vendredi 22 décembre 2017

L'ANGE LA QUITTA !

QUATRIÈME DIMANCHE DE L'AVENT

ANNÉE B
(Lc 1, 26-38)
 

A chacune et à chacun je présente mes vœux
de Saint et Joyeux Noël
dans la joie et la Paix !
Que l'Enfant Nouveau né en venant renouveler nos cœurs
les illumine et les remplisse de Sa Présence,
Qu'Il fasse de chacun de nous de vrais témoins de l'Amour
partout où nous passons !
Qu'Il redresse ce qui pourrait être tortueux
Qu'Il assouplisse nos rigidités,
Qu'Il embrase nos cœurs du feu de Son Amour !


En cette période, les commentaires de l’Écriture ne manqueront pas, je me limite donc à relever seulement le verset de conclusion de l’Évangile de ce 24 décembre.

 
Alors l’ange la quitta . 
 
L'ange Gabriel, sa mission terminée, se retire et Marie, toute jeune fille, se retrouve seule, porteuse d'un immense secret ! Ce verset, m'est de plus en plus, source d'émerveillement et d'action de grâce. Quelle extraordinaire maturité chez cette toute jeune fille ! 
 
En avons-nous conscience ? Quel enseignement en tirons-nous pour notre vie personnelle ?

Marie vient de faire face, humblement, à une nouvelle, une Bonne Nouvelle qui la dépasse, Elle a dit OUI, sans mesurer sans doute la grandeur et le poids de cet acquiescement, et la voilà seule, avec un secret éblouissant et redoutable qu'Elle ne peut partager avec quiconque, pas même avec son fiancé ! Elle comprend qu'Elle doit laisser à Dieu le soin du développement de cette surprenante aventure, Elle ne peut être que ce qu'Elle a déclaré : « la Servante du Seigneur » ! Celle qui renonce à Ses propres projets pour permettre à Dieu le Père, de donner forme au Sien ! Quel extraordinaire abandon manifestent son silence, sa discrétion, sa confiance ! Elle a entendu cette affirmation : « rien n’est impossible à Dieu. » Elle croit de tout son être qu'Il saura dénouer tout ce qui pourrait la torturer si Elle n'avait pas cette foi à déplacer les montagnes dont parlera Jésus dans Ses enseignements.
Dans toute vocation il y a quelque chose de la vocation de Marie :
  • l'appel, ce moment précis étonnant, où Dieu parle dans le secret

  • l'identification du message venu du plus profond de l'être qui ébranle, bouleverse et dynamise,

  • le secret car il y a un temps pour tout, on ne partage pas avec n'importe qui ni n'importe quand, pareille visite de l'Esprit,

  • l'acquiescement : « me voici Seigneur pour accomplir Ta volonté ! »

  • l'attente durant laquelle on se prépare à la mission que propose l'Esprit !

  • Chez les hommes ordinaires que nous sommes, le combat ! Marie a dit un oui plénier ,sans doute pas sans combat intérieur, mais sans retour en arrière, immédiatement, l'humain tergiverse parfois longtemps et c'est après bien des méandres, qu'il rend les armes et dit enfin du fond du fond de son être Amen ! Tu as été le plus fort !

D'une façon ou d'une autre, l'ange de Dieu est envoyé à chacun de nous pour être le messager de la naissance de Dieu en tout homme. « Dieu engendre à tout moment son Fils en toi », s'écrie le poète mystique allemand Angelus Silesius. Chacun est appelé à recevoir en soi le germe de la vie divine, à devenir l'auberge de Dieu, la maison où la Parole divine prend chair. Chacun peut être recouvert par la nuée de la Shekinah, la lumière de Dieu ,l'immanence de Dieu, la Présence divine, dans le sanctuaire de son cœur. 
 
Demandons à Marie de nous obtenir un peu de sa simplicité. Il suffit de dire vraiment « oui » pour que notre désert fleurisse et que notre stérilité devienne féconde.

Arrête, où cours-tu ?Le ciel est en toi.
Si tu cherches Dieu ailleurs,
Tu le manques à tous les coups.

Homme, si tu projettes
Ton esprit par delà lieux et temps
 

Tu peux à chaque instant
Vivre dans l’éternel.


