vendredi 27 mars 2020

JE CROIS !


Vè DIMANCHE DE CARÊME

ANNEE A

(Jn 11, 3-7.17.20-27.33b-45)


Nous venons de franchir le cap de la mi-carême ! Dans peu de jours, nous célébrerons la grande fête de la Résurrection. Ce sommet de notre foi nous révèle l'Amour fou, d'un Dieu qui épouse toute la fragilité de notre humanité , hormis le péché, pour nous apprendre à vivre en enfants de Dieu libres et responsables !
La première semaine, Jésus nous fait prendre conscience des trois grandes concupiscences qui risquent de déformer l'image de Dieu en nous et nous apprend à choisir la Vie !
En quel Pays de solitude
Quarante jours, quarante nuits,
Irez-vous poussés par l'Esprit ?
Qu'Il vous éprouve et vous dénude !
Voyez : les temps sont accomplis
Et Dieu vous convoque à l'oubli
De ce qui fut vos servitudes !


La seconde semaine nous apprenons à marcher dans la foi , à nous désinstaller, à avancer en mettant un pied devant l'autre comme dit une chanson. La tentation de savourer le don de Dieu est toujours latente « dressons ici trois tentes » mais Jésus nous dit : « relevez-vous », retroussez les manches, quittez vos certitudes,la vie est un combat !
Sur quels sommets d'incandescence,
Entendrez-vous le Bien-Aimé
Vous parlant depuis la nuée ?
Qu'Il vous prépare à Ses souffrances !
Suivez Jésus Transfiguré :
Demain Il sera crucifié,
en signature d'Alliance !


La troisième semaine avec la rencontre de la Samaritaine Jésus nous fait désirer l'eau vive qui nous purifie et fait de nous des témoins ! Quand on rencontre vraiment Jésus, il y a un avant et un après ! Jésus change nos vies mais pas sans nous, Il demande notre participation : « va chercher ton mari » ! un changement de vie !

Ne forez plus vos puits d'eau morte :
Vous savez bien le don de Dieu
Et quelle est sa grâce, et son jeu ;
Il vous immerge, Il vous rénove !
La vie s'élève peu à peu,
Les champs sont dorés sous vos Yeux !
Embauchez-vous où Dieu moissonne !


La quatrième semaine c'est l'illumination , voir et croire : voir reconnaître Celui qui est la LUMIERE et croire qu'Il est cette LUMIERE venu changer nos nuits en jour, non dans l'extraordinaire mais dans la plus grande et merveilleuse simplicité : un peu de boue , de l'eau pure, une parole qui engage: je crois Seigneur et il se prosterna devant Lui !
Pourquoi rester sur vos ornières,
Bâtissant vos fronts d'aveugles-nés ?
Vous avez été baptisés !
L'Amour de Dieu fait tout renaître,
Croyez Jésus : c'est l'Envoyé,
Vos corps à Son corps sont branchés :
Prenez à Lui d'être lumière .

Cette cinquième semaine Jésus nous dit « viens dehors », sors de ton tombeau ( quand ce n'est pas de tes tombeaux c'est-à-dire, toutes ces nuits du péché , ces bandelettes qui te paralysent et font de toi une momie ambulante …) Il ne dit pas « délie-toi » mais  « déliez-le » évoquant ainsi l'absolue nécessité de la signature de l’Église : « tout ce que tu lieras ...et tout ce que tu délieras... » Le Saint Père lui aussi a besoin d'un frère pour être délié ! C'est dans un contexte très humain que nous découvrons ce mystère :

:

Déjà vos tombes se descellent
Sous la poussée du Dieu vivant.
Regardez : Jésus y descend !
Appelez-Le Il vous appelle.
Venez dehors ! C'est maintenant
Le jour ou la chair et le sang
Sont travaillés de vie nouvelle !


