vendredi 5 mai 2023

JE SUIS LE CHEMIN, LA VERITE, ET LA VIE

 

JE SUIS LE CHEMIN, LA VERITE, ET LA VIE



CINQUIEME



DIMANCHE DE PÂQUES

Année A

(Jn 14, 1-12)


Au chapitre précédent, Jésus lave les pieds de ses disciples, Il annonce la trahison de Judas et fait explicitement Ses adieux aux apôtres , Ses compagnons de route. : Lorsque Judas fut sorti, Jésus dit; "Maintenant le Fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui. Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et il le glorifiera bientôt. Mes petits enfants, je ne suis plus avec vous que pour un peu de temps. Vous me chercherez et comme j'ai dit aux Juifs qu'ils ne pouvaient venir où je vais, je vous le dis aussi maintenant. (Jn 13)

Dès lors, le verset suivant ne peut nous surprendre, quant à l'expression, quant au fond, c'est autre chose . Les apôtres sont comme recouverts d'une chape de plomb, c'est un peu comme si le « ciel leur tombait sur la tête », selon l'expression bien connue, et leur détresse n'échappe pas à Jésus qui veut les rassurer, comme Il le fait habituellement :« Ne crains rien, car je suis avec toi. »« Ne soyez pas inquiets « Ne vous inquiétez pas pour votre âme de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez, (Mt 6) ... N'ayez donc point de souci du lendemain, car le lendemain aura souci de lui-même: à chaque jour suffit sa peine. (Mt 6) Jésus nous veut sereins et abandonnés :

En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples :    « Que votre cœur ne soit pas bouleversé :vous croyez en Dieu,croyez aussi en moi.Jésus leur demande, comme Il nous le demande en ces temps particulièrement troubles et troublés, de Lui faire une confiance absolue. « vous croyez en Dieu ? Eh bien, croyez aussi en Moi, je ne vous trompe pas ! D'une manière ou d'une autre, Jésus fait très souvent référence à la vérité, soit pour dire qu'Il est LA VERITE, à la CONFIANCE soit pour appuyer des déclarations importantes, comme nous le disions dimanche dernier.

Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité. (Jn 5) Sous entendu, Il m'a rendu témoignage.

« Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » (Jn 8) Pour être vraiment disciples , il convient d'être fidèles aux paroles de Jésus , paroles qui Le font découvrir et connaître.

Et en fait vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Abraham n'a pas agi ainsi. (Jn 8) Jésus révèle ici son unité avec le Père , ce qu'Il proclame , c'est la Vérité du Père.

Qui d'entre vous peut m'accuser de péché ? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ? (Jn 8)

Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. (Jn 14) Nous retrouverons ce verset dans notre méditation, je l'écarte pour le moment.

Et nous pourrions continuer longtemps, en effet, la vérité est citée 135 fois dans les Actes et les quatre Évangiles, dont 74 fois dans le seul Évangile de Jean.

Jésus insiste pour leur dire et nous dire, qu'Il ne nous abandonne pas , s'Il part, s'Il remonte auprès du Père c'est dans le but de nous préparer une place

 Dans la maison de mon Père,il y a de nombreuses demeures ;sinon, vous aurais-je dit :‘Je pars vous préparer une place’ 

Quand je serai parti vous préparer une place,je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi.

Jésus ne s’appesantit pas sur les différentes demeures de la Maison du Père, Il tient seulement à nous établir dans la confiance, Il nous demande de croire en Sa Parole.. Chacun trouvera sa place dans la Maison du Père , non pas une place mais, sa place , celle préparée par Jésus Lui-même.Cette assertion devrait nous établir dans une profonde allégresse et une profonde Paix . Cette Paix de l'abandon absolu dans les mains d'un Dieu qui aime et ne sait qu'aimer.Quand tout sera prêt, quand le monde sera prêt pour les noces de l'Agneau : Réjouissons-nous, tressaillons d'allégresse et rendons-lui gloire; car les noces de l'Agneau sont venues, et son épouse s'est préparée, et il lui a été donné de se vêtir de lin fin, éclatant et pur. " - Ce fin lin, ce sont les vertus des saints Ap 19

alors, le Roi Jésus , assis sur le Trône « Puis je vis un grand trône éclatant de lumière et Celui qui était assis dessus; devant sa face la terre et le ciel s'enfuirent et il ne fut plus trouvé de place pour eux. Et je vis les morts, grands et petits, debout devant le trône. Des livres furent ouverts; on ouvrit encore un autre livre, qui est le livre de la vie; et les morts furent jugés, d'après ce qui était écrit dans ces livres, selon leurs œuvres ».

accordera sa demeure éternelle à chacune et à chacun « Il n'y aura plus de nuit, et ils n'auront besoin ni de la lumière de la lampe, ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les illuminera; et ils régneront aux siècles des siècles. (Ap 22)

