jeudi 14 juillet 2016

UNE SEULE CHOSE EST NECESSAIRE

XVIe DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Luc 10 38-42



  En ce temps-là,
    Jésus entra dans un village.
Une femme nommée Marthe le reçut.
    Elle avait une sœur appelée Marie
qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.

Cette péricope éveille chez moi, quelques remarques :

C'est Marthe qui reçoit : cela signifie qu'elle est la maîtresse de Maison et Marie semble être de passage ou tient une place secondaire. Cependant, la question qui suit évoque une certaine intimité entre les deux sœurs, une proximité.

Marie, immédiatement, s'installe au pied du Maître, elle semble Le connaître et, d'entrée de jeu, ne veut rien perdre de Ses Paroles, Lui la Parole incarnée.

Marthe ne semble pas prendre le temps de l'accueil pourtant très important en Orient, vite elle rentre en action et s'affaire pour préparer le repas de ses hôtes. (N'oublions pas que Jésus est en route pour Jérusalem avec Ses disciples et que, chemin faisant Il profite de toutes les circonstances pour les enseigner.)

Nous sommes en présence de deux attitudes différentes mais qu'il serait maladroit, me semble-t-il, d'opposer, comme cela a souvent été le cas : Marie la contemplative, Marthe l'hyper active ! La vie ne nous montre-t-elle pas que les deux sont indispensables ?

S'il n'y avait que des « Marie » à l'état pur, celles-ci dépériraient vite, quant aux « Marthe » le risque serait de s'agiter au maximum sans la moindre réflexion au point de tout bousculer sur son passage et de faire plus de mal que de bien ! Alors quel est la clef de ce message ? Poursuivons sereinement notre lecture :

    Quant à Marthe, elle était accaparée
par les multiples occupations du service.
Elle intervint et dit :
« Seigneur, cela ne te fait rien
que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ?
Dis-lui donc de m’aider. »



Que Marthe soit accaparée par les exigences de cette visite, me semble tout-à-fait normal, voire louable, elle se met vite à l’œuvre pour honorer son hôte et Ses accompagnateurs. Qui agirait différemment ?

Son intervention, par contre, affiche un certain agacement :« Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ?Dis-lui donc de m’aider. » N'y a-t-il pas là matière à une première remise en question de Marthe, de chacun de nous aussi ?

Dans ce contexte, que Marthe fasse appel à sa sœur cela semble légitime, elle porte seule le poids de cette réception. Mais, si nous décortiquons le contenu, nous nous rendons vite compte qu'il s'agit plus d'une revendication habitée par une certaine animosité , voire une pointe de jalousie .

Marthe ne s'adresse pas à sa sœur, pourquoi ? De plus, elle souligne la négligence de Marie et demande à Jésus d'intervenir. Toutes deux sont adultes, donc en mesure de régler entre elles leurs différents. Pourquoi appeler Jésus au secours et en quels termes d'ailleurs ! : « cela ne te fait rien ? Dis-lui donc de m’aider. » Ne reconnaissons-nous pas une colère sourde dans de tels propos ? Un sans gêne autoritaire dans sa réclamation ? Ne pouvait-elle discrètement s'approcher de sa sœur pour lui demander de la soulager ? S'excuser, le cas échéant, d'interrompre leur conversation et demander de l'aide ?

Notons au passage, que Marthe semble avoir légèrement exagérer dans la préparation de ce repas, Jésus fait une pause pour se reposer Il ne vient pas festoyer, l'important, pour Lui, n'est-il pas dans la Rencontre ? Jésus monte vers Sa Pâques, Il veut revoir Ses amis, lesquels ignorent bien sûr qu'il s'agit sans doute d'une ultime visite. Marthe en bonne Maîtresse de Maison cherche à faire plaisir, peut-être aussi à plaire, Marie est entièrement tournée vers le Maître, on peut dire qu'elle boit Ses Paroles, ne veut rien perdre de cette extraordinaire Présence.

Il n'est pas négligeable de nous arrêter personnellement sur ce comportement pour prendre la mesure de nos peurs, de notre sans gêne de nos immaturités relationnelles, de nos jalousies, rivalités...des motivations de nos interventions ! à chacun de trouver où le bât blesse dans sa propre vie.