En ce temps-là,Marthe et Marie,  les deux sœurs de Lazare,envoyèrent dire à Jésus :« Seigneur, celui que tu aimes est malade. » Marthe, Marie et Lazare sont
ces amis, chez qui Jésus aime se reposer . Jésus ne néglige pas les relations sociales, quand Il a besoin de se détendre c'est chez eux qu'Il s'arrête, aussi il n'y a rien d'étonnant que les deux sœurs Le préviennent au moment de l'épreuve, d'autant que Jésus appréciait Lazare : celui que tu aimes est malade ! En même temps, les deux sœurs se montrent très féminines en prenant Jésus par le cœur : celui que tu aimes ! Elles espèrent, secrètement, infléchir sa décision ! Jésus, comme nous le découvrons toujours davantage, est un homme libre, même s’Il les apprécie beaucoup, s'Il entretient une relation privilégiée avec le trio, Jésus reste Lui-même. C'est aussi une manière pour Lui de sonder la qualité du lien de ces femmes avec Lui : est-ce Lui, Jésus qu'elles apprécient ou bien comme certains, les signes, les éventuelles faveurs, les « sucreries » ? Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe, mais en fait de signe, il ne lui sera donné que celui de Jonas. » Alors il les abandonna et partit. (Mt 16)
Voilà une bonne question à regarder avec des yeux d'aveugle guéri ou en voie de guérison , ce que nous sommes chacun ! Quelle est la qualité de mes relations ? Mon amitié, mon amour, sont-ils gratuits ou intéressés ? D'autre part, suis-je une personne libre, capable de dire un oui, un non franc ? A chacun de s'arrêter quelques instants durant cette longue retraite que nous permet le confinement ! Avouons que, en tant que période, cela ne pouvait pas être mieux : un long temps de désert , de retraite, pour mettre de l'ordre dans nos vies pour célébrer la Pâques ..
Même ému, touché dans Sa sensibilité, Jésus ne déroge pas immédiatement à ce qu'Il est en train de vivre, Il ne se précipite pas au chevet de Son ami, il va même jusqu'à tenir des propos rassurants pour Son entourage, rassurants mais énigmatiques  :
En apprenant cela, Jésus dit :« Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est
pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »    
Propos qui nous interrogent également ! Comment, une maladie peut-elle être pour la Gloire de Dieu , comment une maladie , peut-elle glorifier Dieu ? Tout autant qu'à Marthe et Marie, cette remarque s'adresse à chacun de nous , à toi ma sœur, mon frère, à qui il peut arriver, parfois, dans une épreuve , de t'écrier : « mais qu'ai-je fait au Bon Dieu » ou, quand nous voyons quelqu'un commettre un acte délictueux » « :il, elle aura son retour de bâton » ! et bien d'autres expressions à l'emporte-pièce que je n'ai pas besoin de vous apprendre ! Eh bien oui, la maladie peut être au service de plus de Vie, plus d'Amour, plus de Vérité etc ! A condition d'accueillir ce temps comme une période de réflexion pour, dans un premier temps, bénir le Seigneur pour la vie qu'Il me donne et, dans un second temps, réfléchir à ma façon de l'utiliser, égoïstement pour satisfaire mes caprices , ou, généreusement pour servir, aimer, me donner … Là encore tout en me protégeant et en protégeant mes proches de ce coquin de COVID-19, je peux me poser quelques bonnes questions et y répondre honnêtement, pour la plus grande Gloire du Père ! Alors oui, la maladie, l'épreuve, peuvent devenir un chemin qui permettra à ma vie de rendre Gloire mais aussi de glorifier ce Dieu-Amour parce que j'aurai consenti à grandir en Amour !
Si Jésus n'obtempère pas immédiatement, Il n'abandonne pas Ses amis , et Jean n'hésite pas à répéter, à qui veut l'entendre :
Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.    Quand il apprit que celui-ci était malade,il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.    Puis, après
cela, il dit aux disciples :« Revenons en Judée. » Jésus ne se précipite pas , Jésus ne fait rien dans la précipitation, Il prend le temps de la réflexion pour prendre la bonne décision , pour permettre à Ses interlocuteurs d'en faire autant de leur côté ! Que d'erreurs de stratégie et autres seraient évitées, si nous prenions le temps de la réflexion ! Souvent, nous nous fourvoyons par manque de réflexion . N'est-ce pas ce que nous dit Jésus :
