vendredi 15 avril 2016

DONNER SA VIE !

QUATRIÈME DIMANCHE DE PÂQUES 2016

DONNER SA VIE .



Jn 10, 27 – 30

Ce dimanche est aussi connu comme étant celui du Bon Pasteur . C'est tout le chapitre 10 de Saint Jean qu'il faudrait méditer. Jésus est ce Bon
Pasteur, mais Il est aussi la Porte de la Bergerie et les brebis ce sont tous
ceux qui acceptent de franchir cette porte pour vivre de la Parole du Bon Pasteur Jésus. Et parce qu'Il est ce Bon Pasteur, Jésus se donne totalement, Il se livre, donne sa Vie pour que les brebis aient la Vie. Comme les brebis connaissent leur berger, de même les brebis – les chrétiens- sont sensées connaître le Bon Pasteur Jésus « Je suis le bon pasteur; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, Comme mon Père me connaît, et que je connais mon Père, et je donne ma vie pour mes brebis.»Tout de suite après ce verset Jésus évoque les brebis qui ne sont pas dans la bergerie « J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie; il faut aussi que je les amène, et elles entendront ma voix et il y aura une seule bergerie et un seul pasteur ».Voilà le désir du cœur de Jésus : un seul Pasteur, une seule bergerie, un seul troupeau ! Pour cela il faut beaucoup de « pasteurs et
pastourelles » pour travailler à l'évangélisation des nations. C'est sans doute pour cette raison que le Bienheureux Paul VI a institué cette journée mondiale de prière pour les vocations spécifiques . Je ne m'attarde donc pas à commenter des paroles qui parlent par elles-mêmes mais je vous propose le magnifique message de notre Saint Père le Pape François à l'occasion de cette journée.

En ce temps-là,
Jésus déclara :
    « Mes brebis écoutent ma voix ;
moi, je les connais,
et elles me suivent.
    Je leur donne la vie éternelle :
jamais elles ne périront,
et personne ne les arrachera de ma main.
    Mon Père, qui me les a données,
est plus grand que tout,
et personne ne peut les arracher de la main du Père.
    Le Père et moi,
nous sommes UN. »


Comme je voudrais au cours du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, que tous les baptisés puissent expérimenter la Joie d'appartenir à l'Eglise !

Puissent-ils redécouvrir que la vocation chrétienne, ainsi que les vocations particulières, naissent au sein du peuple de Dieu et sont des dons de la miséricorde divine. L’Église est la maison de la miséricorde, et constitue le « terreau » où la vocation germe, grandit et porte du fruit. Pour cette raison, je vous invite tous, en cette 53 ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, à contempler la communauté apostolique, et à être reconnaissants pour le rôle que joue la communauté dans le parcours vocationnel de chacun.

Dans la Bulle d’indiction du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, j’ai fait mémoire des paroles de saint Bède le Vénérable concernant la vocation de saint Matthieu : « Miserando atque eligendo » (« Jésus regarda Matthieu avec un amour miséricordieux, et le choisit ») (Misericordiae Vultus, n. 8).

L’action miséricordieuse du Seigneur pardonne nos péchés et nous ouvre à la vie nouvelle qui se concrétise dans l’appel à sa suite et à la mission. Toute vocation dans l’Église a son origine dans le regard plein de compassion de Jésus. La conversion et la vocation sont comme les deux faces d’une même médaille et elles se rappellent sans cesse à nous, dans notre vie de disciple missionnaire.