Jésus est loin d'être dupe, mais là encore ne déformons pas ses propos. Essayons d'accueillir le message :

    Le Seigneur lui répondit :
« Marthe, Marthe, tu te donnes du souci
et tu t’agites pour bien des choses.
    Une seule est nécessaire.
Marie a choisi la meilleure part,
elle ne lui sera pas enlevée. »



Que nous dit Jésus ? Jésus ne méconnaît pas les règles de l'hospitalité, Il sait aussi, que la préparation d'un repas, même simple, demande du temps, Jésus sait surtout qu'Il est en route pour Jérusalem et, que bientôt, Il disparaîtra des yeux de Ses amis, Il désire profiter de tous les instants de rencontre pour développer Son message d'Amour et révéler Son Père.

Marthe, si elle ne brasse pas du vent, semble s'intéresser au repas et à son service, elle souhaite que tout soit accompli au mieux , peut-être même trouve-t-elle une certaine satisfaction dans ce rôle de Maîtresse de Maison, ce n'est pas mauvais en soi, mais tout dépend de ce qui anime son cœur. Or les propos qu'elle a tenus sont loin d'être pacifiques et pacifiant !

Certains, pourraient être tentés, de voir dans l'attitude de Marie, un repli sur soi, une certaine paresse, un manque de réalisme, pourtant Jésus fait l'éloge de son attitude alors que veut-Il nous dire ?

Je pense que Jésus nous invite ici à aller à l'essentiel, à bien discerner les situations pour effectuer les bons choix, au bon moment. Souvenons-nous de ce passage de l’Écriture :

« Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux:
un temps pour naître, et un temps pour mourir;
un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté;
un temps pour tuer, et un temps pour guérir; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir;
un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser;
un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres; un temps pour embrasser, et un temps pour s'éloigner des embrassements;
un temps pour chercher, et un temps pour perdre; un temps pour garder, et un temps pour jeter;
un temps pour déchirer, et un temps pour coudre; un temps pour se taire, et un temps pour parler;
un temps pour aimer, et un temps pour haïr; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix.
Quel avantage celui qui travaille retire-t-il de sa peine? » Ec 3

Je dois apprendre à maîtriser mes pensées, mes aspirations, mes projets, mes désirs. Tout choix suppose un renoncement, à moi de bien peser pour discerner l'important de l'accessoire, je pense que c'est le sens de la réponse de Jésus. Certes Jésus est content de se restaurer chez ses amis mais être écouté, est supérieur et Il nous invite à ce qui est supérieur. «  viendront des jours où l'époux leur sera enlevé, et alors ils observeront le jeûne en ces jours-là. » Luc 5

Quelles sont nos priorités dans nos vies ? Est-ce que je sais prendre du temps pour écouter Jésus qui parle à mon cœur ? Est-ce que je sais m'asseoir à Ses pieds (aujourd'hui, devant le Tabernacle,) ou me retirer dans ma chambre et faire silence pour me laisser enseigner ?

Le Seigneur éveille, chaque matin, il éveille mon oreille, pour que j'écoute en disciple. Le Seigneur m'a ouvert l'oreille! et moi, je n'ai pas résisté, je ne me suis pas retiré en arrière. Is 50

Comme les oiseaux, comme les lis des champs est-ce que je Lui fais confiance :
« Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. Car la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement. Observez les corbeaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’ont ni cellier ni grenier ; et Dieu les nourrit. Combien plus valez-vous que les oiseaux ! Et qui d’entre vous peut par son inquiétude prolonger tant soit peu son existence ? Si donc vous êtes sans pouvoir même pour si peu, pourquoi vous inquiéter pour tout le reste ? Observez les lis : ils ne filent ni ne tissent et, je vous le dis : Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a jamais été vêtu comme l’un d’eux. Si Dieu habille ainsi en pleins champ l’herbe qui est là aujourd’hui et qui demain sera jetée au feu, combien plus le fera-t-il pour vous, gens de peu de foi. Et vous, ne cherchez pas ce que vous mangerez ni ce que vous boirez, ne vous tourmentez pas. Tout cela, les païens de ce monde le recherchent sans répit, mais vous, votre Père sait que vous en avez besoin. Cherchez plutôt son Royaume, et cela vous sera donné par surcroît. Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. » (Lc 12, 22-32)

Les Paroles de Jésus sont à prendre au sérieux, qui que je sois, quelles que soient mes obligations, une maison à tenir, à faire tourner, est-ce que je sais me ressourcer auprès du Maître pour être plus fort, plus éclairé ?

