vendredi 14 août 2020

DES MIETTES SUFFIRONT !




XXe DIMANCHE
DU TEMPS ORDINAIRE
ANNEE A
(Mt 15, 21-28)


La liturgie de ce dimanche fait l'impasse sur le passage de Jésus à Gnésareth suivi d' une discussion sur les traditions pharisaïques où les Pharisiens lui reprochent l'irrespect de Ses disciples quant à la Tradition des Anciens : « Pourquoi vos disciples transgressent-ils la tradition des Anciens? Car ils ne se lavent pas les mains lorsqu'ils mangent. » Jésus réagit en leur montrant les incohérences de leurs pratiques, puis Il rassemble Lui-même la foule pour donner un enseignement sur le pur et l'impur pour les aider à sortir de ces fausses problématiques ! Jésus conclut Son intervention par ces mots : « c'est du cœur que viennent des pensées mauvaises: meurtres, adultères, fornications, vols, faux témoignages, blasphèmes. Voilà ce qui souille l'homme; mais manger avec des mains non lavées, cela ne souille point l'homme. » (Mt 14) C'est alors que Jésus se rend dans la région de Tyr et de Sidon !

Partant de Génésareth,Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Pourquoi ? Peut-être pour y trouver le calme que les foules lui refusaient. Cette région était soumise à la Paix romaine donc sûre. Encore qu'il y ait des brigands sur les routes ! En effet, voulait-il chercher un lieu désert, qu'il y était aussitôt rejoint par un, deux, puis une multitude !
Jésus choisit d'aller en terre étrangère, car enfin, là-bas, on le laissera peut-être en paix. Parce qu' Il a besoin de repos, de ressourcement. Il a besoin de moments où il pourra retrouver son Père, se nourrir d'une autre nourriture.

Et nous ? Cherchons-nous, trouvons-nous de ces moments pour un retour sur nous-mêmes, pour une regard et une écoute de Dieu ?
Est-ce par hasard que Jésus se retire dans une région païenne? Car Tyr et Sidon sont une région païenne !

