vendredi 16 mai 2025

COMME JE VOUS AI AIMES

 

CINQUIÈME DIMANCHE


DE PÂQUES


Année C

(Jn 13, 31-33 a. 34-35)


Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, Jésus déclara :« Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.    Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.

Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous Je vous donne un commandement nouveau :c’est de vous aimer les uns les autres.Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.    À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle,

Nous connaissons tous ce « dernier repas » ce moment solennel où Jésus après avoir lavé les pieds de Ses disciples se remet à table , explique Son geste :"Comprenez-vous ce que je vous ai fait? Vous m'appelez le Maître et le Seigneur: et vous dites bien, car je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné l'exemple, afin que, comme je vous ai fait, vous fassiez aussi vous-mêmes. En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n'est pas plus grand que son maître, ni l'apôtre plus grand que celui qui l'a envoyé. Si vous savez ces choses vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez. Je ne dis pas cela de vous tous; je connais ceux que j'ai élus; mais il faut que l'Écriture s'accomplisse: "Celui qui mange le pain avec moi, a levé le talon contre moi." Je vous le dis dès maintenant, avant que la chose arrive, afin que, lorsqu'elle sera arrivée, vous reconnaissiez qui je suis. En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé."

et institue la Sainte Eucharistie tout en lançant un appel discret à celui qui s'enfonce dans la nuit de la trahison et que rien n'arrête !

Jésus déclara :« Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.    Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.Un peu plus haut , au chapitre 12 Jésus disait :« L’heure est venue où le fils de l’humain doit être glorifié. » Cette heure, évoquée environ 73 fois dans les évangiles est là, elle est venue , c'est le moment tant désiré et, en même temps, redouté de la glorification du Fils bien-aimé !

La gloire de Dieu, qu'est-ce que c'est  ? Il est évident que nous sommes à mille milles du faire-valoir, de la gloriole et toute sa cour. La Gloire de Dieu c'est Sa densité , la splendeur de son être qui reflète Sa sainteté. Parfois, il nous arrive d'être émerveillés par la lumière qui émane de certains visages, lumière qui est un pâle reflet de la Présence de Dieu dans cette personne. Si la Présence de Dieu parvient à percer l'écorce humaine, que dire du poids de cette Présence en elle-même ? Souvenons-nous des rencontres de Moïse avec Dieu :Un jour, Moïse dit au Seigneur : « Je t'en prie, laisse-moi contempler ta gloire. » Dieu répondit : « Je vais passer devant toi avec toute ma splendeur, et je prononcerai devant toi mon nom qui est : LE SEIGNEUR. Je fais grâce à qui je veux, je montre ma tendresse à qui je veux. » Il dit encore : « Tu ne pourras pas voir mon visage, car on ne peut pas me voir sans mourir. » Ex 33,18 Sous-entendu, parce que la Gloire de Dieu est telle, qu'un humain est dépassé et ne peut la supporter, il en est aveuglé , ébloui dans tous les sens du terme ! En résumé, la Gloire de Dieu c'est Dieu Lui-même, Sa Présence ! Aussi, quand Jésus dit : Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.    Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt Il annonce Son retour au sein du Père , Il abandonne l'enveloppe humaine et retrouve Sa splendeur divine, celle qu'Il avait au sein du Père et que les trois privilégiés de la Transfiguration ont expérimentée , sans bien comprendre sur le moment ! Cette gloire ne l'a jamais quitté, mais elle restait partiellement cachée durant son séjour terrestre. Un seul la pressentait , l'apôtre et évangéliste St Jean, le serviteur au regard d'Aigle.Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous, (et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu'un fils unique tient de son Père) tout plein de grâce et de vérité. Jn 1

C'était à Cana en Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. Jn 2,11

Dans le Nouveau Testament, la notion de gloire évolue. C'est même un "tournant extraordinaire" qui se fait avec la venue du Christ. "À Noël les anges ne chantent pas les lumières de la nuée ou la puissance de la mer Rouge, ils chantent ce que Dieu est, son être, qui se manifeste dans un petit enfant", explique le Frère. Ange Rodriguez. Dans ses écrits, saint Paul parle, de ce "langage de la croix" qui a tant ébloui les mystiques. Un Dieu dont "on ne peut pas comprendre sa grandeur si on ne comprend pas sa petitesse", a dit Luther.

