vendredi 12 janvier 2018

SAMUEL ! SAMUEL ! CLOTILDE ! ERIC !

DEUXIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE B


Jn 1, 35 _42
 


« Samuel ! Samuel ! Clotilde  ! Eric ! «  tendons l'oreille de notre cœur nous entendrons la voix du Seigneur qui nous appelle, AUJOURD'HUI, pour le service de l'Amour ! Avec Le Père, avec Jésus, il s'agit toujours d'Amour ! Pas d'un amour fade , à la guimauve, mais d'un amour fort, puissant, décapant, désintéressé, qui met l'humain DEBOUT, en situation de marche et de combat pour que s'étende Son règne d'Amour, de justice et de paix ! 
 
Êtes-vous sûr de ne jamais avoir entendu l'appel pour balayer votre église,  la salle paroissiale, Monsieur le Curé étant appelé au chevet d'un malade ou ailleurs ? Pour vous occuper des servants d'autel ? Participer à une équipe de liturgie, réparer , visiter, soutenir celle, celui qui flanche, tendez l'oreille … peut-être que cette même voix vous dérange plusieurs fois dans la nuit comme elle le fit pour Samuel, dans la journée, par l'interpellation d'un tiers, messager du Seigneur, comme dans l'évangile qui suit; en plein travail de bureau, manuel ou autre, dans la prière et vous vous relevez tout tremblant(e) !

 Oui chers amis le Seigneur ne cesse de nous appeler, de nous inviter, la moisson est abondante, elle est prête, sans ouvrier elle va se corrompre. Accepterons-nous AUJOURD 'HUI de mettre nos mains, notre cœur, et pourquoi pas notre vie au service de l'AMOUR ! Il y a tellement de façons de servir notre Dieu ! Il y a de la place pour tous, selon les dons reçus, car tout nous est donné tout est accueilli ! Ouvrons l'oreille de notre cœur : «  François ! Samuel ! Thérèse ! Dominique ! 
 
"PARLE, SEIGNEUR , TON SERVITEUR, TA SERVANTE ÉCOUTE !"

Regardons, écoutons Jean le Baptiste, : "Moi je baptise dans l'eau; mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas, C'est celui qui vient après moi; je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure." Cela se passait à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait. Jn 1,24
Des hommes sont attirés par son message, par son mode de vie, par sa droiture, ils deviennent disciples, mais Jean est la voix, il sait et le dit, qu'il n'est pas le Verbe, la Parole, il est là pour préparer le chemin à Celui qui vient et dont il n'est pas digne de dénouer les courroies de ses sandales . De même qu'il a RECONNU Jésus dans le sein de sa mère, de même l’événement baptême, sur le bord du Jourdain est déterminant , "J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe, et il s'est reposé sur lui. Et moi je ne le connaissais pas; mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit: Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et se reposer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit-Saint. Et moi j'ai vu et j'ai rendu témoignage que celui-là est le Fils de Dieu." (Jean 1) le Père ne désigne-t-il pas Jésus comme étant son Fils bien Aimé ? Le lendemain, Jean vit Jésus qui venait vers lui, et il dit: "Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde. C'est de lui que j'ai dit: un homme vient après moi, qui est passé devant moi, parce qu'il était avant moi."

Et moi, je ne le connaissais pas, mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser dans l'eau. Jean avait sans nul doute rencontré Jésus mais en cousin dont il a dû partager les jeux , mais il n'avait pas cette conscience profonde cette RE-connaissance de l'identité de Jésus comme Messie, oint du Seigneur , Fils du Père éternel ! Quand Jean prend conscience de qui est vraiment Jésus il ne cherche pas à retenir à lui ceux qui
sont devenus ses disciples il n'hésite pas à désigner Celui qui est attendu comme Celui qui est au milieu d'eux tous et qui n'est pas encore CONNU  Et moi j'ai vu et j'ai rendu témoignage que celui-là est le Fils de Dieu." (Jean 1). Jean prend le risque de voir ses disciples s'éloigner, mais n'est-ce pas sa mission de préparer le route ?
C'est aussi notre mission. Évangéliser c'est annoncer et permettre à ceux qui ouvrent leur cœur d'aller vers Celui , Jésus, qui est venu pour que le monde soit sauvé. Le véritable apôtre est un passeur, il montre la route, il ouvre des chemins il n'est jamais autant heureux que lorsque des femmes et des hommes, s'attachent à Jésus Christ! Il sait que Jésus seul « est le chemin, la vérité et la vie ».

Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples.Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit :« Voici l’Agneau de Dieu. » Que dit-il là ? « Voici l'Agneau et l'Agneau de Dieu » tout en désignant Jésus ? Jean le Baptiste nous révèle ici qu'il connaît l’Écriture Sainte où l'agneau est cité quatre vingt dix huit fois dans quatorze livres différents. Je ne relève que les passages qui me semblent essentiels pour mieux appréhender l’événement.
« Dieu saura bien trouver l'agneau pour l'holocauste, mon fils », (Genèse 22) répond Abraham à son fils Isaac qui s'étonne de ne pas voir l'agneau sacrificiel alors qu'Abraham et son fils unique gravissent la montagne pour offrir le sacrifice demandé par Dieu . Nous connaissons la suite « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L'ange lui dit : « Ne porte pas la main sur l'enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique. » (Genèse 22) et nous savons aussi, que bien des années plus tard, un FILS UNIQUE Lui, sera immolé sur la CROIX pour le Salut du genre humain ! Dieu le Père a trouvé « l'agneau » qui sauve l'humanité tout entière !
Moïse convoqua tous les anciens d'Israël et leur dit : « Prenez un agneau par famille et immolez-le pour la Pâque. Vous observerez cet ordre comme une loi perpétuelle pour vous et vos fils. (Exode 12) n'est-ce pas ici l'annonce du véritable agneau dont le Sang répandu lave l'humanité de ses fautes ? Les prémices aussi de la grande célébration de Pâques qui nous rappelle chaque année ce grand mystère de celui qui :
Maltraité, il s'humilie, il n'ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l'abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n'ouvre pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s'est soucié de son destin ? (Isaïe 53)

Moi, j'étais comme un agneau docile qu'on emmène à l'abattoir, et je ne savais pas ce qu'ils préparaient contre moi. Ils disaient : 'Coupons l'arbre à la racine, retranchons-le de la terre des vivants, afin qu'on oublie jusqu'à son nom.' (Jérémie 11)

Ce symbolisme de l'Agneau nous est devenu tellement familier qu'il ne nous étonne plus, alors qu'il est repris au moins cinq fois dans la liturgie eucharistique: au Gloire à Dieu, puis à la fraction du Pain ,et juste avant la communion. L'agneau évoque la douceur, la docilité , la paix , la fraternité , le sacrifice, '« Le loup habitera avec l'agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. (Isaïe 11) » 

 Ce sont bien des loups que Jésus affronte , sans mot dire , au moment de la Passion. Et nous participons passivement , distraitement à ce sacrifice répété plusieurs fois par seconde à travers le monde, l'esprit retenu par tout autre chose que le grand, l'extraordinaire mystère dont nous faisons mémoire ! Demandons à Jésus Lui-même de nous aider à donner du sens aux mots que nous prononçons ou entendons, de leur permettre d'imprégner nos vies pour devenir avec Lui ces « agneaux » qui donnent quelque chose d'eux-mêmes pour la Rédemption de l'humanité.

 L'agneau est aussi le symbole de l'homme en groupe dont il s'agit d'assurer la survie : peuple de Dieu pour l'Ancien Testament, fidèles chrétiens après la prédication évangélique. La sollicitude du berger symbolise la tendresse de Dieu pour son peuple « Je suis le bon pasteur, le vrai berger.  Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis.Le berger mercenaire, lui, n'est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas : s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit ; le loup s'en empare et les disperse. (Jean 10) ou celle des « pasteurs » (d'âmes) pour leurs « ouailles ». Inversement, la docilité des agneaux est comparée à la rectitude du Juste (« suivre le droit chemin » est une expression pastorale). Lorsque Jean le Baptiste désigne Jésus comme l'« agneau de Dieu », il fait aussi, très probablement allusion à la sainteté de Sa vie. « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main. » (Jean 10)
Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.
Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix. (Jean 10)

Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Il ne suffit pas de parler, il faut encore des cœurs ouverts qui ENTENDENT ! C'est le cas ici. Pour aussi attachés qu'ils soient à leur maître, le Baptiste, ses disciples n'hésitent pas . Jésus n'a rien
dit, mais ils ont compris et ils se mettent en route ! 
 
