vendredi 10 janvier 2025

LE CIEL S'OUVRIT


BAPTÊME DU SEIGNEUR


Année C


(Lc 3, 1516.21-22)


 le peuple venu auprès de Jean le Baptiste était en attente et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous :« Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. »

Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit.    L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel :« Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »


Le peuple venu auprès de Jean le Baptiste était en attente et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ.

Le Peuple était en attente, sous-entendu, « du Messie » Libérateur . Jean Baptiste reprend les paroles d'Isaïe, il est en effet, cette voix qui proclame : :« Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu.    Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! que les escarpements se changent en plaine, et les sommets, en large vallée !    Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé. Ne serait-il pas plus que cette voix ?  Ne serait-il pas ce Messie attendu, espéré ? Des bruits circulent, des questions aussi ! Nous connaissons ça ! Les questions parviennent aux oreilles du Baptiste qui ne manque pas l'occasion de clarifier :

Jean s’adressa alors à tous :« Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. »

Jean-Baptiste précise: Moi, je vous baptise avec de l'eau Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. » Oui,vraiment, Jean-Baptiste prépare la route , Jean Baptiste est inspiré . Pourtant, qui, à ce stade peut comprendre la profondeur de cette assertion ? La baptême avec de l'eau se voit, d'autant que ceux qui le demandent, sont plongés dans l'eau du Jourdain devant tous, mais l'annonce d'un Baptême dans l'Esprit Saint et le feu ! Voilà un propos déstabilisant pour ceux qui entendent cette déclaration ! Que de questions peuvent surgir ! Que vient faire le feu ici ? Si l'imagination vagabonde, certains peuvent imaginer une marque d'appartenance avec du feu ! Cela n'a rien d'engageant, c'est même effrayant ! Mettons-nous à la place de ceux qui entendent ce propos en direct . Le Baptiste, juste avant, présente ce Messie comme celui qui vient, celui qui est plus fort que moi. Et lui-même se considère comme n'étant pas digne de dénouer les sandales de Celui qui vient Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Quel portrait !

Les prêtres et les Lévites eux-mêmes sont intrigués par le baptême de Jean Baptiste, nous trouvons cela dans st Jean 1, 19-31 :

Et voici le témoignage que rendit Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander: "Qui êtes-vous?" Il déclara, et ne le nia point; il déclara: "Je ne suis point le Christ." Et ils lui demandèrent: "Quoi donc! Êtes-vous Élie?" Il dit " Je ne le suis point" " Êtes-vous le prophète?" Il répondit " Non" "Qui êtes-vous donc", lui dirent-ils, afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. "Que dites-vous de vous-même?" Il répondit: "Je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Aplanissez le chemin du Seigneur, comme l'a dit le prophète Isaïe."

Or ceux qu'on lui avait envoyés étaient des Pharisiens. Et ils l'interrogèrent, et lui dirent: "Pourquoi donc baptisez-vous, si vous n'êtes ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète?" Jean leur répondit: "Moi je baptise dans l'eau; mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas, C'est celui qui vient après moi; je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure." Cela se passait à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait.

Il faudra attendre le lendemain pour avoir un complément d'information. Cela ne fut pas aussi simple que nous pouvons l'imaginer d'accueillir Celui que le monde attend depuis des millénaires ! et, en même temps, le portrait qu'en fait le Baptiste ( Quelqu'un que vous ne connaissez pas, là au milieu de vous, je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales) fascine et fascinera toujours ! Certains, quand Jésus leur sera présenté, par le Baptiste lui-même , se mettront en route , c'est le cas de André, Simon-Pierre, Philippe...

Selon François Blanchetière, historien français ( Jésus semble avoir « vécu un temps dans l'entourage de son cousin rencontré sans doute à l'occasion d'un pèlerinage à Jérusalem. » « Les premiers disciples de Jésus semblent issus de l'entourage de Jean Baptiste : André, Simon-Pierre, Philippe, Nathanaël (Jn 1. 35-51

Mais Jésus intrigue , surprend, Jésus fascine, Jésus attire mais pourquoi ? Dans St Jean, Jésus Lui-même surpris, ou fait mine de l'être, quand Il se sent suivi , Il se retourne pour demander à ceux qui Le suivent : Que cherchez-vous ? » (Jean 1: 35-38.)