Nous utilisons très souvent, des termes très durs : scandale, supplice, quand nous évoquons la croix ! Ils sont justes humainement parlant ,mais c'est pourtant le lieu de la Gloire du Christ, lieu qui fait disparaître la « dépouille » humaine et révèle la puissance d'un Dieu livré dans l'amour, pour que triomphe l'Amour et que St Paul exprime ainsi : En effet, la doctrine de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une force divine. Car il est écrit: " Je détruirai la sagesse des sages, et j'anéantirai la science des savants. ...Or nous, nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les non-Juifs,mais pour ceux qui sont appelés, soit Juifs, soit Grecs, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui serait folie de Dieu est plus sage que la sagesse des hommes, et ce qui serait faiblesse de Dieu est plus fort que la force des hommes. 1 Co 1

C'est dans ce climat de départ que Jésus donne les dernières consignes comme exprimant Son Testament, ce moment, où l'on en vient au seul essentiel, à ce qui tient le plus à cœur, où la personne laisse apparaître sans aucune retenue, la profondeur de ses sentiments . Jésus, parce qu'Il sait que l'Heure est venue, s'autorise à manifester le lien unique qui Le lie à Ses frères, qui, tout en restant Ses frères sont aussi Ses enfants : Petits enfants dit-Il ! expression qui manifeste l'affection qu'Il leur porte et la douleur de la séparation qui suivra c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous  Et c'est parce que « c'est pour peu de temps » que le commandement confié, est un Saphir, pierre plus précieuse encore qu'un diamant , pierre qui n'a pas de prix, qui doit compter le plus dans la vie d'un disciple , la chose la plus précieuse à retenir et à exercer au risque de devenir un traître :Je

vous donne un commandement nouveau :c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Nous le répétons souvent avec légèreté ,un peu comme un slogan , une chansonnette, mais en faisons-nous notre raison d'être, notre raison de revendiquer notre appartenance à Jésus-Christ , notre marque de fabrique comme Jésus l'indique ensuite .À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »les insignes les croix !!!La nouveauté réside dans ce : Comme je vous ai aimés, c'est-à-dire jusqu'à se laisser crucifier avec Jésus . Pas nécessairement , couché(e) sur le bois d'une croix, mais en acceptant les crachats, la flagellation de nos frères dans la foi en restant debout et en continuant de les aimer pour participer à leur salut.J'ai déjà cité ce prêtre de mes amis, qui se maîtrisait au point d'en générer des crises de foie, plutôt que de répliquer à l'insulteur ?Suivons le conseil de l'auteur de la lettre aux Hébreux :  « courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, les yeux fixés sur Jésus, l'auteur et le consommateur de la foi, lui qui, au lieu de la joie qu'il avait devant lui, méprisant l'ignominie, a souffert en croix, et " s'est assis à la droite du trône de Dieu ". ...Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang dans votre lutte contre le péché ».

En regardant avec assiduité Jésus, nous recevrons de Lui, l'amour qu'Il nous demande de répandre autour de nous. En matière d'amour nous resterons toujours des pauvres , donnons de l'amour, prenons ce risque, même et surtout si nous devons être dénigrés, incompris, l'amour est tout qui est Dieu-même, fait-on dire à St François d'Assise. C'est en aimant nos frères que nous serons disciples de Jésus !

« Faisons ce qu’il nous commande : tout le contraire de ce que nous craignons! Cédons notre droit, soyons serviables, intéressons-nous aux autres, regardons-les pour eux-mêmes, non pour nous. Ne craignons pas d’être écrasés : soyons disponibles, donnons, aimons… C’est fatigant, direz-vous? Oui, c’est fatigant! C’est ce que le Christ appelle « donner sa vie pour ses amis », mais quand nous nous sentons fatigués d’humilité et d’amour, vannés, vidés même, quand nous sommes tentés de dire : « À quoi bon? J’en ai trop fait et pour obtenir quoi? », si nous contemplons le Christ à travers notre lassitude et peut-être notre découragement, alors nous prenons conscience que nous sommes vraiment « nés de nouveau », que notre humilité nous confère une autorité jamais atteinte, notre amour un partage de gloire avec le Christ. De notre fatigue même surgissent le rafraîchissement, la conviction, l’élan pour continuer à aller de l’avant sur la route où nous ne sommes jamais seuls, parce que nous vivons dans la communion du Christ et partageons avec lui : renouvellement, émerveillement, autorité et gloire! » ( notes)


À l'image de ton amour

Seigneur Jésus, tu nous as dit
Je vous laisse un commandement nouveau
Mes amis, aimez-vous les uns les autres
Écoutez mes paroles et vous vivrez

Devant la haine, le mépris, la guerre
Devant les injustices, les détresses
Au milieu de notre indifférence
Ô Jésus, rappelle-nous ta parole

Fais-nous semer ton évangile
Fais de nous des artisans d'unité
Fais de nous des témoins de ton pardon
À l'image de ton amour