Quand nous entendons au plus profond de nous-même un appel du Seigneur nous mettons-nous en route immédiatement ? Sommes-nous prêts à quitter nos amis, nos biens, nos projets, pour marcher derrière Celui qui nous fait signe pour nous entraîner plus loin , ou plus profond, pour faire de nous de vrais serviteurs de la Parole de Vérité ? Je le disais en ouvrant cette séquence, il y a de multiples appels au sein de l’Église pour servir l'Amour !
Lorsque quelqu'un tente d'emboîter ses pas dans nos pas, nous le sentons, parfois nous pressons le nôtre, cela nous dérange, et nous pensons : que me veut-il celui-la, celle-la ? Jésus vraiment homme , se sent suivi et que fait-il ?Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit :« Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent :« Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? » Jésus n'a pas peur, Il ouvre le dialogue ! Il s'informe sur la raison de leur démarche ? Que cherchez-vous ? Il permet l'échange, la rencontre . Les disciples, sans doute intimidés, ne répondent pas directement à la question , y a-t-il un ersatz de curiosité dans leur réponse ? Où demeures-tu ? Ils désirent entrer dans son intimité, en connaître un peu plus sur son mode de vie . Jésus répond en toute simplicité , Il ne les rabroue pas comme nous serions peut-être, tentés de le faire : (en quoi cela vous regarde-t-il ? Quel intérêt pour vous ? Que voulez-vous savoir?)
Il leur dit :« Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait,et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).
Ce ne devait pas être luxueux, nous saurons par la suite, que le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. Ils ne sont pas là par pure curiosité pour faire l'inventaire des biens du Seigneur,il veulent apprendre à mieux Le connaître, à se laisser déranger, A se laisser enseigner , à sortir de leurs ornières . Invités, ils suivent Jésus et ils restent avec Lui ce jour-là. Nous ne connaissons pas le contenu de cette première rencontre , nous pouvons penser qu'elle fut riche de découvertes, d'espérance, et de bouleversement ! Au point que ;
André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus.Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit :« Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ. Si nous ne connaissons pas le contenu du partage, entre Jésus et les deux disciples l'annonce faite par André à son frère est significative . Au cours de cette rencontre ils font l'expérience unique qui va changer leur vie et faire de chacun d'eux des apôtres de Jésus. RENCONTRER vraiment le Christ change profondément une vie. A l'inverse fréquenter Jésus , flirter si j'ose dire, n'engage pas l'être. 
 
Pas plus tard qu'hier, lors d'un rendez-vous médical , une femme médecin, spécialiste, me disait d'elle-même «  j'ai été élevée dans la foi catholique, mes parents sont catholiques pratiquants, mais, depuis que je suis en France je ne fréquente plus les églises, vos célébrations sont tristes ! Chez nous on chante, on, bouge, c'est vivant etc  » elle n'est pas la seule à parler ainsi, des français de souche, tiennent les mêmes propos … Je pensais alors, mais qu'allons-nous chercher dans une église ? Que cherchons-nous, QUI cherchons-nous ? La gesticulation ? Le bruit ? Les boums boums musicaux ? Ou bien, le Dieu qui parle dans le silence d'une brise légère ? Tandis que me parlait ce médecin je pensais qu'elle n'avait pas fait une vraie rencontre de Jésus, elle était portée par la foule, l'ambiance, mais Dieu n'est pas dans l'ouragan , Dieu se laisse trouver dans le silence, le service discret, Dieu ne fait pas de bruit, Il parle dans le secret du cœur … « Quand tu veux prier, retire-toi dans ta chambre » Certes, les chants, les belles liturgies, l'esprit de fête, sont utiles, mais l'essentiel est ailleurs, l'essentiel est dans ce qui se joue à l'intérieur !
Je prie pour cette personne, merci de prier avec moi s'il vous plaît, elle devrait venir me voir aux beaux jours, puissé-je être la voix , ou puisse le Seigneur mettre sur sa route la personne ( un André comme ici pour Pierre) qui lui permettra de rencontrer le seul et vrai Maître Jésus-Christ.
André amena son frère à Jésus.Jésus posa son regard sur lui et dit :« Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.
André est saisi par la rencontre de Jésus et il ne peut garder ce bonheur pour lui seul, il s'empresse de le partager avec son frère qu'il amène à Jésus qui pose son regard sur lui, Simon, le nouveau venu, et en qui, dès cet instant, Il discerne une vocation d'exception ! Ah le regard de Jésus ! C'est un regard qui aime, qui fait exister, qui donne du sens à une vie et ce fut le cas , puisque dès cet instant Jésus retourne Simon
« Lorsque nous consultons la littérature qui traite des thèmes religieux, nous rencontrons une curieuse expli­cation au fait que le Seigneur changea le nom de l’un de ses apôtres. Le cas se présenta avec l’apôtre Si­mon. Pourquoi ce changement ? Le professeur Andrzej Wantula dans son livre « Les miettes de la table du Seigneur » (page 177), explique que le nom de Simon provient d’un ancien mot hébreu qui signifie « roseau ».Un roseau est le symbole de quelque chose qui va­cille et qui se plie au gré du vent. Au contraire, le pré­nom « Pierre » tire son origine du mot « roc ». Le Sei­gneur lisait les cœurs et savait apprécier ceux qui l’entouraient. Il apprécia Simon. Il vit en lui un caractère instable à la fois prompt à agir, mais qui se résignait rapidement face à l’adversité. 
Le Seigneur vit que sous l’influence de l’Esprit saint, Simon avait la capacité de forger son caractère pour devenir dur comme le roc. Dès qu’il reçut ce nom nou­veau, Pierre sut qu’il devait se conformer aux exigen­ces du Seigneur.
L’histoire de l’Église prouve que Pierre a accompli sa mission (non sans difficultés) et qu’il est l’une des pierres symboliques de la Nouvelle Jérusalem : « La muraille de la ville avait douze fondements, et sur eux les noms des douze apôtres de l’Agneau ». - Apoca­lypse 21 : 14.
Jésus fait de Pierre ce roc de fondation qui malgré ses fragilités conduira son Église et Lui donnera son élan !
Somme-nous prêts,(es) à nous laisser façonner, malaxer par l'Esprit de Vérité, quel que soit notre âge, notre condition ? Sommes-nous prêts (es) à prendre à notre compte la réponse de Samuel :



