vendredi 5 février 2021

LA AUSSI JE DOIS PROCLAMER L'EVANGILE

 

CINQUIEME DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE


ANNEE B


( Mc 1, 29-39 )



Aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade.
Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta,
et elle les servait.

Nous retrouverons Jésus assez souvent chez Simon et André, c'est devenu son pied-à-terre dans cette région. Ces quelques instants de répit lui font du bien mais cela ne l'empêche pas d'être attentifs aux besoins de Ses frères.

Les choses ne seront sans doute pas comme à l'ordinaire, la belle-mère de Simon-Pierre, sans doute maîtresse de maison, est retenue au lit. Jésus ne réfléchit pas longtemps, même du tout, AUSSITÔT, nous dit le texte, Jésus S'APPROCHA de la malade, LA SAISIT par la main, et la fit se LEVER. LA FIEVRE LA QUITTA et elle les SERVAIT !

En lisant ce paragraphe une première fois, je me suis sentie très démunie j'ai prié , et en accueillant cette scène, plusieurs expressions ont retenu mon attention :

AUSSITÔT la promptitude de Jésus à accomplir la volonté de Son Père qui veut des hommes et des femmes en pleine capacité. Il est ici en milieu amical, Il se sait accueilli, reconnu, attendu même, les paroles alourdiraient la rencontre , Il a entendu ce qui se passe, la gêne que cela peut entraîner, Jésus n'en demande pas davantage , AUSSITÔT, Jésus intervient .

Cela peut nous éclairer sur nos comportements. Quand nous comprenons que nos frères sont dans l'attente d'une aide, d'un quelconque soutien, quand l'Esprit du Seigneur nous montre ce que nous pouvons faire pour soulager notre sœur, notre frère, avons-nous cette promptitude ou cherchons-nous et trouvons-nous toutes sortes de raisons pour nous défiler ? Peut-être serait-il bon de s'interroger et de répondre au plus profond de notre cœur pour changer ce qui peut l'être et devenir vraiment SERVITEURS de l' AMOUR !

Jésus S'APPROCHA DE LA MALADE, Jésus agit avec discrétion, Il a compris le besoin, Il se fait proche, Jésus n'interpelle pas cette personne épuisée par la fièvre , Il s'approche exprimant ainsi sont intérêt et

LA SAISIT PAR LA MAIN : dans cette approche et cette saisie de main, il y a beaucoup plus qu'un geste somme toute banal, il y a cette volonté de compréhension de la situation , cette communion à la souffrance du moment , ce respect de la personne en souffrance, et ce désir de changer quelque chose , de venir en aide.

Dans l’Écriture, le terme « saisir » est plusieurs fois utilisé. Tantôt on cherche à se saisir de la personne pour la livrer, ce sera le cas de Jésus qui « Là-dessus, ils cherchèrent de nouveau à se saisir de lui, mais il s'échappa de leurs mains. (Jn 10),

d'autres fois, c'est la « personne qui est saisie » par un événement qui la dépasse « Saisi de crainte, il disait : « Que ce lieu est redoutable ! Il est réellement la maison de Dieu, la porte du ciel ! » Jacob se leva de bon matin, il prit la pierre qu'il avait (Gn 28)

Zacharie, en le voyant, fut troublé, et la crainte le saisit. (Lc 1) Zacharie est saisi d'une crainte révérencielle tant il est dépassé par l'événement.

St Paul, lui, fut tout entier saisi par l'amour « Certes, je ne suis pas encore arrivé, je ne suis pas encore au bout, mais je poursuis ma course pour saisir tout cela, comme j'ai moi-même été saisi par le Christ Jésus. Frères, je ne pense pas l'avoir déjà saisi. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l'avant, je cours vers le but pour remporter le prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus. ( Ph 3 )

Quoiqu'il en soit le terme SAISIR est , surtout quand c'est le Père ou Jésus qui intervient, est chargé de plénitude « Mais, voyant la violence du vent, il eut peur, et comme il commençait à enfoncer, il s'écria: " Seigneur, sauvez-moi! " Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit: " Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? " Et lorsqu'ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, disant: " Vous êtes vraiment le Fils de Dieu. (Mt 14)

Ici, Jésus sauve Pierre de la noyade, non seulement physique mais spirituelle, Il lui montre la pauvreté de sa confiance, de sa foi, de son abandon dans les mains de Celui qui pourtant s'est approché de lui, est venu le chercher empêtré dans ses filets de pêche.