Tu as versé ton sang sur une croix
Pour tous les hommes de toutes les races
Apprends-nous à nous réconcilier
Car nous sommes tous enfants d'un même Père

Fais-nous semer ton évangile
Fais de nous des artisans d'unité
Fais de nous des témoins de ton pardon
À l'image de ton amour

Auteur : Jean-Paul Lécot

Compositeur : Sébastian Temple



l'Ermite

vendredi 9 mai 2025

MES BREBIS ECOUTENT

 

QUATRIÈME DIMANCHE


DE PÂQUES



Année C

(Jn 10, 27-30)


Le quatrième dimanche de Pâques est aussi appelé le Dimanche du « Bon Pasteur »Les Lectures et les prières de la Liturgie sont centrées sur cette belle image de Jésus. C'est pourquoi, depuis 1964, par décision du Pape Saint Paul VI, ce dimanche est la Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, pour ceux qui ont reçu l’appel à suivre Jésus,Grand Prêtre et Bon Pasteur. Le pape François, dans son message 2024 , rappelle l’importance de la prière pour toutes les vocations chrétiennes dans la vie et écrit : « Cette Journée est consacrée, en particulier, à la prière pour invoquer du Père le don de saintes vocations pour l’édification de son Royaume : « Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson » (Lc 10, 2).



Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ;moi, je les connais,et elles me suivent.    Je leur donne la vie éternelle jamais elles ne périront,et personne ne les arrachera de ma main.    Mon Père, qui me les a données,est plus grand que tout,et personne ne peut les arracher de la main du Père.    Le Père et moi,nous sommes UN. » Jn 27-30

L’Église propose aujourd'hui à notre méditation, un bref passage du chapitre dix de l’Évangile selon Saint Jean, chapitre qui est presque entièrement consacré au thème du Bon Pasteur

Dans le premier verset de la péricope de ce jour, deux verbes prononcés par Jésus qualifient les brebis ; elles écoutent et suivent ce Bon Pasteur qui, Lui, les connaît. Au verset 14, Jésus précise : Je suis le bon pasteur; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent

Jésus déclara :    « Mes brebis écoutent ma voix ;moi, je les connais, et elles me suivent. 

Écouter est un art disait déjà le Philosophe Epitecte (50-125 après Jésus), comme c'est vrai ! Il n'est vraiment pas facile d'écouter attentivement un interlocuteur. Pour écouter, il convient de commencer par se taire et faire taire , en soi, tout le brouhaha qui bouillonne ! Cela demande une immense abnégation pour imposer silence à tout ce bouillonnement . Il convient de faire abstraction de nos éventuelles réactions pour permettre à l'autre d'exprimer toute sa pensée et cela dans une absolue liberté. Il convient, d'imposer silence à tous nos a-priori, recevoir l'autre dépourvu de tout préconçu, lui permettre de se dire et ceci totalement !

Mais « écouter » et c'est l'aspect qui nous intéresse aujourd'hui, c'est se laisser porter par l'autre, se laisser instruire, pour apprendre, pour se laisser transformer afin d' évoluer, de grandir. C'est reconnaître chez l'autre des valeurs, des idées susceptibles de nous permettre de devenir ! Quand Jésus déclare  Mes brebis écoutent ma voix Il signifie par là qu'elles Lui font confiance, Lui reconnaissent une autorité , se mettent à Son école : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger. » (Mat 11,28-30) parce qu'elles ont compris que Jésus leur apporte un « savoir-être » supérieur au leur, un avenir rempli d'Espérance qui génèrent en elles une volonté irrésistible de ressemblance ! Ces brebis comprennent qu'il est indispensable de vivre avec, et comme vit ce Berger d'où l'absolue nécessité d’emboîter le pas, de suivre , d'épouser Son dire, (Sa Parole) et Son agir ( Ses actes) pour devenir ce qu'elles admirent chez Lui ! «  Jésus de Nazareth, Dieu l’a consacré par l’Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui.Et nous, les Apôtres, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l’ont fait mourir en le pendant au bois du supplice.Et voici que Dieu l’a ressuscité le troisième jour.» Act 10, 34.37-43

Jésus déclare Je les connais, et elles me suivent.  Ce verbe connaître est d'une immense richesse , nous nous en tiendrons au seul aspect qui nous intéresse dans ce cadre, en complétant ce verset par ce qui est dit aux versets 14 et 15 de ce même chapitre: Je suis le bon pasteur; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît, et que je connais mon Père, et je donne ma vie pour mes brebis.. Il s'agit d'une connaissance réciproque, Jésus connaît Ses brebis, c'est-à-dire, chacun de nous, et elles Le connaissent, bien que très imparfaitement pour celles-ci, on pourrait dire ,elles Le reconnaissent, et se reconnaissent dans Son dire et dans Son agir, c'est pour cette raison qu'elles Lui donnent leur confiance et Le suivent !