Pour être illuminés, pour accueillir cette Lumière éternelle, il convient de suivre « le chemin »  que nous montre Jésus . Chemin qui n'est pas matérialisé par du bitume ou un quelconque matériau, mais qui est UNE PERSONNE , la PERSONNE-MÊME de Jésus de Celui qui siège sur le trône.C'est la réponse que Jésus fait à Thomas surpris par le propos de Jésus :Pour aller où je vais,vous savez le chemin. »    Thomas lui dit :« Seigneur, nous ne savons pas où tu vas.Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »    Jésus lui répond :« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi.    Puisque vous me connaissez,vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez,et vous l’avez vu. » Les apôtres et chacun de nous en regardant Jésus, nous apprenons à marcher, en Le suivant pas à pas . C'est avec un compte-gouttes que procède Jésus , qu'Il distille Son enseignement, selon la capacité d'accueil des uns et des autres ! Un peu plus tard, Jésus leur dira même :« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière.

En fin pédagogue , Jésus éclaire Ses apôtres et chacun de nous selon nos capacités , selon notre ouverture , notre accueil. Ce que St Paul appelle « du lait » une lente et longue préparation est indispensable pour entrer dans les profondeurs de l'amour de Dieu :

 :C'est du lait que je vous ai donné, et non de la nourriture solide ; vous n'auriez pas pu en manger, et encore maintenant vous ne le pouvez pas, car vous êtes encore des êtres de chair. Puisqu'il y a entre vous des jalousies et des disputes, n'êtes-vous pas toujours des êtres de chair, et n'avez-vous pas une conduite tout humaine ? (1Co 3)

« Je suis, le chemin, la Vérité et la Vie » Il convient en effet de « garder les yeux fixés
sur Jésus » ( Héb) de marcher avec Lui en écoutant et en creusant Sa Parole de Vérité . En nous attachant à vivre l’Évangile nous découvrons que nous n'aurons jamais fini de nous laisser enseigner par le Maître, jamais fini de Le connaître, de vivre de Lui, avec Lui, en Lui, par Lui, pour Lui ! Il est tellement puissant en sainteté, tellement juste dans la Vérité, tellement débordant de Vie, puisqu'Il est LA VIE ! Tout ce que nous comprenons, tout ce que nous percevons de ce « Verbe de vie » ne peut être que partiel. St Paul l'exprime ainsi :nous ne connaissons qu'en partie, et nous ne prophétisons qu'en partie; 1or, quand sera venu ce qui est parfait, ce qui est partiel prendra fin. Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j'ai laissé là ce qui était de l'enfant. Maintenant nous voyons dans un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme je suis connu. (1Co 13)

Philippe croyait voir compris ! Dans un élan du cœur, il lance comme un défi à Jésus :Philippe lui dit :« Seigneur, montre-nous le Père ;cela nous suffit. »Philippe demande instamment à Jésus de ne plus tergiverser, ça nous suffit, si Tu nous montres le Père, tout sera clair , nous aurons tout compris ! Philippe manifeste par cette parole, qu'en fait, ils n'ont rien compris du tout , et nous pas beaucoup plus , ils vivent, comme souvent nous-mêmes le faisons, à peine à la surface. Nous sommes durs à comprendre les choses de Dieu , c'est la réponse immédiate de Jésus :

Jésus lui répond :« Il y a si longtemps que je suis avec vous,et tu ne me connais pas, Philippe !Celui qui m’a vu a vu le Père.Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ?    Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi !Les paroles que je vous dis,je ne les dis pas de moi-même ;le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.    Croyez-moi :je suis dans le Père,et le Père est en moi ;si vous ne me croyez pas,croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.    Amen, amen, je vous le dis :celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais.Il en fera même de plus grandes,parce que je pars vers le Père »

Dans ces versets Jésus, sans violence, mais avec clarté, s'étonne et le souligne : « ta demande manifeste clairement que tu n'as rien compris ! » ( Et nous que comprenons-nous ?) En effet, Philippe n'a pas vraiment entendu les déclarations du Maître , Ses Paroles de vérité ont glissé, elles n'ont pas pénétré son être, sa pensée ! Ce serait-il construit, comme beaucoup d'entre nous, une carapace déperlante sur laquelle tout ou presque tout, glisse ? C'est la Parabole du Semeur : « Quiconque entend la parole du royaume et ne la comprend pas, le Malin vient, et il enlève ce qui a été semé dans son cœur: c'est (le grain) qui a été semé le long du chemin. Celui qui a été semé sur des endroits pierreux, c'est celui qui entend la parole et la reçoit aussitôt avec joie; mais il n'y a pas en lui de racines et il est éphémère; (Mt 13)

Pourtant Jésus na cessé de dire et redire :

Mon père et moi nous sommes un." (Jn 10)

Il est écrit dans les Prophètes: Ils seront tous enseignés par Dieu. ( Jésus les enseigne ! Jésus révèle ici qu'Il est Dieu !) Quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement, vient à moi. Ce n'est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui est de Dieu; celui-là a vu le Père. (Jn 6)

C'est oublier la réponse inspirée de Pierre, le responsable du groupe :"Seigneur, à qui irions-nous? Vous avez les paroles de la vie éternelle. Et nous, nous avons cru et nous avons connu que vous êtes le Saint de Dieu." (Jn 6)