Non ! Ce n’est pas un hasard même s’il affirme n’être « envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël.». L’initiative vient de Jésus : sauver non seulement la fille, mais aussi la mère. Il est le premier à entendre les cris de détresse et les agitations de la Cananéenne avant même qu’elle ne se présente à lui :  Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires (Tyr et Sidon), disait en criant :« Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David !Ma fille est tourmentée par un démon. ». La femme supplie Jésus parce qu’elle sait que le « Fils de David » peut sauver sa fille. Pourtant, ses cris de détresse rencontrent le silence de Jésus. Mais il ne lui répondit pas un mot Bien que le premier à entendre la supplique de cette femme païenne, Jésus ne relève pas . Jésus semble même ne pas l'entendre, ou ne pas vouloir l'entendre !Alors les disciples interviennent, car leurs oreilles sont abasourdies par ses cris..
Les disciples s’approchèrent pour lui demander :« Renvoie-la,car elle nous poursuit de ses cris ! »Tout récemment, lors de la multiplication des pains, les disciples sont intervenus pour demander à Jésus de renvoyer la foule et Jésus qui savait bien qu'Il interviendrait leur a demandé de trouver une solution. Ici Jésus affirme :« Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » 
Cette femme est étrangère ; le texte de Marc dit qu’elle est grecque, ce que la TOB traduit par païenne (en note il est dit : grecque donc non juive;) . Manifestement très astucieuse, elle va faire jouer, à sa manière, les réflexes du juif Jésus : par son attitude elle va évoquer dans l’esprit de Jésus le texte de Proverbes 31,10-31, qui énumère toute les qualités de la femme et qui est récité toutes les semaines à la fin de chaque Sabbat :« Une femme de force qui la trouvera ? Elle a bien plus de prix que des perles, en elle se confie le cœur de son mari ! (…) Elle fait son bonheur et non son malheur, tous les jours de sa vie (…) Elle est comme les navires de négoce ; de loin elle fait venir son pain (…)Elle ceint ses reins de force (…) Elle ouvre la bouche avec sagesse et une Torah d’amour est sur sa langue ! Elle surveille la marche de sa maison ; elle ne mange pas le pain de l’oisiveté. (…) Elle tisse des étoffes qu’elle vend ; elle donne au Cananéen une ceinture. »
Cette femme du livre des Proverbes est aussi l’image de la main de Dieu qui a libéré son peuple et veille sur lui.Les Cananéens sont comme les Samaritains, des ennemis des Juifs. C'est la vieille histoire de la conquête de Canaan ( Palestine actuelle) par les Israélites au XIIIè siècle avant Jésus.Les Israélites ont repoussé vers le Nord ceux qu'ils n'ont pas massacré. Depuis cette époque, pour les cananéens, les Israélites sont des ennemis héréditaires, comme aujourd'hui, pour un palestinien, le Juif est l'ennemi numéro un !
Et de même que la femme du poème vendait à ceux qui pouvait acheter et donnait au marchand-cananéen , de même, Jésus montre de la distance avec la cananéenne  ,et fait mine de l'ignorer ! Toutefois interpellé par la force dont elle s’est ceint les reins et par sa Torah d’amour (le témoignage de foi et d’amour qu’elle donne), il lui donne une ceinture pour ceindre ses reins, confirmation de la force qu’elle a en elle et qui provoque la guérison de sa fille. On peut aussi évoquer la ceinture dont parle Paul (Éphésiens 6,14) : tenez-vous donc debout, avec la Vérité pour ceinture
Ainsi parle le Seigneur :Observez le droit,pratiquez la justice,car mon salut approche, il vient,et ma justice va se révéler.    Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour l’honorer, pour aimer son nom,pour devenir ses serviteurs,tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner et tiennent ferme à mon alliance,    je les conduirai à ma montagne sainte,je les comblerai de joie dans ma maison de prière,leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel,car ma maison s’appellera « Maison de prière pour tous les peuples. »Is 56 , c'est notre première lecture
Certes, le Peuple Juif est le Peuple élu mais comment Dieu en Jésus, pourrait-il refuser le Salut à celle ou celui qui se tourne vers Lui d'où qu'elle ou qu'il vienne !
Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour l’honorer, pour aimer son nom,pour devenir ses serviteurs,tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner et tiennent ferme à mon alliance,    je les conduirai à ma montagne sainte,je les comblerai de joie dans ma maison de prière
Cette femme semble bien faire partie de ceux-là ! Ce qui lui importe c'est la guérison de sa fille et rien d'autre à cette heure. Elle a entendu parler de Jésus, Il est là et elle ne saisirait pas cette grâce ? Son but , son souci, c'est le salut de sa fille, rien d'autre ne compte  ! Le regard des autres, les jugements, sans doute les rejets par la suite, tout cela elle l'ignore et va jusqu'à se prosterner devant Jésus . Un tel comportement n'est pas sans conséquence dans une vie .

Se prosterner, c'est s'incliner profondément devant quelqu'un en signe de grand respect, d'adoration, d'humilité, de soumission, d'obéissance. Se prosterner devant quelqu'un c'est reconnaître sa supériorité, son autorité, éprouver un amour intense et lui offrir avec une très grande humilité un signe d'hommage et d'adoration. 