Dans son Exhortation Apostolique Evangelii nuntiandi, le Bienheureux Paul VI a décrit les étapes du processus d’évangélisation. L’une d’entre elles est l’adhésion à la communauté chrétienne (cf. n. 23), dont on reçoit le témoignage de la foi et la proclamation explicite de la miséricorde du Seigneur. Cette incorporation communautaire comprend toute la richesse de la vie ecclésiale, particulièrement les sacrements.
Et l’Église n’est pas seulement un lieu où l’on croit, mais elle est aussi objet de notre foi ; pour cela, dans le Credo, nous disons : « Je crois en l’Église… ». L’appel de Dieu nous arrive à travers la médiation de la communauté. Dieu nous appelle à faire partie de l’Église et, après un certain temps de maturation en elle, il nous donne une vocation spécifique. Le parcours vocationnel se fait avec les frères et les sœurs que le Seigneur nous donne : c’est une convocation. Le dynamisme ecclésial de l’appel est un antidote à l’indifférence et à l’individualisme. Il établit cette communion dans laquelle l’indifférence a été vaincue par l’amour, parce qu’il exige que nous sortions de nous-mêmes, en mettant notre existence au service du dessein de Dieu et en faisant nôtre la situation historique de son peuple saint.

En cette journée consacrée à la prière pour les vocations, je désire exhorter tous les fidèles à prendre leurs responsabilités dans le souci et le discernement des vocations. Quand les apôtres cherchèrent
quelqu’un pour remplacer Judas Iscariote, saint Pierre rassembla cent vingt frères (cf. Ac 1,15) ; et, pour le choix des sept diacres, tout le groupe des disciples fut convoqué (cf. Ac 6,2). Saint Paul donna à Tite des critères spécifiques pour le choix des Anciens (Tt 1,5-9). Également aujourd’hui, la communauté chrétienne est toujours présente à la germination des vocations, à la formation de ceux qui sont appelés et à leur persévérance (cf. Exhort. Ap. Evangelii gaudium, n. 107). La vocation naît dans l’Église. Dès le début de l’éveil d’une vocation, un ‘sens’ adéquat de l’Église est nécessaire. Personne n’est appelé uniquement pour une région déterminée, ou pour un groupe ou un mouvement ecclésial, mais pour l’Église et pour le monde. « Un signe
clair de l’authenticité d’un charisme est son ecclésialité, sa capacité de s’intégrer harmonieusement dans la vie du peuple saint de Dieu, pour le bien de tous » (ibid., n. 130). En répondant à l’appel de Dieu, le jeune voit s’élargir son horizon ecclésial ; il peut découvrir les multiples charismes et réaliser ainsi un discernement plus objectif. De cette manière, la communauté devient la maison et la famille où naît la vocation. Le candidat regarde alors, dans la gratitude, cette médiation communautaire comme un élément auquel il ne peut renoncer pour son avenir. Il apprend à connaître et à aimer ses frères et sœurs qui parcourent un chemin différent du sien ; et ces liens renforcent en tous la communion. La vocation grandit dans l’Église.


Durant le processus de formation, les candidats aux diverses vocations ont besoin de connaître toujours mieux la communauté ecclésiale, en dépassant la vision limitée que nous avons tous au départ. À cette fin, il est opportun de faire des expériences apostoliques en compagnie d’autres membres de la communauté, par exemple :

- communiquer le message chrétien aux côtés d’un bon catéchiste ;

- faire l’expérience de l’évangélisation des périphéries avec une communauté religieuse ;

- découvrir le trésor de la contemplation en passant un temps dans un monastère ;

- mieux connaître la mission ad gentes(« aux nations ») au contact de missionnaires ;

- et, avec des prêtres diocésains, approfondir l’expérience de la pastorale en paroisse et dans le diocèse.

Pour ceux qui sont déjà en formation, la communauté ecclésiale demeure toujours le milieu éducatif fondamental, objet de toute notre gratitude. La vocation est soutenue par l’Église. Le parcours vocationnel dans l’Église ne s’arrête pas après l’engagement définitif, mais il continue dans la disponibilité au service, dans la persévérance et par la formation permanente. Celui qui a consacré sa vie au Seigneur est disposé à servir l’Église là où elle en a besoin. La mission de Paul et de Barnabé est un exemple de cette disponibilité ecclésiale. Envoyés en mission par l’Esprit Saint et par la communauté d’Antioche (cf. Ac 13,1-4), ils retournèrent dans cette même communauté et racontèrent ce que le Seigneur avait fait par eux (cf. Ac 14,27).