Après avoir annoncé le Baptême que pratiquerait Jésus : Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. » le Baptiste continue son service, et il eut l'énorme surprise, de voir Jésus mêlé à la foule pour recevoir , Lui aussi, le Baptême d'eau ! Nous apprenons, par St Jean, la raison de ce baptême dans l'eau : Le lendemain, Jean vit Jésus qui venait vers lui, et il dit: "Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde. C'est de lui que j'ai dit: un homme vient après moi, qui est passé devant moi, parce qu'il était avant moi."Et moi, je ne le connaissais pas, mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser dans l'eau." C'est aussi l'occasion de révéler Celui que le monde attend : Le lendemain, Jean vit Jésus qui venait vers lui, et il dit: "Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde. C'est de lui

que j'ai dit : un homme vient après moi, qui est passé devant moi, parce qu'il était avant moi."Et moi, je ne le connaissais pas Avec Jean le Baptiste nous restons stupéfaits et, en même temps, nous rendons grâce pour la pédagogie de Jésus qui se donne à découvrir . Jésus ne dit pas , en relevant Ses manches : « Je suis celui que vous attendez » Il pose des actes susceptibles de lever le voile sur Son identité profonde et réelle.. En demandant le Baptême de Jean, Jésus donne du sens à l'Histoire et d'entrée de jeu Il manifeste Son humilité. Jésus ne vient pas donner des leçons , Il vient pour servir le Peuple et pour révéler plus grand que Lui-même, puisque c'est en cette circonstance que le Père se manifeste pour révéler le Fils et l'Esprit-Saint Nous avons dans cet épisode, la première révélation explicite de la Très Sainte Trinité, mais le chemin est encore long pour en venir à cette synthèse !Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait. Par la suite nous verrons souvent Jésus en prière et, notamment avant toute action d'envergure comme celle du choix des apôtres, avant la multiplication des Pains...Jésus ne fait rien sans consulter Son Père ! Et nous ?

L'heure est solennelle, en effet,. St Luc nous dit : le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus,et il y eut une voix venant du ciel  Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Comme tous les évangélistes, Luc utilise des sources pour rédiger son évangile, il s'informe auprès de personnes qui ont connu Jésus . Il est intéressant de savoir que nous trouvons ce récit du baptême du Christ chez les quatre évangélistes avec cette note importante, chez St Jean l’Évangéliste, qui, lui, a connu Jésus. S'il n'était pas présent lors de Son baptême, il a connu les premiers appelés qui eux étaient présents. Son récit est particulièrement puissant, car sa source est directe .Jean, l’Évangéliste tient son témoignage du témoin oculaire qu'est Jean Baptiste qui, à la demande de Jésus, lui a administré ce baptême dans l'eau du Jourdain. Écoutons ce témoin majeur :

Et Jean rendit témoignage en disant: "J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe, et il s'est reposé sur lui. Et moi je ne le connaissais pas; mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit: Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et se reposer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit-Saint. Et moi j'ai vu et j'ai rendu témoignage que celui-là est le Fils de Dieu."Jean, le Baptiste, A VU la manifestation de l'Esprit et a entendu la Parole du Père . Alors qu'il ne connaissait pas Jésus , sans doute, dans son identité réelle, profonde, à savoir : Sa divinité, il peut affirmer celui-là est le Fils de Dieu !

Une bombe, une déflagration pour ceux qui entendent : Lui, dans un corps d'homme, le Messie ? L'Envoyé ? le Fils de Dieu? En qui Dieu trouve toute Sa Joie ! C'est tout simplement renversant, incroyable !

Oui  c'est difficile à croire ! Lui, un parmi les hommes, qui « mendie » le baptême de Jean-Baptiste, Lui, que le Baptiste dit « le plus fort » Lui, qui offre un autre baptême, non plus dans l'eau , mais dans l'Esprit Saint et le Feu ! Cet Esprit de Dieu qui « se mouvait au-dessus des eaux ». « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. 2 La terre était informe et vide; les ténèbres couvraient l'abîme, et l'Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux » Gen 1,1.aux origines du monde, Il est là , à ce point petit, à ce point humble, que mêlé à une foule d'anonymes , Il demande ce baptême par immersion, pour être totalement solidaire de notre humanité et nous entraîner dans ce Mystère insondable d'appartenance à la Très Sainte Trinité ! Mais qu'Il est grand notre Dieu dans Sa petitesse ! Et comme nous restons mesquins quoique que nous fassions d'apparemment grand ! Nous nous croyons auteurs, créditeurs, alors que nous restons entièrement débiteurs d'un Dieu qui nous aime et de qui nous recevons tout, dont le Baptême qui fait de nous des fils et des filles de Dieu ! Ne disons pas cela à la légère comme une banalité du quotidien : le baptême me fait entrer dans la famille de Dieu, le baptême me divinise ! Quelle responsabi-lité chers amis !



