vendredi 1 octobre 2021

EN RAISON DE LA DURETE DE VOS COEURS

 

XXVII e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE


Année B


(Mc 10,  2-16




Des pharisiens abordèrent Jésus et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient :L'attitude des pharisiens n'est pas nouvelle, s'ils abordent Jésus ce n'est ni pour le remercier ,ni pour le complimenter , ni pour lui demander de les éclairer, ils sont persuadés d'être dans la vérité. Plusieurs fois, les évangélistes les montrent s'adressant à Jésus pour le mettre à l'épreuve, et, ce n'est pas pour juger de Sa valeur en tant que personne, ou, en tant que penseur, mais ils cherchent à le mettre en contradiction avec la loi pour Le faire trébucher et pouvoir Le dénoncer aux autorités dans le but de L'arrêter. Jésus est dérangeant, Jésus est gênant, Jésus est embarrassant, Il doit disparaître de leur paysage !

Cette simple expression pourrait être pour nous, si nous sommes honnêtes, une occasion de réfléchir sur la qualité de nos motivations : pour quelle raison je pose telle question, à telle personne, est-ce pour la faire parler et utiliser son propos par la suite ? Est-ce pour sonder son point de vue, ses opinions, et les retourner contre elle par la suite ? Mes intentions sont-elles vraiment pures? A chacun de nous de faire le point, de réfléchir sur ses comportements !

« Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » Notons le côté misogyne de la question. Les pharisiens posent ici l'homme en être supérieur qui a des droits sur la femme or, dans la Genèse, dès l'origine nous trouvons : Et Dieu créa l'homme à son image; il le créa à l'image de Dieu: il les créa homme et femme. Et Dieu les bénit, (Gn 1) Si l'homme a des droits, la femme n'en a pas moins ! Première subtilité qui ne peut échapper au perspicace Jésus ! qui répondit :« Que vous a prescrit Moïse ? » Jésus n'engage aucune parole personnelle. Les pharisiens connaissent très bien la Loi, aussi, Jésus les renvoie à celle-ci, Il les sait capables de trouver une réponse par eux-mêmes.

Ils lui dirent :« Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. »

L'inverse n'est pas évoqué ! J'ai cherché le texte cité bien sûr, et voilà ce que je trouve :

Lorsqu'un homme aura pris une femme et l'aura épousée, si elle vient à ne pas à trouver grâce à ses yeux, parce qu'il a découvert en elle quelque chose de repoussant, il écrira pour elle une lettre de divorce et, après la lui avoir remise en main, il la renverra de sa maison.(Dt 24) (d'autres traductions parlent de répudiation, quoiqu'il en soit, il s'agit de rupture, de séparation)

    Jésus répliqua :« C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle.    Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme.    À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère,    il s’attachera à sa femme,et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.    Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »

Jésus, peut avancer .Si la Loi selon Moïse est la référence des pharisiens, avant celle-ci , en remontant aux origines de la Création, nous avons Dieu Créateur, et ce qu'Il veut pour le bonheur de l'humanité. Jésus leur rappelle ce « Commencement », ce que le Père a voulu dès l'origine. Quand Dieu eut préparé le monde : la lumière, le jour, la nuit , le firmament, les eaux, la terre , la végétation, les luminaires, soleil, lune, étoiles, les oiseaux, les animaux regardant Son œuvre Dieu vit que tout cela était bon mais insuffisant, il fallait compléter par des êtres vivants capables de penser , d'organiser, cette création, c'est alors qu'Il décide de donner l'existence à des êtres à Sa ressemblance : Dieu les fit homme et femme, il n'y a aucune référence à la supériorité de l'un sur l'autre , homme et femme Il les fit, dans un état de complémentarité ! « Et Dieu vit tout ce qu'il avait fait, et voici cela était très bon. (Gn1)

L'homme, dès l'origine, doit quitter la maison parentale pour s'attacher à sa femme et ne former désormais qu'une seule chair. Le couple ainsi constitué , a tout en commun, chacun se situe évidemment selon ses attributs et ses compétences. « À cause de cela,l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme,
et
tous deux ne feront plus qu’un ».(1ère Lecture)