Les missionnaires sont accompagnés et soutenus par la communauté chrétienne qui demeure une référence vitale, en tant que patrie visible offrant sécurité à ceux qui accomplissent leur pèlerinage vers la vie éternelle.

Parmi les opérateurs pastoraux, les prêtres revêtent une importance particulière. À travers leur ministère, se rend présente la parole de Jésus qui a dit : « Je suis la porte des brebis […] Je suis le bon pasteur » (Jn 10, 7.11). Le souci pastoral des vocations est une part fondamentale de leur ministère pastoral. Les prêtres accompagnent ceux qui sont à la recherche de leur vocation, comme aussi ceux qui ont déjà offert leur vie au service de Dieu et de la communauté.

Tous les fidèles sont appelés à prendre conscience du dynamisme ecclésial de la vocation, afin que les communautés croyantes puissent devenir, à l’exemple de la Vierge Marie, ce sein maternel qui accueille le don de l’Esprit Saint (cf. Lc 1, 35-38). La maternité de l’Église s’exprime par la prière persévérante pour les vocations et par l’action éducative et l’accompagnement de ceux qui perçoivent l’appel de Dieu. Elle se réalise aussi dans le choix fait avec soin des candidats au ministère ordonné et à la vie consacrée.

Enfin, l’Église est mère des vocations par son soutien continu de ceux qui ont consacré leur vie au service des autres. Demandons au Seigneur d’accorder une profonde adhésion à l’Église à toutes les personnes qui sont en cheminement vocationnel ; et que l’Esprit Saint renforce chez les pasteurs et chez tous les fidèles la communion, le discernement, ainsi que la paternité et la maternité spirituelles.

Père de miséricorde, qui as donné ton Fils pour notre salut et qui nous soutiens sans cesse par les dons de ton Esprit, donne-nous des communautés chrétiennes vivantes, ferventes et joyeuses, qui soient sources de vie fraternelle et qui suscitent chez les jeunes le désir de se consacrer à Toi et à l’évangélisation. Soutiens-les dans leur application à proposer une catéchèse vocationnelle adéquate et différents chemins de consécration particulière. Donne la sagesse pour le nécessaire discernement vocationnel, afin qu’en tous resplendisse la grandeur de ton Amour miséricordieux. Marie, Mère et éducatrice de Jésus, intercède pour chaque communauté chrétienne, afin que, rendue féconde par l’Esprit Saint, elle soit source de vocations authentiques au service du peuple saint de Dieu.

Bonne et belle journée de prière pour les vocations !

L'Ermite

vendredi 8 avril 2016

POURQUOI ?

TROISIÈME DIMANCHE DE PÂQUES 2016

POURQUOI ?

Jn 21, 1-19


Dimanche dernier, Jésus a surpris les apôtres toutes portes verrouillées aujourd'hui, c'est à l'ai libre qu'Il les rejoint, et, qui plus est, au bord de l'eau, Il les attend même, car ceux-ci ont passé la nuit à la pêche ! Au lever du jour, à leur retour, quelqu'un, (Jésus) les interpelle depuis le rivage, eux ne Le reconnaissent pas immédiatement !

« Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage,mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. »

N'est-ce pas impressionnant ? Les apôtres ont vécu trois ans aux côtés de Jésus , Jésus les a rencontrés depuis Sa résurrection, et ils ne Le reconnaissent pas ! Pourquoi ? Sans doute espèrent-ils un Jésus bien différent de Celui avec qui ils ont cheminé, une espèce de « superman » et non Celui qu'ils ont connu, avec qui ils ont longuement parlé, dont ils ont
apprécié les enseignements… un Jésus glorieux, enveloppé d'une lumière éblouissante, irradiante, non pas ce Jésus que l'on peut confondre avec un jardinier, qui allume un feu de braise au bord de l'eau, qui partage un repas comme auparavant .

Certes, nous ne pouvons pas répondre à leur place mais il me semble intéressant de nous poser la question pour nous-mêmes ?