En saisissant la main de La Belle mère de Pierre, Jésus veut la combler et Il le fait puisque, Il lui permet de se mettre DEBOUT , attitude de la personne en pleine possession de ses facultés, et, de plus, lui permet de reprendre son service.

ET ELLE LES SERVAIT les dons de Dieu ne sont pas pour se complaire en soi-même, pour se

prélasser mais pour SERVIR ! Nous le voyons avec la parabole des talents. L'un des protagonistes cache frileusement son talent de peur de le perdre, les autres, risquent tout et doublent la mise. Dieu nous veut actifs au SERVICE du Royaume, Ses dons, Ses grâces, sont pour le SERVICE de l’Évangile et non pour le cocooning personnel.

Suis-je SERVITEUR, ou PROFITEUR ? Est-ce que je donne et me donne comme le dit Saint Paul dans la seconde lecture de ce jour ? A chacun de descendre en lui-même pour répondre clairement et sincèrement au Seigneur !



annoncer l’Évangile,
ce n’est pas là pour moi un motif de fierté,
c’est une nécessité qui s’impose à moi.
Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile !


Je me suis fait tout à tous
pour en sauver à tout prix quelques-uns.
Et tout cela, je le fais à cause de l’Évangile,
pour y avoir part, moi aussi.

Cette journée dans la maison de Pierre et d'André ne sera pas de tout repos, la nouvelle de la présence de Jésus s'est répandue comme une « traînée de poudre » et, Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons .La ville entière se pressait à la porte.

Après le coucher du soleil, Jésus est libre , pleinement libre, sauver une personne, même un jour de Sabbat, n'est pas une contrainte et Il a souvent été pris à partie par Ses contemporains à ce propos, mais cela ne l'inquiète pas , il dira et répétera, « le sabbat est fait pour l'homme et non pas l'homme pour le Sabbat » aujourd'hui Il dirait quelque chose comme la religion est au service l'humanité et non pas le contraire, même si c'est primordial de vivre sa foi ! Au-dessus de tout il y a l'amour . Ce que Saint Paul traduit ainsi : « Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité. » (1Co 13) Les contemporains de Jésus sont des Juifs pratiquants, aussi attendent-ils semble-t-il, la fin du Sabbat qui va du vendredi soir au coucher du soleil au samedi soir au coucher du soleil, pour se déplacer et respecter la loi mosaïque . Ils semblent nombreux à se presser auprès de Jésus à la fin du Sabbat, « la ville entière » était à la porte, ce qui ne devait pas être très confortable pour la famille de Pierre. Et que fait Jésus ? Se plaint-Il ? Exprime-Il un quelconque mécontentement devant ce que nous définirions comme du sans-gêne ? NON ! Jésus est venu relever l'homme, le tirer de ses détresses physiques et spirituelles , devant tant de souffrance ,Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, . En effet Jésus est venu pour la vie

Comme le Père, en effet, relève les morts et leur donne la vie, le Fils, lui aussi, donne la vie à qui il veut. (Jean (LIT) 5)

Ici, peut- on parler de foi ? Qui peut le dire ? Il s'agit de personnes en manque, elles ont compris que

Jésus est bienfaisant, aussi n'hésitent-elles pas à Le suivre , dans un premier temps pour Ses bienfaits. Plus tard Jésus précisera :Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jn 8)

