vendredi 10 mai 2019

ECOUTER ! CONNAITRE ! SUIVRE !


QUATRIEME DIMANCHE

DE PÂQUES

(Jn 10, 27-30)



Ce dimanche dit « du Bon Pasteur » est retenu par l’Église universelle depuis une cinquantaine d'années, comme journée spécifique de prière pour les vocations ! De mon point de vue il n'y a rien de surprenant ! La plupart des verbes de la péricope offerte à notre méditation ne sont ils pas un appel, pour quiconque a rencontré le Seigneur et choisi de se mettre à Son école en réponse à Son amour prévenant ? Ne l'oublions jamais, c'est toujours à Jésus que revient l'initiative !

ECOUTER ! CONNAITRE ! SUIVRE ! DONNER qui implique RECEVOIR, autant de termes qui nous invitent à nous arrêter quelques instants pour les goûter ! Goûter seulement, les savourer demanderait de creuser et creuser encore, chacun d'eux, pour en faire une exégèse qui aboutirait à minima, à un opuscule.

ECOUTER :Jésus déclara :« Mes brebis écoutent ma voix ;« Le Seigneur Dieu m ' éveille, chaque matin, il éveille mon oreille, pour que j'écoute en disciple. Le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille! et moi, je n'ai pas résisté, je ne me suis pas retiré en arrière. » (Isaïe 50, 4) Écouter c'est obéir , c'est agir en conséquence de ce qui nous est demandé :«Le Seigneur trouve-t-il du plaisir aux holocaustes et aux sacrifices, comme à l'obéissance à Sa voix ? L'obéissance vaut mieux que le sacrifice et la docilité que la graisse des béliers. » (1Samuel 15)
Salomon ne l'avait-il pas compris, lui qui, dans sa prière, demande au Seigneur : « Accordez donc à votre serviteur un cœur attentif pour juger votre peuple, pour discerner le bien et le mal. Car qui pourrait juger votre peuple, ce peuple si nombreux?» Un cœur attentif est un cœur qui écoute. Pour entendre ne faut-il pas écouter ? Le Seigneur veut se faire entendre et pour L'entendre il est important de se poser , de faire abstraction de tout et de se tenir attentif. N'est-ce pas cette attitude qui vaut à Marie, la sœur de Marthe, cette belle remarque de Jésus ; « Marie s'étant assise aux pieds de Jésus, écoutait sa Parole...il n'est besoin que de peu de choses ou d'une seule. Marie en effet a choisi la meilleure part, qui ne lui sera point ôtée. (Luc 10) Et saint Jacques nous recommande ; « Mes frères bien-aimés, vous le savez, que l'homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère. (Jacques 1)

Dans l’Écriture Sainte, il est 265 fois question d'écoute, d'écouter ! C'est dire l'importance extrême du silence en faveur de l'écoute! Et qui sont ceux qui écoutent? « Quiconque est de la Vérité écoute ma voix Jean 18. Mes brebis écoutent ma voix Jean 10, 27 Le disciple disions-nous plus haut, le serviteur, également ! Le jeune Samuel, a entendu parce qu'il a écouté  ; « Parle Seigneur ,car ton serviteur écoute » 1 Sam 9 Jésus Lui-même se met à l'écoute du Père, et dès ses douze ans on le trouve à l'écoute des Docteurs de la Loi : « les écoutant Il les interrogeait » Luc 2 Nous le comprenons, écouter est fondamental C'est un préalable pour connaître la volonté de Dieu, bien discerner ce qu'Il attend de nous, vocation spécifique ou pas ! Écouter, est indispensable pour être agrégé au Corps du Christ, pour faire partie de Ses brebis ! Brebis que Jésus connaît , chacune par son nom, et les brebis entendent sa voix; Il appelle par leur nom ses brebis, et Il les mène aux pâturages. (Jean 10)

CONNAITRE suppose une relation profonde et implique une réciprocité. Connaître signifie l'unité profonde de deux personnes, dans l'amour. La notion biblique de connaissance suppose, en effet, toujours une activité. La connaissance du Bon Pasteur se traduit de manières diverses :