Je suis le bon pasteur; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent,Comme mon Père me connaît, et que je connais mon Père, et je donne ma vie pour mes brebis. (Jn 10) ce qui revient à dire : nous sommes un ! Ce qui est repris au chapitre 15 :

Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi-même j'ai gardé les commandements de mon Père, et comme je demeure dans son amour.Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. (Jn 15)

Jésus lui demande et nous demande la Foi, Jésus nous demande de Lui faire confiance ! N'est-ce pas ce qu'Il demande assez souvent avant d'intervenir, à la personne qui sollicite Son aide : crois-tu ? : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » (Jn11)

Comme il parlait encore, quelqu'un arrive de la maison de Jaïre pour lui dire : « Ta fille est morte. Ne dérange plus le maître. » Jésus, qui avait entendu, répondit : « Ne crains pas. Crois seulement, et elle sera sauvée. » (Lc 8)

Tout est possible en faveur de celui qui croit. » Aussitôt le père de l'enfant s'écria : « Je crois ! Viens au secours de mon incroyance ! » (Mc 9)

Sondant la fragilité de sa foi, de leur foi, de notre foi Jésus s'appuie alors sur Ses œuvres :

si vous ne me croyez pas,croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. En effet , ne faut-il pas être le Saint de Dieu pour agir comme Il agit : les boiteux marchent...c'est la réponse que Jésus donne aux envoyés de Jean le Baptiste :« Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! » (Mt 11)( Lc 7)

Hélas, non seulement nous tombons mais nous sommes à terre , nous mangeons la poussière du chemin incapable (pardonnez-moi) que nous sommes d'avoir nos yeux rivés sur notre Sauveur ! C'est à longueur de journée que nous sommes Pierre « marchant sur les eaux » « si c'est vous, ordonnez que j'aille à vous sur les eaux. " Il lui dit: " Viens! " et Pierre, étant sorti de la barque, marcha sur les eaux pour aller à Jésus. Mais, voyant la violence du vent, il eut peur, et comme il commençait à enfoncer, il s'écria: " Seigneur, sauvez-moi! " Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit: " Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? " (Mt 14) Parce qu'il a cessé de regarder Jésus, parce qu'il a regardé la houle furieuse, Pierre a perdu pied, il a toutefois eu un ersatz de confiance puisqu'il a crié vers Jésus, montrant ainsi qu'il avait compris , que Lui seul, Jésus, pouvait le tirer de l'impasse , pouvait le relever ! Cahin -caha, Pierre, tout au long de sa vie, malgré ses élans et ses chutes, se relèvera parce qu'il saura , acceptera, de rencontrer le regard miséricordieux de Jésus ! Ce ne sera pas le cas de Judas Iscariote!

Suit le verset conclusif qui me fascine et me trouble et m'interroge : Amen, amen, je vous le dis :celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais.Il en fera même de plus grandes,parce que je pars vers le Père » Il faut croire que ma foi, notre foi, est bien piètre, pitoyable, minable, puisque nos œuvres sont quasi inexistantes ! En même temps , je me dis, que cette pauvreté, est peut-être permise par le Seigneur Lui-même pour nous garder dans l'humilité donc dans la vérité , tel Moïse envoyé par Dieu auprès de Pharaon :Moïse dit à Dieu: "Qui suis-je, pour aller vers Pharaon et pour faire sortir d’Égypte les enfants d'Israël?" Dieu dit: "Je serai avec toi; et ceci sera pour toi le signe que c'est moi qui t'ai envoyé: Quand tu auras fait sortir le peuple d’Égypte, vous servirez Dieu sur cette montagne." (Ex 3)Il ne s'agit pas d'effectuer des œuvres, mais de permettre à Dieu de faire Son Œuvre en nous , tout le reste Lui appartient ! C'est la très belle prière de Marie-Noëlle :

Si vous avez envie que je croie en vous

une prière de Marie-Noël

Mon Dieu, je ne vous aime pas,
je ne le désire même pas,
je m'ennuie avec vous
Peut-être même que je ne crois pas en vous.
Mais regardez-moi en passant.
Abritez-vous un moment dans mon âme,
mettez-la en ordre d'un souffle,
sans en avoir l'air, sans rien me dire.

Si vous avez envie que je croie en vous,
apportez-moi la foi.
Si vous avez envie que je vous aime,
apportez-moi l'amour.

Moi, je n'en ai pas et je n'y peux rien.
Je vous donne ce que j'ai : ma faiblesse, ma douleur.
Et cette tendresse qui me tourmente
et que vous voyez bien...
Et ce désespoir... Et cette honte affolée...
Mon mal, rien que mon mal...
C'est tout !
Et mon espérance !


Seigneur, je veux croire en toi

Prière de Paul VI

Seigneur, je crois en Toi, je veux croire en Toi.

