samedi 21 juillet 2018

MON BERGER, C'EST JESUS !

16 e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE 
 
ANNÉE B
(Mc 6, 30-34)


En ce temps-là,
après leur première mission,
    les Apôtres se réunirent auprès de Jésus,
et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.
Il leur dit :
« Venez à l’écart dans un endroit désert,
et reposez-vous un peu. » 

La réaction des Apôtres comme celle de Jésus sont tout-à-fait normales. Les premiers reviennent de mission et éprouvent l'impérieux besoin de partager avec le Maître tout ce qu'ils viennent de vivre à la rencontre de leurs frères. Jésus, de Son côté, sait ce qu'Il leur a demandé, Il connaît les fatigues de la mission : écoute, disponibilité totale, horaires fous, difficulté à trouver du temps pour soi, pour se reprendre, se reposer, se restaurer, il y a toujours quelqu'un qui arrive au moment le moins approprié, l’apôtre ne s'appartient pas, plus ! Un peu de repos, à l'écart ,sera le bienvenu !

A leur retour ce n'est pas mieux, la foule vient s'informer, elle veut savoir elle aussi ce qui s'est passé loin du Maître, connaître les réactions des gens, prendre des nouvelles, et la parenté ne doit pas être la dernière ! Si les apôtres ont tout quitté, ou presque tout, (on ne quitte jamais totalement tout, et le plus difficile est de se quitter, soi) la famille n'a rien quitté du tout, elle est mise devant un fait accompli, face à ce Jésus qui subjugue et attire à Lui ce qui vous est le plus cher ! 
 
De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux,
et l’on n’avait même pas le temps de manger. 

Si, en mission, les apôtres étaient happés , ils ne le sont pas moins ici ! Aussi, Jésus prend une sage décision : l'éloignement, pour réfléchir ensemble aux récents événements, faire le point et se reposer un peu, se détendre aussi :

 Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart. 

Du moins un endroit qu'ils espèrent désert ! Là où ils comptent trouver le silence pour relire la mission, en préciser les points faibles et les points forts, comprendre certains échecs à la lumière de « La Parole », Jésus Lui-même, le seul susceptible d'aider à faire le
tri. Ne Le voyons-nous pas, Lui-même, se retirer à l'écart , souvent sur une montagne, pour mieux entendre le Père qui L'informe, ou pour échapper à ceux qui Le détourneraient volontiers, de Sa véritable mission ?

Mais Jésus savait qu'ils étaient sur le point de venir le prendre de force et faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira, tout seul, dans la montagne. (Jean 6)

En ces jours-là, Jésus s'en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu. (Luc 6)

et il alla sur la montagne pour prier. (Luc 9)

Quand il les eut congédiés, il s'en alla sur la montagne pour prier. (Marc 6)

Quand il les eut renvoyées,(les foules) il se rendit dans la montagne, à l'écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. (Matthieu 14)

« Restez ici, pendant que je m'en vais là-bas pour prier. » (Matthieu 26)

La proposition de Jésus est normale, Dieu nous dit le livre des Rois, n'est ni dans le tremblement de terre (le bruit), ni dans l'ouragan (l'agitation), ni dans le feu, (qui détruit tout sur son passage,) mais dans une brise légère ! C'est-à-dire, là où il est possible de faire silence « d'entendre ce silence » pour y percevoir la voix du Père !

« A l'approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu'il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n'était pas dans l'ouragan ; et après l'ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre ; et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n'était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d'une brise légère. Aussitôt qu'il l'entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne. Alors
il entendit une voix qui disait : « Que fais-tu là, Élie ? » Il répondit : « J'éprouve une ardeur jalouse pour toi, Seigneur, Dieu (1Rois 19)


Puissions-nous, comme Élie, comme Jésus, savoir nous ménager ces temps de « repos dans le Seigneur » où notre cœur est à Son écoute loin du brouhaha des foules objectives et des foules subjectives qui grouillent dans nos esprits ! Le temps estival pourrait, devrait nous le permettre ! A nous d'entendre Jésus murmurer à notre oreille :« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » 

La foule est ici fortement demandeuse, avide , qui par curiosité, qui pour se fortifier auprès du Maître, qui un brin jaloux, ; « pourquoi eux et pas nous »  elle ne quitte pas le groupe des yeux et comprend qu'il se trame quelque chose quand elle les voit s'éloigner :

 Les gens les virent s’éloigner,
et beaucoup comprirent leur intention.
Alors, à pied, de toutes les villes,
ils coururent là-bas
et arrivèrent avant eux.

