vendredi 12 mars 2021

A CAUSE DU GRAND AMOUR


QUATRIEME DIMANCHE DE CARÊME


Année B


(Jn 3, 14-21)




Souvenons-nous: le Troisième dimanche de l'Avent, l’Église nous offrait une pause avec le dimanche du GAUDETE : REJOUISSEZ-VOUS ! Pour signifier la Joie, à l'approche de Noël, le Célébrant a revêtu un ornement liturgique rose . Il en est de même en temps de Carême :

LAETARE ! ce premier mot du chant d’entrée du quatrième dimanche de carême reprend un passage du prophète Isaïe (Isaïe 66, 10-11).

« Réjouissez-vous avec Jérusalem, et soyez dans l'allégresse à cause d'elle, vous tous qui l'aimez Tressaillez de joie avec elle, vous tous qui pleuriez sur elle, afin que vous soyez allaités et rassasiés à la mamelle de ses consolations, afin que vous savouriez avec délices la plénitude de sa gloire! »

« Se réjouir parce que déjà perce la joie pascale, la joie de la Résurrection. Ce dimanche est une pause au milieu de notre marche vers Pâques. Paradoxalement, tout en nous rapprochant de la Passion de Jésus et de la croix, signe de notre Rédemption, la liturgie de ce dimanche nous rappelle que la source de notre salut est un motif de joie pour les chrétiens. » ( Église Catholique de France)

Un peu d'Histoire : Vous pouvez passer à pieds joints sur celle-ci d'ailleurs !

Il semble que, dès l'antiquité chrétienne, ce quatrième dimanche a revêtu le caractère particulier d'une pause au milieu du Carême, ainsi les liturges mozarabes qui ne badinaient pas avec la symbolique, allèrent jusqu'à excepter ce dimanche du Carême que, par ailleurs, ils n'avaient commencé que le lundi suivant le premier dimanche, ce qui leur donnait, de part et d'autres de Lætare six jours et deux semaines (vingt jours).

La liturgie romaine qui suspend les exercices pénitentiels le dimanche, ce

pourquoi le Carême y compte quarante-six jours, les marque tout de même d'une certaine austérité (suppression du Gloria et de l’Alléluia, ornements violets, disparition des fleurs et des instruments de musique) qu'elle tempère au dimanche de Lætare où elle prend les ornements roses ; jadis le pape, contrairement aux autres dimanches du Carême, venait à cheval à la station qui, ce jour-là, se faisait à Sainte-Croix-de-Jérusalem où l'on vénérait la Croix glorieuse. « Reposons-nous et disposons-nous à parcourir avec courage la deuxième partie du Carême, plus dure que la première. »

Souvent, le dimanche de Lætare, on faisait le scrutin des catéchumènes qui devaient recevoir le Baptême à Pâques.

Au dimanche de Lætare, il arrivait que le pape offrît une rose d'or. L'idée en serait due au saint pape Léon IX qui, en 1049 solennisa un usage peut-être ancien que le bienheureux Urbain II concrétisa en 1096, à la clôture du concile de Tours, lorsqu’il offrit une rose d’or au comte Foulques d’Anjou.

Il s’agit d’un bouquet roses en or ou en vermeil, ornées de pierres précieuses ; la fleur centrale, plus grande que les autres, porte, en son milieu, une petite cavité que le pape remplit de baume et saupoudre de musc ; autrefois la rose d’or était bénie et encensée à Sainte-Croix-de-Jérusalem. La formule de bénédiction fait l’éloge de la rose qui, « par sa couleur, le symbole de la joie de l’Église, dont l'odeur figure les bonnes œuvres de la personne à honorer, alors que la rose elle-même, produite de la racine de Jessé, est mystiquement la fleur des champs et le lys de vallées dont parle l’Écriture, c'est-à-dire Jésus né de Marie. » Après Durant de Mende qui recopiait Innocent III, les liturgistes nous apprennent que la rose d’or est le symbole de ce printemps éternel qui succéda à l’hiver et aux tristesses de la terre, comme en ce dimanche les fleurs printanières parent le sol après les frimas.

La rose d’or fut d’abord réservée exclusivement au préfet de Rome. « Après l'office, le Pape, tenant à la main la rose bénite, la montrait au peuple, comme l'emblème de leurs communes espérances pour l'avenir et de leurs dispositions actuelles. Portant toujours la rose à la main, le pontife était reconduit jusqu'au parvis de la Basilique, par le préfet de Rome, en habit de pourpre et en chaussures de couleur d'or, qui soutenait l'étrier pour aider le Saint-Père à descendre de cheval. Afin de reconnaître ce témoignage de respect, le pape donnait la rose à ce dignitaire, qui la recevait à genoux et lui baisait le pied. » Plus tard la rose d'or fut offerte à un fidèle catholique qui avait rendu un signalé service à l’Église. Lors de son séjour à Paris, Alexandre III donna la rose d’Or à Louis VII (1163). Léon X envoya une rose d’or à l’archiduc Charles, futur Charles-Quint. Don Juan d'Autriche la reçut en 1576, après avoir remporté la victoire de Lépante sur les Turc. A Saint-Jean d’Aix-en-Provence, avant que les révolutionnaires français ne le détruisissent, on voyait, sur le tombeau, le dernier comte de Provence de la maison de Barcelone, Raymond Béranger IV, le défunt représenté avec la rose d’or que le pape Innocent IV lui avait envoyée en 1244 ; on conserve, au musée de Cluny, à Paris, la rose d’or que le pape Clément V donna à Humbert de Neufchâtel, prince-évêque de Bâle.