Ami où que tu sois,
De grâce n’en reste pas là

 Tu dois passer d’une lumière
A une autre lumière 

 
Angélus Silésius

L'Ermite

vendredi 15 décembre 2017

JE SUIS LA VOIX

TROISIÈME DIMANCHE DE L'AVENT

ANNÉE B
(Jn 1, 6-8.19-28)


Ce troisième dimanche de l'Avent est appelé le dimanche de Gaudete, ce qui signifie le dimanche de la joie. Nous approchons de Noël , ce jour extraordinaire où l'Amour du Père se manifeste en donnant au monde un Sauveur en la personne de Son Fils unique, Jésus-Christ ! Alors oui nous pouvons nous réjouir et les lectures de ce jour nous y invitent largement :

Je tressaille de joie dans le Seigneur,mon âme exulte en mon Dieu.Car il m’a vêtue des vêtements du salut, il m’a couverte du manteau de la justice, comme le jeune marié orné du diadème, la jeune mariée que parent ses joyaux. Comme la terre fait éclore son germe, et le jardin, germer ses semences, le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les nations clame Isaïe . Et saint Paul dans sa lettre aux Thessaloniciens ne parle pas autrement :

Frères,soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. N’éteignez pas l’Esprit, ne méprisez pas les prophéties, mais discernez la valeur de toute chose : ce qui est bien, gardez-le ;éloignez-vous de toute espèce de mal.Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers ; que votre esprit, votre âme et votre corps, soient tout entiers gardés sans reproche pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ. Il est fidèle, Celui qui vous appelle : tout cela, il le fera.

Pour exprimer cette joie, cette allégresse les ministres du culte revêtent en ce jour des ornements de couleur rose. Écoutons ce qu'en disait Saint Jean Paul II en 2003 lors de l'Angélus :
« Question du jour : Que trouve-t-on entre le violet et le blanc ? Entre la fête et la pénitence ? Du rose et de la joie ! On vous l’accorde, le lien entre le rose et la joie n’est pas évident. Et pourtant ce 3e dimanche de l’Avent est celui du « Gaudete », de la joie. Pour l’occasion, nous pouvons voir les prêtres ce dimanche célébrer la messe « en rose ».

Le rose est aussi la couleur de l'aurore , du ou d'un commencement ! « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu »  écrit St Jean l’Évangéliste. Noël marque le commencement d'une ère nouvelle , le commencement d'une Alliance Nouvelle, où la terre tout entière est appelée à un renouvellement ! « Soyez dans la joie » c'est aussi le premier mot de la prière d'ouverture de ce dimanche « soyez dans la joie, soyez dans la joie, le Seigneur est proche ! » Oui, réjouissons-nous, que le monde entier chante et se réjouisse. L’Église nous donne chaque année cette merveilleuse possibilité de revivre cet avènement d'un Dieu qui se fait proche pour nous entraîner dans son sillage jusqu'aux cimes de l'amour ! N'ayons pas peur de nous laisser façonner , recréer, renouveler, configurer au Rédempteur ! Il est cette Lumière qui vient éclairer nos ténèbres, qui vient changer nos nuits en jour, qui vient éclairer ceux qui marchent sans but ! C'est ce qui est développé, en partie, dans l’Évangile de ce jour, et tout au long des Évangiles .

Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean.Il est venu comme témoin,
pour rendre témoignage à la Lumière,afin que tous croient par lui.Cet homme n’était pas la Lumière,mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

Cette fois, c'est l’Évangéliste Saint Jean qui nous parle du Précurseur. Saint Jean précise la mission du Baptiste et le présente comme témoin. Sans doute ose-t-il ce terme parce qu'il écrit son évangile vers l'an 95, il a eu le temps d'approfondir les événements et de comprendre, après coup, les paroles et les gestes de Jean-Baptiste. Il peut se permettre dès
lors d'en faire un témoin, mais en réalité , le Précurseur avance dans la foi, il ne sait pas qui est le Messie, en effet, chez Matthieu au chapitre 11 quand il est en prison, Jean-Baptiste envoie ses propres disciples interroger Jésus sur son identité : «  Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » 
 
Toutes les paroles du Précurseur sont d'inspiration divine, Il parle sous la mouvance de l'Esprit Saint et L’Évangéliste, qui lui, a été témoin du déroulé des événements peut affirmer ce qu'il a vu et entendu et comment, dans son comportement le Baptiste annonce Celui qui vient et qui est attendu. Les deux cousins ne se sont-ils pas rencontrés alors qu'ils étaient l'un et l'autre dans le sein maternel ? Rencontrés et mystérieusement reconnus puisque « quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint-Esprit. (Luc 1). Reconnus en Esprit, non organiquement. Si Élisabeth est remplie de l'Esprit Saint on est en droit de croire que l'enfant qui réagit en reçoit sa part également , part qui le propulse en avant du Messie pour lui ouvrir la route !


Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander :« Qui es-tu ? »Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement :« Je ne suis pas le Christ. »Ils lui demandèrent :« Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? »Il répondit :« Je ne le suis pas.– Es-tu le Prophète annoncé ? »Il répondit :« Non. »Alors ils lui dirent :« Qui es-tu ?Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés.Que dis-tu sur toi-même ? »

Nous voyons que les questions ne manquent pas , le Messie est attendu et la prédication de Jean le Baptiste pose question, elle trouble les esprits !
Est-ce que notre manière de vivre, de parler de nous comporter pose question à nos contemporains ? En nous voyant agir peuvent-ils penser que le chrétien a un plus, un quelque chose qui leur donne envie de chercher à connaître et rencontrer Celui qui les anime?
Regardons et écoutons la réponse du Précurseur . Il commence par dire « Je ne suis pas le Christ. je ne suis pas Élie. » Il veut que les choses soient claires, il ne laisse planer aucune ambiguïté sur sa propre identité et il ne tire aucun profit de la mission qui lui est confiée. Jean le Baptiste est parfaitement honnête :
Il répondit :« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert :Redressez le chemin du Seigneur,comme a dit le prophète Isaïe. » Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens.

Jean le Baptiste ne confond pas parole et voix ! Il précise bien qu'il n'est que la voix l'organe transmetteur , celui qui émet des sons dont le contenu ne lui appartient pas, ce contenu vient de l'Ailleurs, lui il est le canal qui permet à un certain contenu d'annoncer le renouvellement de ce monde. Il sera plus précis par la suite quand il en viendra à désigner Celui qui vient de l'Ailleurs

Remarquons qu'il est interrogé par les Pharisiens ce qui manifeste leur profonde inquiétude, comme le monde entier, ils sont dans l'attente de Celui qui doit venir, mais ils
redoutent et le moment et Celui qui vient... et quand ce dernier apparaîtra, ils se rangeront du côté des opposants, du côté de ceux qui le rejettent, ils chercheront eux-mêmes à Le déstabiliser dès son apparition, ils sont à l’affût !

Ils lui posèrent encore cette question :« Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? »

L'attitude de Jean les trouble, ses actes les surprennent, ils ne comprennent pas, ils étalent la panoplie des possibles que réfute le Baptiste, ils sont encore plus inquiets à la pensée que Jean ne se reconnaît dans aucune des personnes évoquées à leur question il répond :« Moi, je baptise dans l’eau.Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ;

Le connaît-il vraiment Lui-même ? Il semble que non, nous l'avons noté plus haut ! Et plus tard, dans ce même prologue de l’Évangéliste, il précisera en apercevant Jésus qui s'approche : Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde. 3C'est de lui que j'ai dit: un homme vient après moi, qui est passé devant moi, parce qu'il était avant moi." 

Cela peut nous troubler, mais je le répète, le Baptiste parle sous la mouvance de l'Esprit . Expérience spirituelle que nous pouvons tous faire un jour ou l'autre : exprimer quelque chose qui nous dépasse, qui nous est donné de l'intérieur, et venant de Celui, voire Ceux (la très Sainte Trinité) qui vit (vivent) en nous !

Et moi, je ne le connaissais pas, mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser dans l'eau." Et Jean rendit témoignage en disant: "J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe, et il s'est reposé sur lui. Et moi je ne le connaissais pas; mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit: Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et se reposer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit-Saint. Et moi j'ai vu et j'ai rendu témoignage que celui-là est le Fils de Dieu." (Jean 1)
Ces versets où Jean précise qu'Il ne connaissait pas Jésus avant l'étonnante rencontre du baptême, sont d'une très grande importance pour notre marche de chrétiens. C'est en avançant que nous comprenons peu à peu la volonté de Dieu, c'est en avançant, que s'éclairent les signes qu'Il place sur notre route ...Et nous n'avons jamais fini de Le connaître comme l'indique Jean le Baptiste, l’Évangile qui nous parle au quotidien, si nous le voulons, est sans cesse nouveau. C'est le merveilleux de cette rencontre unique qu'est le Christ dans une vie. Et même en Le fréquentant, nous ne Le connaissons pas, nous balbutions, les exégètes, les théologiens balbutient, Dieu est tellement grand, mais d'une grandeur abordable, elle n'écrase pas, elle éveille, elle relève, elle fait tenir debout! Dieu fait jaillir le meilleur « dans et de » nos vies ! Dieu comble une vie qui s'abandonne à son amour, d'un amour positif bien sûr, d'un amour responsable, d'un amour purifié, libéré …
Celui que le monde ne connaissait pas, qu'il ne connaît pas et ne reconnaît pas poursuit Jean le Baptiste n'a pas peur de venir humblement après le Précurseur, Il ne cherche pas la gloire et pourtant le Baptiste reconnaît qu'il n'est pas digne de dénouer les courroies de Ses sandales ! La vraie grandeur, nous ne le dirons jamais assez est dans la petitesse. Souvent les hommes rivalisent pour être grands, pour être reconnus, ils jouent des coudes pour se faire une place au soleil avec Jésus c'est tout le contraire, c'est à celui qui sera le plus petit
c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »

Oui Jésus vient derrière Jean, après Jean, et Il enseignera à faire de même «  quand vous êtes invités à des noces ne prenez pas les premières places ...attendez, «  le plus grand parmi vous sera comme celui qui sert … Lui-même se mettra à genoux devant ses disciples pour leur laver les pieds, Dieu à genoux devant l'humain ! Telle est la démesure de l' AMOUR DIVIN : DIEU à genoux. Peut-être serait-il bon de prendre quelques instants pour s'imprégner de cette grandeur dans la petitesse, dans l'humilité et de demander à ce Dieu qui nous approche, avec une infinie délicatesse , dans un corps de tout petit, d'éclairer le brouillard qui règne en nos cœurs pour nous permettre de percevoir nos inconséquences. Souvent, nous voulons tellement être, paraître, à coups de clairon nous clamons : j'y étais, je savais, j'ai fait ceci et encore cela, c'est moi qui ! » Savons-nous nous mettre à genoux devant nos frères ? Acceptons-nous d'apprendre à disparaître pour que Jésus transparaisse nous qui sommes pourtant créés à l'image et ressemblance de ce Dieu d'Amour ?

R. Nous sommes tout petit, tout petit devant toi Seigneur
Nous sommes tout petit devant Toi.

1.Devant les bois et les vallons, les hauts sommets de tous les monts
Devant le soleil, le ciel bleu, Toi seul est grand mon Dieu.

2.Toutes les fleurs à travers prés, le bouton d’or, l’épi de blé
Tout est reflet de ta clarté, tu nous as tant aimé.

3.Devant le tout petit enfant qui s’endort près de sa maman
Et qui sourit en s’éveillant : Jésus tu es présent.

Les Petites Sœurs de Jésus
Et Saint Jean l’Évangéliste de conclure:

Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain,à l’endroit où Jean baptisait.

En écrivant ce verset je pense que St Jean veut nous conforter dans la foi. En précisant de la sorte le lieu où le Précurseur est intervenu au Nom du Seigneur dont la Présence avait pris possession de son être, l'apôtre concrétise d'une certaine façon cette prédication qui bouleverse ceux qui sont dans l'Attente de la venue du Messie. Oui, c'est vrai, nous dit-il, c'est à cet endroit précis qu'il nous a fait part de la merveille espérée depuis des siècles. C'est à notre tour chers amis, d'être la voix qui prépare la route dans les déserts de nos campagnes et de nos villes, dans le désert du monde aussi! N'ayons pas peur Dieu est avec nous jusqu'à la fin des temps !

Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour


Le Seigneur fit pour moi des merveilles
Saint est Son Nom !



L'Ermite

vendredi 8 décembre 2017

PREPAREZ !

DEUXIÈME DIMANCHE DE L'AVENT

ANNÉE B


(Mc 1, 1-8)

« Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ;
tracez droit, dans les terres arides,
une route pour notre Dieu.
Que tout ravin soit comblé,
toute montagne et toute colline abaissées !
que les escarpements se changent en plaine,
et les sommets, en large vallée !
Alors se révélera la gloire du Seigneur,
et tout être de chair verra
que la bouche du Seigneur a parlé. »



Durant tout le temps de l'Avent nous avancerons avec Isaïe qui, environ 600 ans avant notre ère évoque l'attente du Peuple et annonce le Libérateur.
Il s'agit ici, du second Isaïe ou Deutéro Isaïe qui intervient dans les chapitres 40 à 55 En réalité celui qui écrit ce passage, serait un anonyme qui a vécu à la fin de l'exil babylonien, en terre étrangère. Son intervention se situe entre les années 550 et 538, c'est-à-dire entre les premiers grands succès remportés par le souverain perse Cyrus et la victoire définitive de celui-ci contre Babylone. On sait fort peu de chose de lui ; les textes font une allusion à sa vocation et peut-être à ses souffrances, si les cantiques du Serviteur le concernent. Son style est beaucoup plus chaleureux, passionné, plus « romantique » que celui du prophète Isaïe ; les formules hymnologiques et les oracles de salut abondent dans ses déclarations. Le plan de son livre est difficile à établir, car ce sont sans cesse les mêmes thèmes et les mêmes expressions qu'on retrouve dans ces chapitres. Il s'ouvre de façon significative par le verbe « consoler » et continue par une série de paroles qui ont trait à la fin de l'exil et au retour des déportés juifs en Terre sainte. Le prophète prévoit la chute de Babylone il annonce un nouvel exode sous la conduite de Seigneur lui-même , il sait que Cyrus est l'oint de Dieu et que ses succès ont pour but la reconstruction du temple de Jérusalem Le Proche-Orient tout entier est bouleversé pour permettre la libération du peuple de Dieu.
Mais le prophète se heurte à l'incrédulité, au découragement, à la mauvaise conscience de ses auditeurs. Les exilés doutent que leur Dieu veuille et puisse agir en leur faveur. Nous verrons , dans l’Évangile de ce dimanche que Marc avec Pierre, empruntent les propos du Deutéro Isaïe pour présenter le Précurseur et ce choix n'est pas indifférent.

Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu.Il est écrit dans Isaïe, le prophète :Voici que j’envoie mon messager en avant de toi,pour ouvrir ton chemin.
Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur,rendez droits ses sentiers.
Marc, l'un des premiers disciples de Jésus, accompagna Pierre à Rome et n'écrivit son Évangile pratiquement que sous sa dictée, avant 69, et sur des relations de témoins oculaires; Il essaie de montrer que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, surtout à travers ses actes, ses miracles notamment. Il propagea le christianisme en Égypte, où il est vénéré comme premier Patriarche d'Alexandrie où il fut martyrisé. Bien que son évangile soit le plus court, celui de Marc est le moins connu et le moins lu des évangiles. Le récit est parfois gauche, mal conduit. De ces remarques il ressort que Marc n'est à aucun degré une œuvre littéraire. Le plan de l'ensemble est comparable à celui de Matthieu en dehors du fait que cet écrit est plus court. Néanmoins, la pauvreté de la langue permet à la dramatique des scènes de prendre une dimension unique et rafraîchissante : l'évangile selon Marc est comme un témoignage oral, gauche, mais convaincant, sur la personne du Christ. Introduction à cet évangile dans Ictus

Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu.C'est par ces mots que Marc ouvre son Évangile, nous ne trouvons pas cela chez les autres évangélistes. D'emblée, Marc nous plonge dans l'identité profonde de Jésus !Il est Sauveur,c'est le sens de Jésus, Il est Christ c'est à dire l'oint du Seigneur de l'univers et donc Roi de cet univers, Messie de Dieu, donc Celui qui est attendu depuis des siècles , Celui qui vient accomplir la promesse, Il est également Fils de Dieu ce qui signifie s'Il est Fils de Dieu qu'Il est Lui-même Dieu .

Quant au terme ÉVANGILE, commun aux quatre évangélistes, ce terme révèle que chacun est conscient d'écrire , non des mémoires, voire une biographie, mais une grande et merveilleuse Bonne Nouvelle, c'est le sens du mot Évangile, en réponse à l'attente du Peuple . S'ils la fixent sur un parchemin c'est bien pour qu'elle traverse les âges et poursuive sa route jusqu'à nous et ceux qui nous suivront ! Et, cette Bonne Nouvelle est toujours « neuve » car nous n'aurons jamais fini d'en connaître la profondeur !

Matthieu commence cette Bonne nouvelle avec la généalogie de Jésus, sa naissance et son
enfance, Luc directement par la naissance et l'enfance, Jean, l'Aigle au regard perçant, capable de voir dans les abysses de Dieu , nous plonge dans le grand mystère d'un Dieu qui est depuis toujours et qui se fait chair pour nous rejoindre :

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.Il était au commencement en Dieu.Tout par lui a été fait, et sans lui n'a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue. (Jean 1)

il évoque ensuite, le Baptiste, venu pour rendre témoignage à la Lumière :

Il y eut un homme, envoyé de Dieu; son nom était Jean. Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous crussent par lui: non que celui-ci fût la Lumière, mais il avait à rendre témoignage à la Lumière.

Jean lui rend témoignage, et s'écrie en ces termes: "Voici celui dont je disais: Celui qui vient après moi, est passé devant moi, parce qu'il était avant moi." (Jean 1)

Pierre, Marc, Marc et Pierre s'appuient disais-je, sur l'oracle d'Isaïe : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi,pour ouvrir ton chemin.Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur,rendez droits ses sentiers.

Nous sommes dans la perspective de la venue du Jour de Dieu ; et dans le livre de l’Exode nous trouvons « Je vais envoyer un messager devant toi pour te garder en chemin et te faire entrer dans le lieu que j’ai préparé » (Ex 23, 20) ; c’est un rappel de la sortie d’Égypte. Ce que Marc sous-entend ici en quelques mots, c’est que Jean-Baptiste nous achemine de l’Alliance historique conclue dans le désert de l’Exode vers l’Alliance définitive en Jésus-Christ. 
 
L’Évangile selon St Marc (et Pierre) s'enracine dans l'Ancienne Alliance, il puise dans les textes prophétiques, pour établir le lien entre les deux Alliances, la seconde débutant avec l'apparition de Jean le Baptiste venu désigner Celui qui vient. Il n'y a pas rupture mais accomplissement de la Parole des Prophètes dans Celui qui vient renouveler toutes choses et surtout, révéler le Père . Jean le Baptiste n'a pas d'autre ambition que celle de Lui ouvrir la route, c'est son appel, c'est sa vocation : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales.Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ;lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. » 
 
« je ne suis pas digne de m’abaisser » cette expression est d'une puissance surprenante et inégalable. Pour accomplir un geste aussi humble que celui de défaire les courroies des sandales du Christ, une grâce bien particulière est nécessaire, indispensable ! Jean le Baptiste nous signifie l'éminente dignité de Celui qui vient ! On n'approche pas Dieu, on ne touche pas Dieu sans se brûler, sans être brûlé ! « N'approche pas d'ici, ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte. .. Moïse se cacha le visage, car il craignait de regarder Dieu.» Ex 3 Cela peut nous renvoyer à la façon dont nous accueillons Jésus , dans nos mains, à la « communion », dans nos cœurs surtout ! « Seigneur, dit le Centurion, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit »  dans quel état d'esprit reprenons-nous ce verset en nous approchant du Saint des saints !