Quel est celui d'entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? Car, s'il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui : 'Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever (Luc 14)
Cette réflexion de Jésus est valable chaque fois que nous envisageons une nouvelle démarche, une initiative, un changement quelconque dans notre vie Voilà encore une piste qui mérite notre attention ...
Jésus, après deux jours de « rumination » décide de revenir en Judée :
À son arrivée,Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus,elle partit à Sa ren-contre,tandis que Marie restait assise à la maison.    Marthe dit à Jésus :« Seigneur, si tu avais été ici,mon frère ne serait pas mort.    Mais maintenant encore, je le sais,tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »    Jésus lui dit :« Ton frère ressuscitera. »    Marthe reprit :« Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection,au dernier jour. »    Jésus lui dit :« Moi, je suis la résurrection et la vie.Celui qui croit en
moi,même s’il meurt, vivra ;    quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.Crois-tu cela ? »    Elle répondit :« Oui, Seigneur, je le crois :tu es le Christ, le Fils de Dieu,tu es celui qui vient dans le monde. »    Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé,    et il demanda :« Où l’avez-vous déposé ? »Ils lui répondirent :« Seigneur, viens, et vois. »    Alors Jésus se mit à pleurer.    Les Juifs disaient :« Voyez comme il l’aimait ! »    Mais certains d’entre eux dirent :« Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle,ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Il y a vraiment beaucoup d'éléments dans ces versets chacun susceptible de nourrir un long temps de méditation. Je les relève seulement pour vous donner envie de creuser personnellement, dans le silence de notre retraite qui va se prolonger …
Nous avons Marthe et Marie : la première, par amitié, un peu aussi pour exprimer une certaine déception, tout en gardant une lueur d'espoir, se déplace pour accueillir Jésus .
La seconde, Marie, s'est repliée, elle pleure son frère , tout lui semble terminé, sans doute se recueille-t-elle aussi en pensant à ce qu'il était pour la fratrie, elle, la contemplative , le retrouve dans un cœur à cœur d'Espérance ?  :Marthe apprit l’arrivée de Jésus,elle partit à sa rencontre tandis que Marie restait assise à la maison...
Marthe risque une parole où elle exprime un certain ressentiment, un peu comme si elle disait : « tu arrives un peu tard ! » Toutefois, Marthe laisse entrevoir une lueur que Jésus seul peut transformer en évidence, Lui qui est Dieu . Ce que Tu demanderas à Dieu, Dieu Te l'accordera , n'es-tu pas le Maître de l'impossible ? Nous reconnaissons là, à peine voilé, un acte de foi en la toute puissance divine, mais elle n'ose pas s'y abandonner totalement !
« Seigneur, si tu avais été ici,mon frère ne serait pas mort.    Mais maintenant encore, je le sais,tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »  
Jésus ouvre une brèche, Marthe s'y engouffre révélant l'ambivalence de ses sentiments. Si tu le veux Tu le peux ,mais, de fait, il nous faut attendre le monde nouveau : le dernier jour ! ! Jésus la conduit tout en douceur sur un terrain inattendu qui Lui permet de lever encore un peu plus le voile sur Son identité cachée , enveloppée d'une écorce humaine .
Jésus lui dit :« Ton frère ressuscitera. »  « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection,au dernier jour. »
 Marthe avance doucement, lentement, attentive aux paroles de l'Ami incomparable qui ne brusque rien, qui marche à son pas . Jésus parle pour Marthe mais aussi pour ceux qui sont à l'écoute, ceux qui accompagnent Marthe dans son deuil. Pas à pas, Jésus les conduit pour que s'ouvrent leurs yeux sur Sa Vérité d'Être, sur la vérité de Son propre passage, étape indispensable pour qu'éclate la Vie éternelle à laquelle Il nous prépare ! Jésus permet à Marthe, petit pas, après petit pas , de dire ce qui l'habite, et fait d'elle, avant l'heure, un témoin de Sa Résurrection :
