vendredi 19 septembre 2025

Dieu OU l’argent

 

VINGT-CINQUIÈME DIMANCHE

DU TEMPS ORDINAIRE

Année C

(Lc 16, 1-13)


 Jésus disait à ses disciples :«Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens.Il le convoqua et lui dit:‘Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ?Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.’   Le gérant se dit en lui-même :‘Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ?Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.’Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître.Il demanda au premier :‘Combien dois-tu à mon maître ?’
 Il répondit :‘Cent barils d’huile.’Le gérant lui dit :‘Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.’Puis il demanda à un autre :‘Et toi, combien dois-tu ?’Il répondit :
‘Cent sacs de blé.’Le gérant lui dit :‘Voici ton reçu, écris 80’.Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté  ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.

Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande. Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ?
Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera Aucun domestique ne peut servir deux maîtres :ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »



Assise, 1206. Alors que François se rend sur la place du palais épiscopal en ce début d'après-midi de jour de marché, l'évêque d'Assise, Guido Ier, est perdu dans ses pensées. Ce n'est pas la première fois qu'on fait appel à lui pour régler des différends entre père et fils pour des histoires de dettes. Ce n'est pas la jeunesse gâtée et ingrate qui manque à Assise. 

Mais lorsque Pietro Bernardone est venu le trouver pour réclamer justice et exiger que son fils lui rembourse l'argent qu'il lui doit, Guido est surpris. Cela fait un moment que le nom François Bernardone fait scandale au sein de la ville. On dit qu'il se promène dans les rues déguisé en mendiant, donne tout son argent aux démunis et embrasse les lépreux. Et voilà que son père le traîne en justice pour vol ? Quelle étrange affaire. 

Une fois arrivé, l'évêque loue place sur le trône qu'on lui apporte. Puis on lui amène Pietro et François, et une foule se forme rapidement autour de lui. Les procès publics ne manquent jamais d'attirer les curieux et les commères. Une fois de plus, Guido s'étonne. François est vêtu d'une vieille tunique miteuse qui ne  représente pas son milieu mais son visage montre une sérénité que l'évêque a rarement vu durant sa vie. Encore moins chez quelqu'un d'aussi jeune. Sans mensonge, sans omission, François répond poliment aux questions qu'on lui pose. Il avoue avoir subtilisé et vendu des tissus ainsi qu’un cheval appartenant à son père. 

- Pourquoi commettre un tel acte contre le père qui t'a élevé ? demande Guido. 
- Mon père des cieux m'a confié une mission. Je dois réparer l'église de Saint-Damien.

La foule ricane, le traitant de fou. Mais la paix intérieure qui se définit sur le visage de François est criante de vérité. Et l'évêque en est persuadé : il ne ment pas. Guido lève la main pour réclamer le silence.

- Il n'y a pas d'obéissance sans justice, François. Tu dois régler ta dette à ton père.
- J'ai honte de mon impulsivité, répond l'accusé, en baissant les yeux. Vous avez raison, je ne peux servir le Seigneur avec des biens mal acquis. 

François s'approche alors de Pietro et lui remet en mains propres la bourse pleine de l'argent de son crime. Il retire ensuite sa tunique, puis ses chaussures et ses bas sous les cruelles railleries de la foule, et les dépose aux pieds de son père. 

- Reprends ce qui t'appartient, Pietro Bernardone car aujourd'hui, je ne suis plus ton fils mais celui de notre père des cieux. Désormais, je mendierai pour reconstruire Saint-Damien. 

La foule rit de plus belle mais François reste impassible. Quant à Pietro, toute trace de colère a disparu de son visage, elle cède place à la stupeur. Laissant tomber la bourse pleine à ses pieds, il saisit son fils par les épaules.

Avec les yeux d'un père sur le point de perdre son enfant, il le supplie de reprendre ses esprits, lui pardonne tout si seulement il accepte de rentrer… Mais François, le regard toujours aussi doux, le repousse. 