A son heure, Jean apparaît dans le désert Alors Jean, celui qui baptisait,parut dans le désert. Le désert réel mais aussi et surtout, le désert spirituel parce l'humanité avance aveuglément « comme un troupeau sans berger ! » Et que disait Jean ? :Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. » Le Baptiste ne trompe pas les populations pour les attirer, il n'enjolive pas le message, il annonce et préconise un
baptême de conversion ! Il invite, sans la moindre préparation, sans le moindre préalable, à changer de vie à se laisser retourner pour se préparer à accueillir Celui qui vient et dont il n'est pas digne de dénouer les courroies de ses sandales. Et les foules viennent de partout pour entendre son message et demander ce baptême. Il avertit pourtant ; moi je vous baptise dans l'eau mais Lui vous baptisera dans l'eau et dans l'Esprit Saint. Cela ne les rebute pas, ils ne disent pas « attendons le vrai ! » non ils demandent ce baptême que Jésus viendra parfaire, pour s'ouvrir davantage à cet amour. 
 
Ils ne reculent pas devant l'effort demandé et nous ? Car si Jésus est venu, Il ne cesse d'advenir, si nous accourrons vers Lui, si nous déposons le fardeau de nos péchés au pied de la mangeoire , dans la mangeoire, si nous Lui offrons nos pauvretés pour qu'Il renouvelle nos cœurs et que nous nous relevions dynamisés pour devenir des annonceurs de cette unique Bonne Nouvelle , l’Évangile de Jésus-Christ !

Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui,et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain,en reconnaissant publiquement leurs péchés.

Jean n'avait rien d'un dandy il ne cherchait pas à plaire, non ! Son vocabulaire était rude : «  Race de vipères, qui vous a appris à fuir la colère qui vient? (Luc ( 3) Les foules ne sont attirées ni par sa prestance, ni par ses vêtements, ni par une table remplie de mets savoureux et encore moins par des paroles doucereuses , Jean est lui-même un pénitent qui attend le Salut de Dieu, il mène une vie austère et dépouillée son ambition est de préparer la route à Celui qui vient !

Quelles sont mes ambitions aujourd'hui ? Briller ? Être reconnu, connu ? Rassembler pour me donner de l'importance ? Me faire une place au soleil ? Attirer l'attention ? Avoir la dernière voiture ? La dernière moto ? Un vêtement de marque qui attire les regards ? La plus belle villa ? Tout ce qui fait l'affiche ! Un portefeuille prêt à craquer ? Une belle fourrure ? Quelles sont mes ambitions ?? 
 
Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ;il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.Il s'habillait et se nourrissait de ce qu'il trouvait sur place, de ce que lui offrait le désert .

Avons-nous ce désir chevillé au corps et à l'esprit, de préparer le route au Seigneur dans le cœur de nos frères et, en premier, dans le nôtre ? Il ne s'agit pas d'imposer, mais d'être vraiment qui nous sommes, de savoir témoigner de notre attachement à l’Évangile, au Christ Lui-même !

Par la suite, Jésus Lui-même ne manquera pas de rendre témoignage à Jean le Baptiste :
Après le départ des envoyés de Jean Baptiste, Jésus se mit à parler de lui aux foules : « Qu'êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau agité par le vent ?... Alors, qu'êtes-vous allés voir ? Un homme aux vêtements luxueux ? Mais ceux qui portent des vêtements magnifiques et mènent une vie de plaisir sont dans les palais des rois. Alors, qu'êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis ; et bien plus qu'un prophète ! C'est de lui qu'il est écrit : Voici que j'envoie mon messager en avant de toi, pour qu'il prépare le chemin devant toi. Je vous le dis : Parmi les hommes, aucun n'est plus grand que Jean ; et cependant le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui. Tout le peuple qui a écouté Jean, y compris les publicains, a reconnu la justice de Dieu en recevant le baptême de Jean. (Luc 7)

Dès lors ne craignons pas d'être « sacré » insignifiant, inutile , et tout ce qu'il y a de plus bas car le plus petit dans le royaume de Dieu, nous dit Jésus, est plus grand que lui. Puissions-nous devenir plus petit que Jean pour la seule Gloire du Père !