Cette foule-là ne s'en laisse pas raconter, elle comprend qu'ils lui échappent et n'hésite pas à se donner les moyens de les surprendre ! 
  
La nouvelle fait le tour des villes et villages du coin, et ceux qui cherchaient un peu de répit sont devancés sur la rive espérée déserte, la foule est à ce point intrépide qu'elle en arrive à les devancer, et à les attendre sur le rivage ! 
 
Mais que c'est beau et grand, quelle que soit l'honnêteté de l'attente ! La foule compacte est là ! Elle veut savoir ! Elle veut entendre la Parole qui donne la vie ! Elle a faim et soif ! Sans doute ne saurait-elle pas expliquer très exactement ce qu'elle cherche mais elle est convaincue, que Jésus lui veut du bien aussi, quelles que soient les limites de chacun, ils sont là, rassemblés dans l'espérance !Me vient à l'esprit une image qui m'a été offerte voilà bien longtemps, par une religieuse , cette image, que j'ai gardée disait : «  il faut forcer l'aurore à naître » La foule est un peu de cette veine, elle va forcer l'aurore à venir, elle va forcer Jésus à répondre à ses attentes !

Dans semblable situation quel serait notre comportement ? Aurions-nous cette persévérance ? Voire cette audace, pour forcer les portes entrouvertes à s'ouvrir largement ? Ou bien tomberions-nous dans le marasme ? Dans l'accusation ? La critique acerbe ? Ne serions-nous pas tentés de tourner les talons et d'aller voir ailleurs ?
N'ayons pas peur de descendre au plus profond de nous mêmes pour y reconnaître le ou les tremblements de terre de nos dépits, de nos jalousies, de nos envies ! Où sommes-nous ? Dans la foule qui devance Jésus et Ses apôtres ou sur l'autre rive entrain de ruminer notre rage ? 
 
Et, si nous nous nous glissons dans la peau des évangélisateurs que pensons-nous ? Que disons-nous de l'insatiabilité de nos frères ?:
« Ils ne sont jamais rassasiés , jamais contents, jamais satisfaits, mais quelle audace ! Ils ne nous laissent pas une minute de répit ! …. » 
 
Que dit Jésus ? Que fait Jésus ? Jésus voit !En débarquant, Jésus vit une grande foule.Jésus se laisse émouvoir, toucher Jésus fut saisi de compassion envers eux, Pourquoi ? parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Jésus voit le cœur de cette foule, Il se laisse ébranler ! Il va à l'urgent! Ces femmes et ces hommes ont faim d'une Parole (Jésus) qui fait vivre, qui fait naître à soi, qui fait grandir, Jésus sait que les apôtres font route avec Lui, ils n'ont pas hésiter à tout quitter, ils ne Le lâcheront pas maintenant, ils sauront L'attendre, pour l'instant il y a plus urgent ! D'ailleurs, en regardant cette foule, sans leur dire quoique ce soit de spécial, les apôtres comprendront par eux-mêmes que la Mission passe avant tout, ils comprendront qu'ils doivent renoncer à tout, et servir, se mettre vraiment au service des frères ! 
 
Jésus va enseigner de deux manières ici ; premièrement en renonçant à Son projet de mise à l'écart, de repos , deuxièmement en se rendant disponible pour enseigner ceux qui attendent Sa Parole de Vérité !

Jésus n'est pas ce berger mercenaire dont parle St Jean « Le berger mercenaire, lui, n'est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas : s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit ; le loup s'en empare et les disperse. Ce berger n'est qu'un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. (Jean 10) Jésus ne compte pas Son temps, Jésus donne et se donne !
Alors, il se mit à les enseigner longuement. 