O Seigneur,
fais que ma foi soit entière et sans réserve,
et qu'elle pénètre dans ma pensée,
dans ma façon de juger
les choses divines et les choses humaines;

O Seigneur, fais que ma foi soit libre;
qu'elle exprime le meilleur de ma personnalité :
je crois en Toi, Seigneur;

O Seigneur, fais que ma foi soit forte,
qu'elle ne craigne pas les contrariétés
mais qu'elle se renforce
de la preuve de ta vérité,
qu'elle se renforce continuellement
en surmontant les difficultés
dans lesquelles se déroule notre existence temporelle.

O Seigneur, fais que ma foi soit joyeuse
et qu'elle donne paix et allégresse à mon esprit,
le rende capable de prier avec Dieu
et de converser avec les hommes,
de telle manière que transparaisse
la béatitude intérieure de son heureuse possession;

O Seigneur, fais que ma foi soit humble
et qu'elle rende témoignage à l'Esprit Saint,
et qu'elle n'ait d'autre garantie
que dans la docilité à la Tradition
et à l'autorité du magistère de la Sainte Église.

Amen.


L'Ermite

vendredi 28 avril 2023

JE SUIS LA PORTE

 JE SUIS LA PORTE

QUATRIEME



DIMANCHE DE PÂQUES

Année A

(Jn 10, 1-10)



Nous célébrons aujourd'hui le dimanche du Bon Pasteur en raison de l’Évangile qui est proposé à notre méditation . Depuis 1964, l’Église en a fait une journée mondiale de prière pour les vocations :

Cette journée mondiale est proposée par l’Église catholique depuis 1964 et célébrée, depuis 1971, le 4ème dimanche de Pâques. Elle est par conséquent une journée mobile dans le calendrier.

C'est une journée d'invitation à la réflexion : quand on parle de "vocation", on parle de ce qui touche l'être humain au plus intime de sa liberté. C'est aussi une journée d'invitation à la prière : pour qu'une liberté humaine découvre son chemin, elle a besoin d'être éclairée et stimulée. C'est le rôle du Saint esprit.


Poussés par l'Esprit pour la mission

Chaque année, le Saint-Père a l'habitude d'écrire un texte dense et nous vous proposons de découvrir ci-dessous un extrait de celui proposé par le Pape François pour la 57ème journée mondiale de prière pour les vocations (2020) :


Chers frères et sœurs



Le 4 août de l’année dernière (ndlr: 2019), lors du 160ème anniversaire de la mort du saint Curé d’Ars, j’ai voulu offrir une lettre aux prêtres qui, chaque jour consacrent leur vie à l’appel que le Seigneur leur a adressé, au service du peuple de Dieu.

A cette occasion, j’avais choisi quatre paroles-clés – souffrance – gratitude – courage et louange – pour remercier les prêtres et soutenir leur ministère. J’estime qu’aujourd’hui, en cette 57ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, ces paroles peuvent être reprises et adressées à tout le Peuple de Dieu, sur le fond d’un passage évangélique qui nous raconte la singulière expérience survenue à Jésus et Pierre, durant une nuit de tempête sur le lac de Tibériade (cf.Mt 14)

Après la multiplication des pains, qui avait enthousiasmé la foule, Jésus ordonna à ses disciples de monter dans la barque et de le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. L’image de cette traversée sur le lac évoque, en quelque manière, le voyage de notre existence. La barque de notre vie, en effet, avance lentement, toujours agitée parce qu’à la recherche d’un lieu d’accostage favorable, prête à affronter les risques et les opportunités de la mer, mais aussi désireuse de recevoir du timonier un virage qui conduise finalement vers la bonne direction. Mais parfois, il peut arriver qu’elle s’égare, qu’elle se laisse aveugler par les illusions, au lieu de suivre le phare lumineux qui la conduit à bon port, ou d’être défiée par les vents contraires des difficultés, des doutes et des peurs. Il en est de même aussi dans le cœur des disciples, lesquels, appelés à suivre le Maître de Nazareth, doivent se décider à passer sur l’autre rive, en choisissant avec courage d’abandonner leurs sécurités et de se mettre à la suite du Seigneur. Cette aventure n’est pas tranquille : la nuit arrive, le vent contraire souffle, la barque est ballottée par les vagues, et la peur de ne pas y arriver et de pas être à la hauteur de l’appel risque de les dominer.

Rome, Saint Jean de Latran, 8 mars 2020, deuxième dimanche de Carême,

François

Recueillons-nous, et accueillons l’Évangile de ce dimanche dans la Foi de l’Église :

Jésus déclara :    « Amen, amen, je vous le dis :celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit,celui-là est un voleur et un bandit.    Celui qui entre par la porte,c’est le pasteur, le berger des brebis.    Le portier lui ouvre,et les brebis écoutent sa voix.

