jésus, avant de connaître les affres de la Passion a prié pour moi ! N'avons-nous pas du mal à réaliser ce que cela représente ? Peut-être même, enjambons-nous allégrement ce verset sans l'entendre, à plus forte raison sans en percevoir la portée ? Jésus, à cette HEURE, a prié pour moi ! Prenons le temps de Le remercier avec ardeur et ferveur ! Et cela, non seulement aujourd'hui, mais aussi souvent que nous en accueillerons la grâce ! Il me semble que tous les mots sont vains ! La seule attitude capable d'exprimer notre merci, ne serait-elle pas l'adoration ? Avec St Thomas redisons : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Jésus poursuit :

Que tous soient un,comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi.Qu’ils soient un en nous, eux aussi,pour que le monde croie que tu m’as envoyé.

Jésus qui a connu tant de controverses, n'est pas dupe. Il voit, d'avance tous les tiraillements, les batailles de mots, les déchirements … Les uns pensant détenir la Vérité alors que Lui seul est cette VÉRITÉ. Il confie SA PAROLE à des hommes de bonne volonté certes, mais fragiles, limités, terriblement humains. Jésus sait que cette Vérité qu'Il Est, sera bafouée, au nom de la vérité, chacun étant sûr d'être dans la Vérité ! Au lieu de nous « battre »   avec des mots, de devrions-nous pas unir nos cœurs dans une ardente prière, devant la seul Vrai, le seul Saint et Le supplier de nous donner son humilité, certains, que même les plus proches de la Vérité, en sont encore bien loin car Celui qui est LA VÉRITÉ est aussi le TOUT AUTRE !

Jésus, Toi, le Véridique, fais de nous, avant tout, des Tout Petits la seule vérité à notre portée.



Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée,pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi.Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un,afin que le monde sache que tu m’as envoyé,et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.Père,

Comprenons -nous, voulons-nous comprendre, la densité de ce verset ? De notre unité dépend la foi du monde ! Quand le monde verra, il comprendra que Celui que nous suivons « cahin-caha » est l’Envoyé du Père ! Voilà ce que Jésus désire le plus avant de remonter vers Son Père et notre Père, et Il va plus loin encore :

ceux que tu m’as donnés,je veux que là où je suis,ils soient eux aussi avec moi,et qu’ils contemplent ma gloire,celle que tu m’as donné parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.Père juste,le monde ne t’a pas connu,mais moi je t’ai connu,et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé.

Nous sommes « ceux que le Père a donné à Jésus » et Jésus, qui ne garde RIEN pour Lui seul, veut que « Là où Il est, nous soyons aussi ! » Jésus nous donne TOUT, Il ne garde rien pour Lui, Il nous appelle à partager non pas LA gloire, mais SA Gloire, celle qu'Il reçoit du Père au terme d'une route semée d'embûches et quelles embûches  ! C'est tellement grand , tellement inconcevable pour nos esprits étroits, que, souvent, nous préférons nous étourdir, ne pas y penser, ne pas réfléchir et dire avec les interlocuteurs de Jésus : « Nous t'entendrons là-dessus une autre fois. » et le temps passe, nous nous anesthésions.. nous devenons adeptes du moindre effort, du «  pas d'effort du tout » et peu à peu, nous tombons dans une léthargie, incapables de reconnaître LA VÉRITÉ, le bien, le mal n'existent plus, nous avançons dans le brouillard et nous jugeons les Paroles de l’Église ( Jésus et l’Église c'est la même chose) trop exigeantes, j'en ai eu, encore un exemple cette semaine, la normalité c'est le laisser aller, le laisser faire ! Et Jésus continue de murmurer à nos oreilles, d'insuffler dans notre cœur :


Je leur ai fait connaître ton nom,et je le ferai connaître,pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux,et que moi aussi, je sois en eux. »

Autrement dit : « Je continuerai inlassablement, j'irai, inlassablement à contre courant pour leur faire connaître Ton NOM , pour que l'Amour dont Tu m'as aimé soit en eux et que moi aussi, je sois en eux ! »

    Heureux ceux qui lavent leurs vêtements :

En cette année de la MISÉRICORDE, lavons le vêtement de notre esprit dans le Sang de Jésus, par le sacrement de la Réconciliation !


ils auront droit d’accès à l’arbre de la vie
et, par les portes, ils entreront dans la ville.

Nous aurons accès à l'arbre de la vie, et nous entrerons, le moment venu, par la grande Porte de l'Amour au Royaume de l'Amour !
 
    L’Esprit et l’Épouse disent :
« Viens ! »
Celui qui entend, qu’il dise :
« Viens ! »
Celui qui a soif,
qu’il vienne.
Celui qui le désire,
qu’il reçoive l’eau de la vie,
gratuitement.