Chantez, priez, célébrez le Seigneur

(Bourel/ADF-Musique)

CHANTEZ, PRIEZ, CÉLÉBREZ LE SEIGNEUR,
DIEU NOUS ACCUEILLE, PEUPLES DU MONDE.
CHANTEZ, PRIEZ, CÉLÉBREZ SON NOM,
DIEU NOUS ACCUEILLE DANS SA MAISON.


1
Il a fait le ciel et la terre,
ÉTERNEL EST SON AMOUR,
Façonné l’homme à son image,
ÉTERNEL EST SON AMOUR.

3
D’Abraham, il fit un grand peuple,
ÉTERNEL EST SON AMOUR,
Par milliers fut sa descendance,
ÉTERNEL EST SON AMOUR.

4
Il perçut le cri de son peuple,
ÉTERNEL EST SON AMOUR,
Le guida en terre promise,
ÉTERNEL EST SON AMOUR.

6
Il a parlé par les prophètes,
ÉTERNEL EST SON AMOUR,
Sa parole est une promesse,
ÉTERNEL EST SON AMOUR.

7
Il combla Marie de sa grâce,
ÉTERNEL EST SON AMOUR,
Il se fit chair parmi les hommes,
ÉTERNEL EST SON AMOUR.

8

Crucifié, c’est sa vie qu’Il donne,
ÉTERNEL EST SON AMOUR,
Mais le Père le ressuscite,
ÉTERNEL EST SON AMOUR.

9
Dans l’Esprit Saint, Il nous baptise,
ÉTERNEL EST SON AMOUR,
Son amour forge notre Église,
ÉTERNEL EST SON AMOUR.


10
Acclamez Dieu, ouvrez le Livre,
ÉTERNEL EST SON AMOUR,
Dieu nous crée et Dieu nous délivre,
ÉTERNEL EST SON AMOUR.



L'Ermite


vendredi 3 janvier 2025

NOUS SOMMES VENUS ADORER L'ENFANT


ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR

Année C



(Mt 2, 1-12)

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand.Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent :« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »    En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.    Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.Ils lui répondirent :« À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :    Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »    Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;    puis il les envoya à Bethléem, en leur disant :« Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
    Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.    Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.    Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
    Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.


QUE FÊTONS – NOUS A L’ÉPIPHANIE

La fête est venue d’Orient où elle a été fixée au 6 janvier : fête des lumières, fête de l’eau, elle est beaucoup plus la célébration de l’inauguration du ministère public du Christ, lors de son baptême  au Jourdain, qu’une festivité des événements de l’enfance de Jésus.

Dans la liturgie latine, là où ce jour n’est pas férié, la célébration de cette fête est fixée au dimanche le plus proche du 6 janvier, afin que le plus grand nombre des fidèles puissent la commémorer.  En 2024, le 7 janvier en France .

En Occident, elle est surtout la fête des Mages ou des « Rois ». Les manifestations inaugurales de la vie publique ne sont pas oubliées, puisque l’office de la fête parle des trois mystères de ce jour comme n’en faisant qu’un : l’adoration des Mages, le baptême de Jésus et les noces de Cana (cf. Antienne de Magnificat aux secondes Vêpres) ; il faut dire cependant que les Mages retiennent presque toute l’attention.

Nous célébrons trois mystères en ce jour : aujourd'hui l'étoile a conduit les mages vers la crèche ; aujourd'hui l'eau fut changée en vin aux noces de Cana ; aujourd'hui le Christ a été baptisé par Jean dans le Jourdain pour nous sauver, Alléluia.

Pour laisser à l’Épiphanie toute sa dimension de « Pentecôte » du cycle de la Nativité, l’Église latine a récemment instauré la Fête du Baptême du Seigneur

Église Catholique de France.

Essayons d'accueillir le message de l’Évangile de ce jour avec un cœur d'enfant, un cœur renouvelé par l'extraordinaire venue de Jésus en notre monde : Dieu dans un Enfant ! Dieu qui se fait l'un de nous ! Dieu dans le costume étriqué de notre humanité ! Dieu inoffensif, et qui, pourtant, éveille des peurs !

Nous sommes en présence de deux regards bien différents :

Premier regard : Des Mages, venus d'Orient, qui ont suivi une étoile pour rendre hommage au roi des Juifs qui vient de naître. Oui, mais voilà, l'étoile qui les précède pour leur indiquer quel chemin prendre, disparaît subitement et les Mages sont désorientés ! Que faire  sinon chercher à se renseigner auprès des gens du Pays, ils ne peuvent pas ignorer ce récent événement : Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent :« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »  

Deuxième regard :

En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.    Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.    Ils lui répondirent :« À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Le Roi Hérode le Grand est l'un des personnages les plus importants de l'Histoire de l'époque . La présence d'un autre possible roi, même enfant, le déstabilise. Qu'en sera-t-il de son Règne, de sa Royauté ? Accepter sans broncher l'existence d'une autre royauté sur son propre territoire ce n'est pas envisageable pour