« Moi, je suis la résurrection et la vie.Celui qui croit en moi,même s’il meurt, vivra ;    quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.Crois-tu cela ? »    Elle répondit :« Oui, Seigneur, je le crois :tu es le Christ, le Fils de Dieu,tu es celui qui vient dans le monde. » 
L'Acte de foi de Marthe bouleverse Jésus Lui-même, nous dit le texte, Il est saisi d'émotion sans doute entrevoit - Il Sa Passion , Il sait Lui qu'il ne peut y avoir de résurrection sans ce passage obligatoire qui montrera au monde où l'a conduit l'Amour sans faille qu'Il voue à l'humanité.
Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé,    et il demanda :« Où l’avez-vous déposé ?  Jésus se mit à pleurer.    Les Juifs disaient :« Voyez comme il l’aimait ! »
Jésus ne retient pas Ses larmes, vraiment homme, Il sanctifie nos propres larmes, Il en fait l'expression naturelle de notre compassion dans l'épreuve mais Il nous recommande de purifier ces larmes quand Il dira aux femmes de Jérusalem :« Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ! (Luc 23) Jésus nous demande de pleurer à bon escient à savoir sur notre péché, sur le péché de nos proches ! Il y a de saintes larmes mais il y a des larmes égoïstes , tournées vers soi qui nous recroquevillent au lieu de nous propulser vers la Vie, vers la Lumière !
Les personnes présentes sont touchées par l'humanité de Jésus. Hélas il y a toujours quelques rabat-joie pour chercher , imaginer et répandre une apparente faille. Hier comme aujourd'hui, certains cèdent à la médisance quant ce n'est pas la calomnie ! Au lieu d'accueillir le bienfait de la présence de Jésus, au lieu de Le remercier d'avoir « rebrousser » chemin pour venir soutenir Ses amis dans l'épreuve, certains Lui reprochent de n'être pas intervenu en amont et l'histoire continue, elle reste d'actualité … nous sommes forts, très forts pour reprocher aux autorités
locales, ecclésiales, gouvernementales et autres ce que nous croyons qu'ils auraient dû faire et comment ils auraient dû s'y prendre ! C'est l'éternel refrain du regard posé sur le verre à moitié vide de préférence au verre à moitié plein ! Seigneur purifie notre regard et notre parole deviendra constructive !
Mais certains d’entre eux dirent :« Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle,ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Eh bien non Jésus n'a pas empêché Lazare de mourir ! D'ailleurs, Jésus n'a-t-Il pas dit plus haut :« Cette maladie ne conduit pas à la mort,elle est pour la gloire de Dieu,afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Et dans la version complète de cet épisode en conversant avec Ses disciples ne précise-t-Il pas :« Lazare, notre ami, s’est endormi ;mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Dans ce qui suit s'agit-il d'une résurrection, d'un retour à la vie après un coma profond ?? Je pense plus juste de retenir cette dernière hypothèse car Lazare , après cette épreuve retrouve la vie qu'il avait avant , il peut vaquer à ses occupations. Notre propre résurrection sera différentes puisque Jésus nous dit que nous serons comme des anges : A la résurrection, en effet, on ne se marie pas, mais on est comme les anges dans le ciel. (Mt 22) Quoiqu'il en soit réellement ,plusieurs éléments de cet épisode retiennent mon attention :
« Enlevez la pierre. »Marthe, la sœur du défunt, lui dit :« Seigneur, il sent déjà ;c’est le quatrième jour qu’il est là. »    Alors Jésus dit à Marthe :« Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
