vendredi 13 août 2021

MON ÂME EXALTE LE SEIGNEUR

 

SOLENNITE DE L'ASSOMPTION

DE LA VIERGE MARIE


15 AOÛT 2021

(Lc 1, 39-56)


Que fête-t-on à l’Assomption ?

La fête de l'Assomption célèbre la mort, la Résurrection, l’entrée au ciel et le couronnement de la bienheureuse Vierge Marie.

Une croyance, une fête, un dogme

Malgré la discrétion des Évangiles, les premiers chrétiens n’ont pas mis longtemps à réfléchir à la place de Marie dans leur foi. Ils ont rapidement voulu célébrer ses derniers moments, comme ils le faisaient pour honorer leurs saints. À cause du caractère unique de sa coopération, une croyance se répand : son « endormissement » – sa Dormition– consiste en réalité en son élévation, corps et âme, au ciel par Dieu.

La fête exprime cette croyance : chaque 15 août, les chrétiens célèbrent à la fois la mort, la Résurrection, l’entrée au paradis et le couronnement de la Vierge Marie.

En 1950, le pape Pie XII estime utile de proposer une définition plus précise : « La Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort ». La définition fait partie des dogmes de l’Église.


L’Assomption de Marie dans le sillage de l’Ascension du Christ

On associe souvent l'Assomption de Marie avec l’Ascension du Christ ; de fait, les mots se ressemblent et il y a dans les deux cas une montée mystérieuse au ciel dans la gloire de Dieu.

Pourtant, « Assomption » ne vient pas du verbe latin « ascendere » (monter, s’élever), qui a donné « Ascension», mais d’« assumere » (assumer, enlever). L’étymologie souligne l’initiative divine : Marie ne s’élève pas toute seule vers le ciel, c’est Dieu qui fait le choix de l’« assumer », corps et âme, en la réunissant à son Fils sans attendre la eésurrection finale, tant elle a su s’unir, corps et âme, à Lui dès sa vie terrestre.

Dans le sillage de l’Ascension, Marie inaugure le destin ouvert aux hommes par la Résurrection de son Fils et anticipe ce qui deviendra la condition des sauvés à la fin des temps.

 La fête de l’Assomption entretient l'espérance

La liturgie de l'Assomption célèbre Marie comme la « transfigurée » : elle est auprès de Lui avec son corps glorieux et pas seulement avec son âme ; en elle, le Christ confirme sa propre victoire sur la mort.

Marie réalise ainsi le but pour lequel Dieu a créé et sauvé les hommes. En la fêtant, les croyants contemplent le gage de leur propre destin, s’ils font le choix de s’unir à leur tour au Christ.

Cette contemplation renforce enfin la confiance dans l’intercession de Marie : la voilà toute disponible pour « guider et soutenir l’espérance de ton peuple qui est encore en chemin » (préface). Ils aiment alors demander à Dieu : « Fais que, nous demeurions attentifs aux choses d’en-haut pour obtenir de partager sa gloire » (collecte).

Père Laurent de Villeroché, eudiste

Après cette très belle présentation du Père de Villeroché, nous pouvons entrer dans la méditation de l’évangile de ce jour

Chaque fois qu'il m'est donné d'aborder cet Évangile de la VISITATION DE MARIE A SA COUSINE ELISABETH, je suis à la fois très émue et remplie d'une profonde joie. Cette péricope me touche jusqu'au fond de mon être, et tout en demandant à l'Esprit Saint d'accompagner cette méditation, je crois savoir que je n'arriverai pas vraiment, à exprimer ce que m'apporte cet écrit sacré, pour vous permettre d'être touchés, à votre tour. Je demande à Marie, Elle-même, de vous rejoindre.

Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.

C'est tout simplement grandiose de générosité, d'oubli de soi, d'ouverture au prochain. Marie vient d'apprendre la merveille qui la dépasse et nous dépasse, Elle est choisie, pas seulement par un homme, mais par Dieu, c'est vertigineux  :" Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé fils du Très-Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n'aura point de fin. Lc 1 Et dans quel but ? Devenir la mère du FILS DU TRES HAUT ? Nous pourrions comprendre qu'Elle s'enferme avec Son secret, un secret qui sans doute la bouleverse, tellement c'est hors du commun, et qu'Elle savoure, se délecte, d'avoir été choisie.

Nous accepterions qu'Elle partage cette étonnante nouvelle avec Son fiancé ...par amour, mais aussi pour ne pas le perdre ! Rien de tout cela chez cette toute jeune femme, Marie laisse au Très-Haut le soin d'éclairer Son fiancé et au lieu de se centrer sur Celui qui l'habite, le Fils de Dieu, le Sauveur , dès cet instant, Marie se tourne immédiatement et avec empressement nous dit l’Écriture, vers Sa cousine qui, en raison de son âge avancé , pourrait avoir besoin d'aide !