Jésus souligne que Moïse en est venu à adoucir l'expression de la volonté de Dieu en raison de la fragilité humaine :« C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle ». Et dans le sermon sur la montagne Jésus la radicalise quand Il proclame :  « Vous avez entendu qu’il a été dit : “tu ne commettras pas l’adultère”, mais moi je vous dis : quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. » (Mt 5,28) Nous le savons, Jésus n'est pas venu abolir, mais accomplir, accomplir tout dans l'amour. Pour Jésus en effet, la loi des lois, la dette des dettes, c'est celle de L'AMOUR. Oui, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas par caprice, par volonté de puissance, par besoin de changement, …; mais nous savons tous qu'il est des situations où « l'être ensemble » n'est plus qu'une apparence (et encore!) destructrice pour les conjoints et pour les enfants, alors que faire ? Nous savons aussi que Dieu est Père et non un

tyran, qu'Il veut le bonheur de Ses enfants et rien d'autre alors! Rien d'autre que leur bonheur ! Je vous livre ces notes d'un Professeur d'Exégèse biblique elles peuvent aider notre réflexion. Je nous invite tous, dans les situations de divorce à ne jamais juger, mais à rester proches de nos amis au premier bonheur brisé, quelle que soit sa situation actuelle, remarié ou pas, en nous répétant sans cesse la loi d'amour. « Je vous donne un commandement nouveau: c'est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l'amour les uns pour les autres » (Jn 13, 34-35). Dieu seul CONNAÎT LE COEUR !

« 1. L’Église catholique a choisi d’accepter la radicalisation de Jésus et de continuer à l’imposer. Tout mariage est donc indissoluble et tout remariage est un adultère. Cette position suit l’avis de Jésus de façon littérale. Cependant, elle a pour conséquence un jugement sévère à l’égard de toutes les personnes qui ne peuvent pas suivre ce commandement. Cette lecture fait de l’évangile une règle morale qui opère une exclusion. Si on pousse cette logique à l’extrême, le comportement marital devient critère de salut. Ironiquement, cette option rejoint la logique d’exclusion décriée tout au long de l’évangile.


2. On peut comprendre la parole de Jésus concernant le divorce comme une

critique d’Hérode Antipas. Lorsque cette parole survient dans l’Évangilele lecteur a déjà pris connaissance d’un divorce et d’un remariage problématique. Ce remariage était contesté et considéré par Jean Baptiste comme un adultère. Il s’agit du mariage entre Hérode Antipas et Hérodiade, qui était précédemment mariée à Philippe, le frère d’Hérode 14,3-4. Hérodiade était par ailleurs la nièce de ses deux maris. Flavius Josèphe, un historien de l’époque, indique que l’endogamie et le divorce étaient des pratiques courantes dans la dynastie d’Hérode. Jean Baptiste est mort après avoir critiqué ce remariage. Ainsi, la critique de Jésus peut être comprise comme un rappel et une généralisation de la critique de Jean Baptiste à l’endroit d’Hérode.

3. Selon une autre interprétation, la position prise par Jésus reflète les préoccupations éthiques des premiers chrétiens, un idéal pour la fin des temps. Les lettres de Paul nous informent qu’il pensait que la fin des temps allait arriver d’un jour à l’autre. Dans ce contexte apocalyptique, les séparations et remariages étaient inutiles puisque la fin était proche.


4. À l’époque, le divorce plaçait la femme dans une position extrêmement difficile. Si son mari la renvoyait, elle n’avait aucun recours et pouvait se retrouver dans la rue sans protection, sans droits, sans argent. Contrairement aux veuves envers qui, selon la Loi, la communauté devait se montrer généreuse, la femme divorcée perdait son honneur et ne suscitait nulle compassion. Une interprétation possible voudrait donc mettre l’accent sur la compassion de Jésus, qui s’élève contre le divorce à cause des difficultés qu’il entraîne pour les femmes et les enfants. Jésus défend la cause des femmes dans une société patriarcale en condamnant le divorce, qui laisse ces dernières sans recours. Selon cette interprétation, Jésus ne veut pas nécessairement parler de l’indissolubilité du mariage, mais en finir avec une forme d’arbitraire considérée comme normale à son époque où les hommes peuvent dominer leur femme.