Préparez, à travers le désert,
Les chemins du Seigneur.
Écoutez, veillez, ouvrez vos cœurs,
Car Il vient, le Sauveur


Tracez, dans les terres arides,
Une route aplanie pour mon Dieu.
Les ravins seront relevés,
Tous les monts et les collines abaissés


Portez à mon peuple la joie,
Consolez, consolez mes enfants!
Proclamez le salut de Dieu,
Le rachat et le pardon des péchés 
 


Élève avec force ta voix!
Le voici, ton berger, ne crains pas!
Il rassemble tous ses enfants,
Les conduit sur les chemins de la Vie

l'Ermite

vendredi 1 décembre 2017

VEILLER, C'EST ATTENDRE, C'EST ESPERER

PREMIER DIMANCHE DE L'AVENT
ANNÉE B 
 

(Mc 13, 33-37)

L’Avent est la période durant laquelle nous nous préparons à célébrer simultanément :
  • la venue du Christ à Bethléem il y a deux mille ans,
  • -sa venue dans le cœur des hommes de tout temps
  • -et son avènement dans la gloire à la fin des temps : « Il est venu, Il vient, Il reviendra ! ».
L’Avent est la période durant laquelle nous nous préparons intérieurement à célébrer Noël, événement inouï, et décisif pour l’humanité, puisque Dieu s’est fait homme parmi les hommes : de sa naissance à sa mort sur la Croix, il a partagé en tout la condition humaine, à l’exception du péché
Cette préparation de l’Avent est d’autant plus importante qu’il s’agit aussi de célébrer la venue du Christ dans le cœur des hommes de tout temps et son avènement dans la gloire à la fin des temps.
Chacun est appelé à la vigilance et au changement de vie. La parole des Prophètes, qui retentit en chaque liturgie dominicale de l’Avent, redit la nécessité de la conversion et de la préparation du cœur, comme le rappellent également les autres lectures de la messe
Le début de l’Avent marque aussi l’entrée dans une nouvelle année liturgique : celle-ci commence chaque année avec ce temps de préparation à Noël, pour s’achever une année plus tard à la même période.
L’Avent, comme l’ensemble du calendrier liturgique catholique, nous aide à revivre les grands événements de la vie et de l’enseignement du Christ, en particulier de sa naissance (Noël) à sa Résurrection (Pâques). L’Église relit et revit donc « tous ces grands événements de l’histoire du salut dans  « l’aujourd’hui » de sa liturgie » (Catéchisme de l’Église catholique, § 1095).


L'Avent est tout à la fois un temps d'attente, un temps de veille, un temps d'espérance , nous éprouvons très fort ces sentiments en écoutant ce passage du Prophète Isaïe : Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes seraient ébranlées devant ta face. Nous ne percevons sans doute pas suffisamment à quel point ce fut une déchirure pour le Père et pour le Fils de consentir à cet avènement d'un Dieu qui humblement va vivre toutes les étapes de procréation en se cachant dans un corps, celui d'une créature, sans doute exceptionnelle, mais créature humaine ! Puis dans le « corps humanité » dont Il
épouse toutes les limites, hormis le péché ! Dieu sous le « voile » humain, l'humain qui voile son Dieu : c'est vertigineux ! Et c'est tellement grand, profond, inouï que nous balbutions à peine cette immensité qui nous confond et nous dépasse ! Dieu, est vraiment très grand pour se faire si petit !
Dieu vit en Lui même la déchirure et laisse s'ouvrir une ère nouvelle Jamais on n’a entendu, jamais on n’a ouï dire, nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi agir ainsi pour celui qui l’attend. Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice, qui se souvient de toi en suivant tes chemins.... Déchirure de l'espace-éternité qui s'ouvre et laisse partir le Verbe, déchirure du cœur du Père, si je peux me permettre,(peut-être le terme ESSENCE conviendrait-il mieux) qui voit le Fils s'éloigner pour prendre un « autre vêtement » avec le projet de rencontrer celui qui l'attend et même ceux qui ne L'attendent pas, car Il est Dieu et ne fait pas de différences entre les hommes ! Dieu déchire les cieux, la terre tout entière et pas seulement les montagnes, est ébranlée par la venue de Celui qui fera toutes choses nouvelles! Dieu, en Son Unique, vient rencontrer celui qui l'attend, les autres aussi, Dieu vient te rencontrer, me rencontrer ! Et parce que, pour Dieu, un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour, l’Église permet chaque année, à toutes les générations, d'expérimenter cette entrée, combien humble, du Roi que nous fêtions dimanche dernier,
caché dans un petit d'homme, en qui nous devons apprendre à reconnaître, notre Rédempteur « C’est toi, Seigneur, notre père ;« Notre-rédempteur-depuis-toujours », tel est ton nom. » Celui qui, pour aussi insignifiant qu'Il apparaisse, EST de toute éternité notre Seigneur, c’est (Lui, notre Père) toi notre père. Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes. « Lui de condition divine Voici que (qu'Il est descendu, qu'Il descend) tu es descendu : les montagnes furent ébranlées devant ta face. Il bouleverse tout, sans faire de bruit, simplement parce « qu'Il EST QUI Il EST » : «  JE SUIS QUI JE SUIS » Il vient façonner l'homme, l'homme debout, et cela depuis la nuit des temps et jusqu'à la fin des temps ! Lui permettrons-nous, durant cet AVENT 2017 de poursuivre Son œuvre, en la malaxant à son gré pour la rendre conforme à Son attente ? Pour ce faire, ouvrons notre ouïe pour entendre retentir, jusque dans les espaces les plus reculés de notre pâte humaine l’Évangile de ce jour qui nous est personnellement adressé, un peu comme une lettre d'amour :
 « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. » Cette recommandation nous est familière désormais, elle vient et revient depuis quelques semaines pour nous réveiller de nos torpeurs, souvenons-nous les jeunes filles invitées aux noces , les unes étaient réfléchies et donc prévoyantes, les autres étourdies et donc totalement déconnectées du réel ! Où nous situons-nous ? Le Maître, le nôtre, déchire les cieux , allons-nous Le laisser passer sans Le voir, L'entendre, Le rencontrer, ou plus

