vendredi 13 novembre 2020

QUELLE IMAGE DE DIEU EST LA MIENNE ?


XXX IIIe DIMANCHE

DU TEMPS ORDINAIRE

ANNEE A

Mt 25, 14-21


Donc veillez, car vous ne savez ni le jour, ni l'heure. (Mt 25)Telle était la dernière recommandation de la Parabole de Dimanche dernier . Vivre chaque instant sous le Regard du Seigneur afin de ne pas être pris au dépourvu mais, surtout, pour être en harmonie avec la volonté de Notre Père, demeurer sous Son Regard bienveillant !

« Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » (Jn 8)

Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. ( Jn 15)

En ce jour, Jésus continue son enseignement en utilisant le style, maintenant bien connu, de la Parabole. A nous d'ouvrir notre cœur pour tenter de bien comprendre Son message pour nous et les hommes de ce temps !

Car il en est comme d'un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs


et
leur remit ses biens. A l'un il donna cinq talents, à un autre deux, à un autre un, à chacun selon sa capacité, et il partit en voyage.

Surprise par l'entrée en matière de cette Parabole, je suis revenue en arrière pour comprendre : «  « Car » il en est comme d'un homme ». Dans la précédente Parabole, il était question des noces, donc de l'Alliance de Jésus avec l'humanité. Jésus recommande de rester en éveil pour ne pas manquer l'arrivée de l’Époux. Ici il semblerait que l'homme en question, c'est toujours Jésus, mais dans le temps de l'absence , ce temps où Il est remonté vers le Père et où l'humanité attend Son retour à la Parousie, notre temps !

Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et encore un peu de temps, et vous me verrez, parce que je vais à mon Père." Jn 14

Sur quoi, quelques-uns de ses disciples se dirent entre eux: "Que signifie ce qu'il nous dit: Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et encore un peu de temps, et vous me verrez, parce que je vais à mon Père?" Ils disaient donc: " Que signifie cet "encore un peu de temps"? Nous ne savons ce qu'il veut dire." Jésus connut qu'ils voulaient l'interroger et leur dit: " Vous vous questionnez entre vous sur ce que j'ai dit: Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus; et encore un peu de temps, et vous me verrez.

En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, tandis que le monde se réjouira; vous serez affligés, mais votre affliction se changera en joie.... (Jn 16)


Cet Homme, Jésus , en quittant Ses apôtres - l’Église naissante - leur remet Ses biens , c'est-à-dire Sa Parole, Ses sacrements pour les faire fructifier, «  Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. (Jn 20) mais pas seulement, Il leur remet aussi, un monde à gérer, des enfants à éduquer...une vérité à transmettre car TOUT vient du Père : tout est à vous, mais

vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu. (1Co 3)


« A chacun selon ses capacités »
, Pierre, par exemple, devient le successeur de Jésus avec la charge d'organiser la mission et d'étendre le Règne du Christ jusqu'aux limites du monde ! « Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. 

Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » (Mt 16)


En donnant Mission à Pierre, Jésus considère chaque membre de l'humanité, et, c'est nous tous, chacun selon nos capacités qui sommes chargés de faire fructifier les « talents », ces biens que Jésus nous confient !


Écoutons ce qu'écrivait Le Pape Jean Paul II à ce propos :


« L'intendant – le serviteur- n'est pas le Propriétaire mais celui à qui le propriétaire confie ses biens afin qu'il les gère de manière JUSTE et RESPONSABLE .C'est bien ainsi que le prêtre reçoit du Christ les biens du Salut pour les distribuer comme il convient aux personnes à qui il est envoyé. Il s'agit des biens de la foi »


Ceci concerne le prêtre dans le domaine qui lui est imparti, mais chaque chrétien là où il se trouve , selon son État de vie et les dons qu'il a reçus !. Le Saint Père précise « de manière JUSTE ET RESPONSABLE » Voilà deux mots sur lesquels chacun de nous est invité à s'arrêter !

