vendredi 1 novembre 2024

AIMONS

 

AIMONS !


TRENTE ET UNIÈME DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE

Année B


(Mc 12, 28b-34)

un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander :« Quel est le premier de tous les commandements ? »    Jésus lui fit cette réponse :« Voici le premier :Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »    Le scribe reprit :« Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force,et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »    Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. »Et personne n’osait plus l’interroger.

AIME ! AIMONS ! AIMEZ !

Un seul a conjugué ce verbe à toutes les personnes : LE SEIGNEUR JÉSUS qui est allé jusqu'à l'extrême de l' AMOUR ! Lui seul a donné Sa Vie, de bout en bout, par

AMOUR de l'humanité Il a commencé par épouser cette humanité en S'anéantissant dans un corps d'homme épousant toutes ses limites, Il S'est livré aux mains des hommes jusqu'à mourir sur une croix pour élever cette humanité à la dignité de FILS de DIEU !

Ayant plusieurs fois déjà « balbutié » car nous ne faisons qu'effleurer la Parole divine, balbutié cette péricope, je vous propose aujourd'hui un des nombreux poèmes où le P. Paul BAUDIQUEY évoque l'une des multiples facettes du véritable AMOUR, le seul capable de retourner le monde !

Ça veut dire quoi : Aimer ?

La question est redoutable.

Deux sortes de gens la posent :


Des gens « blessés » trop malheureux,

parce qu'ils ne sont pas

    - parce qu'ils ne sont plus – aimés

    et ça leur fait tellement mal

    qu'ils ont envie de ricaner.

    Et puis des gens heureux

    qui n'en reviennent pas,

    tellement c'est incroyable d'être aimé.

    En dehors de ceux-là, il n'y a personne :

    des morts-vivants,

    hommes et femmes de peu de poids !

Car l'amour est un fardeau

il est très lourd à porter :

il nous met dans la dépendance

et nous n'aimons pas ça.

L'autre se met à compter, autant et plus que moi :

me voici dépourvu et mendiant..

Aimer , c'est prendre le risque

d'être « envoyé sur les roses »


On s'expose « au droit de réponse »

et celle-ci peut être parfaitement cruelle.

L'amour, en ce sens , est l'échec de Dieu,

avant même d'être le nôtre:

on n'est jamais sûr que l'autre répondra,

on est sans pouvoir sur sa liberté,

ses acquiescements et ses refus.

Aimer, ça ne va pas de soi,

et rien, jamais n'est gagné d'avance.

Il faut un intense, un incessant et toujours neuf

investissement de soi.

Un éveil, une vigilance que rien n'épuise,

que rien ne lasse.

L'amour n'est pas un instinct :

l'instinct est de s'emparer pour survivre.

L'amour est un don, plus obstiné, plus entêté,

que tous les désirs de survivre et de posséder.

On le dit « aveugle »

et il l'est malgré son absolue claire-voyance

car il demeure fermé

à toutes les bonnes raisons qu'on lui oppose,

à commencer par la soi-disant folie de sa déraison.

Dieu, Lui-même, se l'entend dire tous les jours,

Lui, qui supporte tout, tolère tout

et qui use si peu de sa « « toute-puissance »

pour mettre un peu d'ordre et châtier les coupables...

Un Père qui laisse tout faire, ça ressemble à quoi …



Que de mépris, de hargne et de haine on devine

à l'égard de tous ceux et celles

que ça n'intéresse pas d'avoir le dessus,

qui n'ont que faire d'être obéis au doigt et à l’œil,

inexorablement.

Ils déclenchent plus de réprobation

que les voleurs et les assassins.

Ils font justice de toute bonne conscience.

L'amour est un appel

à cette autre part de nous-mêmes

qui est vulnérable et sans défense.

Un appel totalement dépourvu

du pouvoir de s'imposer comme tel.

Il ne sait qu'attendre, patienter, espérer,

en pure perte de soi ,

en pur désir que l'autre s'attende à nous ,

s'éveille, consonne,

ouvre sa porte et nous accueille.

A tout refus il ne sait qu'opposer

l'obstination d'un don plus total.

Il est sans défense parce qu'il n'a rien à perdre

tout à attendre, à recevoir et à donner !