Le Bon Pasteur Lui, connaît parfaitement Ses brebis, et Il les connaît chacune par son nom, ce nom qui dit l'être profond. " le nom est l’expression d’une parole divine capable de modeler la personne en un être dont la vie exprimera l’intention de cette parole ". Rachel, au paroxysme de la souffrance nomma son fils : BEN-ONI (fils de ma douleur), mais Jacob son père l’appela BENJAMIN (fils de bon augure) Gn 35,18 C'est ainsi que nous connaît , le Bon Pasteur, Jésus.

La connaissance des brebis est bien plus limitée pour nous comme l'écrit St Paul dans la première aux Corinthiens notre connaissance est partielle , et nous ne prophétisons qu'en partie; or, quand sera venu ce qui est parfait, ce qui est partiel prendra fin. Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j'ai laissé là ce qui était de l'enfant. Maintenant nous voyons dans un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais « en partie », mais alors je connaîtrai comme je suis connu.

La connaissance des brebis est chargée d'une quantité de poussières qui cachent l'extraordinaire beauté, au sens de pureté, de ce bon Pasteur. Les brebis projettent sur ce Bon Pasteur leur façon très humaine, trop humaine de voir , de considérer, de saisir l'Amour infini qui est Dieu. Ce n'est qu'au terme du voyage que nous comprendrons , quand nous verrons . C'est le grand regret de Saint Augustin en avançant vers l'épanouissement de sa vie, d'avoir si longtemps méconnu Son Berger :

Bien tard je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard je t’ai aimée ! Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors et c’est là que je te cherchais, et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgracié, je me ruais ! Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ; elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant, si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas ! Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ; tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi ; j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ; tu m’as touché, et je me suis enflammé pour ta paix. Confessions X, 27

Berger qui leur donne la vie éternelle jamais elles ne périront,et personne ne les arrachera de ma main.Quel merveilleux cadeau que cette vie éternelle !   Or, la vie éternelle, c'est qu'ils vous connaissent, vous, le seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ. Jn 17 Explique Jésus Lui-même . Notre connaissance partielle, même entachée par nos limites et disons-le, par notre péché, cette vie éternelle, commence sur cette terre dés lors que j'adhère , à ma petite mesure, à l'Amour infini ! En acceptant de vivre au plus près de l’Évangile, je suis établi(e) dans un avant-goût de ce que sera ma vie en Dieu !

Mon Père, qui me les a données, c'est encore dans ce chapitre 17 que nous trouvons cela "Père, l'heure est venue, glorifiez votre Fils, afin que votre Fils vous glorifie,Puisque vous lui avez donné autorité sur toute chair, afin qu'à tous ceux que vous lui avez donnés, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père ce verset est terrible car il souligne notre entière responsabilité ! Sous-entendu : les forces du Mal n'ont d'autre pouvoir sur nous que celui que nous leur donnons ! Inutile de chercher des excuses, sauf maladie mentale, nous sommes entièrement responsables de nos choix. Si nous n'ouvrons pas la porte au Mal sous toutes ses formes , Il n'aura aucune prise sur nous , le Seigneur Dieu est toujours vainqueur : « Béni soit le Seigneur chaque jour! Ce Dieu nous apporte la victoire » Ps 67, 20.

 Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ? Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. Rm 8

A nous de rester relier au cep :Je suis la vigne, vous êtes les sarments: celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Jn, 15,5 Si nous sommes reliés à Jésus, nous le sommes au Père puisque Jésus déclare : Le Père et moi, nous sommes UN. » Jn 27-30 A chacun de nous de prendre résolument les moyens de rester reliés : se nourrir de la Parole de Dieu, recevoir régulièrement les sacrements, nous faire accompagner, donner de la place à la prière dans nos vies



Psaume de David .

 Le Seigneur est mon berger :

je ne manque de rien. *

 Sur des prés d'herbe fraîche,

il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles

et me fait revivre ; *

il me conduit par le juste chemin pour l'honneur de son nom.

 Si je traverse les ravins de la mort,

je ne crains aucun mal, *

car tu es avec moi :

ton bâton me guide et me rassure.

 Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; *

tu répands le parfum sur ma tête,

ma coupe est débordante.

 Grâce et bonheur m'accompagnent tous les jours de ma vie ; *

j'habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours.