Ou bien je trouve belles les Paroles de Jésus dans l’Écriture mais je les reçois comme des Paroles d'un passé révolu, comme de belles histoires sans accepter qu'elles s'adressent à moi, AUJOURD'HUI, dans mon contexte de vie, dans les soucis de la vie. Est-ce que je prends le temps et les moyens de les accueillir pour me laisser aimer, inspirer, éclairer, consoler parfois, pardonner souvent ?

Heureux ceux qui ont entendu la Parole
dans un cœur bon et généreux,
qui la retiennent et portent du fruit
par leur persévérance.
Lc 8, 15


 l'Ermite

samedi 9 juillet 2016

VA, ET TOI AUSSI FAIS DE MÊME !

XV e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

(Lc 10, 25-37)



« Au même moment, il tressaillit de joie par l'Esprit-Saint, et il dit: " Je vous bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents, et les avez révélées aux simples. Oui, Père, car tel fut votre bon plaisir. Toutes choses m'ont été remises par mon Père; et personne ne sait ce qu'est le Fils, si ce n'est le Père, ni ce qu'est le Père, si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils aura bien voulu le révéler. "

Et se tournant vers les disciples, il leur dit en particulier: " Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le dis, beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous, vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. (Luc 10)

Telle était la conclusion de l’Évangile de dimanche dernier (version longue). Les disciples ont vécu des moments très forts, Jésus en est bouleversé, Il éprouve une joie profonde qu'Il fait remonter vers le Père puis Il leur adresse une béatitude se réjouissant des grâces qui leur sont accordées ! 

Sans doute, lors de cette assemblée où les disciples s'émerveillent de ce que le Père a réalisé par leur entremise, y a-il des « badauds » , des personnes attirées par la joie, les exclamations, les émerveillements, les interventions des uns et des autres et surtout, celles de Jésus qui calme le jeu, en invitant Ses disciples au réalisme de la situation. Parmi « ces curieux » un homme, un Docteur de la Loi, fier de son savoir se lève – remarquons la solennité de la démarche – ce qui signifie qu'il compte se faire entendre et veut attirer l'attention. « un Docteur de la Loi se leva » Le plus subtil réside dans ce qui l'anime : « et mit Jésus à l’épreuve en disant ».
Son intention n'est pas de découvrir, mais de gêner Jésus, de Le mettre dans l'embarras. Nous rencontrons cela plusieurs fois dans les Évangiles, c'est dire la prétention de l'entourage de Jésus et nous ne devons pas hésiter à nous arrêter pour regarder au plus profond de notre être, les raisons qui nous font parler, agir … Il n'est pas inutile de se demander ce qui motive nos démarches, nos questions … Désirons-nous grandir dans l'Amour et faire grandir nos frères ou bien cherchons-nous à colporter
des nouvelles, à mettre dans l'embarras, à écraser nos semblables … Nous sommes seuls à pouvoir répondre et, en cette année de la Miséricorde, nous sommes invités à ajuster nos vies aux paroles vivifiantes et dynamisantes de l’Évangile. Acceptons de nous remettre en question, d'être vrais, profondément vrais et lucides, avec nous-mêmes et avec nos frères.


« Maître, que dois-je faire
pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
    Jésus lui demanda :
« Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ?
Et comment lis-tu ? »

Jésus ne se laisse pas enfermer. Comme souvent, Il ne répond pas à la question, mais renvoie son interlocuteur à la loi de Moïse, n'a t-il pas dit : « Je ne suis pas venu abroger la loi mais la parfaire ».Tout ce que dit la Loi est bon, mais Jésus va plus loin.