A nous de réfléchir à notre façon d'accueillir les bénédictions du Seigneur dans notre vie ! Les dons de Dieu, sont-ils source d'action de grâce dans ma vie , de plus grande disponibilité au service de Dieu, de Son Église, de mes frères ? Sachons prendre le temps, de nous arrêter pour mieux lire l'usage que nous faisons des dons du Seigneur .

Arrivée au terme de Son voyage :

Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit

la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit
Saint, 
Salutation coutumière sans nul doute, Marie, dès Son arrivée agit comme tout un chacun, en exprimant Sa joie de rencontrer Sa cousine, or cette cousine, est saisie, il se passe en elle quelque chose d'inattendu, quelque chose qui l'émeut, une illumination soudaine puisque, remplie d'Esprit Saint elle s’écria d’une voix forte :« Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.    D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?    Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.    Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »Tous ceux qui sont attentifs à cette Présence de Dieu dans leur être, tous ceux qui essaient de marcher au maximum à la lumière de cette Présence, ont fait, un jour, l'expérience unique et très personnelle, de ce saisissement qui conduit à prendre une décision, une orientation, qui bouleverse tout une vie et la propulse là où Dieu l'attend . Ici, Élisabeth, rencontrée par Marie qui a eu cette extraordinaire initiative de se déplacer dans le seul but de servir, de se rendre utile, de soulager sa cousine, Élisabeth dis-je, fait l' expérience mystique de LA PRESENCE, bien qu'embryonnaire, brûlante et agissante du Sauveur, parce que, deux enfants en gestation, à travers le Tabernacle vivant de leurs saintes Mamans, choisies pour des missions spécifiques, se sont reconnus mystérieusement . Cette expérience bouleversante se traduit par une explosion de joie qui donne assurance et force à la voix d’Élisabeth qui ne maîtrise plus rien et exprime ce que lui souffle l'Esprit : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.    D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Certes, nous trouvons des paroles similaires dans le livre de Judith, lorsque celle - ci revient victorieuse du Général Holopherne et que, Ozias la félicite en quelque sorte par ces mots : « Ma fille, tu es bénie par le Seigneur, le Dieu très haut, plus que toutes les femmes qui sont sur la terre. Béni soit le Seigneur, créateur du ciel et de la terre, qui a conduit ta main » (Jth 13) Judith a rendu un immense service à son peuple en le délivrant d'un être malfaisant mais, dans la violence, Marie est déclarée bénie parmi toutes les femmes parce qu'elle porte en Elle la Paix du monde, Celui qui vient sauver le monde de ses violences, de son péché. Et si Élisabeth s'émerveille de la démarche de Marie, elle ouvre une fenêtre, sans le savoir pleinement, à celui, son fils, Jean Baptiste, qui préparera et prépare, dès cet instant, les chemins de Celui qui suivra et
qui cependant le précède. Élisabeth, attentive à ce qui se passe en elle
 lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. transmet, dès cet instant, le rayonnement du Précurseur qui , en tressaillant d'allégresse, pose la première pierre de sa mission : préparer les chemins du Seigneur ! Je crois fermement, qu'en cet instant, les deux enfants, en gestation inaugurent leur mission. Jean, en tressaillant, dit à sa Maman, que Marie porte le Sauveur du monde, ce qu'il criera à son heure, dans le désert : " Il vient après moi, celui qui est plus puissant que moi, dont je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses sandales. (Mc 1) et Jésus se révèle, en donnant à Jean la motion divine qu'Il communique à sa Maman ! C'est l'enfant qui permet à la future maman Élisabeth, d'ouvrir la porte de la nouvelle ère. L' émerveillement d’Élisabeth, s'épanouit dans un acte d'humilité en reconnaissant Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. J'ose dire que nous avons ici la première des béatitudes , que Jésus , par Élisabeth, adresse à Sa Maman par sa propre cousine : Oui heureuse celle qui a cru , Lui qui dira plus tard « Or, comme il parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit: " Heureux le sein qui vous a porté, et les mamelles que vous avez sucées! " Mais il lui dit: " Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent! (Lc 11) Et qui, mieux et plus que Marie, après Jésus bien sûr, a fait la volonté du Père, Elle qui était promise à un homme de la Maison de David et a renoncé à Son projet, pour entrer dans celui du Très Haut ! Remarquons également le terme « accomplissement » inspiré à Élisabeth qui indique discrètement, l'arrivée imminente du Messie qui vient accomplir l'Ancienne Alliance en inaugurant la Nouvelle ! Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes; je ne suis pas venu abolir, mais parfaire. (Mt 5)

Dans ce contexte de communion, Marie peut laisser éclater sa joie, ce bonheur jusque-là conservé dans Son cœur Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant dans son cœur. (Lc 2)

« Mon âme exalte le Seigneur,    exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !    Il s’est

penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.    Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.    Déployant la force de son bras,il disperse les superbes.    Il renverse les puissants de leurs trônes,il élève les humbles.    Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.    Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,    de la promesse faite à nos pères,en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »    Marie resta avec Élisabeth environ trois mois

Le voile est levé, Dieu S'est manifesté par l'intermédiaire d’Élisabeth, Marie peut librement, comblée par L'Esprit Saint,comblée de grâce, laisser libre cours à Son action de grâce , à Son émerveillement ! C'est un feu d'artifice de louanges, une explosion de joie qui jaillit de Son cœur, on a l'impression que ce poème est proclamé d'une traite, sans respirer tellement transpire le bonheur ! 