Si je vous demande : à quoi sert une porte , vous ouvrirez grands vos yeux et me répondrez, « ben, ça tombe sous le sens ! une porte délimite un espace privé clos, elle protège cet espace des intempéries et des intrusions désordonnées, elle permet d'aller d'une pièce à l'autre, de rentrer et de sortir ,de garder l'intimité d'un lieu précis... ! Autrefois, les villes étaient protégées par des remparts et une porte , voire des portes, pour se garder des invasions etc... »

En effet, une porte sert à tout cela et nous ne franchissons pas une porte sans y être autorisé et accompagné par le maître ou la maîtresse de maison . Celui qui ose s'aventurer dans un lieu fermé, sans autorisation, est en infraction et s'expose à des représailles ! C'est ce que nous explique Jésus dans le tout premier verset je vous le dis :celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit,celui-là est un voleur et un bandit.

Le Berger qui qu'il soit, est en même temps, la porte et le berger , sa mission essentielle est de protéger les brebis écoutons l’Écriture Sainte :

Le Berger prend soin de ses brebis, il les nourrit,en prend soin, les conduit :Comme un berger, il fera paître son troupeau; il recueillera les agneaux dans ses bras, et les portera dans son sein; il conduira doucement celles qui allaitent. (Is 40)

David qui protège les brebis du troupeau de son père  :

«Lorsque ton serviteur faisait paître les brebis de son père,( David explique au Roi Saül comment il protégeait ce troupeau) et qu'un lion ou un ours venait et enlevait une brebis du troupeau, je me mettais à sa poursuite, je le frappais et j'arrachais la brebis de sa gueule; s'il se dressait contre moi, je le saisissais à la mâchoire, je le frappais et je le tuais. 1 Sam 17

Ensuite ça devient plus subtil Celui qui entre par la porte,c’est le pasteur, le berger des brebis.    Le portier lui ouvre,et les brebis écoutent sa voix. Le Psaume 22 de notre liturgie conforte la déclaration de Jésus :



Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Ce Psaume a été écrit bien avant l'arrivée de Jésus, puisqu'il est de David  : Alors ? Je pense que le Pasteur c'est Dieu le Père et ,en tant que Dieu, Jésus est Pasteur des brebis que nous sommes, quant à la porte il s'agit de Jésus en tant que Verbe incarné car Il nous dit ailleurs ; Entrez par la porte étroite; car large est la porte, et spacieuse la voie qui conduit à la perdition, et nombreux sont ceux qui y passent; car étroite est la porte, et resserrée la voie qui conduit à la vie, et il en est peu qui la trouvent! (Mt 7)

Jésus est bien cette porte étroite , exigeante qui nous montre le chemin qui conduit au Père : « Je suis le chemin la vérité et la vie ! personne ne va vers le Père sans passer par moi. (Jn14) » Cela semble clair ;  pour aller au Père, nous devons passer par Jésus qui est « la porte, et le chemin »! C'est lui qui détient la clef de David, qui ouvre et qui ferme : « Ainsi parle le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre et personne ne fermera, celui qui ferme et personne ne peut ouvrir » : (Ap 3)

les brebis écoutent sa voix, les brebis, les vraies, celles qui comprennent que le Pasteur-Jésus, détient les Paroles de la vie éternelle :« Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. (Jn 6) L'écoutent, et essaient, avec leurs petits moyens, de vivre selon Ses Paroles ! Et aussi invraisemblable que cela puisse paraître à des yeux purement profanes, le Pasteur-Jésus appelle chacune, donc chacun de nous, par son nom :

Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom,et il les fait sortir.    Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête,et les brebis le suivent,car elles connaissent sa voix.    Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui,car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » 

Jésus connaît chaque brebis de la Bergerie-Eglise, par son nom , Il nous demande de sortir de nos sentiers battus, d'aller à la rencontre de nos frères,blessés ou pas,jeunes et moins jeunes ,proches ou éloignés, tous ceux qui errent dans nos rues ne sachant que faire pour donner du sens, du goût à leur vie. Jésus en nous faisant SORTIR, nous ENVOIE, nous avons tellement de façons de rencontrer l'autre qui est lui-même, un Jésus potentiel qui s'ignore parce qu'il ignore qu'il est aimé ! De plus, aujourd'hui, avec les moyens de communication qui sont mis à notre disposition, nous pouvons aller très loin, sans bouger de chez nous, prendre des initiatives qui sauvent ou offrent le salut . Telle brebis est gravement malade, je sais que son entourage ne pensera pas à prévenir un prêtre pour l'assister, je prends mon téléphone , je mets en contact !C'est cela prendre une brebis sur son épaule ! Soyons, inventifs, soyons missionnaires même sans quitter notre siège, simplement parce que nous aimons! Oui, Jésus, Bon-Pasteur marche en tête de Son Église , Il lui montre comment être et rester mobile, vivante,dynamique, appelante et, sans en avoir l'air Il nous met en garde Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui,car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »  Aujourd'hui, pas moins ni plus qu'hier d'ailleurs, des voix discordantes ronronnent toutes sortes de choses à nos oreilles , certaines brebis de la Bergerie-Église, dans le tumulte de leur vie, dans le brouhaha des nouveautés, s'engouffrent dans des tunnels obscurs : drogue, argent facile, gourous de « tous poils » y compris au sein de la Bergerie :le dernier en date ayant trouvé l'incarnation du St Esprit dans la femme qu'il va épouser, or la Bergerie-Église est UNE , SAINTE elle n'a qu'UNE VOIX, celle de Jésus qui parle dans les Évangile et à travers le Saint Père François son successeur ! Une VOIX qui dit et redit « Or, la vie éternelle, c'est qu'ils vous connaissent, vous, le seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ. (Jn 17)