    L’autre répondit :
« 
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de toute ta force et de toute ton intelligence,
et ton prochain comme toi-même.
 »
    Jésus lui dit :
« Tu as répondu correctement.
Fais ainsi et tu vivras. »

Pour le moment Jésus s'arrête là, Il sait que cet homme cherche le conflit, aussi avance-t-Il à son pas.
Savons-nous régler notre marche au rythme de celui de nos frères ? Savons-nous attendre le « bon moment » pour poser la bonne question ? Pour permettre à l'autre de grandir.
Le P.Leclerc ancien Curé de Notre Dame de Paris, écrivait dans son livre « Sous le soleil de Dieu » (je cite de mémoire) « il ne sert à rien de tirer sur les pétales d'une fleur pour hâter son éclosion, agir ainsi c'est la faire faner avant de naître. »
L'éducation demande beaucoup de patience, beaucoup de délicatesse, de finesse, de respect. C'est ainsi qu'agit Jésus avec chacun de nous, ne craignons pas de faire de même ! Et nous vivrons !

    Mais lui, voulant se justifier,
dit à Jésus :
« Et qui est mon prochain ? »

Que de fois ne cherchons-nous pas à avoir le dernier mot ! C'est une attitude puérile, de domination aussi. Là encore, Jésus ne se laisse pas prendre au piège, Il répond par une histoire – notons Sa présence d'esprit – qui devrait retourner la situation et, s'il est honnête, notre homme, comme « une crêpe » !

    Jésus reprit la parole :
« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho,
et il tomba sur des bandits ;
ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups,
s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
    Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    De même un lévite arriva à cet endroit ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ;
il le vit et fut saisi de compassion.
    Il s’approcha, et pansa ses blessures
en y versant de l’huile et du vin ;
puis il le chargea sur sa propre monture,
le conduisit dans une auberge
et prit soin de lui.
    Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent,
et les donna à l’aubergiste, en lui disant :
‘Prends soin de lui ;
tout ce que tu auras dépensé en plus,
je te le rendrai quand je repasserai.’
    Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain
de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
    Le docteur de la Loi répondit :
« Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. »
Jésus lui dit :
« Va, et toi aussi, fais de même. »

Jésus avance finement, Il met en scène, un prêtre sensé donner l'exemple, un Lévite lequel dans le service synagogal est appelé à la lecture de la Loi immédiatement après un cohen, le prêtre par excellence, dont le lévite est le desservant. Vient enfin le Samaritain un étranger, quelqu'un qui, comme tel, est regardé de travers, quelqu'un de qui on n'attend rien et que l'on évite. Et c'est celui-là que Jésus choisit pour donner une discrète leçon à notre Docteur de la Loi ! Le prêtre, le Lévite sont passés sans prêter attention à cet homme en difficultés, le Samaritain non seulement panse ses plaies mais il prend en charge l'ensemble des soins. Il le met en sécurité dans une hôtellerie et se chargera de la note !

Jésus peut maintenant interroger le Docteur, lui demander d'exercer son discernement et, de cette façon, retourner la situation. « Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? »

Celui qui voulait piéger Jésus n'a pas d'échappatoire, il ne peut nier l'évidence et sa réponse tombe , sans équivoque :« Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. »

Celle de Jésus ne tarde pas et met son interlocuteur face à lui-même :« Va, et toi aussi, fais de même. » L'incident est clos, notre homme n'a plus rien à dire !

Car Dieu a jugé bon
qu’habite en lui (Jésus)toute plénitude
    et que tout, par le Christ,
lui soit enfin réconcilié,
faisant la paix par le sang de sa Croix,
la paix pour tous les êtres
sur la terre et dans le ciel.

Mais que veut nous dire Jésus à nous, les chrétiens de tous les temps à travers cette Parabole ? Jésus, comme toujours, ne parle pas au seul Docteur de la Loi en question, Jésus nous rejoint chacun là où nous sommes et dans notre cheminement tel qu'il est et là où nous en sommes. Je pense que Jésus nous invite à ne pas faire de différences entre les hommes, comme l'écrit Saint Paul dans sa lettre aux Galates : 

«Il n'y a ni hommes ni femmes, ni Juifs ni Grecs, ni hommes libres ni esclaves, vous êtes tous un en Jésus-Christ»

Dieu n'établit aucune différence entre les hommes, chaque personne est unique, chaque personne est précieuse, elle a du prix à Ses yeux : «  Parce que tu as du prix à mes yeux, que tu as de la valeur et que je t'aime" (Isaïe 43)
A nous d'entendre le message, de le faire vivre en notre chair« Elle est tout près de toi, cette Parole, afin que tu la mettes en pratique » (Dt 30, 10-14). e terroriste lui-même a du prix , nous avons le devoir de le prendre en charge dans la prière pour qu'il se convertisse et qu'il vive ! Jésus a versé son sang pour lui, pour moi, pour chacun de nous .