Mon âme exalte le Seigneur,    exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Mon âme exalte, mon âme glorifie,ovationne, acclame, le Seigneur le Très Haut qui s'enferme dans l'étroitesse de l'humain pour se manifester à l'humain ! Exulte mon esprit , jubile mon esprit, explose, déborde d'allégresse ! Dieu descend dans Sa créature et Il me sauve ! Marie Première des sauvés, Marie la prédestinée ! Avec le Père Pourcel dcd et dépassé par les dons du Seigneur pour l'humanité , nous disons c'est : magnifique, c'est superbe, c'est admirable. ( Magnifique étant le terme par lequel le P. Pourcel exprimait son émerveillement. Prêtre de valeur qui a exercé son ministère dans le Lot)

Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Sans doute dans son infinie miséricorde, Dieu le Père a voulu introduire l'humanité dans Son action salvatrice en choisissant Marie comme éminente collaboratrice à cette œuvre de Salut. Dieu a reconnu en Marie des dispositions pour participer à cette mission grandiose. N'oublions pas c'est Dieu qui donne, nous recevons tout de Son Amour et Marie le sait .  Marie s’émerveille que le Tout-Puissant – Lui qui n’a besoin de rien ni de personne – ait décidé de la choisir comme collaboratrice dans son plan de salut ; plus précisément : de l’élire entre toutes, pour être la Mère de son Fils. « Ô véritable humilité – s’émerveille saint Augustin – qui a enfanté Dieu aux hommes, et qui a donné la vie aux mortels. L’humilité de Marie est devenue l’échelle du ciel par laquelle Dieu est descendu sur terre

désormais tous les âges me diront bienheureuse. Marie comprend en cet instant et dans une inspiration prophétique, reçoit les mots pour le dire , ce qui se passe en Elle et entre Elle et Élisabeth en ce jour, dépasse, ô combien la grâce actuelle mais traversera les âges.  Heureuse la mère qui t'a porté dans ses entrailles, et qui t'a nourri de son lait ! (Lc 11) s'écrie une femme en écoutant Jésus parler aux foules !

« O trois et quatre fois bienheureuse, s’écrie le saint Docteur Jean Gerson :

Bienheureuse, premièrement, parce que vous avez cru.

Bienheureuse, secondement, parce que vous êtes pleine de grâce.

Bienheureuse, en troisième lieu, parce que vous êtes bénite entre toutes les femmes et que le fruit de votre ventre est béni.

Bienheureuse, en quatrième lieu, parce que le Tout Puissant vous a fait choses grandes.

Bienheureuse, en cinquième lieu, parce que vous êtes la Mère du Seigneur.

Bienheureuse, en sixième lieu, parce que vous possédez la joie de la maternité avec la gloire de la virginité.

Bienheureuse, en septième lieu, parce que vous êtes l’incomparable, qui n’avez jamais eu et qui n’aurez jamais de semblable » 

Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Ne faut-il pas être Le Tout

Puissant en effet, pour permettre à une vie d'éclore sans intervention externe autre qu'une Parole, qui en réalité est une Personne, celle-là même qui prend forme humaine pour rejoindre cette humanité blessée ? Devant l'étonnement de Marie, l'Ange n'assure t-il pas : RIEN N'EST IMPOSSIBLE A DIEU et Marie le sait puisqu'Elle expérimente cette PRESENCE stupéfiante en Elle, et qui la porte vers sa cousine. Marie PORTE Jésus, mais il est tout aussi juste de dire, qu'Elle est portée par Jésus ! Grandeur insondable du Dieu-Amour qui agit et se laisse agir, ce qui conduit Marie à reconnaître la Sainteté incréée de Dieu : Dieu est Saint par nature ! Et reconnaître cette sainteté est chemin de salut comme l'écrit Saint Paul aux Romains ! Car " quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. (Ro 10) Marie est non seulement sauvée mais prédestinée. Si je le retrouve, je vous partagerai un texte de St Augustin sur la prédestination : une merveille !