- Adieu papa. Ne te soucis plus de moi. C'est le Seigneur qui pourvoira pour moi à présent. 

Guido reste figé quelques instants de plus, stupéfait par les paroles et surtout la résolution du jeune homme. 

- François, demande alors l'évêque, le Seigneur t'a-t-il confié d'autres missions ? 
- Il m'a seulement dit « répare ma maison qui tombe en ruine ». 

La foule se fait une raison. C'est un fou. Un fou de Dieu. Ce genre d'être qui avance en pleine confiance dans la lumière de Dieu en endurant toute les épreuves des hommes, et qui finit toujours par toucher les cœurs. Il n'y a plus de doute à avoir. La "maison" qui a été confiée à François, ne se limite sans doute pas à la petite église de Saint-Damien. Mais cela, Guido le garde pour lui. 

L'évêque quitte son trône et retire son manteau pour couvrir François. Aussitôt, la foule se tait, sachant qu'il ne s'agit pas d'un acte anodin. En lui donnant son manteau, Guido a revêtu François de la protection de l’Église.

J'éprouve une grande joie à partager ce passage de la Vie de Saint François d'Assise que peu d'entre nous connaissent sans doute ! Tel est l'agir des saints ! François a rencontré Jésus depuis peu, l'argent ne dit plus rien à ses yeux , il ira même jusqu'à le comparer à du crottin de cheval :. « L’argent est le crottin du diable »  François, ne méprise pas l'argent , il en connaît la valeur, je pense qu'il aurait signé volontiers cet écrit de Clément LENOBLE: L’argent en soi n’est ni bon ni mauvais : c’est un instrument dont la valeur dépend de son utilisation. Cette conception qui fait de l’argent un objet vide reste valable pendant tout le Moyen Âge. Bien utilisé, il constitue un investissement céleste ; sa fructification peut devenir « une bonne usure ». Dieu lui-même est parfois qualifié d’usurier et l’évêque Ambroise de Milan

(†397) enseigne à ses ouailles « comment devenir de bons usuriers ». Le placement idéal, c’est l’aumône aux pauvres, souvent appelés « les banquiers du Seigneur » parce qu’ils multiplient dans l’au-delà la richesse qu’ils reçoivent, assurant ainsi le paradis à leurs bienfaiteurs.

Dans la péricope qui nous intéresse aujourd’hui, Jésus ne part pas en guerre contre l'argent. Jésus ne donne pas non plus un satisfecit au gérant malhonnête, Il veut attirer notre attention sur notre manière d'acquérir et d'utiliser cet argent acquis, honnêtement ou pas. Peut-être pouvons-nous rapprocher ce verset :Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête ,afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.du propos de Clément LENOBLE : Le placement idéal, c’est l’aumône aux pauvres, souvent appelés « les banquiers du Seigneur » parce qu’ils multiplient dans l’au-delà la richesse qu’ils reçoivent, assurant ainsi le paradis à leurs bienfaiteurs.

Les enfants de la Lumière sont ceux qui choisissent Dieu, minute après minute, jour après jour, ceux dont les choix s'appuient sur la Parole divine, sur la charte des Béatitudes .Ceux qui choisissent la « porte étroite » qui conduit à la Vie. Et ce n'est pas réservé aux religieux !

Les fils de ce monde, tel, ce gérant malhonnête, choisissent malignement, des complices pour en faire des amis afin qu'ils ne se retournent pas contre eux au moment où apparaîtront les conséquences de leurs actes malhonnêtes et les problèmes majeurs qui s'ensuivent . Ils les bâillonnent, pour avoir des soutiens sûrs qui prendront fait et cause pour eux !

Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ;en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. Jésus ne louent pas les choix des fils de ce monde, il nous demande , à nous qui continuons de Le choisir , Lui et les exigences du Royaume , d'utiliser les dons et aptitudes que nous avons reçus avec autant et plus d'habileté, d'ingéniosité, pour servir Dieu et nos frères, non pour les asservir , d'avoir autant et plus d'imagination pour entraîner nos frères sur le chemin de la Vérité. Jésus veut que nos vies soient « appelantes » dynamisantes ,inspirantes, rayonnantes , qu'elles donnent envie d'avancer, de rassembler.. Les frères plus fragiles , moins éclairés doivent trouver d'autres frères plus enracinés, ancrés , dignes de confiance, sur qui ils peuvent s'appuyer avant de voler de leurs propres ailes, avant de devenir soutiens, entraîneurs à leur tour ...c’est la suite de cette péricope :

Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande.Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande. Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ?
Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera  

Nous l'avons compris et nous le savons par expérience , l'argent n'est qu'un moyen d'échange entre les hommes, il nous permet d'acquérir les biens dont nous avons besoin pour vivre décemment. Cet argent réclame, malgré tout, une gestion rigoureuse et honnête , pour respecter les droits de chacun. L'argent aura une fin, nous n'emportons pas d'argent dans le Royaume : « Nu je suis sorti du ventre de ma mère, nu j'y retournerai. Le Seigneur avait donné, le Seigneur a repris : Que le nom du Seigneur soit béni ! » . Job 1,20 Nous sommes arrivés sans rien , nous repartirons de même !

Mais, nous dit Jésus « Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ? » Si nous gérons mal cet argent somme toute banal, comment pourrons-nous gérer le bien véritable ? De quel bien parle Jésus ? Saint Paul dans sa Première Lettre aux Corinthiens, chapitre 13, nous en donne la clef ( Il n'est pas interdit de lire le chapitre 12 qui l'introduit)

Aspirez, nous dit-il , aux dons supérieurs. Aussi bien je vais vous montrer une voie excellente entre toutes.Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, ( entendons l'Amour) je suis un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit. 2 Quand j'aurais le don de prophétie, que je connaîtrais tous les mystères, et que je posséderais toute science; quand j'aurais même toute la foi, jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, tout cela ne me sert de rien

La charité est patiente, elle est bonne; la charité n'est pas envieuse, la charité n'est point inconsidérée, elle ne s'enfle point d'orgueil; elle ne fait rien d'inconvenant, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne tient pas compte du mal; elle ne prend pas plaisir à l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité; elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout.

La charité ne passera jamais. S'agit-il des prophéties, elles prendront fin; des langues, elles cesseront; de la science, elle aura son terme. Car nous ne connaissons qu'en partie, et nous ne prophétisons qu'en partie; or, quand sera venu ce qui est parfait, ce qui est partiel prendra fin. Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j'ai laissé là ce qui était de l'enfant. Maintenant nous voyons dans un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme je suis connu. Maintenant ces trois choses demeurent: la foi, l'espérance, la charité; mais la plus grande des trois c'est la charité.1 Cor 13

Que dire de l'argent alors ? Ce petit bout de papier, ou ce métal précieux (lingot, louis …) qui peut brûler et fondre sous nos yeux impuissants ? Alors que » l'or de l'amour » demeurera éternellement ! Car Dieu est AMOUR ! Et lui seul EST ! JE SUIS CELUI QUI SUIS !

C'est un choix dit encore Jésus , c'est l’Un ou l’Autre mais pas les deux ! C'est Dieu ou l'argent !