Cette femme reconnaît donc la supériorité de Jésus , très certainement Sa divinité car demander une guérison est audacieux et engage des deux côtés. Cette femme se démarque de son peuple elle ne pense pas aux possibles représailles ce qui compte pour elle c'est de voir sa fille en bonne santé parce que son amour pour cette enfant n'a pas de limite. Il y a en elle dès cet instant quelque chose de divin car seul Dieu en Jésus, par amour, peut accepter de se nier pour sauver : bien qu'il fût dans la condition de Dieu, il n'a pas retenu avidement son égalité avec Dieu; mais il s'est anéanti lui-même, en prenant la condition d'esclave, en se rendant semblable aux hommes, et reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui; il s'est abaissé lui-même, se faisant obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix. (Ph 2)
Cette femme, étrangère, païenne, jusque-là ennemie par sa naissance dans le peuple des cananéens, la voilà qui s'approche et
se prosterne devant lui en disant :« Seigneur, viens à mon secours ! » C'est aussi l'appel de l'apôtre Pierre dimanche quand il perdait pied ! «  Seigneur,sauve-moi !
Jésus entend puisqu’il va répondre, mais Il sonde aussi la profondeur des sentiments qui habitent cette personne. Cette prosternation devant son ennemi est lourde de sens. Jésus, en effet est son ennemi puisqu’Il est Juif ,soit elle veut Le compromettre, soit elle reconnaît son Dieu . Que lui répond Jésus ?
« Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. »
 Les enfants sont les Israélites, qui ont part à l'alliance divine ; les chiens, animaux impurs, représentent les païens.Mais Jésus adoucit ce mot, et, par un gracieux diminutif, il désigne ces « petits chiens » favoris qui ont accès dans la maison et jusque sous la table où ils se nourrissent. C'est même à cette intention délicate de Jésus que la Cananéenne s'attache dans son admirable réponse.La cananéenne manifeste une grande finesse et une non moins grande humilité ! Elle s'identifie à une païenne indigne et s'en remet à la Miséricorde de Jésus . Sa seule raison de vivre c'est de mettre sa fille DEBOUT. Elle fait abstraction de tout le reste , elle aime sa fille et veut son bonheur. Cette femme accepte d'être ce petit chien qui se contenterait des miettes trouvées sous la table DU MAITRE ! Elle considère déjà Jésus comme son Maître , l’important, l'urgent c'est cette miette qu'elle ne veut pas laisser s'échapper . Le Maître est là, elle ne va pas le laisser partir sans obtenir même ce qui traîne parterre ! Avec des restes on fait de bons plats, il n'y a aucun mépris chez cette femme , aucune colère, elle est prête à tout, accepte tout, le possible dénouement espéré en vaut la peine !
Elle reprit :« Oui, Seigneur ;mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » 
Cette femme, et elle a raison, considère les petits chiens comme des privilégiés : ils ont accès aux miettes ! Cette mère n'en demande pas davantage ! Les miettes lui suffiront ! Elle ne demande pas son intégration, elle ne demande pas un quelconque honneur, dans son humilité elle accepte de rester sous la table pour recueillir ce que les autres laissent tomber, négligent avec indifférence !
Quelle aurait été notre attitude en recevant cette parole plutôt blessante de Jésus?Quand des frères, un ami, tel prêtre, religieux, religieuse nous renvoie à nous-mêmes comment réagissons-nous ? Faisons-nous confiance à Jésus qui sait intervenir au bon moment, de la meilleure des façons dans nos vies ou bien répandons-nous notre mauvaise humeur autour de nous chargeant ces personnes de tous les défauts du monde ? A nous de nous poser les bonnes questions qui nous permettront de grandir .
L'attitude de la Cananéenne touche Jésus :
« Femme, grande est ta foi,que tout se passe pour toi comme tu le veux ! »Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.
Jésus reconnaît devant tous la profondeur de la foi de cette étrangère, de surcroît païenne ! Comment ne se laisserait-Il pas infléchir si tel est le cas ? A mon avis, dès la rencontre Jésus sait très bien qu'Il ne la renverra pas avec son désarrois, cette conversation est tout aussi importante pour les apôtres que pour ceux qui en suivent le déroulement. Tout ce qui se passe en nous et autour de nous est porteur de la grâce divine, mais encore faut-il apprendre à lire les événements de la vie, de celle de nos frères, de la nôtre comme autant de Paroles de Dieu dans notre temps, pour notre temps ! Dieu nous parle aujourd'hui ! Reconnaissons-nous Sa voix ??
Ici, Jésus ne pose aucun acte particulier, Il ne demande pas à rencontrer l'enfant, Il constate simplement la Foi, la confiance de cette païenne ( qui par sa foi n'est plus païenne puisqu'elle adhère à la Personne de Jésus de qui elle attend le salut de sa fille) Jésus loue cette foi incomparable et donne à entendre que de cette foi découle la guérison de l'enfant ! Avons-nous la foi ?
La nouvelle, comme souvent dans les milieux orientaux s'est répandue comme une traînée de poudre au point que l’Évangéliste précise
Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.
je vous le dis à vous, qui venez des nations païennes :
dans la mesure où je suis moi-même apôtre des nations,
j’honore mon ministère,
    mais dans l’espoir de rendre jaloux mes frères selon la chair,
et d’en sauver quelques-uns.