Ce passage controversé relatif à la condamnation du divorce montre que Jésus sait que la tradition biblique n’est pas unanime sur le sujet. Jésus utilise un texte du Pentateuque pour en critiquer un autre, selon son système de valeurs. Pour réfléchir sur le mariage et le divorce aujourd’hui, à partir de la Bible, je crois que nous pouvons nous inspirer de l’attitude de Jésus en considérant la pluralité des positions de la Bible sur cette question. Ainsi, nous pouvons réfléchir aux conséquences des séparations de couples dans nos contextes contemporains.

Sébastien Doane est professeur d’exégèse biblique à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval (Québec). »


[1] Voir l’exhortation apostolique Amoris Lætitia du pape François publiée en 2016. Ce document tente d’offrir des solutions pastorales à ce problème.

De retour à la maison,les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question.    Il leur déclara :« Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle.    Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. »

Les apôtres, comme beaucoup de nos frères d'hier et d'aujourd'hui, sont mobilisés par cette question épineuse, ils ne peuvent s'empêcher d'en reparler dans le privé avec Jésus qui donne une réponse radicale et générale. Notons toutefois , et c'est très intéressant, que Jésus place homme et femme sur le même plan. La décision de la séparation peut venir, de l'un ou de l'autre, et c'est chacun qui est placé face à sa responsabilité, et non pas seulement l'homme. Ceci montre clairement que Jésus ne fait aucune différence entre les droits et les devoirs de l'un comme de l'autre.

Mais la réponse de Jésus disais-je, est générale , comment pourrait-Il prendre en compte tous les cas de figure auxquels nous sommes confrontés , plus nos sociétés ont l'air d'avancer , plus nombreux sont les problèmes générés par notre monde qui se dit moderne. De plus, combien de mariages ne sont qu'une apparence, il y a la fête, mais le sacrement est nul dès le départ, ou bien on découvre des vices de forme qui le révèlent inexistant. C'est ce qu'étudie l’Église , et de plus en plus, pour permettre, non un remariage, mais un vrai mariage cette fois ! N'oublions pas que Jésus, avant de remonter vers le Père, a confié le « pouvoir des clefs » à Pierre et à Ses successeurs :

Tu es heureux, Simon Bar-Jona, car ce n'est pas la chair et le sang qui te l'ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux: tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. " Alors il défendit sévèrement aux disciples de dire à personne qu'il était le Christ. (Mt 16)

L’Église, en la Personne du Saint Père, détient cette terrible responsabilité de lier et délier, de réfléchir en Concile pour continuer d'interpréter le message évangélique dans et pour le monde de notre temps ! Responsabilité éminemment délicate, car toucher un  « iota », déstabilise une multitude, souvenons-nous, pour les plus anciens, de l'après Concile Vatican II ! La plus minime évolution demande beaucoup, beaucoup, de réflexion et de temps, car il s'agit, non d'un îlot, mais de l'univers ! Dès lors , pour notre part, cultivons avec un ferme acharnement notre ressemblance avec notre Créateur sachant qu'il s'agit de Lui ressembler en AMOUR ! Je vous donne un commandement nouveau: c'est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés,Jn 13

Je me souviens, de ce tout jeune couple, en 1976, deux trentenaires en coopération,

parents de deux enfants de 3 et 4 ans. Jamais cette famille ne manquait la messe dominicale. J'étais responsable de la paroisse, ( par grâce j'ai toujours trouvé un célébrant pour la messe du dimanche dans les couvents des dominicains ou des franciscains voisins dont deux se sont fidélisés) .J'avais observé que ces deux jeunes ne communiaient jamais. Ils étaient si jeunes que je ne pensais pas au divorce . Un jour, je me suis permis de leur parler de cette situation, j'ai appris, à ce moment-là, leur statut de divorcés remariés. Avec leur permission, j'en ai parlé à notre Père Évêque, qui leur a donné un rendez-vous et les a autorisés à recevoir l'Eucharistie avec des conditions précises d'accompagnement. Quelle joie pour ces deux personnes de pouvoir participer vraiment !