Nous terminons ce paragraphe en priant avec saint Cyprien :

« O Seigneur, que votre Nom est admirable !
Véritablement vous êtes un Dieu qui faites des choses merveilleuses.
Je n’admire plus maintenant l’agencement merveilleux de ce monde,
ni la stabilité de la terre, ni l’ordre et la disposition des jours,
ni le cours et la clarté du soleil ;
mais j’admire un Dieu fait enfant dans les entrailles d’une Vierge ;
j’admire le tout-Puissant réduit dans un berceau ;
j’admire le Verbe de Dieu uni personnellement

au corps mortel et passible de l’homme. »

Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent « La Miséricordec’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. La Miséricordec’est la loi fondamentale qui habite le cœur de chacun lorsqu’il jette un regard sincère sur le frère qu’il rencontre sur le chemin de la vie. La Miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché. » Pape François,

Alors oui, Marie peut affirmer Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent car Notre Père est LE MISERICORDIEUX par essence , l'autre Nom de la Miséricorde c'est AMOUR ! Qui trouverons-nous de plus aimant que Dieu ? Il faut aimer ,vraiment aimer, sans rien attendre pour accepter qu'un Fils unique s'abaisse cf Philippiens, en assumant l'humanité, et, ce faisant, en pardonnant à Ses bourreaux !

Quant à «ceux qui le craignent » il s'agit de ceux qui, après Marie, comme Première de cordée, révèrent Dieu , Le reconnaissent véritablement comme leur Père, leur Sauveur alors

Déployant la force de son bras,il disperse les superbes. On a du mal à voir Dieu disperser les superbes Lui qui pardonne jusqu'à mille générations : « Car moi le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants, sur la troisième et sur la quatrième génération pour ceux qui me haïssent, et faisant miséricorde jusqu'à mille générations, pour ceux qui m'aiment et qui
gardent mes commandements. (Ex 20) 
Les superbes, sont ceux qui sciemment refusent d'aimer , les rebelles qui nient l'évidence et se croient le centre du monde. Ceux qui ne cherchent pas à reconnaître la trace de Dieu dans la création , ceux qui osent crier « Dieu est mort » ! Les orgueilleux qui font le vide autour d'eux parce qu'ils se croient détenteurs de la vérité … ceux-là, vient un moment , où, dans un ultime acte de miséricorde Dieu-Amour, leur tend un bras secourable puis :

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.  il est des épreuves qui sont signe d'amour pour tenter encore une fois d' attirer le rebelle, de les retourner. Dieu ne renverse pas par plaisir, pour montrer Sa puissance, Sa supériorité, Dieu-Amour renverse les puissants, les superbes, les rebelles, pour les réveiller, pour leur offrir la grâce de l'ouverture, de l'accueil, N'est-ce pas l'attitude de Jésus tout au long de ses prédications . J'appréciais ce chant en catéchèse avec les enfants où il était chanté : Tu fais tout à l'envers, énumérant comment Jésus nous révèle les vrais valeurs: Si quelqu'un veut être le premier qu'il soit le serviteur de tous.  

Quiconque accueille un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille,

Celui qui veut sauver sa vie, la perdra ..

Et Il nous montre comment Il élève les humbles :

- Marie évidemment , Elle ne rêvait pas de puissance mais de simplicité, et voilà que le Seigneur qu'Elle porte, par Son Père, le Très Saint, le tout Autre, la projette au sommet de l'univers créé. Marie la discrète, Marie tournée vers les autres, Marie Notre Mère, devient Première, sans l'avoir ni cherché, ni voulu !

- Pensons à Bernadette qui veut être ce balai qu'on range derrière la porte après usage, elle fait courir des foules aujourd'hui pour les conduire à Marie et par Marie à Son Fils !

- A Joseph l'humble charpentier de Nazareth , humble parmi les humbles, y compris

dans l’Évangile et que des multitudes prient, honorent, chantent, supplient …

- à tant de petites gens que Jésus met à l'honneur et il n'est pas jusqu'aux prostituées qui seront mises à l'honneur quand elles ont beaucoup aimé. Car Il faut un amour puissant quand on est descendu très bas dans l'échelle humaine pour oser remonter très haut et dire j'ai péché, je le reconnais , j'ai compris, aujourd'hui j'aime autrement, avec le cœur de Jésus et dans le cœur de Jésus . Je dois arrêter mais vous serez à même de dire merci au Seigneur, avec et par Marie pour tous les humbles d'hier et d'aujourd'hui que Jésus aime et à qui Il se révèle !

 Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Affamés de quoi? C'est encore Jésus qui éclairera et qui en cet instant, par Son Esprit inspire Marie, lui qui proclamera les Béatitudes ,en posant les bases de la Bonne Nouvelle, car elle est résumée dans les Béatitudes cette extraordinaire bonne Nouvelle : Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés! (Mt 5) Il y a ceux qui sont en manque, les écrasés, les apparents tout petits de ce monde, et il y a ceux qui donnent de leur temps, de leur avoir, de leur amour, leur vie parfois pour les rassasier ! Ces derniers sont aussi des affamés d'amour, de vérité, de justice, et nourrissent leur faim au banquet dressé par Jésus lui-même où tous sont invités mais certains n'adhèrent pas encore ! Parmi ceux qui ont il y a ceux qui partagent et ceux qui se recroquevillent, à l'image de la Parabole du Pauvre Lazare et du riche qui sera relégué dans une privation éternelle d'amour ; parce qu'il n'a pas su , voulu aimer il se retrouve les mains vide !

Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères,en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » 

Israël signifie « Dieu lutte, Dieu est fort » ! Souvenons-nous du combat de Jacob où celui-ci lutta contre Dieu « Ton nom ne sera plus Jacob, mais Israël, car tu as combattu avec Dieu et avec des hommes, et tu l'as emporté ». Gen 32,29. Israël c'est un nom sacré , le nom du Peuple de l'Alliance Ancienne et de la Nouvelle Alliance , en Jésus, venu accomplir l'Ancienne. Je fais court bien évidemment ! Le salut apporté par l’Évangile comble en effet ceux qui attendaient la consolation d'Israël, Siméon; c'était un homme juste et pieux, qui attendait la consolation d'Israël, Lc 2,25 Par Jésus, Dieu est venu porter secours à Israël « Il a pris soin d'Israël son serviteur Israël, Lc 1 54, lui faire Miséricorde « Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, parce qu'il a visité et racheté son peuple. Lc 1. 68, lui accorder la conversion et la rémission des péchés « Dieu l'a élevé par sa droite comme chef et Sauveur, pour donner à Israël repentir et rémission des péchés. Et nous sommes, nous, témoins de ces choses, et aussi l'Esprit-Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. " Ac 5,31

Israël constitue le lien organique qui rattache la réalisation du salut à l'Histoire humaine tout entière.L'Eglise, nouvel Israël accomplit donc l'Israël ancien parce que depuis Jésus est apparu l'Israël nouveau qu'annonçaient les promesses prophétiques.Dieu a visité Son Peuple il se souvient de son amour Dieu en agissant ainsi, se souvient de Son Amour et manifeste cet amour à ceux qui Le vénèrent . Oui, Marie, sans nécessairement comprendre tout ce que lui inspire l'Esprit, peut chanter le Salut d’Israël , ce Salut qu'Elle porte en son sein et que par Elle Dieu le Père accorde au monde ! Oui, Saint est le Nom de Dieu, Trois fois Saints, Saint est le Père ! Saint est le Fils ! Saint est l'Esprit d'Amour !

il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères,en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » Devant Pilate, Jésus déclarera : Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité: (Jn 18) Jésus parle ici de la vérité-fidélité du Père à Ses paroles la promesse faite à nos pères,en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais ce que St Paul confirme en ces termes : « si nous ne sommes pas fidèles, lui reste fidèle, car il ne peut se renier lui-même. (2Tm2)

Avec Marie chantons de tout notre cœur :

MON ÂME EXALTE LE SEIGNEUR

EXULTE MON ESPRIT EN DIEU MON SAUVEUR

SAINT EST SON NOM !


Poème de Paul Claudel

Il est midi. Je vois l'église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.
Je n'ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.
Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela
Que je suis votre fils et que vous êtes là.
Rien que pour un moment pendant que tout s'arrête.


Midi !

Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.
Ne rien dire, mais seulement chanter
Parce qu'on a le cœur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée

En ces espèces de couplets soudains.


 

Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,
La femme dans la Grâce enfin restituée,
La créature dans son honneur premier
Et dans son épanouissement final,
Telle qu'elle est sortie de Dieu au matin
De sa splendeur originale.
Intacte ineffablement parce que vous êtes
La Mère de Jésus-Christ,
Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance
Et le seul fruit.
Parce que vous êtes la femme,
L'Eden de l'ancienne tendresse oubliée,
Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir
Les larmes accumulées,
 
Parce qu'il est midi,
Parce que nous sommes en ce jour d'aujourd'hui,
Parce que vous êtes là pour toujours,
Simplement parce que vous êtes Marie,
Simplement parce que vous existez,
Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !



Paul Claudel

P.S Le texte sur la Prédestination viendra une autre fois

L'Ermite

vendredi 6 août 2021

JE SUIS LE PAIN DE LA VIE

 

XIX e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


Année B


(Jn 6, 41-51)


« Moi, je suis le pain de la vie. 

Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ;

celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »

Ce verset 35 du discours sur le Pain de Vie clôturait la péricope proposée à notre méditation Dimanche dernier. Nous avons fait l'impasse sur les versets 36 à 40 compris : « Mais je vous l'ai dit, vous m'avez vu et vous ne croyez point. Tout ce que le Père me donne viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai point dehors. Car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, est que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. Car c'est la volonté de mon Père qui m'a envoyé, que quiconque voit le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle; et moi je le ressusciterai au dernier jour." (Jn 6) la liturgie du jour l'ayant ainsi choisi.

Nous sentions sourdre les tensions alimentées, comme c'est souvent le cas, par l'incompréhension des propos de Jésus. La foule, essentiellement les plus cultivés , commence à murmurer : Les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. » 

Reconnaissons qu'une foi chevillée au corps est indispensable pour accueillir une telle assertion et certains ont presque envie d'emboîter le pas ; d'autres adhèrent à cette déclaration, plus par routine, parce qu'on a toujours suivi la famille ... : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. ». Le pain, c'est la base de la nourriture, comment Jésus peut-Il affirmer cela sans sourciller ? Moi, Jésus JE SUIS le Pain !