    Si en effet le monde a été réconcilié avec Dieu
quand ils ont été mis à l’écart,
qu’arrivera-t-il quand ils seront réintégrés ?
Ce sera la vie pour ceux qui étaient morts !
    Les dons gratuits de Dieu et son appel sont sans repentance.
    Jadis, en effet, vous avez refusé de croire en Dieu,
et maintenant, par suite de leur refus de croire,
vous avez obtenu miséricorde ;
    de même, maintenant, ce sont eux qui ont refusé de croire,
par suite de la miséricorde que vous avez obtenue,
mais c’est pour qu’ils obtiennent miséricorde, eux aussi.
    Dieu, en effet, a enfermé tous les hommes dans le refus de croire
pour faire à tous miséricorde.
Rom11
Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse,
que ton visage s’illumine pour nous ;
et ton chemin sera connu sur la terre,
...........
La terre a donné son fruit ;
Dieu, notre Dieu, nous bénit.
Que Dieu nous bénisse,
et que la terre tout entière l’adore !

    Ps 66

L'Ermite

jeudi 13 août 2020

TRES BONNE FÊTE, Ô NOTRE DAME MARIE !


FETE DE L'ASSOMPTION DE LA

VIERGE MARIE


Poème de Paul Claudel

Il est midi. Je vois l'église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.
Je n'ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.
Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela
Que je suis votre fils et que vous êtes là.
Rien que pour un moment pendant que tout s'arrête.

Midi !

Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.
Ne rien dire, mais seulement chanter
Parce qu'on a le cœur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée
En ces espèces de couplets soudains.
 
Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,
La femme dans la Grâce enfin restituée,
La créature dans son honneur premier
Et dans son épanouissement final,
Telle qu'elle est sortie de Dieu au matin
De sa splendeur originale.

Intacte ineffablement parce que vous êtes
La Mère de Jésus-Christ,
Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance
Et le seul fruit.
Parce que vous êtes la femme,
L'Eden de l'ancienne tendresse oubliée,
Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir
Les larmes accumulées,
 
Parce qu'il est midi,
Parce que nous sommes en ce jour d'aujourd'hui,
Parce que vous êtes là pour toujours,
Simplement parce que vous êtes Marie,
Simplement parce que vous existez,
Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !

Paul Claudel

Vraiment, très bonne, très belle,

sainte fête de l'Assomption !

Chantons, louons, glorifions

la bienheureuse Marie, toujours Vierge,

Notre Mère, depuis ce jour où Jésus

a dit au disciple St Jean :

VOICI TA MERE !

Et à sa Mère :

FEMME VOICI TON ENFANT !

MERCI tendre et compatissante Maman

de veiller sur chacun de nous !

15 août 2020
L'Ermite

vendredi 7 août 2020

SEIGNEUR, SAUVE-MOI !


XIX e DIMANCHE
DU TEMPS ORDINAIRE
ANNEE A
(Mt 14, 22-33)


Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert,Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive,pendant qu’il renverrait les foules.
Après la Multiplication des pains...partagés, Jésus use de fermeté ! Il demande aux apôtres de « passer sur l'autre rive » tandis que lui-même s'occupe de disperser les foules.Sans doute ne veut-Il pas renouveler la récente expérience et les risques encourus !
Jésus a un besoin urgent de se retrouver seul à seul avec Son Père, et de réfléchir à ce départ violent de son cousin.Peut-être aussi ne veut-il pas se laisser enfermer dans un acte qui a pu en surprendre plus d'un ! Pour Jésus il n'y a rien d'extraordinaire Il est venu servir l'humanité et, non pas l'asservir. Si elle s'attache à Lui ce doit être pour ce qu'Il EST non pour ce qu'Il fait. Si ce qu'Il fait est important, ce qu'Il EST l'est encore plus ! « je suis le chemin la Vérité et la Vie » Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » Pour Jésus , comme pour un chrétien authentique, le matériel est secondaire l'important c'est de vivre en union avec le Père : « Le Père et Moi nous sommes UN » « Je ne fais rien que je ne voie faire au Père » Dès lors, après un tel acte qui suivait, ne l'oublions pas un enseignement il n'y a rien de surprenant de voir Jésus gravir la montagne ce lieu par excellence de silence et de solitude bien que Jésus , Il le dit Lui-même ne soit jamais seul « je ne suis jamais seul ! »
La foule dispersée, les apôtres éloignés :    « il gravit la montagne, à l’écart, pour prier.Le
soir venu, il était là, seul. »  Seul en apparence, nous l'avons compris, car Il est en compagnie de Son Père.
N'avons-nous pas ici, une grande similitude avec Élie dans la Première lecture ?lorsque le prophète Élie fut arrivé à l’Horeb, la montagne de Dieu,    il entra dans une caverne et y passa la nuit.    Le Seigneur dit :« Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur,car il va passer. »À l’approche du Seigneur,il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers,mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ;et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre,mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ;    et après ce tremblement de terre, un feu,mais le Seigneur n’était pas dans ce feu ;et après ce feu, le murmure d’une brise légère.    Aussitôt qu’il l’entendit,Élie se couvrit le visage avec son manteau,il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. Élie, Jésus nous révèlent que c'est dans le SILENCE, à l'écart de l'agitation du monde, dans des lieux plus isolés, qu'il est plus facile de rencontrer le Seigneur de nos vies. Nous pouvons bien-sûr être saisis n'importe où, même au milieu d'une foire, d'une soirée dansante,dans la cohue du métro parisien, n'importe quand, dans notre sommeil, au cœur de notre prière, en plein travail, mais le lieu et le moment privilégiés c'est à l'écart, dans le silence, dans la « caverne » de notre cœur !
Tandis que Jésus se repose auprès de Son Père, qu'Il écoute Ses volontés, reprend Son humanité fatiguée en mains, voilà qu'un petit drame se joue en pleine mer où les apôtres sont malmenés par des vents contraires qui agitent la barque. Ils ont peur , ils s'affolent ! 
La barque était déjà à une bonne distance de la terre,elle était battue par les vagues,car le vent était contraire.N'arrive-t-il pas que la barque de notre vie soit agitée par et pour une multitude de raisons ? Que disons-nous ? Que pensons-nous , dans ces moments délicats et souvent difficiles ?
Les uns diront « mais où est Dieu » que fait-Il quand je me bats avec et contre moi-même, quand je me bats avec et contre mes frères ? Quand je me bats avec les éléments de ma vie : travail, santé, famille, voisins, amis mêmes, paroisse et paroissiens et responsable de paroisse, et j'en passe ! Mais où est-Il ce Dieu qui prend soin de sa créature comme Il prend soin de la prunelle de Ses yeux , en Jésus le Verbe Incarné ?
Il rencontre son peuple au pays du désert, dans les solitudes remplies de hurlements sauvages: il l'entoure, il l'instruit, il veille sur lui comme sur la prunelle de son œil. (Dt 32)
Garde-moi comme la prunelle de l’œil, cache-moi à l'ombre de tes ailes, loin des méchants qui m'ont pillé et des ennemis mortels qui me cernent. (Ps 17)

Oui, quiconque vous touche, touche à la prunelle de mon œil. (Za 2)