Semblable message suppose de marcher dans les pas de Jésus, de Le regarder vivre, d'entrer dans Son intimité. A ce stade nous sommes en présence de personnes en souffrance et Jésus leur permet d' expérimenter la libération que Sa présence vient apporter au monde. Chaque chose en son temps, Jésus les accueille là où ils en sont, pour les conduire plus loin. Viendra un moment, où pour agir dans des vies abîmées Il demandera: Crois-tu que je peux faire cela ? Et Il donnera une perspective :

Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi a la vie éternelle. (Jn 6)

Et Il continue d'agir ainsi avec chacun de nous. Jésus marche à notre rythme, au rythme de notre ouverture à Sa grâce, à Ses dons . C'est quand nous sommes bien enracinés, ancrés dans Sa Parole et Ses sacrements qu'Il nous entraîne plus loin. Avons-nous cette même pédagogie avec nos frères ?

Jésus guérit, remet sur pieds, Jésus libère

et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

Les démons hélas sont légion et ils nous enferment, nous ligotent, nous paralysent , Jésus veut faire de chacun de nous des femmes et des hommes aux cœurs et aux mains libres ! Ici, et cela peut nous surprendre , Jésus les empêche de parler, de dire ce qu'ils comprennent de Son identité ! Les démons sont des esprit déchus, mais des esprits et en tant que tels, ils ont eu accès à la proximité de Dieu, ils savent que Jésus est Dieu , c'est ce que remarque Saint Jacques :

Tu crois qu'Il y a un seul Dieu, tu fais bien; les démons le croient aussi..., et ils tremblent! (Jac 2)

on peut penser que Jésus leur impose le silence pour ne pas brûler les étapes, il y a un temps pour tout ( Sir) , le voile sur l'identité de Jésus se lèvera peu à peu. Seuls quelques élus seront conviés à des moments privilégiés pour les besoin de la mission qui leur incombera.

La journée a été fatigante, pour ne pas dire épuisante, d'autre part, Jésus éprouve un besoin intense de réfléchir sur ce qui vient de se passer , à savoir : cette foule qui lui court littéralement après pour obtenir Son aide . Jésus a compris que l'attente est surtout matérielle , terre-à-terre, bien loin de Ses préoccupations de conversion, d'extension du Royaume, aussi Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Quand Jésus se retire dans un lieu désert, ce n'est pas pour sa tranquillité mais pour s'entretenir avec Son Père , voire pour échapper à Ses détracteurs ou encore comme dans St Jean à ceux qui voudraient le faire Roi ! :

Mais Jésus savait qu'ils étaient sur le point de venir le prendre de force et faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira, tout seul, dans la montagne. (Jn 6)

Les proches de Jésus, ne tardent pas à se rendre compte de Son absence, de plus, en raison de Son ministère de la veille, ils doivent être nombreux à Le chercher pour bénéficier de Son aide et le réclament auprès des premiers disciples, du coup

Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde

te cherche. » Quel est l'objectif poursuivi par ceux qui Le Cherchent ? Est-ce pour avancer avec Lui ou pour en tirer un maximum d'intérêts ? Jésus ne veut pas créer d’ambiguïté s' Il est venu, s' Il S'est incarné c'est pour répondre à la question du Père "Qui enverrai-je, et qui ira pour nous?" Et je dis: "Me voici, envoyez-moi." ( Is 6)

et

lorsque est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, formé d'une femme, né sous la Loi, pour affranchir ceux qui sont sous la Loi, afin de nous conférer l'adoption. Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans vos cœurs l'Esprit de son Fils, lequel crie: Abba! Père! Ainsi tu n'es plus esclave, tu es fils; et si tu es fils, tu es aussi héritier grâce à Dieu. (Ga 4)

Il n'est pas inutile de nous poser et reposer la question : quand je participe à l'Eucharistie, quand je prie dans ma chambre, qu'est-ce que je cherche ? Les douceurs de Jésus ou bien est-ce que je désire du fond de mon être, de toutes mes forces, Le rencontrer Lui, entendre Sa Parole de vérité qui me dit et redit : convertissez-vous, faites du bien à ceux qui vous font du mal, aimez vos ennemis, soyez doux et humbles de cœur, à qui te frappe sur la joue droite, tends lui l'autre, donnez et vous recevrez, aimez-vous ...voilà quelle doit être ma faim et ma soif de Jésus et pas seulement ce désir inextinguible de lui soutirer des faveurs, des douceurs, un confort etc