Juste, c'est-à-dire en adéquation avec la volonté de notre Père que nous découvrons dans la prière et à travers les événements de la vie si nous restons en éveil !

Responsable, donc en pleine conscience des décisions que nous prenons, sous le Regard de Notre Père, pour le bien de chacun, dans le respect de nos frères et de la création mise à notre service !


(Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla les faire valoir, et il en gagna cinq autres. De la même manière, celui qui (avait reçu) les deux, en gagna lui aussi deux autres. Mais celui qui en avait reçu un s'en alla faire un trou en terre, et il y cacha l'argent de son maître).

Au temps de Jésus, un lingot d’or, appelé aussi un «talent» était l’équivalent du salaire de six mille journées de travail ! Cela montre l'importance de la confiance faite par le Maître à ses serviteurs : "il leur confie ses biens". Il s’agit donc de gérer des biens qui ne nous appartiennent pas, ce sont ceux du Maître, c’est-à-dire de Dieu. Ainsi le sens profond de la parabole ne concerne pas le bon usage de nos "dons personnels". Il s’agit surtout de notre coopération active pour la construction du Royaume de Dieu, le Royaume de l'Amour !Ce que Saint Paul exprime ainsi : « Or donc, étant ses coopérateurs, nous vous exhortons à ne pas recevoir la grâce de Dieu en vain. Car il dit: " Au temps favorable, je t'ai exaucé, au jour du salut je t'ai porté secours. " Voici maintenant le temps favorable, voici le jour du salut. Nous ne donnons aucun sujet de scandale en quoi que ce soit, afin que notre ministère ne soit pas un objet de blâme ». (2Co 6)

Longtemps après, le maître de ces serviteurs revient et leur fait rendre compte. S'avançant, celui qui avait reçu les cinq talents en présenta cinq autres, en disant: " Maître, vous m'aviez remis cinq talents; voici cinq autres talents que j'ai gagnés. " Son maître lui dit: " Bien, serviteur bon et fidèle; en peu tu as été fidèle, je te préposerai à beaucoup; entre dans la joie de ton maître. " S'avançant aussi, celui qui (avait reçu) les deux talents dit: " Maître, vous m'aviez remis deux talents; voici deux autres talents que j'ai gagnés. " Son maître lui dit: " Bien, serviteur bon et fidèle, en peu tu as été fidèle, je te préposerai à beaucoup; entre dans la joie de ton maître. "

On se réjouit du comportement de ces deux serviteurs qui ont mis toute leur ardeur à la fructification des biens qui leur ont été confiés . Chacun a doublé la mise pour la joie


et du Maître et des appelés !

Bien différente est la situation suivante et combien attristante ! Non seulement ce serviteur n'a rien fait, mais c'est la peur « au ventre » qu'il a attendu le retour du Maître après avoir caché « le bien confié »  ! Il a caché la VERITE à ses frères, il les a empêchés de s'épanouir, de connaître la Route qui mène au Royaume.

( S'avançant aussi, celui qui avait reçu un talent dit: " Maître, j'ai connu que vous êtes un homme dur, qui moissonnez où vous n'avez pas semé, et recueillez où vous n'avez pas répandu. J'ai eu peur, et je suis allé cacher votre talent dans la


terre; le voici, vous avec ce qui est à vous.

Ce serviteur est particulièrement maladroit, inhibé , replié sur lui-même, et, dépourvu de jugement ! Pour justifier son manque de résultat il commence par accuser le Maître en exposant ce qu'il a compris de Ses exigences. Ce faisant il dénature l'image de Dieu, Le considère comme un tyran inaccessible et dangereux ! Dès le départ, c'est-à-dire, dès qu'il comprend ce que Dieu attend de lui, il se méfie et préfère se cacher pour ne pas avoir à rendre des comptes !Quand nos Premiers parents ont pris conscience de leur faute comment ont-ils réagi? En se cachant ! Et pourquoi se sont-ils cachés ? Parce qu'ils ont eu peur ! Et pourquoi ont-ils eu peur ? Parce qu'ils ont prêté à Dieu des agissements humains , ils ont calqué Dieu sur l'homme et non le contraire ! Agir ainsi c'est dénaturer Dieu, Dieu n'est plus Dieu ! Dieu, qui est amour ne peut que vouloir le bien et le bonheur de l'homme !