Aucun domestique ne peut servir deux maîtres :ou bien il haïra l’un et aimera l’autre,ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. » C'est incompatible ! Aïe ! Et ce n'est pas nouveau, nous lisons dans Deutéronome 30 :J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre: j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis donc la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, en aimant le Seigneur, ton Dieu, en écoutant sa voix et en t'attachant à lui; car cela, c'est ta vie et de longs jours à demeurer dans la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob.» et Jésus nous dit:je suis le chemin, la vérité et la vie !personne ne va vers le Père sans passer par moi. Jn 14

Or l’Écriture dit encore :« Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » Mt 8 Alors c'est à nous de choisir ! Si je choisis la Vie, si je choisis de marcher avec Jésus, je ne manquerai de rien ! Regardez les oiseaux du ciel , regardez les fleurs des champs ...Considérez les lis, comment ils ne filent ni ne tissent; or, je vous le dis, Salomon même dans toute sa gloire n'était pas vêtu comme l'un d'eux. Si donc Dieu revêt ainsi, dans les champs, l'herbe qui est aujourd'hui et demain sera jetée au four, combien plus (le fera-t-il) pour vous, gens de peu de foi! Jamais Dieu n'abandonne un seul de Ses enfants et si nous rencontrons des personnes qui se disent abandonnées c'est qu'il y a quelque part un dysfonctionnement, dont nous portons, peut-être une part de responsabilité ! A nous de bien choisir ! A nous d'aimer vraiment ! Comme Jésus !


CHOISIS LA VIE


CHOISIS LA VIE, CHOISIS LE BONHEUR,
SURTOUT NE CRAINS PAS !
CHOISIS LA VIE, CHOISIS DE BÉNIR
FAIS DONC CELA ET TU VIVRAS !

1. Comme l’aurore ta lumière jaillira
Ta justice marchera devant toi,
Sur tes chemins, ton Dieu t’accompagnera
Et ton désert refleurira !

2. Moi je te donne un cœur frémissant,
Ma tendresse en toi resplendira
Sur toute chair, je répandrai mon Esprit
Jamais Il ne te manquera !

3. C’est aujourd'hui le temps de l’espérance,
C’est maintenant que tu es sauvé
Va proclamer : "Le royaume est tout proche !"
Je t’envoie partager ma joie.

4. Demeure en moi petit et désarmé,
Je te revêts de ma force d’aimer.
De ma parole, toujours je te nourrirai
Tu recevras ma liberté.



Paroles et Musique : Communauté de la Roche d'Or
© 2011 Éditions Roche d’Or




L'Ermite



Je ne sais pas comment m'y prendre pour vous communiquer, ici, le lien de ce témoignage!Je vous propose donc, de taper dans la barre de recherches de votre téléphone ou de votre ordinateur, ce qui suit et vous aurez un témoignage intéressant et fort sur la CONFIANCE EN LA PROVIDENCE QUI PREND SOIN DE CHACUN DE NOUS



HISTOIRE CHOC - JÉSUS A AVEUGLÉ 13 personnes pour moi… ? Alberto Maalouf


vendredi 12 septembre 2025

IL S'EST ABAISSE, DIEU L'A ÉLEVÉ

 

VINGT-QUATRIÈME DIMANCHE

DU TEMPS ORDINAIRE

Année C


FÊTE DE LA CROIX GLORIEUSE



(Jn 3, 13-17)

IL S'EST ABAISSE, DIEU L'A ÉLEVÉ



Le 14 septembre, l’Église célèbre une des sept fêtes du Seigneur au cours de l’année liturgique.

Une fête très ancienne

Cette fête s’enracine sans doute dans la célébration de la dédicacede la basilique constantinienne du Saint-Sépulcre, le 14 septembre 335. La fête de la dédicace, dont la célébration était marquée par des ostensions de la Croix se transforme rapidement en … fête de la croix glorieuse.


Aujourd’hui

Dans la liturgie actuelle, la fête de la croix glorieuse se situe au terme d’un parcours spirituel de quarante jours commencé le 6 août à la fête de la TransfigurationLa liturgie offre ainsi comme un « carême d’été » qui permet un cheminement au cours duquel les chrétiens sont appelés à progresser pour entrer dans la sagesse de Dieu. Ces quarante jours, vécus à partir de la Transfiguration du Seigneur, sont l’occasion d’approfondir un aspect essentiel du mystère chrétien.