« Le Seigneur ne tarde pas dans l'accomplissement de la promesse, comme certains le pensent; au contraire, il fait preuve de patience envers nous, voulant qu'aucun ne périsse mais que tous parviennent à la repentance. » P 2,9

 Il ne serait pas le Sauveur s'Il laissait de côté une seule de Ses brebis, Jésus n'exclut personne ! Ce Docteur de la Loi, Jésus ne le rejette pas bien au contraire, Il lui propose une Parabole pour qu'il avance et Lui conseille d'imiter le Samaritain qui, bien que rejeté, vient au secours de l'homme blessé ! Rien absolument rien ne doit nous arrêter sur le chemin de la sainteté. 
«  Dans toutes ces épreuves nous sommes plus que vainqueurs, par celui qui nous a aimés. Car j'ai l'assurance que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu dans le Christ Jésus Notre-Seigneur. (Romains 8)

N'oublions pas la recommandation de Jésus :

« Va, et toi aussi, fais de même. »

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

AMEN !

L'Ermite

samedi 2 juillet 2016

PAIX A CETTE MAISON !

XIV e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

(Lc 10, 1-9)



Ce passage d’Évangile fait suite à de celui de dimanche dernier. Jésus marche vers Jérusalem, Il appelle et envoie, ce faisant, Il parle clairement, Il précise bien les conditions et montre les difficultés que rencontreront les missionnés. Jésus n'est pas de ceux qui feraient miroiter l'appel entendu, non, Jésus est vrai : « Je suis le chemin, la Vérité et la Vie » , Il prévient Ses envoyés des difficultés auxquelles ils seront confrontés ! Jésus prend toutefois quelques précautions :


 « le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. "Ses messagers ne partent pas en solitaires, ils sont envoyés deux par deux. C'est une mesure de prudence, ils peuvent se concerter pour les décisions à prendre, se soutenir dans la fatigue, se relayer dans la conversation, s'entraider dans les éventuelles difficultés, s'éclairer dans les doutes, et surtout, faire Église dans la prière, se rappelant cette Parole du Maître :   « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom Je suis au milieu d'eux » Mt 18,20 Les disciples savent, que, même éloignés, l'Esprit de Jésus est avec eux !
Et nous, sommes-nous convaincus, de n'être jamais seuls ? Avons-nous foi en cette Présence du Christ au cœur de nos vies ? Faisons-nous le silence nécessaire pour L'entendre parler à notre cœur ? Lui demandons-nous Ses lumières, l'assistance de Son Esprit ? Jésus est là, dans le Temple de mon cœur et trop souvent je Le laisse seul, je L'ignore même, j'avance sans Lui demander son point de vue, ce qu'Il attend, ce qu'Il espère, ce qu'Il veut !
Dès cette heure, Jésus invite Ses disciples à une prise de conscience sur l'ampleur de la mission, et sur la pauvreté des moyens : « Il leur dit :
« La moisson est abondante,mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Nous sommes en présence de trois éléments d'envergure :

- la moisson est abondante : la Bonne Nouvelle de l'amour du Père doit être annoncée au monde entier
- nous sommes peu nombreux : face à cette immense tâche nous sommes une poignée, c'est dérisoire et toujours vrai aujourd'hui ! Nous sommes ce petit reste d'Israël !
- priez : priez qui ? Priez le Maître de la moisson, et le Maître c'est le Père c'est vers Lui que nous devons orienter nos supplications pour que des cœurs généreux se lèvent pour participer à cette œuvre du Salut. Jésus

