vendredi 14 décembre 2018

BONNE NOUVELLE ! PROCHE EST LE SEIGNEUR !

TROISIÈME DIMANCHE DE L'AVENT

(Lc 3, 10-18)


Pousse des cris de joie, fille de Sion !
Éclate en ovations, Israël !Réjouis-toi, de tout ton cœur bondis de joie,
fille de Jérusalem !


« Ne crains pas, Sion !
Ne laisse pas tes mains défaillir !
    Le Seigneur ton Dieu est en toi,
c’est lui, le héros qui apporte le salut.
Il aura en toi sa joie et son allégresse,
il te renouvellera par son amour ;
il exultera pour toi et se réjouira,
    comme aux jours de fête. »
(So 3, 14-18a)


 soyez toujours dans la joie du Seigneur ;je le redis : soyez dans la joie.
    Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes.
Le Seigneur est proche.
    Ne soyez inquiets de rien,
mais, en toute circonstance,
priez et suppliez, tout en rendant grâce,
pour faire connaître à Dieu vos demandes.
    Et la paix de Dieu,
qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir,
gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.
(Ph 4, 4-7)


Nous serions, sourds et obtus si nous n'entendions pas le message et l'invitation des deux premières lectures de ce dimanche d'où ce dimanche tire d'ailleurs son nom, à savoir : le dimanche de GAUDETE ou dimanche de la JOIE, que l’Église, partout où c'est possible, symbolise par des vêtements liturgiques de couleur rose qui expriment cette JOIE !
Environ 700 ans avant Jésus Sophonie invite le Peuple à se réjouir parce que Dieu va renouveler son peuple par Son amour et Lui-même , Dieu, se réjouira , il exultera au sein de ce peuple qui marche vers son accomplissement ! Accomplissement qui se réalisera en Jésus le Sauveur le moment venu et c'est de cela qu'il est question à Noël ! Dieu, en Jésus, vient révéler Son amour , Il vient nous apprendre à marcher sur la voie de la sainteté, source de joie et de paix !
Quant à Saint Paul il nous invite également à nous réjouir, à nous établir dans la joie, car le Seigneur est proche, il nous demande de nous abandonner sans omettre de prier, supplier et de rendre grâce pour en recevoir la paix qui dépasse tout ce que nos esprits peuvent concevoir !
Oui, Jésus est Celui qui apporte la paix sur la terre mais à certaines conditions c'est ce qui conduit les foules en attente qui viennent demander le baptême de Jean – Baptiste à l'interroger :« Que devons-nous faire ? » Et nous, aujourd'hui, avons-nous ce souci de demander à l’Église, de demander, au Seigneur, dans une prière sincère : que dois-je faire pour mieux vivre Ta Parole ? Peut-être, dans cette dernière étape qui nous prépare à Noël pourrions-nous , si nous recevons un livret qui nous offre les liturgies quotidiennes, lire les textes du jour et nous poser sérieusement la question de notre de l'adéquation de notre vie avec cette Parole vivante et vraie ! Aurons-nous le courage ?


Jean leur répondait :« Celui qui a deux vêtements,qu’il partage avec celui qui n’en a pas ;et celui qui a de quoi manger,qu’il fasse de même ! » C'est clair n'est-ce pas ? Savons-nous au début de chaque saison faire un tri dans nos armoires ? N'y a-t-il pas tel ou tel vêtement que nous n'utilisons guère, voire pas du tout, et qui rendrait service à des frères nécessiteux ? Le Seigneur, parce qu'Il nous aime, nous demande par la voix de Jean, de nous délester de tout ce qui appartient à nos frères ! Car oui, ce que je n'utilise pas, appartient à mon frère et peut-être que le paquet que je déposerai discrètement devant sa porte lui permettra de se protéger du froid cet hiver. Cela aussi il convient d'apprendre à le faire, donner joyeusement , en toute discrétion, sans attendre un merci ! N'est-ce pas ainsi que le Seigneur agit à notre égard ?


Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts)  vinrent aussi pour être baptisés ;ils lui dirent :« Maître, que devons-nous faire ? » Il leur répondit :« N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. » L'injustice sociale ne devrait-elle pas nous empêcher de dormir ? Est-il normal que certains gaspillent , fassent bombance, quand d'autres n'arrivent pas à «  joindre les deux bouts ? » Certes cela ne justifie aucunement la violence . Quant à nous osons le geste qui donnera le sourire à ceux qui sont vraiment dans le besoin ! Soyons justes avec nos frères ! N'exigeons pas ce qu'ils ne sont pas en mesure de fournir y compris dans le travail ! Permettons-leur d'être bien en eux-mêmes et tout naturellement le rendement augmentera . Ne soyons pas de ceux qui écrasent leurs semblables en demandant encore et encore jusqu'à épuisement !J'ai connu, dans mon enfance , une cadre supérieur , qui exigeait de son employée de maison , qu'elle retire le gel qui stagnait sur les feuilles de ses lauriers d'Espagne, il s'agissait d'une haie qui longeait son parc ! Avons-nous le droit d'exiger semblable service ?Il est bon de réfléchir à la lumière de l’Évangile, à la façon dont nous nous comportons avec nos subordonnés, avec les ouvriers qui interviennent chez nous, avec notre conjoint, nos enfants ...


Des soldats lui demandèrent à leur tour :« Et nous, que devons-nous faire ? »Il leur répondit :« Ne faites violence à personne,n’accusez personne à tort ;et contentez-vous de votre solde. » Reconnaissons qu'il n'y a pas que les soldats qui agissent
violemment ! Comment ne pas déplorer les violences contre les camarades dès la petite enfance, violences verbales, violences par le racket, violences physiques de toutes sortes, sévices. Ce n'est pas facile, mais les familles ont une grande responsabilité ! Est-il normal qu'un certain militantisme jette dans la rue des jeunes qui devraient être en cours ? La violence éclate partout aujourd'hui , à tous les niveaux, l'appel de Jean le Baptiste sera-t-il entendu ? Sera-t-il communiqué ? Chrétiens, prendrons-nous les moyens d'instaurer la paix là où nous vivons. Je me souviens de ce saint prêtre, émule du St Curé d'Ars ( il était lui-même curé à Ars) , il avait une organiste au caractère extrêmement difficile, pour sauvegarder la paix, il prenait à ce point sur lui qu'il en faisait des crises de foie à répétition ! Ne pas accuser à tort, voilà un autre point d'attention, nous avons très vite fait de déformer, de supposer, d'imaginer, de détruire une réputation , n'oublions pas qu'il en reste toujours quelque chose, il y a des paroles qui tuent , l’Écriture Sainte ne manque pas de le souligner !Tu n'aimes que les mots qui tuent ta langue est pleine d'imposture Ps 52
Or le peuple était en attente, et nous sommes nous en attente ? Qu'attendons-nous ? QUI attendons-nous ? Des invités pour effectuer un super réveillon ou bien attendons-nous Jésus le Sauveur qui vient nous apprendre la fraternité ? Le réveillon, les retrouvailles familiales ne sont pas interdites mais elles sont insuffisantes si Jésus est exclu de nos vies ! Comment manifestons-nous notre attente ? Notre désir ? Pourquoi ne lirions nous pas, comme c'est suggéré plus haut) quotidiennement les textes de la liturgie pour nourrir notre attente, peut-être aussi pour la remettre en question et nous remettre en question quant à la manière dont nous préparons cette fête où Jésus vient nous renouveler ?
et tous se demandaient en eux-mêmes  si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous :« Moi, je vous baptise avec de l’eau ;mais il vient, celui qui est plus fort que moi.Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales.Lui vous
baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé,et il amassera le grain dans son grenier ;quant à la paille,il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »Par beaucoup d’autres exhortations encore,il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.
Jean a, lui aussi, une oreille qui traîne, il entend les questionnements directs ou indirects de ceux qui s'adressent à lui, il prend les devants pour les éclairer honnêtement ! Ce qu'annonce Jean le Baptiste est une approche , une préparation, une invitation à ouvrir les yeux et surtout les cœurs pour Le reconnaître et adhérer le moment venu .Non, affirme Jean, je ne suis pas le Messie attendu depuis des siècles Moi, je baptise dans l'eau mais Celui qui est plus fort que moi , lui vous baptisera dans l'Esprit ! A ce stade, les paroles du Baptiste doivent être rudement obscures pour ceux qui l'écoutent ne les plonge-t-il pas en plein mystère ? Certes, ceux qui ont lu le Prophète Joël savent que Dieu répandra son Esprit sur toute chair quand viendra le Messie Après cela, je répandrai mon esprit sur toute chair; Vos fils et vos filles prophétiseront, Vos vieillards auront des songes, Et vos jeunes gens des visions. Même sur les serviteurs et sur les servantes, Dans ces jours-là, je répandrai mon esprit.… Joël 2, 28 