« Ce paume témoigne du fait que Dieu aide à avancer dans les bons jours, comme dans les mauvais.

  • L'onction d'huile est signe de bénédiction et aussi de sacre, nous faisant nous sentir responsable d'être bénédiction à notre façon dans ce monde.

  • En hébreu, il n'y a pas de futur, mais les verbes sont ici à un temps qui s'appelle l'inaccompli, évoquant à la fois le présent et le futur. Ce n'est donc pas seulement, pas d'abord pour la vie future que ce psaume parle de vie et de bonheur mais dès maintenant.

  • il y a un habile jeu de mot dans la dernière phrase, le verbe signifie à la fois je reviendrai (je reviens) et j'habiterai (j'habite), permettant à la fois de témoigner de notre joie présente d'être avec Dieu et de toujours nous convertir plus à lui. »( Oratoire du Louvre)



Jésus, berger de toute humanité - R310-1

Auteur : Didier Rimaud

Compositeur : Jacques Berthier


1
Jésus, Berger de toute humanité,
Tu es venu chercher ceux qui étaient perdus.

Refrain
Prends pitié de nous, fais-nous revenir,
Fais-nous revenir à toi ! Prends pitié de nous !

2
Jésus, Berger de toute humanité,
Tu es venu guérir ceux qui étaient malades.

3
Jésus, Berger de toute humanité,
Tu es venu sauver ceux qui étaient pécheurs.



Prière pour les vocations 2024-2025

Nous te rendons grâce, Dieu notre Père, pour la foi chrétienne présente dans notre diocèse depuis si longtemps et pour le témoignage de sainteté laissé par tant d’hommes et de femmes. 


Aujourd’hui encore la moisson est abondante et, dans la diversité de toutes les vocations, nous voulons proclamer le Nom de Jésus et transmettre la foi à celles et ceux qui ne le connaissent pas encore. Fais de nous des disciples-missionnaires au service de ce monde que tu aimes et que tu veux sauver. 


Nous te rendons grâce pour les familles, dans lesquelles la foi est vécue et transmise, mais aussi pour les diacres, signes du Christ Serviteur, et pour tous les baptisés qui s’efforcent de vivre leur vocation et d’annoncer en paroles et en actes ton amour sauveur. 


Nous croyons qu’aujourd’hui encore tu veux appeler des jeunes à devenir prêtres, religieux et religieuses ou consacré/es. Donne-leur la grâce d’oser répondre avec générosité à ton appel et à oser le discerner avec d’autres. 


Oui, Seigneur, répands en abondance ton Esprit-Saint sur ton Église et sur notre diocèse, et donne-nous, Seigneur, les vocations dont nous avons besoin ! Nous t’en supplions, par l’intercession de la Vierge Marie et de tous les saints qui nous précèdent. 



Amen.


L'Ermite

vendredi 2 mai 2025

JESUS PRIT LE PAIN ET LE LEUR DONNA

 

TROISIÈME DIMANCHE

DE PÂQUES


Année C




(Jn 21, 1-19)

Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre,avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),Nathanaël, de Cana de Galilée,les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit :« Je m’en vais à la pêche. »Ils lui répondent :« Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque  ;or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.

 Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit :« Les enfants,auriez-vous quelque chose à manger ? »Ils lui répondirent :« Non. » Il leur dit :« Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. »Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer,tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimaitdit à Pierre :« C’est le Seigneur ! »Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.
Les autres disciples arrivèrent en barque,traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.

Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit :« Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors :« Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander :« Qui es-tu ? »Ils savaient que c’était le Seigneur.Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.
C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.

Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre :« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, :plus que ceux-ci ? »Il lui répond :« Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit :« Sois le berger de mes agneaux. »    Il lui dit une deuxième fois :« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment? »Il lui répond :« Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »    Il lui dit, pour la troisième fois :« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait :« M’aimes-tu ? » Il lui répond :« Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit :« Sois le berger de mes brebis.    Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune,tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux,tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit :« Suis-moi. »


Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre,avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),Nathanaël, de Cana de Galilée,les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit :« Je m’en vais à la pêche. »
Ils lui répondent :« Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque  ;or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.

Jésus ce serait manifesté une dizaine de fois après s 'être levé du tombeau , cette manifestation est sans doute la septième. Le Collège apostolique se cherche et il faut vivre. Ce jour-là, ils sont sept , Pierre prend l'initiative de se rendre à la pêche , six autres emboîtent le pas .C'était la nuit précise l’Évangéliste qui était présent . Sans doute ont-ils choisi de pêcher de nuit, pour la toujours même raison : la crainte de représailles ! Hélas cette nuit-là, ils ne prirent rien.

Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit :« Les enfants,auriez-vous quelque chose à manger ? »Ils lui répondirent :« Non. » Il leur dit :« Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. »

Les apôtres rentrent d'une pêche infructueuse et voilà que quelqu'un les interpelle depuis le rivage pour partager le butin ! Le jour se lève à peine, il est difficile de mette un nom sur cette silhouette or, elle doit être familière puisqu'elle emprunte un terme familier : « les enfants » pour entrer en contact !

Les apôtres viennent de la pleine mer et l'interlocuteur leur suggère , puisqu'ils n'ont rien pris, de jeter le filet là, tout au bord . Des professionnels comme eux, auraient pu réagir et renvoyer la personne à elle-même, ils n'en font rien, ils écoutent le conseil et s'exécutent ! Il faut croire qu'ils ont comme un pressentiment , ou, tout du moins, un questionnement , et nous avec eux !

De quelle nuit parle-t-on ici ? Ne s'agit-il pas de la nuit de l'esprit que nous pouvons tous expérimenter dans nos vies , cette nuit où tout nous semble hostile, tout est bouché, où nous n'apercevons plus le bout du tunnel, où nous sommes enfermés dans nos difficultés ne voyant pas d'issues, où nous ne voyons pas comment reprendre pied !

N'est-ce pas le cas des apôtres, ils ont bien vu Jésus venu les visiter, Jésus qui les a envoyés , leur a confié une mission quasi impossible, puis a disparu sans donner les clefs pour ouvrir la porte de l'inconnu : comment s'y prendre ? Comment affronter l'humanité tout entière ? Comment reprendre les paroles du Maître : « tes péchés te sont pardonnés » ? Comment affirmer que Jésus est VIVANT ? Une multitude de questions se bousculent dans leurs esprits et alors qu'ils voulaient s'aérer pour tenter de voir plus clair en faisant diversion, ils reviennent bredouilles sans doute parce leurs esprits sont franchement ailleurs ! L'étranger qui depuis le rivage leur souffle une suggestion est le bienvenu, il dissipe pour quelques instants le gros nuage qui les étreint, les étouffe  ! Ils vont donc jeter les filets, ils ne risquent rien de pire, sinon un nouvel échec , au moins, ils n'auront pas de regret ! C'est sans doute-là, le clair-obscur du lever de jour.

C'est aussi le clair-obscur de nos situations de détresse où nous voyons tout en noir et il suffit d'une étincelle venue nous ne savons pas d'où sur le moment, pour réveiller la braise enfouie au plus profond de notre cœur qui n'attend qu'un ersatz de souffle, une parole, pour ranimer la flamme .

Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre :« C’est le Seigneur ! »Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.Les autres disciples arrivèrent en barque,traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.

« C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » Mt 7,15 disait Jésus . Le fruit de la Parole est ici indiscutable ! Après une nuit d'efforts les filets restent vides et il suffit d'obéir à une parole et les filets sont pleins à craquer , c'est évident , un humain ne peut permettre cela et Jean , le disciple qui a posé sa tête sur le cœur de Jésus lors de la Sainte Cène, n'hésite pas un instant :« C’est le Seigneur ! » Peut-être se souvient-il de la multiplication des pains ! Quoiqu'il en soit, pour lui, semblable pêche ne peut avoir une autre signature qu'un : « c'est le Seigneur » !

Pierre le fougueux, réagit à son tour avec tout ce qu'il est, il bondit sans plus réfléchir ! Il enfile quand même un vêtement pour être présentable, toutes ses peurs sont tombées dans l'eau du lac et il s'élance sans plus attendre vers son Maître et Seigneur! Cette scène est magnifique, de spontanéité, elle exprime en même temps son attachement, sa confiance, ils ne sont plus seuls, Jésus ne les a pas abandonnés, Jésus reste présent, proche, aimant, riche en miséricorde ! Au diable les poissons a-t-on envie de lui faire dire, ce qui compte, c'est cette Présence discrète, agissante, revivifiante ! Pierre fait confiance à ses compagnons pour ramener les filets , il oublie tout l'accessoire et retrouve dans l'action de grâce l'essentiel, Celui qui lui confiait tout récemment, une charge tellement lourde qu'il ne voyait pas par quel bout la prendre. Pierre comprend qu'il ne sera pas seul Jésus sera toujours à son côté, aux côtés de l’Église en train de naître, aux côtés de chacun de Ses membres  !