Cela fait vingt, trente, cinquante ans que nous avançons en Sa compagnie, que nous Le « touchons » dans et par les sacrements, que nous nous nourrissons de Lui, que nous Le fréquentons dans Sa Parole de Vérité, et, que vienne l'épreuve, la maladie, la perte d'un emploi, la perte d'un être cher, nous sommes désarçonnés, bouleversés, déstabilisés, nous accusons le monde entier de nous en vouloir, de chercher à nous nuire, à nous écraser, parfois, nous nous révoltons, il nous faut du temps, beaucoup de temps dans certains cas, pour trouver l'apaisement et devenir capables de dire , de croire vraiment, « c'est le Seigneur qui passe », Il me dit quelque chose de précis, Il me conduit là où je ne serais pas allé de moi-même ... » 

Ne ferions-nous pas partie de ceux qui attendent un Jésus, qui, comme une fée balayerait tous les obstacles, nous transformerait en saint en un instant, sans le moindre effort de notre part ? Notre Maître et Seigneur intervient quand nous ne l'attendons pas et là où nous ne l'attendons pas , j'ai plusieurs fois eu l'occasion de le dire, notre Christ nous surprend toujours, à nous de vivre en « veilleurs » pour ne pas nous laisser troubler !
J'apprécie beaucoup le chant liturgique qui développe certains des passages du Seigneur dans nos vies

Le Seigneur passe...ouvriras-tu quand frappe l'inconnu ? Peux-tu laisser mourir la voix qui réclame ta foi ? Le Seigneur passe...

Entendras-tu l'Esprit de Jésus-Christ ? Il creuse en toi la pauvreté pour t'apprendre à prier.

Le Seigneur passe...éteindras-tu l'amour qui purifie ? Vas-tu le fuir et refuser d'être l'or au creuset ?

Le Seigneur passe...entreras-tu dans son eucharistie ? Rappelle-toi que dans son corps il accueille ta mort.

Le Seigneur passe...oseras-tu lancer ton cri de joie ? Christ est vivant, ressuscité, qui voudra l'héberger ?

Le Seigneur passe...attendras-tu un autre rendez-vous ? Pourquoi tarder ?  Prends avec lui le chemin de la vie.
Le Seigneur passe.

Demandons à Jésus ressuscité, les uns pour les autres, non seulement de L'accueillir quand Il passe de façon plus pressante dans nos vies, mais de Le reconnaître, et de comprendre ce qu'Il veut nous dire, ce qu'Il veut creuser en nous pour nous permettre de mieux nous identifier à ce qu'Il attend de nous . Quand passe le Seigneur, soyons en éveil , pour qu'Il nous trouve debout pour emboîter Son pas, Son rythme !

C'est en effet, un Jésus tout ordinaire qui nous attend sur le rivage , il a faim et Il souhaite partager un repas, sur la grève avec Ses amis, avec nous !

Jésus leur dit :« Les enfants,auriez-vous quelque chose à manger ? »Ils lui répondirent :« Non. »Il leur dit :« Jetez le filet à droite de la barque,et vous trouverez. »Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons.

Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre :« C’est le Seigneur ! »Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur,il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui,et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque,traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.Une fois descendus à terre,ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.Jésus leur dit :

« Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons :il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors :« Venez manger. »Aucun des disciples n’osait lui demander :« Qui es-tu ? »Ils savaient que c’était le Seigneur.Jésus s’approche ;il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.

Cette péricope m'inspire quatre remarques :

- C'est Jean qui, le premier, reconnaît Jésus !

- Pierre entendant la remarque de Jean, n'hésite plus, il se jette à l'eau, pas sans avoir enfilé un vêtement par respect pour son Seigneur !

- Le filet est plein de gros poissons, on en compte cent cinquante trois !

- Après cette pêche étonnante Aucun des disciples n’osait lui demander :« Qui es-tu ? »Ils savaient que c’était le Seigneur.