Le pain qui nourrit, le pain qui rassasie, qui donne des forces . Moi qui me tiens

au milieu de vous, devant vous, là, en chair et en os, mais avec un plus, un autrement, moi qui vous parle JE SUIS LE PAIN DESCENDU DU CIEL ! Pour accepter cette affirmation nous devons remonter environ au VIIIe siècle avant le Christ où, nous sont rappelés, dans le Deutéronome les bienfaits du Seigneur à l'égard de son peuple «  il t'a nourri de la manne, que tu ne connaissais pas et que n'avaient pas connue tes pères, afin de t'apprendre que l'homme ne vit pas de pain seulement, mais que l'homme vit de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Dt 8) De quelle Parole, est-il question, sinon la PAROLE FAITE CHAIR, le Verbe de Dieu dont parle St Jean dans le Prologue ? 

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu ». (Jn 1)

Jésus n'est-Il pas cette Parole qui donne sens à nos vies, Cette Parole qui nous fait vivre , qui nourrit nos esprits, les éclaire , les renouvelle sans cesse ? Oui, évidemment pensons-nous avec 2000 ans de christianisme, fortifiés que nous sommes par une nuée de témoins : les apôtres, les Pères de l’Église, les Martyrs ... C'est autrement plus difficile pour les contemporains de Jésus qui l'ont côtoyé enfant, puis jeune, dont certains ont bénéficié de Son savoir-faire de charpentier . Qu'a-t-Il de plus ? Qu'a-t-il de différent ?

Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son

père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant :  'Je suis descendu du ciel’ ? » Ces hommes et ces femmes sont dans leur logique tout humaine, ils voient l'homme Jésus, le fils de Joseph , ils croient connaître son père et sa mère, qu' ils rencontrent régulièrement . Qu'a-t-Il donc de différent , que signifie « je suis descendu du ciel ? » Tous sont en attente du Messie depuis des millénaires mais Celui qu'ils attendent ne ressemble en rien à Jésus . Lui, se dit « doux et humble de cœur », celui qu'ils attendent devra être fort, non à l'intérieur, mais dans les muscles pour faire face. Lui dit « bienheureux les doux, les humbles, les pauvres, les affamés » eux ils attendent un guerrier capable de renverser ses adversaires, Lui n'a pas d'adversaires Il dit « aimez vos ennemis faites du bien à ceux qui vous haïssent » , eux espèrent une personnalité capable d'écraser l'ennemi, de venger ceux qui nous font du mal . Et nous pourrions reprendre ainsi tout l’Évangile et démontrer que l'attente de la foule est à l'opposé du Jésus qu'ils ont sous les yeux.

Nous devons reconnaître que c'est loin d'être facile pour ceux qui n'ont pas été témoins de son baptême où le Père s'est manifesté. Certes ils ont vu des signes mais comment sortir du registre terre à terre dans lequel ils s'enferment pour adhérer au registre de l'Esprit qui est don de Dieu ?

Jésus reprit la parole : « Ne récriminez pas entre vous.Il sait Lui en tant que Fils unique du Père où conduisent les murmures et récriminations Jésus leur demande de s'abandonner , de Lui faire confiance, en somme de croire en Lui : 

Le ramas de gens qui se trouvaient au milieu d'Israël s'enflamma de convoitise, et même les enfants d'Israël recommencèrent à pleurer et dirent: «Qui nous donnera de la viande à manger? Il nous souvient des poissons que nous mangions pour rien en Égypte, des concombres, des melons, des poireaux, des oignons et de l'ail. Maintenant notre âme est desséchée; plus rien! Nos yeux ne voient que de la manne.» La manne était semblable à la graine de coriandre, et avait l'aspect du bdellium. Le peuple se répandait pour la ramasser; il la broyait avec des meules ou la pilait dans un mortier; il la cuisait au pot, et en faisait des gâteaux. Elle avait le goût d'un gâteau à l'huile. Quand la rosée descendait pendant la nuit sur le camp, la manne y descendait aussi. Moïse entendit le peuple qui pleurait dans chaque famille, chacun à l'entrée de sa tente. La colère du Seigneur s'enflamma grandement. (Nb 11) 

Et le Seigneur dit à Moïse: «Jusques à quand ce peuple récriminera-t-il ? Jusques à quand ne croira-t-il pas en moi, malgré tous les prodiges que j'ai faits au milieu de lui? Je le frapperai par la peste et je le détruirai, et je ferai de toi une nation plus grande et plus puissante que lui.».... Le Seigneur parlait à Moïse et à Aaron, en disant: «Jusques à quand supporterai-je cette méchante assemblée qui récrimine contre moi? J'ai entendu les récriminations que les enfants d'Israël profèrent contre moi. Dis-leur: Je suis vivant! dit le Seigneur: je vous ferai selon que vous avez parlé à mes oreilles.