J' ai été sensibilisée à cette question , sans qu'on en parle devant moi. Très tôt j'avais une oreille qui traînait près des adultes . Le jumeau de Papa, rentré de six années de captivité, avait trouvé sa place occupée. Homme profondément bon, il pardonnait tout, mais son épouse, blessée par son erreur, rongée par la culpabilité,  le regard et les bavardages de plusieurs de ses belles sœurs, n'a pu accepter. Elle est partie avec l'enfant qui était né , et le nouveau compagnon. Cet oncle est venu chez mes parents pour se refaire une santé . Il a pu reprendre son travail à Bordeaux après quelques mois , puis s'est remarié .J'ai entendu, cette nouvelle tante expliquer à maman, en particulier , que son confesseur lui permettait ( en 1947 ! ) de communier, mais en dehors de sa paroisse pour éviter de scandaliser !

Nous accusons, souvent , l’Église hiérarchique d'intolérance, en ce qui concerne le divorce, est-ce l’Église ou bien notre regard, notre verbe qui obligent notre Mère à une infinie discrétion, à une immense prudence ? Quel regard portons-nous sur nos frères blessés ? Quelles paroles émettons-nous ? Que connaissons-nous de la souffrance , du déchirement, de ceux qui, à un moment, n'ont pas pu faire autrement que de briser cette Alliance parfois prometteuse, d'autres fois simple mascarade !

L’Évangile est un tout évitons de prendre seulement ce qui nous convient , souvenons-nous :

Ne jugez point afin de n'être point jugés, car de la façon dont vous jugez, vous serez jugés, et avec la mesure dont vous mesurez il vous sera mesuré. Pourquoi regardes-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, et ne remarques-tu la poutre qui est dans ton œil? Ou comment (peux-tu) dire à ton frère: " Laisse-moi ôter la paille de ton œil, " lorsqu'il y a une poutre dans ton œil? Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras à ôter la paille de l'œil de ton frère. (Mt 7)

Tout ce que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-le aussi pour eux; car c'est la Loi et les Prophètes. (Mt 7)

L'homme bon tire de son trésor de bonté des choses bonnes, et l'homme mauvais, de son trésor de malice, tire des choses mauvaises. (Mt 12)

Il y a bien d'autres versets qui pourraient nous aider à rester dans l'humilité . Je n'hésite pas à conclure avec la règle d'or édictée par Jésus Lui-même et déjà évoquée :

Je vous donne un commandement nouveau: c'est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés,Jn 13

Devenons des serviteurs de l'AMOUR

Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné l'exemple, afin que, comme je vous ai fait, vous fassiez aussi vous-mêmes. (Jn 13)

Le disciple n'est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur.

Le disciple doit se contenter d'être comme son maître, et le serviteur d'être comme son seigneur. (Mt 10)

La péricope suivante peut nous étonner, on s'interroge sur le lien avec ce qui précède .Je me hasarde à penser et à croire, que l'indissolubilité du mariage n'est pas étrangère à l'attention que Jésus nous demande de porter aux enfants !

Les enfants, dans ce passage, semblent déranger, au point que les apôtres veulent les écarter , de plus, vivement ! Cet adjectif « vivement » manifeste clairement que ces « petits  bougeons » ne sont pas les bienvenus dans l'environnement du Maître et des adultes en général.