 Mais qui est l'Esprit ? C'est Jésus qui, à Son Heure, Le fera connaître . Jean sait qu'il n'est que le Précurseur, il a assez d'humilité, de vérité pour rester à sa place de serviteur de la « Parole qu'est Jésus », il reconnaît sa propre indignité, puisqu'il affirme ne pas être digne de défaire les courroies de Ses sandales donc de s'agenouiller devant Celui qui vient ! Mais pour lui c'est une joie, un don de Dieu ! Sommes-nous, comme Jean le Baptiste, heureux et fiers d'être les serviteurs de la Parole ? Sommes-nous heureux et fiers de nous tenir en Sa Présence ? Sommes-nous heureux et fiers de lui appartenir ? Sommes-nous heureux et fiers de L'annoncer, de témoigner de ce qu'Il nous apporte ?
« La pelle à vanner pour nettoyer l'aire de blé », ce verset nous est moins familier, plus difficile à comprendre mais les contemporains de Jean Baptiste savent de quoi il est question, ils savent qu'il s'agit d'une Bonne Nouvelle, car ce tri ne supprimera pas . Il ne s'agit pas ici de destruction mais de purification .« Ôte de l’argent les scories, et il en sortira un vase pour l’orfèvre » lisons-nous dans les Proverbes Et Isaïe inspiré fait dire à
Dieu :« Quand tu passeras par les eaux, je serai avec toi » (Es. 43 : 2). Dieu n'abandonne pas l'homme éprouvé, Il reste à ses côtés. L'épreuve étant utile, nécessaire même pour affiner notre être profond . Job l'a très bien compris « Il m'éprouve », dit Job, « je sortirai comme de l'or » (23 : 10) Quant au psalmiste il ne craint pas d'affirmer : Car, ô Dieu! tu nous as éprouvés, tu nous as affinés comme on affine l'argent... nous sommes entrés dans le feu et dans l'eau, et tu nous as fait sortir dans un lieu spacieux » (Ps. 66 : 8-12).
St Pierre à son tour donne du sens à nos épreuves, (1 P 1 : 7) ; c'est là que nous verrons dans la pleine lumière tous les motifs secrets de Celui qui nous y aura fait passer et nous aurons des sujets de bénir la sagesse d'un Père qui aura travaillé en vue de notre plus grand bien.
Voilà ce qui fait votre joie, même si, actuellement, il faut que vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves : celles-ci servent à éprouver la valeur de votre foi. Le feu du creuset n'éprouve-t-il pas l'or qui pourtant disparaîtra un jour ? Mais beaucoup plus précieuse que l'or périssable est la foi qui a résisté à l'épreuve. Elle vous vaudra louange, gloire et honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra. Jésus, vous ne l'avez pas vu, et pourtant vous l'aimez ; mais en plaçant votre confiance en lui sans le voir encore, vous êtes remplis d'une joie glorieuse qu'aucune parole ne saurait exprimer, car vous obtenez votre salut qui est le but de votre foi. P.1
La pelle à vanner est grandement utile, nécessaire pour faire le tri en séparent ce qui bon de ce qui alourdit nos vies ! Dieu nous affine, car Dieu nous veut resplendissant pour approcher le Saint des Saints , plus nous nous serons laissés purifier au feu de Son amour et plus nous exulterons de joie en Dieu notre Sauveur. Il vient Le Tout Puissant, dans ce Tout Petit, né dans une étable !