"PARLE SEIGNEUR, TON SERVITEUR, TA SERVANTE ÉCOUTE !"
Si le Père vous appelle à aimer comme il vous aime
Dans le feu de son Esprit, bienheureux êtes-vous !
Si le monde vous appelle à lui rendre une espérance
A lui dire son salut, bienheureux êtes-vous !
Si l’Église vous appelle à peiner pour le royaume
Aux travaux de sa moisson, bienheureux êtes-vous !


Tressaillez de joie ! Tressaillez de joie !
Car vos noms sont inscrits
Pour toujours dans les Cieux !
Tressaillez de joie ! Tressaillez de joie !
Car vos noms sont inscrits dans le cœur de Dieu !


Si le Père vous appelle à la tâche des apôtres,
En témoins du seul pasteur, bienheureux êtes-vous !
Si le monde vous appelle à l’accueil et au partage
Pour bâtir son unité, bienheureux êtes-vous !
Si l’Église vous appelle à répandre l’Évangile
En tout point de l’univers, bienheureux êtes-vous !


Si le Père vous appelle à quitter toute richesse
Pour ne suivre que son Fils, bienheureux êtes-vous !
Si le monde vous appelle à lutter contre la haine
Pour la quête de la paix, bienheureux êtes-vous !
Si l’Église vous appelle à tenir dans la prière
Au service des pécheurs, bienheureux êtes-vous !



 L'Ermite

vendredi 5 janvier 2018

CHERCHE TON ETOILE ...

FÊTE DE L’ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR
(Mt 2, 1-12)


Fête de l’Épiphanie ou fête de la manifestation du Christ aux hommes du monde entier. C'est le sens profond de cette fête et l'arrivée des Rois Mages exprime la dimension universelle du message de Jésus-Christ.


Debout, Jérusalem, resplendis !
Elle est venue, ta lumière,
et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi...
sur toi se lève le Seigneur,
sur toi sa gloire apparaît.
Les nations marcheront vers ta lumière,
et les rois, vers la clarté de ton aurore...

Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi,
vers toi viendront les richesses des nations.
En grand nombre, des chameaux t’envahiront,
de jeunes chameaux de Madiane et d’Épha.
Tous les gens de Saba viendront,
apportant l’or et l’encens ;
ils annonceront les exploits du Seigneur.


La Tradition chrétienne voit dans l'adoration des Mages la réalisation de cette prophétie d'Isaïe et c'est à partir de ces versets que les Mages sont présentés comme des rois ! Je n'ai pas de difficulté à entrer dans cette perspective : « elle est venue ta LUMIÈRE... sur toi se lève le Seigneur,...Les nations marcheront vers ta lumière,et les rois, vers la clarté de ton aurore...Jean, l’Évangéliste, ne dit-il pas dans le prologue : « En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, (Jean 1) et plus loin : «  La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde.Il ( le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l'a pas connu. (Jean 1) le Prophète continue :et les rois, vers la clarté de ton aurore... Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations... apportant l’or et l’encens ; N'est-ce pas ce que nous rapporte Matthieu dans l’Évangile de ce dimanche ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui... (les rois) lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Cet épisode de la vie de Jésus s'enracine, comme presque toujours, dans l'Ancien Testament, nous permettant de voir l'économie de l'Histoire du Salut, Histoire comme nous le rappelons souvent, que « Jésus n'est pas venu abolir mais parfaire ! » 
 
Nous pouvons , à présent, entrer dans l’Évangile de ce jour où s'opère , comme le précise Saint Paul dans la seconde lecture, la manifestation de la divinité de Jésus aux nations : « Ce mystère n’avait pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées, comme il a été révélé maintenant à ses saints Apôtres et aux prophètes, dans l’Esprit. Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. »

"Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent :« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
Ces mages n'ont aucune arrière pensée, ils parlent librement avec les habitants de Jérusalem et ne craignent pas de leur faire connaître le but de leur présence. Ils sont là pour rencontrer le Roi des Juifs qui vient de naître. Ils sont arrivés jusqu'à Jérusalem guidés par une étoile . S'agit-il vraiment d'un astre (pourquoi ne serait-ce pas envisageable, Dieu n'est-il pas le Maître de l'impossible) ou bien ces hommes ont entendu parler de l'événement « Et toi, Bethléem Ephrata, Petite entre les milliers de Juda, De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, Et dont l'origine remonte aux temps anciens, Aux jours de l'éternité. C'est pourquoi il les livrera Jusqu'au temps où enfantera celle qui doit enfanter, Et le reste de ses frères Reviendra auprès des enfants d'Israël.… »Michée 5 et, parce que leur cœur est avide, parce qu'ils sont en quête du meilleur, parce que leurs esprits cherchent la Vérité, ils n'ont pas craint de prendre la route et de marcher longtemps , longtemps, espérant découvrir cet enfant, déjà décrit comme susceptible de changer le cours des choses. « Suivre son étoile » n'est-ce pas une expression courante qui manifeste que l'humain est habité par plus grand que lui et véhicule des aspirations qui induisent sa vocation personnelle ?


Cherche, ton étoile, dans le ciel de l'avenir, 
dans le ciel de l'avenir.
Cherche, ton étoile, Dieu fait signe de partir, 
Dieu fait signe de partir.



L'infini n'est pas un rêve, c'est quelqu'un qui nous conduit;
Plus longtemps qu'une comète Dieu demeure en notre nuit.
Mais comment le reconnaître dans le champ de notre vie ?


En tout cas, les Mages sont attirés et cherchent, ils veulent connaître cet enfant qui fait naître l'espérance dans le cœur. Nous devons retenir qu'ils se sont mis en route, en quête d'un monde meilleur. N'avons-nous pas là une invitation à nous mettre en route dès que nous comprenons que Jésus nous appelle à aller plus loin ou à vivre autrement ? 
 
Les Mages ne tardent pas à se heurter à un obstacle de taille : 
 
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé,et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple,pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée,car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef,qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant :« Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Le Roi Hérode a peur ! De quoi a-t-il peur sinon de perdre ses prérogatives et d'être supplanté . Sans doute pense-t-il qu'il ne peut y avoir deux rois ! Comme il est subtil et qu'il ne veut pas éveiller d'inutiles interrogations dans la population, c'est en secret qu'il convoque les Mages . Nous dirions qu'il « veut leur tirer les vers du nez » il veut savoir pour préparer, tout en finesse, le piège qui devrait éliminer le gêneur et lui maintenir sa position personnelle. Hérode voit dans cet enfant un rival, qui pourrait libérer le Pays de l'occupation. Hérode se trompe totalement de perspective .Si Jésus est Roi, il s'agit d'une royauté spirituelle , non d'une royauté politique.

L'imagination nous fait facilement perdre pied et perdre la tête. La peur n'est pas moins dangereuse ! Nous grossissons les situations, ce qui entraîne des prises de position inadaptées et souvent dangereuses. C'est vrai pour notre cheminement, c'est vrai pour les événements du quotidien, c'est vrai pour les relations, nationales et internationales ! Nous faussons beaucoup de choses, ce qui entraîne des décisions inappropriées qui deviennent dangereuses. Il n'est pas inutile de nous arrêter quelques instants et de réfléchir aux désordres que provoquent en nous, la folle du logis et la peur !

L'attitude d'Hérode révèle un autre risque tout aussi pernicieux, c'est la rouerie . Pour obtenir ce qu'il désire, Hérode n'hésite pas à se montrer intéressé par ce jeune roi il compte sur les Mages pour le renseigner au retour afin d'aller , lui aussi lui rendre visite pour se prosterner devant lui ! Quelle dramatique fourberie ! Tout roi, qu'il est Hérode est un homme animé par les mêmes passions que chacun d'entre nous ! « qui oserait lui jeter la première pierre ?? » 
 
Nos relations humaines sont-elles dépourvues d'hypocrisie , de duplicité, de sournoiserie, de tromperie ? Ici encore, nous pouvons prendre quelques instants pour oser regarder notre vie telle que nous la développons , au jour le jour. Soyons lucides, osons faire le point, osons placer notre quotidien en parallèle avec l’Évangile ! Chrétiens, si nous sommes sincères, nous serons vite confondus, mais ne craignons pas, Jésus n'est-il pas venu pour les malades (spirituels et physiques) les pécheurs. Je n'invente pas, c'est Jésus qui parle ! « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » Marc 2,17

Lorsque les Mages quittent Hérode :  voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’Orient les précédait, l'épreuve de la nuit devient lumière sur la route ! C'était vrai il y a deux mille ans, c'est encore vrai aujourd'hui. Parce que Jésus est VIVANT et qu'Il continue de marcher avec nous ! L'épreuve, je le disais dans ma lettre de vœux , est PAROLE DE DIEU , elle dit quelque chose de Dieu pour notre vie, pour celle de nos frères ! Là encore, asseyons-nous, demandons la Lumière d'en-haut et la nuit deviendra Lumière ! Oh pas nécessairement immédiatement mais au bout du tunnel l'étoile brillera et nous conduira là où Dieu nous attend. Dieu sait attendre ! jusqu’à ce qu’elle (l'étoile) vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.Ils entrèrent dans la maison,ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds,ils se prosternèrent devant lui.  

Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu! Les Mages sont de ceux-là ! Ne faut-il pas une grande dose d'humilité, de simplicité, de vérité d'être pour se prosterner devant un nourrisson de condition si modeste, dont les parents n'ont rien trouvé d'autre qu'une pauvre étable pour abriter ses premiers gazouillis ? Ne faut-il pas avoir une attente inextinguible, un désir ardent, brûlant pour re-connaître dans ce bébé le chef, qui sera le berger de mon peuple Israël .Ne faut-il pas être éclairé de l'intérieur par une Lumière venue d'ailleurs, pour déposer à ses pieds des cadeaux qui relèvent pour l'or de la royauté, pour l'encens de la divinité, quant à la myrrhe elle était utilisée pour l’ensevelissement !Elle devient ici prophétique annonçant discrètement la la mort de Jésus . Melchior, Gaspard et Balthazar, c'est ainsi que la tradition les prénomme, pressentent tout cela dans l'Enfant qui vient de naître . 
 
Roi, Jésus l'est, non pas selon nos manières humaines mais selon son cœur débordant de miséricorde ! 
 
Dieu, n'est-ce pas ce qu'affirme St Jean dans le prologue :Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, .Il était au commencement en Dieu.Tout par lui a été fait, et sans lui n'a été fait rien de ce qui existe.En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes,Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue. (Jean 1) Les Mages Le reçoivent, Hérode Le rejette, et combien après lui ! Toutefois, bien que rejeté par beaucoup, Jésus ne laisse pas indifférent : toutes sortes d'écrits sortent à son sujet, des films bons ou mauvais, des sectes ….

Quant à la Myrrhe, nous la retrouvons lors de son ensevelissement « Nicodème (celui qui la première fois était venu trouver Jésus pendant la nuit) vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d'aloès pesant environ cent livres. Ils prirent le corps de Jésus, et ils l'enveloppèrent d'un linceul, en employant les aromates selon la manière juive d'ensevelir les morts. (Jean 19)

Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Alors oui, nous pouvons croire à cette lumière intérieure qui guide nos vies comme elle a guidé les Mages, cette Lumière n'est autre que l'Esprit Saint qui nous manifeste Sa présence en nous suggérant les bonnes décisions, une seule chose reste importante c'est l'intériorité pour l'entendre parler à notre cœur ! Et ne vous est-il jamais arrivé de vous réveiller, un matin, en sachant quelle direction, quelle orientation prendre alors que la veille l'horizon était complètement bouché ? C'est l'Expérience des Mages après s 'être prosternés au pied de l'Enfant Nouveau-Né , ce sera celle de Joseph qui se rendra en Égypte pour échapper au cruel Hérode ! « Après leur départ, ( le départ des Mages)voici qu'un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph et lui dit: " Lève-toi, prends l'enfant et sa mère, fuis en Égypte et restes-y jusqu'à ce que je t'avertisse; car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr. " Et lui se leva, prit l'enfant et sa mère de nuit et se retira en Égypte. Et il y resta jusqu'à la mort d'Hérode, (Matthieu 2)

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Éclairés de l'intérieur ils n'hésitent pas à prendre un autre chemin. RENCONTRER Dieu,
change la vie, toute vie ! Il y a toujours un avant et un après si cette rencontre est vraie.
Que de frères ont en tête mille et un projets et, à la stupéfaction de tous, prennent en définitive une tout autre orientation parce que Dieu a fait irruption dans leur vie ! Il y a eu Saint Paul sur le chemin de Damas, St Augustin, le Frère Charles de Foucauld, La Samaritaine, Françoise Evenou : « J’ai vu un crucifix, je me suis agenouillée et j’ai pleuré » Et tant et tant d'autres ! 
 
On peut aussi avoir entendu et suivi un premier appel et se sentir inexorablement attiré par un autre comme Mère Térésa, qui renonce à l'enseignement pour se mettre au service des abandonnés , avoir servi les plus démunis et être happé par une soif ardente de silence, de solitude, de prière intense … Rencontrer Dieu , j'ai eu l'occasion de le dire, bouleverse, retourne, brûle, on ne sort jamais indemne, Dieu est un buisson ardent qui brûle celui, celle qui L'approche vraiment ! C'est tout le « mal' que je vous souhaite en cette année 2018 et demandez la même chose pour votre servante. Soyons des insatisfaits de l'amour , des inconditionnels de l'amour divin ! Laissons-nous bouleverser, retourner, transformer, et j'ose : « transfigurer » par l'Amour qui est Dieu ! Devenons flamme d'amour !