Les papes donnèrent souvent la rose d'or à quelque reine qui se distinguait par ses vertus, ce qui fut le cas, pour la France, de Marie-Thérèse d’Autriche,

femme de Louis XIV (1668) et de Marie Leszcynska, femme de Louis XV (1732). Depuis le début du XIX° siècle, la rose d’or fut plusieurs fois décerné à des souveraines : la reine Charlotte de Bavière la reçut de Pie VII.

(1819) ; la reine Marie-Thérèse de Sardaigne la reçut de Léon XII (1825) ; l'impératrice Marie-Anne d'Autriche la reçut de Grégoire XVI (1832), comme la reine Marie-Pia de Savoie (1842) ; Pie IX l’offrit à la reine Marie-Thérèse des Deux-Siciles (1849), à l'impératrice Eugénie (1856], à l'impératrice Élisabeth d'Autriche (1868) et à la reine Marie-Isabelle d'Espagne (1868) ; Léon XIII l’offrit à la reine Marie-Christine d'Espagne (1886), à l'impératrice Isabelle du Brésil (1888), à la reine Marie-Amélie du Portugal (1892) et à la reine Marie-Henriette des Belges (1893) ; Pie XI l’offrit à la reine Victoire d'Espagne (1923) à la reine Élisabeth des Belges (1925) et à la reine Hélène d'Italie (1937).

« Depuis longtemps, la cérémonie se fait dans la salle des parements. Après les prières marquées dans le rituel, le Saint-Père oint la rose avec du baume, et place au centre, où se trouve un tout petit godet, fermé avec une grille d'or, un peu de ce baume avec du musc ; il l'asperge d'eau bénite, I'encense, et la remet au dernier clerc de la chambre. Nous le vîmes arriver, précédant le pape et portant à la main la précieuse fleur, qui fut placée au milieu de l'autel sur un riche voile de soie brodé d'or. Après la messe, elle fut emportée avec la même cérémonie, et déposée au Vatican jusqu'au jour où le Père commun daigne en gratifier quelqu'une de ses nobles et pieuses filles. »

Comme Pie X et Benoît XV, Pie XII, Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul I° et Jean-Paul II n’ont honoré aucune reine de la rose d’or.

Il est arrivé que la rose d'or fût offerte à une église ou à un sanctuaire : Innocent IV l’offrit au chapitre Saint-Just de Lyon, Pie VII l’offrit au pèlerinage italien de Galloro (1820), Pie IX l’offrit à Notre-Dame de Lourdes (1877), Pie XII l’offrit à la cathédrale de Goa où se trouve le tombeau de saint François-Xavier.

(1953), Paul VI l’offrit à Notre-Dame de Fatima (1965). Pie VIII offrit la rose d’or à l'église de Cingoli (près d’Ancône), son pays natal, comme l’avait fait Pie II pour Sienne près d’où il était né ; Grégoire XVI, natif de Vénitie, l’offrit à la basilique Saint-Marc de Venise (1833). Sixte IV n’avait pas offert une rose d’or mais, pour rappeler ses armes, un rameau de chêne en or à la cathédrale Savonne (1471). La sacristie du pape conserve une rose d’or avec la liste des bénéficiaires.


Le pape, au dimanche de Lætare, bénissait aussi une clef d'or où était fondue un peu de limaille des chaînes de saint Pierre, qu'il envoyait comme relique du Prince des Apôtres.

Les fiancés qui se devaient marier après Pâques, étaient bénis au dimanche de Lætare, ainsi que les oriflammes et les bannières. Enfin, quand l'occasion se présentait, on sacrait ou couronnait les princes chrétiens ; si aucun des rois de France n’eut ce privilège, en bénéficièrent les reines Éléonore d'Autriche et Élisabeth d'Autriche.

Le dimanche de Lætare, depuis la terrible épidémie de peste de 1522, les confréries romaines en procession pénitentielle, depuis la basilique des Saints XII Apôtres auprès du crucifix miraculeux de l'église San Marcello al Corso. Précédées de leurs insignes, s'avancent, dans leur costume propre, les archiconfréries de Sainte-Anne-des-Palefreniers du Vatican, de Sainte-Marie Odigitria des Siciliens, de Sainte-Marie dell'Orto du Transtévère, du Saint-Crucifix de Saint-Marcel, de la Trinité des Pèlerins, du Saint-Sacrement de Saint-Pierre-au-Vatican, de Saint-Joseph-des-charpentiers, de Saint-Eloi des Ferrarais, de Saint-Jean-Baptiste des Génois, du Sacré-Cœur-de-Ponte-Mammolo, et bien d'autres encore.