Que pourrions-nous retenir de la liturgie de ce jour ?
A l'approche de Noël nous sommes conviés :
    - à la joie, la joie d'un cœur réconcilié, d'un cœur qui bat au rythme de Jésus-Christ,
    - à l'abandon confiant, quelles que soient les apparences, Celui qui vient est messager de Paix (1ère lecture, psaume, 2ème lecture)
    - à l'action de grâce car le Père nous aime et nous envoie au milieu de nous son Fils unique (Psaume et 2ème lecture)
    - à la prière et à la bienveillance (2ème lecture)
    - au partage, à la justice (adéquation de nos vies avec la Parole de Dieu) la non violence , l'honnêteté et le respect du frère, la purification (le sacrement du Pardon est là pour nous aider) l'humilité ( je ne suis pas digne...) l'annonce de la Bonne Nouvelle ( (évangile)

Vaste programme, mais nous ne sommes pas seuls, Jean-Baptiste ouvre la route et Jésus vient nous aider au Nom du Père, dans l'Esprit Saint de Vérité !

C'est moi qui suis le rejeton et le fils de David, l'étoile brillante du matin. " Et l'Esprit et l’Épouse disent: " Venez! " Que celui qui entend dise aussi Venez! Que celui qui a soif, vienne! Que celui qui le désire, prenne de l'eau de la vie gratuitement! ...
Celui qui atteste ces choses, dit: " Oui, je viens bientôt. " Amen! Venez, Seigneur Jésus! (Ap 22)

L'Ermite

vendredi 7 décembre 2018

TOUT ETRE VIVANT VERRA LE SALUT DE DIEU !

DEUXIÈME DIMANCHE DE L'AVENT

(Lc 3, 1-6)
 
 
L’an quinze du règne de l’empereur Tibère,Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée,Hérode étant alors au pouvoir en Galilée,son frère Philippe dans le pays d’Iturée et
de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe..

Luc écrit son Évangile vers 54 (25 ans après l'Ascension), d'après des renseignements recueillis partout auprès de témoins oculaires (il courait déjà beaucoup d'écrits erronés sur la vie du Seigneur); cet Évangile semble destiné à des communautés composées surtout d'anciens païens, et montre comment Dieu visite son peuple par Jésus et vient lui manifester sa tendresse. Médecin né à Antioche, ayant aussi étudié en Grêce, disciple de Jean le Baptiste, Luc est peut être l'un des deux disciples d’Emmaüs.
Ami de Paul, qu'il a accompagné lors de son dernier voyage missionnaire et surtout dans sa captivité. Il s'est proposé de faire entrer le christianisme dans la littérature et dans l'histoire.
Ayant effectué une enquête serrée, en bon historien, il est allé aux sources. Lors de son séjour de deux ans en Palestine pendant la captivité de Paul à Césarée, il a été en relation avec Philippe. Pour juger de la manière dont il s'est comporté avec ses sources il faut le comparer au récit de Marc. L'auteur est un esprit fin, indépendant, respectueux, délicat, plein de tact. Il présente souvent Notre Seigneur dans l'intimité de son Père : l'évangile de Luc est l'évangile de la prière. Le plan reprend le même schéma que Matthieu et Marc avec cependant un plus grand développement des épisodes de l'enfance
Enfin, il nomme les autorités religieuses : les grands prêtres Anne et Caïphe. Il n’y avait jamais qu’un seul grand prêtre en exercice. Anne l’a été de l’an 6 à l’an 15 et son gendre Caïphe de l’an 18 à l’an 36 ; mais Anne exerçait une grande influence sur son gendre et c’est peut-être cela que Luc a voulu noter. Tous les deux, d’ailleurs, joueront un rôle dans le procès de Jésus (Jn 18, 13).(Ictus)
Ayant campé succinctement la situation politique et religieuse du moment Luc peut s'intéresser à présent à Jésus, car, s’il écrit, c'est pour témoigner.
Les flambées de nationalisme sont sévèrement réprimées, et les fils d’Israël, humiliés par l’occupant, ne peuvent mettre leur espérance qu’en Dieu. Des communautés presque monastiques, regroupant des hommes, des femmes et des jeunes se sont créées çà et là, non loin de la Mer Morte, et gardent les traditions ascétiques des Esséniens. C’est alors que « la Parole de Dieu fut sur Jean, fils de Zacharie, » dans le désert où l’Esprit Saint l’avait poussé. Jean invite ses frères à le rejoindre au désert pour retrouver la ferveur perdue et il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Jean se sent investi d'une mission « la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. »  , les foules viennent à lui pour se faire baptiser.
La naissance de Jésus est un événement dont Jean le Baptiste ,dans le secret, a été témoin.Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint-Esprit. (Luc 1). Cette expérience, que l'on peut dire mystique, lui confère une autorité qui lui permet de proclamer dans le désert « Préparez le chemin du Seigneur ! »
Il parcourut toute la région du Jourdain,en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés,comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète :Voix de celui qui crie dans le désert :Préparez le chemin du Seigneur, Nous trouvons en effet cet Oracle au chapitre 40 d'Isaïe :
« Une voix crie: Frayez dans le désert le chemin du Seigneur, aplanissez dans la steppe une route pour notre Dieu! Que toute vallée soit relevée, toute montagne et toute colline abaissées; que la hauteur devienne une plaine, et les roches escarpées un vallon! Alors la gloire du Seigneur apparaîtra, et toute chair, sans exception la verra; car la bouche du Seigneur a parlé. »
Jean le Baptiste appelle à la conversion, il a compris, par grâce, que « Celui qui vient » est le Saint de Dieu ! L'approcher suppose un préalable et ce préalable c'est la purification, c'est le retournement, c'est essayer de retrouver la beauté initiale que donne la pureté d'un être « tout neuf » d'un être entièrement « rénové, renouvelé » Jean le Baptiste comprend que pour accueillir Celui qui vient « il faut RE-NAÎTRE ». N'est-ce pas ce que Jésus Lui-même demandera à Nicodème ?
"En vérité, en vérité, je te le dis, nul, s'il ne naît de nouveau, ne peut voir le royaume de Dieu." Nicodème lui répliqua : « Comment est-il possible de naître quand on est déjà vieux ? Est-ce qu'on peut rentrer dans le sein de sa mère pour naître une seconde fois ? » Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair n'est que chair ; ce qui est né de l'Esprit est esprit. Ne sois pas étonné si je t'ai dit qu'il vous faut renaître. Le vent souffle où il veut : tu entends le bruit qu'il fait, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout (Jean 3)
L'appel à la conversion ici n'est pas Celui de Jésus mais il le prépare ! Et cet appel nous est adressé AU-JOUR-D'HUI ! 