Donne-nous, donne-moi, Jésus, de cette eau vive ! Amen !  



L'Ermite

samedi 30 avril 2016

UNE DEMEURE ! CHEZ TOI !

SIXIÈME DIMANCHE DE PÂQUES 2016

(Jn 14, 23-29)


UNE DEMEURE ! CHEZ TOI !


En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples « Si quelqu’un m’aime,il gardera ma parole ; mon Père l’aimera,nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles.Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.

La semaine dernière, Jésus nous donnait le commandement de l'Amour, Il en faisait le signe par excellence qui témoignerait de notre appartenance au cercle de Ses disciples. Être disciples, c'est faire partie de Ses proches, partager Son mode de vie, Ses soucis, Ses espérances, c'est vivre de ce qui Le fait vivre, recevoir Son enseignement et se laisser animer par son contenu, le faire totalement sien, y adhérer sincèrement. C'est, justement ce que Jésus demande aujourd'hui :

« Si quelqu’un m’aime,il gardera ma parole ; mon Père l’aimera,nous
viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. »

En accueillant l'Enseignement du Maître, le disciple manifeste son attachement, son adhésion, son amour, son respect. Cet enseignement découle de la parole qui prend vie et forme et donne du sens. Jésus va encore plus loin, Il s'identifie à cette Parole puisqu'Il précise que « L'aimer c'est garder Sa parole » et qu'en conséquence , le Père aimera celui qui accueille et aime la parole du Fils et que les deux , le Père et le Fils, non seulement viendront habiter chez celui qui aime mais Ils y établiront leur demeure. Si le disciple aime Jésus, Il ne peut qu'aimer Sa Parole et en vivre et, en retour Le Père et le Fils demeurent, s'établissent, dans son être, Ils en font leur Temple, leur habitation.

Réalisons-nous, vraiment que nous sommes, pouvons être « la demeure du Père et du Fils et du Saint Esprit » car nous ne pouvons « héberger »l'un sans les autres ! Dieu est UN  en Trois Personnes distinctes mais indivisibles.

Je suis, tu es, nous sommes, demeure de Dieu, à condition de vivre de SA PAROLE !

Prenons le temps d'accueillir ce message au fond de notre être pour qu'il devienne une source incessante d'action de grâce et, surtout, nous aide à vivre « en grâce » !

J'évoquais la Présence de l'Esprit, Jésus ne tarde pas, ici, à compléter Sa pensée, Il annonce la venue, du Défenseur, c'est-à-dire , de notre Protecteur, et, comme tout part du Père, c'est Lui, le Père, qui l'enverra dès que le Fils aura été glorifié :

Je vous parle ainsi,tant que je demeure avec vous ;mais le Défen-
seur,l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom,lui, vous enseigne-ra tout,et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.

Quant à l'Esprit, non seulement Il nous protège mais Il nous enseigne, Il permet aux disciples de comprendre ce qui reste obscur, pour eux, dans l'Enseignement du Maître, et nous éclaire sur notre propre chemin. Pour recevoir cet éclairage, il est indispensable d'être attentifs, de faire taire notre imagination , cette folle du logis qui brouille et embrouille notre esprit, il n'y a pas d'autre chemin pour entendre l'Esprit «  parler à notre esprit » . C'est en cultivant le silence intérieur que nous pouvons entendre, reconnaître et accueillir les motions de l'Esprit. L'Esprit Saint nous parle, nous guide, or souvent, très souvent nous sommes absents de chez-nous , tant nous sommes agités, troublés, si ce n'est dissipés.

N'est-ce pas pour rassurer Ses disciples et pour nous rassurer que Jésus poursuit en nous offrant la paix ?

Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne.

« La paix à la manière du monde » s'obtient par la dissuasion, dans des rapports de force, parfois par d'âpres négociations, la plupart du temps par les armes. Cette paix-là est fragile, et peut, hélas, facilement être remise en question.

La paix de Jésus est don de Dieu, fruit de l'Esprit « Le fruit de l'Esprit, c'est la charité, la joie, la paix, la patience, la mansuétude, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance. » Gal 5,22 Elle s'épanouit dans un cœur qui se laisse travailler par l'Esprit, un cœur qui accueille la Parole et la garde. « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent. » Lc 8,21 répond Jésus à cette femme qui loue « la femme qui l'a porté »

Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous.Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père,car le Père est plus grand que moi. je vous ai dit ces choses maintenant,
avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront,vous croirez. »