Que nous apprend le langage de la Croix ? Le bois de la Croix rappelle le supplice du Seigneur et apparaît comme un symbole par excellence du Salut en marche. LaCroix est le signe éminent de l’amour sauveur de Dieu qui donne sa vie, mais en même temps signe de victoire sur le péché, le mal et la mort, car ce don débouche sur la Résurrection et la gloire. Ainsi, les quarante jours qui conduisent de la Transfiguration à lala la Croix nous incitent à changer notre regard sur la Croix pour y voir le désir de Dieu que « la vie surgisse à nouveau là où la mort avait pris naissance »(Préface)

Au lendemain de la Croix glorieuse, l’Église fête de la compassion de Marie avec la mémoire de la Bienheureuse Vierge Marie des Douleurs qu’on a  souvent appelée Notre Dame des sept douleurs.( Église catholique de France)

LACroix GLORIEUSE

Fête

C’est au lendemain de la Dédicace de l’église de la Résurrection, érigée à Jérusalem sur le tombeau du Christ (335), que nous célébrons la Croix glorieuse. La Croix du Christ est le trophée de sa victoire pascale sur la mort. La tradition y voit aussi  le signe du Fils de l’homme, qui apparaîtra dans le ciel pour annoncer son retour (Mt 24, 30).


«Regarde en haut vers la Croix:
Elle étend ses poutres,
Comme quelqu’un qui ouvre ses bras,
Comme s’Il voulait embrasser le monde entier:
Venez vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau…
Du sol, elle s’élève jusqu’au ciel
Et aimerait tous les emporter là-haut.
Embrasse seulement la Croix, ainsi Tu le possèdes,
Lui qui est vérité chemin et vie.
Si Tu portes Ta Croix, elle-même Te porte
Et devient pour Toi béatitude».
(Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, extrait de Signum Crucis 16 novembre 1937)


Jésus disait à Nicodème :« Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme.De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique,afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,mais obtienne la vie éternelle.Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »

Le premier verset de cette péricope nous surprend et c'est normal Il est bon de le replacer dans son contexte pour tenter d'approcher la pensée de Jésus .Nicodème, un Pharisien , homme de bonne volonté , est venu voir Jésus, de nuit, pour essayer de comprendre qui est Jésus vraiment ! De question en réponse, Jésus en vient à lui dire  verset 11 -12:En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous attestons ce que nous avons vu, mais vous ne recevez point notre témoignage.Si vous ne croyez pas quand je vous parle des choses qui sont sur la terre, comment croirez-vous si je viens à vous parler de celles qui sont dans le ciel?

Jésus fait une discrète allusion à Son origine divine : nous disons ce que nous savons, et nous attestons ce que nous avons vu, Jésus révèle ici que Sa Parole est Vérité , ce qu'Il dit est, parce que, dira-t-Il ailleurs, ce qu'Il dit, vient du Père qui L'a envoyé Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Jn 14,10

Sans une renaissance, il est impossible d'accueillir ce mystère « nul, s'il ne renaît de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu 3,5 Une grâce spécifique,( cette renaissance dans le bain du baptême) celle de l'Esprit, pour accueillir et comprendre les choses du Royaume, les choses d' En-Haut !« Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme.Seul le Fils sait de quoi Il parle

car non seulement Il est d' EN-HAUT mais Il S'est abaissé , Il est descendu , Il est là, mais pour Le RECONNAÎTRE Il convient de naître d' EN HAUT, naître de l'Esprit qui souffle « on ne sait ni d'où Il vient ni où Il va » ! Jésus détient la connaissance intime de Dieu, étant Dieu Lui-même, et de Son être, et Il est seul à pouvoir parler la langue des hommes ayant accepté de se vêtir de leur humanité , c'est là, Son abaissement initial, qui va le conduire à l’extrême : la croix, par amour fou de l'humanité qu'Il a épousée jusqu'à faire un avec elle !  S'il accepte de renaître dans l'Esprit , Nicodème , pourra entrer dans la compréhension du mystère et notamment de celui du crucifié que Jésus rapproche ici, du Serpent d'airain :