L'Ermite

vendredi 29 décembre 2017

MES YEUX ONT VU LE SALUT

FÊTE DE LA SAINTE FAMILLE

ANNÉE B
(Lc 2, 22-40)




Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification,les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,selon ce qui est écrit dans la Loi :Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

Marie et Joseph auraient pu être tentés de se soustraire à cette obligation de la loi.Ils connaissent l'origine de leur enfant et pourraient Le croire exempt de semblable démarche Eux-mêmes connaissant la merveilleuse histoire qui les implique, savent pertinemment qu'ils n'ont pas à se soumettre à une quelconque purification, Celui qui vient de naître est le Tout Autre mais Son apparence en fait un Enfant semblable à tous les enfants . Le couple ne cherche pas à se singulariser, humblement, il entre dans la vie des hommes de son temps et ne cherche en rien à se distinguer , il s'impose même d'offrir le sacrifice le plus modeste qui soit pour se fondre dans l'anonymat en excluant tout privilège !
Nous sommes à mille milles des dessous de table , des cadeaux somptueux ou modestes, des privilèges auxquels nous consentons en raison du service accompli ! Cadeaux, privilèges qui nous ligotent bien plus qu'ils ne nous honorent et risquent de nous emprisonner ! Comme il convient d'être vigilants pour rester libres dans un monde où tout s'achète y compris l'honneur et la liberté.


Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon . C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :« Maintenant, ô Maître souverain,tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples :lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère :« Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël.Il sera un signe de contradiction– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – :ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »
Quelle richesse dans ces versets !

Syméon. était un homme juste et religieux,qui attendait la Consolation d’Israël, souvenons-nous de la prophétie que nous entendions de la bouche du second Isaïe durant l'Avent : 
« Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem et proclamez que son service est accompli, (Isaïe 40)

Cette consolation vient en Jésus le Fils Bien-Aimé, c'est Lui qui consolera et éduquera le Peuple qui attend cette Grande Lumière ! Et Syméon, illuminé de l'intérieur comprend que cet Enfant est l'Oint du Seigneur, le Messie attendu depuis des siècles !

l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.

C'est Sous l’action de l’Esprit, que Syméon vint au Temple.Au moment où les parents
présentaient l’enfant Jésus. Ce que nous appelons heureuse coïncidence dans nos vies n'est autre que l'action de l'Esprit Saint. Oui, l'Esprit Saint nous conduit mais nous avons une telle dose de respect humain en nous que nous ne nous risquons pas à dire très exactement ce que nous vivons, ce que nous éprouvons ! Et, nous nous cachons derrière de petites phrases telles que : « ils ne comprendront pas , » « Ils ne savent pas qui est l'Esprit Saint ! »  Peut-être , et c'est une raison de plus pour exprimer la foi qui nous habite, cette foi qui peut éveiller, réveiller, dynamiser !
Pourquoi Syméon sort à ce moment-là ? Parce que l'Esprit réserve une grâce bien précise à l'un et aux autres !
Pourquoi j'effectue cette démarche aujourd'hui et pas hier ou dans quinze jours ? Arrêtons-nous, rentrons en nous-mêmes et nous comprendrons et nous serons dans l'émerveillement ! Oui, l'Esprit nous guide et si nous sommes honnêtes, avec Jacob nous nous écrierons : « Vraiment, le Seigneur est dans ce lieu ! Et moi, je ne le savais pas. »  Gen 28 Car Dieu est partout où se trouve l'humain, Dieu est venu habiter notre humanité ne l'oublions pas !