Et Jésus se mit à les enseigner, non pas quelques instants comme pour se débarrasser, mais LONGUEMENT ! Jésus est le contraire des bergers décrits par Jérémie :Vous avez dispersé mes brebis, vous les avez chassées,et vous ne vous êtes pas occupés d’elles.Eh bien ! Je vais m’occuper de vous,à cause de la malice de vos actes– oracle du Seigneur.

Jésus est Celui qui rassemble, qui ramène à la Maison du Père, Jésus est Celui qui rend nos vies fécondes quand nous mettons nos pas dans les Siens

Puis, je rassemblerai moi-même le reste de mes brebis
de tous les pays où je les ai chassées.
Je les ramènerai dans leur enclos,
elles seront fécondes et se multiplieront.
         Je susciterai pour elles des pasteurs
qui les conduiront ;
elles ne seront plus apeurées ni effrayées,
et aucune ne sera perdue
– oracle du Seigneur.


Jésus est ce germe juste qui règne sur l'univers, non comme un monarque autoritaire mais comme LE SERVITEUR, qui ne craint pas de s'agenouiller aux pieds de Ses disciples pour leur laver « non seulement les pieds mais aussi, la tête et surtout le cœur.

         Voici venir des jours
– oracle du Seigneur,
où je susciterai pour David un
Germe juste :
il régnera en vrai roi,
il agira avec intelligence,
il exercera dans le pays le droit et la justice.
         En ces jours-là,
Juda sera sauvé,
et Israël habitera en sécurité.
Voici le nom qu’on lui donnera :
« Le-Seigneur-est-notre-justice. »

Jésus nous enseigne autant par Sa gestuelle que par Sa Parole, gardons, comme nous y invite la Lettre aux Hébreux  nos yeux fixés sur Jésus :Ainsi donc, cette foule immense de témoins est là qui nous entoure. Comme eux, débarrassons-nous de tout ce qui nous alourdit, et d'abord du péché qui nous entrave si bien ; alors nous courrons avec endurance l'épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l'origine et au terme de la foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré, sans avoir de honte, l'humiliation de la croix, et, assis à la droite de Dieu, il règne avec lui. Méditez l'exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement. (Hébreux 12)



R/ Le Seigneur est mon berger :
rien ne saurait me manquer.
(cf. Ps 22, 1)

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.


Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.


Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.


Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.


Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

Accourons, joyeux vers la Table qui nous est préparée ! Ne boudons pas ce rendez-vous de l'amour, notre Berger nous y attend !


L'Ermite

vendredi 13 juillet 2018

APPELES ! ENVOYES !


15 e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNEE B

Marc 6, 7-13


Je serai très brève mais je ne peux m’empêcher de vous rejoindre en ce week-end où j'espère mon ami « magicien- informaticien. » Espérance comblée « le magicien » a œuvré et après deux heures de patience, car ce fut un authentique jeu de patience la lumière est venue et le bureau fut retrouvé ! Merci Seigneur, merci l'ami !


Ps (84 (85), 9ab.10, 11-12, 13-14)
R/ Fais-nous voir, Seigneur, ton amour,
et donne-nous ton salut.
(Ps 84, 8)

J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ?
Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles.
Son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.
Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin.


Entendez-vous ce que dit le psalmiste en ce dimanche ?  « J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? » Agissons comme le psalmiste demandons un cœur qui écoute, une oreille ouverte et accueillante, un esprit éveillé, pour reconnaître Sa voix, savoir faire silence, car c'est dans le silence que nous pouvons L'entendre. Je parle du silence intérieur ! En effet , si nous sommes en éveil, si notre cœur est uni au Seigneur, nous L'entendrons et Le reconnaîtrons même au sein d'une foule compacte et tonitruante, ils sont nombreux ceux qui ont été saisis par Dieu au cœur du brouhaha d'une foule et qui sont partis joyeux en mettant leurs pas dans ceux de Jésus.