.De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Ce qui signifie que, de même que dans le désert, il suffisait de lever les yeux avec foi vers le Dieu de l'Alliance ( représenté dans ce passage par un serpent de bronze) pour être guéri de ses blessures physiques, de même, désormais, il suffit de lever les yeux avec foi ( la renaissance qui donne la foi), vers le crucifié, pour guérir des maux qui rongent les âmes. Le premier à regarder le Christ en croix, avec foi, sera le bon larron :Jésus, souvenez-vous de moi, quand vous reviendrez avec votre royauté. " Et il lui dit: " Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. Lc 23,42 Le Bon Larron est le Premier à faire ce que St Jean décrit au ch 19 verset 37 : « Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé » Lever les yeux vers le Crucifié, c'est reconnaître Sa Seigneurie de Christ, c'est un acte de foi et un acte d'adoration !

Alors que dans l'Ancien Testament - l'Ancienne Alliance - seul le Peuple choisi, le Peuple de l'Alliance était concerné par le serpent de bronze ici, Jésus ouvre grand la porte du Royaume à tout homme qui croit, tout homme qui Le reconnaît  !

.Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique,afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »

Dieu ne fait pas de différence entre les hommes , Il ouvre le salut à tous, Il envoie Son Fils, non pour quelques privilégiés, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » Le monde, oui, le monde soit sauvé !Quant à Jésus au chapitre 15 de St Jean Il dit clairement : Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Jn 15,13 Jésus se donne tout entier , Il se livre, Il se laisse prendre pour donner la Vie ! Agissons de même ! Dieu seul pouvait faire d’un instrument de mort un instrument de vie. Dieu seul pouvait faire d' un instrument de haine un instrument d’amour.

Écoutons François d'Assise:Que tout homme craigne, que le monde entier tremble, et que le Ciel exulte, quand le Christ, Fils du Dieu vivant, est sur l'autel entre les mains du Prêtre ! Ô admirable grandeur et stupéfiante bonté ! Ô humilité sublime et humble sublimité ! Le Maître de tout l'univers, Dieu et Fils de Dieu, s'humilie pour notre salut, au point de se cacher sous l'humble apparence d'un peu de pain ! Voyez, frères, l'humilité de Dieu, et faites-lui l'hommage de vos cœurs. Humiliez-vous, vous aussi, pour pouvoir être exaltés par lui. Ne gardez pour vous rien de vous, afin que vous reçoive tout entiers, Celui qui se donne à vous tout entier. » (Saint François d'Assise, Lettre à tout l’Ordre)



Ô croix dressée sur le monde

Ô croix dressée sur le monde
Ô croix de Jésus-Christ
Ô croix dressée sur le monde
Ô croix de Jésus-Christ

Fleuve dont l'eau féconde sur notre terre a jaillit
Par toi la vie surabonde

Ô croix de Jésus-Christ

Ô croix, sublime folie
Ô croix de Jésus-Christ
Ô croix, sublime folie
Ô croix de Jésus-Christ

Dieu rend par toi la vie et nous rachète à grand prix
L'amour de Dieu est folie
Ô croix de Jésus-Christ

Ô croix, victoire éclatante
Ô croix de Jésus-Christ
Ô croix, victoire éclatante
Ô croix de Jésus-Christ

Tu jugeras le monde au jour que Dieu s'est choisi
Croix à jamais triomphante
Ô croix de Jésus-Christ

Ensemble vocal L'Alliance

Marie Pelletier,Bertrand Laguette



Invocation à la Croix glorieuse

Ô Croix mon refuge, ô Croix mon chemin et ma force,

ô Croix étendard imprenable, ô Croix arme invincible.