Parler de conversion fait souvent peur, nous préférons jouer à l'autruche, pourtant quand le Prophète Baruch, ce contemporain de Jérémie, environ vers 500 avant Jésus, parle de conversion, il le fait en des termes de joie, de liberté, de fête ! Il a une opinion tout-à-fait festive de la conversion, écoutons-le :Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère,et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours,enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu,mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Éternel.Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel,car Dieu, pour toujours, te donnera ces noms :« Paix-de-la-justice »et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu ». Debout, Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur,et regarde vers l’orient :vois tes enfants rassemblés du couchant au levant par la parole du Dieu Saint ;ils se réjouissent parce que Dieu se souvient.Tu les avais vus partir à pied, emmenés par les ennemis,et Dieu te les ramène, portés en triomphe,comme sur un trône royal.Car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées,et que les vallées seraient comblées :ainsi la terre sera aplanie,afin qu’Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu.Sur l’ordre de Dieu, les forêts et les arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage ;car Dieu conduira Israël dans la joie,à la lumière de sa gloire,avec sa miséricorde et sa justice.Avons-nous repéré les termes qui manifestent que les premiers bénéficiaires de ce retournement ce sont ceux qui consentent , ceux qui entrent dans ce projet ambitieux de ce Dieu qui nous aime ?
- quitte ta robe de tristesse le péché alourdit, il paralyse, bloque , assombrit, le péché nous fait traîner notre vie comme un poids mort !
    - revêts la parure de la gloire de Dieu la grâce est cette parure, c'est la légèreté retrouvée par le pardon qu'apporte une relation renouvelée, renouée, par le
    sacrement du pardon que nous offre Jésus ! !
    - enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu ce manteau de justice c'est la sainteté , Dieu est vraiment ambitieux pour l'humanité, Il la désire sanctifiée, enveloppée de sainteté (justice et sainteté deux facettes d'une même réalité) celui qui est juste est ajusté au bon vouloir de Dieu, il est saint !
- mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Éternel.Dieu , le diadème est une parure royale, Dieu fait de nous des rois par le baptême, qu'avons-nous fait de notre état baptismal qui fait de nous des prêtres, prophètes et rois !
- tes enfants rassemblés du couchant au levant par la parole du Dieu Saint ;ils se réjouissent parce que Dieu se souvient.Tu les avais vus partir à pied, emmenés par les ennemis,et Dieu te les ramène, portés en triomphe, oui,c'est le triomphe de l'amour, de la grâce sur le péché, du bien sur le mal, on peut alors éclater de joie, danser, se réjouir, car on retrouve la vraie liberté qui fait de nous des fils et des frères !