C'est aussi la façon d'agir de Jésus au cœur de nos vies. Si nous Lui tenons la main, Lui ne nous lâchera jamais . Dans les nuits que nous traversons Il se tient sur le rivage de nos agitations, Il reste présent, Il attend seulement que nous baissions la garde et reconnaissions humblement que sans Lui, nous ne pouvons rien faire !Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruits: car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire. Jn 15,5

C'est en rejoignant Jésus et Pierre, que les écailles tombent, les yeux s'ouvrent, ils sont même touchés par l'infinie délicatesse de Celui qui les accueille :

Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain

Il y a là, du feu, du poisson et du pain et Celui qu'ils reconnaissent sans Le nommer, car ils ont enfin compris que l’Étranger du rivage, Celui qui se tient à leurs côtés en toute discrétion, pour défaire les nœuds, n'est autre que le Maître Aucun des disciples n’osait lui demander :« Qui es-tu ? »Ils savaient que c’était le Seigneur..Les choses se passent très naturellement comme si on ne s'était jamais quittés , comme si tout allait de soi « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »Pierre, en un instant, a compris c'est donc lui, qui, en tout premier lieu , parce qu'il est ce 

« premier » choisi par Jésus. Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Mt 16,18 Jésus ne fait rien sans Ses apôtres, sans nous, Jésus veut avoir besoin de nous c'est la raison de Sa demande  : donc Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.Quand Jésus intervient dans l’Évangile, dans nos vies, pour peu que nous entrouvrions la porte , c'est l'abondance ,nous avons sans doute ici, le signe du futur développement de l’Église quand les apôtres commenceront le service de l’Évangélisation. Et le filet : l’Église ! ne rompra pas pour aussi ballottée qu'Elle puisse être au fil du temps , Elle est bâtie sur le « roc Jésus » »Il ressemble à un homme qui bâtit une maison. Il a creusé très profond, et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l'inondation, le torrent s'est précipité sur cette maison, mais il n'a pas pu l'ébranler parce qu'elle était bien bâtie. » Lc 6, 48

Jésus leur dit alors :« Venez manger. » . Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.( Troisième manifestation aux apôtres rassemblés, sachant qu'Il était, auparavant, apparu aux saintes femmes!)

il prend le pain et le leur donne nous avons ici un aperçu, voire un avant-goût du sacrement de l'Eucharistie . On ne prend pas le Pain consacré, c'est le célébrant qui, au Nom de Jésus Le donne !

Le collège apostolique ayant repris des forces Jésus engage un dialogue émouvant avec Pierre , devant ses frères. Dialogue qui révèle, s'il en est besoin, que les dons de Dieu , Son appel, sont irrévocables, Dieu ne reprend jamais ce qu'Il donne :Car les dons et la vocation de Dieu sont sans repentance. Rm 11, 29

Aucune entrée en matière, aucun reproche, Jésus ne revient pas sur ce passé récent où, par trois fois, comme Jésus l'avait prédit, Pierre a renié son Seigneur et Maître par trois fois :

Pendant que Pierre était en bas, dans la cour, vint une des servantes du grand prêtre; et voyant Pierre qui se chauffait, elle le fixa du regard et lui dit : " Toi aussi, tu étais avec le Nazaréen Jésus ! " Mais il nia, en disant : " Je ne sais, ni ne comprends ce que tu veux dire. " Et il s'en alla dehors, vers le porche, et un coq chanta. La servante, l'ayant vu, se mit de nouveau à dire à ceux qui étaient présents : " Celui-là en est ! " Et il nia de nouveau. Un peu après, de nouveau, ceux qui étaient présents dirent à Pierre : " pour sûr, tu en est; aussi bien, tu es Galiléen. " Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer : " Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. " Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole telle que Jésus la lui avait dite : Avant que le coq ait chanté deux fois, trois fois tu me renieras; " et il éclata en pleurs. Mc 14, 54

Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre :« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu
vraiment, : plus que ceux-ci ? » Il lui répond :« Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »Jésus lui dit :« Sois le berger de mes agneaux. »  

 Il lui dit une deuxième fois :« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment? »Il lui répond :« Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit :« Sois le pasteur de mes brebis. »  

 Il lui dit, pour la troisième fois :« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? »Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait :« M’aimes-tu ? »Il lui répond :« Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit :« Sois le berger de mes brebis.

C'est autour d'un feu que Pierre a renié son Maître, c'est autour d'un feu, sans doute celui de l'amour, que Jésus l'invite à réparer. Par trois fois Pierre, devant le collège réuni , affirme son attachement au Christ ! Pierre a fait l'expérience de sa faiblesse, il a eu peur, mais son cœur reste profondément attaché à son Seigneur!Et il aura très vite l'occasion d'en témoigner , il suffit de lire la première lecture de ce jour :

 « Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de celui-là,et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement.Vous voulez donc faire retomber sur nous le sang de cet homme ! »    En réponse, Pierre et les Apôtres déclarèrent :« Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes....Après avoir fait fouetter les Apôtres, ils leur interdirent de parler au nom de Jésus, puis ils les relâchèrent. Quant à eux, quittant le Conseil suprême,ils repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus.