Ailleurs, le Seigneur nous dit « on reconnaît l'arbre à ses fruits »Mt 7,16, le fruit de l'Amour humain, n'est-ce pas l'enfant ? Il me semble que lorsque Jésus reprend les apôtres en ces termes  « celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »    Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains. » Il nous invite, les uns et les autres à nous simplifier, à regarder avec un cœur et un regard purs et en voie de purification, tout notre environnement et tout particulièrement nos frères en souffrance, quelle que soit leur souffrance. Le divorce est un déchirement, même chez ceux qui les multiplient, peut-être d'ailleurs par dépit, « le premier pas étant franchi, on n'a plus rien à perdre » pense-t-on, alors , Jésus nous invite à retrouver ce cœur simple de l'enfant, de l'enfant qui désire et accepte l'aide d'un frère pour sortir de l'ornière et relever la tête. De l'enfant qui ne voit pas le mal et aime inconditionnellement !

    Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux ;mais les disciples les écartèrent vivement.    Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit :« Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.    Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »    Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

Un enfant , quand il n'est pas traumatisé dès le départ, vit dans la confiance et l'abandon, c'est cela que Jésus nous demande . Pour rencontrer Dieu, le meilleur, c'est avoir et développer ce cœur d'enfant qui est spontanément ouvert, qui ose demander en toute simplicité, qui veut être aimé ! Développons en nous cette fraîcheur de l'enfance , cette simplicité, cette ouverture, permettons à Dieu de nous aimer, faisons-lui une absolue confiance, abandonnons - nous dans Ses bras aimants comme un enfant s'abandonne dans les bras de ses parents. Sachons Lui dire, je ne sais pas, je ne vois pas, je ne comprends pas, ou plus :

 Seigneur, je n'ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux ; *

je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent.

 Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; *

mon âme est en moi comme un enfant,

comme un petit enfant contre sa mère.

Attends le Seigneur, Israël, *

maintenant et à jamais.

Ps 130

Dieu nous conduira aux portes du Royaume, quelle que soit notre situation si nous aimons comme Dieu nous aime en nous souvenant de la consigne du Seigneur :

VEILLEZ ET PRIEZ ! Mt 26,41


L'Ermite

vendredi 24 septembre 2021

QUI N'EST PAS CONTRE NOUS EST AVEC NOUS !


XXVI e DIMANCHE


DU TEMPS ORDINAIRE


Année B


(Mc 9, 38-48)


ils cheminèrent à travers la Galilée, et il ne voulait pas qu'on le sût, car il donnait cet enseignement à ses disciples : (Mc 9) Nous sommes toujours dans le cadre de l'Enseignement que Jésus donne à ses Apôtres. Souvenons-nous également que lors du choix des Douze, Jésus  : les appela près de lui , et commença à les envoyer deux à deux, et leur donna pouvoir sur les esprits impurs. Il leur recommanda de ne rien prendre pour la route, (Mc 6) Jean et sans doute les autres pensent que cette mission spécifique leur est réservée

Jean lui dit : " Maître, nous avons vu quelqu'un qui ne nous suit pas, qui chassait les démons en votre nom, et nous voulions l'en empêcher, parce qu'il ne nous suit pas. " Cette remarque de l'apôtre Jean nous habille parfaitement de la tête aux pieds ne trouvez-vous pas ? Sous d'autres formes, avec des mots bien à nous nous pouvons entendre : « Ces gens-là ne sont pas de notre bord ! » Ceux-là ? Ils ne mettent jamais les pieds à l'église, ils auraient trop peur que la voûte leur tombe dessus ! » « De quoi se mêlent-ils, non seulement ils nous prennent notre pain mais, de plus, ils s'octroient tous les droits, pour les devoirs, c'est autre chose ! »Ces récriminations ne sont pas nouvelles, elles disent simplement quelque chose de notre humanité blessée. Nous voyons déjà cela dans le Livre de l'Exode au temps de Moïse, environ 1250 avant le Christ , c'est la Première lecture de ce jour.