  • Il recherche les brebis qu'Il appelle par leur nom Jn 10, 3
  • Il prend soin d'elles Jn 10, 13
  • bien plus, Il leur donne la vie en sacrifiant la sienne Jn 10 11

De leur côté , les brebis connaissent leur Pasteur, quand elles entendent Sa voix
elles la reconnaissent, elles Le suivent Jn 10, 3-5

Ce verbe connaître est synonyme de relations intimes. Adam a eu des relations intimes avec sa femme ce qui a donné naissance à Caïn.
Dans le cas d'Adam et Eve la connaissance est symbole de relations charnelles, les deux ne font plus qu' UN «  C'est pourquoi l'homme quittera son Père et sa mère et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. » Gen 2,24
De même, le croyant doit quitter le monde, l'esprit du monde, pour s'attacher à la Parole de Dieu, et les deux deviendront un seul. La connaissance de Dieu induit une relation fructueuse. C'est une union spirituelle dans laquelle on ne fait plus qu'un avec le créateur et cela n'est possible qu'à travers le Saint Esprit qui est le lien spirituel qui nous unit à Dieu . C'est ce que nous appelons « communion »
Concrètement, cela signifie qu’il faut s’attacher à ce que Dieu dit, et renoncer à sa propre  volonté. Cela passe par une soumission totale à la Parole de Dieu. La connaissance de Dieu passe par l’union à la Parole qui sort de la bouche de Dieu. Il convient de ne faire plus qu’un, avec la Parole de Dieu, en s’y soumettant dans l’obéissance. 
Pour cela, il convient d' adhérer à tout ce que Dieu dit, dans la soumission et l’obéissance.
Chaque fois que j’apprends ce que Dieu veut, je commence par me soumettre par l’acceptation, et ensuite seulement, je pourrai passer à la deuxième étape qui est l’obéissance.
La connaissance de Dieu suppose un effort, une recherche active de Sa volonté pour y adhérer. : « Connaissons, cherchons à connaître le Seigneur ; Sa venue est aussi certaine que celle de l'aurore, Il viendra pour nous comme la pluie du printemps qui arrose la terre « Os.6,3

Dans la vie de tous les jours, Dieu nous donne l'occasion de faire des choix, dans ce que
nous faisons, dans ce que nous disons, mais aussi dans la direction que nous devons prendre et dans la manière dont nous utilisons nos ressources.
Nous avons chaque jour l'occasion d'accepter ou de rejeter notre Dieu et Père. Être chrétien ne nous empêche pas de suivre notre propre volonté et de nous écarter de celle du Père et donc de passer à côté de tout ce qu'Il a préparé pour nous !
La connaissance de Dieu est un moyen de nous accorder à la volonté de Dieu, de choisir ce qu'il y a de meilleur, c'est à dire Sa volonté.

Dans la Bible, la connaissance est synonyme d'intimité , c'est une relation étroite avec ce Dieu qui veut notre bonheur, elle engendre des fruits, ces fruits de l'Esprit dont parle St Paul dans la Lettre aux Galates : « Le fruit de l'Esprit, au contraire, c'est la charité, la joie, la paix, la patience, la mansuétude, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance. Contre de pareils fruits, il n'y a pas de loi. Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises. (Galates 5)
SUIVRE :Être à Jésus Christ suppose qu'on Le regarde, qu'on Le suive , autre verbe de cette petite péricope ! SUIVRE Jésus qu'est-ce que cela veut dire concrètement dans notre vie de tous les jours ?