Hérode, à vrai dire, pour quiconque ! Hérode est connu pour être intraitable et terriblement jaloux de sa position. Si quelqu'un manifeste une trop grande popularité, il le supprime . Hérode n'a pas eu peur de faire assassiner des membres de sa propre famille qui semblaient lui faire de l'ombre ! L'annonce d'un enfant-roi qui vient de naître est loin de le rassurer, il se sent en danger . De plus, cet enfant est présenté comme potentiel roi Juif alors que lui-même, Hérode, a été reconnu comme Roi Juif, à la mort de son propre Père, par le pouvoir Romain qui occupe le Pays  , cette annonce lui est insupportable ! Il a malgré tout la finesse de se renseigner auprès de gens susceptibles de l'éclairer.La clarification apportée, loin de le rassurer le fait vaciller ! Si Hérode est intraitable et cruel, il est aussi fourbe, fort des renseignements reçus  :

Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant :« Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »

Même sans connaître la suite de l'histoire, on comprend vite la subtilité de sa stratégie. Manipulateur accompli, Hérode se montre gentleman avec les Mages à qui il donne les renseignements recueillis . Il leur demande même de repasser au Palais pour donner des précisions sur cet enfant dans le but hypocrite, d'aller à son tour se prosterner devant lui ! En réalité, nous l'avons compris, Hérode a , depuis l'annonce, la volonté d'éliminer le gêneur . Les Mages l'ignorent, car ils ne sont pas au courant des rivalités intestines, ils repartent heureux, certains d'être proches du but, Bethléem est à environ 9 kilomètres.

 Après avoir entendu le roi, ils partirent. Ô surprise, l'étoile qui a, un moment disparu, brille de nouveau et les précède Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait,jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Elle va même conduire les Mages jusqu'à l'endroit où repose l'Enfant !

Il arrive que nos vies se frayent un passage à travers ombres et lumières, certaines ombres nous apparaissent comme des montagnes infranchissables et nous perdons pied ! La crainte nous envahit c'est le brouillard absolu, nous ne savons plus quelle direction prendre, pour quelle décision opter, nous sommes un peu perdus et , tentés parfois, d'aller chercher la lumière auprès de personnes, en des lieux, qui ont pignon sur rue et qui risquent de nous dévoyer, d'amplifier subrepticement notre mal-être... Le Soleil-Jésus n'est jamais loin de nous puisqu'Il est en nous , il semble dormir comme dans la barque de Pierre qui s'enfonçait dans les flots en furie, à nous de nous arrêter pour écouter et entendre la petite voix discrète qui se manifeste tout au fond de notre être et l’Étoile percera les nuages pour nous montrer la direction où nous retrouverons le Soleil-Jésus qui nous attend. C'est exactement ce qui arrive au Mages :

Quand ils virent l’étoile,ils se réjouirent d’une très grande joie.    Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds,ils se prosternèrent devant lui. Pourtant, le lieu est bien loin d'être somptueux ! La « maison » selon la Tradition, est un abri pour les animaux ! Où sont les ors ? Où sont les serviteurs ? En guise de draps brodés : de la paille ! Pour réchauffer l'atmosphère : la respiration d'un âne et d'un bœuf ! Pour entourer le Petit Roi Juif un jeune couple démuni de tout, sauf du sens de l'accueil, de l'amour qu'il transpire, pour l'Enfant, pour les passants, les bergers qui sont arrivés les premiers, donc des pauvres , et c'est cette pauvreté qui est la richesse de cette famille à nulle autre pareille ! De quoi rebuter les biens pensants, les monarques qui vivent dans des palais rutilants. Les Mages, eux, n'hésitent pourtant pas, ils ont le cœur pur, ils voient au-delà de l'apparence, ils font partie de ceux qui cherchent non le bien-être matériel, mais le bien-être spirituel, le bien-être du cœur ! C'est devant ce petit Enfant qui n'a l'air de rien, qu'ils se prosternent, Toutes les nations que tu as faites viendront se prosterner devant toi, Seigneur, et rendre gloire à ton nom.Ps 86,9 eux, les érudits de leur temps, les chercheurs, les Conseillers des grands, ils reconnaissent ce qui ne se voit pas mais s'éprouve ! Ils ressentent ce « plus » que dégage cette Sainte famille, cet Enfant qui rayonne comme malgré Lui , Ils ne résistent pas à l'attrait qu'Il exerce et n'hésitent pas à offrir leurs présents. Des présents bien symboliques qui expriment ce qui les anime et comment ils vivent ce moment de grâce  :

Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Le contenu des coffrets devrait nous étonner du moins les deux derniers ! L'or concerne le ROI rien d'étonnant les Mages sont venus d'Orient se prosterner devant le « Roi des Juifs » !