Lazare était en état de mort, Marthe et son entourage l'ont vu, Marie est repliée à la maison où elle pleure et prie, les témoins viennent de dire :« Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle,ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Jésus demande que soit retirée la pierre qui obstrue le tombeau , Il reprend sous une autre forme ce qu'Il a déjà dit :« Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » Cet accident de parcours dans la vie de Lazare va permettre, à qui a la foi , d'expérimenter la Gloire de Dieu, c'est-à-dire, Sa présence agissante dans nos vies humaines . Jésus, comme toujours n'agit pas de Lui-même, Il fait appel au Père qui l'exauce toujours :
« Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé.    Je le savais bien, moi, que
tu m’exauces toujours ;mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure,afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » 
Jésus commence par rendre grâce comme Il le fera avant l'Institution de l'Eucharistie Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. » Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude en rémission des péchés. (Mt 26) Jésus n'agit pas pour Lui-même, pour Sa Gloire – qui serait alors de la gloriole- mais pour que ceux qui l'entourent croient, non en Lui à titre personnel, mais pour être reconnu en tant qu'envoyé du Père, donc en Communion avec Lui, donc ne faisant qu'Un avec Lui, et avec l'Esprit ! Ainsi, accomplissant ce que veut le Père, en Son Nom, avec l'autorité que nous Lui connaissons , Jésus peut s'écrier : d’une voix forte :« Lazare, viens dehors ! »Et le mort sortit,les pieds et les mains liés par des bandelettes,le visage enveloppé d’un suaire. Et Lazare sortit enveloppé de sa tenue funéraire comme c'était la coutume ( Jésus Lui, lors de Sa résurrection sortira LIBRE , bandelettes et linges soigneusement pliés au pied de la tombe) au point que Jésus ordonne :« Déliez-le, et laissez-le aller. »  autrement dit « rendez – lui sa liberté . C'est pour cela que Jésus est venu ! C'est pour nous rendre notre liberté, pour faire de chacun de nous une femme, un homme, debout ! En ce temps de Pâques plus particulièrement, mais chaque fois que nous nous sentons encombrés ligotés dans notre mal être (nos bandelettes) fruit de notre péché, Jésus redit à Son Église « déliez-le ! » Faut-il encore que nous le souhaitions ! Lazare, à l'appel de Jésus, n'a pas eu honte de ses bandelettes, il est sorti de son tombeau et nous, sortirons-nous de nos ornières, de notre manque de foi, de nos jugements, de nos médisances de nos calomnies serons-nous des vivants et cela plus que jamais après ce confinement, pour chanter et louer Dieu, par et dans nos vies ? Serons nous de ceux qui avec Marthe et Marie et Thomas et tous les autres crieront à pleins poumons, revivifiés : Seigneur je le crois, Tu es le Fils du Dieu vivant et vrai tout en nous prosternant à Ses pieds
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait,crurent en lui.
En même temps n'oublions pas que Jésus est en agonie jusqu'à la fin des temps car tant qu'il y aura des hommes il y aura ceux qui adhèrent et ceux qui continuent de Le crucifier dans Son humanité C'est le cas ici car c'est après ce retour à la vie de Lazare que les Pharisiens décident fermement de L'éliminer Lui, l'Amour incarné !
    Mais quelques-uns d'entre eux allèrent trouver les Pharisiens, et leur racontèrent ce que Jésus avait fait. Les Pontifes et les Pharisiens assemblèrent donc le Sanhédrin et dirent: "Que ferons-nous? Car cet homme
    opère beaucoup de miracles. Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront détruire notre ville et notre nation." L'un d'eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit: "Vous n'y entendez rien; vous ne réfléchissez pas qu'il est de votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, et que toute la nation ne périsse pas." Il ne dit pas cela de lui-même; mais étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation; Et non seulement pour la nation, mais aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu qui sont dispersés. Depuis ce jour, ils délibérèrent sur les moyens de le faire mourir. C'est pourquoi Jésus ne se montrait plus en public parmi les Juifs; mais il se retira dans la contrée voisine du désert, dans une ville nommée Ephrem, et il y séjourna avec ses disciples. (Jean 11)