Et que dit le Seigneur ? Il suffit de lire la suite pour comprendre ! Et de se plonger dans l’Évangile qui suit.
Quand Jésus parle aux Douze, ne l'oublions pas, à travers eux, c'est à nous qu'Il s'adresse et à tous ceux qui viendront après nous.
Jésus appelle, Jésus envoie !
Jésus appelle Il fait signe mais respecte la liberté, nous verrons en avançant , que les consignes sont claires, précises et fermes !

Et c'est Jésus qui envoie, on reçoit sa mission de l'autorité compétente, aujourd'hui c'est l’Évêque diocésain ou le supérieur hiérarchique qui assure cette responsabilité.Ce qui est aussi signifié par « deux par deux » ce qui évoque une cellule d'Église, c'est à dire l'Église locale.Aucun de nous n'est son propre maître. « Quand deux ou trois sont réunis en mon Nom, je suis là, au milieu d'eux »
Quelle que soit notre vocation, même s'Il est plus radical avec les Douze, Jésus nous demande instamment de ne pas nous encombrer, de ne pas capitaliser. Avons-nous vu quelqu'un entrer dans le royaume avec ses trésors , lesquels sont hélas très souvent source de dissensions pour les héritiers !!!
En ce temps-là,
    Jésus appela les Douze ;
alors il commença à les envoyer en mission deux par deux.
Il leur donnait autorité sur les esprits impurs,
    et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route,
mais seulement un bâton ;
pas de pain, pas de sac,
pas de pièces de monnaie dans leur ceinture.
    « Mettez des sandales,
ne prenez pas de tunique de rechange. »

En somme, Jésus nous demande de ne pas nous encombrer, d'être et de devenir libres ! La Bonne Nouvelle n'est pas annoncée à coups de récompenses, d'appâts, la Bonne Nouvelle est annoncée gratuitement, par des femmes et des hommes au cœur libre, qui savent se rendre disponibles et témoignent par leur vie de ce que le Seigneur peut faire quand nous acceptons de L'accueillir ! « Car ce n'est pas vous qui parlerez, nous rappelait l’Évangile de ce jour, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous » Il est bon de se l'entendre dire et redire !
Jésus nous invite ensuite à une certaine stabilité,et, si on refuse de nous accueillir, d'éviter la polémique stérile... le comportement pacifique aura bien plus d'impact que l'agressivité, il deviendra témoignage.

    Il leur disait encore :
« Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison,
restez-y jusqu’à votre départ.
    Si, dans une localité,
on refuse de vous accueillir et de vous écouter,
partez et secouez la poussière de vos pieds :
ce sera pour eux un témoignage. »
    Ils partirent,
et proclamèrent qu’il fallait se convertir.
    Ils expulsaient beaucoup de démons,
faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades,
et les guérissaient.



Seigneur Jésus, Apprenez-nous à être généreux,
A vous servir comme vous le méritez,
A donner sans compter,
A combattre sans souci des blessures,
A travailler sans chercher le repos,
A nous dépenser sans attendre d'autre récompense
Que celle de savoir
Que nous faisons votre Sainte Volonté.
Prière des scouts


prière de St Patrick.
Que la parole de Dieu soit sur les lèvres,
Que la main de Dieu me garde,
Que le chemin qui mène à Dieu s'étende devant moi,
Que le bouclier de Dieu me protège,
Que l'armée invisible de Dieu me sauve de toutes les embûches du démon,
Que le Christ sur ma route me garde de la prison,
me garde du feu de la noyade
ou de la blessure provoqués par la colère de l'ennemi,
afin qu'une moisson fructueuse puisse accompagner ma mission.

Christ devant moi, derrière moi,
Christ en moi et à mes côtés,
Christ autour et alentour
Christ à ma gauche et Christ à ma droite
Christ avec moi le matin et avec moi le soir
Christ dans chaque cœur qui pensera à moi
Christ sur chaque lèvre qui parlera de moi
Christ dans chaque regard qui se posera sur moi
Christ dans chaque oreille qui m'écoutera
J'invoque le pouvoir de la Trinité Sainte
par ma foi dans le Père dans la divinité éternelle du Créateur.
L'Ermite

vendredi 6 juillet 2018

QUE SAVONS-NOUS DE JÉSUS?