exactement, nous laisser rencontrer , ou bien allons-nous décider fermement, avec conviction et persévérance d'entrer généreusement dans ce temps idéal pour reprendre des forces , Lui permettre de déchirer notre propre cœur et renouveler tout ce qui est vieillot, usé, élimé,ou simplement défraîchi ? En effet vous (nous ne savons pas ) ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ;
s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »
Nous ne pouvons plus dire ce qu'écrivait Isaïe au Peuple dans l'attente « tu nous as caché ton visage,tu nous as livrés au pouvoir de nos fautes » par contre nous pouvons reprendre à notre compte le dernier verset : Seigneur, c’est toi notre père. Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes accepterons-nous qu'Il continue de nous façonner pour approcher de ce qu'Il espère de nous. Oui, Dieu aussi nous espère,
Il espère voir advenir de plus en plus, de mieux en mieux, Sa crèche, Sa mangeoire en chacun de nous ! Nous pouvons devenir la crèche, la mangeoire où Dieu, en Jésus, vient DEMEURER ! Où Marie et Joseph viennent Le déposer parce qu'ils n'ont pas trouver de place dans le « Palace » du monde ! Serons-nous de ceux qui Lui ouvrent la porte de leur vie ou Le laisserons-nous dans la violence, froide et brûlante tout à la fois , des drames que génère notre humanité aveuglée par ce qui brille de lumières artificielles ? La vraie, l'unique LUMIÈRE , c'est LUI et Lui seul ! Puissions-nous en cet Avent 2017, prendre au sérieux Sa recommandation :
Veillez 

 
Que signifie Veiller ? Je vous propose de découvrir ce qu'en dit Paul Baudiquey dans l'un de ses poèmes :


VEILLER, c'est respecter la nuit : la peupler d'une présence, la remplir d'une ATTENTE
VEILLER, c'est traverser l'épreuve de la nuit : une épreuve menaçante, épuisante ; une épreuve fécondante, fondatrice.

VEILLER , c'est traverser la nuit dans l'attente d'une aurore...comme un veilleur attend l'aurore …

VEILLER engage Dieu autant que nous : « Veilleur » est son Nom ! Il nous a gravés sur
la paume de Ses mains. Nous sommes l'argile dont Il est le Potier.

VEILLER engage Dieu : nous sommes entre bonnes mains.Dieu veille sur nous : à l'ombre de Ses ailes je ne crains aucun mal! Dieu veille en nous : « Il fait don de Sa lumière (Jésus) aux croyants

VEILLER c'est tout attendre de la VIE (Jésus) et s'en remettre à Elle, sans faux-fuyant, sans arrière-pensée.

VEILLER c'est refuser que la VIE S’ÉTEIGNE.

VEILLER c'est ATTENDRE , c'est s'ouvrir à un à-venir


Si nous vivons cet AVENT en état de VEILLE nous ne craindrons pas le retour du maître parti pour un grand voyage, nous L'attendrons bien éveillés , heureux de L'accueillir et d'être accueillis , de sentir Ses grands bras chaleureux et pleins d'amour se refermer sur nous pour nous envelopper tendrement en murmurant cette berceuse : « viens serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.' (Matthieu 25) et encore «  L'Esprit et l'Épouse disent : « Viens ! » Celui qui entend, qu'il dise aussi : « Viens ! »Celui qui a soif, qu'il approche. Celui qui le désire, qu'il boive l'eau de la vie, gratuitement. (Apocalypse 22)

Ce que je vous dis là, je le dis à tous :Veillez ! 
 

L'Ermite