l'Ermite
Si vous n'avez pas eu la possibilité de participer sur KTO ou sur YouTube, à l'heure de prière animée par le Saint Père, n'hésitez pas le faire en différé ce devrait être un moment de grâce pour chacune et pour chacun !

vendredi 20 mars 2020

CROIS-TU AU FILS DE L'HOMME ?


4 è DIMANCHE DE CARÊME

ANNEE A

(Jn 9, 1.6-9.13-17.34-38)

En sortant du Temple,    Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance.Jésus est loin d'être centré sur Lui-même, quant Jésus regarde, Il voit Ce n'est pas nécessairement notre cas. Trop souvent, quand nous regardons nous ne voyons pas et, si nous voyons, notre regard est attiré soit pas nos centres d'intérêt, soit par des futilités parce qu'elles nous surprennent ou qu'elles nous intéressent à des niveaux différents : curiosité, intérêt personnel, familial, environnemental... Savons-nous regarder en voyant l'essentiel ? Savons-nous regarder en nous intéressant aux autres, à l'autre, mon frère, qui se trouve peut-être dans le besoin? En ce temps de Carême, peut-être serait-il bon de réfléchir à notre façon de regarder pour développer un regard qui aime, un regard qui fait exister l'autre, le fait grandir ? Il y a des regards qui blessent, qui gênent, qui humilient, qui ignorent mais heureusement il y a des regards qui grandissent le frère, qui le mettent en confiance et lui permettent d'être celui qu'il est en profondeur.
C'est le cas de Jésus ici ! Sur son chemin Il voit, Il remarque un homme qui, lui, ne voit pas, et cela depuis sa naissance. Contrairement à Ses habitudes, Jésus ne pose aucun préalable ( est-ce que tu crois ? Que cherches-tu ? Que veux-tu?) et pour cause cet homme n'a pas conscience de ce qui se passe autour de lui, il entend du mouvement mais n'en connaît pas les raisons. Jésus prend l'initiative de l'approcher, de le toucher, de le guérir :
Il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ;puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, 
La méthode peut nous paraître curieuse mais nous verrons qu'elle est efficace .. Souvenons-nous de Naaman le lépreux qui alla consulter le Prophète Elisée. Il attendait un traitement spectaculaire et au lieu de cela, le prophète, sans le toucher l'envoya se baigner, ce qui le mit profondément en colère : « Va te baigner sept fois dans le Jourdain, et ta chair redeviendra nette. ( 2Rois 5) Mais ses serviteurs s'approchèrent pour lui dire : « Père ! Si le prophète t'avait ordonné quelque chose de difficile, tu l'aurais fait, n'est-ce pas ? Combien plus, lorsqu'il te dit : 'Baigne-toi, et tu seras purifié.' » Il descendit jusqu'au Jourdain et s'y plongea sept fois, pour obéir à l'ordre d'Élisée ; alors sa chair redevint semblable à celle d'un petit enfant : il était purifié ! ( 2Rois 5) Dieu est simple ! Ô combien !
Jésus lui dit :« Va te laver à la piscine de Siloé »– ce nom se traduit : Envoyé.L’aveugle y alla donc, et il se lava ;quand il revint, il voyait. L'homme ne discute pas ! Il est dans la confiance , dans l'espérance aussi ! Il est envoyé , il obéit sans tergiverser ! A nous de réfléchir à notre façon d'obéir, de faire confiance ! Quelle est notre attitude quand nous ne comprenons pas ce qui nous est demandé par l’Église, par un supérieur hiérarchique , par nos parents, actuellement par le Gouvernement ? Demandons la grâce de l'humilité, de l'obéissance, de la confiance les uns pour les autres . Ici, comme souvent, dans nos vies il faut compter avec l'entourage, les voisins, les amis :
 Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant– car il était mendiant –dirent alors :« N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »    Les uns disaient :« C’est lui. »Les autres disaient :« Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. »Mais lui disait :« C’est bien moi. » 
Chacun y va de son appréciation, cherche une raison , veut expliquer, trouver l'explication la plus juste . Tous sont à côté de la réalité , ils ne veulent pas reconnaître que l’ humainement impossible s'est produit, cela les dépasse tellement alors, l'ancien « aveugle-mendiant » le dit haut et fort :« C’est bien moi. » Ils sont stupéfiés, incapables de reconnaître l' évidence, ou, s'ils la reconnaissent dans leur fort interne ils voudraient bien la contourner du coup ils emmènent cet homme aux Pharisiens qu'ils savent pourtant plus que pointilleux :
On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle.Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux    À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir.Il leur répondit :« Il m’a mis de la boue sur les yeux,
je me suis lavé,et je vois. »    Parmi les pharisiens, certains disaient :« Cet homme-là n’est pas de Dieu,puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. »
C'est l'éternel dilemme, l'éternel reproche : c’était un jour de sabbat ! Cette problématique induira cette question de Jésus :: « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de la perdre ? » (Luc 6) Que répondent les Pharisiens ? Rien, ils se taisent ! Dans leur cœur ils connaissent la réponse mais ils ne veulent pas dire la vérité de leur être et encore moins faire la vérité dans leur vie , ils préfèrent accuser le Juste pour mieux le condamner ensuite  !Cela s'appelle de la mauvaise foi ! Là encore, ne leur jetons pas trop vite la pierre, descendons en nous-mêmes , interrogeons-nous sur nos comportements ? Sommes-nous toujours de bonne foi ? Combien de fois, pour éviter de nous compromettre, nous disons : ah je ne sais pas ! Ou je n'ai pas vu ! Je n'ai pas entendu ! Soit par peur de l'autre, soit pour éviter des représailles , pour fuir nos responsabilités ! C'est maintenant ( dans cette montée vers Pâques) l'heure favorable, c'est le temps du Salut ! N'ayons pas peur de regarder la vérité de nos vies en face pour la déposer dans le Cœur de Jésus et accueillir Son Pardon dans la sacrement de réconciliation.
Et la sentence tombe :« Cet homme-là n’est pas de Dieu,puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » et ailleurs ils diront « Jésus chassa un démon qui était muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet parla, et la foule fut dans l'admiration.Mais quelques uns dirent : » c'est par Béelzébul, le prince des démons , qu'Il chasse les démons ».. Et nous n'agissons pas mieux ! Nous trouvons toujours la « parade » pour détourner la vérité quand nous ne voulons pas la reconnaître, la voir !
Cependant, certains sont troublés :