Où est Il ce Dieu qui prétend que je suis unique pour Lui ? Qui dit qu'Il prend soin de moi ?
Elle est unique, ma colombe, ma parfaite. Elle est unique pour sa mère, brillante pour celle qui l'enfanta. (Ct 6)
Ne crains point, car, je suis avec toi; ne regarde pas avec inquiétude, car je suis ton Dieu; je t'ai saisi fortement, et je t'aide, et je te soutiens par la droite de ma justice. (Is41)
"Ne crains point, c'est moi qui viens à ton aide." Ne crains point, vermisseau de Jacob, faible reste d'Israël! moi, je viens à ton secours, -- oracle de Yahweh; et ton Rédempteur est le Saint d'Israël. (Is 41)
Alors que je suis en train de couler lamentablement et que je vais sans doute laisser ma vie dans ce combat trop compliqué pour moi ! A ce moment - là soyons-en sûrs, Jésus est proche mais les yeux de notre cœurs sont empêchés de Le reconnaître comme les Apôtres le sont quand la barque est sur le point de chavirer.
Vers la fin de la nuit , la fin de la nuit de mes difficultés où ma barque tangue comme tangue celle des apôtres ! La fin de cette nuit où je vois tout en noir, où je me crois perdu(e), alors
Jésus vint vers eux en marchant sur la mer., vers moi,sur la mer de mon agitation où
 