Mais l'encens et la myrrhe c'est autre chose ! L'encens surtout ! Ne fallait-il pas une inspiration divine pour offrir de tels cadeaux ? L'Encens rend hommage à la divinité donc à Dieu  ! qui pouvait deviner dans cet enfant, Dieu Lui-même ? Avec l'encens, c'est la prière des Hébreux qui monte vers Dieu, selon cette parole du psalmiste: « Que ma prière devant toi s'élève comme un encens » (Ps 140, 2).

« L'Église offre à Dieu l'encens pour signifier concrètement son adoration et sa prière (Mt 2, 11), note le dictionnaire de Liturgie. Elle continue ainsi l'hommage central du Christ, qui s'est offert à son Père en odeur de suavité (Ep 5, 2); tous les fidèles sont appelés à répandre en tout lieu la bonne odeur du Christ (2 Co 2, 14-16).» L'encensement signifie que « l'oblation de l'Église et sa prière montent comme l'encens en présence de Dieu » indique par ailleurs la Présentation générale du missel romain. ( La croix)

La myrrhe Baume précieux, produit à partir d'une résine rouge importée d'Arabie, la myrrhe était utilisée pour les noces et des ensevelissements . En tant qu'homme les Mages pouvaient envisager la mort de cet enfant mais pas dans les conditions que nous connaissons.

Nicodème (celui qui la première fois était venu trouver Jésus pendant la nuit) vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d'aloès pesant environ cent livres. Ils prirent le corps de Jésus, et ils l'enveloppèrent d'un linceul, en employant les aromates selon la manière juive d'ensevelir les morts. Jn 19,39
Les Pères de l'Église, comme Irénée de Lyon (IIe siècle), voyaient dans l'or la reconnaissance de la royauté de Jésus, dans l'encens celle de sa divinité, dans la myrrhe sa mort sur la croix, donc son humanité. L'or, l'encens et la myrrhe disaient donc la véritable identité et la grandeur encore cachée de l'enfant nouveau-né, Fils de Dieu. (La Croix)de

Plus près de nous, Karl Rahner, dans une très belle méditation sur l'Épiphanie, voit dans ces présents non des images du mystère de l'Enfant divin, mais les signes du don que nous lui faisons de nous-mêmes. Pour lui, l'or évoque notre amour, l'encens notre nostalgie et la myrrhe nos souffrances. (

LÀ noter que la myrrhe fait partie, comme l'or et l'encens, des produits précieux du commerce international de l'époque de Jésus. L'Apocalypse le mentionne clairement (Ap 18) ( la Croix). a Croix)

les marchands de la terre pleurent et sont dans le deuil à son sujet, ( Babylone) parce que personne n'achète plus leur cargaison: cargaison d'or, d'argent, de pierres précieuses, de perles, de lin fin, de pourpre, de soie et d'écarlate, et le bois de senteur de toute espèce, et toute sorte d'objets d'ivoire, et toute sorte d'objets de bois très précieux, d'airain, de fer et de marbre, et la cannelle, les parfums, la myrrhe, l'encens, le vin, l'huile, la fleur de farine, le blé, les bestiaux, les brebis, et des chevaux, et des chars, et des corps et des âmes d'hommes. Les fruits dont tu faisais tes délices s'en sont allés loin de toi; toutes les choses délicates et magnifiques sont perdues pour toi, et tu ne les retrouveras plus. Ap 18

En cette fête de l’Épiphanie, saurons-nous, nous arrêter devant cet Enfant nouveau-né, pour nous prosterner et reconnaître du fond du cœur, Dieu qui vient nous sauver, aujourd'hui, dans notre vie quotidienne ? Saurons-nous comme les Mages nous prosterner sinon physiquement du moins de tout notre être !

Saurons-nous déposer à Ses pieds :

l'or de notre amour, Dieu reconnu en Lui-même et pour Lui-même et dans nos frères, «  qui voit son frère, voit son Dieu » « Si quelqu'un dit: "J'aime Dieu ", et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur; comment celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas? Et nous avons reçu de lui ce commandement: "Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère."1 Jn, 4

l'encens de notre prière, celle de l'instant, celle de chaque jour, de chaque instant du jour : merci Seigneur d'être là présent en moi ! Dans mes frères et sœurs !

la myrrhe de notre respect pour ce Corps divin que nous recevons au cours de nos Eucharisties ? Ce Corps présent dans le tabernacle, où nous venons l'adorer, où nous venons L'embaumer de l'offrande de nos vies, pour Son service ?