L'amour se prouve

autant qu'il s'éprouve

en aimant !



Aimer, c'est éprouver le goût de l'autre

et, d'abord, que l'autre a du goût :

il y a tant de gens « insipides ».

Tout d'un coup

- « coup de foudre » le bien nommé -

ou lentement,

quelqu'un se met à avoir un goût

que les autres n'ont pas.

Une impérieuse nécessité, un manque fondamental

se sont ainsi donné rendez-vous

pour nous tenir « par le bout du cœur »

La carapace vole en éclats ;

on devient fragile et comme blessé à vif :

on rêvait de se faire tout seul

et l'autre vous devient indispensable.



Il est beau ce cri de Prouhèze

à l'Ange qui lui demande de renoncer

en ce monde à ce Rodrigue

qu'elle aime plus que son âme :

« il ne saura donc jamais ce goût que j'ai ! »

Le goût de l'autre s'éprouve sur ses lèvres.

Le goût de l'autre embaume comme le parfum des terres .

Le goût de l'autre prend forme d'un visage :

tout l'univers se recompose en lui

et devient beau à n'y pas croire,

Le goût de l'autre a parfum de caresses,

le goût de l'autre est attente et prémices.

Le goût de l'autre est recueillement

et silence adorant,

retenue et respect, attente immobile.



Car le goût de l'autre échappe aussi

et fuit comme une eau vive.


Et c'est tant mieux,

car c'en serait fait et de lui et de moi,

si nous nous « tenions »

si nous nous appartenions.

S'appartenir : appartements, propriétés,

installations …

On n'entre pas en amour

comme on se met en ménage.

Il faut un lieu et la maison peut être ce lieu,

si elle est elle-même « acte d'amour » : demeure,

foyer et source.

Mais le propre de la source est justement

d'aller plus loin.



Aimer, c'est toujours aller plus loin...

Plus loin que les apparences,

plus loin que les déceptions,

plus loin que les lassitudes

plus loin que les solitudes.

L'amour est nomade.

Il parcourt le désert à la recherche d'un puits.

Il peuple le désert, le peuple de désir,

le peuple d'Espérance.

C'est en étant nomade que l'amour est fidèle,

fidèle à la quête inlassable de l'autre,

à la quête infatigable de l'autre et des autres.

Il va, d'étapes en étapes, accompagné des siens,

de ceux qu'Il a fondé et dont Il se reçoit.

Il sait faire halte dans l'innocence du jour ;

les oasis, comme une visitation de l'ombre

et de l'eau

Mais une urgence secrète lui enseigne à repartir


et la marche reprend à la rencontre d'inconnus,

comme autant de surprises.


En dehors de cette souveraine liberté

du don et de l'accueil,l'amour ignore tout ; il ne veut rien savoir.

Il ouvre sur ce qui va venir :

l'amour et l'à-venir vont la main dans la main,

tournant résolument le dos au passé figé et clos.

Le passé n'est pas nié, ni oublié, car l'homme à l'égal de l'arbre,

ne peut pas vivre sans racines.

Mais les racines qui clouent au sol

sont point d'appui et sont tremplin ;

elles libèrent l'audacieux élan du tronc

et des ramures

et servent son désir de peupler l'espace

et d'étreindre le ciel.

L'Amour déplie : il donne à l'aimé

de s'ouvrir à tout son déploiement.

Il est le contraire même de l'enfermement,

à l'opposé de toute main-mise.



L'amour et la surprise iront toujours de pair :

ceux que nous aimons nous surprendront

toujours ;

ceux que nous aimons, nous étonneront toujours ;

ceux que nous aimons nous émerveillent encore.



L'Amour est porteur de lumière,

comme le visage qu'il anime et qu'il transfigure ;

on y voit luire la lumière du blé

et la flamme du vin .

L'Amour est un feu qui brûle sans se consumer,

qui mord profond, comme mord la flamme

dans la chair d'un quartier de hêtre,

éclatant de sa déchirure.

L'Amour est bûcheron des certitudes ;

Il s'entête au plus vrai

il sait porter ses coups..

L'Amour est vigneron : il sait nous vendanger.