Père saint, gardez dans votre nom ceux que vous m'avez donnés, afin qu'ils ne fassent qu'un, comme nous.Lorsque j'étais avec eux, je les conservais dans votre nom. J'ai gardé ceux que vous m'avez donnés, et pas un d'eux ne s'est perdu, hormis le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie. (Jn 17)

Les métaphores utilisées par Jésus ont toujours un but éducatif, Il souhaite éclairer ceux qui L'écoutent et Le suivent ,c'est ce que précise l’Évangéliste :

Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens,mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.Question: pourquoi les Pharisiens ne comprirent-ils pas le propos de Jésus ? Nous ne pouvons que supposer . Compte tenu de leur état d'esprit , habituellement, le plus grand nombre d'entre eux, n'est pas du tout sur la même longueur d'onde que le « Maître Jésus ». Ils entendent, mais n'écoutent pas vraiment , ils ne peuvent accueillir en profondeur le message évangélique ; sa nouveauté et surtout, ce qu'il laisse voir et entendre de la divinité de Jésus les hérisse, les heurte , car Jésus ne correspond pas à l'idée qu'ils se font du Messie de Dieu !

C’est pourquoi Jésus reprit la parole :« Amen, amen, je vous le dis :cette formulation est importante, correspond à « En Vérité je vous le dis » , Jésus, en s'exprimant ainsi ,demande l'attention de ceux à qui Il s'adresse Il les prépare à entendre une importante déclaration :

Moi, je suis la porte des brebis.    Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ;mais les brebis ne les ont pas écoutés.    Moi, je suis la porte.Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »

Jésus veut enfoncer le clou , Il s'adresse à tous mais plus particulièrement aux Pharisiens, deux fois Il affirme Moi,je suis la porte des brebis. Que vous le compreniez ou non si vous voulez connaître le Royaume vous devez passer par moi, par ce que je vous dis de la part du Père, vous n'avez pas d'autre chemin pour vivre dans la liberté des enfants de Dieu. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.Et dans ce pâturage le croyant trouve toute sa nourriture tout ce qui entretient en lui la Vie Éternelle : Parole de Vie : les évangiles, la grâce , par les sacrements ! C'est bien le discours de Pierre dans la Première lecture :« Convertissez-vous,et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés ;vous recevrez alors le don du Saint-Esprit. La brebis est appelée à changer de perspectives, à changer son regard, elle entre dans une terre nouvelle. Dans la deuxième lecture Pierre nous rappelle notre ancienne condition et le changement opéré quand nous acceptons de suivre le Berger-Jésus  venu nous sauver : vous étiez errants comme des brebis ;mais à présent vous êtes retournés vers votre berger, le gardien de vos âmes.Ce que Jésus exprime ainsi :Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. » Et c'est Son Église qui est dépositaire de cette Vie il est donc indispensable qu'Elle dispose de nombreux Pasteurs pour répandre cette Vie divine par les sacrements confiés par Le Bon Pasteur ! D'où cette journée de prière pour demander des vocations :


« Avec Marie, oser le "oui" »

Marie, Mère du “oui”,
Apprends-nous à goûter la brise légère
de l’Esprit qui travaille en nous.
Aide-nous à retrouver le chemin de l’intériorité pour mûrir
nos engagements et nos choix
avec un intense désir de sainteté.

Marie, Mère de Jésus,
tu as écouté le timbre de sa voix
et le battement de son cœur.
Mets dans notre vie
tes sentiments, ta docilité,
ton silence qui écoute
et transforme la Parole
en choix de véritable liberté.

Marie, mère de l’Église,
intercède auprès du Père.
Qu’il dépose dans le cœur des jeunes
La semence de son appel
et la joie de répondre.

Qu’il éclaire et fortifie
ceux qui sont appelés à se donner
pleinement sur le chemin du mariage,
du sacerdoce et de la vie consacrée.

Amen

L'Ermite

Prière pour les vocations et pour les ordinand

vendredi 21 avril 2023

RESTE AVEC NOUS , SEIGNEUR

 

TROISIEME



DIMANCHE DE PÂQUES

Année A






(Lc 24, 13-35

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine),deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs,à deux heures de marche de Jérusalem,    et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.

Ils étaient deux , ils se croyaient seuls, ils échangeaient douloureusement sur les récents événements et partageaient leur déception ! Ils espéraient et, plus rien !