Josué, fils de Noun, auxiliaire de Moïse depuis sa jeunesse,prit la parole :
« Moïse, mon maître, arrête-les ! »    Mais Moïse lui dit :« Serais-tu jaloux pour moi ?Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux ! »

Comme Josué, comme Saint Jean, nous avons vite fait de déraper et Jésus , tout en douceur nous répond :

" Ne l'en empêchez pas, car il n'est personne qui fasse miracle en mon nom, qui puisse bientôt après parler mal de moi. Qui n'est pas contre nous est pour nous.

Voilà, en peu de mots, une bonne mise au point ! Nul en effet ne peut faire le bien sans la puissance de l'Esprit, sans Son assistance . «  Tu es le bien, tout le bien, le bien suprême, Seigneur Dieu, vivant et vrai. »  dit St François d'Assise en s'adressant au Seigneur notre Dieu. Si Dieu est TOUT le BIEN, nul autre ne peut l'être et/ou le faire, sans être habité de Sa Présence, puisque Jésus nous dit ailleurs « sans moi, vous ne pouvez rien faire »

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. (Jn 15)

De même, Ses compatriotes disent de Jésus :

Jamais encore on n'avait entendu dire qu'un homme ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si cet homme-là ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » (Jn 9)

Le Bien est effectivement le signe de la présence de Dieu. Et si c'est le cas, comment parler mal de Celui qui nous habite, nous fait exister, nous ouvre à l'amour universel :

Si Satan, lui aussi, est divisé, comment son royaume tiendra-t-il ? Vous dites que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons. Et si c'est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? C'est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges. Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le règne de Dieu est survenu pour vous. (Lc 11)

Qui n'est pas contre nous est avec nous ! Et c'est vrai dans tous les domaines. Puisse le Seigneur nous ouvrir à l'intelligence des Écritures !

Celui en effet qui vous donnera à boire un verre d'eau en mon nom, parce que vous

 êtes au Christ, je vous le dis, en vérité, il ne perdra pas sa récompense.

Certains ne le feront pas nécessairement spécifiquement au Nom de Jésus, mais simplement par bonté, par compassion, par altruisme. La bonté étant un attribut de Dieu, la personne qui agit ainsi naturellement, est animée par Dieu Lui-même qu'elle le sache ou non.

Quand je rencontre ce verset je pense chaque fois à cette personne inconnue, que je n'ai jamais revue non plus et qui m'avait offert un verre d'eau fraîche un jour de chaleur torride. Je suivais un traitement lourd à l’hôpital voisin, ce jour-là nous étions deux dans l'ambulance, et nous nous étions arrêtés pour déposer l'autre personne . Un membre de sa famille m'avait offert ce verre d'eau jusque dans l'ambulance. Je demande à Jésus de la bénir chaque fois que j'ai l'occasion d'y penser et je prie pour elle depuis ce jour. Par contre, Jésus ne se montre pas tendre avec tous les fauteurs de scandales :

Et celui qui scandalisera un de ces petits qui croient (en moi), il serait mieux pour lui qu'on lui attache autour du cou une meule à âne et qu'on le jette dans la mer. Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la : mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie, que de t'en aller, ayant deux mains, dans la géhenne, dans le feu inextinguible. Et si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le : mieux vaut pour toi entrer boiteux dans la vie, que d'être jeté, ayant deux pieds, dans la géhenne. Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le : mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu, que d'être jeté, ayant deux yeux, dans la géhenne, là où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s'éteint point.

Une lecture rapide des propos de Jésus peut nous choquer cela ne lui ressemble pas, mais pas du tout ! N'est-Il pas venu pour la vie et pour que chacun l'ait en abondance , jeter à la mer, couper, arracher, tout cela est étrange si on l'accueille tel quel. J'avoue que ces versets m'ont souvent dérangée et tant mieux ! Ils m'ont permis de creuser pour mieux comprendre. Si Jésus se montre excessif, je vois deux raisons à cette attitude :

  • Jésus veut nous réveiller, nous tirer de notre torpeur, en utilisant un langage violent Il cherche à capter notre attention. A Sa place nous ajouterions : « Vont-ils enfin comprendre ! »