Que fait Jésus, que dit – Il, en réponse à la remarque de Pierre

Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. » Jésus n'est pas un distributeur automatique, Jésus EST PAROLE du PERE, et à ce titre, Il est venu pour faire connaître l'Amour du Père, pour Le révéler, pour attirer les hommes à Son Père, pour leur faire connaître LA VERITE de Son PERE. Ce que Saint Paul exprime clairement dans la deuxième lecture

Mais je ne le fais pas de moi-même,
c’est une mission qui m’est confiée.

Alors quel est mon mérite ?
C’est d’annoncer l’Évangile
sans rechercher aucun avantage matériel,
et sans faire valoir mes droits de prédicateur de l’Évangile.
Oui, libre à l’égard de tous,
je me suis fait l’esclave de tous
afin d’en gagner le plus grand nombre possible.

Avec les faibles, j’ai été faible,
pour gagner les faibles.

St Paul marche dans les pas de Jésus, de même que Jésus est missionné par le Père, de même Paul l'est par Jésus,


Et quel est l'essentiel, l'objectif poursuivi : c'est d'annoncer la Bonne Nouvelle

Et cela en restant libre refusant d'être phagocyté par qui que ce soit

Sur cette réponse Jésus parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.



Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile !

1 Cor

Allez dire à tous les hommes

Allez dire à tous les hommes

Le royaume est parmi nous

Alléluia, Alléluia.

Le royaume est parmi nous.


Chantez au Seigneur un chant nouveau

Chantez au Seigneur, terre entière,

Chantez au Seigneur et bénissez son nom.

De jour en jour, proclamez son salut,

Racontez à tous les peuples sa gloire,

A toutes les nations ses merveilles.


Rendez au Seigneur, familles de peuples

Rendez au Seigneur la gloire et la puissance

Rendez au Seigneur la gloire de son nom.

Allez dire aux nations : "Le Seigneur est Roi"

Il gouverne les peuples avec droiture

Joie au ciel, exulte la terre.


L'Ermite

vendredi 29 janvier 2021

TAIS-TOI


QUATRIEME DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE


ANNEE B


(Mc 1, 21-28 )




« Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l’écouterez.( 1 e Lecture )

La question qui nous vient immédiatement :Un Prophète, qu'est-ce que c'est ? Ce terme est souvent galvaudé, le plus sûr est de se renseigner au sein de notre propre Église :

Prophète : du grec, signifie littéralement "celui qui parle au nom de Dieu"Il y a, dans l’histoire biblique des grands prophètes parmi lesquels : Isaïe, Jérémie, Osée. On utilise aujourd’hui ce terme pour qualifier quelques fortes personnalités du christianisme s’exprimant avec conviction et liberté. Tout baptisé est prophète lorsqu’il accepte de témoigner de sa foi autour de lui.et de s’engager à bâtir un monde meilleur. (Église Catholique)

Et nous glissons vite vers :« mais de qui parle le Seigneur Dieu à Moïse ?

le Seigneur me dit alors :“Ils ont bien fait de dire cela. Je ferai se lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles, et il leur dira tout ce que je lui prescrirai. Si quelqu’un n’écoute pas les paroles que ce prophète prononcera en mon nom, moi-même je lui en demanderai compte .Mais un prophète qui aurait la présomption de dire en mon nom une parole que je ne lui aurais pas prescrite, ou qui parlerait au nom d’autres dieux, ce prophète-là mourra.” »je mettrai dans sa bouche mes paroles : qui mieux que Jésus, a pu, au cours des millénaires accueillir la Parole du Père, puisque cette Parole est issue du Sein du Père, Elle en est l'expression , il n'y a aucune distance entre le Père et Elle, et pour se faire proche de notre humanité, Elle s'en est habillée :



Au commencement était le Verbe,(LA PAROLE)

et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.