Utilisée au troisième dimanche de l'Avent (Gaudete) et au quatrième dimanche du Carême (Lætare), la couleur rose, couleur de l'aurore, marque, au

milieu de ces temps de pénitence, une pause où l’Église vise à mieux faire entrevoir la joie qu'elle prépare (Noël ou Pâques), à donner courage pour les dernières étapes à parcourir et à rendre grâce pour les œuvres déjà accomplies. Jadis, où l'on était plus attentif qu'aujourd'hui à conformer l'environnement du culte à l'esprit de la liturgie célébrée, on pouvait, ces dimanches là, contrairement aux autres dimanches de l'Avent et du Carême, parer l'autel de fleurs, sonner toutes les cloches et toucher les orgues alors que les diacres et les sous-diacres prenaient la tunique et dalmatique qu'ils avaient abandonnées au début de l'Avent ou du Carême.

La couleur rose emprunte sa signification au rouge, symbole de l'amour divin, et au blanc, symbole de la sagesse divine, dont la combinaison signifie l'amour de l'homme régénéré par la pénitence pour la sagesse divine reçue dans la Révélation. « Couleur agréable, odeur réconfortante, aspect qui donne la joie. » C’est moins la fleur qui inspire le symboliste que la rosée, l'eau tombée du ciel, regardée par les Juifs comme un signe de bénédiction. Les vents de la mer, soufflant de l'Ouest, apportent vers la Palestine un air humide qui, dans les nuits d'août à octobre où il ne pleut pas, permet la croissance des végétaux ; la rosée est donc un symbole de prospérité et un signe de bénédiction ainsi qu'en témoigne souvent l'Ancien Testament : « Que Dieu te donne avec la rosée du ciel et de gras terroirs, abondance de froment et de vin nouveau » (Genèse XXVII 28) 

« Béni de Yahvé, son Pays ! A lui le don exquis du ciel en haut (rosée) et de l'abîme qui s'étale en bas (sources) » (Deutéronome XXXIII 13) ;

« C'est comme le rosée de l'Hermon qui descend sur les montagnes de Sion, car c'est là que Yahvé a établi la bénédiction, la vie à jamais » (Psaume CXXXIII 3) ;

« Je serai comme la rosée pour Israël, il fleurira comme le lys, il enfoncera ses racines comme le peuplier » (Osée XIV 6).

En revanche, l'absence de rosée est un signe de châtiment comme on peut le voir, par exemple, chez le prophète Agée (I 8-10) :

« Réfléchissez sur votre sort : vous attendiez beaucoup et il n'y a eu que peu. Et ce que vous avez ramené à la maison, j'ai soufflé dessus ! A cause de quoi ? - oracle de Yahvé des armées - à cause de ma maison qui, elle, est en ruine, alors que vous courez chacun pour sa maison. Voilà pourquoi le ciel a retenu la rosée, et la terre a retenu sa récolte. »

La rosée est aussi le symbole de la Parole divine reçue par les fidèles qui, s'ils s'y conforment, leur communique la sagesse et leur ouvre le salut par les voies de la justice :

« Que ma parole s'épande comme la rosée » (Deutéronome XXII 2) ;

ainsi, pendant tout le temps de l’Avent, nous avons chanté : « Rorate cæli

de super et nubes pluant justum ! » (Cieux, versez votre rosée et que les nuées fassent pleuvoir le juste !

Le chevalier Morini qui, sous Grégoire XVI (1831-1846), fut un des officiers de la cour pontificale, écrivait, dans le « Dizionario di erudizione storico-ecclesiastica » que la couleur rose est considérée comme tenant le milieu entre le pourpre et le violet ; figurant la joie que l’Église ressent aux approches de Noël et de Pâques, parce que la rose a trois propriétés : l'odeur, la couleur et le goût, que l'on peut considérer comme représentant la charité, la joie et la satiété spirituelle qui sont la figure du Christ, ainsi, saint Bède le Vénérable dit qu'au VII° siècle, le tombeau du Christ était peint d'une couleur mélangée de blanc et de rouge. ( Notes)

Entrons maintenant dans l’Évangile de ce jour :

Jésus disait à Nicodème :« De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.

Dans la Bible, le serpent est associé à la divinité DIEU et à la magie. Dans Exode 4.1-5, : Moïse répondit, en disant: "Ils ne me croiront pas et ils n'écouteront pas ma voix; mais ils diront: Seigneur ne t'est point apparu. Le Seigneur Dieu lui dit: "Qu'y a-t-il dans ta main?" Il répondit: "Un bâton." Et le Seigneur Dieu lui dit: jette-le à terre. "Il le jeta à terre, et le bâton devint un serpent, et Moïse s'enfuyait devant lui. Le Seigneur Dieu dit à Moïse: "Étends ta main, et saisis-le par la queue" -- et il étendit la main et le saisit, et le serpent redevint un bâton dans sa main, -- afin qu'ils croient que le Seigneur, le Dieu de leurs pères, t'est apparu, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob." le nāḥāš , est le signe de la puissance de Dieu. La transformation magique du bâton en serpent est le signe que Dieu s'est révélé à Moïse.