  • Par ailleurs, je vois dans ces termes, une nuance d'humour noir, nous connaissons cela.( Oui, Jésus a de l'humour et Il Lui arrive d'en user. Un ami,André de Péretti, il y a une vingtaine d'année , a écrit un livre sur l'humour de Jésus, aux éditions du Cerf me semble-t-il) Quand quelqu'un ne peut, ne veut rien entendre, alors, pour le, la, faire bouger, nous forçons les expressions qui devraient susciter une réaction . Nous appelons cela de la provocation ! « Je vais bien trouver un moyen de faire bouger les lignes » pensons-nous. C'est ce que Jésus recherche ici car nous sommes un Peuple à la nuque raide :

    Le Seigneur dit à Moïse "Je vois que ce peuple est un peuple à la nuque raide. Maintenant laisse-moi: que ma colère s'embrase contre eux (Ex32)

    Reconnais que ce n'est pas parce que tu es juste que le Seigneur ton Dieu te donne ce bon pays en possession, car tu es un peuple à la nuque raide. (Dt 9)

    Le Seigneur dit à Moïse: " Dis aux fils d'Israël: Vous êtes un peuple à la nuque raide. (Ex 33)

Hommes à la nuque raide, incirconcis de cœur et d'oreilles, toujours vous résistez à l'Esprit Saint; vous êtes bien comme vos pères. (Act 7)

« Vous résistez à l'Esprit Saint » c'est justement cette résistance à l'Esprit Saint que Jésus stigmatise .

Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance. (Jn 10)

Saint Paul, dans sa lettre aux Éphésiens nous décrit l'équipement utile et nécessaire pour mener le bon combat de la foi qui nous permet de tenir face aux tentations de tous genres qui peuvent nous déstabiliser :

Revêtez l'équipement de Dieu pour le combat, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres du démon. Car nous ne luttons pas contre des hommes, mais contre les forces invisibles, les puissances des ténèbres qui dominent le monde, les esprits du mal qui sont au-dessus de nous. Pour cela, prenez l'équipement de Dieu pour le combat ; ainsi, quand viendra le jour du malheur, vous pourrez tout mettre en œuvre pour résister et tenir debout. Tenez donc, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de l'ardeur à annoncer l'Évangile de la paix, et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d'arrêter toutes les flèches enflammées du Mauvais. Prenez le casque du salut et l'épée de l'Esprit, c'est-à-dire la parole de Dieu. En toute circonstance, que l'Esprit vous donne de prier et de supplier. Restez éveillés afin de persévérer dans la prière pour tous les fidèles. (Eph 6)

Voilà pourquoi Jésus est venu pour que les brebis que nous sommes, aient la vie et la
vie en abondance , nous voir aller droit dans le mur pour fracasser nos vies dans l'illicite , le péché sous toutes ses formes est insupportable à Celui qui donne Sa vie instant après instant, et, jusqu'à l'extrême :

Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. (Jn 10)

Jésus veut notre bonheur et le bonheur , le vrai,se trouve en Lui qui est : « le chemin, la vérité et la vie » Or nous n'arrêtons pas de n'en faire qu'à notre tête comme autrefois le Peuple Hébreux et nous tombons et retombons dans nos ornières au risque de nous y enfoncer à jamais !

En Saint Matthieu Jésus dit également : « Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous sous des vêtements de brebis, mais au dedans sont des loups rapaces. C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez: cueille-t-on du raisin sur les épines, ou des figues sur les ronces? Ainsi tout arbre bon porte de bons fruits, et tout arbre mauvais porte de mauvais fruits. Un arbre bon ne peut porter de mauvais fruits, ni un arbre mauvais porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits, on le coupe et on le jette au feu. Donc, c'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. (Mt 7)

Le langage de Jacques, dans la deuxième lecture n'est pas plus tendre :

Vous autres, maintenant, les riches ! Pleurez, lamentez-vous sur les malheurs qui vous attendent.    Vos richesses sont pourries,vos vêtements sont mangés des mites,    votre or et votre argent sont rouillés.Cette rouille sera un témoignage

contre vous,elle dévorera votre chair comme un feu.Vous avez amassé des richesses,alors que nous sommes dans les derniers jours !    Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs,le voici qui crie,et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur de l’univers.    Vous avez mené sur terre une vie de luxe et de délices, et vous vous êtes rassasiés au jour du massacre.    Vous avez condamné le juste et vous l’avez tué,sans qu’il vous oppose de résistance.