La Croix repousse tout mal, la Croix met les ténèbres en fuite ;

par cette Croix je parcourrai le chemin qui mène à Dieu.

La Croix est ma vie : mais pour toi, ennemi, elle est ta mort.

Que la Croix de notre Seigneur soit ma noblesse,

que son Sang demeure en moi la vraie rédemption.

Que sa Résurrection me donne une foi ferme

et une espérance certaine en la résurrection des justes.

Et que sa glorieuse Ascension dans les cieux

me fasse marcher chaque jour vers l’objet de mon désir céleste ;

qu’elle répande l’Esprit-Saint en nos cœurs

et nous remette tous nos péchés passés. Amen.”

(Invocation à la Croix par Saint Odilon)




L'Ermite


vendredi 5 septembre 2025

ACCUEILLIR LE CHRIST TOUT ENTIER


VINGT-TROISIÈME DIMANCHE

DU TEMPS ORDINAIRE

Année C




(Lc 14, 25-33)

De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit :« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie ,il ne peut pas être mon disciple.Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple. Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?
Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever, tous ceux qui le verront vont se moquer de lui ‘Voilà un homme qui a commencé à bâtir et n’a pas été capable d’achever !’Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin,une délégation pour demander les conditions de paix.
 Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »

De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il ne s'agit pas de quelques personnes, ce sont des foules que nous voyons fascinées par la Personne de Jésus : Ses Paroles et, très certainement Ses actes ! D'ailleurs, qui ne le serait pas ? Jamais personne n'a parlé comme cet homme!Jn 7,46 De plus, Il accueille tout homme de bonne volonté, Il guérit, même des lépreux , Il lui arrive de ressusciter un mort par compassion pour une mère éplorée, Il va jusqu'à nourrir une foule affamée après L'avoir longuement écouté , Il libère du Mal en chassant des démons, Il raconte des histoires ( les Paraboles) pour éclairer les pas des uns et des autres... qui ne suivrait une telle Personne ? Et Jésus connaît les motivations profondes qui animent ces foules : vous me suivez En vérité, en vérité je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés.Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui demeure pour la vie éternelle, Jn 6,26

Jésus perçoit le moment venu d'aller plus loin il se retourna et leur dit :« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie ,il ne peut pas être mon disciple.Celui qui ne porte

pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple. Le ton change, et, surtout, le contenu ! Il n'est plus question de recevoir, et recevoir encore et toujours, mais de faire des choix radicaux ! Jésus demande explicitement d'être préféré, à ce qui nous est le plus cher au monde : parents, frères et sœurs et plus encore, sa propre vie ! C'est pure folie ! Le ton est différent ! L'exigence l'est aussi ! Et ce propos demande une réflexion approfondie ! Jésus le sait – Il nous a créés et nous maintient en vie – Il se lance donc dans deux nouvelles paraboles :

Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?
Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever, tous ceux qui le verront vont se moquer de lui ‘Voilà un homme qui a commencé à bâtir et n’a pas été capable d’achever !’

Ailleurs, St Matthieu, écrit : Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger..: "Mt 9,36

Jésus n'est pas indifférent aux foules qui Le suivent, St Matthieu dit même, qu'Il est saisi de compassion en les voyant, s 'Il utilise ici deux Paraboles c'est pour éviter, aux foules qui Le suivent, de se fourvoyer. Elles sont COMME des moutons, mais elles ne sont pas des moutons . SUIVRE Jésus c'est réfléchir à ce que cela implique et engage dans une vie d'homme. Il ne s’agit pas d'avancer tête baissée, il est important, de s'asseoir et de réfléchir à quoi la personne s'engage . La tour c'est la vie de foi du chrétien qui se traduit par le temps du Catéchuménat pour des aînés, de la catéchèses pour les enfants, de la formation biblique tout au long de la vie , par la pratique des sacrements, la participation à différents groupes susceptibles de soutenir notre foi, de l'éclairer . Avant de crier haut et fort « je suis chrétien » il convient d'avoir réfléchi à ce que cela engage dans nos vies ! Combien d'entre nous commencent, mais quand le chemin est chargé d'embûches abandonnent et rejettent un Dieu qu'ils ne comprennent plus, pas !