Souvenons-nous que la Passion de Jésus approche, les apôtres sont inquiets, Jésus est conscient du bouleversement qui est le leur aussi tente-t-Il de les rassurer, de les encourager de leur faire comprendre qu'il n'y a pas d' autre chemin possible que celui qu'Il manifestera en donnant librement sa vie pour le salut de l'humanité. C'est aussi le chemin du retour au Père, Il souhaite que les apôtres perçoivent que la gloire, la béatitude, est à ce prix, que pour Lui, Jésus, ce retour dans le sein du Père c'est Sa glorification. En s'incarnant, Jésus a épousé toute notre humanité, toutes les étapes que nous connaissons et, l'ultime passage de la Rencontre. Il en appelle à la gratuité de leur attachement, à la pureté de leur amour : « Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, » 

Aimer vraiment, c'est aimer l'autre, et ici, le Tout Autre, pour ce qu'Il est non pour ce qu'Il nous donne. Ici nous pouvons réfléchir à nos apparentes séparations, à ceux qui rentrent à la maison du Père… certes, c'est toujours un déchirement, et c'est normal, mais la joie profonde devrait vite prendre le dessus ! Ceux qui entrent en Dieu connaissent la paix, la joie, la béatitude. Leur vie s'épanouit en Dieu désormais, ils ne souffrent plus, ne luttent plus , ils connaissent ce bonheur à nul autre pareil, d’être établis en Dieu. Aimer vraiment c'est se réjouir de ce qui fait le bonheur d'autrui et, ici de Jésus. C'est à cet amour-là que Jésus nous invite : aimer l'autre pour lui-même, non pour soi, dans une parfaite gratuité, pour qu'il soit heureux lui, pleinement heureux !


Demandons au Seigneur, les uns pour les autres, cette grâce d'une totale gratuité (dans gratuité il y a grâce) dans nos amitiés, nos relations, nos amours !

Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse,
que son visage s’illumine pour nous ;
L'Ermite


vendredi 22 avril 2016

L'AMOUR EST TOUT QUI EST DIEU MÊME !

CINQUIÈME DIMANCHE DE PÂQUES 2016

(Jn 13, 31-33a.34-35)

« Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples,
quand Judas fut sorti du cénacle, »

L'heure est particulièrement solennelle, c'est, précise St Jean, le dernier repas que Jésus prend avec Ses disciples, et c'est au cours de ce repas que Jésus a tenté, en vain, de toucher le cœur de Judas qui a quitté le groupe pour s'enfoncer dans la nuit de son péché.

« Jésus déclara :« Maintenant le Fils de l’homme est glorifié,et Dieu est glorifié en lui.Si Dieu est glorifié en lui,Dieu aussi le glorifiera ;et il le glorifiera bientôt. »

Jésus ouvre son cœur, Son propos révèle à Ses frères que l'heure est grave, mais sont-ils en mesure d'en percevoir et la profondeur et la gravité ? Sans doute sentent-ils confusément que cette heure porte un mystère, mais ils sont bien loin d'imaginer ce qui va suivre. Quant à Jésus, en des termes clairs-obscurs, ne nous dit-il pas ce qu'il a souvent évoqué, à savoir : son unité absolue avec le Père :

 « le Père et moi nous sommes un » « Le Fils ne fait rien qu'Il ne voie faire au Père » « Ce que fait le Père, le Fils l'accomplit pareillement » . En effet, « Si Dieu est glorifié en lui,Dieu aussi le glorifiera ;et il le glorifiera bientôt ».

En Jésus qui se livre, le Père réalise Son dessein d'amour : le salut de l'humanité, ce salut c'est Sa glorification ; en retour, Il partage cette gloire de l'amour absolu avec le Fils et le : « bientôt » annonce, à mots couverts, ce que Jésus a confie bien des fois : sa propre résurrection.

 "il faut (pour) le Fils de l'homme beaucoup souffrir et être rejeté par les anciens et des grands-prêtres et des scribes et être mis à mort,et après trois jours , se lever ". Luc 9,22 

« Or d'abord il lui faut beaucoup souffrir et être rejeté de cette
génération-ci. » Lc 17,23

« Parce que le Christ devait souffrir ces choses, et entrer dans sa gloire. » Lc 24,26

Jésus poursuit cette conversation, à la manière d'un Testament . Si, à un moment Jésus appelle ses disciples « amis » :

« Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous ai appelés amis, parce que tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître. » Jn 15,15

ici, dans le contexte des heures qui Le séparent de La Passion, ils deviennent Ses « Petits enfants, ». Nous pouvons percevoir dans ces termes, toute la tendresse que Jésus veut leur exprimer avant de les quitter « c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. »

Jésus sait que Ses apôtres seront désorientés, déstabilisés, apeurés aussi, cherche-t-Il à les rassurer en exprimant l'attachement qu'Il leur porte. Puis Il poursuit cette conversation en donnant un commandement nouveau, il ne s'agit pas d'une simple recommandation, d'un souhait, non ! Jésus annonce et énonce « un commandement nouveau » sensé prendre une force particulière à cette ultime étape de Sa vie. Si ce  commandement n'a rien de nouveau, dans sa première partie : « Je vous donne un
commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. ». Ne le trouvons-nous pas, en effet dans l'Ancien Testament ? N'a-t-il pas une puissance particulière dans le Deutéronome, où Dieu demande qu'il soit non seulement dans le cœur mais écrit sur le front, attaché à la main, inscrit sur les piliers de la maison comme un rappel constant de son importance ?
« On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bon, et ce que le Seigneur demande de toi : c'est de pratiquer la justice, d'aimer la miséricorde, et de marcher humblement avec ton Dieu.