Jésus nous demande d'être intraitables envers nous-mêmes. Il ne dit pas de couper le main du voleur, d'arracher l’œil de celui dont la regard est mauvais ou malsain , Il nous demande d'extirper de notre cœur, de mon cœur, tout ce qui nous entraîne, m'entraîne, au péché et surtout à l'injustice à l'égard de nos frères en humanité ! Bien sûr il ne s'agit pas d'appliquer ces versets littéralement car il n'est jamais permis de se mutiler. Nous savons que le Mal vient du cœur, de notre convoitise, c'est contre nos mauvais penchants que nous devons lutter avec vigueur

Dans St Luc Jésus nous dit :

L'homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l'homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c'est ce qui déborde du cœur. (Luc 6)

Donc si ma bouche exprime des paroles de consolation , des paroles d'apaisement c'est le trop plein de mon cœur habité par l'Esprit Saint qui s'exprime, dans le cas contraire, mon propre cœur est malade, il a besoin du médecin-Jésus, pour le guérir et le transformer.

Dans Matthieu Jésus est plus précis encore :

« Ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c'est ce qui souille l'homme. Car c'est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies. Voilà les choses qui souillent l'homme ! Mat 15

Dans ce même passage, Marc a retenu d'autres ingrédients qui encombrent le cœur :

C'est du dedans du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, les vols les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie Mc 21

Avant d'arriver à la pointe de nos doigts , ou de nos orteils, le Mal sous toutes ses

formes est au cœur de notre cœur. C'est là que nous élucubrons tout ce qui nous détruit et détruit nos frères en faisant scandale. C'est cela que nous devons détruire avec force prière, et pénitence. Ce n'est pas pour rien que Jésus , quand Il nous apprend à prier nous fait supplier le Père : PARDONNE NOUS NOS OFFENSES COMME NOUS PARDONNONS A CEUX QUI NOUS ONT OFFENSES, NE NOUS LAISSE PAS ENTRER EN TENTATION, MAIS DELIVRE NOUS DU MAL, AMEN

Oui AMEN Seigneur

Vos richesses sont pourries, écrit Saint Jacques,vos vêtements sont mangés des mites,    votre or et votre argent sont rouillés.Cette rouille sera un témoignage contre vous,elle dévorera votre chair comme un feu.Vous avez amassé des richesses,alors que nous sommes dans les derniers jours !    Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs,le voici qui crie,et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur de l’univers.  

Tout ce que nous gardons pour nous et seulement pour nous par peur, de manquer, ou pour augmenter notre avoir, tout ce qui stagne dans nos placards et se mite , tout l'argent cumulé que des héritiers lapideront, tout cela appartient à mon frère que j'ai spolié d'un juste salaire, au pauvre qui désespère dans un coin de rue, ...

Et réjouissons-nous, rendons grâce pour le « bien, tout le bien » qui se fait autour de nous car tout acteur du bien est habité par le Seigneur,même s'il n'est pas, pour le moment, en mesure de le reconnaître ! Il nous incombe de le lui révéler si Jésus nous en fait la grâce !




Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur.
 

(Ps 18, 9ab)

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables.

Aussi ton serviteur en est illuminé ;
à les garder, il trouve son profit.
Qui peut discerner ses erreurs ?
Purifie-moi de celles qui m’échappent.

Préserve aussi ton serviteur de l’orgueil :
qu’il n’ait sur moi aucune emprise.
Alors je serai sans reproche,
pur d’un grand péché.




L'Ermite