est l'Envoyé du Père, le Maître, c'est Son Père et notre Père. Le Père ne s'impose pas, c'est pour cette raison qu'il est important de Lui demander Ses grâces, de L'appeler, de Lui exposer nos besoins et ceux du monde. C'est par respect de notre liberté que nous sommes invités à faire cette démarche. Il suffit de réfléchir tant soit peu pour le comprendre. Soi-même, dans les relations, n'attend-on pas l'éveil d'un désir chez l'autre pour nous porter à « son secours » ? N'avons-nous pas coutume de dire : « je ne veux pas m'imposer , au moindre signe, je serai là ! » Dieu Père, de qui vient tout bien, agit de la même façon, IL ne nous impose rien, Il nous espère sans cesse, écrit quelque part le Père Paul BAUDIQUEY. Alors supplions Notre Père d'envoyer des ouvriers à Sa Moisson, Il ne peut pas, ne pas répondre à notre attente.

Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales,et ne saluez personne en chemin.


La mission confiée n'est pas facile, Jésus ne le cache pas,« pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté.Par elle, le monde est crucifié pour moi,et moi pour le monde. » Ga 6 les disciples seront confrontés au rejet, comme Jésus l'a été Lui-même . « A partir de ce moment ils cherchaient à le faire mourir » Quoiqu'il en soit, ils doivent faire preuve de douceur, de bienveillance, d'humilité, comme Jésus «  doux et humble de cœur »  
En vivant au jour le jour, non seulement ils imiteront Jésus « qui n 'avait pas une pierre où reposer sa tête » mais ils témoigneront du seul essentiel : « Dieu ! ». «Cherchez d’abord le Royaume et sa justice et
le reste vous sera donné par surcroît » lisons-nous chez St Matthieu 
Quoiqu'il en soit, quelles que soient les situations, le disciple doit annoncer, porter , répandre la Paix de Jésus. Nous devons croire que la Paix est Signe de la Présence de Jésus, non pas une Paix facile, mais la paix que Jésus répand dans nos cœurs et communique partout où se trouve un de Ses amis ! Toutefois, certains peuvent la refuser et chercher le conflit, notre rôle est d'apaiser, de ne pas alimenter la guerre, et si nous ne sommes pas écoutés, de nous retirer en priant pour ceux qui refusent la paix , nous manifestons ainsi notre désintéressement et nos interlocuteurs, s'ils sont honnêtes, comprennent qu'ils sont libres d'accueillir ou non le message.



Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord :‘Paix à cette maison.’S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
C'est à dire qu'elle ne vous quittera pas et vous pourrez continuer à l'offrir et votre cœur restera serein.Oui, Jésus fait de chacun de nous des messagers de paix, des messagers de l'Amour, des porteurs de Lumière !
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ;car l’ouvrier mérite son salaire.Ne passez pas de maison en maison.Le disciple doit apprendre à se contenter de ce qui lui est offert sans chercher une quelconque gloriole, il est au service de l'Amour et ne doit rien retenir pour lui, ne pas tenter d'en retirer un profit quel qu'il soit, le but de sa mission est de révéler l'Amour du Père, c'est pour cela que Jésus est venu, c'est pour cela qu'Il nous envoie. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur :‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ »

Réjouissez-vous avec Jérusalem !

Exultez en elle, vous tous qui l’aimez !...
vous goûterez avec délices
à l’abondance de sa gloire.
    Car le Seigneur le déclare :
« Voici que je dirige vers elle
la paix comme un fleuve
et, comme un torrent qui déborde,
la gloire des nations. »
Vous serez nourris, portés sur la hanche ;
vous serez choyés sur ses genoux.
    Comme un enfant que sa mère console,
ainsi, je vous consolerai.
Oui, dans Jérusalem, vous serez consolés.
    Vous verrez, votre cœur sera dans l’allégresse ;
et vos os revivront comme l’herbe reverdit.
Le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs.


Isaïe

L'Ermite

samedi 25 juin 2016

TOI, PARS ANNONCER !

XIII e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Lc 9,51 ,62


Comme s’accomplissait le temps
où il allait être enlevé au ciel,
Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.