Il était au commencement en Dieu.

Tout par lui a été fait, et sans lui n'a été fait rien de ce qui existe.

En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes,

Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.

Il y eut un homme, envoyé de Dieu;

son nom était Jean.

Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière,

afin que tous crussent par lui:

non que celui-ci fût la lumière,

mais il avait à rendre témoignage à la lumière.

La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme,

venait dans le monde.

Il ( le Verbe) était dans le monde,

et le monde par lui a été fait, et le monde ne l'a pas connu.

Il vint chez lui, et les siens ne l'ont pas reçu.

Mais quant à tous ceux qui l'ont reçu,

Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu,

à ceux qui croient en son nom,

Qui non du sang, ni de la volonté de la chair,

ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu sont nés.

Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous,

(et nous avons vu sa gloire,

gloire comme celle qu'un fils unique tient de son Père)

tout plein de grâce et de vérité.

Jean lui rend témoignage, et s'écrie en ces termes:

"Voici celui dont je disais: Celui qui vient après moi, 

est passé devant moi, parce qu'il était avant moi."

et c'est de sa plénitude, que nous avons tous reçu,

et grâce sur grâce;

parce que la loi a été donnée par Moïse,

la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.

Dieu, personne ne le vit jamais: le Fils unique, 

qui est dans le sein du Père c'est lui qui l'a fait connaître.

(Jn 1)


Et c'est ce Jésus et ses disciples qui entrèrent à Capharnaüm. Cette ville est située au
Nord du lac de Tibériade et à l'Ouest du point où le Jourdain se jette dans le lac. Jésus en a fait l'épicentre de Sa prédication.

À l’époque romaine, cette bourgade, est à la fois un port de pêche et un centre agricole. Sur la route de Damas, ville frontière entre deux principautés, Capharnaüm jouit d’une certaine importance en terre de Galilée .

La Galilée est une terre juive, mais c'est aussi une terre païenne ( dans l’Évangile l'expression Galilée des Nations » signifie Galilée des Nations païennes) Jésus va donc commencer à annoncer la Bonne Nouvelle dans des villages « mélangés », c'est-à-dire, à des Juifs, mais aussi, à des « païens ». Le message de Jésus est vraiment ouvert à tous !

La Galilée, mélange de juifs, d'étrangers, de païens, n'est donc pas, aux yeux du peuple juif de Jérusalem, une terre pure. On peut donc qualifier ses habitants de " peuple qui habitait dans les ténèbres". N'oublions pas que Jésus dira Lui-même : « je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs » Mc 2, 13

Jésus se rend donc à la Synagogue :

Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. Le souci de Jésus est d'enseigner , d'éveiller les consciences, d'annoncer la Bonne Nouvelle de l'amour du Père. Cet enseignement est tellement différent, tellement loin des rites pointilleux de l'Ancienne Alliance que tous , ou presque , sont surpris, frappés nous dit le texte par l'autorité de Jésus. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Par contre, toujours en Marc, nous entendrons certains lui demander des comptes sur Ses agissements « par quelle autorité fais-tu cela ? qui t’a donné cette autorité pour le faire ? » Mc 11,28