14 e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

ANNÉE A


En ces jours-là,
    l’esprit vint en moi
et me fit tenir debout.
J’écoutai celui qui me parlait.
    Il me dit :
« Fils d’homme, je t’envoie vers les fils d’Israël,
vers une nation rebelle qui s’est révoltée contre moi.
Jusqu’à ce jour, eux et leurs pères
se sont soulevés contre moi.
    Les fils ont le visage dur,
et le cœur obstiné ;
c’est à eux que je t’envoie.
Tu leur diras :
‘Ainsi parle le Seigneur Dieu...’
    Alors, qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas
– c’est une engeance de rebelles ! –
ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux


Cette prophétie d'Ezéchiel nous met immédiatement au diapason de l'Évangile proposé par l'Église pour ce dimanche.
Que ce soit hier, au temps de Jésus ou aujourd'hui l'humanité est toujours ce peuple à la nuque raide, un peuple rebelle , un peuple aveugle et aveuglé ! Si la civilisation semble avancer, elle stagne bien souvent quand elle ne recule pas !Nous ne faisons vraiment pas mieux que nos ancêtres. J'y reviendrai.
Avec l'Évangile de ce jour nous sommes comme très souvent, confrontés à nos étroitesses, nos jugements quand ce n'est pas notre malice. Écoutons cette surprenante péricope en suivant verset après verset ce qu'elle nous rapporte de la vie publique de Jésus.

    Jésus se rendit dans son lieu d’origine,
et ses disciples le suivirent.
    Le jour du sabbat,
il se mit à enseigner dans la synagogue. 


Nous aurions envie de voir et d'entendre Ses compatriotes se réjouir :un enfant du pays qui revient et , qui plus est veut partager ce qu'Il reçoit de Son Père c'est inattendu ! Chacun sait ici que ce jeune est un manuel aussi la surprise est grande et devrait susciter admiration, émerveillement, saine curiosité,et fierté . Au lieu de cela que se passe-t-il ?

De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient :
« D’où cela lui vient-il ?
Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée,
et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? 

  
Il ne s'agit pas de l'étonnement bienveillant qui s'émerveille et se réjouit mais de cet étonnement -effarement qui suscite la convoitise et la jalousie malveillante qui fouille dans Sa vie privée pour le ramener à Ses origines modestes, en pensant : »après tout, on Le connaît qu'Il ne nous raconte pas d'histoires ! »

 N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie,
et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?
Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »
Et ils étaient profondément choqués à son sujet. 


Que connaissent -ils?Que savent-ils ? Que savons-nous de nos frères ? Même quand nous croyons savoir, même quand nous avons partagé les jeux, parfois les bancs de l'école, quelquefois la même table ? Nous ne connaissons que l'apparence, le vrai , le profond , tout cela nous échappe !
Que savons-nous aujourd'hui , nous-mêmes, de Jésus ? Hélas nous balbutions Jésus, si nous Le connaissions , si nous L'écoutions, si nous Lui permettions VRAIMENT
d'établir Sa demeure en nous nous irions à l'essentiel, nous ne nous embarrasserions pas de l'accessoire et encore moins de l'inutile, de tout ce que nous laisserons quand le Père nous appellera et que nos héritiers se disputeront jusqu''à se déchirer.
Les contemporains de Jésus pensent connaître Ses sœurs , Ses frères … Interrogation récurrente que notre monde détourne régulièrement pour tenter de se l'approprier et de prouver que Marie aurait eu d'autres enfants après Jésus. Quelle fadaise!Relisons ensemble l'enseignement de l'Église en nous souvenant « que Jésus et l'Église c'est tout Un »

La Virginité Perpétuelle de Marie, par Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II