Il ne faut pas longtemps pour que Jean, le disciple bien-aimé, celui que l’Église symbolise par un aigle, reconnaisse son Seigneur. On perçoit ici son acuité spirituelle, cette perception toute intérieure, qui lui permet d'identifier sans hésitation Celui qu'Il avait vu transfiguré sur le Tabor.
Quant à Pierre, il ne réfléchit plus, son tempérament fougueux, en un instant le jette à l'eau, c'est dire à quel point, Jésus a brûlé, saisi, , séduit son être. Il a aussi expérimenté le jugement sûr de Jean, il s'appuie sur lui, fait confiance et prend le risque d'aller plus loin dans cette rencontre inattendue.

Quant au filet, il est rempli de cent cinquante trois poissons et
contrairement à la pêche miraculeuse d'avant la résurrection ici, le filet ne se déchire pas ! ? Pour saint Jérôme, cela pouvait signifier une plénitude, une totalité, puisque les grecs de l’époque avaient répertorié l’existence de 153 espèces de poissons. Ce qui pourrait signifier , l'universalisme du salut et pourrait rejoindre ce qui est écrit à la fin de l’Évangile de Saint Matthieu «  de toutes les nations faites des disciples » Quant au filet, non déchiré cette fois, peut-être pourrions-nous y voir cette aspiration à l'unité de l’Église voulue par Jésus, et, pourquoi pas, l'image de la tunique de Jésus qui n'a pas été partagée « afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. »

Souvenons-nous de l'avertissement de Jésus à Pierre :

"Tu donneras ta vie pour moi! En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m'aies renié trois fois."
et du comportement de ce dernier lors de la Passion de Jésus . Que répond Pierre à la servante qui le reconnaît :

Je ne sais ce que tu veux dire. "

Et, comme on insiste :

" Je ne connais pas cet homme. "

" Je ne connais pas cet homme! " Et aussitôt un coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole de Jésus, qui lui avait dit: " Avant que le coq ait chanté, tu me renieras trois fois. " Et étant sorti, il pleura amèrement. »

Le mal est commis, Pierre, au chant du coq se souvient de la Parole de Jésus, il réalise aussitôt sa faiblesse, sa fragilité, sa lâcheté, il sort et « pleura amèrement ».Le dialogue qui suit, ne peut en rien nous étonner, ne devrait-il pas même nous réconforter, nous fortifier, nous rendre débordants d'action de grâce et nous établir dans une paix durable ?

Au triple reniements, Pierre est invité par trois fois à exprimer son attachement à Jésus, et cela devant ses frères comme témoins !

Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre :« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond :« Oui,Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »Jésus lui dit :
« Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois :
« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment? » Il lui répond :
« Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit :
« Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois :
« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné
parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait :« M’aimes-tu ? »
Il lui répond :« Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit :« Sois le berger de mes brebis.

Quant à Jésus s'Il pose par trois fois la question de confiance à son apôtre, ne nous révèle-t-il pas que Ses dons sont sans retour en arrière, sans repentance ? Ce qui est donné est donné ! Jésus connaît le cœur de Pierre, Il sait aussi qu'ayant expérimenté sa propre fragilité, il sera plus compréhensif, plus frère avec Ses semblables et, cela, pour l'éternité, quel que soit son successeur !Après avoir touché le fond de ses limites il ne peut que devenir prudent face à celles des autres. De plus, cette triple affirmation d'amour, signe son engagement -là où le péché surabonde la grâce surabonde » et le rétablit dans sa mission.de chef du collège apostolique et de l’Église tout entière ! Pierre expérimente l'insondable miséricorde de son Maître, il peut se souvenir de paroles maintes fois entendues » c'est la miséricorde que je veux, non les sacrifices » et Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ! »

. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune,tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux,tu étendras les mains,et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »

Dans une vie offerte, livrée à l'amour de ce Dieu qui nous aime, au fur et à mesure que nous avançons sur ce chemin de foi, c'est très souvent, que nous sommes invités, par Jésus, à aller là où nous n'aurions pas choisi d'aller ! C'est Jésus qui conduite tout, Il sait ce qui est le meilleur pour chacun, à nous , comme Jésus le dit Lui-même en conclusion de cette péricope, de Le suivre « suis-moi » C'est toujours Jésus qui montre le chemin et pas le contraire, Il nous devance toujours , nous n'avons qu'à emboîter le pas. »voici que j'envoie mon Ange devant toi pour te garder en chemin, et faire entrer dans le lieu que je t'ai préparé. prends garde à lui, écoute sa voix, ne pense pas que tu puisses l'ignorer, si tu pèches, il ne te pardonnera pas, car Mon Nom est en lui; (Exode 23,20-23). C'est une expérience unique que de se recevoir conduit, porter, accompagner, ne jouons pas de nos gros muscles, entrons, joyeux dans le dessein du Seigneur pour nous, c'est la source de la joie, c'est la source de la Paix du cœur ! « Heureux celui qui entend la Parole de Dieu et qui la garde ! »


« Suis-moi. »


L'Ermite

vendredi 1 avril 2016

LA PAIX SOIT AVEC VOUS !

e DIMANCHE DE PÂQUES 2016

Jn 20 19-31

FÊTE DE LA DIVINE MISÉRICORDE


En cette année du jubilé de la miséricorde ce dimanche prend ou devrait prendre, un éclat particulier

Un dimanche pour célébrer avec solennité « Dieu le Miséricordieux » attribut que le Pape François demande de déployer tout au long de cette année !

En conséquence, c'est chaque jour qu'il serait bon et souhaitable, de garder dans notre esprit l’Évangile de cette liturgie ! Évangile qui révèle l'infinie miséricorde de Dieu en Jésus, le Fils bien Aimé ! Si le Père est à
ce point miséricordieux, qu'Il envoie sont Fils Unique, pour nous révéler Son amour, le Fils, Dieu Lui-même, ne l'est pas moins s'anéantissant totalement pour nous élever ! Dans quelle mesure sommes-nous conscients de la puissance d'un tel amour ?

Ne faut-il pas un cœur divin pour, malgré une trahison, - et pas n'importe quelle trahison, il s'agit d'un ami,- malgré un reniement trois fois réitéré, malgré l'abandon de tous à l'exception de St Jean resté, lui, jusqu'à l'extrême, oui, un cœur divin pour venir rassurer, alors que le Collège tout entier s'est replié et « que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. » Pas de rancune, pas le moindre esprit de vengeance, pas de morale, Jésus se rend présent , et que dit-Il ? « La paix soit avec vous ! » Jésus offre la Paix, donc le pardon ! Il n'y a pas de règlement de compte, pas de demande d'explication, rien de ce que nous pratiquons trop facilement, Jésus offre son cœur, Jésus s'offre Lui-même : « Il leur
montra ses mains et son côté. »

Jésus évite ainsi toute discussion hasardeuse, Il va droit au but de sa Présence, « raffermir ses frères » en leur offrant la Paix, cette paix que Lui seul peut apporter, parce qu'Il est Lui-même la Paix !

On peut comprendre dès lors cette joie à nulle autre pareille éprouvée, en cet instant par les disciples rassemblés « Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.» Il était mort et le voilà vivant ! Il a souffert, les stigmates sont vérifiables, et le voilà debout ! Mais quelle joie ! Entrer dans la joie du salut, c’est entrer dans la libération qui est la source de la joie ! Et comment ne pas être libéré jusqu'aux radicelles de l'être, quand Celui que vous avez renié, abandonné, se présente à vous, serein, capable de vous offrir Sa Paix , capable de vous faire confiance s'exposant, par amour, et seulement par amour, s'exposant à de nouveaux reniements, de nouvelles trahisons, de nouveaux abandons au sein de l'humanité  ! Un seul est capable d'une telle « miséricorde » Il se nomme Jésus, le Fils Bien-Aimé du Père avec qui Il ne fait qu'un ! Et, comme pour anéantir toute velléité de honte, de peur, Jésus renouvelle son salut et, comble de Ses dispositions intérieures, confie une mission de confiance à ceux qui pourraient avoir perdu cette confiance : « Jésus leur dit de nouveau :

« La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé,moi aussi, je vous envoie. »Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint.À qui vous remettrez ses péchés,ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Si ce n'est pas le sommet de la miséricorde dites-moi de quoi il s'agit ! Trahi, renié, abandonné Jésus, le Fils Bien-aimé envoie Ses apôtres en Mission, et après leur avoir demandé, avant de mourir de célébrer la Sainte Cène  en mémoire de Lui « faites ce ci en mémoire de moi » Ressuscité, Il leur demande d'exercer la Miséricorde qu'Il exerce Lui-même à leur égard !"Là où le péché a abondé, l'amour a surabondé" Rom. 