D'ailleurs Jésus ne dira pas autrement : « quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage, (Matthieu 6) montre que tu es heureux !

En des termes propres à chacun, Baruch et Jean le Baptiste donnent la méthode pour obtenir la vraie joie, la cultiver et la conserver , j'ose dire, jalousement ; quant à soi, pour son bonheur personnel, mais, pas sans le souci de la partager avec ceux qui cherchent un sens à leur vie, pour leur vie, en témoignant auprès d'eux de la richesse d'une telle » culture » ! Cela ne se réalise pas sans combat, c'est le sens profond de ce qui suit, chez le Prophète Baruch comme chez Jean le Baptiste, l'un et l'autre tiennent le même langage, affichent les mêmes exigences. Si la joie, est un fruit de l'Esprit nous dira plus tard St Paul,dans la Lettre aux Galates, ce fruit naît dans un cœur bien ajusté aux vouloirs du Seigneur.Le fruit est le résultat, bon ou mauvais d'un travail, d'un engagement.. La joie naît dans un cœur quand celui-ci est ajusté à l'amour exigeant du Père qui ne veut que notre bonheur. « Déjà même, la hache est prête à attaquer la racine des arbres; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu. "Les foules demandaient à Jean: " Que nous faut-il donc faire ? " (Luc 3) en réponse le précurseur donnera des exemples concrets , ici à l'instar de son aîné, le langage reste symbolique pour permettre à chacun, de discerner dans sa vie personnelle, ce qui est montagne, ravin passages tortueux etc ….

les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées // toute montagne et toute colline seront abaissées , montagnes de notre orgueil,de nos mépris de l'autre, de nos prétentions.de nos injustices, de nos incohérences..
et que les vallées seraient comblées :// Tout ravin sera comblé,il s'agit des distances que nous établissons, créons, entre les autres et nous .de nos attitudes de supériorités déplacées, de nos arrogances... Je pense à cette personne à qui je suggérais d 'en rencontrer une autre et qui me rapportait la remarque de cette dernière à son adresse : » ô nous ne sommes pas du même monde » cette personne s'estimant supérieure !
ainsi la terre sera aplanie afin qu’Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu.//
rendez droits ses sentiers;les passages tortueux deviendront droits,les chemins rocailleux seront aplanis. Aplanir la route c'est la rendre accessible et praticable, par un oui, ou un non franc, le refus de toute forme d'hypocrisie, de mensonge,  de simulation et de dissimulation, de fausseté et leurs servantes …
Si durant cet Avent, pour accueillir Jésus le TOUT AUTRE qui se rend si proche en épousant notre pauvreté, si nous prenons le temps de reconnaître nos montagnes, nos ravins, nos sentiers tortueux et rocailleux alors la joie naîtra en nous et se communiquera à notre insu le plus souvent, à ceux que nous rencontrerons :
Sur l’ordre de Dieu, les forêts et les arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage ;car Dieu conduira Israël dans la joie,à la lumière de sa gloire,avec sa miséricorde et sa justice // et tout être vivant verra le salut de Dieu Nous verrons, nous accueillerons et communiquerons le salut de Dieu à nos frères en quête de sens !Quand Jésus vient, Il apporte le Salut, mais faut-il encore qu'Il trouve des cœurs ouverts ! Ne dira-t-Il pas plus tard : «  Et Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tardera-t-il à leur égard? Je vous le dis, il leur fera promptement justice. Mais, quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? Luc 18 »
En cette période de trouble, de violence, de surdité dans tous les camps, dans notre Pays, il n'est pas inutile de se poser la question !
Nous qui avons la grâce de la foi, qui croyons vraiment en ce Germe promis, quelles que soient les apparences  :En ces jours-là, en ce temps-là, je ferai naître chez David un Germe de justice, et il exercera dans le pays le droit et la justice. En ces jours-là, Juda sera délivré, Jérusalem habitera en sécurité, et voici le nom qu'on lui donnera : « Le-Seigneur-est-notre-justice ». (Jérémie 33) gardons l'espérance de ces lendemains meilleurs et
réjouissons-nous de ce que le Seigneur qui vient, veut faire en nous, autour de nous mais pas sans nous !
Ah oui, Quelles merveilles le Seigneur fit (fait) pour nous : nous étions (sommes) en
grande fête ! Ps 125 pourrons - nous chanter du fond du cœur au terme de cet Avent pour rendre grâce de LA MERVEILLE qui est offerte à notre adoration que Saint Grégoire de Nazianze n'a pas de mot pour la présenter tellement il est retourné :