Nombreuses sont les railleries diaboliques face à ce Dogme. Rappelons-le donc une fois pour toute : la Virginité de Marie est restée totalement intacte AVANT, PENDANT, et APRES l'enfantement (virginitas "ante partum", "in partu" et "post partum"). C'est un véritable blasphème contre la Très Sainte Vierge Marie de penser ou de croire le contraire. Jésus-Christ est né "ex utero clauso" (sans ouvrir le sein de Sa Mère). La Tradition et les Pères de l’Église nous affirment aussi qu'Il est né dans le temps "en dehors des lois de la nature" (Saint Jean Chrysostome). Après l'enfantement exclusivement divin (nullement à la manière des hommes car Jésus-Incarné est une Personne éternellement DIVINE, la 2ème de la Très Sainte et Adorable Trinité), la chair de la Bienheureuse Vierge Marie "demeure intacte" (Saint Bernard de Clairvaux). L'Higoumène Saint Dimitri de Rostov affirmera même que cette naissance "dépassa la loi naturelle". Avec douceur et fermeté, n’ayez donc pas peur de réaffirmer autour de vous - et même à certains prêtres racontant parfois n'importe quoi sur une doctrine pourtant capitale - cette Vérité Fondamentale de la Sainte Foi Catholique. Ci-dessous, une retranscription de l'Audience Générale du 28 août 1996 de Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II ainsi que quelques rappels doctrinaux :

 1. L’Église a toujours manifesté Sa Foi dans la virginité permanente de Marie. Les textes les plus anciens, lorsqu'ils se réfèrent à la Conception de Jésus, la nomment tout simplement "Vierge", laissant toutefois entendre qu'ils considéraient cette qualité comme un fait permanent, se rapportant à son existence tout entière. Les chrétiens des premiers siècles exprimèrent cette conviction de Foi à travers le terme grec "aeiparthenos" - "toujours vierge" - créé pour qualifier de façon unique et efficace la personne de Marie, et exprimer en une seule parole la Foi de l’Église dans Sa virginité permanente. Nous le trouvons employé dans le second Symbole de Foi de Saint Epiphane, en 374, en relation avec l'Incarnation : le Fils de Dieu "s'est incarné c'est-à-dire a été engendré parfaitement de Sainte Marie, LA TOUJOURS VIERGE, par le Saint-Esprit" (Ancoratus, 119, 5 ; DS 44). L'expression "toujours Vierge" est utilisée à nouveau par le IIe Concile de Constantinople (553), qui affirme : "LE VERBE DE DIEU, s'étant incarné dans la Sainte et Glorieuse Mère de Dieu et toujours Vierge Marie est né d'elle" (DS 422). Cette doctrine est confirmée par deux autres Conciles œcuméniques, le Concile de Latran IV (1215) (DS 801) et le IIe Concile de Lyon (1274) (DS 852), ainsi que par le texte de la définition du Dogme de l'Assomption (1950) (DS 3903), où la virginité permanente de Marie est comptée au nombre des raisons de son élévation, corps et âme, à la gloire céleste.