Celui qui avaient envoyé les 72 disciples , deux par deux :le Seigneur en désigna encore soixante-dix autres, et il les envoya devant lui, deux à deux, en toute ville et endroit où lui-même devait aller.Il leur disait: " La moisson est grande, mais les ouvriers sont en petit nombre. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson. Allez: voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni besace, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. (Lc 10) (sans doute faisaient-ils partie de ce groupe des 72), ce Seigneur, en qui ils avaient cru, à qui ils faisaient confiance, est mort lamentablement sur une croix de paria ! L'Espérance est morte avec Lui !

Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient,Jésus lui-même s’approcha,et il marchait avec eux.Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.Jésus leur dit :« De quoi discutez-vous en marchant ? »

Cette question du « nouveau venu » aurait pu éveiller les pèlerins, qui semblent avoir bien connu Jésus et ses apôtres, à qui Jésus avait posé la même question le jour de la seconde annonce de Sa Passion, où ceux-ci, dépassés par le propos du Maître « discutaillaient » laissant apparaître leurs rivalités et leurs ambitions : " De quoi discutiez-vous en chemin? " Mais ils gardèrent le silence, car en chemin ils avaient discuté entre eux qui était le plus grand. (Mc 9)

Et même, sans être au courant de cet incident , l'intrusion de cet étranger dans leur conversation est plutôt surprenante ! Certains d'entre nous n'auraient pas manqué de poursuivre leur route, sans tenir compte de l'intru ou l'auraient renvoyé de façon plutôt désobligeante , du genre : « en quoi êtes-vous concerné ? Nous parlons de sujets privés , personnels ! » Et je reste polie ! Les deux amis sont tellement envahis par leur déception, leur souffrance aussi, qu'ils saisissent l'opportunité offerte pour se décharger un peu de leur trouble :

Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit :« Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. Il leur dit :« Quels événements ? »Ils lui répondirent :« Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth,cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple :    comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré,ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.    Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël.

Les voilà rejoints par Celui qu'ils pleurent, mais , tellement recroquevillés sur leur douleur, ils ne Le reconnaissent pas ! La souffrance envahit tout leur espace de lucidité, Il n'est plus là, et ils s'étonnent de l'ignorance de cette troisième personne qui se joint à eux . Ils tentent de résumer l'événement, mais n'obtiennent aucune réaction ! Ne ressemblons-nous pas, parfois, à ces deux pèlerins enfermés dans leur souffrance ?

Confrontés à l'épreuve dans nos familles, dans la société, dans l’Église nous alimentons de notre foi défaillante, les commentaires des uns et des autres, au lieu de nous recueillir pour chercher la lumière au plus profond de notre cœur, là où demeure la Trinité Sainte. Nous ajoutons de l'eau au moulin de ceux qui en profitent pour demander des comptes à Dieu, au lieu de chercher quelle Parole nous adresse le Seigneur dans ces événements. N'oublions- nous pas trop vite, comme nos deux pèlerins d'Emmaüs, que l'événement est une Parole Divine?N'oublions-nous pas, que Jésus, Le Vivant, marche avec nous sur toutes nos routes ? «Et Moi,  je suis avec vous jusqu'à la fin des temps »Mt 28

Ils admettent cependant que des femmes sont allées au tombeau :

Mais avec tout cela,voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.    À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur.Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,    elles n’ont pas trouvé son corps ;elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision :des anges, qui disaient qu’il est vivant.    Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau,et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ;mais lui, ils ne l’ont pas vu. »

Lui, elles ne L'ont pas vu, et eux non plus ne Le voient pas ! Et combien de fois, nous -mêmes, ne Le reconnaissons-nous pas, agissant dans nos vies ! Nous appelons « chance » « bonne étoile » les grâces qui jalonnent notre vie, mais, de-là à reconnaître une visite du Seigneur ,c'est un peu plus aléatoire ! Quant à l'épreuve ce sera de préférence  « le mauvais œil », « untel qui me veut du mal » etc mais essayer de voir dans cette difficulté précise, Dieu qui me parle, c'est autre chose, essayer de comprendre, où Il me conduit , c'est hors de question souvent ! Pourtant ! Pourtant nous chantons à pleins poumons : » Tout vient de Toi Ô Père très bon ... » quelle connexion établissons-nous avec notre vécu réel?

L'étranger, comme le nomme Cléophas, ayant écouté les doléances des deux pèlerins prend la parole à Son tour, et tente de rappeler des propos que nos frères en plein combat intérieur, semblent oublier :

    Il leur dit alors :« Esprits sans intelligence !

Aux apôtres Jésus disaient également :Ne saisissez-vous pas encore et ne vous rappelez-vous pas les cinq pains des cinq mille, et combien de paniers vous avez emportés? (Mt 16)

Cette exclamation à elle seule, aurait dû leur ouvrir les yeux du cœur et les yeux tout court , ils auraient pu marquer un temps d'arrêt, un étonnement , rien ! Ils le laissent parler, cependant  :

Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !    Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »    Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes,il leur interpréta, dans toute l’Écriture,ce qui le concernait.

Nos pèlerins ne sont pas insensibles, ils ne sont pas complètement fermés, quelque chose bouge en eux , les remarques de l'étranger les touchent au point d'avoir le désir de Le retenir. Eux sont arrivés , Lui fait mine de poursuivre Sa route !

Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient,Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir :« Reste avec nous,car le soir approche et déjà le jour baisse. »Il entra donc pour rester avec eux. Cette heureuse et généreuse invitation va tout faire basculer . Les deux disciples dépassent leur souffrance , ils accueillent pleinement l'étranger à qui ils ont confié leur mal-être , ils lui offrent même l'hospitalité d'un repas, alors qu'il semblait vouloir poursuivre sa route sans but précis. Partager la table de quelqu'un, c'est entrer dans son intimité, ils acceptent d'aller jusque là alors qu'ils ne se connaissaient pas , ils le mettent en confiance et lui font confiance !

Nos deux pèlerins nous apprennent beaucoup par cette simple décision : le dépassement de soi,de sa souffrance personnelle, l'ouverture à l'autre, l'accueil de l'étranger, le partage de la table, la confiance . Ils vivent pleinement ce que St François d'Assise exprime ainsi dans la prière qui lui est attribuée :O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer. Car c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on se retrouve. Leurs yeux ne tarderont pas à s'ouvrir , leurs cœurs s'étant dilatés :

Quand il fut à table avec eux,ayant pris le pain,il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu,il le leur donna.    Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent,mais il disparut à leurs regards.

Jésus a compris l'amour que ces deux frères Lui portent, ça Lui suffit, Il n'attend pas autre chose, pas de congratulations déplacées, d'effusions particulières, de salamalecs à n'en plus finir , Jésus rompt le Pain de la route,le Pain de la Présence puis, s'efface ! Et c'est ainsi qu'Il nous accompagne sur nos chemins au quotidien ! Quand nous lui ouvrons notre cœur, que nous L'invitons à la table de nos vies, Il entre, accepte de s'asseoir et nous révèle, comme l'exprime la prière citée plus haut que : « c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant ( à soi-même) qu’on ressuscite à l’éternelle vie. »

Transformés, revigorés, revitalisés , il n'y a plus de place pour une quelconque revendication ( pourquoi a-t-il disparu si vite, pourquoi ceci, pourquoi cela?) ils en oublient même la suite du repas ( ne sont-ils pas comblés , rassasiés d'amour) légers de corps et d'esprit , sans se reposer davantage, ils reprennent la route en sens inverse !

    Ils se dirent l’un à l’autre :« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous,tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »

Les deux amis relisent « LA RENCONTRE » exceptionnelle, ils reconnaissent que cet Étranger ne leur était pas étranger , qu'en leur parlant d'hier, Il brûlait les scories de leurs cœurs ,dessiillant leurs yeux pour Le reconnaître à « la fraction du Pain » sans pouvoir Le retenir, tout est allé si vite ! Du coup :

    À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem.Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons,qui leur dirent :    « Le Seigneur est réellement ressuscité :il est apparu à Simon-Pierre. »    À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route,et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Nos pèlerins sont devancés ,les frères réunis ANNONCENT la Grande, la Merveilleuse Nouvelle :« Le Seigneur est réellement ressuscité :il est apparu à Simon-Pierre.En écho ils font part de leur propre expérience, c'est la joie , le bonheur partagé : CHRIST EST VRAIMENT RESSUSCITE ! Il nous devance sur tous nos chemins heureux ou douloureux, Il est présent au milieu de nous, en nous, faisons silence , apprenons à Le reconnaître dans le Partage du Pain, et restons dans la joie, chantons Alléluia !

RESTE AVEC NOUS SEIGNEUR !

Sur la route d'Emmaüs

(Bernard/Akepsimas/Studio SM)

REFRAIN
OUVRE NOS YEUX,
TOI QUI NOUS REJOINS !
OUVRE NOS COEURS,
DONNE-NOUS TON PAIN
!

1
Sur la route d’Emmaüs
Notre cœur est dans la nuit.

Qui pourrait lever la tête ?
Qui pourrait lever la tête ?
Jésus le Grand Prophète
Sur la croix s’est endormi.
2
En chemin vers Emmaüs,
Tu nous parles du Messie :
«Vos esprits sont lents à croire !»
«Vos esprits sont lents à croire !»
Voyez à quelle Pâque
Le Sauveur était promis.
3
Pas à pas vers Emmaüs
Un espoir en nous renaît,
Sous la cendre un feu qui brûle.
Sous la cendre un feu qui brûle.
La voix des Écritures
Nous réveille au plus secret.

4
C’est le soir sur Emmaüs,
Tu seras notre invité;
Près de nous viens prendre place !
Près de nous viens prendre place !
A toi de rendre grâce,
Le repas est préparé.

5
A la table d’Emmaüs,
Tu partages notre pain,
Et ta gloire se révèle.
Et ta gloire se révèle.
Nos yeux te reconnaissent,
Mais déjà tu es si loin !

6
La Nouvelle d’Emmaüs,
Allons vite l’annoncer !
Grand joie pour notre terre !
Grand joie pour notre terre !
Voici la vraie lumière :
Jésus-Christ ressuscité !


L'Ermite