Que signifie dès lors cette AUTORITE tantôt admirée, tantôt décriée ?« L’histoire du mot autorité d’après le dictionnaire historique de la langue française ROBERT est la suivante : « Autorité est un emprunt ancien au latin auctoritas, dérivé de auctor, désignant le fait d’être auctor, c’est-à-dire fondateur, instigateur, conseiller, garant, vendeur, possesseur, et aussi auteur responsable d’une œuvre. Parmi les sens du mot auctoritas, on relève « pouvoir d’imposer l’obéissance » et « crédit d’un écrivain, d’un texte », notamment en latin d’Église, d’un texte révélé ». On peut donc dire que l’autorité dont fait preuve Jésus dans son enseignement et dans ses gestes de guérisons, renvoie à son identité, à ce qui le fonde. Commentant les versets 21 et 22 du chapitre premier de Marc, l’exégète Jean DELORME écrit : « L’enseignement des scribes « prend place dans une structure socio-religieuse dans laquelle il est crédité d’un certain poids de vérité. Jésus ne bénéficie pas de cette garantie. Il n’a que sa parole et c’est par elle que peut s’attester ce qui l’autorise. C‘est en effet du point de vue des auditeurs que cette différence avec les scribes est faite. L’autorité lui est reconnue à la réception. Il n’a pas besoin de la revendiquer. Il ne s’agit pas de forte affirmation de soi. C’est le fait d’être touché qui authentifie la parole reçue. Le texte suppose une qualité de parole capable de s’authentifier dans un sujet d’écoute. Il suppose aussi que l’auditeur est capable de la reconnaître en écho en lui-même. Cela ne tient pas à la fonction et ne dépend des critères communément admis (mandat, délégation de pouvoir, diplôme...). Le vrai de la parole se fait reconnaître parce qu’elle parle en ceux qui la reçoivent. Celui par qui elle passe n’en est pas la source, mais le témoin ».

L’autorité de Jésus vient de Celui qui en est la source. Ceux qui reçoivent sa

parole en vérité, se rendent compte qu’elle touche en eux quelque chose de très profond, qu’elle les bouscule, qu’elle leur fait faire des déplacements intérieurs étonnants. Leur vie en sera transformée pour leur bien. L’autorité de la parole de Jésus fait grandir. Mais cela concerne-t-il l’autorité que nous pouvons exercer en tant que parent, éducateur, employeur, chargé d’une responsabilité, d’une autorité publique, religieuse, etc ? Bien sûr. Comme Jésus , je peux dire une parole qui fera bouger, qui aidera l’interlocuteur à grandir ou au contraire, je peux chercher surtout l’affirmation de moi-même. L’autorité de Jésus c’est celle qui fait grandir l’autre, qui le conduit à la vie. Elle révèle ainsi le Père qui l’a envoyé pour cela. « Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » Jn 10,10 (Philippe GUIBARD prêtre)

L'AUTORITE de Jésus Lui vient de la qualité de Son ÊTRE-DIEU, parce qu'Il est le Fils Bien-Aimé du Père , Sa Parole éternelle, dans tout ce qu'Il dit et accomplit, Jésus se donne totalement, il ne s'agit pas chez Lui d'un « faire valoir » personnel mais de mettre des personnes debout , en pleine possession de leurs capacités, pour eux-mêmes et pour un meilleur service de la Bonne Nouvelle . Jésus, disions-nous plus haut, « est venu pour que les hommes aient la vie et la vie en abondance », celle de l'esprit, mais aussi celle du corps. Il ne cessera de le manifester durant tout Son ministère, au point d'être souvent submergé par les souffrances humaines qui Sollicitent Son aide et de s'éloigner à certaines heures pour prendre un juste repos. Dans la Synagogue, Jésus est venu enseigner , annoncer l'Amour du Père, et cela transpire de Sa personnalité. Le Mal, sans même l'affronter directement, se manifeste parce que tout « bien » l'agresse, le dérange, le provoque et c'est ce qui se passe ici :

Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier :« Que nous veux tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es :tu es le Saint de Dieu. »