Jésus leur fait confiance et les établit, d'une certaine manière juges de ce qui peut-être remis ou pas ! Or, si les apôtres ont Jésus pour modèle on ne voit pas ce qu'ils pourraient «  retenir » ! Judas se serait repenti et aurait retrouvé ses frères, il aurait été pardonné , comment en douter ? Insondable miséricorde d'un Dieu qui rend l'innocence à celui qui veut bien reconnaître son péché. L'amour de Dieu n'a aucune limite pourvu que nous reconnaissions notre faiblesse , notre besoin de salut ! « Frères et sœurs, ne perdons jamais confiance en la miséricorde patiente de Dieu » disait le Pape François l'année de son élection, en la fête de la Divine Miséricorde. Vous pouvez retrouver ses premières homélies du début de son Pontificat dans le livret « vivre le carême et Pâques », aux éditions Salvator.

Or, l’un des Douze, Thomas,appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
n’était pas avec eux quand Jésus était venu.Les autres disciples lui disaient :« Nous avons vu le Seigneur ! « Mais il leur déclara :« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,si je ne mets pas la main dans son côté,non, je ne croirai pas ! »
Thomas semble être allé s'aérer après le drame de la mort de Jésus, toutefois, il ne s'agit pas d'une prise de distance définitive puisqu'il revient faire un tour. Le témoignage de ses frères le surprend au plus haut point et, bien qu'ils soient dix à tenir les mêmes propos, il veut faire cette expérience, et même aller plus loin, à savoir : « mettre ses mains dans les blessures de Jésus » Il en fait même une condition pour croire à ce retour, humainement impossible ! 

Jésus, dans Sa prescience, le prend au mot : « Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,et Thomas était avec eux.Jésus vient,alors que les portes étaient verrouillées,et il

était là au milieu d’eux.Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas :« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;avance ta main, et mets-la dans mon côté :cesse d’être incrédule,sois croyant. »
  Alors Thomas lui dit :« Mon Seigneur et mon Dieu ! »Jésus lui dit :« Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu.  


« Thomas est « retourné » parce qu'il est devancé . C'est Jésus qui prend l'initiative de lui montrer Ses blessures, Il lui permet de s'approcher au plus près, pour toucher et c'est lui, Thomas, qui est touché, retourné, renversé,il a le souffle coupé, et tombe en adoration : « Mon Seigneur et mon Dieu » Là encore, il n'y a pas de discours inutile, ces cinq paroles
suffisent, tout est dit : «  Mon Seigneur et mon Dieu » ! Pouvait-il dire quelque chose de plus beau, de plus grand ? Par ces paroles Thomas reconnaît en Jésus, son Maître et son Dieu ! Il se lie à en quelque sorte à Jésus, en qui il s'en remet désormais totalement.
Et nous, où en sommes-nous de cette remise de soi entre les mains de notre Seigneur et Maître ?

Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !
Oui, que le dise la maison d’Aaron :
Éternel est son amour !
Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !

Oui, réjouissons-nous, Christ est vivant et Il poursuit son œuvre de Miséricorde par le ministère de l’Église à qui Il l'a confiée ! Ne boudons pas les sacrements, et si nous avons une expérience malheureuse, que cela ne nous arrête pas, Dieu est plus grand que notre cœur et que le cœur de celui qui a pu nous blesser, le vrai blessé, c'est Jésus qui continue d' être trahi, dans son amour qui est défiguré, renié, abandonné ! Jésus, Lui, ne s'est pas braqué, Il a ouvert et ouvre des horizons infinis, blottissons-nous dans Ses blessures, Il nous guérira des nôtres !




l'Ermite