Saurons-nous Lui demander de nous aider à partir par un autre chemin pour vivre plus proches de Lui, avec davantage d'intériorité, davantage d'écoute, davantage de respect.

Ayant posé les actes significatifs d’allégeance les Mages , le cœur léger et rempli de reconnaissance , peuvent retourner dans leur Pays. Ils auraient pu tenter de s'installer aux alentours de Bethléem, ils préfèrent revenir dans leur propre Pays où ils pourront annoncer la Nouvelle et devenir messagers d'Espérance. N'est-ce pas le sens du terme Épiphanie ? A savoir : la manifestation du Christ aux Nations !

Les Mages ne repartent pas par le même chemin nous dit St Matthieu :avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode,ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.Nous n'en saurons pas davantage mais nous pouvons en tirer un éclairage pour notre vie personnelle. Apprenons des Mages la Sagesse et la prudence , évitons de « tenter le diable » si nous savons qu'un danger nous guette en prenant telle orientation , si nous pensons que telle décision est risquée, prions et empruntons un autre chemin , une autre voie, sachons revenir en arrière s'il le faut, pour demeurer avec le Christ, ce petit roi Juif qui est venu pour nous sauver, en prenant sur Lui notre péché.


CHERCHE TON ETOILE

(Bernard/De Courreges/Delgutte/

REFRAIN

CHERCHE TON ÉTOILE
DANS LE CIEL DE L'AVENIR,
DANS LE CIEL DE L'AVENIR.
CHERCHE TON ÉTOILE,
DIEU FAIT SIGNE DE PARTIR,
DIEU FAIT SIGNE DE PARTIR.


1
L’infini n’est pas un rêve,
c’est quelqu’un qui nous conduit :

Plus longtemps qu’une comète
Dieu demeure en notre nuit.
Mais comment le reconnaître
dans le champ de notre vie ?
2
A la source des tendresses
va puiser les mots de chair :
Sous les eaux de ta jeunesse
fleuriront tous les déserts.
Mais comment trouver les gestes
qui réchauffent les hivers ?

3
Sur le mont Béatitude
Christ appelle à son bonheur :

Pour briser nos servitudes
il se fait libérateur.
Mais comment ce feu qui brûle
prendra-t-il dans notre coeur ?
4
Pèlerin de la lumière,
prends la route d’Emmaüs :
Le Passant qui t’interpelle
vient des rives du futur.
Mais comment lui faire fête
au banquet du pain rompu ?

5
Messager de la Nouvelle,
porte au monde le Vivant :
Par tes yeux le jour se lève
sur tout homme qui l’attend.
Mais comment crier merveille
sous un ciel couleur de sang ?


8
N’aie pas peur de l’aventure,
Jésus-Christ est le chemin :
Avec lui la route est sûre,
tu es libre dans sa main.
Va cueillir les joies qui durent,
Dieu fleurit tes lendemains.


L'Ermite

vendredi 27 décembre 2024

NE SAVIEZ-VOUS PAS !

 

FÊTE DE LA SAINTE FAMILLE


Année C


(Lc 2, 41-52)



Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque.Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient,le jeune Jésus resta à Jérusalemà l’insu de ses parents.Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher.

C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit :« Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi,nous avons souffert en te cherchant ! » Il leur dit :« Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.

Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.



Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque.Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. Jésus vient de naître et nous Le retrouvons aujourd'hui au Temple de Jérusalem à l'âge de douze ans pour revenir en arrière dimanche prochain, au moment de l'Adoration des Mages ! N'êtes-vous pas surpris ? Pourquoi un tel saut en avant suivi d' un retour en arrière ? En effectuant ce choix, que veut nous dire, nous démontrer la Sainte Église ? Peut-être trouvons-nous une réponse à notre questionnement, dans le Prologue de St Jean 5, 11 :« Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu » ( reconnu, connu, accueilli dans sa véritable identité ), ses parents eux-mêmes sont déconcertés , et c'est bien le cas aujourd'hui. .

Quand il eut douze ans, ils (ses parents) montèrent en pèlerinage suivant la coutume// .À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents.// Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher.

  • Jésus, le Verbe incarné ne se soustrait pas aux coutumes de la religion Juive. Jésus enfant ne se distingue pas des autres enfants, à douze ans, il convient qu'Il participe aux grands événements liturgiques de la religion Juive. Quant à Ses parents, ils ont le souci normal, de L'élever dans la religion Juive qu'ils pratiquent avec sérieux.depuis leur propre enfance.