Suivre Jésus, c'est Le regarder vivre et l'imiter. Il est un petit livre dont on ne parle guère aujourd'hui qui donne les clefs de la « sequela Christi » (suite du Christ) il s'agit de « l'Imitation de Jésus Christ ». Parmi d'autres cadeaux, mes parents me l'avait offert pour mes vingt ans ! ( Ce petit livre est le plus imprimé au monde.Son titre vient de sa première phrase « Celui qui me suit, ne marche pas dans les ténèbres dit Jésus » Paroles par lesquelles Jésus nous invite à imiter Sa conduite et Sa vie si nous voulons vraiment être éclairés et délivrés de tout aveuglement du cœur.)
La sequela Christi, c'est marcher à la suite du Christ, mettre nos pas dans Ses pas, fixer sur Lui notre regard, Le prendre pour modèle, agir, aimer, comme Jésus.
Pendant bien longtemps cette expression a été réservée à ceux, religieux(ses) prêtres qui
s'engageaient pour un ministère d’Église, or, SUIVRE Jésus est un appel pour toute personne de bonne volonté, qui veut faire entrer dans Sa vie les paroles évangéliques. Comme Jésus est la PAROLE du Père faite chair, de même devons-nous devenir PAROLE DE DIEU par nos actes et nos paroles. C'est une grâce à demander, c'est l'appel discret qui nous est fait aujourd'hui dans cet évangile, et, encore une fois, pas aux seuls appelés à une vocation spécifique, mais à toutes les brebis du troupeau que nous sommes !« Mes brebis écoutent ma voix ;moi, je les connais,et elles me suivent. Ce sont bien TOUTES les brebis qui sont appelées à suivre Jésus ! Et celles qui suivent Jésus sérieusement,non en se faisant tirer l'oreille, ou en flemmardant , mais celles qui vont joyeuses et se délectent de Sa Parole, de Son Pain, de Sa Présence ! « Le Portier Lui ouvre (au Pasteur Jésus) et les brebis écoutent Sa voix. Ses brebis à Lui, Il les appelle chacune par son nom, et Il les fait sortir. Quand il a conduit dehors TOUTES Ses brebis, Il marche à leur tête, et ELLES LE SUIVENT, car ELLES CONNAISSENT SA voix. Jamais elles ne suivront un inconnu... » Hélas, c'est trop souvent que nous suivons un ou des inconnus, lesquels s'appellent : plaisir effréné, argent malhonnête, sexualité débridée, stupéfiants etc ...Alors que suivre Jésus, nous ouvre des perspectives infinies, éternelles :. « Je leur donne la vie éternelle :jamais elles ne périront,et personne ne les arrachera de ma main.N'est-ce pas ce qu'écrit Saint Paul dans la Lettre aux romains, 8,38 « J'en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l'avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur. (Rom 8) En effet  Mon Père, qui me les a données,est plus grand que tout,et personne ne peut les arracher de la main du Père.Le Père et moi,nous sommes UN. » rien ne peut nous séparer de l'Amour de Dieu,hormis le péché délibéré, choisi, avec toutes les conditions que décline la doctrine de l’Église pour qu'il y ait péché avéré , à savoir : il y a trois éléments dont il faut prendre en compte : le premier, c’est que le fait soit en lui-même grave objectivement. Par exemple, le fait de tuer ou de renier sa foi. Mais, précise le Catéchisme de l’Église Catholique, un meurtre est encore plus grave qu’un vol. En fait, et c’est le deuxième élément, la gravité du péché sera aussi liée au fait qu’il ait été commis librement et sans circonstances atténuantes. Par exemple, la légitime défense consiste à tuer quelqu’un, mais c’est pour se défendre. Un accident de la route ne relève pas nécessairement de ma responsabilité. Enfin, troisième élément, il y a gravité si le péché est commis en toute connaissance de cause. Le seul problème, c’est que notre ignorance peut être aussi pécheresse, s’il se trouve que nous ne faisons rien pour former notre conscience. (P. Sagadou assomptionniste)

TOUS APPELES, tous brebis aimées, chéries par Jésus, mais chacun à sa juste place, Jésus veut avoir besoin, aujourd'hui comme hier de brebis qui acceptent de servir les autres , il est donc important de prier pour que des frères, des sœurs écoutent et entendent le « suis-Moi » du Maître Jésus . En ce jour, et chaque fois que l'Esprit Saint nous le souffle prions pour demander de vraies, de solides vocations pour l'annonce de la Bonne Nouvelle :