D’autres disaient :
« Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? »Ainsi donc ils étaient divisés.    Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle :« Et toi, que dis-tu de lui,puisqu’il t’a ouvert les yeux ? »Il dit :« C’est un prophète. »    Ils répliquèrent :« Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance,et tu nous fais la leçon ? »Et ils le jetèrent dehors. Notre miraculé ne craint pas de s'affirmer au risque de représailles, il dit ce qu'il pense en toute simplicité et vérité et les représailles ne se font pas attendre : ils le jetèrent dehors! Engager une parole une parole de vérité n'est pas nécessairement facile mais elle fait de nous des êtres responsables .
Jésus ne tarde pas à l'apprendre  :
Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors.Il le retrouva et lui dit :« Crois-tu au Fils de
l’homme ? »    Il répondit :« Et qui est-il, Seigneur,pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit :« Tu le vois,et c’est lui qui te parle. »    Il dit :« Je crois, Seigneur ! »Et il se prosterna devant lui. Pour Jésus, l'heure est venu d'aller plus loin . Non seulement Il pose la question de confiance, mais Il lève le voile sur Son identité ! Cette question, Jésus nous la pose aussi en cette montée vers Pâques ! A chacun de nous Il demande « crois-tu au Fils de l'Homme ? » Crois-tu que je suis l'Envoyé du Père ? Ta vie manifeste-t-elle ta foi ? Est-elle cohérente avec ta pratique ou bien ta pratique ne devient-elle pas un contre témoignage pour ceux qui te regardent et te voient vivre ? Encore un point qu'il est important de regarder en ce temps de Carême ! Quelle réponse donnerons-nous à Celui qui s'abandonne sur la croix pour me libérer de mes esclavages, de mes incohérences aussi !
Le voile levé, cet homme n'hésite pas un instant, il ne demande pas d'autres signes, des preuves , et encore des preuves, sa réponse fuse sans fioritures, c'est clair, c'est simple, c'est vrai, pas besoin d'en rajouter : JE CROIS SEIGNEUR et il n'hésite pas à se prosterner parce que lui, l'aveugle devenu mendiant pour survivre, lui qui était aveugle depuis sa naissance, maintenant, il voit ! Puissions-nous expérimenter ce don de Dieu , puissions-nous au terme de ces quarante jours pouvoir nous écrier « maintenant je vois ! «  Jadis vous étiez ténèbres, mais à présent vous êtes lumière dans le Seigneur ; conduisons-nous en enfants de LUMIERE ; car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité. » Eph 5 C'est St Paul qui nous parle !
Nous ne pouvons nous contenter d'être illuminés, par le baptême, nous devons devenir chaque jour davantage des « témoins de JESUS- LUMIERE ». La foi ne se réduit pas à une série de croyances théoriques, de traditions, et de coutumes. Elle est une nouvelle façon de voir le monde et de bien vivre sa vie, y compris l'épreuve du covid-19 . Jésus nous parle, Jésus nous appelle, Jésus nous réveille, Jésus nous demande CROIS-TU AU FILS DE L'HOMME ? Puissions-nous en nous prosternant de corps et d'esprit nous écrier :