avec les apôtres, je suis incapable de Le reconnaître ! C'est Ste Catherine de Sienne (me semble-t-il) qui a vécu un épisode douloureux où elle se trouvait dans la nuit la plus profonde et qui sortant du tunnel dit à Jésus, « mais où étiez-vous tandis que je me débattais et Jésus Lui répondit :  J'étais là au plus profond de toi-même mais tu ne me voyais pas » En effet en, plein combat nous risquons de nous laisser dominer par les forces du mal au point de devenir incapables de faire silence pour reconnaître la Présence divine en nous et Lui parler paisiblement, Lui exposer ce qui ne va pas ou plus, il n'y a que la nuit, rien que la nuit, mon ami Jésus n'existe plus ! Nous doutons comme doutent les disciples en Le voyant avancer vers eux, au point de Le méconnaître et de Le prendre ( n'est-ce pas terrible?) pour un fantôme ! Jésus devient un fantôme ! Donc une apparition, une vision ou une illusion, interprétée comme une manifestation surnaturelle d'une personne décédée. Jésus un revenant, un spectre ? Notre imaginaire dans le péché, dans le trouble n'a aucune limite pas plus chez les apôtres Ses proches que chez nous mauves vermisseaux qui nous débattons avec les forces du mal qui triompheraient de nous entraîner dans des cochons jusqu'au fond de l'abîme.
Expulsion de démons garadéniens :Or, à quelque distance, il y avait un grand troupeau de porcs en train de paître. Les démons suppliaient Jésus, disant: " Si tu nous chasses, envoie-nous dans le troupeau de porcs. " Il leur dit: " Allez! " Ils sortirent et s'en allèrent dans les porcs; et tout le troupeau se précipita du haut de l'escarpement dans la mer, et ils périrent dans les eaux. (Mt 8)
En le voyant marcher sur la mer les disciples furent bouleversés.Ils dirent :« C’est un
fantôme. »Pris de peur, ils se mirent à crier.Il n'est  pas possible pour eux que Jésus Celui avec qui ils ont partagé tant de moments heureux et tout récemment cette surprenante multiplication des pains, soit là, sur l'eau , proche d'eux ! Jésus, le Messie, le Fils Unique, si proche ? Ce n'est pas possible pour nos regards déformés et déformants, pour nos esprits torturés, brouillés, qui font plus facilement confiance au Mal qu'au Bien, au Beau à l'Amour vrai ! Jésus essaie de les rassurer, d'apaiser la tempête de leurs cœurs, celle des nôtres aussi mais c'est tellement inattendu, inespéré que même Sa Parole d'apaisement a du mal à être accueillie !
Mais aussitôt Jésus leur parla :« Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »Ah!la formule magique « n'ayez pas peur » elle devrait accomplir le miracle de la paix accueillie, de la paix revenue dans les cœurs tourmentés !
Le 22 octobre 1978 , Place St Pierre, Le Pape Jean Paul II reprendra cette injonction :«N’ayez pas peur ! »« Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ, poursuit Jean-Paul II : à sa puissance salvatrice, ouvrez les frontières des États, des systèmes politiques et économiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation et du développement. » Ici, Jésus dit ; »confiance » sous-entendu « Je suis-là, vous ne craignez rien » ! Que c'est donc difficile de faire confiance, de s'abandonner dans les mains de Celui qui a nos noms inscrits dans « les paumes de Ses mains »
Une femme oublie-t-elle l'enfant qu'elle allaite? N'a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles? Quand elle l'oublierait, Moi je ne t'oublierai point. Voici, je t'ai gravée sur mes mains; Tes murs sont toujours devant mes yeux. Tes fils accourent; Ceux qui t'avaient détruite et ravagée Sortiront du milieu de toi. Is 49
En St Jean, après la Multiplication des pains, la polémique monte Jésus sera conduit à poser la question de confiance à Ses apôtres : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » Ce à quoi Simon Pierre répond : : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. » Mais c'est après avoir été extrait des eaux où il coulait . En effet, chez St Matthieu après l'appel à la confiance de Jésus, Pierre Lui lance un défi ! Il a besoin de vérifier Ses dires, Il ne reconnaît toujours pas Son Ami et Maître, il a besoin de se sentir en terrain sûr, aussi lance-t-il  ;
« Seigneur, si c’est bien toi,ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »
Jésus, égal à Lui-même, ne se démonte pas , et répond : :« Viens ! »Jésus est simple,Il ne complique rien ! Au tout début quand les appelés Lui demandent « où demeures-tu ? Jésus répond en toute simplicité :"Venez et vous verrez." Ils allèrent et virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. (Jn 1)Avec Jésus tout est simple si nous agissons simplement et en vérité. Ici, Pierre, l'intrépide, à l’injonction de Jésus :
descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.    Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria :« Seigneur, sauve-moi ! » 
Pierre s'élance fermement, joyeusement pourrait-on dire , il a tout oublié ou presque mais il est vite rattrapé par les éléments déchaînes en lui et autour de lui. Au lieu de rester calme ne comptant que sur Jésus,le « regard fixé sur Jésus », le voilà ramené à ses peurs et il perd pied . Il cesse de regarder Jésus, il rentre en lui-même où la tempête est loin d'être apaisée, il panique et se raccroche sincèrement cette fois Jésus sa seule bouée fiable en lançant le cri du cœur ;« Seigneur, sauve-moi ! »  Quelle est belle sa Profession de Foi ! Pierre tente le tout pour le tout ! Expérience faite, Pierre n'a plus besoin de preuve, il ne voit plus d'éventuel fantôme, le cri du cœur jaillit « je le crois, c'est bien Toi, l'ami sûr, le seul qui ait les paroles de la Vie éternelle, le seul susceptible de me tirer de la fange dans laquelle je m'enfonce, tu es mon Sauveur ! » Peut-être ignorons-nous le symbolisme biblique de la mer domaine des forces du Mal. S'enfoncer dans la mer c'est être tiré vers le bas par des forces mauvaises. Dans la déréliction les apôtres et nous comme eux, nous perdons le sens du réel et nous laissons tracter par les forces du Mal , c'est la Nuit absolue !
Plus tard Philippe tombera en adoration en s'écriant : « Mon Seigneur et Mon Dieu » Recevoir le salut de qui il vient est notre grâce, notre bonheur ! Aujourd'hui nous risquons d'épuiser toutes les techniques possibles en espérant trouver la paix perdue : cabines de bien-être, Sophrologie, Yoga, et je n'ose dresser une liste relativement complète, il sort régulièrement des propositions nouvelles or la seule efficace et sûre et salvatrice c'est de marcher avec Son Dieu, d'écouter Sa Parole de recevoir les Sacrements et c'est tellement moins coûteux Venez acheter sans argent
Vous tous qui avez soif, venez, voici de l'eau ! Même si vous n'avez pas d'argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent et sans rien payer.
Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi donc : mangez de bonnes choses, régalez-vous de viandes savoureuses !
Prêtez l'oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez. Je ferai avec vous une Alliance éternelle, qui confirmera ma bienveillance envers David. (Is 55)