L'homme et la femme se cachèrent devant le Seigneur Dieu au milieu des arbres du jardin. Le Seigneur Dieu appela l'homme et lui dit: " Où es-tu ? " Il répondit: " J'ai entendu ta voix dans le jardin, j'ai pris peur car j'étais nu, et je me suis caché. " ( Gen 3)

La peur dit-on est mauvaise conseillère, que d'exactions lui sont imputables ! Quelqu'un qui a peur, se cache derrière le mensonge, derrière la violence aussi, derrière l'accusation :

Sara nia en disant: " Je n'ai pas ri ", car elle avait peur. " Si ! reprit-il, tu as bel et bien ri. ( Gn 18)

C'est sûrement ta femme! Pourquoi as-tu dit: " C'est ma sœur " ? " Isaac lui répondit: "


Je l'ai dit par peur de mourir à cause d'elle. ( Gn26)

En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées (Jn 3)

Quelqu'un qui a peur peut commettre ou être tenté de commettre l'irréparable, ou fuir devant un danger, on voit cela même dans l’Écriture :

Il n'y a pas de crainte dans l'amour, l’amour parfait chasse la crainte ; car la crainte est liée au châtiment, et celui qui reste dans la crainte n'a pas atteint la perfection de l'amour. (1Jn 4)

On discutait beaucoup à son sujet dans la foule. Les uns disaient : « C'est un homme de bien. » D'autres répliquaient : « Non, il égare la foule. » Toutefois, personne ne parlait ouvertement de lui, par crainte des Juifs. (Jn 7)

" C'est moi, n'ayez pas peur! " Ils voulurent le prendre dans la barque, mais aussitôt la barque toucha terre au lieu où ils allaient. ( Jn 6)

La peur est mauvaise conseillère disions-nous, et c'est vrai Outre ce qui vient d'être dit , la peur paralyse, elle bloque toutes les facultés et empêche d'avancer, elle nuit à l'épanouissement d'une personne, elle la conduit à piétiner. Parce qu'elles ont peur de tout, certaines personnes ne vivent plus , elles ne connaissent ni la paix , ni les petites joies quotidiennes de la vie : bonheur de respirer, bonheur de contempler la nature, bonheur de l'amitié, de nouvelles rencontres, bonheur de découvrir, de lire et de pouvoir lire etc Et nous vivons dans une société hélas où on se protège de tous et de


tout, au lieu d'abattre les murs entre nous, nous en construisons toujours de nouveaux pour ne pas être vus, observés, pour que les animaux des voisins ne s'invitent pas chez nous .. Il ne serait pas inutile de nous arrêter quelque peu pour identifier nos différentes peurs et leur tordre le cou en les jetant dans le cœur du Seigneur qui nous dit et répète dans l’Évangile
«  N'ayez pas peur, c'est moi ! » ? Que craignons-nous ? en nous abandonnant , quoiqu'il arrive , Il est là et Il nous aime ! L'épreuve, est un appel à la confiance, à l'abandon , un appel parfois à changer de cap, à servir mieux et autrement ! L'épreuve n'est JAMAIS une punition elle est APPEL à grandir, à devenir « le meilleur de soi -même » !

Alors ils furent pris de peur, mais Jésus leur dit: " C'est moi, n'ayez pas peur!