N'avons – nous jamais remarqué que les jours de grand soleil, alors que nous avons effectué un ménage minutieux, toutes sortes d'impuretés apparaissent sur les surfaces exposées ? Pourtant nous étions persuadés d'avoir éliminé les moindres traces de pollution. C'est ce qui se passe ici : Jésus est le pur par excellence, Jésus ne connaît pas le péché, Il est Dieu, en face de Lui, se tient un homme prisonnier du Mal , voir Jésus Soleil de Justice , Lumière des Nations, Fils Bien-Aimé du Père, non seulement le trouble, mais le provoque. Le Mal ne supporte pas la Lumière, cette Lumière révèle sa présence et cela lui est insupportable, aussi cette personne prisonnière de son Mal, enfermée dans son Mal, aveuglée par ce Mal, ne peut supporter la Lumière : Le-Soleil-Jésus ! Sa seule défense, c'est de provoquer, d'attaquer, avec, sans doute, le secret espoir d'intimider Celui qui, sans mot dire d'ailleurs, le révèle. Il va même jusqu'à l'identifier « tu es le Saint de Dieu. » espérant que Jésus, ainsi « démasqué », se retirerait car , lui, le Mal, sait que l'Heure de Jésus est loin d'être arrivée. Au lieu de cela , Jésus reste Lui-même, loin d'être déstabilisé, Jésus, avec fermeté, lui intime l'ordre de se taire et de sortir de cet homme qu'il « possède », dont il s'est rendu le maître, qu'il a asservi :

Jésus l’interpella vivement :« Tais-toi ! Sors de cet homme. » L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui.

Nous « assistons-là, à ce que l’Église appelle un exorcisme ! L’exorcisme étant un rituel religieux destiné à expulser une entité spirituelle maléfique qui se serait emparée d'un être animé et, plus rarement, inanimé. On peut appeler cela un démon.

C'est bien ce que fait Jésus ici, mais le démon qui s'est installé dans cet homme cherche à gagner du temps et provoque dans ce possédé des gestes désordonnés toutefois il ne peut résister longtemps à l'ordre de Jésus, et part dans un grand cri. Souvenons-nous du P. Hamel qui a tenté d'expulser « le démon de la violence » du jeune qui l'a assassiné !


Ailleurs dans l’Évangile, Jésus impose le silence à la mer déchaînée


Réveillé, il interpelle le vent avec vivacité et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme. ( Mc 4)


Une autre fois, Jésus libère un homme qui était maintenu attaché parce qu'il répandait la terreur autour de lui :

En effet, Jésus commandait à l'esprit mauvais de sortir de cet homme. Car bien des fois l'esprit s'était emparé de lui. On le gardait attaché avec des chaînes et avec des fers aux pieds, mais il rompait ses liens et le démon l'entraînait vers les endroits déserts. Jésus lui demanda : « Quel est ton nom ? » L'homme répondit : « Légion », car beaucoup de démons étaient entrés en lui. Et ces démons suppliaient Jésus de ne pas leur ordonner de s'en aller dans l'abîme. Or, il y avait là un important troupeau de porcs, qui cherchaient leur nourriture sur la colline. Les démons supplièrent Jésus de leur permettre d'entrer dans ces porcs, et il le leur permit. Ils sortirent de l'homme et entrèrent dans les porcs. Du haut de la falaise, le troupeau se précipita dans le lac, et il s'y étouffa. ( Lc 8)

Plusieurs fois, Jésus est sollicité pour libérer des personnes sous l'emprise du Mal

A peine l'enfant arrivait-il que le démon le jeta par terre et le secoua violemment. Jésus menaça l'esprit mauvais, guérit l'enfant et le rendit à son père. Et tous étaient frappés d'étonnement devant la grandeur de Dieu. ( Lc 9)

Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler, et la foule fut dans l'admiration. (Lc 11)

Cette femme était païenne, de nationalité syro-phénicienne, et elle lui demandait d'expulser le démon hors de sa fille. Il lui dit : « Laisse d'abord les enfants manger à leur faim, car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. »

Mais elle lui répliqua : « C'est vrai, Seigneur, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes 1des petits enfants. » Alors il lui dit : « A cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille. » Elle rentra à la maison, et elle trouva l'enfant étendue sur le lit : le démon était sorti d'elle. (Mc 7)