« Jésus prit la route de Jérusalem. » nous connaissons le sens de ce verset, Jésus, mieux que quiconque, en éprouve déjà les premières angoisses. Il sait et Il veut de tout son être aller au bout de l’œuvre entreprise, mais dans sa chair Il ne peut pas ne pas en ressentir les affres, c'est tout cela qu'exprime « le visage déterminé ». D'ailleurs au chapitre 50, d'Isaïe, ne lisons-nous pas : « Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. »

« j’ai rendu ma face dure comme pierre » est une autre manière d'exprimer la détermination de Jésus venu pour renouveler la Première Alliance, pour la parfaire, rétablir la relation de l'humanité avec son Père et c'est Son Père qui Lui confie cette mission « extrême » dirions-nous aujourd'hui. Jésus est tendu vers cette « Heure », celle de son offrande sur la croix pour le Salut du monde !


    Il envoya, en avant de lui, des messagers ;
ceux-ci se mirent en route
et entrèrent dans un village de Samaritains
pour préparer sa venue.
    Mais on refusa de le recevoir,
parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.

Nous connaissons aussi les tensions qui demeurent entre les samaritains et les habitants de Jérusalem, cela dure depuis bien longtemps, leur refus d'accueillir Jésus ne peut nous étonner. Souvenons-nous de l'épisode de la Samaritaine, au bord du puits de Jacob, Jésus lui demande à boire pour établir le contact et que Lui répond-elle ?« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains. » Nous savons aussi que cette conversation entraînera, dès cette heure, la conversion d'un certain nombre de samaritains à la doctrine d'amour de Jésus, car Lui, rien ne le rebute, Il ne fait pas de différences entre les hommes ! « Les hommes regardent l'apparence, mais le Seigneur regarde le cœur ». 1 Sam 16,7.

« Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers
Jérusalem. » Bien sûr, ces villageois, ignorent l'essentiel de ce voyage, ils ne savent pas que Jésus marche vers le grand départ qui sauvera l'humanité !

Ces quelques versets nous ébranlent-ils tant soit peu sur nos comportements, nos paroles et nos actes ? Ces frontières que nous dressons dans nos familles, nos quartiers, nos Pays ? Les étiquettes que nous plaquons sur nos frères en humanité ? Notre manière d'appréhender la mission que nous confie le Seigneur ? Tout homme est-il vraiment mon frère ? Suis-je prêt à lui tendre la main quelle que soit la couleur de sa peau, la route entreprise, son Pays d'origine, son orientation  ?

Les disciples eux-mêmes sont pris au piège de leurs états d'âme :

    Voyant cela,
les disciples Jacques et Jean dirent :
« Seigneur, veux-tu que nous ordonnions
qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »

eux-mêmes ne voient que l'immédiat, l'affront fait à leur Maître, ils sont encore bien loin de l'Esprit de miséricorde et d'amour que Jésus vient apporter sur la terre ! Sans doute ont-ils oublié la remarque de Jésus dans St Matthieu « afin que vous deveniez enfants de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et descendre la pluie sur les justes et sur les injustes. » (Mat 5) Épouser les mœurs de Dieu demande du temps, nous devons accepter bien des dépouillements, des remises en questions. Jésus le sait parfaitement, Il ne laisse rien passer :

    Mais Jésus, se retournant, les réprimanda.

Jésus ne revendique rien , bien que Maître du ciel et de la terre, Il ne s'impose pas, ne fait pas valoir Ses droits, Il ne connaît qu'un devoir, celui de l'amour et Il applique à cette situation ce qu'Il a dit à Ses disciples : « Si l'on refuse de vous recevoir et d'écouter vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville en secouant la poussière de vos pieds ». (Mat 10) Jésus est loin de prôner la violence :

    « Puis ils partirent pour un autre village. »

et si quelqu'un, subjugué par Son mode de vie, Ses paroles et ses actes, veut mettre ses pas dans les Siens, Jésus annonce sans ambages la vérité de ce qu'Il vit :

    En cours de route, un homme dit à Jésus :
« Je te suivrai partout où tu iras. »
    Jésus lui déclara :
« Les renards ont des terriers,
les oiseaux du ciel ont des nids ;
mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »

Dimanche dernier ne nous disait-Il pas : « Celui qui veut marcher à ma suite,qu’il renonce à lui-même,qu’il prenne sa croix chaque jour
et qu’il me suive.Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. » Lc 9.
A Ses disciples Jésus demande un total dépouillement pour une liberté la plus grande possible. Si l'on a des biens on cherche à les défendre, à augmenter un patrimoine reçu des générations précédentes, pour le transmettre aux générations suivantes , Jésus au contraire nous propose un détachement le plus absolu possible des biens qui passent pour nous attacher à ce qui demeure .Ici c'est la personne qui prend l'initiative de parler à Jésus et de Lui proposer d'entrer dans le cercle de Ses proches, dans la séquence suivante c'est Jésus qui appelle de façon très directe et le dialogue qui suit peut nous surprendre :

    Il dit à un autre :
« Suis-moi. »
L’homme répondit :
« Seigneur, permets-moi d’aller d’abord
enterrer mon père. »
    Mais Jésus répliqua :
« Laisse les morts enterrer leurs morts.
Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »

Quand Jésus appelle Il fait un cadeau inestimable, l'appelé ne peut pas tergiverser Jésus, ne dit-Il pas « que votre Oui, soit oui, que votre non soit non » Mt 5.et ailleurs, « vous ne pouvez pas servir Dieu et l'argent »,Mt 6. nous devons apprendre à être clairs dans nos réponses. Je ne pense pas que Jésus veuille empêcher cet homme d'enterrer son père, et je ne pense même pas que ce père était mort, d'ailleurs serait-là, en cet instant précis si son père était décédé, ne serait-il pas auprès de sa famille ? Cette personne vraisemblablement, veut rester auprès de son père jusqu'à sa mort, or, Jésus lui demande de vivre dans la confiance et l'abandon, le moment venu on avisera , l'annonce du Royaume réclame des hommes et des femmes qui s'engagent vraiment, sans regarder en arrière, c'est la promptitude de la réponse de Samuel : « tu m'appelles, Seigneur, me voici ! » 1 Sam 3,10 et, sous entendu, je sais dans mon cœur, que Tu T'occuperas de la gestion de mon temps et des événements de ma vie ! Jésus n'est pas un tyran, Jésus est Amour, ici Il veut faire comprendre à l'appelé qu'il ne peut rien mettre au-dessus de la mission confiée, « Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. » Quand Jésus nous appelle la seule réponse c'est un oui inconditionnel.

    Un autre encore lui dit :
« Je te suivrai, Seigneur ;
mais laisse-moi d’abord faire mes adieux
aux gens de ma maison. »

Ici on ne sait pas qui a eu l'initiative, mais on peut penser que c'est encore Jésus, car c'est toujours, Lui qui fait signe à quelqu'un. Nous sommes placés devant les tentations qui assaillent souvent les appelés : je voudrais préparer ma succession dans tel engagement, revoir tels parents et amis, prendre le temps de me préparer,régler un certain nombre de détails, laisser mes affaires en ordre … il s'agit vraiment de tentations ! Le Malin a
tout intérêt à nous retarder quand ce n'est pas nous détourner et il sait s'y prendre ! L'appelé doit apprendre à devenir ferme et à discerner ce qui vient du Seigneur Jésus et ce qui viendrait du Toto, et pour cela il est important, je ne le dirai jamais assez, de se faire accompagner, seul nous pouvons manquer de lucidité.

L'appel d’Élisée est me semble-t-il très significatif . Quand il tergiverse Élie rentre dans son jeu« Va-t’en, retourne là-bas ! Je n’ai rien fait. » Élisée comprend et, sur le champ, il offre son outil de travail et « il se leva, partit à la suite d’Élie et se mit à son service. » Saint Paul ne dit pas autre chose : « les tendances de la chair s’opposent à l’Esprit, et les tendances de l’Esprit s’opposent à la chair.En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire tout ce que vous voudriez. Mais si vous vous laissez conduire par l’Esprit,vous n’êtes pas soumis à la Loi. »

Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge.
J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !
Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort. »


Je bénis le Seigneur qui me conseille :
même la nuit mon cœur m’avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.


Je n’ai pas d’autre bonheur que toi.
Tu m’apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !



QU'IL EN SOIT AINSI A CHAQUE INSTANT DE NOS VIES !

L'Ermite