Viendra le jour des Noces

dont l'attente nous consume :

aucune goutte, d'aucune grappe n'y sera oubliée,

aucune goutte d'aucune grappe n'y sera perdue .

Paul BAUDIQUEY ( Pleins signes-Cerf)



LE CHANT D'ASSISE

O mes bien-aimés, soyez humbles.

O mes bien-aimés soyez doux

. Ne vous inquiétez ni d’honneurs, ni de dignité, ni de louanges.

Fuyez les vanités. Toutes les vanités.

Et dites-vous que le savoir des anges

Ne suffit même pas pour comprendre ce qui de Dieu seul est compris

Ai m e z ! Aimez et ne jugez pas.

Si vous voyez une homme pécher mortellement,

haïssez le péché, mais ne jugez pas l’homme.


Ne le méprisez pas. Ne méprisez personne.

Car vous ne savez pas le jugement de Dieu.

Et tel semble damné qui est sauvé, peut-être.

Et tel semble sauvé qui est déjà damné.

Vous ne savez pas qui sont ceux à qui Dieu tendra la main.

Ô vous tous, gens de la terre, qui cheminez si douloureusement.

Ayez d’abord la Charité.

Aimez-vous les uns les autres.

Consolez-vous les uns les autres

Soutenez-vous les uns les autres.

Fût-on brûlé d’amour à en mourir.

On n’aime pas encore assez.

On n’aime jamais assez.

L’amour est tout qui est Dieu même.

Et que votre amour ne soit pas borné.

Car le Seigneur, mon Dieu, n’admet.

Ni vos frontières ni vos murs.

Christ a dit : Tu ne tueras point.

Je vous salue et vous bénis.

A Dieu, pour chacun d’entre vous, je demande.

La grâce de force pour renoncer le mal.

La grâce de Sérénité dans l’oblation.

La grâce de Joie dans l’épreuve.

Et que, par la vertu de la Croix acceptée.

Par la parole et par le sang de Jésus-Christ.

La terre enfin soit délivrée du mal. Amen! Amen !

Ainsi, sur Assise endormie.

Où le tombeau basilical si lourdement proclame.

Que son chant ne fut pas compris.

L’âme du petit pauvre.

Chante inlassablement pour le salut des hommes.

ASSISE ! ASSISE ! ASSISE !

Capitale spirituelle du monde.

Lieu de l’amour et de la joie de l’Évangile.

Luira-t-elle jamais cette aube.

Où tous nos vains orgueils.

Où tous nos vains espoirs viendront, pieds nus, vers saint François.

Faire leur amende honorable !

AIMEZ ET NE JUGEZ PAS !

Léon Chancerel

L'Ermite



vendredi 25 octobre 2024

CONFIANCE, LÈVE - TOI !

 

TRENTIÈME DIMANCHE DU


TEMPS ORDINAIRE

Année B




Mc 10, 46b – 52


Tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin.
Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »    Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit :« Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit :« Confiance, lève-toi ;il t’appelle. » L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « 
Rabbouni, que je retrouve la vue ! »    Et Jésus lui dit :« Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.


Jésus continue Sa marche vers Jérusalem. Avec Ses disciples , ils ont dépassé Jéricho Ce havre de paix en plein désert, situé dans la vallée du Jourdain en Palestine. Surnommée « la ville des palmiers », elle est connue pour ses sites emplis d'histoire d'une part et ses sols fertiles d'autre part.

C'est aussi la ville la plus basse du monde, car elle est située à environ - 240 mètres en-dessous du niveau de la mer. Le groupe en sortait à peine Tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : Cet homme ne voit pas mais il écoute et entend, il parle aussi  ! Il ne reçoit que des bribes de conversations, mais il a entendu l'essentiel : Jésus le Nazaréen, ce fils de David, de qui on dit tant de bien, mais aussi du mal, est là, et Il passe sur cette route ! Bartimée n'a rien à perdre, l'homme est aveugle, il ne peut pas travailler, il est réduit à la mendicité ! Cet homme préfère se fier au bien qui se dit , il se met à crier « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »

Nous connaissons tous, ou presque tous, ce verset de Psaume : « Un pauvre a crié, le Seigneur l'a entendu, et il l'a sauvé de toutes ses angoisses. L'ange du Seigneur campe autour de ceux qui le craignent, et il les sauve. Ps 34,6

Visiblement, cet homme dérange , ceux qui accompagnent Jésus l'écartent parce qu'il dérange ! Bartimée , loin de se décourager, crie plus fort encore :

Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » L'homme tient à attirer l'attention de Jésus et il a raison ! J'ai cherché le Seigneur ( d'autres traductions disent : j'ai crié vers le Seigneur) et il m'a exaucé, et il m'a délivré de toutes mes frayeurs. Ps 34, 5 Jésus n'est pas dérangé, Il entend surtout la foi de celui qui veut attirer son attention, qui crie sa détresse, qui est en attente , qui désire vraiment l'irruption du Maître dans sa vie personnelle, il ne veut pas passer à côté de cette opportunité, Jésus est là, il est primordial pour lui, de ne pas laisser passer sa chance ! .

Bartimée est un exemple pour nous il nous apprend à prier sans nous lasser : Prier sans cesse écrit Saint Paul aux Thessaloniciens Ch 5,17, sans souci « du qu'en dira-t-on », du regard des autres, de leurs quolibets. N'ayons pas peur d'exposer nos besoins au Seigneur, de crier notre détresse, à l'heure qui convient le Seigneur répondra! Restons dans la confiance comme nous le montre ce frère .

Rabroué, Bartimée aurait pu répliquer , se replier sur lui-même, se fermer, rentrer dans sa coquille et se taire, au contraire, l'homme crie encore plus fort ! « Fils de David, prends pitié de moi ! »

Merci Bartimée pour cette leçon de persévérance, de confiance ! Le brouhaha des hommes ne t'intimide pas, une seule chose compte pour toi, : toucher le cœur de Jésus, l'occasion est unique, Il est là, tu ne veux pas manquer Son passage !  « Le Seigneur passe...Attendras-tu Un autre rendez-vous ? Pourquoi tarder ? Prends avec lui Le chemin de la vie ».Hymne liturgique du Samedi à l'Office des Lectures .

Bartimée n'a vraiment pas envie de manquer ce passage , Jésus l'a compris , Il arrête « le cortège » sans doute à la surprise de ceux qui L'accompagnent et qui ont voulu imposer silence à cet homme .

Jésus s’arrête et dit :« Appelez-le. »On appelle donc l’aveugle, et on lui dit :On , il s'agit de ceux qui le rabrouaient, qui voulaient lui imposer silence, qui s'évertuaient à le faire disparaître en quelque sorte ! Voilà qu'en un instant, ils sont eux-mêmes, et en premier, retournés, puisqu'ils l'appellent et lui demandent d'être dans la confiance :« Confiance, lève-toi, Il t'appelle ! » En un instant ils prennent conscience de leur injustice. Jésus ne leur a rien dit de particulier , Il a simplement demandé que cet homme soit appelé , en le faisant appeler Jésus l'introduit dans la communauté des disciples et non seulement, révèle aux disciples (ici au sens large, ceux qui suivent Jésus) leur indigence, mais Il en fait des missionnaires. Jésus n'humilie pas le pécheur Il le valorise en le mettant au service de ses frères !

Merci Jésus, non seulement de nous envoyer malgré nos limites mais de nous apprendre la délicatesse de l'amour !

Ainsi rasséréné, invité à faire confiance :L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. En se délestant de son manteau c'est un peu comme s'il jetait loin derrière lui, tous ses soucis et même le poids de son infirmité, ainsi allégé il bondit de joie et court vers cette voix qui l'appelle .

Quand nous reconnaissons un appel du Seigneur au cœur de notre vie, dans le fond de notre cœur sonnes-nous de ceux qui bondissent et accourent en nous écriant : me voici, Seigneur, pour accomplir Ta volonté ?