« La paix soit avec vous ! »

Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » (Jn 20)


Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur cesse de se troubler et de craindre. ( Jn 14)


Comme ils parlaient ainsi, Jésus fut présent au milieu d'eux et il leur dit: " La paix soit avec vous. (Lc24)


Ce troisième serviteur a manqué de confiance, sa peur l'a complètement neutralisé,


paralysé, rendu incapable de prendre une responsabilité ! Sans doute, derrière cette peur peut-on discerner un soupçon d'orgueil : ne pas faire pour ne pas s'exposer à une remise en question, d'où qu'elle vienne !

" Son maître lui répondit: " Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé, et que je recueille où je n'ai pas répandu; il te fallait donc porter mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j'aurais repris ce qui est mien avec un intérêt. Ôtez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents. Car on donnera à celui qui a, quel qu'il soit, et il y aura (pour lui) surabondance; mais à celui qui n'a pas, on lui ôtera même ce qu'il a. Et ce serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres extérieures: là il y aura les pleurs et le grincement de dents. (Mt 25))

Car on donnera à celui qui a, quel qu'il soit, et il y aura (pour lui) surabondance; mais à celui qui n'a pas, on lui ôtera même ce qu'il a. Ce verset est à la fois simple et difficile à comprendre. Pourquoi donner à celui qui a et retiré le peu qu'il a à celui qui n'a pas ? Est-ce juste de la justice de Dieu ? En fait, celui qui donne et qui se donne, reçoit bien plus car il décuple ses capacités de compréhension et tout son potentiel. « C'est en donnant que l'on reçoit » prions-nous avec St François.

L'autre tel notre troisième serviteur replié sur lui-même perd le peu qu'il possédait au tout départ. En effet, à force de laisser dormir ses propres capacités , de les abriter pour les conserver, il obtient le résultat contraire, ce qu'il avait non seulement ne produit pas de fruits mais se délite et meurt ! C'est aussi l'histoire du figuier qui ne porte aucun fruit : 'Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n'en trouve pas. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ( Lc 13)

Demandons le grâce d'être et de devenir Ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l'accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent pour un. » ( Mc 4)La foi chrétienne, c’est l’amour qui libère de la peur, l’amour qui se risque à la suite de Jésus Lui-même qui a donné sa vie pour ses frères. Enfouir les "talents", c’est avoir l’obsession de la sécurité et éviter tout risque. Être disciple de Jésus c’est faire fructifier le Royaume confié. Celui qui ne pense qu’à se protéger, qu’à garder ce qu’il a reçu le rend stérile, inutile, et il a déjà tout perdu dit Jésus : "Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix". Nous voilà donc bien loin d’une simple morale du "rendement personnel". En retournant vers son Père Jésus nous a confié la responsabilité et la gestion du Royaume de Dieu, Royaume d’Amour pour tous. Qu'en faisons-nous ?

Peut-être pourrions-nous prier avec force et amour ce qui suit :


Seigneur je voudrais être de ceux qui risquent leur vie

qui donnent leur vie

A quoi bon la vie si ce n'est pour la donner !
Seigneur, vous qui êtes né au hasard d'un voyage
Et êtes mort comme un malfaiteur,
Après avoir couru sans argent toutes les routes,
Tirez-moi de mon égoïsme et de mon confort.
Que, marqué de votre Croix, je n'aie pas peur de la vie rude
Et des métiers où l'on risque sa vie : marine, aviation, colonies.
Des métiers où l'on engage sa responsabilité.
Mais Seigneur, au-delà de toutes les aventures
Au-delà de tous les risques d'une vie engagée dans l'action,
Au-delà de tous les héroïsmes à panache,
rendez-moi disponible pour la belle aventure où vous m'appelez.
J'ai à engager ma vie, Jésus, sur votre Parole.
J'ai à jouer ma vie, Jésus, sur votre Amour.