  • Sur le chemin du retour, au lieu de suivre Ses parents « docilement », Jésus manifeste Sa différence et son autonomie, en restant à Jérusalem sans se soumettre à l'autorisation de Ses parents .Ses parents ne s’inquiètent pas outre mesure car il est habituel que les enfants se retrouvent entre eux pour jouer tout au long du parcours. Chaque enfant ayant le souci de rejoindre sa propre famille quand vient le soir. C'est justement à cette heure, que Marie et Joseph se trouvent devant une situation angoissante, dont nous pouvons mesurer un peu, la densité ! Eux savent que cet enfant leur est confié et voilà qu'Il n'est plus parmi les pèlerins.

  • Après avoir cherché leur enfant sans succès, Ses parents retournent à Jérusalem et continuent à Le chercher ! Nous pouvons imaginer l'angoisse qui est la leur !

    Les questions qui restent sans réponse, la frayeur d'avoir manqué à leur responsabilité ! Jamais ils n'auraient imaginé un tel scénario ! Jusque-là, tout se passait bien , l'Enfant grandissait entre Ses deux parents, sans causer de souci et voilà qu'Il disparaît sur le chemin de retour du pèlerinage le plus important pour leur foi ! Mais quelle frayeur , quelle épreuve , quelle souffrance et ils ne peuvent même pas partager la totalité de leur angoisse, car ils ne peuvent faire allusion au mystère qui entoure cet enfant , leur accablement est insondable !

    Sommes-nous conscients de l'immensité de cette nouvelle épreuve dans la vie de ce couple ! Du drame que vivent Marie et Joseph à cette heure ? Nous nous comportons souvent, en pensant que tout fut facile pour eux ,alors que ce couple choisi par Dieu, doit avancer, comme chacun de nous dans la foi, en faisant confiance ! Sainte Famille, ou famille lambda, les enfants ne nous appartiennent pas, ils nous sont confiés et nous sommes responsables de leur croissance globale :

    Vos enfants ne sont pas vos enfants.
    Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,
    Ils viennent à travers vous mais non de vous.
    Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants,

comme des flèches vivantes, sont projetés.

L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.

Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.

    Khalil Gibran 1883- 1931 écrivain et poète

    Quand l'horizon s'assombrit, surtout pour ceux qui, parmi nous ont fondé une famille, ne craignons pas de nous tourner avec confiance vers la Sainte Famille de Nazareth, implorons son aide, sa protection, demandons-lui conseil dans la prière, elle nous répondra !

Enfin ! Le ciel s'éclaircit, les nuages se dispersent , l'Enfant est retrouvé, mais, nouvelle surprise, dans un lieu insolite et en compagnie de dignitaires ,ceux-là même qu'Il croisera souvent sur sa route et qui prendront plaisir à Le mettre à l'épreuve ! Bien loin par conséquent de ce qu'on pouvait imaginer, si tant est que ses parents imaginaient quoique ce soit tant l'angoisse les étreignait :

C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. C'est un enfant qui étonne mais qui, pour le moment ne dérange pas ! Nous savons qu'Il deviendra gênant ! Et c'est également trois jours après Sa crucifixion qu'Il se lèvera du tombeau !

En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, Il leur dit :« Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ?

Marie et Joseph ne peuvent cacher leur stupéfaction et encore moins, réprimer un tendre reproche gonflé d'affection et d'angoisse :« Mon enfant, dit Marie, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » Parole qui laisse entendre l'immense frayeur de son cœur de Mère, et, son non moins immense soulagement ! Il n'y a pas de place pour des explications inutiles, pour la colère, c'est l'amour qui est roi, tu es là , bien vivant, cela nous suffit , nous sommes soulagés. Le poids qui pesait sur leur cœur, se transforme en légèreté, en bonheur, tu es là ! Nous avons envie de nous écrier avec Marie et Joseph : ouf !Tout rentre dans l'ordre, Jésus est retrouvé, une vie normale peut reprendre, toutefois, pas sans un questionnement car Jésus ose une parole troublante :

Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. « Les affaires de mon Père !  » Ces quelques mots nous renvoient à Sa présence au milieu des Docteurs c'est là que Jésus manifeste un aspect de Sa mission  : dans le Temple assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions.

DANS LE TEMPLE : le Temple lieu, du culte rendu au Père, lieu de la Présence divine , plus tard nous verrons Jésus très en colère face au détournement de l'utilisation du Temple !

ASSIS c'est-à-dire dans une position de calme, pour observer non seulement le lieu, mais bien plus encore les personnes et se faire une idée de ce que pensent les uns et les autres, de leur manière d'appréhender la foi ..

IL ÉCOUTAIT : à douze ans, Jésus Sagesse du monde , écoute, Il s'informe, Il sonde déjà les reins et les cœurs, pour aborder la mission pour laquelle le Père L'envoie !