Le Verbe de Dieu qui est éternel, invisible, incompréhensible, incorporel, principe né du principe, lumière née de la lumière, source de la vie et de l'immortalité, empreinte fidèle du premier modèle, marque ineffaçable, ressemblance identique du Père, intention et pensée de celui-ci, progresse vers son image. Il prend chair pour sauver la chair, il s'unit à une âme raisonnable pour sauver mon âme ; il veut purifier le semblable par le semblable et il devient totalement homme, sauf en ce qui concerne le péché.

Il est conçu par la Vierge, préalablement purifiée par le Saint-Esprit dans son âme et dans sa chair, car, s'il fallait honorer la génération, il fallait honorer davantage la virginité. Il se présente comme Dieu incarné, formant un seul être de deux principes opposés, la chair et l'esprit. L'esprit donnait la divinité, la chair était divinisée. ~

Lui qui enrichit les autres s'appauvrit, car il adopte la pauvreté de ma chair pour que moi je m'enrichisse de sa divinité. Lui qui est plénitude s'anéantit, il se dépouille de sa propre gloire pour un peu de temps, afin que moi, je participe à sa plénitude.

Quel trésor de bonté ! Quel grand mystère en ma faveur ! J'ai reçu l'image, et je ne l'ai pas gardée. Le Verbe a participé à ma chair afin de sauver l'image et de rendre la chair immortelle ! Il s'unit à nous par une deuxième union, beaucoup plus étonnante que la première. ~

Il fallait que l'homme soit sanctifié par un Dieu devenu homme ; après avoir terrassé notre tyran, il nous délivrerait et nous ramènerait vers lui, par la médiation du Fils, pour l'honneur du Père. C'est ainsi que le Fils se montre obéissant en toutes choses envers lui, pour accomplir son plan de salut. ~

Ce bon Pasteur est venu rechercher la brebis égarée, en
donnant sa vie pour ses brebis sur les montagnes et les collines où tu offrais des sacrifices. Il a retrouvé celle qui était égarée, il l'a chargée sur ces épaules qui ont porté aussi le bois de la croix et, après l'avoir saisie, il l'a ramenée à la vie d'en haut. ~

Cette lumière éclatante du Verbe est précédée par la lampe qui brûle et qui éclaire ; la Parole, par la voix qui crie dans le désert ; l'Époux, par l'ami de l'Époux, celui qui prépare pour le Seigneur un peuple choisi en le purifiant dans l'eau en vue de l'Esprit. ~

Il nous a fallu un Dieu qui s'incarne et qui meure pour que nous vivions. Nous sommes morts avec lui pour être purifiés ; morts avec lui, nous sommes ressuscités avec lui ; ressuscités avec lui, avec lui nous sommes glorifiés.



J’en suis persuadé,
celui qui a commencé en vous un si beau travail
le continuera jusqu’à son achèvement
au jour où viendra le Christ Jésus.
&
Dans ma prière,
je demande que votre amour
vous fasse progresser de plus en plus
dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance
    pour discerner ce qui est important.
Ainsi, serez-vous purs et irréprochables
pour le jour du Christ,
    comblés du fruit de la justice
qui s’obtient par Jésus Christ,
pour la gloire et la louange de Dieu
Phil 1


L'Ermite