Ce premier verset de la péricope de ce jour peut nous troubler, il convient de le situer dans le contexte du chapitre 3 de Saint Jean où nous voyons Nicodème se déplacer pour rencontrer Jésus , mais, de nuit ! Nicodème ne tient pas , dans un premier temps, à se compromettre auprès de ses coreligionnaires :

Or, il y avait parmi les Pharisiens un homme, nommé Nicodème, un des principaux parmi les Juifs. Il vint de nuit trouver Jésus ».

Saint Chrysostome dit de Nicodème : « Cet homme était encore esclave de la faiblesse judaïque, et il vient de nuit, parce qu’il craignait de faire de jour cette démarche »

Quand Jésus fait allusion au serpent d'airain, Il sait qu'Il parle avec un théologien juif , spécialiste de la Bible et entraîné aux multiples débats qui existent depuis des générations autour des Écritures. Il sait à quoi Jésus fait référence quand Il parle « du serpent que Moïse a élevé dans le désert », et il en connaît les interprétations en conflit autour de ce texte. Quand à nous , nous savons que Nicodème , suite à cette rencontre, sera un des premiers disciples de Jésus , Pharisien et membre du Sanhédrin.. Jésus engage donc un dialogue avec ce Pharisien

Or, il y avait parmi les Pharisiens un homme nommé Nicodème, un des principaux parmi les Juifs. Il vint de nuit trouver Jésus, et lui dit: "Maître, nous savons que vous êtes venu de la part de Dieu, comme docteur, car personne ne saurait faire les
miracles que vous faites, si Dieu n'est pas avec lui." Jésus lui répondit: "En vérité, en vérité, je te le dis, nul, s'il ne naît de nouveau, ne peut voir le royaume de Dieu." Nicodème lui dit: "Comment un homme, quand il est déjà vieux, peut-il naître? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère, et naître de nouveau?" Jésus répondit: " En vérité, en vérité, je te le dis, nul, s'il ne renaît de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu Car ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit. Ne t'étonne pas de ce que je t'ai dit: il faut que vous naissiez de nouveau. Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va: ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. "Nicodème lui répondit: " Comment cela se peut-il faire?" Jésus lui dit: "Tu es le docteur d'Israël, et tu ignores ces choses! En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous attestons-ce que nous avons vu, mais vous ne recevez point notre témoignage. Si vous ne croyez pas quand je vous parle des choses qui sont sur la terre, comment croirez-vous si je viens à vous parler de celles qui sont dans le ciel? Et nul n'est monté au ciel si ce n'est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme qui est dans le ciel. Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, Afin que tout homme qui croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait a vie éternelle."

«  tout homme qui croit en lui » Nous avons sans doute ici le cœur du message que veut faire passer l’Évangéliste St Jean. N'est-ce pas lui qui, au moment de la crucifixion dira : « Ils lèveront les yeux vers Celui qu'ils ont transpercé » ce qui signifie qu'ils reconnaîtront en Jésus , l'amour fou de Dieu qui donne son Fils pour le salut de l'humanité . Et quand nous disons « Dieu » nous disons la Trinité Sainte , Dieu Père qui donne Son Fils, Dieu Fils qui se donne, Dieu Esprit qui est à la fois lien et Amour du Père pour le Fils et du Fils pour le Père !

Oui, l'amour fou de Dieu, Père et Fils et Esprit Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais

obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Dieu, dans Son amour a donné le Fils qui Lui même s'est donné et continue de se donner afin que celui « qui lève les yeux vers Celui qu'ils ont transpercé » c'est à dire celui qui croit, qui Le reconnaît comme Maître et Seigneur, soit sauvé, et devienne participant de la vie éternelle. Et Jésus de préciser qu'Il est venu, envoyé par le Père, non pour juger mais pour sauver !

Comme il est douloureux de penser que des frères voient encore aujourd'hui , Jésus, comme un Juge intraitable au lieu de Le reconnaître comme l'Ami sûr venu leur révéler l'Amour inégalable du Père qui déploie le moyen le plus époustouflant qui soit, non pour l'intérêt du Père, mais pour le bonheur de l'homme ! A travers le don de Jésus. Dieu Père ne cherche rien d'autre que le bonheur de l'homme, car Dieu est gratuité absolue, DIEU N'EST QUE GRATUITE ! Il ne cherche pas à s'attirer les faveurs de l'homme, Dieu par amour, cherche à rendre l'homme heureux ! C'est le seul, l'unique but de l'économie du Salut ! Celui qui comprend et adhère à cette aspiration du Père, reçoit en cela, dès cette terre , la vie éternelle car nous dit Jésus :

« la vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ ». (Jn17)

Car la volonté de mon Père, c'est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn 6)

Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire en lui ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » (Jn 3)

Amen, amen, je vous le dis : celui qui écoute ma parole et croit au Père qui m'a envoyé, celui-là obtient la vie éternelle et il échappe au Jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie. (Jn 5)

Et nous trouvions déjà cela dans la péricope de ce jour :

Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. C'est donc le fait d'adhérer, de reconnaître que Dieu est Dieu, comme le disait avec vigueur Olivier CLEMENT , qui signe notre appartenance et en conséquence nous établit dès ce monde en Dieu, goûtant dès cette terre aux délices de « l'être en Dieu ». Cette grâce est offerte à chaque homme , elle implique des choix radicaux, une orientation de vie, un acquiescement , une adhésion sincère et totale à la charte du chrétien développée dans les BEATITUDES ! La fin de la péricope nous éclaire parfaitement , elle nous indique la seule possibilité, le seul chemin : faire la vérité ! Faire la vérité c'est se

laisser habiter par Celui qui EST , LE CHEMIN, LA VERITE ET LA VIE ! Celui que Jean Baptiste a présenté comme étant la LUMIERE DU MONDE la seule vraie LUMIERE qui éclaire tout homme de bonne volonté et lui apprend à vivre en fils et en frère : Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui: non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde. Il ( le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l'a pas connu. Il vint chez lui, et les siens ne l'ont pas reçu. Mais quant à tous ceux qui l'ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, (Jn 1)

Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

La personne qui ne fait pas la vérité demeure dans la nuit, dans les ténèbres du péché, c'est ce que dit Saint Paul dans sa lettre aux Éphésiens :

Autrefois vous étiez ténèbres, mais à présent vous êtes lumière dans le Seigneur, marchez comme des enfants de lumière. Car le fruit de la lumière consiste en tout ce qui est bon, juste et vrai. Examinez ce qui est agréable au Seigneur; et ne prenez aucune part aux œuvres stériles des ténèbres, mais plutôt condamnez-les. Car, ce qu'ils font en secret, on a honte même de le dire; mais toutes ces abominations, une fois condamnées, sont rendues manifestes par le lumière, car tout ce qui est mis au jour, est lumière. (Eph 5)

Par notre baptême, nous sommes devenus « lumière » le sommes-nous restés ? Le Carême est là pour nous permettre de revisiter nos engagements, nos comportements .Permettrons-nous à la « Lumière – Jésus », de pénétrer les moindres interstices de notre être pour les éclairer et les transformer. Un bon moyen c'est de regarder notre vie à « la lumière » de la Parole de Dieu, qui est la seule vraie Lumière capable de nous illuminer, de nous « transfigurer ».

Je pense à cette jeune femme qui après une période bien mouvementée s'est présentée pour le sacrement de Réconciliation ( je tiens cette confidence d'elle-même) avec le décalogue (les dix commandements) en disant , tout cela je l'ai bafoué ….nous pouvons faire de même avec les béatitudes où d'autres passages de l’écriture qui nous bousculent !

Nicodème en venant de nuit , est passé de la nuit à la Lumière, cette rencontre avec

Jésus a réorienté sa vie au point qu'il deviendra capable de prendre la défense de Jésus : « Parmi les pharisiens, il y avait Nicodème, qui était allé précédemment trouver Jésus ; il leur dit : « Est-ce que notre Loi permet de condamner un homme sans l'entendre d'abord pour savoir ce qu'il a fait ? » Ils lui répondirent : « Alors, toi aussi, tu es de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! » Puis ils rentrèrent chacun chez soi. » (Jn 7)

Il aidera même à Sa mise au tombeau :Nicodème (celui qui la première fois était venu trouver Jésus pendant la nuit) vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d'aloès pesant environ cent livres. Ils prirent le corps de Jésus, et ils l'enveloppèrent d'un linceul, en employant les aromates selon la manière juive d'ensevelir les morts. (Jn 19) 

Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut.

J'écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu'il dit, c'est la paix pour son peuple et ses fidèles ; qu'ils ne reviennent jamais à leur folie !

 Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent,

(le Père et le Fils et L'Esprit)

justice et paix s'embrassent

(le Père et le Fils et L'Esprit)

 la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice.

 Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit.

La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin.

Ps 84


Dieu est riche en miséricorde ;
à cause du grand amour dont il nous a aimés,
nous qui étions des morts par suite de nos fautes,
il nous a donné la vie avec le Christ :
c’est bien par grâce que vous êtes sauvés.

C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés,
et par le moyen de la foi.

Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.
Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil.
C’est Dieu qui nous a faits,
il nous a créés dans le Christ Jésus,
en vue de la réalisation d’œuvres bonnes
qu’il a préparées d’avance
pour que nous les pratiquions.

En ce temps de Carême ne boudons pas LE DON DE DIEU approchons-nous de Lui en toute confiance . DIEU EST AMOUR, IL N'EST QU'AMOUR ! Rendons-Lui grâce en Jésus livré !



L'Ermite

vendredi 5 mars 2021

PIERRE ANGULAIRE CHOISIE PAR DIEU

 

TROISIEME DIMANCHE DE CARÊME


Année B


( Jn 2, 13-25 )



Pierre Angulaire

En accueillant les lectures de ce dimanche plusieurs pistes me sont apparues il n'était pas possible de les suivre toutes sans aller dans tous les sens, j'ai donc été confrontée à un choix, à la fois difficile et délicat, j'ai tranché à regret. Qui dit choix, dit abandon , renoncement , j'ai donc renoncé pour approfondir une piste précise : celle du Temple.