Mais quel bonheur « Syméon reçut l’enfant dans ses bras, » il peut contempler la
Consolation d'Israël, il peut toucher, embrasser l'Enfant-Messie ! Pourtant Il n'a vraiment pas l'apparence d'un roi ce bout de chou, Il est semblable à tous les autres enfants, Il n'a pas d'habits royaux, non, Il est tout simple et ses parents le sont aussi, ils semblent bien modestes ! Et pourtant, ils sont choisis pour donner Dieu aux hommes !
Cela me fait penser à une petite histoire récente , je me réserve de réagir à froid, pour ne pas blesser. Une personne, de surcroît consacrée, s'étonnait récemment de ce que son évêque a reçu pour un entretien, un homme mûr, qui revient de loin et voudrait se mettre au service de l’Évangile ... et pourquoi pas ? St François, le Fr de Foucauld, et tant et tant d'autres n'ont-ils pas « retourner leur veste »  du bon côté ?? « Dieu fait du feu de tout bois » écrit quelque part Paul Baudiquey ! Oui, Dieu offre son amour à quiconque et nous bouderions ? Et nous ne nous réjouirions pas !
« et il (Syméon) bénit Dieu en disant : mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël » Oui, Syméon prend cet enfant d'apparence ordinaire, Il voit dans ce tout-petit petit … Que voit-il ? Rien moins que le SALUT , la LUMIÈRE qui se révèle et donne gloire au peuple d'Israël ! Ce petit bout ! SALUT ! LUMIÈRE ? Qui DONNE LA GLOIRE au Peuple ? Parce qu'il est pur, Syméon peut voir « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu » Mt 5 Et moi est-ce que je vois Dieu quand je Le reçois dans le berceau de mes mains de pécheur ? « il n'y a pas sur terre d'homme juste qui fasse le bien sans jamais pécher. (Ecclésiaste 7) »  ! Est-ce que je re-connais Dieu dans cette miette de pain ? Ce Pain des anges ? Est-ce que je bénis Dieu pour cette Présence, pour ce cadeau du ciel ( bénir c'est dire du bien ) Est-ce que je remercie Dieu d'être là dans mes mains, puis en moi, oui en moi ! Dieu immense, en moi minuscule vermisseau ! Il n'est pas surprenant que les propos de Syméon « étonnent Le père et la mère de l’enfant ! » On le serait à moins ! Et moi, est-ce que je m'étonne de ce miracle possiblement quotidien dans le berceau de mes mains ? Tout cela se conquiert ! Pas avec de l'argent, ni une armée , ni des châteaux , pas avec ce qui brille non : Syméon
« les bénit,puis il dit à Marie sa mère :« Voici que cet enfant provoquera la chute et le
relèvement de beaucoup en Israël.Il sera un signe de contradiction– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive !
La vie ne se rêve pas, la Vie ne s'achète pas, la Vie se conquiert dans un âpre combat pour dominer toutes les forces du Mal qui nous assaillent et veulent nous tirer dans le gouffre des passions désordonnées. Si le cœur de la Toute Pure Marie doit être, fut transpercé par un glaive, celui des souffrances de Son Enfant venu éclairer de sa Lumière resplendissante les Nations, ne pensons , ne cherchons pas à passer à côté ! Dieu éprouve ceux qu'Il aime ! Il cherche ainsi à les embellir pour le Jour ! Dieu façonne Son œuvre, Il pétrit Sa pâte ; Sa glaise, Il en façonne Son œuvre d'art, si cette pâte est docile , abandonnée ! Voilà notre « glaive à nous les humains » ! Même épargnée du péché, Marie transpercée, participe à la Rédemption, Marie devient co-Rédemptrice !


Il y a Syméon, mais il y a aussi, Anne qui « ne s’éloignait pas du Temple,servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière ».Elle aussi, illuminée de l'intérieur, reconnaît dans cet Enfant apparemment ordinaire, Celui qui vient pour libérer le Peuple :
« Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem »
Là encore ne serions-nous pas tenter de penser et de dire : « pure coïncidence » ! « merveilleuse coïncidence » ! « C'est extra » ! C'est sûr que c'est extra, c'est sûr que c'est merveilleux , mais c'est ainsi parce que notre Dieu travaille dans les profondeurs de notre être et nous guide dans les moindres détails de notre vie ! Le croyons-nous ? Savons-nous Le remercier , Le reconnaître d'abord, Le remercier, parce qu'Il nous tient par la main, mais il nous arrive de secouer cette main parce que nous La trouvons trop ferme et souhaitons nous débrouiller seul, pouvoir dire, « j'ai réussi ceci et encore cela ! » Mais par nous-mêmes « nous ne sommes rien que péché » disait St François d'Assise ! C'est l'Esprit qui agit en nous et c'est par Lui que nous devenons capables de poser tel et tel acte positif .

Mon langage, ma proclamation de l'Évangile, n'avaient rien à voir avec le langage d'une
sagesse qui veut convaincre ; mais c'est l'Esprit et sa puissance qui se manifestaient, (1Corinthiens 2)


et personne n'est capable de dire : « Jésus est le Seigneur » sans l'action de l'Esprit Saint. (1Corinthiens 12)


puisque ce n'est jamais la volonté d'un homme qui a porté une prophétie : c'est portés par l'Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu. (2Pierre 1)


En sommes-nous convaincus ? Si oui, agissons en conséquence !

Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait,rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

Quand les parents de Jésus eurent accompli leur devoir ils reprirent la vie ordinaire, des gens ordinaires de leur village de Galilée. Jésus prit sa place parmi les enfants de son âge , sans doute le remarquait-on en raison de Son comportement mais Il se fondait dans l'anonymat : Son Heure n'étant pas encore venue !



« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »
AMEN !


l'Ermite