Prière pour les vocations

O Dieu Père, regarde avec amour ton peuple
qui te prie humblement
pour obtenir de toi de nombreuses vocations.
Toi qui t’es toujours montré fidèle à l’alliance avec ton peuple,
réveille au sein de nos communautés paroissiales
les dons de l’Espérance et de la générosité.
Toi qui nous as manifesté ton amour en nous donnant ton Fils,
fais que beaucoup d’hommes et de femmes de nos familles, osent s’engager
sur le chemin de la vie sacerdotale ou consacrée.
O Père, Toi qui es toujours à l’œuvre avec ton Fils,
donne à plus de jeunes, par l’Esprit Saint, la lumière
pour discerner leur véritable vocation et la force de s’y engager.
Amen

Soyons attentifs, Le Seigneur peut nous appeler à n'importe quel âge, dans n'importe quelle situation,au moment où nous ne nous y attendons pas, soyons prêts comme le fut St Paul sur le chemin de Damas. Relisons la première lecture de ce vendredi ! Nous sommes aimés, Le Seigneur ne rejette personne !
L'Ermite

vendredi 3 mai 2019

QUI VIENDRA MANGER ?


TROISIEME DIMANCHE

DE PÂQUES

(Jn 21, 1-14)
En ce temps-là,Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre,avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),Nathanaël, de Cana de Galilée,les fils de Zébédée,et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit :« Je m’en vais à la pêche. »Ils lui répondent :« Nous aussi, nous allons avec toi. »Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.
La scène de la troisième et dernière manifestation de Jésus à ses disciples qui clôt l’Évangile de St Jean se situe après Pâques, au bord de la Mer de Galilée. Les disciples ont repris leur premier travail, la pêche. Ils sont sept, chiffre parfait, chiffre de la rencontre du divin et de l’humain. Ils passent la nuit à jeter leurs filets mais ne prennent rien. Jésus se tient au bord du rivage : il ne se fait pas reconnaître. Pourtant Il n’en est pas à sa première rencontre avec eux après sa résurrection. Seulement, Il veut les faire aller plus loin dans leur foi : comment ?
Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage,mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.
Ne trouvez vous pas surprenante cette remarque ? Comment se fait-il que les disciples qui ont partagé pendant trois années le quotidien de Jésus ne Le reconnaissent pas en cet instant ? Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que cela arrive ! Lors de l'apparition à Marie Madeleine, Jésus prononcera le nom de « Marie » pour que celle-ci tombe à ses pieds . : « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai le reprendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » Elle se tourne vers lui et lui dit : « Rabbouni ! » ce qui veut dire : « Maître » dans la langue des Juifs. (Jean 20)
Quand Jésus rejoint les disciples leur ahurissement est si profond que Jésus leur précise , voyez mes mains ... , « Les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, il se tint au milieu d'eux et il leur dit: " La paix soit avec vous. " Tout en parlant, il leur montra ses mains et son côté. En voyant le Seigneur, les disciples furent tout à la joie. (Jean 20)
Quant aux disciples d'Emmaüs, il faudra la Fraction du pain pour que se dessillent leurs yeux !  « Or, quand il se fut mis à table avec eux, il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux furent ouverts et ils le reconnurent, puis il leur devint invisible. Et ils se dirent l'un à l'autre: " Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu'il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Écritures (Luc 24)