« 
Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces commandements que je te donne aujourd'hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. Tu les attacheras sur ta main pour te servir de signe, et ils seront comme un frontal entre tes yeux. Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. » Dt 6,5

« Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis Yahweh. i Vous observerez mes lois. » Lv 19,18

Vous traiterez l'étranger en séjour parmi vous comme un indigène du milieu de vous; tu l'aimeras comme toi même, car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte. Je suis Yahweh, votre Dieu. Lv 19,34

La nuance apportée par Jésus est capitale : «  Comme je vous ai aimés,
vous aussi aimez-vous les uns les autres ».
Ce « comme je vous ai aimés » ouvre une perspective insoupçonnée et insoupçonnable dont le poids et la mesure sont incalculables ! Aimer comme Jésus cela ne veut-il pas dire , sans la moindre retenue, sans rien garder pour soi, tout donner et se donner jusqu'à l'extrême si la grâce nous en est faite ? Nous connaissons tous au moins UNE personne qui donne et se donne, s'oubliant ne comptant ni sa peine, ni ses privations, ni ses veilles, ni...c'est notre maman ! Oui, les mamans, sont fabriquées dans « l'étoffe » du Christ ! » Le Père Damien, l'apôtre des lépreux était aussi de « cette trempe » tous les saints, d'hier et d'aujourd'hui dont la vie n'est que service, amour du plus petit, soutien du faible, de l'opprimé, sont ainsi livrés !
« Aimer comme Jésus » c'est accueillir chaque personne comme un frère, une sœur, c'est se livrer entièrement à la volonté du Père, c'est faire, dire, ce que le Père veut et rien de plus, c'est aimer ses ennemis, prier pour ceux qui nous font du mal, les bénir, vêtir celui qui est nu, donner à manger à celui qui a faim, visiter le prisonnier, donner sa vie …

Et Jésus de poursuivre :

À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples :
si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »
Comme je vous ai aimés,vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples :si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

Jésus ne craint pas de se redire, Il reprend plusieurs fois son « commandement », avec les variantes susceptibles de toucher les cœurs et pour bien ancrer cela dans l'esprit des apôtres et dans le nôtre !

La seule façon de pouvoir être reconnus comme disciples, c'est l'AMOUR ! Les paroles peuvent être du vent, le service peut être entaché par nos intentions, l'Amour seul ne trompe pas.

« Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas l'amour, je suis un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie, que je connaîtrais tous les mystères, et que je posséderais toute science; quand j'aurais même toute la foi, jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas l'amour, tout cela ne me sert de rien

La charité est patiente, elle est bonne; la charité n'est pas envieuse, la charité n'est point inconsidérée, elle ne s'enfle point d'orgueil; elle ne fait rien d'inconvenant, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne tient pas compte du mal; elle ne prend pas plaisir à l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité;elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout.

La charité ne passera jamais. S'agit-il des prophéties, elles prendront fin; des langues, elles cesseront; de la science, elle aura son terme. Car nous ne connaissons qu'en partie, et nous ne prophétisons qu'en partie; or, quand sera venu ce qui est parfait, ce qui est partiel prendra fin. Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j'ai laissé là ce qui était de l'enfant. Maintenant nous voyons dans un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme je suis connu. Maintenant ces trois choses demeurent: la foi, l'espérance, l'amour; mais le plus grand des trois c'est l'amour 1 Cor 13.

L'amour est le seul témoignage crédible car il demande un dépassement de soi. N'est-ce pas St Augustin qui disait : » La mesure de l'Amour, c'est d'aimer sans mesure » ?
Puisse notre amour grandir chaque jour davantage !


O vous tous, gens de la terre, 
qui cheminez si douloureusement.
Ayez d’abord la Charité.
Aimez-vous les uns les autres. 

Consolez-vous les uns les autres.
Soutenez-vous les uns les autres.

 Fût-on brûlé d’amour à en mourir.
On n’aime pas encore assez. On n’aime jamais assez.
L’amour est tout qui est Dieu même.

Extrait du chant d'Assise

L'Ermite