Les autres peuvent bien être sages;
Vous m'avez dit qu'il fallait être fou.
D'autres croient à l'ordre;
Vous m'avez dit de croire à l'amour.
D'autres pensent qu'il faut conserver;
Vous m'avez dit qu'il faut donner.
D'autres s'installent;
Vous m'avez dit de marcher
Et d'être prêt à la joie et à la souffrance,
Aux échecs et aux réussites,
De ne pas mettre ma confiance en moi,
Mais en vous,

de jouer le jeu chrétien sans me soucier des conséquences;
Et finalement de risquer ma vie
En comptant sur votre Amour.

Seigneur, délivrez-moi de moi-même.
Donnez-moi Seigneur une âme accueillante
Un cœur ouvert, une main toujours prête à l'amitié,
Une âme prête à recevoir de vos mains
Souffrances et Joies

Une âme qu'aucun bouleversement n'effraie
Qu'aucun appel ne surprend
Et qui soit prête à s'envoler vers Vous
Au jour où vous voudrez bien l'appeler
En votre béatitude.
Amen ! Alléluia ! ( Abbé Joly)



L'Ermite

vendredi 6 novembre 2020

SE TENIR EN EVEIL

 

XXX IIe DIMANCHE

DU TEMPS ORDINAIRE

ANNEE A

(Mt 25, 1-13)




Il est de bon ton qu'après nous avoir invités à réfléchir sur les Béatitudes et l'importance et la place que nous donnons dans notre vie à cette CHARTE du chrétien, qu'en fin de cycle liturgique, l' Église nous propose, de creuser la Parabole des jeunes filles invitées à des noces. Nous ne tarderons pas à comprendre qu'il s'agit des noces de l'Agneau avec l'humanité !

Qui a t il, en effet, de plus heureux que des noces pour des jeunes gens qui choisissent de faire Alliance pour la vie avec tout ce que cet engagement porte de promesses ? Fonder un foyer chaleureux qui accueillera des enfants pleins de promesses à leur tour ; un foyer où pierre après pierre, chacun grandira à son rythme et selon ses capacités, un foyer ouvert où des amis viendront facilement pour partager ensemble peines et joies et quand c'est possible, la foi qui les anime... Les noces sont promesse de vie,


promesse de joie , promesse de bonheur promesse d'une longue route où on marchera ensemble, main dans la main, jusqu'à l'entrée dans cette vie qui ne finit pas, ce Royaume des cieux évoqué dès le premier verset de notre Parabole.

Ouvrons nos cœurs :

Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux.

Jésus s'adresse à Ses disciples, il s'agit donc d'un enseignement ciblé pour leur propre formation et pour éclairer le Peuple de Dieu le moment venu. Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l'Agneau! " Et il ajouta: " Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu. " Je tombai alors à ses pieds pour l'adorer; mais il me dit: "Garde-toi de le faire! Je suis ton compagnon de service, et celui de tes frères qui gardent le témoignage de Jésus. Adore Dieu." Car le témoignage de Jésus est l'esprit de la prophétie. (Ap 19) Les premiers invités sont bien sûr les premiers appelés, donc les disciples qui ont emboîté le pas !

Nous avons des jeunes filles invitées, sans doute les demoiselles d'honneur qui souhaitent voir ! Et voir qui ? L'époux ! Avec un brin de curiosité, pour discourir entre elles par la suite, et faire leurs


commentaires en taillant un costume à l'heureux élu !
« T'as vu ! Oh tu sais ! Regarde ! »

Demoiselles d'honneur ou pas, n'est-ce pas ainsi que nous procédons hélas ? Je ne peux m'empêcher de penser au nouveau cardinal archevêque de Lyon qui dès sa nomination , avant de prendre cette nouvelle charge, est déjà rhabillé de la tête aux pieds par les uns et par les autres ! Qui lui permettra d'arriver pour ce nouveau service, avec l'habit ordinaire de celui qui donne sa vie, qui vient servir par obéissance, et annoncer à ses frères les Mystères de la Foi ? Serons-nous de ceux-là ? Saurons-nous le prendre dans notre prière afin qu'il devienne et soit un Pasteur selon le Cœur de Dieu ? C'est entre nos mains ! Nous sommes tous concernés car il s'agit de l’Église de notre temps, dans un diocèse blessé, meurtri !

Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes :    les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile,    tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons


d’huile.    Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. 

Ce groupe joyeux c'est l'humanité tout entière conviée « au festin des noces de l'Agneau »  Heureux les invités au repas des noces de l'Agneau ! »Et il ajouta : « Ce sont les paroles véritables de Dieu.  ( Ap 19)

Oui, heureux sommes-nous qui chaque semaine et plus si nous le pouvons et le désirons, d'être invités à participer au « repas des noces de l'Agneau » : « la Sainte Eucharistie » Jamais nous ne remercierons assez le Seigneur pour ce don incomparable qui fait de nous des « porte-Dieu », des Temples du Divin ! !

N'oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c'est vous. (1Co 3)

Certains parmi nous, étourdis par la multiplicité des propositions de l'esprit mondain se laissent séduire et étouffent en eux la Perle Précieuse , ce sceau de l'Amour de Dieu qui, pourtant nous marque indélébilement et nous fait fils et filles de Dieu, demoiselles d'honneur du Roi céleste qui règne dans


la Gloire du Père. Nous reconnaissons les jeunes filles saisies par le sommeil parce que épuisées par leurs différentes et multiples dissipations !

D'autres, plus lucides, mieux accompagnés peut-être, s'engagent au service de l’Évangile et trouvent leur joie au service de l'amour avec ce souci constant d'ouvrir le Royaume aux sœurs et aux frères qui ignorent comment avancer dans la vie, comment donner du sens à leur vie et quel sens ! Ils entretiennent la flamme allumée au cierge pascal lors de leur baptême et veillent à maintenir un bon niveau d'huile pour que cette flamme continue de les éclairer et d'éclairer le monde.

Au milieu de la nuit, il y eut un cri :‘Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.’    Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe.    Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes :‘Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.’    Les prévoyantes leur répondirent :‘Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.

Je vois plusieurs points d'attention dans ces quelques versets même si certains ne tiennent pas à considérer cet apparent refus de partage entre les prévoyants (es) et les étourdis ( ies ).

Tout d'abord un cri dans la nuit , un cri qui surprend et réveille tout le monde : endormis et somnolents ! Ce cri peut être une épreuve qui devient un avertissement, un appel à changer de vie, à se reprendre en mains pour chercher et trouver «le sens de sa vie » jamais aperçu ou perdu par une vie dissipée et encombrée de préoccupations qui n'ont pas lieu d'être ! À chacune et à chacun d'entendre CE CRI et de tenter de le décrypter à la lumière de l’Évangile seul ou avec l'aide et le soutien d'amis plus avisés.

Une annonce, et pas la moindre :Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre ! L'époux approche, c'est une invitation à sortir des chemins battus, pour se porter à sa rencontre . Une invitation à quitter les vieux vêtements qui nous enferment et, en premier lieu le péché, à se délester de ce qui alourdit notre vie, à TOUT QUITTER pour avancer libres et joyeux vers Celui, Jésus, qui se revêt de notre humanité pour être on ne peut plus prêt hormis le péché !

Ensuite : donnez-nous de votre huile ... jamais cela ne suffira pour vous et pour nous ! Nous recevons cet apparent refus comme un coup de poignard ! « Quel égoïsme » pensons-nous ! Prenons notre pelle et creusons un peu ! Si les jeunes filles prévoyantes partagent le peu d'huile qui leur reste compte tenu du retard affiché de l'époux, les unes et les autres ne tarderont pas à manquer de ressources et ce sera la nuit pour toutes ! Dans le choix retenu, elles seront au moins là pour sauver l'honneur et, surtout comme un appel, une invitation, à un changement de perspective pour les étourdies ! C'est une question de jugement, de discernement.