Chaque fois Jésus se fait reconnaître par des gestes et des paroles de l'intimité qui est la sienne avec Ses disciples .C'est Jésus, mais Jésus transfiguré ! Sans doute, Celui qui s'est manifesté sur le Tabor lors de la transfiguration, prémices de la Résurrection.C'est le même Jésus, mais l'humanité s'est estompée pour donner place au Christ glorieux. Pierre, Jacques et Jean ont eu le privilège de Le voir dans Sa Gloire cachée, mais présente, mais la surprise est telle qu'ils ont besoin de signes réels et indubitables pour adhérer à cette Présence , à la fois, ancienne et nouvelle.Et c'est avec tendresse, avec Son cœur que Jésus s'adresse à eux :
:« Les enfants,auriez-vous quelque chose à manger ? » Les enfants ! Jésus n'hésite pas à manifester cette relation filiale qu'Il a établie entre Ses disciples et Lui. Il leur révèle, s'il en est encore besoin, qu'Il les aime comme un frère, comme un Père, puisqu’il ne fait qu' UN avec le Père ! Et c'est ainsi qu'Il nous aime également ! Si Jésus nous fustige parfois, Il le fait comme un Père avec Ses enfants ! Jésus veut nous faire grandir dans l'Esprit ! Jésus nous veut à l'image de Dieu, n'est-ce pas ainsi que nous pense le Créateur ! Et que répondent les disciples ? « Non. » Ils sont déçus et ne peuvent partager avec celui qui, en cet instant reste un étranger. Ils n'ont rien pris ! Mais Jésus , comme toujours, comme Il Le fait avec nous, se révèle peu à peu , Il attend que leurs yeux s'ouvrent et Il leur en donne les moyens ! « Tout vient de toi, ô Père très bon : Nous t'offrons les merveilles de ton amour » chantons-nous dans nos liturgies. En effet, tout absolument tout, nous est donné ! Souvent nous nous attribuons nos apparentes réussites, nous oublions que sans Jésus nous ne pouvons rien faire !  « Sans moi vous ne pouvez rien faire »Jn 15, 5 Et Pierre avec ses frères, vient d'en faire l'amère expérience : ils n'ont RIEN PRIS !
Jésus leur dit ::« Jetez le filet à droite de la barque,et vous trouverez. »Ils jetèrent donc le filet,et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer,tellement il y avait de poissons. Faut-il voir dans ce détail «  à droite » un lien avec la blessure de Jésus également à droite, d'où sort le sang et l'eau signifiant l'abondance de l'amour de Jésus pour l'humanité à qui Il donne TOUT absolument TOUT ? Est-ce un rappel de la pêche miraculeuse , pour se faire reconnaître, où Jésus dit à Pierre «N'aie pas peur, désormais tu seras pêcheur d'hommes.» En tout cas cette abondance n'échappe pas à Jean, qui reconnaît ici la signature du Seigneur :Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre :« C’est le Seigneur ! » En voyant le tombeau vide et les linges abandonnés il est dit que Jean vit et Il crut , sa réaction ici, est du même ordre. Jean voit l'abondance et n'hésite pas.Quand Simon Pierre entendit que c’était le Seigneur,il passa un vêtement,car il n’avait rien sur lui,et il se jeta à l’eau. A cette annonce, Pierre le fougueux, Pierre le renégat, Pierre qui a couru au tombeau, Pierre le poltron aussi, lui qui n'a jamais cessé d'aimer le Maître malgré tout, Pierre n'hésite pas, n'hésite plus , il se jette à l'eau pour rejoindre au plus vite Celui qu'il aime ! Pour Le voir ! Pour Lui parler ! Il abandonne tout ! Peu lui importe la merveilleuse pêche, c'est le Seigneur qui compte, et Lui seul !Et moi, et chacun de nous, quand nous reconnaissons les signes de l'action de Dieu dans nos vies, prenons-nous le risque de l'amour ? Celui de tout quitter, tout abandonner pour accomplir ce que nous comprenons ?
Plus réalistes, ou moins détachés les autres veulent sauver la prise :.Les autres disciples arrivèrent en barque,traînant le filet plein de poissons ;la terre n’était qu’à une centaine de mètres .Que voient-ils alors ?