La peur ne fait plus partie de leurs maigres bagages - un seul vêtement, une seule paire de sandales, un bâton pour soutenir leur marche – ils vont joyeux sur les routes pour annoncer l'extraordinaire Bonne Nouvelle : Christ est ressuscité ! Christ est vivant !

Cette question : « m'aimes-tu ? M'aimes-tu plus que ..toi-même ? Plus que ton smartphone ? que tes billets de banque ? plus que ton bien être ? Plus que ...C'est à chacun de répondre et de le prouver !

Mais retrouvons Jésus et Pierre autour du feu , après ce repas entre amis rassemblés .

 Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ;quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture,pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »  Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu.

Sous le règne de l'empereur Néron, un incendie généralisé s'est déclenché à Rome, dont il a accusé les chrétiens. Cela a conduit à la crucifixion de saint Pierre sur un lieu appelé auparavant le cirque de Néron. Il a demandé à être crucifié avec la tête en bas, car il ne se considérait pas assez digne pour mourir de la même manière que Jésus.

Sur ces mots, il lui dit :« Suis-moi. »

JE TE SUIVRAI JÉSUS, MONTRE-MOI LE CHEMIN

Perdre sa vie pour accueillir le Christ,
se livrer au Christ pour rencontrer le Père,
se trouver soi-même comme un don de Dieu.
Je te suivrai, Jésus, montre-moi le chemin.

Qui aime son père et sa mère plus que moi
N'est pas digne de moi.

Qui refuse de prendre sa croix
N'est pas digne de moi.

Qui perd sa vie à cause de moi
La gardera.

J. Gélineau


Après sa Résurrection, le Seigneur est apparu dix fois à ses disciples .


La première fois, à Marie Madeleine. La grâce du Seigneur apparaît à l’âme pénitente avant toutes les autres.

La deuxième fois, il apparut aux femmes revenant du tombeau. Le Seigneur apparaît à ceux qui reviennent du tombeau, c’est-à-dire de la réflexion sur leur naissance et sur leur mort.

La troisième fois, il apparaît à Pierre qui pleurait amèrement ! Le Seigneur, dit Luc, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Il le regarda parce qu’il aimait. Le Seigneur ne veut pas se venger des pécheurs, mais accorde son pardon à ceux qui se repentent.

La quatrième fois, il apparut aux deux disciples allant vers Emmaüs. Ces deux disciples désignent l’amour de Dieu et du prochain. Le Seigneur apparaît à celui qui possède l’amour et désire imiter la pauvreté de Jésus Christ.

La cinquième fois, il apparut aux dix disciples réunis, toutes portes closes. Lorsque les disciples, les sentiments de l’homme, sont unis dans le bien, c’est alors qu’apparaît à l’esprit la grâce de l’Esprit Saint.

La sixième fois, il apparut huit jours après, aux disciples réunis avec Thomas. Le jour de la résurrection générale, Dieu emportera de notre cœur tout ombre de doute et toute tache d’infirmité.

La septième fois, il apparut au bord du lac aux disciples en train de pêcher. La pêche représente la prédication, et le Seigneur apparaît à ceux qui y travaillent avec assiduité.

La huitième fois, il apparut aux onze disciples sur une montagne de Galilée, nom qui signifie transmigration. Par la conversion, l’homme transmigre de la rive du péché mortel à la rive de la satisfaction, en passant par le pont de la confession.

De même, il apparut le jour même de l’Ascension. Au cours d’un repas qu’il partageait avec eux, dit Luc, il leur enjoignit de ne pas s’éloigner de Jérusalem (Ac 1,4). Le Seigneur apparaît à ceux qui sont à table, c’est-à-dire se reposent du souci des choses temporelles et se nourrissent du pain des larmes.

Enfin il leur apparut lorsqu’il les amena jusque vers Béthanie, au mont des Oliviers, où levant les mains, il les bénit, sous leurs regards s’éleva au ciel et une nuée le déroba à leurs yeux. Le mont des Oliviers signifie miséricorde. Le Seigneur apparaît à l’homme miséricordieux qui éprouve de la compassion pour le pauvre, le blessé, le tourmenté, l’affamé, le nu, le souffrant. Blessé par leur pauvreté, il s’embrase de compassion et leur use miséricorde.

L'Ermite