SUIVRE Jésus c'est faire des choix qui nous permettront d'aller au bout de nos engagements, il convient parfois, de renoncer , au moins pour un temps, à des affections telle que la famille qui veut empêcher ou qui dénigre , à des amitiés, des habitudes, des projets ; c'est s'asseoir pour réfléchir , et prendre les moyens d'avancer , c'est notre seconde Parabole

Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin,une délégation pour demander les conditions de paix. 

Le Roi, c'est chacun des baptisés , le baptême fait de chacun, un prêtre, un prophète et un Roi ! La guerre, c'est le combat spirituel que tout chrétien doit mener pour lutter contre les différentes attaques du Maléfique qui comme un lion cherche à dévorer ( 1 P, 5) la proie que nous sommes ! Les combattants, ce sont, d'un côté nos passions négatives, tous ces démons diligentés par Satan pour nous arracher à l'amour qui est Dieu, souvent en appelant bien ce qui est mal d'un côté, et, de l'autre, tous les moyens que l’Église met à notre disposition pour tenir bon et repousser le Satan et ses légions : les sacrements,la Parole de Dieu, les dons du St Esprit, la culture des vertus, théologales ( Foi, Espérance et Charité) et cardinales (Prudence, Tempérance, Force et Justice) la prière, nos anges gardiens, La Vierge Marie , St Joseph et tous les saints que nous pouvons appeler à notre secours, notre Saint protecteur.

Avec les épreuves que la vie et notre péché nous réservent, c'est cela porter sa croix pour marcher dans les pas de Jésus . Si nous ne prenons pas les moyens qui nous sont offerts nous ne pouvons pas prétendre, être et devenir, toujours davantage disciple du Christ ! C'est Jésus qui nous le rappelle :

Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »

Cette assertion suscite une question ? Qu'est-ce qui appartient en propre à l'individu ? St François d'Assise dit quelque part : « nous n'avons en propre que notre péché ! » En effet, tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes est don de Dieu, seul le péché est le fruit de nos passions non réprimées, non combattues. Et c'est à cela que Jésus nous demande de renoncer. Quand Jésus nous demande de Le Préférer y compris à nos parents, Il ne nous demande pas de délaisser nos parents, nos proches, Il nous demande, comme nous le disions plus haut de bien choisir ,c'est ce passage de St Matthieu où Jésus déclare :

Et moi, je vous dis: Quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà commis l'adultère avec elle, dans son cœur. Si donc ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi: car mieux vaut pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi: car mieux vaut pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps tout entier n'aille pas dans la géhenne.Mt 5,29

Être disciple de Jésus suppose un choix radical et c'est crucifiant ! À chacun de réfléchir ! C'est une Sagesse de vie comme le décrit St Paul :

Pourtant il est une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n'est pas celle de ce siècle, ni des princes de ce siècle, dont le règne va finir. Nous prêchons une sagesse de Dieu mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre glorification. Cette sagesse, nul des princes de ce siècle ne l'a connue; - car, s'ils l'avaient connue, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de la gloire. 1 Cor 2 6-8


Perdre sa vie pour accueillir le Christ,
se livrer au Christ pour rencontrer le Père,
se trouver soi-même comme un don de Dieu.

Je te suivrai, Jésus, montre-moi le chemin.

1
Qui aime son père et sa mère plus que moi
N'est pas digne de moi.

2
Qui refuse de prendre sa croix
N'est pas digne de moi.

3
Qui perd sa vie à cause de moi
La gardera


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L'Ermite