Plus nous faisons de place à Jésus dans notre vie, plus nous sommes envahis par L'amour et plus le Mal s'éloigne de nous . Certes, il peut nous attaquer, nous provoquer, mais la force de Jésus exprimée par notre vie, l'empêche de nous déstabiliser. J'ai quelques difficultés à exprimer ce que m'inspire cette scène mais dans la Foi, je suis persuadée que le Mal ne peut prendre possession d'une personne très profondément ancrée, en Jésus. Cette Présence le repousse, le dérange, et l'éloigne. Le Mal a peur devant Jésus, c'est pourquoi « il aboie » il vocifère, mais il ne peut entrer. Et, le meilleur moyen de lui fermer les éventuelles « ouvertures » de notre être, c'est de se nourrir de Jésus Eucharistie, de Jésus Parole de vie, c'est d'accueillir le plus régulièrement possible le sacrement du Pardon, de cultiver l'humilité. L'humilité effraie le Mal, elle agit comme un repoussoir! Demandons, les uns pour les autres, la grâce de l'humilité, de la petitesse, de la simplicité, en un mot, de la Vérité. En tout cela, Jésus est notre modèle, « Je suis, dit-Il, le chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. (Jn 14) » Nous avons un besoin vital de Jésus ! Certains souriront et diront : « mais autour de nous, il y en a plein qui vivent sans Jésus ! » Ils vivent certes, mais à la moindre épreuve ils sont parterre... et comment vivent-ils?? Je pense à une fratrie de trois membres dont deux vivent en pires ennemis , des outils leur sont proposés , mais ni l'un, ni l'autre ne veut, ne peut les saisir , le langage de l'humilité leur est inconnu , ils le rejettent, chacun veut l'emporter sur l'autre ! C'est extrêmement douloureux, ils souffrent et font souffrir : peut-être pourrions-nous les prendre en charge dans notre prière, eux et tous ceux qui sont dominés par l'orgueil, principal attribut du Maléfique !

Dans cet Évangile, ceux qui écoutent l'Enseignement de Jésus et assistent à cette libération, car c'est de cela qu'il s'agit : furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux :« Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. » Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

Le silence imposé par Jésus surprend et pose d'autant plus question que le démon obtempère immédiatement, il a trouvé plus fort que lui. Non pas de la force des « biceps » mais de cette force intérieure qui émane de la personne de Jésus et qui vient de son Union au Père : « Le Père et Moi nous sommes un »Jn 10, 30

Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j'entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. Jn 5, 30

Jésus doux et humble de cœur, n'attribue rien à Son faire, Son vouloir, Sa parole , Il est « Parole du Père », Il est » le Vouloir du Père », Il est le « Faire  du Père » Jésus et le Père sont UN ! Et nous ? Peut-être pourrions-nous adopter la prière qui suit pour demander la vertu d'humilité, pour en vivre surtout , et devenir, par la grâce de Dieu, pure transparence de l'Amour qu'est Jésus . Permettre à Jésus de se dire à travers notre écorce ce qui annihilerait la superbe du Malin qui n'oserait plus nous provoquer, nous attaquer....


Rends-moi humble, Seigneur,
de cette joyeuse humilité qui attire l’Esprit
dans l’âme désencombrée et généreuse.
Aide-moi à ne rien m’attribuer des dons reçus,
mais à tout remettre au Père avec Marie.
Rends-moi humble, Seigneur,
de cette audacieuse humilité qui rend libre
pour semer ta parole dans le champ du monde.
Remplis mon cœur de douceur et de paix
qui me fait accepter ma propre vulnérabilité.
Rends-moi humble, Seigneur,
de cette simple humilité qui désarme la haine
quand je tiens à avoir le dernier mot.
Fais-moi chercher dans le réel de la vie
tout ce qui est bon, beau et vrai.
Rends-moi humble, Seigneur,
de cette fragile humilité qui m’ouvre à l’autre
pour accueillir sa blessure et la mienne.
Libère-moi de désirer la première place
pour que je puisse aimer en m’oubliant.
Rends-moi humble, Seigneur,
de cette sainte humilité qui vient de la prière,
où descendant au centre de mon âme
je ne vois plus que ta lumière
pour la répandre autour de moi.
Blog de Jacques GAUTHIER

l'Ermite