Les uns et les autres nous sommes invités à nous donner et à donner mais pas sans réflexion ! Se donner jusqu'à s'étourdir, jusqu'à manquer à ses premiers devoirs, peut déséquilibrer une vie, détruire une famille . Là encore nous devons, avant tout engagement dans le domaine civil ou religieux, nous asseoir pour réfléchir et quand c'est envisageable , au sein du couple , le faire à deux pour que chacun, à sa façon, participe à la décision !

Quel est celui d'entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? ( Lc 14)

Hélas, c'était prévisible :’Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes


entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée.    Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent :‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’    Il leur répondit :‘
Amen, je vous le dis :je ne vous connais pas.’    Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. S'il revient vers minuit ou plus tard encore et qu'il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! ...Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. » (Lc12)

Amen, je vous le dis :je ne vous connais pas.’    Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »Voilà, me semble-t-il ce que nous devons retenir de ce très beau passage :

Un risque terrible : celui d'entendre le Maître nous dire : je ne vous connais pas.

Une recommandation :Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.


Ne serait-ce pas horrible d'entendre le Maître nous dire 
«  je ne vous connais pas ! » votre vie ne ressemble en rien à ce que j'en espérais !

« Il en remua le sol, il en ôta les pierres, il la planta de ceps exquis. Il bâtit une tour au milieu, et il y creusa aussi un pressoir. Il attendait qu'elle donnât des raisins, mais elle donna du verjus. - "Et maintenant, habitants de Jérusalem et hommes de Juda, jugez, je vous prie, entre moi et entre ma vigne ! Qu'y avait-il à faire de plus à ma vigne, que je n'aie pas fait pour elle? Pourquoi, ai-je attendu qu'elle donnât des raisins, et n'a-t-elle donné que du verjus? » ( Is 5)

Que pouvait faire le Père de plus ? Il a donné Son Fils unique et Celui-ci a offert Sa vie pour nous et nous prendrions , par nos vies décousues, le risque de passer à côté de cet incommensurable amour, de Le négliger, de l'ignorer ?

Quant à la recommandation du Maître :Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. N'avons-nous pas là une nouvelle preuve, s'il en est besoin, de cet amour inconditionnel et gratuit du Fils unique ? Veillez, restez à l'écoute, soyez tendus vers cette heure qui peut vous surprendre à tout instant ! Et je pense à ces enfants à qui un professeur posait la question, alors qu'ils étaient passionnés par leurs jeux en pleine récréation : « que feriez-vous si l'on venait vous dire : dans une heure le Seigneur vient vous chercher ? » L'un répondit : j'irai me confesser ! » l'autre «  j'irai à la chapelle » le futur Saint Louis de Gonzague : « je continuerai de jouer » ! Ce jeune avait l'âme en paix et vivait sous le regard du Seigneur, en Sa compagnie , il attendait même cette heure, il se tenait éveillé  ! Bien que très jeune , il vivait déjà de la Sagesse c'est-à-dire de Jésus ! Et nous ?

La Sagesse est resplendissante,
elle ne se flétrit pas.
Elle se laisse aisément contempler
par ceux qui l’aiment,

elle se laisse trouver
par ceux qui la cherchent
.
    Elle devance leurs désirs
en se faisant connaître la première.
    
Celui qui la cherche dès l’aurore ne se fatiguera pas :
il la trouvera assise à sa porte.

    
Penser à elle est la perfection du discernement,
et celui qui veille à cause d’elle
sera bientôt délivré du souci.

    Elle va et vient
à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle ;
au détour des sentiers,
elle leur apparaît avec un visage souriant ;
dans chacune de leurs pensées,
elle vient à leur rencontre.

(Sg 6, 12-16)




L'Ermite