2. D'une manière synthétique, la Tradition de l'Église a présenté Marie comme "Vierge avant la naissance, au cours de la naissance, après la naissance", affirmant, à travers l'indication de ces trois moments, qu'Elle n'a jamais cessé d'être vierge. De ces trois affirmations, celle de la virginité "avant la naissance" est, sans aucun doute, la plus importante car elle fait référence à la conception de Jésus et touche directement au mystère même de l'Incarnation. Dès le début, elle est constamment présente dans la foi de l’Église. La virginité "au cours de la naissance" et "après la naissance", bien qu'elle soit implicitement contenue dans le titre de vierge, qui était déjà attribué à Marie à l'aube de l'Église, devint l'objet d'un approfondissement doctrinal lorsque certains commencèrent explicitement à la mettre en doute. Le Pape Hormisdas précise que "le Fils de Dieu est devenu Fils de l'homme, né dans le temps à la façon d'un homme, ouvrant le sein de sa mère à sa naissance (cf. Lc 2, 23) et, par la puissance de Dieu, n'ôtant pas la virginité de sa mère" (DS 368). La doctrine est confirmée par le Concile Vatican II ou l'on affirme que le Fils premier-né de Marie a eu pour effet "non la perte mais la consécration de son intégrité virginale" (Lumen Gentium N°57). Quant à la virginité après la naissance, il faut tout d'abord remarquer qu'il n'y a pas de raison de penser que la volonté de rester vierge, manifestée par Marie au moment de l'Annonciation (Luc 1, 34), ait changé par la suite. En outre, le sens immédiat des paroles : "Femme, voici ton fils", "Voici ta mère" (Jean 19,26), que Jésus adresse de la Croix à Marie et au disciple préféré laisse supposer une situation qui exclut la présence d'autres enfants nés de Marie. Les détracteurs de la virginité après la naissance ont pensé avoir trouvé un argument probant dans le terme "premier-né", attribué à Jésus dans l'Évangile (Luc 2,7) comme si cette expression laissait supposer que Marie ait engendré d'autres enfants après Jésus. Mais la parole "premier-né" signifie littéralement "enfant qui n'est pas précédé par un autre" et en soi, fait abstraction de l’existence d'autres enfants. En outre, l'évangéliste souligne cette caractéristique de l'Enfant, car la naissance du premier-né était accompagnée de plusieurs célébrations importantes propres à la loi judaïque, indépendamment du fait que la mère ait eu d'autres enfants. Chaque fils unique était donc l'objet de ces obligations, car il était le " premier-né " (cf. Luc 2, 23).

  1. Selon certain, la virginité de Marie après la naissance serait niés par les textes évangéliques qui rappellent l'existence de quatre "frères de Jésus" : Jacques, Joseph, Simon et Juda (Mt 13, 55-56 ; Mc 6, 3) et de plusieurs sœurs. Il faut rappeler que en hébreu comme en araméen, il n'existe pas de mot particulier pour exprimer la parole "cousin", et que les termes "frère" et "sœur" avaient une signification très large, qui comprenaient plusieurs degrés de parenté. (comme c'est toujours vrai aujourd'hui en Afrique notamment)En réalité, le terme "frère de Jésus" indique "les fils" d'une Marie disciple du Christ (cf Matthieu 27,56), qui est désignée de façon significative comme "l'autre Marie" (Matthieu 28,1). Il s'agit de proches parents de Jésus, selon une expression parfois utilisées dans l'Ancien Testament (CCC, n.500). La Très Sainte Vierge est donc la "toujours vierge". Cette prérogative est la conséquence de la Maternité Divine, qui l'a totalement consacrée à la Mission Rédemptrice du Christ.
    Ce paragraphe se termine sur une expression plutôt dure : »ils étaient choqués à son sujet » .Ne percevez-vous pas les passions qui sous-tendent ce mot?Qui dit choqués dit offusqués, scandalisés, vexés, mais pourquoi donc ? Parce que l'un des leur , qui S'est fait l'un d'eux, manifeste quelque chose qui les dépasse, qu'ils sont incapables de comprendre, alors ils sont profondément troublés. Bien sur ce n'est pas facile, comment pourraient ils percevoir l'inaccessible, l'insondable, le divin ? Ils attendent bien le Messie, mais pas celui-là, pas l'un des leur, le Messie doit, pour eux, venir en grande pompe non d'un petit village... il doit avoir des armées, des chars, des chevaux, une armada de serviteurs qui font tout à sa place ! Lui on le connaît ! Voilà l'erreur, on ne connaît que l'apparence, pour Le connaître, il faut un cœur et un regard purs, il faut un cœur de pauvre, un cœur affamé et assoiffé de Vérité, de justice, de paix. « Heureux les pauvres, heureux les cœurs purs, heureux ceux qui ont faim et soif de justice,heureux les artisans de paix, ... »dira t-Il Lui même bientôt .
    Croyez-vous que nous ayons beaucoup avancé ? Je m'abstiens de développer nous connaissons très bien nos limites, les nôtres et celles de notre époque , à nous de retrousser les manches selon l'appel du Seigneur que nous acceptons d'écouter. Acceptons de Le reconnaître AUJOURD'HUI dans le frère, la sœur qui nous choque !
Lucide, Jésus tente de les réveiller, de les éveiller :