ÉCOUTE, Israël! Le Seigneur notre Dieu est le Seigneur UN. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, tout ton être, de toute ta force. Les paroles des commandements que je te donne aujourd'hui seront présentes à ton cœur; tu les répéteras à tes fils; tu les leur diras quand tu resteras chez toi et quand tu marcheras sur la route, quand tu seras couché et quand tu seras debout; tu en feras un signe attaché à ta main, une marque placée entre tes yeux; tu les inscriras sur les montants de porte de ta maison et à l'entrée de ta ville. (Dt 6)
Écoute la voix du Seigneur ton Dieu, en observant ses ordres et ses commandements inscrits dans ce livre de la Loi ; reviens au Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme. Car cette loi que je te prescris aujourd'hui n'est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte. (Dt 30)

Jésus ne fait pas attendre Pierre, il suffit qu'Il reconnaisse son besoin de salut, son impuissance à s'en sortir tout seul !
Nous avons parfois l'impression que Jésus fait la sourde oreille dans nos vies agitées par des tempêtes , parfois des tsunamis . Qui est sourd ? Jésus ou sa créature ? Sommes-nous attentifs à ce que l'Esprit nous dit au plus profond de notre cœur ?

Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit :« Homme de peu de foi,pourquoi as-tu douté ? » 
Oui,pourquoi doutons-nous ? Pourquoi une bonne fois ne disons-nous pas : Je crois Seigneur , je m'en remets à Toi, Je crois que Tu veux mon bien, mon Salut, tout ce que Tu fais est pour mon bonheur , fais -moi grandir dans la foi c'est tout le contenu de la conversation avec l'aveugle de naissance
Jésus apprit qu'ils l'avaient expulsé. Alors il vint le trouver et lui dit : « Crois-tu au Fils de l'homme ? »
Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »
Jésus lui dit : « Tu le vois, et c'est lui qui te parle. »
Il dit : « Je crois, Seigneur ! », et il se prosterna devant lui.
Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » (Jean (LIT) 9) ( il serait bon de relire ce chapitre 9 de St Jean)
Jésus tend la main à tout homme mais encore faut-Il que nous Lui permettions de saisir la nôtre pour nous entraîner dans son sillage
Et quand ils furent montés dans la barque,le vent tomba. 
Quand nous prenons Jésus dans la barque de notre vie de façon sérieuse évidemment, non pas un jour oui, un jour non, selon mes humeurs, mes caprices ! Quand nous Lui permettons de tenir le gouvernail, alors rien ne peut nous ébranler ! Que survienne un tsunami totalement inattendu nous garderons le cap parce que nous marcherons confiants dans les pas de Jésus , Il est le barreur, je suis Son second ! Qui pourra nous séparer de l'amour du Christ ? S'écrie Saint Paul dans la lettre aux Romains de dimanche dernier ? Et il poursuit en décrivant de possibles épreuves :
la détresse ? l'angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le supplice ? L'Écriture dit en effet : C'est pour toi qu'on nous massacre sans arrêt, on nous prend pour des moutons d'abattoir. Oui, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J'en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l'avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur. (R 8)
Seule notre suffisance, donc notre orgueil,nous retiennent quand nous refusons de crier vers Jésus : Seigneur Sauve-moi ! Comme je souhaite, au tréfonds de mon être en persuader chacune et chacun. Comme je voudrais qu'à travers ma maladresse à l'exprimer vous soyez persuadés que Jésus seul, oui Lui seul peut panser, soigner, guérir, nos blessures et qu'il n'y a pas de fautes qu'Il retienne si nous les déposons dans Son Cœur : « venez à moi vous tous qui ployez sous le fardeau et vous trouverez le repos ! » Prenons au sérieux les Paroles de vie que nous adresse Jésus Lui qui est venu pour donner la Vie en abondance, Lui qui est venu sauver ce qui est perdu ! Alors avec ceux qui sont dans la barque très sincèrement et de tout notre cœur nous nous prosterneront et Lui dirons avec nos entrailles :
  :« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »


Seigneur nous t'en supplions permets que nous fassions notre cet acte de foi et que jamais nous ne nous éloignons de toi comme le fit le jeune homme riche parti tout triste parce qu'il avait de grands biens ! Il croyait avoir de grands biens ! Notre seule vraie richesse C'EST TOI ! Amen !

L'Ermite