IL POSAIT DES QUESTIONS : la première façon de s'informer, c'est d'écouter ! Suivent les questions pour approfondir, s'éclairer, clarifier, demander des précisions

Jésus, au milieu des Docteurs est au cœur de Sa Mission et Il est bien chez Son Père Celui-ci étant à l'origine de tout, de la création, cette création blessée pour laquelle Lui, Jésus est envoyé afin de révéler aux hommes qui marchent dans la nuit, l'insondable AMOUR du Père pour cette humanité qui marche comme un troupeau sans Pasteur !

L'incident est sans doute clos, mais Marie et Joseph s'entendent rappeler que cet enfant leur est confié pour un temps limité , qu'Il est leur enfant dans sa chair, mais pas dans Son Esprit, on pourrait oser dire, c'est une parenthèse dans leur vie , bientôt, ils devront Le laisser partir, pour l'accomplissement de la volonté du Père ! Ils n'ont pas toutes les clefs pour comprendre, c'est pourquoi , l’Évangéliste précise plus bas : Samère gardait dans son cœur tous ces événements.C'est en avançant, pas à pas, que leurs yeux s'ouvriront, que leur cœur se dilatera mais saignera aussi , rien ne sera facile surtout pour Marie qui se retrouvera seule, debout, au pied de la croix !

Toute proportion gardée, les parents font cette même expérience. Les enfants restent auprès d'eux, le temps de la croissance vers l'âge adulte, le temps nécessaire pour acquérir l'autonomie, puis ils entrent dans la vie active pour « voler de leurs propres ailes » . Que ce soit durant cette période ou plus tard lorsqu'ils seront établis, les parents continuent de porter leurs enfants , de se réjouir avec eux , de pleurer aussi quand ils rencontrent l'épreuve ! Parents , n'ayez pas peur de faire appel à la Sainte Famille, de lui confier vos soucis, de lui partager vos joies, de lui confier vos enfants, vous serez écoutés, entendus .En la regardant vous apprendrez à être parents !

Jésus ayant ouvert une lucarne sur Sa divinité, étant toujours cet enfant confié par le Très-Haut « Il sera grand et sera appelé fils du Très-Haut; »Lc 2,32 C'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. 2, 35 peut descendre avec Ses parents pour parachever Sa préparation discrète et silencieuse :

Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.

Nous pouvons regarder comme le dit un chant liturgique : «Regardez  l'humilité de Dieu » Saurons-nous, nous arrêter sur ces quelques mots : et il leur était soumis. Dieu, soumis à Ses créatures, Il ne répond pas «  oui, je sais » Il apprend à être et devenir pleinement homme , Il apprend les mœurs humaines, les us et coutumes de Son peuple, Il approfondit la religion de Ses ancêtres, Il se soumet aux différents rites pour mieux les purifier quand Son Heure sera venue, non pour d'abolir, mais accomplir ! Il n'est pas étonnant dés lors que Ses contemporains soient dans l'admiration lors de Ses premières manifestations publiques : « Et il enseignait dans leurs synagogues, et tous publiaient ses louanges ». Lc 3, 14



PRIÈRE DE CONSÉCRATION A LA SAINTE FAMILLE

Ô Seigneur Jésus,

tu as vécu dans la maison de Marie et Joseph à Nazareth.

Tu y as grandi en âge, en sagesse et en grâce,

alors que tu te préparais à remplir ta mission rédemptrice.

Nous te confions notre famille.

Ô bienheureuse Marie,

tu es la Mère de notre Sauveur.

À Nazareth, tu as veillé sur Jésus

et tu l’as nourri dans la paix et la joie de ta maison.

Nous te confions notre famille.

Ô saint Joseph,

tu as procuré un foyer sécuritaire et aimant à Jésus et Marie,

nous offrant ainsi un modèle de paternité,

tout en nous enseignant la dignité du travail.

Nous te confions notre famille.

Sainte Famille,

nous nous consacrons, ainsi que notre famille, à toi.

Puissions-nous être complètement unis

dans un amour durable, fidèle

et ouverts au don d’une nouvelle vie.

Aide-nous à nous épanouir dans la vertu,

à nous pardonner de tout cœur

et à vivre tous les jours en paix.

Garde-nous solides dans la foi,

persévérants dans la prière

assidus dans le travail et généreux

envers les personnes dans le besoin.

Puisse notre foyer, Ô Sainte Famille,

devenir véritablement une église domestique

où nous reflétons ton exemple dans notre vie quotidienne.

Amen. Jésus, Marie et Joseph, priez pour nous!


L'Ermite