    Jésus leur disait :
« Un prophète n’est méprisé que dans son pays,
sa parenté et sa maison. » 

Ils sont trop surs d'eux pour voir en Jésus quelqu'un d'autre que l'apparence , Jésus comprend immédiatement qu'ils ne sont pas sur la même longueur d'ondes.Nous n'aurions pas fait mieux et, d'ailleurs, nous ne faisons pas mieux . Nous avons le témoignage des apôtres qui ont partagé Son quotidien, celui des martyrs qui ont versé leur sang au nom de leur foi, la fidélité de l’Église depuis plus de 2000 ans et un rien nous déstabilise, nous désertons les sacrements de l’Église, qui sont ceux de Jésus Lui-même, beaucoup cherchent le meilleur club de ceci ou de cela pour leurs enfants et ne trouvent plus de place pour la catéchèse , le footing du dimanche remplace la messe pour certains, ainsi de suite... il n'est pas étonnant que Jésus soit empêché :

Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;
il guérit seulement quelques malades
en leur imposant les mains. 

 Jésus est paralysé  par le manque de confiance, dans son humanité Il  ressent profondément les oppositions auxquelles Il est confronté, faire des miracles le mettrait en danger, Lui et ceux qui l'accompagnent, Sa compassion serait mal interprétée,Jésus n'est pas un provocateur, Jésus ne force personne, Jésus hier et aujourd'hui redit « si tu veux » Il a trop de respect pour notre liberté, Jésus ne fait rien sans le consentement libre et confiant de l'humain. Souvenons-nous de dimanche dernier : « ma fille ta foi t'a sauvée » dit autrement « c'est parce que tu crois que tu es à même d'accueillir le don de Dieu ». Dimanche dernier Jésus, est non seulement accueilli mais recherché, Jaire le supplie, la femme a tellement confiance que toucher les franges de son vêtement lui suffirait, mais Jésus n'est pas un magicien, Il veut la rencontre, Il veut agir au grand jour, Il cherche à rencontrer un regard car, dans ce regard Il rencontre une personne. Jaire n'est pas cette femme et inversement.
Dans tous les actes de notre vie Jésus demande notre adhésion, Il ne fait rien sans nous.J'apprécie ce que me confiait un papa cet après-midi au téléphone. C'est très souvent qu'il me demande de prier pour l'une ou l'autre de ses filles en période d'examen, ou pour un ami qui ne va pas bien, pour une nièce en difficulté... « mais vous savez précisait-il, en parlant de sa fille, je lui ai dit, tu as la foi, donc le matin quand tu te lèves, tu dois prendre un temps pour demander l'aide de l'Esprit, nous, on le fait avec toi et pour toi mais tu as le devoir d'exprimer ton désir à Dieu. » Et j'entendais résonner dans mon cœur la joie de Jésus : « ta foi te sauve » Hélas, à Nazareth, la visite tourne court :

Et il s’étonna de leur manque de foi.
Alors, Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

Notre désintérêt obligera t-il Jésus à se rendre ailleurs ?
Chers amis, réfléchissons.



(Ps 122 (123), 1-2ab, 2cdef, 3-4)
R/ Nos yeux, levés vers le Seigneur,
attendent sa pitié.
(cf. Ps 122, 2)

Vers toi j’ai les yeux levés,
vers toi qui es au ciel,
comme les yeux de l’esclave
vers la main de son maître.


Comme les yeux de la servante
vers la main de sa maîtresse,
nos yeux, levés vers le Seigneur notre Dieu,
attendent sa pitié.


Pitié pour nous, Seigneur, pitié pour nous :
notre âme est rassasiée de mépris.
C’en est trop, nous sommes rassasiés
    du rire des satisfaits,
du mépris des orgueilleux !




Des difficultés avec l'ordinateur me conduisent à suspendre momentanément l'édition de cette page hebdomadaire, je vous prie de m'en excuser et vous dis, à bientôt , je l'espère.




l'Ermite