MAINTENANT JE VOIS ! MAINTENANT JE CROIS DE TOUT MON ÊTRE !


La Prière de Norbert Ségard « Seigneur, donne-moi de voir les choses à faire sans oublier les personnes à aimer » :


« Seigneur, donne-moi de voir les choses à faire


sans oublier les personnes à aimer,
et de voir les personnes à aimer sans oublier les choses à faire.
Donne-moi de voir les vrais besoins des autres.
C’est si difficile de ne pas vouloir à la place des autres,
de ne pas répondre à la place des autres,
de ne pas décider à la place des autres.
C’est si difficile, Seigneur, de ne pas prendre ses désirs
pour les désirs des autres,
et de comprendre les désirs des autres
quand ils sont si différents des nôtres !
Seigneur, donne-moi de voir ce que Tu attends de moi
parmi les autres.
Enracine au plus profond de moi cette certitude :
on ne fait pas le bonheur des autres sans eux….
Seigneur, apprends-moi à faire les choses en aimant les personnes.
Apprends-moi à aimer les personnes
pour ne trouver ma joie qu’en faisant quelque chose pour elles,
et pour qu’un jour elles sachent que Toi seul, Seigneur es l’Amour. Amen. »


Norbert Ségard 
(1922-1981)

Norbert Ségard, né le 3 octobre 1922 à Aniche (Nord) et décédé le 1er février 1981 à Lille, est un physicien et homme politique français.

Je ne vous propose pas de prière particulière pour ce temps où le monde souffre et a peur , nous en recevons plusieurs fois par jour sur nos smartphones !
Restons dans la CONFIANCE, gardons notre cœur ouvert, nous le savons, Jésus est Vainqueur du mal, de tout le mal ! Soyons fiers de Lui appartenir, vivons dans l'abandon et la Paix ! Transformons ce temps de grisaille en un temps resplendissant de soleil, vivons-le avec Lui, qu'il devienne pour nous un moment fort, de notre vie ! Pourquoi pas, une retraite non forcée, mais accueillie dans l'amour, pour mieux aimer, mieux VOIR comme Jésus notre LUMIERE , comme Saint Exupéry nous disant : ON NE VOIT BIEN QU'AVEC LE COEUR !


" Voici maintenant le temps favorable, 
voici le jour du salut.
(2Co 6)
L'Ermite