Les hommes que Moïse avait envoyés pour explorer le pays et qui, à leur retour, avaient récriminé contre lui toute l'assemblée, en décrivant le pays, ces hommes, qui avaient décrié le pays, moururent frappés d'une plaie devant Le Seigneur. Nb 14 

Souviens-toi, n'oublie pas combien tu as irrité le Seigneur, ton Dieu, dans le désert.

Depuis le jour où tu es sorti du pays d’Égypte jusqu'à votre arrivée dans ce lieu, vous avez été rebelles envers le Seigneur. Même en Horeb vous avez excité Seigneur à la colère, et le Seigneur fut irrité contre vous jusqu'à vouloir vous détruire. Lorsque je montai sur la montagne, pour recevoir les tables de pierre, les tables de l'alliance que le Seigneur avait conclue avec vous, je demeurai sur la montagne quarante jours et quarante nuits, sans manger de pain et sans boire d'eau; et le Seigneur me donna les deux tables de pierre écrites du doigt de Dieu, et contenant toutes les paroles que Seigneur vous avait dites sur la montagne, du milieu du feu, le jour de l'assemblée. Au bout des quarante jours et des quarante nuits, le Seigneur me donna les deux tables de pierre, les tables de l'alliance. Le Seigneur me dit alors: «Lève-toi, descends vite d'ici, car ton peuple, que tu as fait sortir d’Égypte, s'est corrompu. Ils se sont promptement écartés de la voie que je leur avais prescrite; ils se sont fait une image de fonte.» Et le Seigneur me dit: «Je vois que ce peuple est un peuple au cou raide. (Dt 9)

Toute l'assemblée des enfants d'Israël murmura dans le désert contre Moïse et Aaron. (Ex 16)

Jésus développe sa pensée : Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour.C'est clair ! Approcher de Jésus, et, surtout se laisser approcher par Lui, est un don du Père et Jésus est l'Envoyé du Père et, en tant que tel, Il est donneur de vie et de vie éternelle.

 Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même.Jésus ne passe-t-Il pas la majorité de son temps à enseigner, à éclairer les consciences :

La semaine de la fête était déjà à moitié passée quand Jésus monta au Temple et se mit à enseigner. Dans leur étonnement, les Juifs disaient : « Comment cet homme connaît-il tant de choses sans avoir fait d'études ? » (Jn 7)

Car je n'ai point parlé de moi-même; mais le Père, qui m'a envoyé, m'a prescrit lui-

même ce que je dois dire et ce que je dois enseigner. (Jn12)

Jésus, accompagné de ses disciples, arrive à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. (Mc 1)

Jésus s'est mis une fois de plus à enseigner au bord du lac, et une foule très nombreuse se rassemble auprès de lui, si bien qu'il monte dans une barque où il s'assoit. Il était sur le lac et toute la foule était au bord du lac, sur le rivage. Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles, et il leur disait, dans son enseignement (Mc 4)

Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. Les nombreux auditeurs, frappés d'étonnement, disaient : « D'où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? (Mc 6)

En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut pris de pitié pour eux parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont pas de berger, et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses. (Mc 6)

Et, pour la première fois, il leur enseigna qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. (Mc 8)

Étant parti de là, il vint dans le territoire de la Judée, et au delà du Jourdain; et des foules s'assemblèrent de nouveau près de lui, et, suivant sa coutume, il recommençait à les enseigner. (Mc 10)

Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait : « Heureux (Mt 5)

Jésus acheva ainsi de donner ses instructions aux douze disciples, puis il partit de là pour enseigner et prêcher dans les villes du pays. (Mt 11)

Ils sont étonnés, certains émerveillés, ils aiment Ses enseignements puisqu'ils ne Le lâchent pas, Ses miracles, ils Le presse de toutes parts, mais, de là à voir le Messie attendu dans le fils du charpentier de Nazareth il y a un fossé infranchissable sans le DON DE DIEU PAR EXCELLENCE : LA FOI ! La foi leur est offerte mais faut-il encore ouvrir Son cœur, s'abandonner, faire confiance !

Je pense à l'instant à Charles de Foucauld qui consommait sa vie au feu désordonné des passions quand il exprima à l'abbé Huvelin son désir de retrouver la foi. Celui-ci ne lui donna pas de cours de théologie, ni de preuve par quatre de l'existence de Dieu, il lui demanda de se mettre à genoux dans le confessionnal et lui offrit immédiatement après, la joie de la communion . Charles de Foucauld se releva croyant ! La foi c'est marcher avec Dieu, et Marcher avec Dieu c’est «une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas». (Hb 11:1)

La Foi c'est avoir l'humilité de reconnaître que Dieu est Dieu , que quelqu'un m'aime vraiment tel que je suis, Nous lisons dans la genèse : « Abram fit confiance au Seigneur et, à cause de cela, le Seigneur le déclara juste ( Saint). » (Gn 15 :6) La foi c'est faire confiance à un autre , à cet AUTRE qui est DIEU

"Il y a diversité de dons de la grâce, mais c'est le même Esprit" ; la foi est un don accordé à certains "en vue du bien de tous" (1 Co 12,4-11).