Et, tout d'abord, quelle est la différence entre un Temple et une Synagogue , les deux termes étant retenus par Jésus :

« Il s’agit de lieux de culte dont la différence est surtout chronologique. Les plus anciens textes bibliques indiquent que les premiers Israélites célébraient un culte surtout sacrificiel dans des anciens sanctuaires qui avaient été repris des Cananéens, comme Silo, Béthel, Gilgal, etc. Ces sanctuaires étaient le plus souvent situés soit au sommet d’une montagne, soit sous un arbre particulièrement majestueux, soit à côté d’une rivière, etc. Tout croyant pouvait y offrir des sacrifices d’animaux et des libations de liquides ,ainsi que d’autres offrandes végétales.

Selon les textes bibliques, c’est le roi Salomon (vers 950 avant notre ère) qui aurait construit le premier temple à Jérusalem, juste à côté de son palais. Ce temple était comme un méga sanctuaire où seuls les prêtres offraient le culte sacrificiel. Durant les siècles suivants, les fils d’Israël offrirent leur culte dans les sanctuaires traditionnels et dans le temple de Jérusalem. En 621 avant notre ère, le roi Josias entreprit la réforme deutéronomique selon laquelle seuls les sacrifices offerts dans le temple de Jérusalem étaient légitimes. Il semble que la réforme fut difficile à mettre en place, tant les cultes dans les sanctuaires traditionnels faisaient partie des habitudes et des traditions. Quoi qu’il en soit, le premier temple fut détruit par le roi Nabuchodonosor et les Babyloniens en 587 avant notre ère, qui exilèrent une partie de la population à Babylone.

Durant l’exil à Babylone, alors qu’il n’y avait, ni roi, ni temple, on situe généralement la naissance de la synagogue (qui signifie « assemblée » en grec). Il s’agit d’un lieu de culte qui n’est pas sacrificiel mais où la liturgie est essentiellement constituée de lectures de la Parole (la Tora et les prophètes), de chants et de prières. Lors du retour d’exil à partir de 538, alors que le pouvoir était passé aux Perses, on entreprit la difficile construction d’un second temple, ce qui fut fait finalement en 515. C’est ce temple que le roi Hérode le Grand rénova et amplifia beaucoup au point qu’il était considéré comme l’un des merveilles du monde romain. C’est le temple que Jésus a connu. Ce second temple fut détruit par les Romains en 70 de notre ère lors de la première révolte juive et ne fut jamais reconstruit. Pendant l’époque du second temple, la synagogue continua et se répandit partout en Israël. C’est ce lieu de culte qui a survécu dans le judaïsme et qui est encore utilisé aujourd’hui. (Hervé TREMBLAY, OP)

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Jésus monte à Jérusalem. On ne saura pas comment il a célébré concrètement les sept jours que dure la fête. L’évangéliste nous informe seulement d’un événement qui se déroule dans le Temple et qui a dû sérieusement perturber les préparatifs de la solennité. Cependant, tel qu’il est raconté, il ne semble pas avoir suscité de révolution à Jérusalem. En tout cas, il n’a pas provoqué l’intervention de l’armée romaine, ni celle des gardes du grand prêtre, mais seulement une question sur l’autorité de Jésus. De ce point de vue, la signification de l’épisode est très différente de celle donnée par les évangiles synoptiques. (diverses notes)

L’expulsion des marchands du Temple est racontée vers le début de la vie publique de Jésus, alors que

, selon les évangiles synoptiques, elle a eu lieu après l’entrée messianique à Jérusalem et avant la Passion « Et les foules qui allaient devant lui et qui le suivaient, criaient: " Hosanna au fils de David! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Hosanna au plus haut des cieux! "Lorsqu'il entra dans Jérusalem, toute la ville fut en émoi; on disait: " Qui est celui-ci? " Et les foules disaient: " C'est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. "Jésus entra dans le temple et chassa tous ceux qui vendaient et achetaient dans le temple; il renversa les tables des changeurs et les sièges de ceux qui vendaient les colombes; (Mt 21,1-9) (version considérée comme vraisemblablement plus historique). Cet événement est mis en relation avec la première des trois fêtes de Pâque célébrées par Jésus dans l’évangile de Jean, les deux autres étant signalées « Or la Pâque, la fête des Juifs était proche Jésus donc ayant levé les yeux, et voyant qu'une grande foule venait à lui, dit à Philippe: "Où achèterons-nous du pain pour que ces gens aient à manger?" Il disait cela pour l'éprouver, car lui, il savait ce qu'il devait faire. Philippe lui répondit: "Deux cents deniers de pain ne suffiraient pas pour que chacun en reçoive un morceau." Un de ses disciples, André, frère de Simon-Pierre, (Jean 6,4) (multiplication des pains et discours du pain de vie) et Jn 12, 1 Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie, où était Lazare, le mort qu'il avait ressuscité. Là, on lui fit un souper, et Marthe servait. Or, Lazare était de ceux qui se trouvaient à table avec lui. Marie, ayant pris une livre d'un parfum de nard très pur, très précieux, en oignit les pieds de Jésus, et les essuya avec ses cheveux. Et la maison fut remplie de l'odeur du parfum. (onction de Béthanie, dernier repas et Passion)

C’est la première fois que Jésus se trouve dans la Ville sainte et dans le Temple. Jusqu’à présent, dans l’évangile, Jérusalem n’a été mentionnée que par rapport à la délégation de prêtres et de lévites envoyée vers Jean le Baptiste pour l’interroger sur son identité. Le témoignage du Baptiste portait alors à reconnaître en Jésus l’" Agneau de Dieu ". Or, celui-ci va expulser tous les animaux prêts pour le sacrifice, provoquant un déplacement de sens : en l’absence d’animaux, il ne reste que Lui, qui va se présenter comme le sanctuaire démoli et reconstruit.

Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »

Il est intéressant de savoir que le Temple est cité 111 fois dans le Nouveau Testament mais ce qui devrait nous captiver et surtout , en ce Carême, nous permettre de réfléchir et d'avancer, c'est ce qu'en disent Saint Paul dans ses lettres aux Corinthiens et aux Romains, et Saint Pierre dans sa première lettre . Pourquoi ? Il suffit d'aller voir :

Avant cela je me permets une parenthèse : qu'il s'agisse d'un Temple, d'une Synagogue, d'une église, d'un oratoire... nous parlons de lieux mis à part, la plupart réservés au culte, et /ou, à un enseignement religieux .Tous ces lieux ont pour but d'abriter soit des Ecrits sacrés, soit Dieu Lui-même, c'est le cas de L'Eucharistie dans nos églises, basiliques, cathédrales, oratoires. Dans la Foi, les Ecrits sont considérés comme Présence de Dieu Lui-même. Au temps des Hébreux la Tente de la réunion, Tente appelée aussi, de la RENCONTRE, comportait plusieurs espaces dont le plus sacré était connu comme « Saint des Saints » parce qu'il protégeait l'Arche de l'Alliance, Présence de Dieu au milieu de Son Peuple.

Il serait intéressant d'approfondir cette question des lieux consacrés à la « protection de la Présence »

nous ne pouvons que l'effleurer ici, mais suffisamment , pour mieux percevoir la « sainte colère » de Jésus quand Il voit l'usage dévoyé du Temple de Jérusalem. Qu'un lieu consacré à la RENCONTRE avec le Père soit ainsi transformé en un lieu d'affaires, de circulation de la monnaie, d'échanges et de changes, est pour le moins odieux car il se situe à l'opposé absolu de ce pour quoi il a été prévu.

Peut-être pourrions-nous nous interroger sur notre manière de nous conduire dans nos églises lieux qui ont fait l'objet d'une consécration spécifique et qui abritent la Présence réelle, donc Jésus Lui-Même ! D'ailleurs, tout les meubles et objets consacrés au culte divin, appellent un grand respect qu'il s'agisse de l'autel qui représente le Christ Lui-même, les objets sacrés, comme la Patène, le Ciboire, le Calice où sont déposés le Corps et le Sang du Christ, les Livres sacrés – missel d'autel et Lectionnaire – le premier parce qu'il sert au culte, le second parce qu'il est le véhicule de la Parole qui a pris chair pour nous rejoindre et nous sauver.

Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit :« Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent :« Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

Des Juifs, n'oublions pas que Jésus Lui-même est Juif, ont très mal vécu la réaction de Jésus , ils Lui demandent de justifier Son geste et Son propos, comme ils l'ont déjà fait à la Synagogue de Nazareth puis de Capharnaüm où Jésus leur disait : En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est en faveur dans sa patrie. (Lc 4)

Dans l'Evangile de ce jour, la réponse de Jésus est énigmatique pour ceux qui l'écoutent, ils ne pourront comprendre qu'après la Résurrection. Quand Jésus parle du Sanctuaire de Son Corps, Il donne à comprendre, mais c'est difficile, même pour ceux qui ont eu le privilège de participer à la Transfiguration, que le Corps qui le met en relation avec les uns et les autres, est UN SANCTUAIRE parce qu'il abrite la Divinité du Fils caché sous des apparences humaines ! C'est ce qui permet aux auteurs sacrés de faire un rapprochement entre ce Corps divin et nos corps d'hommes et de femmes consacrés à Dieu par le baptême, devenus ainsi des sanctuaires , des Temples où demeure Dieu Lui-même par Sa Grâce, et quand nous le voulons, par Son Eucharistie :

N'oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c'est vous. (1Co 3) Quelle conscience avons-nous de notre dignité de filles et de fils de Dieu devenus l'habitation de Dieu Lui-même ? Souvenons-nous de cette très belle salutation de Saint François d'Assise à l'adresse de la Vierge Marie :

Salutation à la Vierge Marie

Salut, Marie, Dame sainte, Reine, sainte Mère de Dieu, vous êtes la Vierge devenue Église : choisie par le très saint Père du ciel, consacrée par lui comme un temple avec son Fils bien aimé et l’Esprit Paraclet  ; vous en qui fut et demeure toute plénitude de grâce et Celui qui est tout bien.