 Prenant la parole, Jésus lui dit :« Que veux-tu que je fasse pour toi ?  Jésus ne s'impose pas, Il ne prend pas à proprement parler, l'initiative de l'intervention, Il permet à l'aveugle de formuler son attente, de la traduire en mots. L'attente de l'infirme est telle qu'elle jaillit sans la moindre hésitation parce que pour lui elle est vie. S'il retrouve la vue, cet homme pourra prendre sa vie en mains il pourra s'assumer dignement ::« Rabbouni, que je retrouve la vue ! « RETROUVE » ce qui signifie que cet homme a vu à un moment de sa vie, son infirmité doit d'autant plus le faire souffrir , lui faire désirer de revoir les visages aimés, les couleurs, la nature. Il est terriblement frustré , il ne peut plus suffire aux nécessités de la vie, il est devenu mendiant et il est connu et reconnu comme tel ! Ce n'est pas une situation enviable, il préférerait gagner son pain et celui de sa famille, participer à la vie sociale d'où ce bondissement de joie et ce cri du cœur ! Alors que les passants auraient souhaité l'isoler, le faire taire, Jésus le respecte et lui permet d'exprimer son attente  : que je retrouve la vue !

Saisi de compassion devant une telle confiance, un tel abandon, sans la moindre condition ou recommandation Jésus lui dit :« Va, ta foi t’a sauvé. »Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.

Jésus ne dit pas comme dans certaines situations : crois-tu au Fils de Dieu , je le veux, sois guéri, non ! Bartimée, de son côté, ne complique pas par un verbiage inutile : si tu le veux tu peux me guérir non ! L'homme et le Maître vont droit au but : que je retrouve la vue ! Va ta foi t'a sauvé ! C'est la foi de cet homme qui par le volonté du Fils de David (donc l'annonce du Messie de Dieu, l'Envoyé de Dieu, Celui que le monde attend ) que Bartimée n'a cessé d'invoquer, d'appeler à son aide que le voilà guéri , sauvé de sa nuit ! Cet homme, Fils de Timée , Bartimée, ne retourne pas auprès des siens dans l'immédiat pour raconter la merveille, pour se réjouir avec sa famille, pour retrouver sa place, remis debout, il suivait Jésus sur le chemin. Il va désormais,
accompagner Jésus , qui monte à Jérusalem, il retrouve sa place dans la communauté humaine  .

Merci Bartimée pour ta foi à déplacer les montagnes, la montagne des préjugés, celle des intimidations, celle de la peur, celle de la nuit ! Merci pour ta persévérance, pour la force de ta confiance, pour ton abandon complet à ton Seigneur ! Merci d'avoir aussitôt ancrait tes pas dans les Siens certain qu'Il te montre le chemin en passant le premier !

Merci Jésus de T'être laissé touché par ce cri du cœur et de détresse ! Merci d'avoir reconnu la voix de la confiance malgré les sommations à se taire ! Merci d'avoir entendu, d'avoir appelé cet homme, de l'avoir sauvé de la nuit de laquelle il était prisonnier ! Vraiment tu es le Fils de Dieu Toi qui illumines nos ténèbres et fais briller de mille feux les nuits de nos vies !


Christ Jésus, tu détruis la mort,
Tu fais resplendir la vie par l’Évangile.
 (2 Tm 1, 10)

verset évangélique du jour


Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête !
 

(Ps 125, 3)

Psaume du jour



LE SEIGNEUR PASSE

CFC — CNPL

Le Seigneur passe...
Ouvriras-tu,
Quand frappe l'inconnu ?
Peux-tu laisser mourir la voix
Qui réclame ta foi ?

Le Seigneur passe...
Entendras-tu
L'Esprit de Jésus Christ ?
Il creuse en toi la pauvreté
Pour t'apprendre à prier.

Le Seigneur passe...
Eteindras-tu
L'amour qui purifie ?
Vas-tu le fuir et refuser
D'être l'or au creuset ?

Le Seigneur passe...
Entreras-tu
Dans son eucharistie ?
Rappelle-toi que dans son corps
Il accueille ta mort.

Le Seigneur passe...
Oseras-tu
Lancer ton cri de joie ?
Christ est vivant, ressuscité.
Qui voudra l'héberger ?

Le Seigneur passe...
Attendras-tu
Un autre rendez-vous ?
Pourquoi tarder ? Prends avec lui
Le chemin de la vie.




L'Ermite

De façon habituelle : crédit peintures : Bernadette LOPEZ