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » (Lc 17)

Je pense également au Père Jacques Loew (1908-1999) , à 20 ans il n'avait pas la foi

mais l'univers lui posait question, il réfléchissait beaucoup. C'est en regardant tomber d'étonnants et merveilleux cristaux de neige qu'il a compris que Quelqu'un de plus grand, que l'homme en était le l'Auteur. D'une vie plutôt dissipée, il est passé à une vie donnée dans le ministère sacerdotal et à été l'initiateur, au souffle de l'Esprit, de la famille religieuse « Saint Pierre et Paul ! » Il a initié également, « l’École de la Foi, » à Fribourg, j'ai eu la grâce de la fréquenter. Il a écrit entre autres :« Mon Dieu dont je suis sûr », Fayard-Mame, 1982, p.9-13 et 231

Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. Comment entendre la Père s'Il ne parle pas? Si Jésus affirme cela, c'est que le Père parle et très subtilement, très finement, Jésus nous conduit à admettre, à comprendre que la Parole du Père est personnifiée, c'est Lui, Jésus, qui est cette Parole du Père comme le dit magnifiquement saint Jean dans le Prologue

Au commencement était le Verbe, et le Verbe (la Parole) était en Dieu, et le Verbe était Dieu.Il était au commencement en Dieu.Tout par lui a été fait, et sans lui n'a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes,

Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. Seul Jésus , Dieu Lui-même, a vu le Père, c'est pour cela qu'Il peut en parler et le nommer Père, et nous apprendre à l'appeler Père, dans la magnifique prière du Notre Père. C'est tellement clair dans les propos de Jésus que Ses contemporains sont éblouis comme une trop puissante lumière nous éblouit et nous empêche de voir. Quoique dise Jésus, c'est trop fort, ils entendent des mots mais n'arrivent pas à réaliser, pourtant c'est constamment que Jésus fait référence à Son Père :

Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » (Jn 2)

Le Père aime le Fils et a tout remis dans sa main. (Jn 3)

Mais l'heure vient - et c'est maintenant - où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. (Jn 4)

Jésus leur déclara : « Mon Père, jusqu'à maintenant, est toujours à l’œuvre, et moi aussi je suis à l’œuvre. » (Jn 5)

« Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu'il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu'il fait. Il lui montrera des œuvres encore plus grandes, si bien que vous serez dans l'étonnement. Comme le Père, en effet, relève les morts et leur donne la vie, le Fils, lui aussi, donne la vie à qui il veut. Car le Père ne juge personne : il a donné au Fils tout pouvoir pour juger, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l'a envoyé. (Jn 5)

Amen, amen, poursuit Jésus, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. Reconnaître le Messie, l'Envoyé du Père, et dire : Amen je crois, c'est goûter dès cet
instant les joies du « vivre en Dieu », la vie éternelle, pour le croyant commence ici bas s'il adhère à Jésus, s'Il communie à Jésus! Car
la vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ. (Jn 17)

Amen, amen, je vous le dis : celui qui écoute ma parole et croit au Père qui m'a envoyé, celui-là obtient la vie éternelle et il échappe au Jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie. (Jn 5)

Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire en lui ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » (Jn 3)

Vous scrutez les Écritures parce que vous pensez trouver en elles la vie éternelle ; or, ce sont elles qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie (Jn 5)

Et nous pourrions continuer, l’Évangile est scandé par ces affirmations de Jésus Nous-mêmes, si nous réfléchissons, nous expérimentons à quel point cet accueil du don de la foi, change nos vies, les rend plus légères, même dans l'épreuve, surtout dans l'épreuve, car la foi donne du sens, du goût à ce que nous vivons quotidiennement. Les non - croyants d'ailleurs nous envient et il n'est pas rare de leur entendre dire : « comme vous avez de la chance d'avoir la foi ! » Les derniers versets de cette péricope montent en puissance, Jésus se répète et répète, un peu comme on enfoncerait un clou à petits coups répétés, jusqu'à la grande révélation, l'insupportable révélation qui déstabilise ceux qui écoutent : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » (Jn 6)

Moi, je suis le pain de la vie.     Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ;  mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas.    Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du cielsi quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. Jésus parle justement de cette vie éternelle commencée quand on adhère, qu'on donne sa foi aux paroles de vie de Celui qui est le Verbe fait chair, cette Parole éternelle du Père et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. (Jn 1,1)


Et le Verbe s'est fait chair,

il a habité parmi nous,

et nous avons vu sa gloire,

la gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique,

plein de grâce et de vérité.

(Jn 1,14)



Goûtez et voyez
comme est bon le Seigneur !
 

(Ps 33, 9a)

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

L’ange du Seigneur campe alentour
pour libérer ceux qui le craignent.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !


«  Vivez (vivons)dans l’amour, »

Eph 4

«et  dès ici-bas nous savourerons les joies de la vie éternelle  ! »


L'Ermite