Salut, Palais de Dieu ! Salut, Tabernacle de Dieu ! Salut, Maison de Dieu ! Salut, Vêtement de Dieu ! Salut, Servante de Dieu ! Salut, Mère de Dieu !

Nous aussi nous sommes devenus cela, par grâce, or quel usage faisons-nous de nos corps ? Quel soin en prenons-nous ? Quel respect leur accordons-nous ? Nos corps et ceux de nos frères et sœurs ? Ne les transformons-nous pas trop souvent en un capharnaüm du type «  Temple de Jérusalem » auquel Jésus a voulu rendre son assignation originelle, à savoir : espace consacré à la prière et à la Rencontre avec notre Père ? Avons-nous conscience de ce qui est dit par Saint Paul : Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple de l'Esprit Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car le Seigneur a payé le prix de votre rachat. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps (1Co 6) ou bien laissons-nous grouiller en notre sein, toutes les passions de la terre alors que Jésus donne Sa vie pour nous sauver ? Ce Carême pourrait, devrait, nous aider à retrouver la grâce de notre baptême et à rendre grâce pour cette merveille : je suis consacré(e), je suis le temple de Dieu, le Palais de Dieu, le Tabernacle de Dieu, la Maison de Dieu, La tente de la Rencontre avec Dieu ! Qu'est-ce que je fais de cette merveille ?

Suis-je cette pierre vivante dont parle Saint Pierre :

Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le


sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus.

On lit en effet dans l'Écriture : Voici que je pose en Sion une pierre angulaire, une pierre choisie et de grande valeur ; celui qui lui donne sa foi ne connaîtra pas la honte.

Ainsi donc, honneur à vous qui avez la foi, mais, pour ceux qui refusent de croire, l'Écriture dit : La pierre éliminée par les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle,

une pierre sur laquelle on bute, un rocher qui fait tomber. Ces gens-là butent en refusant d'obéir à la Parole, et c'est bien ce qui devait leur arriver.

Mais vous, vous êtes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu ; vous êtes donc chargés d'annoncer les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. (1P 2)

Sommes-nous ces « pierres vivantes » qui selon le don ou les dons reçus du Seigneur participent à construire le Temple spirituel en donnant de tout notre cœur et de notre être notre foi, notre adhésion à Jésus la Pierre angulaire , le sanctuaire détruit par les hommes mais relevé par Dieu le troisième jour ? Prenons-nous les moyens comme nous y invite Saint Paul :

Ne formez pas d'attelage boiteux avec des non-croyants : quel point commun peut-il y avoir entre la fidélité à Dieu et l'impiété ? quelle communion pour la lumière avec les ténèbres ? quel accord du Christ avec Satan ? ou quel partage pour un croyant avec un non-croyant ? quelle entente pour le temple de Dieu avec les idoles ? Car nous sommes, nous, le temple du Dieu vivant, comme Dieu l'a dit lui-même : Je demeurerai et je marcherai avec eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Sortez donc du milieu de ces gens-là et séparez-vous, dit le Seigneur ; ne touchez à rien d'impur, et moi je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant. (2Co 6)

Il ne s'agit pas de rejeter les mal-croyants et / ou les incroyants, il s'agit de ne pas nous laisser entraîner vers ce qui est bas et conduit à la perdition , mais au contraire de lever la tête et de garder notre regard fixé sur Jésus qui donne tout pour nous et jusqu'à sa propre vie  ! Cela en écoutant encore Saint Paul dans sa lettre aux Romains :

C'est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Evangile, Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommesToi qui portes le nom de Juif, ( ou de chrétien) qui te reposes sur la Loi, ( sur l'Evangile) qui te glorifies en Dieu, qui connais sa volonté, qui sais discerner ce qu'il y a de meilleur, instruit que tu es par la Loi (par l'Evangile) ; toi qui te flattes d'être le guide des aveugles, la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres, le docteur des ignorants, le maître des enfants, ayant dans la Loi ( l'Evangile) la règle de la science et de la vérité: - toi donc qui enseignes les autres, tu ne t'enseignes pas toi-même! Toi qui prêches de ne pas dérober, tu dérobes! Toi qui défends de commettre l'adultère, tu commets l'adultère! Toi qui as les idoles en abomination, tu profanes le temple ( celui de ton propre corps) ! Toi qui te fais une gloire d'avoir une loi, tu déshonores Dieu en la transgressant! Car " le nom de Dieu est blasphémé à cause de vous parmi les nations ", comme dit l'Ecriture. (Rom 2)

Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait. Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme.

Dans l'homme en effet, dans chacun de nous, il y a le meilleur et le pire, soyons, devenons ces veilleurs, qui n'ont pas peur de faire le tri durant ce Carême pour ne garder et cultiver que le meilleur. Peut-être pourrions-nous décider de ne pas attendre le prochain Carême pour renouveler ce voyage à l'intérieur de nous même. L'Eglise , en revivant les Mystères de la vie de Jésus, nous offre régulièrement des temps forts, devenons avides de ces périodes pour éliminer les mauvaises graines et faire fructifier seulement et surtout la bonne semence qui donnera cent pour un ! Il y va de notre paix intérieure, de notre joie quotidienne, de notre vie éternelle !


La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.



L'ermite