Une fois descendus à terre,ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus,et du pain.Nouvelle surprise : en s'approchant, ils découvrent que Jésus a déjà du poisson alors, pourquoi cette demande ? Pour deux raisons peut-être ! Jésus montre qu'Il nous précède toujours mais aussi, qu'Il réclame notre participation ! Jésus ne fait rien sans nous ! Jésus veut avoir besoin de nous, de chacun de nous ! Et, je crois l'avoir déjà souligné, c'est la grâce des grâces que d'être appelés à participer à l’œuvre de Dieu. Jésus nous prend au sérieux, Il ne fait rien sans nous : Jésus leur dit :« Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons :y en avait cent cinquante-trois.Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.. Je vous invite à chercher sur Internet, le sens donné à ces 153 poissons , je retiens, pour notre méditation la présentation qu'en faisait Benoît XVI à l'ouverture de son pontificat « Aujourd’hui encore, l’Église et les successeurs des Apôtres sont invités à prendre le large sur l’océan de l’histoire et à jeter les filets, pour conquérir les hommes au Christ - à Dieu, au Christ, à la vraie vie. Les Pères ont aussi dédié un commentaire très particulier à cette tâche singulière. Ils disent ceci: pour le poisson, créé pour l’eau, être sorti de l’eau entraîne la mort. Il est soustrait à son élément vital pour servir de nourriture à l’homme. Mais dans la mission du pêcheur d’hommes, c’est le contraire qui survient. Nous, les hommes, nous vivons aliénés, dans les eaux salées de la souffrance et de la mort; dans un océan d’obscurité, sans lumière. Le filet de l’Évangile nous tire hors des eaux de la mort et nous introduit dans la splendeur de la lumière de Dieu, dans la vraie vie. Il en va ainsi : dans la mission de pêcheur d’hommes, à la suite du Christ, il faut tirer les hommes hors de l’océan salé de toutes les aliénations vers la terre de la vie, vers la lumière de Dieu. Il en va ainsi : nous existons pour montrer Dieu aux hommes. »Homélie du pape Benoît XVI, Messe inaugurale du Pontificat,Place Saint Pierre, 
Jésus leur dit alors :« Venez manger. » Nous retrouvons ici,le Jésus débordant d'humanité , d'attention aussi pour ses disciples fatigués par ces deux pêches consécutives, l'une infructueuse , l'autre surprenante grâce à l'intervention de Jésus ! « Venez manger » Comment ne pas avoir présent à l'esprit, ce dernier Repas de la Cène, où Jésus s'est mis à genoux devant chacun pour leur laver les pieds ? Moment chaleureux s'il en est un, mais aussi, douloureux, car l'ombre de la trahison plane sur le groupe, et chacun s'interroge ! Chacun prend conscience de sa pauvreté, de sa potentialité à être « celui-là » d'où cette question ; « serait-ce moi ? » car chacun de nous est capable de trahir, de renier, de fuir … ici :Aucun des disciples n’osait lui demander :« Qui es-tu ? »Ils savaient que c’était le Seigneur.Jésus s’approche ;il prend le pain et le leur donne ;et de même pour le poisson. Ce geste, ils le connaissent, ils n'ont pas besoin de parole, ils adhèrent pleinement , et nous ?
C'est ce même disciple qui rend témoignage de ces choses et qui les a écrites; et nous savons que son témoignage est vrai.
Jésus a fait encore beaucoup d'autres choses; si on les rapportait en détail, je ne pense pas que le monde entier pût contenir les livres qu'il faudrait écrire. (Jean 21)
Ainsi se termine l’Évangile selon St Jean !
C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.
« Il est digne, l’Agneau immolé,
de recevoir puissance et richesse,
    sagesse et force,
honneur, gloire et louange. »


Je t’exalte, Seigneur,
tu m’a relevé.
(Ps 29, 2a)
Quand j’ai crié vers toi, Seigneur,
mon Dieu, tu m’as guéri ;
Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme
et revivre quand je descendais à la fosse.
Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Sa colère ne dure qu’un instant,
sa bonté, toute la vie.
Avec le soir, viennent les larmes,
mais au matin, les cris de joie !
Tu as changé mon deuil en une danse,
mes habits funèbres en parure de joie !
Que mon cœur ne se taise pas,
qu’il soit en fête pour toi ;
et que sans fin, Seigneur, mon Dieu,
je te rende grâce !




l'Ermite